‹ Dictionnaire d'argot moderneChapitre 7 sur 12 · Livre rouge. Registre du dispensaire, — dans le jargon des filles · texte numérisé non relu

Livre rouge. Registre du dispensaire, — dans le jargon des filles

Locandier. Voleur qui opère en visitant les appartements à louer. Sous prétexte de visiter un appartement, le locandier dérobe tout ce qu'il peut, prend l'empreinte des serrures, examine là place où il travaillera plus tard; de l'italien locanday maison.

Locatis. Habit en location; cheval de louage; voiture au mois et en général tous les effets mobiliers ou autres qu'on loue à la journée ou au mois.

Loche. Oreille. — LocheVy écouler, entendre.

Loche (Mou comme une)*

Flegmatique, sans énergie; par altération de mou comme une loque.

Locher. N'être pas d'aplomb, menacer de tomber; c'est clocher en supprimant le C.

Locomotive (Fumer comme une). Fumer beaucoup et très vite, — dans le jargon des fumeurs.

Loffe, Loffiat. Niais, bêta.

Loffe. Spectateur , — dans l'ancien argot des comédiens; c'est-à-dire imbécile, naïf. Le mot est emprunté à l'argot des voleurs.

Loffitude. Bêtise, naïveté. — Bonisseur de loffitudes, pitre, charlatan. Mol à mot, diseur de bêtises.

Long. Niais, dupe, — dans l'ancien argot ; mot à mot :

long à comprendre.

Long du mur (Blanchi le). Se dit d'un employé, d'un domestique, qui n'est pas blanchi aux frais de son patron, aux frais de son maître. L'employé de commerce qui n'est ni nourri ni blanchi chez son patron, dit qu'il est nourri de l'air du temps et blanchi le long du mur.

Longe. Année, an. — Tirer une longey faire un an de prison.

Longuette de trèfle. Tabac à chiquer, tabac en ficelle.

Longchamp. Cour réservée aux latrines de l'École Polytechnique.

Loques. Boutons de culoltes avec lesquels, faute de sous, jouent les gamins. — Boutons qui, à la rigueur, servent de

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marque.-} aux joueurs de luto. simple, quoi qu'il fasse, et quoi Lorcefé. La Force. (Ancienne <!"'!,* ^^f??' il n'est jamais qu'un iirisoii de Paris ) ^"/^^- '' ('^'"»-) « Aujourd'hui les * "' . loreltes célèbres de 1840 ont Lordant, Loardier.Lourdiere. vieilli. Elles comptent leur dé- Portier, porti^TC. pense avec leurs cuisinières, Lorette. Femme galante, prennent l'omnibus quand il femme entretenue. M. Prud- pleut, et élèvent des oiseaux, homme l'appelle « la moderne ^^ loret»e pure est maintenant hétaïre ». Le mot a été créé "" *ype évanoui, une race disen 18i0 par Nestor Roqueplan. panie. » [Paris à vol de canard.) « Comme Vénus aphrodite de Lorgue. Borgne; avec chanl'écume des Ilots, la lorette était gement de la première lettre; née de la buée des plâtres mal- et la variante lorgnebé, — dans sains, là-haut, dans les quartiers le jargon des bouchers. Mtis cil loi-chis élépants la pe- j^ ^ ^^^^ j . tite »oloKne des lemmes. Ro- des voleurs. C'est-à-dire bor^e. .(ueplan s eUilfail son parrain; ^Vs est une carte borpie , Balzac son historien; Gavarni n-^^-ant qu'un point au milieu! sa rMarcliandc de mots et de ^es ouvriers disent « borgne » modes » {Les Mémoires du bal pour désigner un as. - Quatorze Mabille.) « Qu es -ce que la o- ^ j, « j^ ^. ^ „ p^

rçto? Cest la loi du divorce Michel donne lorgue; ce doit

ivtahl.cet, pour plus d un mari, ^^ ^^^^^^ d'impression.

