EGLISE ABBATIALE DE SAINT-ETIENNE DE CAEN
Cette église fut bâtie par ordre de Guillaume le Conquérant, en 1064. La construction n'est pas entièrement homogène ; le chœur et l'abside sont d'une date postérieure au xV siècle. La faç <de de l'église abbatiale do Saint-Etienne est d'un aspect sévère et gran diose : en l'examinant, on peut aisément sa convaincre que l'arc dtecture à plein cintre du XI' siècle j)Ouvait communicpier à s s œuvres un caractère vraiment majestueux et monumental. Les portes et h'S fenêtres sont à plein cintre et étaldies symétriciuement. La décoration des tours mérite d'attirer l'attention : tout y est disposé av c un g )ût remarqual-de. M. de Caumont incline i croire que 1 s pyramides à huit pans qui surmontent 1 -s .tours ne datent qui.- du x'ii* siècle ; cette opinion n'est pas adoptée par tous les antiquaires; quidqu s-uiis pensent qucll s peuvent être attribuées à la lin du XI' siècle.
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Lo plan (le l't'^^lis^ abbatiale de Sa'.iil- Etieiiuft est on forme oie croix latine à transsi'pts p'^u saillants, à trois no!s, dont les collatérales forment d 'ambulatoire autour do l'abside. Voici les principales dimensions : longueur do. la nef, sans y comprendre le vestibule, 'rO mètres; longueur du transsopt T^.oO ; longueur du cliœur -25 mètres; largeur des collatéraux \ "',5;).
Sur les ni^ls m nnu-es règne une gab'rie aussi 1 irge (pie ces nefs oll;'S-mèm"S : c'est une disposition rare dans les éditiccs romano-byzantins du \i' s ècle. Les piliers sont cant(Dnnès de colonnettes couronnées de chap teaux à feuilles épaisses, faiblement sculptées : on y v dt (luchpues figures grot'^sques. Les arcades sont toutes à pi 'in cintre et régulièrement tracées : elles sont entourées de moulures tori ju s d'une grande jiureté de contour. Toutes les parties arcbit 'durai 'S de St-Ktienne de Ca n sont d'une conservation étonnante :K)n dirait (^uerédiiicc romano-byzantin sort des mains de l'ouvrier.
La région absidale de cette église ne date que do la tm du xii' siècle et du commenc 'mont du \m\ Au xv% une grande chapelle a été accolée à la partie inférieure de la nef principale ; plusieurs voCdes des bas-c<jtés sont à nervures prismat ques et ont été élevées à la même époque : l s signes du style ogival flamboyant ne laissent subsister à ce suj t aucune incertitude.
ABBAHALE (F); logis , palais abbatial. — En dehors des bâtiments destinés aux usages du monastère proprement dit, les abbés se construisirent ordinairement un logis séparé, aiin de pouvoir facilement comnmniquer avec les étrangers, en les admettant dans l'enceinte de l'abbaye, sans troublr le silence et l'ordre de la communauté. De cette manière, laubé traitait lui-même et dans sa maison les atlaires temporel es qui réclamaient ses soins, d'après les devoirs de sa charge. Lorsque 1 >s abbayes furent florissantes, les abbés devinrent souvent de riches et puissants seigneurs; alors le logis abbatial était assez grand et assez splendide pour qu'on y pût reci^voir les rois avec leur cour, les papes avec leur nombreux cortège, sans que le monastère luimême fut ! nvahi. Pendant le règne de la féodalité, le logis abbatial olïrit, dans certaines parties d î sa construction, les signes apparents de la puissance suzeraine ; et, cooime le plus souvent l'abbaye avait droit de haute, moyenne et basse justice sur les tfrres qu'elle possédait, on y établit tribunal , prison et fourche patibulaire : c'était, pour ainsi dire, une forteresse, comme les châteaux des plus tii-is seigneurs. Aiin de prévenir toute attaqu >, dans un t- mps de violence, où la raison du plus fort passait *.rop souvent pour la meilleure, le logis abbatial était flanqué de tours et de mura Iles à créneaux et miclricoulis. Dans ce manoir vraimenl féodal, en certaines circonstances, l'abbé recevait da ses vassaux et tenanciers foi et hommage 'ige, quand cette cérémonie n'avait pas lieu Jans l'église. Sous ce ra])-
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j)ort, les maisons monastiques suivirent forcément les coutumes dns divers siècles du moyen Age. On ne saurait y trouver sujet du moin Ire reproc'io à leur adresser, à moins (pi'on ne veuille récriminer contre lo passé tout entier.
