‹ Dictionnaire d'archéologie sacréeChapitre 148 sur 195 · CI.O · texte numérisé non relu

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chrt'tienne, fait mention d'une cloche dans ce distique :

Numquid, jEdepol, temere tinniit tinlinnabulum iVJiJ qnis illud tractât ant movel inutiim est lacet. {Jn Trinummo, act. iv, scen. 2.)

Enfin, au rap|)ort d'Aristophane (iii avant Jésus-Christ), le sohiat, chargé de faire les rondes de nuit dans les forteresses et les camps des Grecs, portait une clochette; ce qui lui faisait donner le nom de codonophore (de xwSmv, cloche, yÉ^siv, porter). [Aristoph., comédie des oiseaux..)

Quelques auteurs, et en particulier le P. Kirker, avancent que les cloches ont été inventées par les Égyptiens , mais ils ne donnent aucune preuve pour appuyer leur assertion.

Epoque à laquelle on a commencé à employer les cloches pour convoquer les fidèles à la célébration des saints tny stères et de l'office divin. — Nous examineions séparément la question pour les églises d'Occident et pour les églises d'Orient.

1" Eglises d'Occident. — H y a plusieurs opinions sur le temps auquel on a commencé à se servir de cloches dans les églises d'Occident. Les uns veulent que ce soit aussitôt après que Coi:stanlin eut rendu la paix aux chrétiens icoramencement du iv' siècle), lis se fondent sur ce que, déjà employées par les païens et convenant mieux pour donner le signal des réunions que les trompettes et que les autres instruments de bois ou de fer auxquels on aurait pu avoir recours, on dut dès lors s'en servir de préférence. C'est le sentiment de Baronius (an. 58], de Jérôme Magius (cap. 2 Libelli de tintinjiabalis], et de François Bernardin deFerrare (Lib. i, De sacra concione).

D'autres auteurs regardent le pape Sabinien (an. 60i), successeur immédiat de saint ffrégoire, comme le premier qui ait prescrit l'usage des cloches pour annoncer les saints ofîices. On peut citer pour cette opinion, Polydore Virgile (Lib. vi, De invint, rerum, c. 12), Onuphrius Panvin {;in Epitom. rom. pontif.), Genebrard (Lib. m, Chron. ad annuni 604-), et Szegedinus {Spéculum pontif. rom., c. 8). Enfin, le sentiment le plus commun est celui qui attribue l'introduction des cloches dans les églises à saint Pauhn, évoque de Noie, mort en 431. Ce sentiment est admis en particulier par Albert le Débonnaire, comte de Carpe (Lib. vu. In Erasm., lit. Z, fol. 133); Ange du Noyer, abbé du Mont-Cassin {Ad c. 17 Chr. cass., num.623); Ange Rocca, évêque de Tagaste en Afrique (Comm. de camp., c. 33 et 39);. Jean Fimger [in Lexico philoloqico , verb. Campana), et plusieurs rituels.

Aucune des trois opinions que nous venons d'indiquer n'étant établie ni sur des monuments contemporains, ni sur le témoignage des anciens auteurs, nous nous contenterons, sans rien fixer sur l'origine de l'usage des cloches pour les cérémonies de l'église, d'a-

vancer qu'indubital)lement on s'en servait dans le vnr et même dans les |)reniièf es années du vu' siècle. Nous pouvons à l'aiipui de cette assertion citer plusieurs auteurs ecclésiastiques qui écrivaient dans ces deux siècles.

Le moine de Saint-Gai, auteur du vin" siècle, dans un ouvrage intitulé De ecclesiastica cura Caroli Maqni (cap. 31), raconttî le fait suivant : Un ouvrier avait fondu une c\oche, campauam coifiavit, dont le son plaisait beaucoup à Charlemagne. Cet homme dit qu'il en ferait une dont le son serait |)lus agréable encore, si on lui donnait cent livres d'argent au lieu d'étain. Ayant reçu ce qu'il avait demandé, il garda l'argent [)Our lui et employa de l'étain comme de coutume. La cloche néanmoins plut au roi. On la plaça dans le cloclier ; mais lorsque le gardien de l'église et les autres chapelains voulurent la mettre en branle, ils ne purent jamais en venir à bout. L'ouvrier, en colère, prit alors la corde et tira lui-même la cloche, pour la faire sonner; mais le battant de fer lui tomba sur la tête et le tua. Bède, qui vivait à la fin du vu' siècle, rapportant dans son Histoire ecclésiastique (Lib. iv, c. 23), la mort de l'abbesse Hilda, dit qu'une religieuse entendit notum campanœ sonum quo ad orationes excitari vel convocari solebant. Enfin, saint Ouen, archevêque de Rouen en 6i0, parle dans la Vie de saint Eloi d'un prêtre qui, voulant célébrer la messe dans une église interdite par l'évêi^ue , sonna la cloche à l'heure ordinaire sans qu'il pût lui faire rendre aucun son : Presbyterdiutius funem terebràns, cum cerneret tinnulum omnino permanere mutum , egressus protinus basilicam , causam cunctis manifestât. 11 ajoute que ce prêtre ayant fait pénitence, et que le lieu ayant été réconcilié par saint Eloi, mox signo tacto sonus protinus rediit in tintinnabulum.

2° Eglises d'Orient. — L'usage des cloches est m'oins ancien dans les églises grecques que dans les églises latines. 11 est constant qu'il n'a été reçu en Orient que dans le xi' siècle, car tous les auteurs antérieurs à cette époque, en parlant des réunions chrétiennes dans le Levant, n'indiquent jamais le son des cloches, mais toujours certains instruments de bois ou d'autres signaux dont nous aurons occasion de parler dans la suite, et les historiens de Venise disent formellement que ce fut Ursus Patriaciacus, doge de cette république, qui env(»ya les premières cloches à l'empereur Michel {Baronius ad ann. 865). C'est ce que dit aussi, dans ses notes sur l'Eucologe grec, le P. Goar, qui est resté longtemps dans le Levant, et qui a recherché avec le plus grand soin tout ce qui concernait la liturgie des Grecs.

Introduit en Orient au ix' siècle, l'usage des cloches n'y fut pas néanmoins adopté généralement à cette époque; plusieurs villes n'en possédèrent que longtemps après, et il est même un grand nombre d'églises qui n'en eurent jamais. Albert , chanoine d'Aixla-Chapelle, dans son histoire de Jérusalem (ch. M), assure qu'on n'avait jamais vu de

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