je le dis avec tristesse, la pa- ^

tience du mariage... La lorette Lorquet. Sou, — dans le jar-

ii'cstni fille, ni femme, à pro- gon des voyous; emprunté à

nrcincnt parler. C'est une pro- celui des bouchers,

rnssion, c'est une boutique. » Lon. Pièce manquée, ouvrage

(Kug. Pclletan, La nouvelle Ba- abiiné, en terme d'ouvrier du

hylone.) « Elle a un fière à qui fer. __ En ternie de théâtre, un

elle dit: Adieu papa; tu vien- i^u ou loup signifie froid, pour

(Ums fi'oUer chez moi dimanche. jVoid de loup, et sert à désigner

— Klle aune mère qui prend un très court intervalle de temps

son café quotidien sur un poêle j)endant lequel, contre toutes

en fonte. » (Kd. et J. de Gon- les règles de l'art dramatique,

court.) « 11 y a mille et une ma- Ja scène reste vide; ce qui jette

nières, en apparence, de deve- un froid. « Pendant que je vais

nir lorette, mais au fond c'est m^habiller, pour éviter un petit

la inhuii. Une pauvre liJIe que iVoid, ce qu'au théâtre nous

Ton vend, une pauvre fille que appelons un lou. » (Clairville et

l'on trompe. » {Paris-Lorctte.) Siraudin.)

« Une lorette, parlant d'un en- , . x t^ *^

treteneur pour lequel elle a du .?*o^ i^^^ ™)- ^^^^^^ ?"»

goût, dit! « Mon homme »; P^^ce. Rendre une pièce im-

l'entreteneur qu'elle considère P^'^P^^ '\ ^^ destination. Terme

et respecte est son monsieur; ^es ouvriers du fer.

quant à l'entreteneur pur et Louave. Soûl, — dans le jar-

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Lonille, Kille publique, — dans l'ui'gûtdûs voleurs. Louille 0:«t pour tr fouille ».

Louis (La). Abrâviation de Louis XV, — Soua lo nom de t Louis XV 1 les souteneurs désignent les femmes publiques aux crochets desquelles ils vivent largement, par allusion à ce monarque qui passe pour avoir été très généreux avec ses maitrcsses.— i C'est la meilleure de toutes les Louis XV que j'ai eues. ■ (Max. du Camp. Paris, i. m. — 1875.)

gon des bouchers. En subitituant, comme dan.^ la plupart des mots do leur jargoa, L Â ta première lettre et ajoutant la désinence ave.

Lonave (Faire un). Voler un ivrogne, — dans le jargon des voleurs qui prennent leur bien un peu partout.

Lonbion. Bonnet. — Loubionnier, loubtonnière , marchand, marcliunde de bonnet;. — Hei'cier, mercière.

Louche. Main; par allusion à la cuiller â potage dite i< louche v.

Louche (La). La police, — .

dans lo jargon des voleurs. — La louche renifle, la police tient la piste.

Loucbar (Faire). Gêner, embarrasser. — Faire envie, donner le désir de. — On dit vulgairement do quelqu'un qui regarde beaucoup une femme, qu'elle le fait loucher. — Une chose que l'on désire, dont on a envie, fait loveher.

Lonctaon, Louchonne. Homme, femme qui louche.

Loutfa, Louise. Pet taciturne.

Louffiat. Mal appris, grossier personnage.

Loufoque. Fou, — dans l'argot des voleurs; en remplaçant, comme dans le jarron des bouchers, la première lettre par un L, et rejetant l'F à la fin avec addition do la désinence oque.

— K Non, c'est pas le père Duché ne qui est loufoque, c'est vousautresqui ëtcsdes ahuris." (Le père Duchéne, iS'i'i.)

Lougé. Agé, — dans l'ancien argot.

h queq

Il convient d'observer qu'àSaint- Pétersbourg, le peuple appelle des Louis ceux auxquels en if'ranceon a donné, entre autres surnoms, celui d'Alphonse.

Loulsatta , Petite Louison.

Surnom attribué prinkitivement à la guillotine. — « Malgré le triomphe insolent du docteur Louis, qui n'eut pas honte d'humiher son rival, jusqu'à faire appeler PelUe Louison, l'instrument de mort dont la propriété se trouvait en htigo, Guillotin ne tai'da pas à rentrer dans ,*os droits. " [Alph. Cordier, Le Docteur Quitlotm.) Nul n'a songé depui.s à les lui contester, si bien que le sensible docteur passe pour fitre à la fois et le Christophe Colomb et l'Améric Vcspuce de ce nouveau mode do décollation.

Loup. Solution de continuité dans un manuscrit envoyé à l'imprimerie.