Aujourd'hui, on n* trouve plus guère que des ruines de ces antiques maisons abbatiales îi tourelles, à murailles crénelées, ayant porti'S lortill/'es, avec h -rse et pontl 'Vis. A Vézelay, on ai)erçoit encore deux tourelles découronnées, derniers restes d'une abbatiale qui jadis r.çut le roi de France, la reine et une foui ' de chevaliers et de danirs de leur suite. Généralem nt, ces constructions n'ont pas de caractères particuliers; elles ont la même apparence que les édifices civils contemporains.
Beaucoup des plus vieilles maisons abbatiales disparurent à l'éjjocfue de la dé; adence des monastères, lorsque les abliayes furent données en commandite. Alors, pour les riches abbés comman Jataires, les monastères furent comme un domaine ordinaire, dont ils touchaient l s revenus, sans s'occuper le moins du monde de leur administration spiritu lie. Sous ce régime, il y eut parfois de si cr ants abus que les moines étaient réduits à un complet dénuement, tandis que des pasteurs mercenaires nageaient dans î'abonîiance. Les abbatiales gothiques furent démolies pour faire place à des palais élégants et commodes. Dans le cours du xvii* et du xviii*^ siècle la plupart des maisons abbatiales furent rebâties en France. Ajoutons encore que les Bénédictins reconstruisirent à peu près tous leurs monastères dans notre pays (!ans le courant du siècle dernier. Ces travaux furent entrepris sur un plan uniforme, où le confortable peut revendiquer certaines dispositions plus ( u moins de son ressort, doù l'art et l'archéologie étaientpresque absolument bannis.
ABBATiOLE. — Le nom d'Abbatiole fut donné, dès les temps les plus reculés , aux établissements fondés par les abbayes et qui demeuraient toujours sous la dépendance de l'abbaye mère et sous la juridiction immédiate de l'abbé. En voici l'origine. Ou envoyait des moines dans les campagnes j)Our desservir des églises qui avaient été données au monastère, soit par les évoques, soit par les princes, soit par les seigneurs. La nécessité de secourir les fidèles dans leurs besoins spu'ituels les y retint d'abo;d quelq^nes jours, puis peu à pou les y lixM tout à ta. t. lin beaucoup de lieux, ces églises n'étaient d'abord que' do simples chapelles domestiques, où les religieux , envoyés pour faire les récoltes , pour faire valoir ou défi-icher les terres él ignées de la maison commune , célébraient roidce aux heures presciilos par la lègie. Les serfs ou domestiques qu'ils employaient avec eux au labour et aux travaux les plus pénibles des chimps, s'exemjjtèreid d'aller les dimanches ot fèlos clièrch t bien loin à leur paroisse les secours spirituels (ju'ils pouvai:nt trouver sous leur main sans sortir. Les malades et les infirmes autorisé-
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rent encore davantage les moines à les leur proruriT; et ainsi, inseusiblemonf, de chapelles (loiiie>tiques elles devinrent églises publiques. Avant le x' siècle, elles étaient désignées sous le nom de cellœ,celltdir, nbbatiolœ, etc. Ce ne fut que vers le milieu du M* siècle, par suite d'une dignité créée dans l'ordre de CInny, sous le titre de prieur, que ces églisf s, autour desqtiellcs on avait construit des b.Uimcnts claustraux , f.nent appelé, s prieurés. Dom Calmet et dom Mabillon ont traité assez longuement de l'origine des prieurs et des prieurés, le prender dajis son Commentaire sur la règle deSainl-Benoît, le second dans les Annales de l'ordie Héncdictin. Les abbatioles devinrent parfois plus t.ird des prieurés si puissants, qu'ils le disputaient en richesse, en grandeur, en autorité, aux abl^ayes les plus illustres et les plus florissantes , et même à l'abbaye dont ils n'étaient qu'un rameau détaché. Certaines églises de prieurés furent des monuujenls où l'architecture et les diverses branches de l'art du moyen âge déployèrent toutes leurs ressources. Nous en décrirons quelques-unes à l'article Prieuré. Dans un grand nombre de diocèses , on trouve plusieurs paroisses désigné<'S sous le nom de celles. Le plus souvent, l'église paroissiale, en ces lieux, a remplacé l'abbaliole ou la celle primitive; quelquefois aussi cette dénomination vient de ce que quelque saint personnage avait hxé sa demeure dans une celle ou cellule, auprès de laquelle, après sa mort, on bâtit une église I)ar dévotion ou par reconnaissance. C'est ainsi qu'au diocèse de Tours il y a une paroisse connue sous le nom de LaCelle Sainl- Avant, parce que saint Avant ou Avantin y resia quelque temps, rachetant les captifs, soulageant les pauvres et répandant sur la contrée, outre la bonne odeur de ses vertus, des bienfaits de toute espèce. ( Yoy. Celle, Cellule, Prieuré.)
