‹ Dictionnaire d'argot moderneChapitre 8 sur 12 · ARGOT · texte numérisé non relu

ARGOT

sieurs fois de rôle. Levassor excellait dans les pièces à tiroin.

Aujourd'hui c'est Brasseur qui a recueilli son héritage.

Pièce (Tuer une). Abîmer une pièce, — dans le jargon des charpentiers.

Pièces (ConpeoTS de). * Leur métier consiste à abréger les mélodrames en vogue et les mettre è la portée des théâtres de marionnettes qui courent les foires. Cette mutilation se paye dii francs la pièce. » {Privât d'Anglemont.)

Pied de Cocbon. Pistolet.

Pied de Cochon (Joaer on).

Mystifier.

Pied de nez. Pièce d'un sou.

Pied (En avoir son). En avoir

Pied (He pas se moucher dn).

Etre riche, être à son aise. — Faire bien les choses. Chez le peuple on se mouchait et l'on se mouche encore avec le mouclioir de ses cinq doigts; on secoue le résultat et lorsqu'on est propre on l'essuie avec le pied.

Celui gui ne se mouche pas du pied a donc le moyen d'acheter des mouchoirs, un luxe pour beaucoup de gens. L'expression est vieille. On la trouve dans les Turlupinades recueillies et réu-

me le jour, que nous gar- 3 à un homme qui ne se mauchepas du pied. >> {La Comédie des Proverbes.)

Pied (Eiro). Elalei

— ^^ dans le jargon des collégiens.

Pieds à dormir debont. Pieds longs et larges.

Pieds de châlits (Avoir les).

Etre minutieux; ne rien laisser traîner, — dans le jargon des troupiers.

Pieds (Se tirer des). Se sauver, quitter un lieu, une société.

Pieds dans le plat (Mettre les) .

Ne plus garder aucune espèce de ménagements.

Pieds nattés (Avoir les). Ne pas avoir l'intention ou la possibilité de sortir. — Ne pas être disposé à danser, — dans le jargon des soldats de cavalerie. — Alors, comme ça, Mam'zelle a les pieds nattés? "

Pieds (Avoir avalé ses). Avoir l'haleine fétide.

Pieds en avant (Sortir les).

Sortir de chez soi dans un cercueil. — « 11 arriva donc à la maison de Jeoffrin et monta dans la chambre d'où la trépassée ne devait plus sortir que les pieds en avant. » (Hennique.)

Pier. Boire, — dans l'ancien argot; d'où sont venus pionner et pictonner,

Pierre de touche. Confrontation.

Pierre à affnter. Pain, — dans le jargon des bouchers, eipierre brute, — dans celui des francsmaçons.

Pierrette. F'emelle du pierrot, personnage de carnaval. — « Une Pierrette qui se respecte, vois-tu, n'a jamais qu'un pierrot. — A la fois. » (Gavarni.)

Pierreuse. Misérable prostituée qui rôdai Ile autour des mai-

sons en construction, aux abords des terrains vagues, sans feu ni lieu, et n'a pour alcôve qu'un amas de graviers. — La pierreuse est souvent doublée d'un macrotin qui se tient à distance et surgit à l'improviste, lorsque le moment de dévaliser le client parait propice.

Pierrot. Le mâle de la pierretle, personnage de carnaval.

Pierrot. Au bout d'une année de présence sous les drapeaux, de « bleu » qu'il était, le soldat reçoit le sobriquet de pierrot, qu'il conservera jusqu'à la quatrième année, époque à laquelle il obtient le surnom de « la classe ».

Pierrot (Un). Un verre de vin blanc.

Piètre. Ancien sujet de la Cour des Miracles. Le piètre jouait le rôle de faux boiteux dans la grande comédie des infirmités pour rire. On dit encore en Basse-Normandie piètre, pour boiteux.

Pieu. Lit; barre; traverse. — Rivé au pieu , passionnément épris d'une fille, d'une femme galante; c'est-à-dire rivé au lit.

« Ce mot terrible, dont l'argot a baptisé le lit des sales amours. »

(Ed. et J. de Concourt, Le Vieux Monsieur. )

Pieuvre. Femme galante.

Ainsi désignée en 1866, en souvenir de la pieuvre des Travailleurs de la mer de V. Hugo.

Pif, Piffard, Piton. Nez et

principalement nez bien en chair et haut en couleur, nez d'ivrogne.

« L'aubergine de leur pif. »

(A. Pommier, Paris.)

Piller (Se). Se bourrer de nourriture ; pour s'empiffrer.

Pige. Année. — Nombre de lignes qu'un typographe doit composer dans un temps donné.

Pigeon. Avance sur un livre, sur une pièce de théâtre, — dans le jargon des libraires.

Pigeon YO]raaear. Fille publique qui choisit les trains de banlieue pour exercer son industrie.

— Le pigeon voyageur va se réfugier de préférence dans un wagon occupé par un monsieur seul... A la première station, le pigeon passe dans un autre wagon, et ainsi de suite. Il y en a qui poussent de la sorte jusqu'à Versailles.

Pigeons (Elever des). Gagner au jeu l'argent des dupes, vulgo :

pigeons , — dans 1 argot des grecs. C'est encore tenir une table d'hôte où les imbéciles tombent victimes de leur passion pour le jeu.

Pigeonner. Tromper,

Pigeonnier. Le boudoir d'une femme galante.

Piger. Prendre, filouter. — Regarder. — Mesurer. — On m^a pigé mon porte-plume. — Je te pigey va! — Il faut que je pige pour la justification, — en terme de typographe.

Piger. Prendre en flagrant délit, — dans le jargon des collégiens. — Le pion m'a pigé à cramer une sèche et m'a collé pour dimanche.

Piger. Dépasser, — dans le jargon des canotiers de la Seine.

Avec sa périssoire il pige tous les canots.

Piget, Pipet. Château, — dans Tancien argot.

Pignocher (Se). Se battre.

C'est une variante de se peigner.

Pignonl. Apprenti cordonnier.

— Grossier personnage, malappris. — «En voilà un petit pignouf de calicot, qui m'a fait boire de la groseille quand j'avais demandé du madère! »

(G. Lafosse, Petit journal amusant.) — Le Pignouflard, c'est le pignouf dans toute sa beauté, la dernière expression du goujat.

Pilche. Etui, — dans l'ancien argot, de l'anglais pilcher, fourreau.

Pile ou lace. Exclamation faubourienne usitée lorsque quelqu'un se laisse tomber ou laisse tomber quelque chose.

Pile. Volée de coups de poing et de coups de pied. — File sterling, forte pile, tout ce qu'il y a de mieux en fait de pile. — Flanquer une pile que le diable en prendrait les armes , battre avec acharnement.

Piler le poivre. Etre en faction, — dans le jargon des troupiers.

Piler du poivre. Ne pas se tenir d'aplomb à cheval, .suivre, à contre-temps, le mouvement du trot, de façon à ce que le postérieur s'enlève de la selle et y retombe avec force, mouvement qui rappelle l'action de piler du poivre dans les mortiers des droguistes.

Pilier. Fidèle habitué d'un endroit. — Pilier de café, pilier de bal public.

Pilier. Commis. — Pilier de boutancfie, commis de magasin.

— Pilier de paquelin, commis voyageur. — Pilier du creux , pilier de la boite y chef de maison, patron d'un établissement.

Piloche. Dent, — dans le jar-

Pilon. Doigt, — dans le même jargon.

Pimpions. Monnaie, — dans le jargon des voleui's.

Pinçant. Ciseaux, — dans l'ancien argot.

Pinçart. En terme de maréchal-ferrant, un cheval est pinçart quand il marche sur la pince du pied.

Pince. Main, — dans le jargon du peuple. « Ne vous essuyez pas la pince à votre mouchoir ou à votre paletot. » {L'art de se conduire dans la société des pauvres bougres.)

Pince (Tenir à la)". Exercice acrobatique qui consiste à tenir le sommet du crâne de son partner entre les cinq doigts, — dans le jargon des saltimbanques.

Pince-dur. Adjudant sous-officier.

Pince-sans-rire. Agent de police, — dans le jargon des voleurs.

Pince-cul. Bastringue, où les amateurs de la liberté de pincer peuvent prendre du plaisir à pleine main. « Une fille qui respecte sa parentelle peut aller danser au Banquet d'Anacréon ou aux Mille Colonnes, seulement elle ne va pas au bal Grados. C'est une infamie que ce pince-cul-là! » (Huysmans, Les Sœurs Vatard,)

Pinceau. Balai, — dans le jar-

gon du régiment. — Voyons voir, administrez un coup de pinceau, et là, vivement!

Pinceau (Faire). Peindre sa llamme sur la porte du temple de Cythère avec le pinceau de l'amour.

Pincer. Filouter. — Exécuter. — Pincer le cancan, danser le cancan. — Pincer de la guitare, pincer de la harpe, être sous les verrous.

Pincer pour (En). Etre épris de, être amoureux de. — J*en pince dur pour la blonde du second.

Pincer (En). — Faire partie de, en être, — dans le jargon des voleurs. — « Quand je vous récidive qu*on en pince et dur. »

(P. Malialin, Les Monstres de Paris.)

Pincette (Baiser à la). Baiser que donnent les enfants en pinçant de chaque main les joues de la personne qu'ils embrassent.

Pincettes (Se tirer les). Décamper. Les pincettes, ce sont les jambes, qui ont fourni à l'argot un assez joli contingent de transformations.

Pingouin. Public, — dans le jargon des saltimbanques. Pingouin maigre, public peu nombreux; pingouin gras, public nombreux. «Vois-tu le pingouin, comme il s'allume?... ça n'est rien... A la reprise je vas l'incendier. » (E. Sue, Les Misères des Enfants-Trouvés,)

Pinter. Boire. Pinte-à-mort,

Pioche. Voleur à la tire.

Piocher. Travailler avec ar-

29 'l DICTIONNAIRE D' ARGOT MODERNE.

dciir. — Battre. — Voler à la çaise : — PioupioUj criaient-ils.

tire. Cette moquerie eut pour résul-

Piocher, Jouer la pioche. \^^ ^^ ^^^^® donner le sobriquet

Avoir recours au talon, chaque ,^e pioupiou aux soldats de l'in-

fois qu'un domino demandé antene française. . (Aug. Chal-

inanque à l'appel. lamel.)

Piocheur. Travailleur sérieux. P\P« (^f ««^ «f >• M^'^^^*'*- ^f

morts ne fument plus.. . que la

Piolle.Cabaret. — Hôtel garni terre. — Cette expression a,

à la nuit, — dans le jargon des sans doute, été consacrée par

voyous. — Piollier, pioUiére, ca- le peuple qui a voulu faire une

haretier, cabaretièrc, logeur à vulgaire allusion à un usage

lii "uit. emprunté au cérémonial des

Pion. Ivre; de pier boire, funérailles des évéques. D'après

Etre pion, ôtre gris. le cérémonial, la crosse d'un

y.. « ,. jw. , T - évêque mort est brisée et fiffure.

Pion Maître d étude Le souf- ,^^^^0 sur un coussin, dans le

fre-douleur d un col ège, d un Cortège funèbre. « On place aux

pensionnat. Laplupartdutemps, f^^^j^ ^^j^^ (j„, d„' nloup),

c est un pauvre diable de bacho ^^^ ^„ ^^^^^^ ^^^^^^^ cramoisi

qm pioche un examen en fai- j^ ^^^^^^ ^^-^^^^ ^^ t^^j^ j^^^^:

sant la classe, en menant les „ ^^f.. ^^ 34 octobre

élèves à la promenade eu al- ][g,g f„;,érailles de Mgr Dupan-

lant les conduire uu ycee. - ^ '^ „ p^, ^^^i^ ^ ^

« Quelle est lélymclogie du j^i*" ^^^j. ^„^ Dupanloup

mot pion? Un collégien nous briserait sa crosse sans être car-

fait savoir ffue généralement jj^^, „ (Tam-Tam, du 20 octo-

on le considère comme un di- i,,.^ iQ'7Q\

mniutif d espion » (Albanès, s.

Mystères du collège,) PiP® (Fumer sans). Etre en

^. ^ ., ,^ colère. — S'impatienter.

Pionçage. — Sommeil. De «. ^ /n. * xT j ^ ^ r^

pioncer dormir. Un fort pionçage, P^P® (^ est bon dans la) . Ça

un sommeil prolongé. ' augmente le bien-être, ça ame-

'^ ^ liore la situation, — dans le

Pioncer. Dormir. jargon des troupiers. C'est l'é-

Pionne. Sous-maîtresse, souf- quivalent militaire du : Ça met

fre-douleur d'un pensionnat de du beurre daiis les épinarHs.

demoiselles. Pipelet, Pipelette. Portier,

Piote. Insulte de cavalie/ à portière. Pipelet est le nom cé-

fantassin. lèbre d'un des personnages des

Pioupiou. Soldat d'infanterie. Mystères de Paris, portier typi-

« L'uniforme blanc des gardes- que qui, depuis le succès de ce

françaises rappelait un peu leur roman d'Eugène Sue, a servi de

costume, (le costume des Pier- parrain à MM. les concierges,

rots) aussi le populaire appelait- Piper. Fumer la pipe, lo ci-

il ces soldats « des Pierrots... » gare ou la cigarette. — Piper

De plus, lorsqu'ils (les Parisiens) comme un Turc, fumer beau-

voy aient passer un garde-fran- coup.

DICTIONNAIBE D ARGOT MODERNE. 295

'épondre au professeur,

Pipot. Elève de l'ËcoIe Polytechnique.

Piqaage (Faire an). Voler du vin ou de l'alcool k l'aide d'un Irou pratiqué dans la barrique, genre de vol en usage chez certains camionneurs, che/certains employés des chemins de fer, moyen économique de se soûler sans passer par le marchand de vio.