Loup. Dette criarde. Créan-

cier nécessiteux que la faim fait souvent s(H'tir des bornes de la nioiltM'tition.

Loup (Avoir vu le). Signifiait au XVII® si»>(île avoir couru bien des dangers; signifie aujourd'iiui avoir C(mru l)ien des aventures galantes, en parlant d'une femme, (^es femmes-là n'ont pas besoin de parler du loup pour en voir la (jueue, et elles courent bien des dangers en s'abandonnant au premier venu.

Loup (Faire un). Contracter une dette, — dans le jargon des ouvriers. — Viens -Ui prendre un litre? — As-ta du "pèse? — Non, je ferai un loup,

Loupate. Pou, — dans le jargon des voyous; emprunté au jargon des boucliers. Déformation argoti(|ue en late.

Loupe. Bamboche, paresse, flAnorie. — Hamboclieur, fainéant, llAneur. — (kimp de la louiH\ réunion de vagabonds.

« (î'élait, — c'est peut-être encore — une guinguette du boulevard extérieur, prés de la barrière des Amandiers. Cette giiingiKittcî était llanquée, d'un lîAté, par un pAtissier nommé Lnflème, cl, de l'autre, par un marchand de vin nommé Feifpiant, » (A. Delvau.)

Loupel. Pouilleux. — Dans le patois du Midi pel signifie pou; lou })el le pou.

Loupeur, Loupeuse. Vaurien, drôlesse ; bambocbeur, bambocbeuso.

Louper. Vagabonder, paresser, bambocher. — Tirer une loupe, courir de mauvais lieux en mauvais lieux.

Loupiau. Jeune, — dans le jargon des voleurs.

Lourde. Porte. — Débrider la lourde, ouvrir la porte, boucler la lourde, fermer la porte.

Lourde. — H«itel garni, — dans le jargon des voyous.

Lousse. Gendarmerie départementale; soldat de la gendarmerie départementale.

Loustaud (Envoyer à). Envoyer coucber, envoyer au diable ; mot à m()t : envoyer à la maison. Loustaud vient du provençal Voustal qui veut dire la maison. La véritable orthographe devrait être Voustaud, On envoie à Voustaud, comme on enverrait « à cette niche 1 »

Louvetier. Ouvrier qui doit partout où on a voulu lui faire crédit; ouvrier qui demande du crédit à tout le monde et qui ne paye personne.

Lucarne. Chapeau de femme.

— Monocle.

Lucque. Faux passe-port,faux certificat. — Papiers. — Portelucque^ portefeuille.

Luctr ème . Fau sse c 1 é , — d ans le jargon des voleurs. — Filer le luctrème, ouvrir une porte à l'aide d'une fausse clé. (L. Larchey.) C'est mot à mot: donner luctrème onction à une porte; Inctrème pour l'extrême, par déformation.

Luisante. Lune. — Chandelle, dans l'ancien argot.

Luisants. Souliers vernis, — dans le jargon des ouvriers.

Luisarde, Luisant. Jour. — Soleil ; surnommé aussi par les voleurs le grand lumignon.

Lnndi (Faire le). Chômer ]e lundi, — dans le jargon des ouvriers. — La plupart des ouvriers travaillent le dimanche ou une grande partie du dinianclie ; en outre, ce jour-là, ils s'occupent à mettre de l'ordre chez eux ; ce jour-là les prix des chemins de ifer sont sensiblement augmentés ; autant de raisons qui plaident en faveur du chômage du lundi. — Le lundi, c'est le dimanche des ouvriers, surtout quand la paye a eu lieu le samedi précédent.

— « A la table voisine de la sienne, il y avait deux hommes en habits d'ouvriers qui faisaient le lundi. » (P. Mazerolles, La Misère de Paris.)

Lime, pleine lane. Derrière.

Lunette (Passer en). Nuire , tromper, ruiner. — Etre passé en lunette, avoir fait faillite, — dans le jargon des ouvriers du fer.

Limette d'approche. Guillotine, — dans le jargon des voyous. — Passer a la lunette, être guillotiné.

Luron. Hostie. — Avaler le

dans le

luron, communier, jargon des voleurs.

Lusignante. Amante , maltresse légitime.

Lusquin. Charbon, — dans le

Lusquines. Cendres.