ABBAYE. —Communauté d'hommes qui a pour supérieur un abbé, ou de femmes qui a pour supérieure une abbesse. On donne encore ce nom à l'ensemble des bâtiments qui servent a l'habitation et aux exercices religieux de la communauté. ( Voij. ^Ionas- 1ÈRE, Cloître, Cuapitre, Bibliothèque.)
Les abbayes tinrent toujours une place distinguée entre les établissements religieux. La piété du moyen âge se plut à les multiplier, et il n'y eut guère de province en Europe qui ne se glorifiât d'en posséder plusieurs. On est surpris , aujourd'hui , dans notre siècle froid et sceptique , en contemplant la grandeur, la puissance , la [jrospérité de ces nombreuses familles monastiques qui rendirent i\ la société de si éminents services. Avant la révolution française de 1789, révolution si fatale à nos moînmients, on comptait en France trente mille églises , quinze cents abbayes, huit mille cin(i cents chapelles , deux mille huit cents prieurés , un m llion se|)t cent mille clocliers. (Tétait là, dit M. de Chateaubriand, un sol bien au-
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trcmrnt orné qu'il ne l'est à présent. Actuellem<nt ces florissantes abbayes ont disparu : on n'en trouve plus (jue les ruines éparsesçà et là, et c'est à peine si quelquesunes de nos plus belles églises abbatiales ont pu écl!a])per au désastre général. Etudier quelles furent autrefois les diverses ^larties dune abbaye, sous le ra[)port architectural et archéologique, c'est l'œuvre de l'historien , aussi bien que de chercher à connaître les détails des constitutions religieuses qui régissaient hs sociétés dans le sein d- squelles vécurent et se dévelop|)èrent tant do saints et tant de grands hommes. Il a[)parlicnt donc déjà dans notre pays à ranti(juaire do jdacer dans le domaine de ses tiavaux des établissements que nos jtères ont vus debout, qu'ils ont vus tomber, tant la marche du temps est précipitée 1
Pendant le cours du siècle dernier, il était admis que les monastères étaient une plaio dans l'Etat, et que ces abbayes si richement dotées ne servaient qu'à favoriser de paresseuses extases, des habitudes de gourmandise f>t de volupté, de luxe et d'orgueil. L'école pseudo-philosophique n'a cessé (ie déclamer sur tous les tons contre des institutions catholiques dont on peut envier la gloire, mais dont on ne saurait égaler le mérite , ni méconnaître les bien'aits. De nos jours, lorsque les esprits éclairés et sans partialité du protestantisme lui-même aiment à rendre justice à la magnilicence de cps puissantes abbayes, serait-il p Tmis d'ignorer, encore moins de nier, le rôle important qu'ont joué les monastères dans la civilisation chrétienne. On les voit s'assouplir aux phases politiques de l'Europe et du monde, dont ils suivent tous les mouvements. Ils répondent partout et longtemps aux besoins des choses et des esprits. Ils remplissent durant de longs s ècles une mission de science , de liberté , d'opposition et de popularité. C'est dans leur sein que naissent les grands hommes , les évoques courageux, les littérateurs habiles, les écrivains in>truits, les prédicateurs éloqu; nts, les artistes de génie , les volontés énergiques. Leur splendeur est en rapport direct avec la situation respective de la monarchie papale , de l'épiscopat et de la royauté. 11 ne se tient pas une assemblée religieuse ou politique sans que les représentants de la ))uissance claustrale n'y assisint et n'y délibèrent avec autorité. On les voit siéger dans les conseils des rois , comme dans les concil.'S de la chrétienté. Ce qu'ils font , co qu'ils voient, ils le racontent, ils l'écrivent ; ils se lont historiens dans leurs loisirs, parce qu'ds sont souvent 1-s principaux acteurs du drame de l'histoire. A leur arbitrage sont soumis les plus grands intérêts des peuides; ils sont évoques et papes et dominent l'Église , les ro.sct h s nations. Le monde les vénère parce qu'iJs sont saints, les enrichit parce qu'ils sont fauvres, les couvre d'or |-arce qu'ils sont humblement vêtus. Partout
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la sévérité ol la pur té de la vie domptont l'opinion ; et les moines ont une double prise sur les hommes , la possession du sol et le gouvern;ment des esprits. Dans h urs maisons de r;>eueilleraent et de méditation viennent s'ensevelir les ennemis du trône , les décourag monts du plaisir et de la puissance t mporclle , depuis les rois tonsurés de laotre première monarcine ju'^qu'à l'empereur Charles-Quint. Dès qu'un ordre religieux a eessé d'être d'accord avec les nécessités catholiquos qui Tout rendu tort , il en sort un nouvel institut mon.istique qui le surpasse et le remplace; si hien que, pin !ant plus de douze siècles, en Europe, jamais cotte succession immortelle de corporations pieuses n'a man(]ué aux aspects divers du catholicisme et de la société chrétienne. Mais elles ont boso'n de liberté pour vivre et déployer leur zèle ; et leur déclin arrive dès que cesse leur indépendr.nce : c'est la loi de toutes les choses morales. La corruption et l'inutilité des ordres religieux leur ont presque toujours été reprochées par les pouvoirs qui ont voulu hériter de leur puissance et les condamner à la stérilité. On ne leur a plus permis de rien faire, et on leur a dit qu'ils ne faisaient rien.