Piquante. Epingle.

Fiqne-Chien. Concierge de l'Ecole Polytechnique, — dans le jargon des élèves de cette écolo.

Pi<^e-en-terre. Volaille; par allusion à la manière dont les poules cherchent leur nourri- Piqué des Tara (Pas). Très frais, très joli. — Elle nest pas piquée des vers, la bourgeoise! Ou dit aussi dans le même sens :

Eik n'est pas piquée des zhannetoTts.

Fiquepou. — Tailleur,— dans le jargon du peuple. C'est, sans doute, une déformation de piqueprou, c'est-à-dire pique beaucoup, dans l'ancienne langue française. Le mot est loin d'Are jeune. La variante est : Piqueprune: prune, également rais pour prou.

Piquer une nota. Pour le professeur, c'est marquer une note à l'élève; pour l'élève, c'est obtenir une note : piquer un rinq, un dix, tôt dùe-sepl, — dans le jargon des élèves du cours de mathématiques spéciales. Pi'gwer le bdton d'encouragement, obtenir la note I , la plus mauvaise note. Piquer une hutlre, ne pas

1 tablée colle.

Piquer un renard. Restituer forcément un bon ou un mauvais repas.

Piquer le banc. Attendre quelqu'un sur un banc. — Se reposer surunbancaui Champs- Elysées en attendant un amoureux de rencontre, — dans le jargon des filles.

Piquer en nctime. Plonger les pieds en avant, le corpsraide.

Piquer son chien. Dormir

pendant le jour. — Les tailleurs disent avec une variante ; Piquer sa plaque.

Piqner son lard. Piquer un soleil. Rougir.

Piquet. Livre de messe. Juge de paii, — dans le jargon du

Piqueose de trains. Raccrocbeuse qui attend la pratique dans les gares, assise sur un banc dans une gare de chemin de fer. Elle guette l'arrivée des

Pissat d'âne. Eau-de-vie jauneclair; eau-de-vie coupée d'eau.

Allusion à la couleur.

Pisse-froid. Homme méthodique, concentré en lui-même.

Pisse-Huile. Lampiste , — dans le jargon du collège. {L. Lar-

Pissenlits par la racine (Manger les]. Etre mort.

Pissenlits (Arroser les). Uriner en plein champ.

Pisser des lames de canif.

pisser des clous de sabot. Souffrir en urinant, par suite d'une maladie de la vessie, par suite d'une maladie vénérienne.

Pisser an cul. Mépriser profondément; faire autant de cas de quelqu'un que d'une pissotière, le traiter comme une pissotière.

Pisser des lames de rasoir en travers (Paire). Ennuyer quelqu'un au dernier point; le faire moralement souffrir à force de l'ennuyer.

Pisser les poules (Mener).

Donner, en riant, un mauvais prétexte pour s'en aller, pour quitter l'ouvrage. — Etre occupé à ne rien faire, ne pas vouloir dire où Ton va.

Pisser sa côtelette. Accoucher.

Pisseuse. Petite fille. Femme. — La voisine a accouché. — Qu'est-ce qu'elle a fait? — Une pisseuse,

Pissin de cheval. Mauvaise bière chaude.

Pistache. Légère ivresse. Pincer sa pistache, être légèrement ivre. Pourquoi pistache? — Estce que l'ivrogne de la première heure arborerait les tons verts de la pistache ?

Pisteur. Homme qui suit les femmes à la piste. Il ne faut pas confondre le pisteur avec le suiveur. Le suiveur est un fantaisiste qui opère à l'aventure.

Il emboîte le pas à toutes les femmes qui lui plaisent, ou, mieux, à toutes les jolies jambes.

Parmi cent autres, il reconnaîtra un mollet qu'il aura déjà chassé. Il va, vient, s'arrête,

tourne, retourne, marche devant, derrière, croise, coupe l'objet de sa poursuite, qu'il perd souvent au détour d'une rae.

Plus méthodique, le pisteur surveille d'un trottoir à l'autre son gibier. Il suit à une distance respectueuse, pose devant les magasins, sous les fenêtres, se cache derrière une porte, retient le numéro de la maison, fait sentinelle et ne donne de la voix que lorsqu'il est sûr du succès. Le pisteur est, ou un tout jeune homme timide, plein d'illusions, ou un homme mûr, plein d'expérience. — Le pisteur d'omnibus est un désœuvré qui suit les femmes en omnibus, leur fait du pied, du genou, du coude, risque un bout de conversation, et n'a d'autre sérieuse occupation que celle de se faire voiturer de la Bastille à la Madeleine et vice versa. Cet amateur du beau sexe est ordinairement un quinquagénaire dont le ventre a, depuis longtemps, tourné au majestueux. Il olfre à tout hasard aux ouvrières le classique mobiUer en acajou ; les plus entreprenants vont jusqu'au palissandre. Les paroles s'envolent, et acajou et palissandre restent... chez le marchand de meubles. Peut-être est-ce un pisteur qui a trouvé le proverbe :

« Promettre et tenir font deux ».

Pistole (Grande). Pièce de dix francs. — Petite pistole, pièce de dix sous, — dans le jargon des maquignons et des chiffonniers.

Pistolet. Demi-bouteille de vin de Champagne.

Pistolet (Drôle de). Original.

Piston. Importun. — Piston- ^ ner, ennuyer.

Piston. Interne protégé par le médecin en chef d'un hôpital.

Piston. Préparateur d'un cours de physique.

Pitaine-Grayon. Garçon de la salle de dessin àrEcolePoIvtechnique, — dans le jargon des Polytechniciens. Piiame-forc/ion, garçon de laboratoire à la même école.

Pitancher. Boire. Pitancher à morty boire jusqu'à plus soif.

Pitre. Farceur en chambre; amuseur de société; celui qui, dans une réunion, dans un dîner, remplit l'office d'un pitre de foire, fait rire les enfants et qu'on invite parce qu'il coûte moins cher qu'un joujou. — Servir de pitre, amuser les autres en faisant rire de soi.

Pitre de Gomme. Mot à mot :

pitre de commerce. Commisvoyageur. On connaît les plaisanteries rances des voyageurs de commerce, la célébrité qu'ils se sont acquise dans les tables d'hôte.

Pivert. Ressort de montre dont les prisonniers se servent en guise de lime. Allusion à la dureté du bec du pivert.

Pivois, pive, pie, piéton. Vin.

— « Un certain vin se dit pivois, à cause de la ressemblance de son raisin avec la pive, nom patois du fruit appelé improprement pomme ae pin. » (Ch.

Nodier.) — La pomme de pin sert encore d'enseigne à maint lîabaret de village. — Pive à ]uatre nerfs, demi-setier; mot à :not : vin à quatre sous. — Pivois mvonnéj vin hlamc; pivois citron,

vinaigre, — dans l'ancien argot.

Pivoiner. Rougir; par allusion à la couleur de la pivoine.

Pivot. Plume à écrire.

Pivoter. Obéir. Mot à mot :

tourner au commandement, en terme d'école miUtaire. « Ses supérieurs pourront le faire pivoter à leur aise. » (Saint- Patrice.)

Placarde. Place publique, — dans le jargon des voleurs.

Place d'armes. Estomac.

Placeur de lapins. Farceur qui fait de la morale, moraliste qui vit aux dépens des autres et produit ses amis dans le monde galant. « Desgenais n'est, malgré ses malédictions à fracas, qu'un simple placeur de lapins. » (L. Chapron, Gaulois du 18 août i877.)

Plafond (Avoir nne araignée dans le). Dire, faire des extravagances.

Plafond (Se défoncer le). Se brûler la cervelle.

Plan. Mont-de-Piété. Mot à mot : la planche où sont les objets laissés en nantissement. — Mettre au plan, engager au Montde-Piété ou ailleurs. « M'man, j'ai mis ma veste au plan hier soir. » (Gavami.)

Plan. Prison. — Hospice des Enfants-Trouvés.

Plan. Moyen. Il y a plan, il n'y a pas plan ; expression dont se servent beaucoup d'ouvriers lorsqu'ils vont demander de l'ouvrage. — Patron, est-ce qu'il y a plan ? Mot à mot : est-ce qu'il y a moyen de travailler

clicii VOUS? — « Oui, il n'y a

f>as plan, murmurait Céline. »

Huysmans, Les Sœurs Vatard.)

Plan (Mettre en, laisser en).

Quitter quelqu'un sans le prévenir, planter là.

Planche. Sabre, — dans le

Planche. Femme très maigre.

— Femme qui n'a pas que l'apparence de la froideur.

Planche. Tableau noir servant aux démonstrations mathématiques, — dans le jargon du collège. — Passer à la planche, passer au tableau.

Planche an pain. Banc des prévenus. — Lit, — dans le jargon des filles publiques.

Planche à tracer. Table à manger, — dans le jargon des francs-maçons qui disent encore atelier.

Planches (Avoir des). Mot à

mot : avoir Tiiabitude des planches, jouer la comédie depuis longtemps; être sur la scène aussi à l'aise que chez soi. Madame ThieiTet avait des planches autant qu'actrice du monde.

Planches. Etabli de tailleur.

— Avoir fait les planches, avoir travaillé comme ouvrier avant d'être devenu patron.

Planché. Condamné.

Plancher. Quitter un ami de prison, — dans le jargon des voleurs.

Plancher. Plaisanter. — Parles-tu sérieusement ou planchestu?

Plancher. — Coucher à la salle de police, sur la planche du gouvernement. J*ai planché

deux jours, — dans le jargon du régiment.

Plancher (Débarrasser le).

S'en aller, lorsqu'on importune quelqu'un. Déoarrassez-moi le plancher.

Plancherie. Plaisanterie d'un goût douteux.

Planchenr, Planchease. Mauvais plaisant, mauvaise plaisante.

Plançonner. — Bredouiller.

Dérivé de Plançon, mauvais acteur de la Gaîté qui bredouillait à la fin et souvent au commencement de chaque tirade. (Argot des coulisses.)

Planque. Lieu, endroit, cachette. — Poste d'observation d'où un agent de police surveille un malfaiteur.

Planque des gouâpeurs. Dépôt de la préfecture de police.

Planque à plombes. Pendule.

Planque à tortorer. Restaurant.

Planque à suif. Tripot.

Planque à sergots. Poste de police.

Planque à larbins. Bureau de placement.

Planquer. Cacher. — Observer. — Mettre de l'argent de côté.

Planquer (Se). Se cacher. — Planquer le marmot, cacher un objet volé.

Planter un acte. Veut dire que le mouvement général et les positions en sont fixés. On dit planter la décoration daps le même sens. (A. Bouchard.)

Planter un comparse. Le faire Rrimer, le placer, lui dessioer fa marclie à suivre et lui donner les indications nécessaires.

(Musée PhiHpon.Thédtre de Bourgen-Bresse.)

Plantes (User ses). Marcbeibeaucoup. Uol à mot :

plantes de ses pieds.

Placer. Quitter, — Remettre quelqu'un à sa place. Invectiver

versaire le temps de la répltq« , c'est-à-dire appliquer invective.* sur invectives, comme on applique plaque sur plaque.

Plaquer- Confondre, interlo-

3ucr, mettre dans l'impossibilité e répondi'e , aplatir moralement; c'est le synonyme de eoHer. — As-tu vu comme je te l'ai plaqué ? il n'a plus soufflé

Plaquer (Se). Se jeter, se précipiter. — Se plaquer dans la limonade, se jeter à l'eau.

Plat à barbe. Hausse-col d'otflcicr. {L Larchey.)

Plat du jour. « H n'est pas de cabaret où il ne se confectionne chaque jour ce que le restaurateur appelle dans son argot un plat du jour, c'est-à-dire un plat humain, possible, semblable à la nourriture que le» hommes mariés trouvent chez cui; un plat, enfin, que l'on peut manger sans en mourir. » (Th. de Banville, La Caisiniére poétique.]

Plat d'alfichea (Prendre mi).

Ne pas avoir de quoi déjeuner,

A l'heure du déjeuner, celui qui n'a ni argent, ni crédit, llâne comme une âme en peine et

Plateau. Plat, — dans le jargon des francs-maçons.

Platine (Bonne). Langue bien

pendue, loquacité, bavardage.

Plâtre. Argent. — Montre, matière d'argent, — dans le jargon des voïem-s.

Plâtre. Pour emplAtre. Mauvais ouvrier typographe, lent au travail.

Plâtre (Etre an). Avoir de l'arcent- — L'argent est à la poche ce que le plâtre est à un mm' crépi. C'est une figure pour dire que celui qui a de l'argent n'est pas décrépit. Les voleurs ont emprunté cette expression k l'ai'got des maçons.

Plats à barbe- Grandes oreilles.

Plein comme on «ani. Repu.

— Atioir son pkin, être repu.

Plein de sonpe (Grès). Jouftlu.

— Gros réjoui

Plenrant. Oignon. Il pousse aux larmes nipTus ni moins que certains mélodrames.

Pleut (n). Formule négative pour non, jamais. Vouiei-vous tnerendre un servite?~ll pleut.

Pleut (II). Silence I Attention !

voici du inonde, ^ dans le jargon destypographes. Ondit:

B il pleut >> pour avertir un camarade de se taire ou de parler d'autre chose, quandie rédacteur en chef, le secrétaire de la rédaction ou un étranger entre à l'imprimerie, et qu'on bêche quelqu'un de la boilr.

Pleuvoir. Uriner, — dans le jargon des troupiers. Aller pieu-

300 DICTIONNAIRE D'ARQOT MODERNE.

voir. — Si tu savais comme tu me — dans le jargon des voleurs. —

fais pleuvoir! Laveur de vaisselle, — dans

Pliant. Couteau de poche, - •'aij?''* ^«s limonadiers et des

dans l'ancien argot. resUurateurs.