Lustre. Juge, — dans l'ancien argot. H éclaire l'afTaire.

Lustre (Chevalier du). Claqueur. La place ordinaire des claqueurs était et est encore, dans beaucoup de théâtres, au parterre, sous le lustre.

Lustre. Lampe, — dans le jargon des voleurs. — Lustre en toc, lampe de cuivre.

Lustrer. Juger, — dans l'ancien argot.

Lustucru. Niais, étourneau.

Lycée. Prison, — Aller au lycée, aller en prison.

Lyonnaise. Soierie; robe de soie. — Etre à la lyonnaise, porter une robe de soie, — dans le jargon des voleurs qui savent qu'on fabrique beaucoup de soieries à Lyon.

Mabilien. Elégant qui fréquente lebalMabille. — (Coiffeur, commis de magasin qui danse à Mabile.

Mabiiienne. Demoiselle qui va au bal Mabi Ile comme les spéculateurs sur les fonds publics vont à la Bourse. « Les mabU

liennes de 1863 se subdivisent en plusieurs catégories : La dinde, la solitaire, la grue. » {Les Mémoires du bal Mabille.)

Mabillarde, Grue mabillarde.

Demoiselle qui, au bal Mabille, fait beaucoup de frais de conversation dans l'espoir de se-

pl''~^

tiî^'

du ire un riche étranger, mabilien de passagre. — Souvent elle s'aperçoit trop tard, hélas î que le riche étranger n'est ni riche ni étranger.

Mac. Apocope de maquereau, souteneur de filles; et mecque avec changement de Ta en e. — De moque, marchand ; d'où maquignon.

Maca. Maquerelle, proxénète.

— Mêrc maca, macqueci^e, maîtresse d'une maison de tolérance. Maca suiffée, riche matrone.

Macabée. Souteneur; c'est un dérivé de mac,

Macabée, Machabée. Cadavre quelconque d'homme ou d'animal. Se disait autrefois plus particulièrement du cadavre d'un homme noyé ou de celui d'un animal.

« Ce gros machabée, horrible pendu, » Sur la dalle froide, on vient de l'étendre ; » Il a les contours accrus d'un scaphandre, » Et do ses huilions le mur est tendu. »

[Le Paoe, 1879.)

Macabées (Case des). Cimetière. Mot à mot : maison des cada\Tes. — Le clou des macabéeSj la Morgue; c'est-à-dire le Mont-de-Piété des cadavres, l'endroit où Ton met les cadavres en dépôt.

Macabre. Mort. C'est une variante de machabée. — Viens-tu figer les macabres au musée des claqués ?

Macadam. Vin blanc nouveau de Bergerac. 11 présente l'aspect d'une boue liquide et jaunâtre.

— Garçon! deux macadams.

Macadam. Bière noire anglaise, porter.

Macairien. Usé jusqu'à la cor-

de, complètement déformé; objet de toilette qui rappelle en partie le costume dél£Q)ré de Robe rt-Macaire. « On y voit une troupe de malheureux couverts d'humides et boueux haillons, le chef orné de chapeaux macairiens. » (H. Berlioz, Les Grotesques de la musique,)

Macaron. Huissier. Allusion aux panonceaux qui figurent à la porte des huissiei*s. — Dénonciateur.

Macaronnage. Dénonciation d'un camarade.

Macaronner. Dénoncer, trahir un camarade, — dans le jargon des voleurs.

Macaronner, Macaroniser

(Se). Se sauver, filer, — dans le mt^me jargon; allusion au macaroni qui, lui aussi, file à sa manière.

Macédoine. Combustible, en terme de chautfeîir de chemin de fer.

Mâchicoulis. Cachotterie; subterfuge; mot familier à mesdames les concierges qui prononcent généralement machecoulis.

Machine. Œuvre littéraire ou artistique. Grande mac/iine,grand tableau, drame à grand spectacle.

Machine à moulures. Derrière.

Mâchoire (Vieille). Personne à idées arriérées. L'expression était très usitée en 1830, au beau temps de l'Ecole romantique.

Maçon. Pain de quatre livres, — dans le jargon des voyous. — C'est une rareté que de ne pas rencontrer, le matin vers neuf heureSjUn maçon sans un énorme pain sous le bras.

Mac-Mahon. Les dragons ont donné ce nom à la tête de Méduse qui surmonte leurs casques.