Mais on n'oubliera jamais que les corporations religieuses, affiliées de nation à nation, répondaient mieux peut-être que le clergé séculier à l'esprit de l'association catholique ; que les moines, par leu;s voyages, par leurs communications incessantes d'un bout du monde à l'autre, ont été le point de ralliement de l'Europe morcelée et féodalisée. On ne pourra pas non plus leur contester d'avoir été, pendant le moyen ûge, les gardiens des lumières et des lettres, de la langue et de la civilisation latines, et d'avoir c mquis la vénération des peuples à force de supériorité et de science, en opposant la pureté à la corruption des mœurs, la pauvrpté à la richesse, la soumission à une indépendance sans frein. L'Eglise leur doit en grande partie sa liturgie; les lettres, la conservation d<s livres antiques; l'agriculture, de prodigieux défrichements et la naturalisation de raille plantes exotiques. 11 n'est pas jusqu'à l'architecture civile qui r.e se soil inspirée souvent des constructions quadrangulaires des couvents. (Fo?/. Abbatiale). L^ monde entier sait la prodigalité de leurs aumônes. Partout •es monastères se sont faits des centres de commerce, de beaux-arts,et de villes ou villag^'s. Leur organisation élocdve est devenue le type de l'organisation des communes ; et c'est de leurs cloîtres que sont sorties les sources historiques de nos événements nationaux.
Sans de pauvres moines, plusieurs siècles de l'histoire demeureraient pleinement inconnus. Enfin, chose remarquable, tandis que l'érudition moderne chcrcl e h recomposer à grande peine les annales oubliées du tiers état, tandis que l'û.ie féodal et les })arlements eux-mêmes sont encore, à vrai dire, sans historiens; tandis, erdin, qy^c nous avons presque enlièrement perdu le souvenir de nos vieilles libeités politiques.
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de nos états généraux et prov'nciaux, l'histoire religieuse et monastique a laissé sur elle-même des monuments achevés, ou du moins de vastes recueils, oii les éléments de complètes annales sont prêls pour la main studieuse qui saura les recueillir (1).
Pour bien comprendre l'organisation morale et physique d'une abbaye, il faut absolument savoir quelle fut l'origine de la vie monastique en Orient et en Occident , et comment les premiers moines se réunirent pour former une société complète, avec son gouvernement propre et sa législation particulière.
Nous effleurerons seulement une question tiès-vaste qui demanderait d'amples développements : nous en dirons ce qui est nécessaire à notre sujet.
Ce fut au iir siècle de l'ère chrétienne que commença en Orient l'institution monastique qui devait plus tard recevoir une si rem rquable extension. Les moines égyptiens vivaient trente ou quarante ensemble dans la même maison, et trente ou quarante de ces maisons composaient un monastère. Chaque monastère comprenait par conséquent depuis douze cents jusqu'à seize cents moines, qui s'asscmbl dent tous les dimanches dans un oratoire commun. Chaque monastère avait un abbé pour le gouverner, chaque maison un supérieur ou prévôt, ei chaque dizaine de moines un doyen. Tous les moines d'une contrée reconnaissaient un seul chef général et s'assemblaient aveclui pour célébrer lapâque, quelquefois au nombre de cinquante mille. Quand la vie cénobitique fut pratiquée en Occident, au v' siècle et surtout aux vi' et vu' siècles, tout monastère eut son abbé, comme en Orient, mais chaque abbaye était indépendante et n'était soumise qu'à la juridiction de l'évêque dans le diocèse duquel elle était établie. Comme les abbayes possédaient souvent des terres ou des fermes éloignées, on y envoyait des moines pour les cultiver et en prendre soin ; ceux-ci y établissaient des oratoires et observaient la vie régulière, suus la conduite d'un prieur nommé par l'abbé. On nomma ces petits monastères, celles, prieurés ou obédiences. {Voy. Abbatiale).