PUer un éventail. Faire des Ployant, Ployé. Portefeuille,

signes d'intelligence aux mes- Plnc. Butin, — dans l'ancien

sieurs de l'orcnestre, — dans argot.

le jargon des demoiselles de piumade. Paillasse, — dans

théâtre. l'ancien argot. — Et plumarde,

Plis (Des)! Des bêtises! Ren- aujourd'hui.

gaJne de la famille de : « des na- ncaatai. Lit. Se plumarder,

vêts des né fies!» - Le motcom- ^^ coucher, se mettre au lit, -

porte 1 idée d un sous-entendu ^ans l'argot du régiment,

obscène à 1 adresse du sieur , . °

podex Frame. Pince à effraction. —

Plomb. Chambre de dômes- ^Y ^"^"^ ''^^^f .P'""® '"® '^

Uque; chambre sous les plombs L^'t^Ji^'" "" """^^ '"

du toit. '^^ P"'^'®*-

Plomb. Gaz délétère ; gaz hy- """^ Pelle-racloir dont se

drogène sulfuré qui se Ségage ^^'^f, '«* ",*«»"? R*"^'' "«j*"

des fosses d'aisances. ^ ^ ^ j?f ""' ~ ^'"'' ^^ J*^^°° '*"'

maçons.

Plomb. Gosier. — Est-ce que p, - Peanca PpîIIp

c'est ton plomb ou tes pieds qui dans^ncien ar^^^^^ ' "

schelinguent comme ça ? — Cest ^^"^ * *"^*®^ ^^^^^•

les deux. Plume (Tailler une). Mordre

Plomb. Syphilis - Etre au Lïul - SflUotS^;

plomb, avoir gagné la syphilis, bliques. ^

— dans le jargon des voyous. ^ ^

— Manger du plomb, être blessé, Plumer. Dépouiller un homme

tué par une arme à feu. (L. dans Tintimité. — Gagner au

Larchey.) jeu l'argent d'un imbécile.

«, , „ T^• I r L'homme plumé est un pigeon,

Vlombe. Eeure. Lix plombes se , ^^

décrochent, dix heures sonnent. Plumes. Cheveux destmés à

-., , o T . la hotte, — dans le jargon des

Plomber Sonner -La ^mm- chiffonniers.

barde ne plombe plus, la pen- ^ /. . v r.

du le ne sonne plus. Plumet (Avoir son). Etre com-

„, , ^ . , plétement ivre. C'est être com-

Plomber. Communiquer la piet au point de vue de l'ivresse.

syphilis. -- Etre plombé avoir !1 pourrait bien être une allu-

du plomb de Venus dans 1 aile. ^^^^ ^u plumet des Suisses, ré-

— Sentir mauvais, répandre pûtes, comme on sait, buveurs une odeur qui rappelle celle fntrépides. « Je pense que c'était des plombs. - P/ow6erdM ^ou- ^^ suisse du quartier, car il /o<, sentir mauvais de la bouche, ^vait un plumet. » {Aventures

Plongeur. Pauvre, misérable, des bals et des bois, 1745.)

Plus (Il n'en faut). C'est vieux, usé. — En voilà assez. — On ne m'y prendra plus. Locution qu'on a mise à toutes les sauces.

— A bas^ les gêneurs, il n*en faut plus, — Comment va votre femme ?

— Il n'en faut plus, — Vous m'avez fait poser deux heures, il n'en faut plus. - Que dit-on de la pièce nouvelle'^ — Il n'an faut plus.

Plus souvent. Non, jamais.

Formule négative. — Plus souvent que je lui prêterais de l'argent.

Plus-fine. Guano de provenance humaine.

Pochard. Ivrogne fainéant et ami des plaisirs. M. Fr. Michel le fait venir de poisson, poichon, poçon, mesure de vin. Pourquoi ne viendrait-il pas de pocf^on, coup, contusion dont la figure de l'ivrogne induré est généralement illustrée ?

Pochards (Le signe de la croix des). « Il consiste à prononcer « Montparnasse » sur la tête, à l'épaule droite « Ménilmonte », à l'épaule gauche • La Gourtille », au milieu du ventre « Bagnolet », et dans le creux de l'estomac, trois fois « Lapin sauté, » (Le Sublime.)

Pocharder. Enivrer.

Pocharderie. Etat du pochard ; ivrognerie.

Poche. Apocope de pochard.

« Quand on est poch' on s'en revient

[chantant. »

{Le Déménag. à la sonnette de bois, chans.)

Pocheté. Imbécile, niais.

Pochon. Contusion à l'œil. — Le pochon marque l'œil, le po-

che, le boursoufle, et le rend semblable à un œuf poché.

Pocker. — Jeu de cartes d'importation américaine. C'est une sorte de bouillotte, moins vivace que l'autre, et qui se joue à six.

Poêle, Poil. Réprimande. — Ficher un poêle, un poil, réprimander. « Le patron nous fichera un poêle, si nous ne sommes pas rentrés à quatre heures du matin. » (J. ïtousseau, Paris-Dansant.)

Poêle à marrons. Visage grêlé, — dans le jargon du peuple.

Poétraillon. Mauvais poète.

Pogne. Voleur, — dans l'ancien argot.

Pogne, Poigne. Main. — Vigueur. Préfet à poigne, préfet qui montre de la vigueur. — Avoir une bonne poigne, avoir la main solide.

Pognon. Argent de poche. — Pognon secret, économies, argent caché, argent mignon.

Poignard. Vêtement qui revient au tailleur, à la couturière pour être retouché. — Retouche à faire à un vôtjment.

Poignarder. Retoucher un vêtement.

Poignée de viande par la figure (Foutre une). Donner un coup de poing sur le visage, appliquer un maître soufflet, — dans le jargon des bouchers.

Poignet (La veuve). Exercice de l'onanisme.

Poigre, Poique. Poète, littérateur, — dans le jargon des voleurs. Le second mot, poique, n'est qu'une déformation moderne du premier.

Poil (Bougre à). Homme couraprcux, plein d'énerf^ie.

Poil (Faire le). Surpasser. — Tromper.

Poil (Tomber sur le). Battre.

— Tomber sur le poil à bras raccourcis exprime le superlatif de raction.

Poil de sec (Ne pas avoir un).

Eprouv^'Mine vive émotion. Allusion à la transpiration qu'une forte émotion procure à certaines personnes.

Poil an c. (Avoir du). Avoir du courage, de Pénergie, — dans le jargon du peuple.

Poil dans la main (Avoir un).

Etre paresseux. Allusion à un poil imaginaire qui empêche de travailler celui qui en est détenteur. — Avoir un fameux poil dans la main, être très paresseux.

Poils (A). Tout nu. — Se mettre à poilSy se déshabillei' tout nu, |)Our entrer au bain, i)ar exemple. — Monter à poils, monter à cheval sans selle.

Point. Pièce d'un franc, — dans le jargon des brocanteurs.

Point- de-côté. Créancier. — Importun. — Agent des mœurs,

— dans le jargon des voleurs et des Ephestions d'égout. Ces derniers désignent, encore, sous ce nom le passant, qui, par sa présence, gAne leur honteux commerce.

Pointe (Avoir sa). Ressentir les premiers ellels de l'ivresse.

— Avoir une pointe de gaieté causée par les préliminaires de l'ivresse.

Pointé, à point (Etre). Avoir

bu jusqu'à la lisière de Fivresse.

Un verre ou deux de plus, le pointé passe à Tétai de $oulot; le soûlot est le têtard du pochard.

Pointeau. Employé qui pointe le temps dans les usines, — en terme cTouvrier.

Pointu (Bouillon). Clystère.

Poire. Tête, fîgure. — Tambouriner la poire f porter des coups au visage. — « Il se contentera de vous tambouriner la poire, le cul et les côtes. » (L'art de se conduire dans la société des pauvres bougres.)

Poire (Faire sa). Se faire prier, faire la prude, prendre des airs dédaigneux.

Poireau. Sergent de ville stationnant sur la voie publique.

Poireau (Faire le, Piquer son) Attendre, de planton dans la rue. — Se croiser les bras. — Attendre de l'ouvrage, — dans le jargon du peuple.

Poirette. Figure. Laver la poirette, embrasser, — dans le jargon des voleurs.

Poison. Sale femme, femme malpropre au physique et au moral. — Eh! va donc, poison!

— Cest une poison.

Poisse (La). La crapule, la \oyoucratio, — dans le jargon des gommeux, qui ont renvoyé la balle aux voyous.

Poisse. Voleur. Les mains du voleur ont r<idhérencc des emplAtres de poix de Bourgogne.

Poissé (Etre). Etre pris, être appréhendé au coi'ps.

Poisser. V^oler. — Rattraper, prendre sa revanche, — dans

le jargon des voyous. — Toi, je ^poisserai!

Poisser (Se). Se griser.

Poisseux. VoyoQ, — dans le jargon des gommeux.

Poisson. Mesure de vin, cinquième du litre. Il y a le grand et le petit poisson.

Poisson. Souteneur. Il nage dans les eaux de la prostitution.

Poisson d'eau (Changer son).

Uriner.

Poisson souffleur (Faire le).

Fellare. Aspirer la vie à ses sources.

Poitou. Public, — dans le jargon des voleurs.

Poitou. Précautions. — Peine.

— Epargner le poitou, prendre ses précautions.

Poitou. Non; rien; formule négative. Vieux mot argotique remis, depuis peu, en circulation par les rôdeurs de barrière qui en ont fait poiton et poite, — As-tu vingt ronds ? — Du poiton.

Poitriner. — Tenir son jeu près de la poitrine pour en dérober la vue à l'adversaire.

« Poitrinez donc ! Vous faites voir vos cartes. » (A. Gavaillé.)

Poivrade. Syphilis. {Le Nouveau Vadé, 1824.) — Poivre a la même signification. Etre au poivre, être atteint de la syphilis.

(Jargon des voyous.)

Poivre. Poisson. M. Fr. Michel donne le mot sans autre explication ; il doit être pris dans le sens de « poisson », mesure de vin, d' oh poivrier, poivrot, poivre, mine à poivre.

Poivre. Eau-de-vie. — Un poivre, un verre d'eau-de-vie.

— « De la bière, deux poivres ou un saladier? » (P. Mahalin.)

Poivrement. Paiement , — dans le jargon des voleurs.

Poivrer. Payer, — dans le jargon des voleurs. — Surfaire.

— Falsifier. Poivrer le pive, falsifier le vin.

Poivrer. Communiquer le mal vénérien, donner un bon à toucher chez le docteur Ricord. — Etre poivré, être dans les conditions requises pour obtenir une entrée à l'hôpital du Midi, payer cher un moment de plaisir.

« Toi loave, toi gueuse, qui m'as si bien

[poivré, » Que je ne crois jamais en être ('elivré. »

(Saint-Amand.)

Poivreur. Payeur, — dans le jargon des voleurs.

Poivrier, Poivrot, Poivre.

Ivrogne. — Etre poivre, être soûl. — Le poivrot est arrivé au dernier degré de l'ivresse. Il parle seul, bat la muraille et festonne dans les ruisseaux juscfu'à ce que, à bout de forces, il s'asseye sur un banc ou qu'il s'étale le long d'un trottoir qu'il aura pris pour un banc.

Poivrier (Faire le. Barboter

le). Voler un ivrogne. Et la variante plus usitée aujourd'hui :

Cueillir un poivrot, ou, encore, canarder un poivre, allusion au canard barboteur. « A nous trois, nous avons barboté pas mal de poivriers. » (Petit Journal, du 22 juillet 1880.)

Poivrier, mine à poivre Mauvais débit de vins et liqueurs qui brûlent le palais comme le poivre le plus incandescent.

Poivrière. Itoute. Comparaison do la poussière au poivre.

Poivrot (Vol au). Vol commis sur la [ïci'sonne «l'un ivrogne. — Barboter le poivroty fouiller un ivrogne pour le voler. — Les barboteurs de poivrots sont des voleui*s qui ont la spécialité de dépouiller les ivrognes. — Gauler donne poivrier dans le même sens.

Police (Se mettre à la). Se faire inscrire sur le registre des filles soumises. « Elle donna ensuite dans les employés, dans les commis, quitta le théâtre

fiar paresse et se mit à la poice. » (Paris-vivant, La Fille, 1858.)

Polichinelle. Hostie, — dans le jargon des voyous.

Polichinelle. Verre d'eau-devie de la capacité d'un double décilitre, servi sur le comptoir du marchand de vin. « Si mon auguste épouse ne reçoit pas sa trempée ce soir, je veux que ce polichinelle-\k me serve de poison. » (Gavarni.)

Polichinelle dans le tiroir (Avoir un). Etre enceinte.

Polisseuse de mâts de cocagne en chambre. Prostituée de la famille des carnassiers, à peu de chose près. En latin fellatrix.

Polisson. Faux appas en crin que nos arrière-grand 'mères ne plaçaient pas sur la gorge.

Polisson. Gentilhomme de la Cour des Miracles. Les polissons jouaient les déguenillés et tâchaient d'inspirer la pitié en grelottant sous leurs haillons.

Polka. Photographie, dessin pornographique.

Polonais. Petit fer à repasser les dentelles, — dans le jargon des blanchisseuses.

Pomaqpier. Perdre, — dans le jargon des voleurs.

Pommade de cochon. Saindoux.

Pommade (Etre dans la, tomber dans la). Avoir fait de mauvaises affaires. Essuyer une débâcle financière.

Pommade, coup de pommade.

Flatterie. — Jeter (£: la pommade, flatter.

Pommader. Masquer les crevasses d'un vieux meuble au moyen d'un enduit fait de cire et de gomme laque.

Pommadin. Apprenti coiffeur.

— « Tous des portiers et des lampistes, clama-t-il, et avec cela des gonsesses en soie et des pommadins! » (Huysmans, Marthe.)