— Tas joliment bien astiqué Mac- Mahonj ce matin, — D'autres l'appellent la « République », parce qu'ils se figurent crue c'est la tête de la République, (comme si elle avait le don de pétrifier ses ennemis.) — Je m'en vas donner un coup d'astiqué à la Bjèpublique.

Mac-Mahonat. Gouvernement du maréchal de Mac-Mahon, second président de la troisième République française.

Mac-Mahonien. Partisan du gouvernement du maréchal de Mac-Mahon. — Feuille mac-mahonienne, journal dévoué à la politique du maréchal.

Macrotage. Métier du souteneur.

Macroter. Faire le métier de souteneur. Macroter une affaire, être l'intermédiaire dans une affaire louche, malpropre, comme un prêt usuraire, une combinaison financière à l'adresse des gogos.

Macrotin. Apprenti souteneur; souteneur surnuméraire.

Maculature (Attraper une).

Se grisçr, — dans le jargon des ouvriers pressiers.

Madame. Nom que les filles de maison donnent à la maîtresse de l'établissement. — « Madame, la grasse et bedonnante Madame. » (E. de Concourt, La Fille Elisa.)

Madame Manicon. Sobriquet qu'on donnait aux sages-femmes au XVIII® siècle. (Le Roux, Dict, comique.)

Madame Ganivet. Femme qui fait mettre tout sens dessus dessous dans un magasin de nouveautés et s'en va sans rien acheter.

Madame la Ressource. Revendeuse à la toilette.

Madame la rue (Aller voir).

Aller travailler, — dans le jargon des chiffonniers, pour qui la rue est l'atelier.

Madeleine (Faire suer la).

Faire travailler son argent sur le tapis vert; avoir de la peine à gagner en trichant, — dans le jargon des grecs.

Madrice. Malice. — Madrin, madrine, malin, maligne. La langue régulière a « madré »

dans le même sens.

Magnes. Manières, embarras.

— Faire des magnes. — As-tu fini tes magnes?

Magneuse , Manieuse , Magnuce. Dévergondée qui éprouve un penchant honteux pour les autres femmes.

Magot. Tabatière en bouleau, tabatière dite « queue de rat »,

— dans le jargon du peuple.

Magot. Argent économisé, l/ancien magot se mettait — les paysans le mettent encore — dans un vieux bas; de là, le nom de magot, bourse grotesque.

Maigre (Du) ! Silence ! — dans le jargon des voleurs. — « On aime une femme, on se sacrifie pour elle, puis il vient un jour où la femme vous dit : Oh! du maigre! va t'asseoir sur le bouchon, tu me gênes! » (Hujsmans. Les Sœurs Vatard.)

Maigre comme un cent de

dons. Excessivement maigre, cevoir des visites à toute heure

Les variantes sont: Malgré comrwe du jour et de la nuit sans en-

un coucou, maigre comme un ha- courir la moindre observation

rcng saur. de la part du concierge, — dans

Maillocher.Travailler,-dans 'cjf gon des coryphées du trot-

le jargon des souteneurs, pour ^"*

qui le travail est la surveillance Maison (Femme de). Pensionexercée sur leurs maîtresses dans naire d'une maison autorisée, le but de les empêcher de per- — Etre en maison, appartenir à dre leur temps, parce que le une maison autorisée, — dans temps c'est de l'argent. le jargon des filles.

Main La totalité des cartes Maison (Gens de). Messieurs

constituant une partie, soit au et mesdames les domestiques,

baccarat, soit au lansquenet. La — Les gens de maison donnent

main réglementaire est de qua- une fois par an un très beaubal

tre jeux de cinquante-deux car- à la salle Valentino, ce qui leur

tes. procure l'occasion de singer,

Main Série de conns ^ac^nés '""^ ^^^^ P^^ ^"' ^^^ belles ma-

main, ^erie ae coups gagnes, j^ ^ , niaîtres.