La réforme de Cluny, au x' siècle, introduisit un nouveau gouvernement dans les abbayes qui consentirent à s'y soumettre. L'ordre de Cluny ne voulut avoir qu'un seul abbé ; toutes les maisons qui en dépendaient li'eurcnt cjue des prieurs, quelque grandes et quelqu'imporlantes qu'elles fussent. Les fondateurs de l'ordre de Cîteaux, aux xi' et \n' siècles, donnèrent, au contraire, des abbés à tous les nouveaux monastères c[ui furent fondés ou qui embrassèrent sa règle, et ils statuèrent que chaque année les abbés se réuniraient en chapitre général, pour conférer ensemble et pour s'assurer qu'ils étaient fidèles à observer la règle et qu'ils la gar-
(l)P. LvTAii), Inhvduct. à rilist. de V(d4a;ede Cluti;i.
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(iaicnl et rintcrprt'tnienl dune ni mièrc uniforme. L ahhaye de Citeaux , n«'anmoins, conserva une grande autorité sur les quaire abbayes qui se glorillaient d'être appelées ses tilles aînées, l.a Ferté, Pontigny, Clairvaux et Moriniond ; et chacune de ces quatre illustres ai)bayes eut toujours une certaine puissance sur les monastères qu'elle fonda par la suite.
Pour mettre en évidence l'esprit qui pr('si'.!a constamment h la fondation des al)bayes, nous aurions à rapporter plusieurs faits historiques. Ma's, alin de ne [)oint trop nous éloigner des données archéologiques qui nous sont imposées par le plan de cet ouvragi\ nous en choisissons un seulement dans l'histoire ecclésiastique de l'Angleterre.
En 655 , Péada était roi des Merciens, Oswy et son frère le roi Oswald, seréunirent en disant qu'ils voulaient élever un monastèr ' à la gloire du Christ et en l'honneur de saint Pierre : ils le firent et donnèrent à l'abbave le nom de Medhamsted, mainlenant Peterborough. Ils commencèrent donc à jetf r les fondements, et ils confièrent ensuite le travail k un moine nommé Saxulf. Ce moine était aimé de Dieu et chéri du peuple ; il avait été noble et riche dans le monde, mais il était maintenant beaucoup plus no;)le et plus riche dans le Christ.
Après la mort du roi Péada, son frère Wulphère qui lui succéda aimait Medhamsted pour l'amo!;r de son frère Péada, pour l'amour d'Oswy et pour l'amour de l'abbé Saxulf. Le roi manda Saxulf et lui dit : « Bien-aimé Saxulf, je vous ai envoyé chercher pour le bien de mon âme, et je vous expl querai clairement ma pensée. Mon frère Péada et mon ami Oswy commencèrent un monastère pour l'amour du Christ et de saint Pierre. Mais Dieu l'a voulu et mon frère a quitté la vie. Je vous prie donc, bien-aimé Saxulf, de continuer les travaux ;je vous donnerai de l'or, de l'argent, de la terre et des biens.
L'abbé s'en alla, et les travaux furent repris avec une nouvelle ardeur ; l'œuvre fut continuée avec un si vif enthousiasme, que le monastère fut entièrement achevé en peu d'années, grâce h la protection du Seigneur. Alors le roi manda ses tlians ou barons, les archevêques et évoques et tous ceux qui aimaient Dieu, les priant de venir immédiatement auprès de sa personne. Puis il fixa le jour de la consécration du monastère, et à cette imposante cérémonie se trouvèrent présents le roiWulphère et son frère Klhelred et ses sœurs Kyneburga et Kyneswiia, l'archevêque et les évêques et tous les barons du royaume.
Alors le roi se leva et dit à haute voix :
« Grâces soient rendues au Dieu tout-puissant ; c'est pour son service que cette œuvre a été enlre[»rise et achevée, et je veux on ce jour glorilior le Christ et saint Pierre. Moi donc, Wulphère, je donne aujourd'hui à taint Pierre, à l'abbé Saxulf cl aux moines
de ce monastère, ces terres, ces eaux, ces plaines, ces marais: Voilà le don que je dépose sur l'autel. »
Vient ensuite l'énum.'ration détaillée de tous les présents oiïeris h Tabbave, lesquels étaient immenses et dignes delà munificence ro;. aie. Alors les témoins souscrivirent l'acte de donation soit de parole , soit en posant la main sur la croix du Christ.
Ce récit charmant de naïveté, touchant la fondation et la dotation des plus illustres abbayes de l'Angleteire, est propre à nous faire apprécier les motifs pieux et les circonstances qui présidaient ordinairement à l'érection des monuments monastiques. Les rois, les princes, les seigneurs, les évoques, concédaient à de pauvres moines des terrains abandonnés, jusque-là rebelles à la culture , où la charrue n'avait jamais passé, et ils leur accordaient en même temps des privilèges d'exemption pour les encourager dans leur tâche pénible et les dédommager de leurs labeurs et do leurs sacrifices. Quand ces terres délaissées eurent été fécondées par le génie et les sueurs des moines, l'envie no manqua pas de crier contre les vastes possessions et les inutiles richesses d'une population de religieux. Quelle propriété cependant est plus légitimement acquise que celle qui a été défrichée dans le cours de longs siècles par un travail incessant, qui a été fertilisée par les sueuis, et qui a été, pour ainsi dire, conquise sur la stérilité? Ne doiton pas voir là une réalisation de la parabole du père de famille qui confie des talents à ses serviteurs? Entre les mains du serviteur actif et intelligent l'argent fructifie; le dépôt qui lui est confié deviendra double. Qui contestera ses droits à une possession basée sur le travail, la persévérance et tout ce qui constitue la plus légitime propriété? Ainsi tombent les injustes déclamations et les insinuations perfides des philosophes du dixhuitième siècle.