Pommard. Bière légère, — dans l'ancien argot.

Pomme à vers. Fromage de

Hollande.

Pommes (C'est comme des).

(y est inutile, ce n'est pas nécessaire, — dans l'argot du régiment. Variante : C'est comme des dattes.

Pommes (Aux). Bâte aux pommes. Soigné. — Deux consommateurs, un habitué et un étranger, demandent, dans un café, chacun un bifteck, le premier aux pommes, le second naturel, nature, dans l'argot des restaurateurs. Le garçon chargé des commandes vole vers les cuisines et s'écrie d'une voix retentissante : « Deux biftecks, dont un aux pommes, soigné ! »

Le mot fit fortune. C'est depuis appréciée des voyageurs de

ce jour qu'on dit : t Aux pom- commerce.

mes », pour soigné. Pompier. - Elève qui se pré- Pompage. Sacrifice au dieu pare au baccalauréat, — dans

de la bouteille. le jargon du collège. — Ainsi

Pompe. Retouche faite à un dénommé à cause delà masse

vêtement "^^ connaissances que ses examens le forcent d'absorber. (A.I-

Pompe. Botte. — Faire les banès.)

pompes aupriX'COurant. voler des « . »r v • t.

bottes à l'étalage. Le voleur à .Pompier. Mouchoir. -- Pom-

l'étalage, aussitôt le coup fait, P^f ^« «^''^*c^» mouchoir très

part en courant. sale.

Pompe. Travail suivi, - dans J°"?Pi®^- ouvrier tailleur le jargon des typographes. - «^^rgé de retoucher les vête- Avoir de la pompe, avoir beau- merits. « 11 y a la grande et la coup d'ouvrage pressé à faire, petite pompe : la grande pour

« Vwpc • Il '^s habits et redingotes, la pe-

Pompe. — Offacier attache à tite pour les pantalons et les

l'instruction générale, en terme gilets. » (R. de Beauvoir, cité

d Ecole de Samt-Cyr. « lis rem- par L. Larchey.)

plissent un peu les fonctions de . ,., • • i

pion. » (Saint-Patrice.) - Corps Pompier. Tapage organise et

de pompe, les professeurs. - accompagné de chants, - dans

«Ceux qui savent quelques bri- ^ ^^êfot de 1 Ecole. Piquer un

bes de dessin pochent en quatre pompzer se livrer à une bruyante

traits la caricature du général manifestation. (L. Larchey.)

ou du corps de pompe. » (R. Pompon. Soldat adonné à

Maizeroy, Souvenirs d'un Saint- l'ivrognerie. Celui qui pompe,

Cyrien, 1880.) — dans le iargon des troupiers.

Pompe (Messieurs de la).Em- «.Le type du vieux pompon de-

ployés des pompes funèbres ; et, l'^""^ 7^^- /* P^^- ?^ ^^!oao\

dans le jargon des voyous ! les ^^^^' ^^ ^'^ ^^ garnison, 1863.)

mecs de la pompe. Pompon (A lui le). A lui la

Pompe aspirante. Soulierdont gloire, à lui l'honneur, à lui le

la semelle est à jour. premier rang. Sert à désigner

Pompe funèbre. Fellatrix. ^^e supériorité quelconque.

Prostituée en contravention Ponante, Ponif, Ponifle, Pou-

avec les lois de la nature. gniffe. Fille publique de la der-

«^^^^^ T -n V nière catégorie, — dans le jar-

Pomper. Travailler beaucoup, ^^ ^^3 voleur^ et des vovous.

— dans le jargon des typogra- °

phes. — Boire beaucoup. . Poncer le créateur (Se). Se

n ^**^ 1 jL X i • livrer sur soi-même à une de

Pompette. Légèrement pris ^^g manifestations familières à

de ym.^ Etre un peu pompette, Diogène. L'expression a été

Pompier. — Mélange de ver- fourbie par feu Grassot du Palais-

mout et de cassis, boisson très Royal.

Pondant, r.orrcspondant. Personne chargée par une famille de la remplacer auprès d'un interne de coUèf^e.

Pondense (Bonne]. Femme qui a beaucoup d'entants; femme qui est toujours en état de grossesse.

Poney. Billet de cinq cents francs, — dans le jargon des bookmakers. — Avoir gagné son }X)ney, avoir çagné cinq cents frincs en pariant aux courses.

Ponte (La). Réunion de

ioueurâ qui jouent contre le banquier au baccarat, au Irenteet-quarante.

Ponte (Le). Celui qui joue contre le banquier. Tanti punti^ tanti coglionif dit un proverbe italien; autant de pontes, autant d'imbéciles.

Ponter. Jouer contre la banque. Ponter dur, jouer beaucoup d'argent. Ponter sec, jouer de grosses sommes à intervalles inégaux.

Pontife. Cordonnier. Ce sobri(juet date du commencement du xvii« siècle et il s'est conservé jusqu'à nos jours. Allusion aux souliers à pont, fort à la mode à cette époque. — Souverain pontife, maître cordonnier.

Pontoise (Revenir de). Avoir l'air bêtement étonné

Pontonnière, Pontannière.

Fille publique qui affectionne le voisinage des ponts; fille publique attardée qui prend les ponts de Paris pour des ponts de navire. « La belle va lever sur les ponts... et y fait le quart jusqu'à trois et quatre heures

du matin. » (FJévy d'Urville.j

Pontonnier. — Grec habile dans l'art de faire les ponts.

{Argot des joueurs.)

Popote. Cuisine de pauvre et pauvre cuisine. — Faire la popote, se réunir pour faire un maigre repas à frais communs.

Popoter. Faire la popote.

Porc-épic. SaintrSacrement,— dans le jargon des voleurs. Allusion aux rayons de métal qui environnent l'hostie. (Fr. Michel.)

Port d'armes (Laisser an).

Quitter le service militaire avant un camarade, — dans l'argot du régiment. Faire attendre et ne pas revenir.

Portanche (Le, La). Portier, portière.

Porte bien (Qni se). Vigoureux, bien appliqué. — Donner un soufflet, un coup de pied qui se porte bien.

Portefeuille. Lit. C'est là que l'homme serre ce qu'il a de plus précieux : sa personne. — S'insinuer, se fourrer dans le portefeuille, se coucher. — « J' souffre moins comme ça, voyezvous, parc'que, quand j* suis étendu dans le portefeuille, je m' sens à tout' minute prêt à suffoquer. » (A. Antier, U Agrafe, act. I. se. 1. 1837.)

Portefenilliste. Ministre. 11 a un portefeuille ministéricLw Les trois Tportefeuillistes, M. de Marcère surtout, ont l'air foncièrement satisfaits de leurs maroquins. » (Le Réveil, du 46 décembre 1877.)

Porte-balle. Bossu.

Porte-maillot. Danseuse.

Porte-manteau (Epaules en).

Epaules hautes et plates.

Porte-trèfle. Pantalon.

Porte-pipe. La bouche, — dans le jargon du peuple. — Se rincer le porte-pipe, boire.

« Anatole, qui s'était rincé le porte-pipe et qui paraissait disposé à rire. » (Huysmans, Les Sœurs Vatard.)

Porté sur l'article. Amateur du beau sexe. Mot à mot : porté sur l'article femme.

Porté sur la liste des élèves morts. Porté malade, — dans le jargon du régiment.

Porte-mince. Portefeuille.

Porter (En). Etre trompé par sa femme; c'est-à-dire porter des cornes, ôtre coiffé à la manière des maris trompés. — La femme qui trompe son mari, lui en fait porter.

Porter à la peau. Inspirer des désirs amoureux.

Portez! Remettez! Une des

expressions les plus usitées dans les régiments de cavalerie. Mot à mot : « Portez sabre! remettez sabre! » Exclamation intraduisible et qui se produit chaque fois que quelqu'un vient de dire une grosse bourde. Cela se prononce en élevant la voix et d'un ton sévère, comme pour le commandement. La même exclamation retentit lorsqu'un cavalier a commis une incongruité plus ou moins bruyante.

Portier, Portière. Cancanier, cancanière; médisant, médisante.

Portion. Fille publique, —

dans le jargon des soldaLs.

Tomber sur la portioriy — c'est-àdire tomber sur la portion de viande, suivre avec empressement une fille publique.

Portrait. Figure. — Crever le portrait, endommager le portrait, laisser l'empreinte d'un coup de poing sur la figure.

Pose' (La faire à la). Chercher à éblouir la galerie, .soit par ses manières, soit par sa conversation.

Poser. Attendre depuis longtemps. — Etre mystifié. — Se donner de l'importance. — Chercher à faire valoir ses avantages, soit physiquement, soit moralement, en prenant une attitude étudiée.

Poser pour le torse. Faire des effets de plastron. Quand on n'est pas très joli garçon, c'est une manière comme une autre d'attirer l'attention des femmes qui, comme Brid'oison, s'attachent à la forme.

Poser culotte. Aller aux cabinets inodores.

Poser (Faire). Faire attendre longtemps, faire attendre eu vain. — Mystifier.

Poser et marcher dedans.

S'embrouiller, perdre la tête.

(Mémoires d'un forçat, i829.) C'est mot à mot: après avoir sacrifié à la C^® Lesage, mettre le pied en plein dans l'holocauste.

Poser un lapin. Mystifier, se moquer du pauvre monde. — Poseur de lapins, farceur, mystificateur. — « Emile Zola n'est pas un naturaliste, c'est-à-dire un poseur de lapins. » (E. Ber-

gerat, La Vie moderne^ 21 fév.

Poser on lapin. Flouer une femme. Foseur de UipinSy homme qui Houe les femmes.

Poses (Faire des). Interposer des cartes préparées dans mi jeu loyal.

Poseur, Poseuse. Homme, femme, tjui atFecte des allures ou un langage étudié. — Celui, celle ffui cherche à produire de l'effet au moyen d'une attitude étudiée. Au tliéâtre, le poseur fait des effets de torse; il projette sa poitrine sur le devant d'une loge, lorgne avec affectation; au bal, il s'accoude sur le marbre de la cheminée; au Bois de Boulogne, il fait piaffer sa monture devant les équipages de luxe; dans la conversation, il récite avec emphase une tirade politique lue, le matin, dans un journal, ou il traite une question d'art étudiée, la veille, dans un livre. — La poseuse fait des effets de toilette.

Position. Malle, — dans le jargon des voleurs, qui, la plupart, n'ont qu'une malle pour tout avoir.

Possédé. Eau-de-vie, — dans le jargon des voleurs.

Poste aux choux. Canot destiné, en rade, au service des provisions, — dans le jargon des marins.

Poste (chasser au). Faire appel à la débauche, du haut d'une fenêtre.

Postiche. Mensonge; nouvelle invraisemblable. Poser un postiche, mentir.

Postiche. Rassemblement or-

ganisé sur la voie publique par des voleurs dans Tintérêt de leur commerce.

Posticlie, Postige. Parade de saltimbanque. Petites scènes jouées en plein air pour athrer le public. Bagatelles de la porte avec accompagnement de soufflets et de coups de pied au cul.

C'est le lever de rideau des artistes forains. — Les saltimbanques donnent encore le nom de postiche ou postige aux exercices qu'ils font sur la voie publique : un tapis percé à jour, quatre pavés pour retenir le tapis, un orgue, un plateau pour la quête, une chaise pour le travail de la dislocation ou des poids pour le travail de force, voilà la scène et la composition du postige.

Postiger. Faire amasser le public, — en terme de camelot et de saltimbanque.

Postillon. Petite pluie de salive dont le postillonneur asperge, bien innocemment, le visage de son interlocuteur.

Postillon. Boulette de mie de pain recelant un billet qu'un détenu lance d'une cour à l'autre, lorsqu'il a quelque communication à faire à un camarade.

— Envoyer le postillon, correspondre entre prisonniers.

Postillon. — Carte servant de point de repère — peut-être vaudrait-il mieux orthographier repaire -- pour reconnaître soit le début, soit la fin, soit la reprise d'une passe au baccarat,

— dans le jargon des grecs.

Nommé postillon parce qu'il conduit le char de la fortune sur le tapis vert.

Postillon. Insinuation déplacée. — Faire postillon.

Postillon d'eau chaude. Mécanicien, chauffeur de locomotive. — Infirmier militaire.

Postillonner. Parler en lançant des postillons, — Correspondre entre détenus au moyen d'une boulette de mie de pain contenant un avis écrit.

Postillonneur. Lanceur de postillons. Un despostillonneurs les plus humides fut P., le journaliste dont on disait: On ne peut l'aborder que le parapluie à la main.

Posture (En). Apothicaire, — dans l'ancien argot.

Pot, Cuiller à pot. Cabriolet.

Pot -bouille. Cuisine sans prétention.

Pot de chambre dans la commode (Avoir laissé le). Avoir l'haleine fétide.

Pot-à-tabac. Personne courte et grosse.

Pot-à-tabac. Agent de la sûreté, — dans le jargon des voleurs. Us ont longtemps passé au tabac les prévenus. (V. tabac)

Pot-à-moigneaux. Chapeau haute forme, — dans le jargon du peuple qui prononce moigneaux pour moineaux.

Pot-au-feu. Creuset de faux monnayeur, — dans l'argot de la police.

Pot-au-feu. Casanier, casanière.

Pot (C'est dans le). C'est manqué, c'est raté, en parlant d'un ouvrage, — dans le jargon des couturiôrcs. — Les tailleurs

disent, pour exprimer la même idée : C'est dans les bottes.

Potache. Collégien.

Potage à la julienne dans le ruisseau. Chute dans un ruisseau. On fait prendre un potage à la julienne à son adversaire, quand on l'étalé dans le ruisseau. (Jargon des ouvriers.)

Potard. Pharmacien — Elève pharmacien. — « Un potard qui somnolait, le nez sous des besicles et sur un livre. » (Huysmans. Les Sœurs Vatard.)