— dans le jargon des joueurs de

baccarat et de lansquenet. — Major. Chirurgien militaire,

Avoir la main, tenir les cartes à — dans le jargon des troupiers.

son tour - Prendre la main, „ . ^ j^j ^.j^^j^ p

r,Tto''',!!.irnrf' „^ ni'""""" do-m litaire retraité dont Tem-

qmtte après un ou plusieurs p,oi consiste à découper la vo-

coups de gam. - Passer sa mm, ^ j^„^ ^^^ j^^,^ ^^,^^ç^^ ^^

es cartes^ap Ts un ou pluS q-lquefois en attendant le dl-

coups gagnés. - Bràlerla main, "<"•' <!"'*"'* '''* *^"P''* abondent,

jeter au panier les cartes du ta- Majors. Premiers élèves reçus

ion, après avoir gagné, en ban- à l'Ecole Polytechnique. — Ma-

que, un certain nombre de coups, jor de queue, dernier élève reçu

Main chaude (Jouer à la), ^^'^^^le.

Etre guillotiné. Allusion à la po- Mal pour le canal (Pas). Se

sition du patient. dit en parlant d'une femme

Mains-courantes. Souliers,- laide, en observant un temps

dans le jargon des ouvriers. ^ ^^ret après le mot mal.

Maison à partie. Maison de „ Malade. Arr^é; inculpé. —

prostitution clandestine où cer- Ma/a(ùe, emprisonnement, —

taines femmes du monde, cer- dans le jargon des voleurs,

taines actrices en renom, vont Malade du pouce. Avare. —

faire concurrence aux lilles des Paresseux,

maisons autorisées. Maladie! Exclamation des

Maison ou l'on est libre. Mai- voyous, quand on leur dit quelson où une fille est libre de re- que chose qui leur déplaît, quand

ils ne veulent pas faire quelque chose.

Maladie de nenf mois. Grossesse. — Ce ne sera rien, c'est une maladie de neuf mois.

Maladroits (Sonner aux).

« Quand on sonne pour l'exercice à pied, les cavaliers disent qu'on sonne aux maladroits ^ parce que ce travail n*est imposé qu'aux conscrits. » (Fr. de Reitienberg, La Vie de garnison )

Mal-blanchi. Nègre ; mulâtre.

— Superficiellement guéri de la syphilis.

Mal-sucré. Faux témoin, — dans le jargon des voleurs.

Maldine. Collège; établissement solaire. C'est-à-dire endroit où l'on dîne mal.

Malingrer. Souffrir.

Malingreux. Anciens sujets de la Cour des Miracles, chargés d'exhiber de fausses plaies.

Maltèses. Ecus, — dans l'ancien argot; en souvenir de la monnaie qui avait cours sur les galères de Malte.

Maltouse. Contrebande. — Pastiquer la maltouse, faire la contrebande.

Maltousier. Contrebandier.

Manche. Partie de cartes, — dans le jargon des joueurs.

Maman. Vache, — dans le jargon des bouchers qui appellent « papa » le taureau; ce qui ne les empêche pas de vendre taureau et vache pour du bœuf.

Mamours (Faire des). Faire des amitiés, .se répandre en câlineries.

Manche. Patron. Un mot que

le journal le Tam-Tam a lancé dans la circulation et qu'il pourrait bien avoir créé. Le mot lui plaît, car il n'y a pas de numéros où il. ne se trouve répété plusieurs fois.

Manche. QuAte. — Faire la manche, faire la quête, attraper le public en faisant la quête, — dans le jargon des saltimbanques.

Manche (Faire la). « Exercer la mendicité à domicile avec des allures bourgeoises et quelquefois même de grand seigneur, mais de grand seigneur ruiné. »

{Paris- Vivan t, Le Truq ucur, 1 80 8 . )

Manche (Se mettre du côté du). Agir avec prudence, se ranger à l'opinion du parti le plus fort, — dans l'argot des politiciens. Le mot est du duc de Morny.

Mancheur. « L'espèce de truqueur dit mancheur s'introduit, sous divers prétextes, chez les gens riches ou qu'il sait généreux, et tâche de les intéresser à ses malheurs réels ou imaginaires. » (Paris-Vivant, Le Truqueur, 1858.)

Mancheur. « On appelle mancheurs ceux (les saltimbanques) qui n'ont ni baraque, ni tente en toile , mais simplement la permission, de par le préfet ou le .maire, de se tordre les membres, de se casser les reins comme ils l'entendent, dans les carrefours, sur les places, au coin des rues!

Pour bureau de recette, ils ont une soucoupe cassée, un vieux plat d'étain. » (J. Vallès.)