Lesdiversesrègles avaient peu d'influence pour modifier la distribution intérieure des abbayes, bâties d'après un même plan général. On ne trouvait guère entre les divers établissements que la ditrérence de la grandeur et de l'étendue.
Les plus grandes abbayes consistaient ordinairement en une réunion de bûtiments entourant deux cours quadrangulaires de dilf'rente dimension. L'une d'elle appelée le clnusum , comprenait une surface de cinquante à ({uatre-vingt-dix acres; elle était environnée d'un mur élevé et quelquefois garni de créneaux : on y pénétrait par une ou deux portes fortifiées. Elle renfermait toutes les dépendances d'un vaste domaine, ainsi une ferme, des granges, des étables, un moulin, etc. Autour du principal quadrangle se trouvaient l'église et ses annexes, la grande salle, le réfectoire, la salle de distribution des aumoiu's, la salle capitulaire, le parloir, ]c scriptorium ou la bibliothèque, la cuisine et les autres otlices. Celle grande
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masse de bfilimpnls irr(^guliers, mais, sans ffucun doute, généralement somptueux, avec leurs murs crénelés et leurs portes flanquées de tourelles, que dominait la giande église, s'élev.-inl à une hauteur consi lérable au-dessus des toits, cette masse de bâtiments, quand elle suijsistait encore entiôie, devait présenter l'aspect d'une ville fortitiée (1).
Dans la chronique de l'abbaye de Fontenelle ou de Saint-Wandrille, publiée par dom d'Achéry , d ns le III' volume du Spiciléfje, on lil la description de l'abbaye rebâtie par Ansigise, élu abbé du monastère en H33, la dixième année du règne de Louis le Débonnaire. Les détails qui s'y trouvent mentionni's sont très-propres à donner une idée de l'importance et de la disposition de ces grands établissements au milieu du x" sièclf^ ."Voici la traduction de ce curieux passage, jusqu'à présent peu connu.
« Les édifices publics et privés entrepris par l'abbé Ansigise sont les suivants : d'abord il fit construire le dortoir des frères, bâtiment magnifique, long de 208 pieds, large de 27; la hauteur de la construction entière s'élève à 6'i- pieds-, les murs sont formés de pierres calcaires de bonne qualité, unies par un ciment très-résisiant composé de chaux forte et visqueuse et de sable de mine de couleur roug». Il y a aussi un solarium au milieu, orné d'un pavé admirable et couvert d'un plafond enrichi de peintures très-distinguées. A la partie supérieure de la maison sont des fenêtres garnies de vitres ; toute la charpente est en bois de chêne choisi et très-résistant; les tuiles sont fixées à la toiture avec des clous de fer, et il y a des poutres très-solides en diverses directions. Après le dortoir, notre abbé bAtit une autre maison qu'on appelle le réi'ectoire, qu'il [it diviser par le milieu au moyen d'une clo'son, de manière qu'une partie servait de cellier, et l'autre partie de réfectoire. Ce bâtiment fut construit avec les mêmes matériaux et dans les mêmes dimensions que le précédent ; les plafonds et les parois de la cloison furent décorés de peintures par Madaluf, peintre habile de l'église d? Cambrai. iEn troisième lieu, il fit élever un beau bâtiment, qu'on ap;)elle la grande maison, qui, tournée vers l'orient, touche au dortoir d'un côté, et de l'autre au réfectoire : là il établit un muret uni* cheminée, et il ordonna de continuer plusieurs autres choses que sa mort pré.uaturée ne p^-rmit pas d'achever. Les trois constructions dont nous venons de parler sont s'tuées de cette manière, savoir : le dortoir est exposé d'un côté au nord, de l'autre au mili, et de ce côté il touche à la basilique de Saint-Pierre; le réfectoire est également exposé au nord et au sud, mais il est presque conligu, dans sa partie méridionale, àrai)sidcde la basilique de Saint-Pierre. La maison principale a été bâtie connne nous l'avons dit ci-dessus. Quant à l'église de Saint-
(l) 'NVliiîakcr. l!is(.jrijn{]yital:eij,i). Ido.