Potasse, potasseur. Elève studieux mais inintelligent; élève qui se donne beaucoup de mal sans profit.

Potasser. Préparer, étudier. Potasser sa colle, préparer son examen.

Potasser. Travailler avec assiduité.

Poteau. Camarade dévoué, — dans le jargon des voleurs.

Poteaux. Jambes engorgées, grosses jambes.

Potée. Litre de vin. — Enfiler sa potée, boire san htre.

Potin. Bavardage où un peu de vérité est mêlé à beaucoup de mensonges; genre de conversation très usitée parmi les portières. — Faire des potins, faire des cancans.

Potin. Bruit, vacarme, — dans le jargon du peuple. — Faire du potin.

Potiner. Jacasser en altérant la vérité, en se livrant à des débauches de suppositions malveillantes.

Potinier, Potimère. Celai ,

relie qui se complaît à bavarder sur les moindres faits et gestes d*autrui, avec accompagnement d'interprétations malveillantes.

Potiron. — Derrière et poturon par altération. Allusion de rotondité. « L' pied m' glisse, et sur r potun)n j' tombe. »

(Le Parfait catéchisme poissard.)

Potiron roulant. Cabriolet.

Pouce rond (Avoir le). Etre adroit.

Pouchon. Bourse ;pourpocAon, poche, — dans l'ancien argot.

Pouf (Faire un). Ne pas payer une dette. — Faisettr de poufSf celui qui a Thaliitude de ne pas payer sos dettes. Le faiseur de poufs déménage tous les six mois en laissant dans tous les quartiers des créanciers consternés, jusqu'au jour où quelque escroquerie qualifiée l'envoie sur les bancs de la police correctionnelle.

Pouffiace, Peauffiace. Prostituée sur le retour.

Pouic Rien, — dans l'ancien argot.

Pouiffe. Argent, — dans l'ancien argot.

Pouilleux. Avare.

Poulainte. Vol par échange.

(Fr. Mirliel.)

Poularde. Fille, femme ou veuve plus ou moins entretenue. — « On les appelle poulardes depuis hier, ce qui est plus joli que belles-petites. » (La Vie moderne, du 12 juin 1880.) Jusqu'à présent, ni l'un ni l'autre de ces deux vocables, nés autour d'une table de rédaction, n'a encore dépassé les colonnes

de certains journaux ; ni Tun ni l'autre ne semble avoir beaucoup de chance de vitalité.

; Poule d'eau. — Blanchisseose qui lave sur un bateau-lavoir en Seine. — dans le jargon des mariniers.

; Poulet d*Inde. Cheval, dans le jargon des soldats de i cavalerie.

Poulailler, Paradis. Les mansardes du théâtre. — PoulaiUer :

parce que le public des petits théâtres se plaît à imiter parfois les cris de certains animaux et principalement le chant du coq.

— Paradis : parce qu'on y mange beaucoup de pommes, d'après la définition de M. Dumas fils.

Poupée. Soldat, — dans l'ancien argot.

Poupée. Fille publique.

Poupée. Chiffon qui entortiUe un doigt malade.

Poupon, Poupard. Vol bien combiné, préparé à loish*. — Nourrir un j^oupon, combiner un vol, le soigner comme on soignerait un enfant gâté.

Pour. Peut-être, — dans le jargon des voleurs.

Pour les bas. Pourboire des filles de maison, qui font de leurs bas une tirelire.

Pousse (La). La police. Mot usité aux xvii® et xviii« siècles.

Les pousse-culs^ les archers lorsqu'ils conduisent en prison.

(Hurtaud, Dict. des homonymes.)

— Pousse, agent de l'autorité.

Pousse-au-vice. Mouche cantharide; allusion aux propriétés

aphrodisiaques de la mouche Poussier. Monnaie de cuivre,

canlharide. — dans le jargon des voleurs.

Pousse-café. Verre d'eau-de- Poussier. Lit, — dans le jar-

vie qui suit le café dans Testo- gon du peuple ; probablement

mac du consommateur. parce qu'il n'est pas fait sou-

Pousse-caillouz. Soldat d'in- ^^^^'

fanterie de ligne. En marchant Poussier de mottes. Tabac à

il pousse les cailloux du chemin, priser; par conformité d'aspect.

Pousse-moulin. Eau, — dans Pontaniou. Prison des marins,

le jargon des voleurs. Faire deux mois de pontaniou.

Poussée. Ouvrage pressé. Il y Pratique. Vaurien. — Mauvais a de la poussée. soldat. « Dans un régiment il y Pousser sa glaire. Parler. a autant de types que de soln 11 X /o \ dats... En commençant par le Pousser un exceUent (Se), grenadier modèle jusqu'au mi- Manger lordmaire de la prison, fit^.^g j 3^^^ fusillé; ce derqui est loin dêtre excellent; ^er est connu sous le nom de mais lironie plaît au voleur. pratique.^^ {i.^ormc.)-<^ Les pu- Pousser son rond. Aller à la ri tains de la discipline ne voient selle, dans ces hommes ingouverna- Poussette, de Vi

coup, Kxaua 1 ai gui; u«^o yi^uo, (^amuS )

joueurs de baccarat, qui ont en- ^**""^';

core donné à ce procédé le nom Pré, grand pré. Bagne; mai-

de mort. La poussette, quoique son de secours aujourd'hui dis-

très surveillée dans les cercles, parue.

esl très fréquente. - « Après p . ^^ ^a mer, - dans le

avoir vu les deux cartes de vo- ;„*"?;„ „„i„.,„ '

tre partenaire, comme son point '*^^°° <*«* ^"l^""^'

était bon, vous avez, avec le Préfectanche. Préfecture de

doigt, poussé, en avant de votre police. Le preu de la préfectan-

masse, cinq francs qui ont dou- c/ie, le préfet de police, c'est-à-

blé votre enjeu. » [Figaro y du dire le premier de la préfecture

l*"" août 1878.) — « Le grecpra- de police.

ISouifiT m^^^ 's^me^t ?---• 9^^^ ^e rayon, pre-

quand il fait 'son reste; s'il voit ^ÎJI^'J.^r^"!''™^,'?? ^^"rv^'î

qu'il a gagné le coup, il lâche P^agasiii de nouveautés « C est

J «°^«oo« „«« ^;a«« ^»»ii le premier, qui les enrô e et les

dans sa masse une pièce qu il ^^JT^a^i:» /i«i «^,«^;«n /v ,«

fpnait cachée dans les deux der- congédie (les commis . » Eug.

• ! A^^^î f ? r f voi M A ^ Muller, La Boutique du marchand

niers doigts. » (A. Cavaillé.) -- ^ nouveautés.)

La retirette consiste à opérer le ""«♦t^cui*i,co.;

mouvement contraire pour re- Première. Demoiselle de ma-

tirer tout ou partie de l'argent gasin qui dirige d'autres em-

engagé lorsqu'on a mauvais jeu. ployées. — Dans les modes Io^m

premières garnissent les chapeaux et l'ont les modèles.

Premier-Paris. Article politique nlacé en ttUe d'un journal.

— (Uiapelet de nouvelles politi- (incs enfilées le plus lourdement j»ossible. C'est le plat de résistance du journal.

Première. Première représentation. Première à sensation y première représentation qui a produit un grand etfet. — Le public des premières. — Faire le service (Tune première. — La première, la première maîtresse.

Prendre la vache et le veau.

Epouser une fille-mère et reconnaître l'enfant.

Prendre des gants. User de ménagements pour faire une observation; se prend ironiquement. — Ne faut-il pas prendre des gants pour lui parler?

Prendre un rat par la qneue.

Couper une bour.se, — dans l'ancien argot.

Prendre des temps de Paris.

« Préj>arer ce que Ton a à dire par une pantomime vive et animée, pour en augmenter l'effet.

— C'est encore sauver son manque de mémoire par une pantomime. C'est Mouvel qui, le premier, pour venir en aide à sa mémoire et attendre le souffleur^ avait une délicieuse pantomime de petit-maître. Il secouait son jabot, arrangeait ses manchettes, etc. » (V. Couailhac, La Vie de théâtre.)

Prendre du souffleur. Tout attendre du souffleur. Réciter son rôle avec l'aide incessante du souffleur, quand on l'a oublié ou qu'on n'a pas eu le temps de l'apprendre, — dans le jar-

gon du théâtre. C'est-à-dire prendre les mots de la bouche du souffleur.

Prendre le train d'onze heures. Farce de troupiers. Celte farce consiste à administrera la victime une promenade nocturne dans son lit, lequel est traîné par de facétieux voisins au moyen de cordes à fourrages. Cette brimade a encore reçu le nom de « rouler en chemin de fer ». Le soldat qui a fait suisse est sûr qu'il prendra le train d'onze heures; mais il n'y a qu'un 6teu, un con.scrit, qui, ignorant les usages du régiment, puisse commettre un si grand délit.

Prends garde de t'enrhnmer!

Plaisanterie de voyou faite à une personne qui sacrifie à Domange en plein air.

Prends garde de casser le verre de ta montre ! Apostrophe à l'adresse de quelqu'un qui vient de tomber pile.

Prends garde de le perdre !

Voilà une chance, une bonne aubaine qui ne t' arrivera pas.

« Si du moins cette chute-là pouvait nous faire mettre en répétition? — Prends garde de le perdre ! c'est la pièce de R... qui va passer. » (Paris à vol de canard.)

Prends garde de te décrocher la fressure ! Ne marche pas si vite. Se dit par ironie en parlant à quelqu'un qui lambine, qui marche très lentement.

Presse (Etre sous). N'être pas visible pour cause de travail professionnel, — dans le jargon des filles de maison.

Prêt. Avance d'argent. — Paye du soldat.

Prêt. Argent qu'une fille publique donne à son souteneur.

Preu. Premier. Le preu dans un atelier est le meilleur ouvrier de l'atelier. — Premier étage. — « Tiens! v'ià 1' bijoutier du n» 10 qui n' s'embête pas, lui ; il vous a loué tout son preu. » fH. Monnier, Scènes populaires.)

Preu (Faire le). Donner une avance, — dans le jargon des peintres en bâtiment. Preu pour prêt. — Est-ce aujourd'hui que le pâte fait le preu ?

Prévôt. Chef de chambrée dans une prison.

Priante. Eglise. Messe.

Principauté. Gale. (Fr. Michel.) Jeu de mots sur principauté de Galles. (Ancien argot,)

Prise. Mauvaise odeur. — Prendre une prisej une fameuse prise j respirer une mauvaise odeur, être suffoqué par des émanations fétides.

Prison de Saint-Grépin. Chaussure trop juste.

Problème. Chaîne de montre tenant au gilet, — dans le jargon des Ecoles. En effet, un pareil luxe est un problème qui ferait croire à la fermeture des Monts-de-Piété.

Produisante (La). La terre.

Profonde. Poche. Elle est souvent d'autant plus profonde qu'il n'y a rien dedans.

Prolonge. Permission de minuit, — dans l'argot de l'Ecole Polytechnique.

Promont. Procès. — Promoncerie, procédure.

Pronier, Pronière. Père, mère,

— dans l'ancien argot.

Propre (Etre). Etre impliqué dans une mauvaise affaire.

Proprio. Propriétaire. — « Et comme je n'aime pas les proprios. » (Le Sans-culotte, 1879.)

Prose, Prouas, Proye. Derrière. — Filer du prouas signifie filer l'amarre de proue. Les latrines des matelots sur les navires à voiles sont à la proue, d'où filer duproye, ou du câble de proue pour aller à la selle. — On dit vulgairement faire des cordes. Le mot date de loin. Aristophane l'a employé et, dans ses comédies traduites en latin par M. Artaud, il fait dire à un personnage depuis longtemps en fonction : « At tu funem cacas ».

Prote à tablier. Prote qui, outre ses fonctions, lève la lettre comme les autres compositeurs d'imprimerie.

Prout! Ça m'est bien égal.

Proute. Plainte. — Prouteur^ prouteuse, plaignant, plaignante.

— Prouter, se plaindre, — dans l'ancien argot.

Prudhomme. Personnage sententieux, solennel et bête à la fois; type créé par Henri Monnier. Joseph Prudhomme professeur en fait d'écritures, élève de Brard et Saint-Omer, expert assermenté près les Cours et Tribunaux, ancien propriétaire des anciens terrains de l'ancien Tivoli, ainsi qu'il s'annonce luimême. — Le père des deux phrases célèbres : « Ce sabre est le plus beau jour de ma vie. —

vi8

« Le cliar de TEltut navigue sur , uu volcan. *>

Pmdhommesqae. A la ma- 1 ni^re de M. Prudhomine, dans le genre de Prudhomme. :

Pnme, pruneau Balle. Recevoir wi })runeau. |

Prune de Monsieur. Boulet de i canon.

Pruneau. Excrément humain.

Poser son pruneau, sacrifier à Lesage. Allusion à la couleur et à l'aspect des pruneaux desséchés, lorsque le temps et Tair ont passé par là. Variante : Déposer sa pèche.

Pruneau. Chiaue; boulette de tabac que les soldats, les marins et nombre d'ouvriers promènent de l'une à Tautre joue. La chique a la couleur du pruneau, de là le surnom. — Passe-moi ton pruneau, fai avalé le mien. — « Surtout retire le pruneau, » (A. Camus.)

Pruneau. Œil.

Prunes (Mangeur de). Tailleur.

Prunot. Débit de liqueurs doublé d'un débit de tabac tenu par de belles filles. « Ce n'est ni un café, ni un estaminet, ni un débit de tabac, ni une boutique de marchand de vin... C'est un buffet j un prunot, un chinois.

C'est tout à la fois, et café, et estaminet, et débit de tabac. »

(Les Etudiants et les femmes du quartier Latin en 1860.)

