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i'l>clie dans celle ville avant que Godefroi de Bouillon s'en i'ùl rendu maître eu lO'.M). Depuis la prise de Constantinople i)ar Mahomet II, c'est-à-dire depuis l'an Uo2, lusas^c des cloches a été proscrit dans toute 1 ('tendue de l'empire ottoman ; c'est ce que nous apprennent J. IJoëme (De o/mi. genl. mor., c. Il) ; Ange Kocca [Coinm. de camp.); le P. Daiidini , jésuite {Voi/aye du mont Liban, c. 7] ; Jérôme Ma.^ius (Lib. de tintinnab.). Ces auteurs remarquent que c'était un eil'et de la politiipie des Turcs d'avoir ôté les cloches aux chrétiens de leur obéissance , parce qu'elles otlrent un moyen facile de rassembler les [)eu[>les [)our les soulever. Mais, outre la raison de politique , les Turcs ont eu encore, d'après AUatius et le P. Goar^'un autre m^tif de défendre les cloches : c'est qu'ils craignent que leur son n'épouvante et ne prive du repos dont elles jouissent les âuies qui , suivant eux, sont errantes dans les airs. Pour ce motif, les Turcs eux-mêmes n'emploient pas de cloclies pour marquer les heures : elles sont indiquées par leurs prêtres qui crient cinq fois le jour du haut des mosquées. Cette défense faite aux Grecs, sous la domination ottomane, davoir des cloclies dans leurs églises, n'était pas toutefois sans exception. Le P. Goar donne comme certain que les Turcs en souffraient dans les lieux qui sont éloignés de leurs demeures, et Allatius rapporte qu'il a souvent ouï dire à Albanase , archevêque dTmbros, son intime ami, qu'il y en avait plusieurs, et môme de très-ancienues, ainsi que des horloges sonnantes , dans les églises du mont Athos. Quant aux Grecs soumis aux Persans, ils n'ont | as été comme les autres privés de la liberté de posséder des cloclies; aussi y en a-t-il beaucoup dans les églises de ce royaume, ainsi que le remarquent les voyageurs. Nous ne sommes plus en Turquie , où l'on ne soutfre pas de clocher aux chiétiens, dit Tavcrnier , dans son Voyage du Levant ; \e roi de Perse leur permet tout, et il y en a dans toutes les églises des Arméniens qui ont le moyen d'en faire venir delà chrétienté (tom. II, p. il2).
Dans les églises où les Orientaux n'ont pas de cloches, ils se servent maintenant encore assez communément , pour assembler les t"idèles , d'un certain instrument de bois. D'après Allatius, cet instrument est de bois d'érable; son épaisseur est tie deux doigts et sa I.irgrur de (|uatre ; il est bien uni avec le rabot et n'a pas de (issures. Un prêtre ou quelque autre ministre, le tenant de la main gauclie par le milieu , le fra[i[ e de la droite avec un marteau du même bois, tantôt d'un côté, tantôt de l'autre, tantôt de [>rès, tantôt de loin , et cela avec tant d'adresse et une si grande variété de coups , qu'il forme des accords qid |)laisent beaucoup à l'oreille (Léo Allatius, De récent . Grœc . teniplis, p. 102, 103).
Le nom de cet instrument est <r>3^t«vTri5t'iv, signal ; on l'appelle [)lus proprement encore ■/jip'j(Tft;->-a.'>Too^, signal de la //!«//?, pour le distinguer d'un aure instrument déiable du même genre, mais beaucoup [dus gand , (^ue l'on
attache avec d"S (chaînes de f(;r au haut des tours, et auquel on donne !e nom de uiyK (Tr,u.v.v-prj, grand signal (Léo Allât., De récent. Grœc. templis, \). 102et 103). Outre ces deux instruments, on se sert encore dans les églises d'Orient de certaines plaques de fer ou de cuivre, attachées aux arbres voisins d s tem|»les ou aux côtf'S de la porte du porche; on les frappe avec des marteaux de fer, qui sont suspendus tout au[)rès. Pierre Belon , Allatius, le P. Goar et 'I ournefort font menl'on de ces lames de métal. C'est ainsi qu'en parle en particulier Tourne'ort : Les Grecs, dit-il, suspendent par des cordes à des branches d'arbres des lames de fer semblables à ces bandes dont les roues de charrettes sont revêtues, courbes, épaissesd'environ un demi- ))0uce sur trois ou quatre de largeur, percées de quelques trous dans leur longueur. On carillonne sur ces lames avec de |)etils marteaux de fer pour avertir de venir à l'église.
Poids et dimensions des cloches. Le poids des cloclies, dans les commencemenîs, fut assez faible, il s'accrut successivement dans la suite, jusque dans ces derniers siècles, où il devint souvent très-considérable. Si ronsu|)l)Ose que du tem|)s de Charlemagne l'étain entrait, comme à |irésent , pour à peu près un quart dans la composiiion du meta! des cloches, et ([uc l'on admette, d'un autre côté, que ce prince ait donné |!Our la fabrica ion de celle dont parle le moine de Saiut-Gal , une quantité d'argent égale à la quantité d'étain que l'on auiait dû em.doyer, ce que sembleraient indiquei- les paroles mêmes du chroniqueur, cette cloche n'aurait pas pesé plus do 40U livres. Helgade ou Helgande, moine de Fleury, dans la Vie du roi Robert, qu'il écrivit l'an 1050, rapporte que ce prince tit faire cinq cloches pour l'église de Saint-Agnan d'Orléans. Cne de ces cloches que Helgande appelle assez admirable, satis mirabite , et qui était probablement la plus forte des cino, no pesait cependant que 2,G00 livres. Radulphe , abbé de Saint-Tron , avait fait faire et refondre plusieurs cloches pendant son adnn'nistration, et il indique lui-mêm > dans la Chronique de s n monastère, ciu'il éciivit au conunencement du xir siècle, quel était le poids de chacune d'elles. La première pesait 400 livres et quelque chose ; la seconde, qu'on apfiela Aurélia, pesait 2,100 livres; la troisième, nommée Filiola, et donnée à la paroisse de Sainte-Marie , 200 livres seulement; la quatrième, appelée Quintina , vu l'honneur de saint Quentin, 3,300; ia cinquième, appelée licmcgia, en Ihonneur do saint Uemi,TOO; la sixième , appelé Hencdicta, en l'iionneur de saint Benoit, GOO; l.i septième , appelée Angustia, pour ra|)pcler les désastres qu'éprouva à cette époque l'abbaye brûlée et dévastée par le duc de Louvaïn, 800; la huitième, appelée Truda, en l'honneur de saint Tron, GOO; la neuvième, appeh'e Sicolaa, 2,000; la dixième, nommée Slephania , en l'honneur de saint Etienne ,
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