Pierre,elleest située du rôté du midi, dirigée cepmdant vers l'orient. Cette église fut augmentée de trente pieds en longueur et en largeur dans la partie du couchant, et par-dessus, îabbé Ansigise ftiisait construire un cénacle qu'il désirait con^aei er k l'honneur de Notre- Seigneur Jésus-Christ; mais cette œuvre aussi demeura imparfaite à couse de sa mort inopinée. Dans la même basilique de Saint-Pierre, il fit placer, au sommet de la tour, une pyramide quadrangulaire haute de trente-cinq pieds, en bois travaillé , qu'il fit couvrir de jilomb, d'étain et de cuivre doré et dans laquelle il plaça trois cloc'-ies. Cette partie de l'édifie^ était auparavant sans dignité. La tour ell?-m6me et l'abside furent recouvertes de nouveau, par s;s ordres, de lames de plomb. En outre, il ordonna de bâtir un autre corps de logis, du côté < u nord, près de l'absid • de la basilique de Saint-Pierre, que l'on appelle couvent, conventus, ou coiir,cu~ ria, et chez les Grecs beîeulerion , salle du conseil ou chapitre , oiÀ les frères ont coutume de s'assembler quan 1 ils ont à délibérer sur quelque objet. Là, tous les jours, du haut de la chaire, on fait la lecture des livres sacrés ; là on entend tout ce que l'autorité de la règle conseille de faire. C'est là qu'il voulut qu'on établît le tombeau dans lequel il devait être déposé après sa mort. Enfin, devant le dortoir et le réfectoire et la grande maison déjà indiquée, il fit bâtir des cloîtres élégants sur lescjuels il établit une charpente et qu'il prolongea suivant la dimension de ces mêmes bâtiments. Au milieu du cloître situé en face du dortoir est établi le chartrier ; la bibliothèque que les Grecs appellent pyrgiscon, où l'on peut conserver un •• grande quantité de livres, est située en face du réfectoire : ce dernier bâtiment est couvert de tuiles attachées avec des clous. » {Spicilegium, tom. III, p. 238.)
Cette énumération fort détaillée des grands travaux entrepris et exécutés par l'abbé Arisigise, peut fournir à la science archéologique de curieux renseignements sur l'état de l'art chrétien dans la première moitié du x^ siècle. On voit que l'église abbatiale, dédiée à saint Pierre, était régulièrement O'ientée, dune forme remarquable, avec une flèche à quatre pans couverte en métal. Il n'y a pas jusqu'à la manière dont on avait attaché b s tuiles avec des clous qui ne soit digne d'être mentionnée : elle atteste du moins le soin que l'on apportait dans la construction des principaux b timents. La décoration de certaines sdles avec des peintures murales est encore un fait très-curieux, ainsi que le nom du peintre f[ui était un chanoine de l'église de Cambrai. Le même abbé avait enrichi son église de vases ])récieux en or et en argent. N^oublions pas de ment'onner ici un autel dédié à la sainte Vierge , qu'il avait fait orner d'une table de bois recouverte de figures d'argent très-variées. Il avait donné à l'église de Luxeuil , qui était sous sa dépendance, une croix dor merveilleusement travaillée,
née de pierres précieuses, ayant un bâton vêtu d'a;-uent. Il avait coutume de faire
AliR
A no
porter cotte croix devant lui quand il allait en voyage.
L'état des arts éta.t donc très-doiissant h Saint- Wandriile, sous la direction d'un abbé qui vivait au m lieu do ce x» siècle, que certains i'aui savants modernes regardent comme un siècle ignorant et barbare, et qu'ils ont appelé siècle de fer.
Pour faciliter rintelligence de plusieurs monuments antiques, nous ajouterons quelques mois sur les abbés. Le titre d'abbé , donné aux supérieurs des communautés monastiques,remonte à l'établissement même de la vie cénobitiquc.l.esabbés furent d'abord élus par ceux qui devaient leur obéir ; mais bientôt la jalousie, l'ambition et la cupidité intervertirent cet ordre, et les élections furent le résultat ou le la brigue des évéquos (Mabill., Prœf. in II! sœcul. Bened., n" 3.), ou de la violence d:'S ecclésiastiques séculiers, qui les uns et les autres se placèient souvent sur la chaire abbatiale. Le mal s'augmenta uc plus en plus duiant le cours du vin' siècle. Dans le siècle suivant, Chai les Martel , ayant épuisé la France par des guerres continuelles, distribua les abbayes et même les évèi ht'S à des seigneuis laïques. Berna; d, son ti s naturel, passe pour le premier qui ait joint la (jua'ité de comte à ce!le d'abbé. De là vient (jue le nom d'abbé séculier, a^ftos cornes, abbas miles, est très-ordinaire dans les anciens monuments. De là vient encore que dans une mè.ue abbaye il y avait quelquefois deux alibés. L'abbé religieux était appelé t'er«.s abbas, et le seigneur qui en portait le litre abbas miles. Au moyen d'un certain revenu qu'on abandonnait à ce dernier, et dont il faisait hommage, il devait être le protecteur et le défenseur du monastère (De Laurière, Gloss. du droit franc., p. 197). On trouve des abbés séculiers jusqu'à la troisième race. Hugues Capot remit les choses sur Tancien pied , en restituant aux églises iégulières le droit primitif d"élire leur supérieur.