Prusse (Travailler pour le roi de). Travailler pour rien. — Faire un travail qui ne sera pas payé.

Prussien. Derrière. — Exhiber son prussien, se sauver au moment du danger.

Puant. Hautain, dédaigneux, rempli de fatuité et de sot orgueil.

Public de bois. Public mal disposé, — dans le jargon des comédiens.

Puce travailleuse. Femme qui en impose matériellement à son sexe.

Puce (Avoir la). Avoir l'éveil, se tenir sur ses gardes, — dans le jargon des voleurs. C'est mot à mot : avoir la puce à l*oreille.

— La rousse a la puce.

Puces (Secouer les). Battre.

Mot à mot : faire tomber les puces à quelqu'un à grands coups de poing.

Puer au nez. Etre insupportable; causer une profonde antipathie.

Puer bon. Sentir bon. Avoir des odeurs sur soi, — dans le jargon du peuple. « C'est puir que sentir bon. » (Montaigne.) Puir est la forme primitive de puer.

Puff . Réclame exagérée ; charlatanisme.

Puifiste. Charlatan, faiseur de réclames extravagantes.

Pulvériser (Se la). Synonyme de se /a briser, se déguiser en cerf, jouer la fille de Vair, se travestir en chamois, s'esbigner, se débiner, se cavaler, démarrer, se mettre une gamelle, etc., etc.

Punaise. Sale femme; sale fille pubUque.

Puuaise de boutique. Ecusson royal placé à la devanture des boutiques des fournisseurs de Sa Majesté Charles X ou de sa famille. « On abaltit d*une drôle de manière les punaises de boutiques... c'est les lleuis de lis. » [Les Farces et les bamboches populaires deMayeux, 1 83 1 .)

Punaisière. Café borgne. (A.

Delvau.)

Pur. Républicain qui ne transige pas avec ses opinions. Républicain de vieille date.

Purée. Cidre. Absinthe. Une purée, un verre d'absinthe.

Purée. Misère, — dans le jargon des voyous qui, poui' en dé-

signer l'étiage, disent tantôt dix de purée et tantôt vingt-cinq de purée. Etre dans la purée, être dans la misère.

Purée de pois. Absinthe ; allusion de couleur. — Garçon, deux purées de pois ! Pai* abréviation: purée.

Purger la vaisselle. Faire les sauces claires et mauvaises.

« P't'ét' ben que je purgerais encore la vaisselle. » (Mars et Raban, LesCuisirdéres, 1837.)

Purotin. Misérable, — dans le jargon des voleurs.

Purgatiou. Plaidoyer.

Putain comme chausson. Très dévergondée.

Quai Jemmapes (Avoir Tair).

Avoir l'air d'un imbécile. C'est un synonyme décent d'un mot ordurier en trois lettres dont la première est un C. et la dernière n'est pas un L.

Quand est-ce (Le)? Bienvenue que doit payer un ouvrier embauché dans un atelier. Mot à mot : Quand est-ce que tu payes ta bienvenue?

Quand les poules pisseront.

Jamais.

Quarante métiers, cinquante malheurs. Locution dont on se sert en parlant d'un individu qui a entrepris plusieurs métiers et qui n'a réussi dans aucun.

Quart d'agent de change. As-

socié d'agent de change. — N'aurait-il qu'un dixième de part dans la charge, c'est toujours un quart d'agent de change.

Quart d'auteur. Collaborateur de naissance, celui qui n'a jamais fait une pièce à lui seul.

Collaborateur qui fait... les courses, et ce n'est pas le moins utile quelquefois, ni celui qui a le moms d'esprit.

Quart de marqué. Semaine,

Quart d'œil. Surnom attribué autrefois par les voleurs au commissaire de police. Aujourd'hui les voyous et leurs modèles les voleurs donnent indistinctement ce nom aux commissaires d

ftolice et aux sergents de ville.

In étymologiste de la petite Roquette que nous avons consulté nous a affirmé que ce sobriquet leur avait été inspiré f>ar les allures de ces agents de 'autorité, qui les guettent en tapinois et ne montrent que le quart de Toeil.

Quart (Battre son, faire son).

Aller et venir d'un trottoir à Tautre, à l'exemple de Diogène qui cherchait un homme. Les filles de maison font à tour de rôle, pendant quinze minutes, le quart devant leur porte, comme des sentinelles. Mot à mot : faire le quart d'heure.

Quartier. Quartier Latin, quartier des Ecoles, — dans le jargon des étudiants. — Aller au quartier, — Femme du quartier, femme qui habite le quartier Latin pour y étudier, sur le vif, l'étudiant; ce qui lui permet d'être restaurée chez Petiau, désaltérée à la Source, amusée chez Bullier et couchée un peu partout.

Quartier gras. Quartier d'un bon rapport pour les chiffonniers. — Quartier maigre, quartier qui rapporte peu à la hotte, — dans le jargon des chiffonniers.

Quatre-vingt-dix. Loterie foraine à lots de porcelaine. Elle se tire au moyen d'une grande roue munie de 90 numéros ; d'où le nom de quatre-vingt-dix,

Quatre-arpents. Cimetière.

(L'Intérieur des -prisons, 1846.)

Quatrième cantine. Salle de police, — dans le jargon des soldats de cavalerie. Il y a trois

cantines dans les régiments de cavalerie.

Quatuor. Quatre d'un jeu de dominos. Les joueurs mélomanes ne manquent pas de dire :

Quatuor de Beethoven.

Quelcpie part (Aller). Aller sacrifier à Richer, — dans le jargon des petites filles.

Quenotier. Dentiste, — dans l'ancien argot. Aujourd'hui les voyous le nomment : Estourbisseur de clous de girofle^ de chicots.

Queue. La suite d'un parti politique, les figurants exaltés d'un parti, ceux qui le compromettent.

Queue (Faire une). Pour une femme, c'est tromper son mari ou son amant, par hasard. — Faire des queues, tromper son mari ou son amant par habitude. — Pour un homme marié ou en puissance de maîtresse, c'est courir les filles.

Queue (Faire la). Tromper en matière de payement.

Queue de morue. — Habit.

« Il donna un coup de poing dans son tuyau de poêle, jeta son habit à queue de morue, et jura sur son âme qu'il ne le remettrait de sa vie. » (Th. Gautier, Les Jeunes France.)

Queue de la poêle (Tenir la).

Avoir la responsabilité d'une affaire. A\oir la direction d'une maison.

Quibus. Argent. — «V'ià qu'un jour que le quibus répondait à l'appel, je dis à Manon la noceuse... » (Charrin, Unenuitbachique, chans.)

DICTIONNAIRE d'aROOT MODERNE. 317

tandis que les autres, les voloncinq ans, ne paient

Qui Ta làl (Donner le). Délivrer un passe-port, — Eiliiber un passe -port.

Qniller. — Remettre à leurs places respectives les quilles abattues uu jeu de la poule, au billard. Oui^'exf^nc, vous attires.' Chacun am tour de quitter.

Qniller. — Eprouver des désirs amoureux.

Quilles. Jambes, — dans le jargon des gens pour qui la tSte

est une boule. — Jouer des quittes, décamper. — « Inutile de jouer des quilles, mon vieux. " (X. deMontepin,LeFiffcre,n"(3.) Qnimper la laace Uriner.

QnlnqnetS. Yeux. Altamer ses

guinqvets, regarder.

Qniate mangeuse. Quinte majeure, au jeu de piquet, — dans le jargon des ouvriers. Quinte mangeuse portant son point dans tes vitriers, quinte majeure à

Quinte major. Soufllet bien appliqué; allusion à la quinte majeure. « Je suis bien tenté de te bailler une quinte major, en

[irésence de les parents. » {Hoiëre, La Jalousie du barbouitlé, scène v. — 1663.)

Quinte , quatorze et le point.

Gros lot embarrassant gagné à la loterie de Cytlière.

Quinze cents francs. Volontaire d'un HH. Il paie quinze cents francs pour son année;

laires (

rien du tout; ce qui n'est pas précisément correct au point de vue démocratique.

Quinze ans et pas de corset.

C'est une insinuation féminine qui voudrait dire : Jeune et solide de la ceinture en haut, et 3ue les gens d'expérience trautsent par: ni jeune ni solide.

Qnipe. Homme d'équipe, — dans le jargon des employés des 'lemins de fer.

Quigni. Pouletet,en général, toute sorte de volaille, — dans le jargon des chiffonniers. — Par extension tout ce qu'ils trouvent bon pour leur casserole ou pour celle du gargotier, morceaux de choix tels , ^ de pâtés, restes de

poissons, manche de gigot entre fourni de viande, etc.

Quonlam. Qnonîam bonus. Gros imbécile. Au xviii' siècle servait du mot quoniam désigner le sexe d'une e. — Le quoniam ôonws dans le sens d'imbécile, n'est augmentatif d'un mot en trois lettres à peu près semblable.

Qnoqoantfl. Armoire, — dans le jargon des voleurs.

Qnqnard. Arbre, — dans le même jargon.

Qnqneret. Rideau, — dans

Rabateox, Doubleur de sorgue. Voleur de nuit, à Tépoçiue où les voleurs de nuit formaient une catégorie. Aujourd'hui, ils volent de nuit et de jour, quand ils peuvent.

Rabatteuse. Entremetteuse.

Elle va à la chasse pour le compte de la débauche et rabat le gibier humain.

Rabiau. Convalescent qui se plait à donner ses soins à des camarades d'hôpital, comme M. Jourdain donnait des étoffes à ses amis.

Rabiau, Rabiot. Résidu, restes de vin ou de soupe, — dans le jargon des troupiers. — Prolongation de service militaire ; durée d'une condamnation dans une compagnie de discipline. — Faire durabiau. Ce mot, qui, aujourd'hui, s'applique à tout ce qui comporte l'idée de « supplément, excédant », a servi primitivement à désigner la distribution du second quart de café faite aux soldats, distribution de faveur.

Rabiauter. Manger et boire les restes des autres, — dans le jargon des troupiers.

Rabibocbage. Réconciliation, — dans le jargon des enfants.

Rabibocher. Réparer. — Se rabibocher, se réconcilier entre enfants.

Rabouin. Le diable.

Rabouler . Retourner, rentrer, revenir.

Racaille. Canaille. C'est ou dérivé du « raca » biblique. Tn ne diras pas à ion frère « raca », recommande la Bible.

Raccourcir. Guillotiner. Le mot date de la première République française, époque où Ton vit la guillotine s'élever à la hauteur d'une institution. — Dans un rapport adressé au Directoire par le conventionnel Dumont de la Sarthe, on lit : a J'ai fait lier, incarcérer le partisan de Louis le raccourci. »

Rachevage. Individu dépravé; celui qui fait une besogne malpropre; celui qui fait, dit ou écrit des obscénités.

Rachevage (Faire son). Ramasser les résidus de Tanderlique, c'est-à-dire ce qui n'a pas pu passer par la pompe à soufflet, lorsqu'on vide une fosse d'aisances, — dans le langage des vidangeurs. {Le Sublime.)

Racines de buis. Dents blondes et déchaussées, les cousines germaines des clous de girofle.

Racler. Respirer. « Nous plaçons la vieille sous des fagots. — Elle racle encore, fît ma maitresse. » {Gfizette des Tribunaux^ du 27 septembre 1877.)

Racler du fromage. Jouer du violon. Edcleur de fromage^ râ^

cleur de loyaux^ mauvais joueur de violon.

Raclette. Ramoneur. — Agent de police.

Racontar. Raconlage. — Ravardage imprimé dans un journal.

Rade, Radeaa, Radin. Tiroir.

— Comptoir de marchand, — dans le jargon des voleurs.

Radie. Radical, par apocope.

— « Que que t'as donc fait, pour qu'on te foute 500 livres sur la daube ! t'as un peu emmiellé le radie. » {Le 'petit Badinguet.)

Radicaille. Parti radical.

Terme de mépris dont le superlatif est radicanaille. C'est plaisir à voir comme les hommes politiques d'opinions différentes se jettent à la tête les épithètes de vaticanailley radicanaille, républicoquin, badingueusardf et autres aménités.

Radin. Gousset. — Radin fleuri, gousset garni, — dans le jargon des voleurs.

Radiner. Rentrer, revenir, retourner. -— « Le cousin Gustave qui radine de la Nouvelle- Calédo, me dit que là-bas, la veille du jour de l'an, on se marie. » (Le père Duchéne, 1879.)

— « Les badingi^edins annoncent toujours que leur gosse va radiner. » {Le Sans-Culotte^iSlQ.)

— Radiner à la condition, rentrer à la maison. Radiner est sans doute une déformation du verbe rabziner qui, dans le patois picard, a la môme signification.

Radis noir. Prêtre, — - dans le jargon des ouvriei*s.

Radis (N'avoir pins un). N'avoir plus le sou.

Rafale. Misère. La rafale souffle dur.

Rafale. Pauvre, misérable, mal vêtu; celui qui subit les coups de vent de la misère.

Rafalement. Honte, humiliation; pauvreté sans dignité.

Rafaler. Humilier; rendre misérable.

Rafistoler. Donner une tournure présentable à un vieux vêtement de prix. On rafistole des dentelles, un châle, on rapiote une vieille culotte.

Rafraîchir d'un coup de sabre

(Se). Se battre en duel au sabre,

— dans le jai'gon des troupiers.

Rafraîchir les harres (Se).

Boire, — dans le jarçon des soldats de cavalerie qui disent encore : se rincer les barres,

Raffurer. Regagner, — dans

Rage de dents. Grand appétit, faim canine.

Ragot. Conte en l'air, bavardage. — Faire du ragot, des ragots, tenir des propos de commère.

Ragougnasse. — Mauvais ragoût, et, par extension, tout objet de très peu de valeur. Cest de la ragougnasse.

