‹ Dictionnaire d'archéologie sacréeChapitre 17 sur 195 · ADO · texte numérisé non relu

ADO

Les idocs religieuses mo lifient les idi^es artistiques. Si le paganisme, dont toutes les cérémonies étaient exlér eures, dont tout le but, dans les fêtes publiques et les processions solennelles, était de frapper agréablement les sens, exigeait que les abords des temples fussent larges et commodes , le christian'sme, dont le culte était plus spirituel, qui convoquait tous les fidèles sans distinct'on dans ses églises et au pied de SCS autels, qui rassemblait la multitude autour de ses chaires pour l'instruire et lencourager, n'avait pas le mê'.ne intérêt à ménager de vastes et somptueux abords en face de ses temples. Les croyances chrétiennes amenèrent peu à peu un changement si profond dans les coutumes de la société, que les liJèles aimèrent à construire leurs maisons à l'ombre môme et comme sous la protection de l'église, où la foi leur montra t Dieu présent. C'est alors que nos plu> belles cathédrales, nos plus splendides monuments furent élreints, pour a'nsi dire , dans une étroite ceinture ds constructions de toute espèce.

Faut-d au;ourd'hui les isoler? Est-d convenable de les entourer de places publi- ([ues ?

Telles sont les questions que l'on s'est proposé de résoudre depuis quelque temps. On doit s'en préoccuper vivement, parce que l'autorité municipale, dans chaque ville, ne se montre pas (rès-sensible soit aux scrupules de l'archéologue, soit aux réclamations de l'artiste.

Commençons par exposer quelques réflexions à ce su^et, avant d'émettre notre sentiment.

« 11 existe malheureusement des causes de destruction encore plus actives que l'incurie des hommes et l'elfort du temps, c'est la perte du respect que l'on doit porter aux monuments. 11 a été remplacé par un esprit de profanation et de dégradation véritablement révoltant. C'est cet esprit, dit M. Smith, qui couvre les murailles de nos édifices d'ignobles lazzis, d'hiéroglyphes obscènes, qui font rougir le pa>^sant d'indignation ; c'est lui qui brise à coups de pierres les vitres des églises, malgré les treillages en fer dont on est obligé de les revêtir, qui abat, par manière de passe-temps, les tètes et les bras des statues, et les lleurons des chapiteaux dont leurs portes sont décorées. Honte à une population qui tolère de pareUs excès, lorsqu'd lui serait si facile de les empêcher par une surveillance continuelle et une répression active.

« Ces dévastations sont, au reste , un àes fruits du fa jx système q li consiste à isoler les édifices au milieu de vastes places. Les églises du moyen Age ne sont point faites pour être vues aussi à découvert : elles ne sont convenablement placées qu'au milieu du s lence et de laretraiîe; elles aiment à se voir entourées de demeures modestes et paisibles, qui semblent ven r se presser à leur pied, comme pour y chercher une protection ; elles ont besoin surtout d'être en-

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