Le titre d'abbé ne fut pris par les eccl '=siastiqucs séculiers que sur le déclin du viii* siècle, où l'on commença à former des collèges de chanoines, à la tète desquels on mit des abbés. Les titres latins prœsul , anlistes, prœlatus , etc., ne sont pas toujours attribués aux évè ques. Les abbesses mêmes sont qualitiées prœlntœ djns le second concile d'Aix la Chapelle.
Une bulle d'Alexandre IV, du 10 juin 1260, offre, pour la première f >is, la qualification iVabhessc séculière, donnée à Gerti ude , abbe.sse d;î Quedlimbourg.
Il n'. tait guère conforme à l'esprit de l'Église d'adim.'ttre les abbesses dans les conciles ; cep^-n anton en trouve des exemples, ei le seul concdc de Baconceido en Angleterre, de 69'i., fait mention de cinq abbesses qui y souscriviicnt. Quelque chose de plus singulier, c'est qu'au ra|)port du vénérable BèiJe , une abl)esse nommée Hilda présida (!ans une assemblée ecclésiastique. ( Voij. Beda, lib. \H cap. -Jo et lil). iv ca >. '2J.)
AROUDS DKS MONU\IK\TS, DKS ÉGLISES. La
plupart des monuments bAtis dès la plus haute anticjuité ont des aliords ouverts et fac'les. Les prem'crs autels consacrés à la divinité, les premiers temples élevés en son honneur, furent construis en pleine campagne, et môme quelquefois sur des monticules et des tertres f^ictices : l'isolement des édilices sacrés semide avoir été imposé par quel([ue règle du ritutd antique. C'était sans doute alin que les bruits de la vie ordinaire et les rumeurs de la place publicjue ne vinssent pas troubler les cérémonies religieuses. Les bois qui entouraent les temples païens avaient aussi pour but de créer une solitude favorable au recueillement religieux. Plus tard, ces bos'îuots furent témoins des plus elfroya')les débauches. Les monuments de la religion furent isolés des hab talions communes chez les plus anciens peuples, et cette coutume se conserva toujours chez certaines nations.
Les monuments d'architecture les plus célèbres, chez les rocs et les Romains, même aujourd'hui et jusque dans le irs ruines, s'offrent à nos regards et à notre étude dans un isolement complet qui permet à l'œil d'en embrasser à la fois Tensomble et les détails. Ce serait se tromper étrangement que d'attribuer celle disposition aux exigences de l'art : on y doit reconnaître avant tout l'intluence des besoins de la société religieuse antique. Suivant les usages païens, le peuple ne devait jamais entrer dans l'enceinte des temples, ni même iranchir une certaine limite , dernier vestige des téménos primitifs; les prêtres, les in liés, les grands personnages, pouvaient seuls se placer, soit sous les portiques sacrés, soit dans l'intérieur du temple oij se dressait la statue du dieu que l'on invoquait. 11 fallait donc, pour contenir la foule qui se pressait aux jours de fêtes publiques, une vaste place et autour du temple des abords spacieux
Quand il s'ag t de monuments grecs , les meilleurs enseignements de l'art et de l'histoire nous apprennent qu'd les faut bltir de manière à les entourer d'air, de lumière et d'étendue. Les proportions harmonieuses des ordres dorique, ion que et corinthien, sont entièrement troublées par le voisinage de constructions vulgaires. 11 y a, sous ce rai)port, les mêmes dii'licultés à vaincre que pour établir les dimensions elies-mêmes du monument d'après les conditions imposées par la nature et le pa\ sage qui l'environnent. N'est-ce pas préc sèment le sentiment exquis de CCS nécessités (dverses qui a fait (jue les illustres architectes de la (irèce ont déployé dans leurs œuvres de si admirables [iroportions, et surtout qui les a conduits à mettre leurs constructions dans un si merveilleux accord avec la lumière , le c'ol, lc5 iiiontagTies. Ihorizon du pavs qu'ils habitaient? Ne serait-ce pas à l'oub i de celte loi essentielle dans l'art de b.Uir (pi'il faudrait attribuer le mauvais effet que produisent si souvent dans notre pays les constructions de nus me.lleuis architectes?