Ragoût. — Peinture vigoureuse, peinture en pleine ptUe,

— dans le jargon des peintres.

Ragoût de poitrine. Seins — Avoir du ragoût de poitrine sur l'estomac.

Ragoût (Faire du). Eveiller les soupçons. « Ne fais pas de

ragoût sur Ion dab. » N'éveille Râler. Tromper, mentir, pas les soupçons sur ton maître, dans le jargpon des marchands (Balzac.) juifs.

Raide. Eau-dc-vie de qualité Rama. Syllabes placées à la

inférieure. fin d'un mot pour lui donner

dinair.n.nt se redresse et fait LrdésSS?' ph,?%f"

tous ses elforts pour ne pas zig- ^-^^^^^ ^^^^ muche et mirJ.

.- . „ „ ., Ramamichage. Réconciliation

Raide comme balle. Rapide- entre enfants. — Ramamkher,

ment. Filer raide comme balle, favoriser une réconciliation. Se

marcher très vite. ramamicher, se réconcilier.

RaiUe. Police, agent de po- Ramasser. Arrêter sur la voie

Iice. — Espion; de rascal, ras- publique; appréhender au corps.

cahon, coquin, en anglais. Se faire ramasser, se faire arré-

Raisiné. Sang, — dans le jar- ter sur la voie publique, dans

gon des voleurs. — Faire du "" l>al public. Se dit çrincipa-

raisiné, avoir un saignement de lement en parlant des ivrognes

nez. — Faire couler le sang. et des tapageurs.

Raisiné, Raisin. Sang; forme Ramasser (Se). — Conclure,

nouvelle de raisiné, qui n'était résumer, — dans le jargon du

lui-môme qu'une allusion de peuple. — Ramasse-toi, voilà

couleur entre le sang et le vin, ^^^ f^^^^e que tu bafouilles,

raisiné, jus du raisin. ^ Il a de Ramasser nn bidon. Se sauver

la raisiné à sa pelure, il a du et, principalement, s'évader, —

sang sur son habit. — Faudra dans le jargon des voleurs; sy-

travailler au surin. — Merci, f ai- nonyme de se mettre une ga-

me pas le raisin. melle.

Râleur, Râleuse. Celui, celle Ramastiquer. Ramasser,

qui marchande sans rien ache- « *. r-i . ,

ter, ou qui achète après avoir , Ramastiqueur. Filou qui vend

longtemps marchandé et obtenu ^ ""^ ^,HP^' conime étant de

une forte diminution. ^ ?^' un b,jou en imitation, soi-

disant trouve sur la voie pu-

Raleur, Râleuse. Menteur, blique.

menteuse; trompeur, trompeuse, — dans le jargon des mar- Ramastiqueur d'orphelins. chands juifs. Négociant qui ramasse les bouts

„.- ^ , -, , de cigarettes, les bouts de ci-

Raleuse. Femme du Temple „ares? ^ uu n chargée d'attirer le client dans

un magasin. C'est un diminutif Rambiner. — Raccommoder,

de racoleuse. ressemeler. « Tout le monde

sait que son père rambinait les croknaux. » {Tam-Tam, du 2 juin

Rambuteau. Urinoir public en forme de minaret. Gracieuse attention de Tancien préfet de la Seine, M. de Rambuteau, qui a attaché son nom à ces utiles guérites à dôme, aujourd'iiui, en partie, remplacées par les cuirassés.

Ramener. Garnir tant bien que mal le sommet du crâne avec quelques rares mèches de cheveux empruntées à la nuque.

C'est ce qu'Alphonse Karr appelle : « En emprunter un qui vaut dix ».

Rameneur, Vieux-beau qui ramène sur le sommet de sa tête, sur les tempes, deux ou trois mèches de cheveux qui s'égarent sur sa nuque.

Rameneuse. Fille, femnle ou veuve qui n'aime pas rentrer seule chez elle, le soir, pour une cause quelconque.

Ramolli Imbécile ; hébété ; abruti. Celui dont l'intelligence est atrophiée par suite d'excès, celui dont le cerveau est ramolli.

Le jeu et les femmes contribuent à faire des ramollis. — Tas de ramollis !

Ramonage. Rabâchage, murmures réitérés.

Ramoner. Marmotter; rabâcher.

Ramoner, Ramoner la cheminée. Administrer un purgatif. — Recourir au dieu Mercure à l'état de deutochlorure pour guérir les blessures faites par Vénus.

Ramoner. Confesser, — dans

l'argot des congréganistes ; c'està-dire : ramoner la conscience.

Ramor . Ane , imbécile, — dans le jargon des marchands juifs.

Rampe. Coup nul au jeu de billes, aux quilles, et, en général, à tous les jeux d'enfants.

Ramser. Raccrocher, — dans l'argot des filles. Pour ramasser.

Ranger. Mettre en pâte, par ironie. « Lorsqu'un homme de conscience laisse échapper de ses mains un compartiment de casse, un paquet de distribution ou tout autre objet, les compagnons charitables ne manquent pas de s'écrier en appuyant sur le dernier mot : Ce n'est rien, c'est la conscience qui range ».

(Boutmy.)

Ranger des voitures (Se). Se retirer du monde des plaisirs.

On dit encore : se retirer de la circulation. Cette dernière expression signifie également se marier,

Rapapiotage. Réconciliation.

— Rapapioter, réconcilier. Rapapioteur^ rapapioteuse, celui, celle, par l'entremise de qui s'est faite une réconciliation.

Râpe. Dos et, principalement, dos de bossu, dos bombé en forme de râpe.

Râpé comme la Hollande.

Très minable. Allusion au fromage de Hollande râpé.

Râper. Chanter. (L. Larchey.) Et , principalement , chanter d'une manière monotone, ou chanter une chanson idiote, une chanson qui rappelle le bruit de la râpe.

Rapiat. Rapace. Le rapiat

n'est pas précisément un voleur.

11 aime 1 argent, il ne néglige aucune occasion dVn gagner.

Pour lui, il n*y a pas de petits profits. A la rapacité, il joint ordinairement Tavarice ; c'est aloi*s le plus beau spécimen du genre, le superlatif de rat.

Rapide (Le). Train rapide sur les grandes lignes de chemins de ter. Le rapide marche un peu plus vile que V express, sans plus d'accidents que les trains de banlieue.

Rapiot. Rapiécetage, ravaudage.

Rapioter. Repriser, rapiécer, raccommoder, — dans le jargon des marchands fripiers et des savetiers.

Rapioter. Fouiller un condamné, — dans le jargon des voleurs. Autrefois le mot s'appliquait à la visite pratiquée sur les condamnés en partance pour Toulon, Brest et Rochefort.

— Le grand rapiot, c'était la visite préliminaire qu'on prati(|uait sur les condamnés qui, à leur sortie de Bicôlre, étaient dirigés sur les bagnes.

Rapioteur, Rapioteuse. Rac-

cominodeur, raccommode use de vieilles bardes. « Georges Cadoudul, avant son arrestation, avait trouvé asile chez une jeune rapiotvu^e du Temple. » (F.

Mornand, La Vie de Paris.)

Rapointi. Maladroit. — Souffre-plaisir des émigrés de Gomorrhe, — dans le jargon des ouvriers du fer; par réminiscence deg déchets de fer nommés rapointis de ferraille.

ippliquer. Retourner, reve-

nir, rentrer. — Rappliquer à la taule, rentrer à la maison.

Raser. Ennuyer. — Railler.- Ruiner. « Elle s'est essayée sur le sieur Hulot qu'elle a plumé net, oh! plumé, ce qui s'appelle rasé. » (Balzac, La Cousine Bette.)

Raser. Blaguer, conter des bourdes, — dans l'argot des marins.

Raser, Enlever à ses camarades une vente, faire une vente au préjudice d'un camarade,— dans le jargon des commis de la nouveauté. C'est une variante moderne de faire la barbe.

Raseur. Commis en nouveautés qui procède comme il est indiqué ci-dessus.

Raseur, Rasoir. Bavard, ûnportun, ennuyeux personnage qui vous tanne, qui produit sur les nerfs l'etfet <jue produit sur la peau un rasoir ébréché.

Raseuse. La femelle du raseur. — Femme qui importune ses anciens amants par des demandes incessantes d'argent.

Rasoir de la cigogne. Guillotine. La variante est : Rasoir à Rock. M. Roch était encore en 1879 l'exécuteur des hautes o-uvres.

Rasoir (Main, Banque). Main qui, à la faveur d'une interminable série de coups heureux, enlève l'argent des pontes ou celui du banquier comme un bon rasoir enlève le poil. — <( Les banques rasoirs, comme il les appelait, tombaient toujours entre les mAmes mains. >»

(Vast-Ricouard, Le Tripot.)

Rasoir (Faire). N'avoir plus un sou. « Car tu n'as rien, ça

fait rasoir. » (Riche en gueule ou le nouveau Vadéy 1824.)

Raspail. Liqueur au camphre fabriquée d'après la recette de Raspail.

Rassis. Gâteau rassis, pâtisserie de la veille. Les rassis se vendent au rabais, le quart, environ, de la pâtisserie du jour; quelquefois le même prix; alors l'acheteur est volé.

Rastaqnère. Etranger et principalement Brésilien en toilette riche et de mauvais goût, — dans- le jargon des boulevardiers. — « Il y avait à côté d'elle un gros monsieur, à cravate voyante, avec des gants de peau de chien extravagants, et couvert de bijoux. Ses cheveux noir-bleu frisaient sous un chapeau gris qui faisait paraître encore plus basanée la figure de son possesseur. C'était un rastaquère de la plus belle eau. »

(Vicomte Richard, Les Femmes des autres.)

Rat. Retardataire, par apocope, — dans le jargon de l'Ecole Polytechnique. On est rat, lorsqu'on a raté (manqué) l'heure de la rentrée.

Rat, Raton. Petit voleur, voleur de petite taille, enfant dressé au vol. C'est le rapin du voleur. L'exiguïté de sa taille le rend très utile dans certaines expéditions. Elle lui permet de se faufiler par les toits de cheminées, et de frayer la route aux filous de toutes les tailles.

Rat. Avare. Parce qu'àl'exemple du rongeur de ce nom il rogne tout ce qu'il peut.

Rat. Apprentie danseuse à rOpéra. — « Le vrai rat, en

leur langage, est une petite fille de sept à quatorze ans, élève de la danse, qui porte des souliers usés par les autres, des châles déteints, des chapeaux couleur de suie, se chauffe à la fumée des quinquets, a du pain dans ses poches et demande dix sous pour acheter des bonbons. »

(N. Roqueplan.)

Rat de prison. Avocat.

Rat (Courir le). Voler la nuit, dans les maisons meublées, dans les hôtels garnis.

Rata. C'est le ragoût servi aux troupiers les jeudis et les dimanches; pour ratatouille, mauvais ragoût. Rata aux pommes, ragoût aux pommes de terre que les restaurateurs des grands boulevards appellent pompeusement : « Unnavarin», et qu'ils font payer en conséquence.

Ratafia de grenonilles. Eau, — dans le jargon des ivrognes.

Ratapiaule. Raclée. — « Evidemment la perspective d'une ratapiaule vous fera ch...ance- 1er dans vos calintes. » {L^art de se conduire dans la société des pauvres bougres.)

Ratapoil. Type du vieux soldat du premier Empire. — Vieux soldat qui a conservé le culte des Napoléon et perdu, le plus souvent, au moins un membre.

Ratatput. Atout redoublé.

Jouer cœur atout, et ratatout.

Râteau. Agent de police, — dans le jargon des camelots.

Râteau (Faire son, faire du).

Faire, comme punition, un service supplémentaire à l'expiration des vingt-huit jours que,

chaque année , les réservistes doivent à TEtat, — dans le jargon des soldats de la réserve.

C'est la variante de faire du tabiau.

Ratiboisé. Ruiné. « J'ai fait faillite comme un vrai commerçant; ratiboisé, ma chère. »

(Huysmans, Marthe,)

Ratiche. Eglise , — dans le jargon des voleurs. — Blaireau de ratiche, goupillon. — Calot à blaireau, donneur d'eau bénite ; calot est pour calotin.

Ratichon. Peigne. Le peigne a la forme d'un râteau, et c'est en effet le râteau de ce gazon qu'on nomme la chevelure.

Ratichonner. Peigner.

Ratichonnière. Communauté religieuse.

Ratissé. Joueur qui a perdu son argent au jeu. Celui dont la poche a été ratissée par le râteau du croupier. Etre ratissé jusqu'au dernier sou. La variante est : Ratiboisé,

Ratisser. Gagner tout l'argent de quelqu'un au jeu, le dépouiller, le laisser sans un sou. «Madame Zéphyrin qui les ratissait chaque fois. » (Vast-Ricouard, Le Tripot.)

Ratisseuse de colabres (La).

La guillotine. Mot à mot : celle qui ratisse les cous.

Rats (Avoir des). Etre de mauvaise humeur, — dans le jargon du peuple.

Rattrapage. Compensation.

Ravager. Voler du linge dans un lavoir public.

Ravageor. Voleur de linge

dans un lavoir public , sur les bateaux-lavoirs.

Ravageur. Ramasseur d'épaves rejetées par la Seine. Autrefois, lorsque les rues de Pans n'avaient qu'un seul ruisseau au miheu, les ravageurs y exerçaient leur industrie, principament les jours de pluie.

Ravaudage (Faire du). Courtiser toutes les femmes indistinctement, courir de l'une à l'autre, dans l'espoir d'en trouver une de sensible. (Jargon des bals publics.)

Raverta. Domestique, — dans le jargon des marchands juifs.

Il ne faut pas dabérer devant les ravertaSy il ne faut rien dire devant les domestiques.

Ravignole. Récidive.

Rayon de mieL Dentelle, — dans le jargon des voleurs.

