‹ Dictionnaire d'archéologie sacréeChapitre 151 sur 195 · STEPH. MUS. CAN. BELV. ME FECIT FIKR · texte numérisé non relu

STEPH. MUS. CAN. BELV. ME FECIT FIKR

Mais d'autres inscriptions couvrent presqu'entièrement la cloche et font connaître les parrains et les marraines ainsi que les principaux témoins de la bénédiction, avec l'énumération complète de leurs titres et qualités. L'inscription que présente celle de Notre-Dame du Til , près Beauvais, est de ce genre. Voici comme elle est conçue :

l'an mil v<= quatre vingt noble home adrian de boufflers sr. de ca1gny, damp tves cuvsinier , prieur de sx lucian, m' germain carré, m« luc tiiyot, m' eustace rendu, maistre nicole tristan bailly de st lucian, nicolas de creil, augustin de creil, robert tonnelier, anthoine cappelle, noël de uenri, martin salmon, nicolas bérenger. thomas dargilles, thibault de iiénu, lucas louvet , pierre résenguv, jeiianne clément, berthrlinne salmon, claudinne evrard, claudinne salmon, jehanne lefebvre, marie candelle le tonnelier, denise de la fraye. et suis nommée lucianne. m* noël de la fontaine, vicaire de céans , anthoine guagnerel, claude regnier besenguy , anthoine salmon marguilliers pour lors.

2" Il est rare que la date de la fonte ne fasse pas |)artie de l'inscription; elle est tantôt entièrement en chiffres, tantôt entièrement en lettres, tantôt moitié en chiffres et moitié en lettres.

3° L'inscription renferme aussi assez souvc'iit le nom de la cloche, ([uelquefois même on y retrouve ceux qu'elle a successivcuienl portés depuis l'époiiue où clic a été fondue

CLO

:lo

})Our la première fois. On lisait sur la grosse cloche de la cathédrale de Beauvais, avant 1793, les vers suivants qui faisaient connaître le nom qu'elle avait autrefois reçu et cehii qui lui fut donné lorsqu'on la refondit en dernier lieu :

Quondam GiiillelmHS, Pacis stim dicta Marin, N(im me eonslruxil Cnillelmns cpiscopus olim. CasHS fortuitiLS sonitu privavit amœno ; Auçielur noinen, pondus, ciim corpore vires, liex Ludovicus erat, prœsul Débarque Joannes. Antto milleno centum (fuater octuageno.

Guillaume de Grez, qui donna cette cloche, vivait vers le milieu du xiir siècle; elle fut coulée de nouveau, ainsi que le porte la légende, sous le règne de Louis XI. (>e prince avait fondé, dans la cathédrale de Beauvais, une chapelle sous le titre de Notre- Dame de la Paix, et c'est pour cette raison (ju'on substitua au nom de Guillaumf, que la cloche avait eu précédemment, celui de Marie de la Paix.

L'inscription de l'Emmanuel de Paris est conçue en ces termes :

Qnœ priHs Jacquelina, Joannis comitis de Monte ncuto donum, pondus XVM, nunc duplo aucta, Em- VMWtel Ludovica Tlieresia vocor a Ludovico Magno ac Maria Theresia ejns conjuge nominata, et a Francisco Harlaij primo ex arclitepiscopis Parisieiisibus, duce ac pari Franciœ benedicta die xxix Apri-

lis, MDCL XXXII.

k' On accompagnait quelquefois le nom du saint patron de quelque invocation qui lui était adressée. On peut citer pour exemple une cloche de la cathédrale de Noyon, nommée Marie d'Amboise, et sur laquelle on lit:

Rogemus ergo, populi, Dei Matrem et Virginem, ut ipsa nobis impetret pacem et indnlgentiam.

« Marie dAmbuise fut nommée et par tel nom fut bapliào'e l'an de grâce mcccc quatre vins et i par bon sens. >

Et la petite cloche de Grindelwald en Suisse, que couronne cette prière :

0 sancta Peterella, ora pro nobis.

5° Les noms de Jésus et de Marie, écrits en toutes lettres, ou simplement représentés par des monogrammes, font partie de plusieurs légendes. On les trouve sur la cloche de l'ancien palais épiscopal de Beauvais, qui fut faite en 1506, par ordre de Louis de Villiers, sur celle de Tricmilly et sur celle de Saint-Quenlin-des-Prés.

6° Certaines inscrifttions indiquent l'usage (le la cloche qui les porte ; ainsi, sur les bords de celle du belfroi de V'alenciennes, qui sonnait les heures, sont gravés ces vers :

Cheste noble cloque d'oneur Fut faite l'an nostre Seigneur xiii cens iiiixx et vi.

Faire la fist Jehans Partis Qui estais prosvos à ce temps Avoceh ses douze per.s senians Et se la fisl maislre Kobers De Croisilles, pourquoi les vers Disent que lape sans séjour * \ing quatre heures nuit ei jour

Pour oïl la communautvi Que Diex ait en saveté.

Sur une aulre cloche du même beflTroi, laquelle date de 1533, on ht:

Anne suis de nom, sans discors Réjouissant les cœurs par vrais accorils.

L'inscrifition du timbre de la grosse horloge de Poitiers contient ce qui suit :

Hanc campanam cum horologio ad notificandum lioras diei et noctis fccit fieri inclitissimus princeps Joliannes régis Francorum filius, etc.

Une cloche de la cathédrale de Metz, qui date de 1535, porte ces mots bien connus :

Laudo Deum verum, plebem voco, congrego clerum, Dej'unctos ploro, pestem fugo, (esta decoro,

La même légende existe sur une cloche d'une paroisse voisine de Met', portant la date de 1350; on l'a reproduite sui' le mouton qui supporte le bourdon de la métropole de P>tris.

La cloche des Biens, donnée à Notre- Dame de Chartres par Anne de Bretagne, portait une inscription à peu p; es semblable, mais qui rappelait en outre la construction du nouveau clocher oii elle fut j)lacée ; la voici :

Anna, nova super arce, cliori regina sonori Vota tralio, nubes arceo, solvo gelu.

T D'autres inscriptions renferment des maximes ou des instructions tirées , lé plus souvent, de la sainte Ecriture , telle que la suivante, qui se lit sur la Quatr'une de la cathédrale de Rouen :

Audite, populi, et attendite longe.

Et cette autre gravée sur une des cloches de Bethancourt (Oise) , de 1617 :

Speravi in Dom. et non confundar.

8° Des passages de l'Ecriture sainte ont été employés pour célébrer la bienfaisance et les autres bonnes qualités des donateurs, comme celui-ci, tracé sur une des cloches de Morienval (OiseV- laquelle date de 1787 :

Benignitas et humanitas apparuit.

9° L'église pour laquelle la cloche a été faite est désignée dans plusieurs inscriptions. On lit sur celle de 1421, qui se trouve dans l'église de Saint-Juste-en-Chaussée :

Perenelle suis nommée par Pierre Leclert, écuyer, qui, à Notre-D;iine de Grâce m'a donnée et fus laite de Macmol le Merchier Tan mccccxxi.

Sur celle de Trumilly (Oise) :

Anne suis nomée en l'an mil v^ xli pour l'églize Notre-Dame de Trumilly JHS Maria.

Sur celle de Pierrefonds (Oise) :

Marie suis nomée en l'an mil v- lxxui pour l'églize Saint-Sulpice de Pierrefons.

Et sur celle de Tartigny (Oise), de 1621 :

J'appartiens à l'églize de Tartigny.

10° L'ecclésiastique chargé des cérémonies

Page 1