Manchière. Couturière qui fait les manches des robes.

Mandat (Déposer son). Mourir, — <ians le jargon parlenicntain'. — ««II f>araît que l'iumorahlc M. Alallol du (tard a déposé son tmnulat, C'osireupliéuiisme «liroii oinpioie ii Versailles pour indiquer (lu'un repn'^senlanl du peuple a droit î'i une oraison funèbre de M. (irévy. » {Fiyaro du iO décembre 1878.)

Mandole. Souilb^t, — dans Vargol des niarl)riers de cimetière. (A. Delvau.) Jeter une mandole, donner un sout'tlet.

Mandolet. Pistolet, — dans le jargon des voleurs.

Manette (Mademoiselle). Petite malle.

Mange-bénef. Mange bénéfice; dissipateur.

Mange-merde. Apostrophe voyoueraticjue; homme absolument vil et méprisable.

Manger, Manger le morcean, Manger sur. Manger du lard.

Dénoncer un complice, révéler un secret. — Mamjei' dans la main, C^irc très familier, ne pas observer les distances sociales.

— Mdnyer de la misérCy manger de la prison, subir la misère, la prison. — Manger de la vache enragée, être miséral)le. — Manger de la merde, ôtre dans le dénAment le plus profond, être abreuvé de soullrances physiques et morales. — Manger sur le pouce, manger à la hâte. — Manger du drap, jouer au billard. — Manger du pavé, chercher en vain de l'ouvrage. — Manger la laine sur le dos de quelquun, vivre aux dépens de quelqu'un, le ruiner sans le faire crier. — Manger du pain rouge.

dépen.ser l'argent provenant d'un assassinat. — Manger àUm les râteliers, accepter de tous les cAtés, sans scrupules. — Manger le Bon Dieu, communier. — Manger du sucre ^ être applaudi au théâtre. — Manger le poukt, partager un pot de vin, partager un bénéfice illicite. — Manger le gibier, faire sauter Tanse du panier de la prostitution,— dans le jargon des souteneurs qui n'entendent pas la plaisanterie sur ce chapitre. — Manger le pain hardi, être domestique.

— Manger son pain blanc le premier, dépenser sans compter avec la misère à venir. — Manger l'herbe par la racine, être mort depuis longtemps. — Manger ses mots, parler vite et d'une manière incompréhensible. — Manger la consigne, oublier un ordre qu'on vous a donné. — Avoir mangé la bouillie avec un sabre, avoir une très grande bouche. — Se manger, se manger le nez, se disputer vivement de très près, se menacer d'en venir aux mains. — Se manger les sangs, s'inquiéter. — Se manger les ponces, s'impatienter.

Mangeur de blanc. Souteneur

de filles.

Mangeur de galette. Celui qui bat monnaie au moyen de uénonciations. — Fonctionnaire ami du pot de vin.

Mangeuse. Gaspilleuse.

Manigancerie. Petit complot domestique, mauvaise ruse.

Manicle (Frère de la). Confrère en vol.

Manique. Métier, — en terme de compagnon.

Manival. Charbonnier, — dans Fancien argot.

Mannequin. Demoiselle de magasin sur le dos de laquelle on essaie les confections, devant les acheteurs, — dans le jargon des marchands de nouveautés.

Mannequin. Cabriolet, voiture à deux roues. — Hotte de chiffonnier. — Mannequin à machabéeSf corbillard, ou encore mannequin du trimballeur de dégelés, de refroidis, demachabées.

Manque (A la). Mauvais, laid, défectueux. — Tronche à la manque, mauvaise mine, physionomie qui ne dénote rien de bon, — dans le jargon des voleurs, pour qui tous les agents de la police ont des tronches à la manque.

Manque (A la). Absent, sorti,

— dans le jargon des ouvriers.

— Etre à la manque, être absent. — Ne pas être franc ; trahir.

Manquesse. Mauvaise note,

— dans le jargon des voleurs.

— Refiler la manquesse, être mal noté.

Manuelle. Prostituée décrépite qui tend à la débauche une main secourable quoique souvent couverte de gale. « Ces filles vieilles, laides, décrépites et dégoûtantes, appelées pierreuses dans l'administration, qui se désignent sous le nom de manuelles, » (Parent-Duchatelet, De la prostitution)

Maqui. Apocope de maquillage, maquille. Dérivé de masque. — En terme de grecs, le maquillage consiste à marquer

les cartes qu'on a intérêt à connaître. Il y a les maquis au coup de pouce, au coup d'ongle, au coup d'épingle, à la mine de plomb, à la pièce et autres, suivant l'inspiration du grec et la tête des dupes.