Rayon sur l'œil. Marque sur l'œil d'un maître coup de poing.

C'est le rayon des trente-six chandelles.

Raze, Ratichon. Prêtre. C'està-dire rasé, ratissé. Le visage du prêtre est rasé, — dans le jar-

Raze pour l'ai. Acteur, dans le môme jargon ; c'est-à-dire rasé pour faire rire.

Réac. Réactionnaire. Le réactionnaire de 1848 est devenu le conservateur de 1876.

Rebâtir. Tuer, — dans l'ancien argot des voleurs. Par altération de rabatir, pour rabattre, verbe que les matois ont disloqué comme la plupart des mots ae leur langue.

Rébecca. Répondcusc, — dans

le jargon du peuple. — Voyez un peu cette Rébecca, si elle taira son bec ! Dérivé de rebéquer.

Rébectage. Médecine, — dans le jargon des voleurs.

Rébectage. Cour de Cassation.

C'est pour le voleur une médecine qui peut atténuer l'effet du jugement.

Rebecter (Se). Améliorer sa position. Reprendre des forces,

— dans le jargon du peuple.

Rebecter (Se). Se réconcilier,

Rebecteur. Médecin.

Rebiffe. Révolte. — Trimar de la rebiffe, route de la Révolte ; un des endroits les plus dangereux de Paris.

Rebiffe au truc. Récidive. — Rebiffer au truCy être en état de récidive.

Rebiffer. Recommencer, — dans le jargon du peuple. — Tais-toi, t'as ton compte.., ou je rebiffe. C'est un mot emprunté à l'argot des classes dangereuses.

Rebiffer (Se). Affecter des airs hautains, redresser la tête avec aftectation.

Rebonnetage. Réconciliation*

Rebonneter. Flatter, courtiser.

Rebonneter pour l'ai. Mystifier quelqu'un en le flattant.

Rebonneteur. Confesseur.

Rebouis. Cadavre, — dans le jargon des voleurs.

Rebouiser. Tuer. — Regarder, remarquer. — Raccommoder, repriser, ressemeler. — Au xviii^ siècle, le mot avait le sens de filouter, déniaiser quelqu'un;

c'est ainsi qu'il est expliqué dans le dictionnaire comique de Leroux.

Rebours. Déménagement furtif. Mot à mot : déménagement à rebours.

Recaler (Se). Refaire sa fortune, améliorer sa position.

Recarrelure. Repas. Brantôme s'est servi de l'expression de « carreler le ventre » pour manger.

Réchauffante. Perruque.

Rêche, Rotin. Pièce d'un sou, monnaie de cuivre. Les variantes sont : PélOf pépette.

Réclame. Ce qui reste d'une bouteille après que chacun a eu sa part, — dans le jargon des typographes. (Boutmy.) Par allusion à ce qu'on appelait autrefois la réclame, c'est-à-dire un mot ou un demi-mot imprimé à la dernière page de chaque feuillet, dans les anciens livres, pour indiquer le commencement de la page suivante.

Recollardé. Repris, arrêté de nouveau.

Recoller. Relever de maladie.

Recoller (Se). Se réconcilier entre amant et maîtresse, se remettre ensemble, signer un nouveau bagne.

Reconduire. Siffler, en terme de théâtre.

Reconduire (Se faire). Etre sifflé, être attrapé en scène, — dans le jargon des coulisses. Allusion à la conduite de Grenoble des compagnons du Devoir.

Reconobrer. Reconnaître, — dans l'ancien argot.

Reconnaistancier. Terme du Mont-de-Piété. Employé chargé de délivrer les reconnaissances.

Recoquor (Se). Reprendre des forces; se rétablir à la suite d'une maladie. Mettre des vêtements neufs.

Recorder. Faire la leçon à quel()u'uii, lui donner des instructions. Mot à mot : le mettre d'accord. — Etre recordé, être convenu d'une chose.

Recourir à l'émétique. Escroquer de l'argent à un tiers au moyen d'un hillet à ordre souscrit au nom d'un compère. — Un llls recourt à Vêmétique pour soutirer de l'argent à son père en faisant un billet à un fournisseur de connivence. — Les souteneurs emploient le même procédé envers leurs maltresses.

Reonit. Ruiné de nouveau.

Récurer (Se). Se purger. — Ou dit encore récurer la casserolCj nettoyer le fusil,

Redam. Grîlce. — Abréviation de rédemption.

Redin, Réduit. Bourse.

Redoublement de fièvre. Nouvelle charge, accusation nouvelle contre l'accusé, — dans l'ancien argot.

Redresse. Ruse. Etre à la redresse, être rusé, — dans le jargon des voleurs.

Redouiller. RembaiTer, frapper, maltraiter. — « Y veut se r'iever, mais j' le r'douille à coups de passif dans les merlins. » {Le Parfait catéchisme poissard.)

Refaire, se refaire le torse.

Manger, se réconforter. — « C'est ca qui vous refait le torse un

peu proprement. » (X. de Montépin.)

Refaire, Refaire au même.

Duper. — Etre refait, être dupé, payer trop cher. On est refait quand on paye, dans un restaurant, un dîner trop cher. — On est refait (jiiand on paye, dans un magasin, un objet audessus de sa valeur. Les étrangers sont souvent refaits.

Refait sans donjon. Repris en état de vagabondage.

Refaite. Repas, réfection. — Refaite du matois, déjeuner; refaite de jome, dîner; refaite de sorgue, souper; refaite duséchùky collation prise en sortant du cimetière.

Refiler. Chercher; suivre, — dans l'argot des voleurs. (A.Delvau.)

Refiler sons le tnhe (S'en).

Priser.

Refiler. Perdre au jeu l'argent du bénéfice. — Avoir gagné 20 louis et les refiler. — Reperdre ce qu'on avait gagné au jeu.

Refiler, Repasser. Céder le canevas d'un vol.

Refiler. Passer, mettre en circulation, — « Je n'ai refilé que cinq roues de derrière. » (X. de Montépin, Le Fiacre n© 13.)

Refondante. Allumette.

Refouler. Se refuser à. — Abandonner un ouvrage. — Refouler au travail, chômer.

Refroidi. Mort. — Assassiné.

Refroidir. Tuer.

Régaler son cochon. S'oOVir à soi-même une consommation, se payer un bon dîner.

Régaler son suisse. Ne perdre ni ne gagner une consommation jouée.

Régaler ses amis. Se purger.

Régaler la veuve. Dresser la guillotine.

Regatte. Viande, pour rogaton, — dans l'argot aes chiffonniers. — RegateVy manger.

Régiment des cocus (S'engager dans le). Se marier.

Règle de trois. La femme, le mari et l'amant réunis dans un lieu public et, principalement, au théAtre, dans la même loge.

Réglette (Arroser la). Payer sa bienvenue dans un atelier de typographes. Quand un paquetier passe metteur en pages, il est aussi d'usage qu'il arrose la réglette à coups de tournées.

{Jargon des typographes.)

Regonser. Suivre à la piste. Ces messes meregonsent^ dit le voleur qui est filé par des agents.

Regout (Faire du). Eveiller les soupçons. C'est faire du ragoût avec changement d'une lettre.

— Faire du bruit, se disputer.

Réguisé. Misérable que le manque d'argent pousse au crime. — Ruiné, maigre. — « Tu ne reconnais pas Caroline?

— Toi! Caroline?... Crisli, madame, comme vous êtes réguisée! » (Grévin, Croquis parisiens.)

Réguisé (Etre). Etre misérable. — Etre condamné à mort.

— Etre très malade. — Etre trompé d'une manière indigne.

Réguiser. Ruiner.

Réjouissance. Etat de maigreur chez une femme. — On dit d'une femme dont on voit

les os percer, qu'elle a plus de réjouissance que de viande.

Releveur de pésoche. Garçon de recette.

Relicher. Vider un verre ou une bouteille sans laisser une goutte de Hquide au fond. Les garde-malades s'entendent très bien à ce genre de travail.

Reluquer. Observer, espionner. — Reluqueur, curieux, espion.

Reluit. Jour. — Œil. Pisser des reluits, pleurer, — dans le jargon des voyous.

Remaquiller. Refaire.

Rembrocable. Reconnaissable.

Rembrocage de parrain. Confrontation avec un témoin.

Rembrocant. Mitoir.

Rembroquer. Reconnaître. — Rembroquer le portrait d'une gonzesse, reconnaître la figure d'une femme.

Remède d'amour. Personne très laide. — « Pour me guérir d'amour tes yeux sont un remède. » {Le Docteur amoureux.)

Remercier son boulanger.

Mourir, — dans le jargon du peuple. C'est la variante de perdre le goût du pain.

Remiser. Envoyer au diable.

— « Je l'ai joliment remisé. » — Se faire remiser ^ se faire remettre à sa place, — dans le jargon des voyous.

Remiser. Conduire en prison.

Remisier. Courtier de fonds publics; intermédiaire entre le client et un agent de change. 11

a une remise sur toutes les affaires qu'il procure.

Remono (Faire de la). Faire le roiioiiioiit, parler très haut et cheroher à en imposer, — dans le jargon des voyous. — Ça Vair de mecs solides, ^aut pas faire de la remone,

Remonchage. Vengeance.

Remoncher. Observer. — Se ven^'cr.

Renaché. Fromage, — dans le jargon des voleurs.

Renâcler. Reculer, avoir peur. — « Quoi de plus propre en elfet à faire renâcler les poivrots? » (La petite Lune, 1879.) — Hcniller, respirer, aspirer avec convoitise, convoiter de ti^s près. Encore un qui renâcle les pruneaux de Vépicemar.

Renâcleor. Grogncur. — Poltron.

Renard. Aspirant au compagnonnage.

Renard. Pourboire, — dans l'argot des marbriers de cimetière. (A. Delvau.) C/estle résultat prévu du pourboire.

Renard, Queue de renard.

Résultat d'une indigestion. Les queues de renard s'étalent les samedis de paye, le soir, le long de certains trottoii^s. — Renarderj vomir.

Renarderie. Vomissement.

» Après celle renarderie » <jui ne fut qu'une raillerie. >»

( Voyage de Brème.)

Renaud. Rcprocbe. — Esclandre. — Remords. — Faire durenaud, se plaindre, ameuter le monde par des cris.

Renauder. Grogner, refuser.

— Reprocher. — Avoir des remords.

Renaudenr. Grogneur.

Rendève. Rendez-vous.

Rendoublé. Rempli, restauré par un bon dîner.

Rendémi, Vol au rendémL Vol

au rendez-moi, vol au préjudice d'un marchand qui rend la monnaie d'une pièce d'or oa d'argent.

Renfrusqniner (Se). S'habiller.

Renfrusquiner pour la sèche.

Ensevelir; mettre un corps au cercueil, — dans le jargon des

Rengainer, Renqniller. Rentrer.— Rençui/Zer son compliment, ne pas achever ce qu'on avait à dire.

Rengainer son chiffon. Se

taire. Mot à mot : rentrer sa langue.

Rengracier. Renoncer au vol.

— Rengraciement^ retour à Tlionnôteté. — Rengracié, redevenu bonnête.

Reniflant. Nez, — dans le jargon du peuple.

Reniflante. Botte percée, cbaussure hors d'usage.

Renifleur de camelotte à la flan. Voleur s'attaquant aux marchandises en étalage, emportant le premier objet qui lui tombe sous la main. A la llan est un diminutif de « tlanquetle, à la bonne tlanquette ».

Renifler. Boire d'un trait. —

Pressentir.

Renommée. Goguette ; cabaret où l'on chante.

Renquiller (Se). Se rétablir.

— S'enrichir.

Renseignement. Verre de vin, canon d'eau-de-vie, — dans le jargon des canotiers. — Prendre un renseignement y faire une halte au cabaret.

Rentré dans ses bois (Etre).

Porter des sabots. Les voleurs disent d'un individu chaussé de sabots : Le client est gandin, il est rentré dans ses bois.

Rentifer. Entrer, — dans Targot des voleurs. C'est « entrer » par amplification argotique de « rif », désinence arbitraire, si commune chez MM.

les escarpes.

Rentrer bredouille. Rentrer ivre-mort.

Renversant. Etonnant, merveilleux. Mot à mot : personne, chose dont l'aspect fait tomber à la renverse; propos, discours qui renverse d'étonnement.

Repas de l'âne (Faire le). Ne boire qu'à la lin du repas, — dans le jargon du peuple.

Repasser le cuir. Battre ; maltraiter. Le cuir, c'est la peau.

Repasser la chemise de la bourgeoise. Battre sa femme,

— dans le jargon du peuple. — i< Oh! ce n'est rien 1 Je repasse la chemise de ma femme. »

(Huysmans, Marthe.)

Repaumer. Reprendre; rattraper.

Repérir. Guetter, observer,

— dans le jargon des voyous.

— Je le repère, le client.

Repérir. Retrouver, — dans le jargon des voleurs. — Repérir

un aminche rien d'attaque, retrouver un ami si fidèle.

Repésigner. Arrêter de nouveau.

Répétition (Aller à la). Faire un double sacrifice sur l'autel de Vénus.

Repiger. Prendre sa revanche.

Repionceuse. Paillasse, — dans le jargon des voleurs.

Repiquer. Se rendormir. C'està-dire piquer de nouveau son chien.

Repiquer. Redoubler. — Repiquer sur le rôti; renouveler une consommation. — Nous avons bu trois bocks : si nous repiquions ? — Redoubler d'ardeur à l'ouvrage après un moment de repos. — Rétablir ses affaires, recouvrer la santé.

Réponse des primes. Opération de Bourse qui, à la liquidation, consiste à abandonner la prime ou à maintenir le marché.

Reportage. Chasse aux informations. — Métier du reporter.

Reporter. Journaliste qui va à la chasse aux informations, aux nouvelles. Il y a le reporter

f politique et le reporter mondain.

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