Maquignon. Trafiqueur; sophistiqueur.

Maquignonnage. Gredinerie commerciale; vente à faux poids; falsification de marchandises; sophistication.

Maquillage. L'art de peindre et d'orner le visage; action qui consiste à faire d une figure humaine un pastel. — Mélange de vins. — Restauration de tableau. — Fraude en tout genre.

Maquiller. Faire ; frauder ; farder; trafiquer. Dérivé de maquignon.

Maquilleur. Tricheur. Maquilleuse, tricheuse.

Maquilleur de gayés. Individu chargé par un maquignon de rendre une rosse présentable à la vente. Le maquillage des gayés est souvent pratiqué par le maquignon lui-même. Ce maquillage consiste : pour les chevaux poussifs, à leur administrer, sous le nom de potion, une affreuse drogue qui les guérit... pendant un jour ou deux; pour les chevaux couronnés, à coller sur leurs genoux des poils de chevaux morts; pour l'assortiment d'un attelage, dans l'emploi de la teinture. Il y a encore le limage des dents, la taille des oreilles et une foule d'autres supercheries inspirées par les circonstances et l'état de la bête.

Mar. Désinence argotique.

Perruquemary perruquier, policemar, agent de police; boutiquemary boutitjuier. La plupart des mots de la langue régulière qui n'ont pas d'équivalents en argot, se forment au moyen de la désinence mary les autres au moyen des désinences much ou mince.

Maraille. Le monde, — dans le jargon des voleurs.

Marander. Faire la contrebande des voyageurs; prendre des voyageurs au détriment d'un client qui a loué une voiture à la journée, — dans le jargon des cochers de remise.

Maraudeur. CocJier qui racole la pratique, pendant que son bourgeois fait une visite, pendant qu'il est au cercle, au restaurant.

Marbre. C'est, en terme de journaliste, tout paquet composé (|ui stationne sur la table de fonte d'une imprimerie, en attendant le moment d'Aire appelé aux honneurs de la mise en page. — Etre sur le marbre, attendre l'insertion d'un article composé. — Avoir du marbrey avoir en réserve des faits divers, des arlicles « des quatre saisons ». (Vest, pour ur. journal, avoir du pain sur la planche. — 11 y a toujoui-s sur le marbre un choix d'articles « Variétés » ; — ce sont les en-cas, les bouchetrous réservés pour les jours oui la copie manque, pour les jours où les annonces faiblissenl. Ordinairement le dimanche on écoule le marbre de la semaine, dans les journaux qui ne laissent rien perdre.

Marc (Un de). Un verre d'eaude-vie de marc. — Un marc anisetté, un verre d'eau-de-vie de marc et anisette mêlées.

Marcassin. Apprenti peintre d'enseignes.

Marchand d'eau chaude. Limonadier.

Marchand d'eau de jayeL

Marchand de vin, — dans le jargon du peuple qui tient, au service des cabaretiers, un assortiment d'expressions dont la force donne une idée de la nature des boissons qu'on lui débite.

Marchand de marrons Se dit d'un officier portant mal l'habit civil, — dans l'argot miUtaire.

Marchand de mort suhite.

Médecin, — dans le jargon du peuple. Autrefois l'expression ne s'apphquait qu'aux charlatans. Depuis que tant de médecins ont fait concurrence à tant de charlatans, elle s'est étendue jusqu'à ceux-là. — « C'était bien sûr le médecin en chef... tous les marchands de mort subite vous ont de ces regards-là. » (E.

Zola.) — Dans la bouche des voyous l'expression s'applique encore à tout individu qui, par maladresse, peut occasionner un accident. Ainsi, un mauvais cocher, un chaiTctier imprudent, sont des maichands de mort subite.

Marchand de sommeil. Teneur de chambres et cabinets garnis... de vermine, la plupart du temps; logeur à la nuit et à la corde.

Marchand de soupe. Maître de pension; homme juste mais sévère qui, sous prétexte d'en-

DICTION NAiau D A

sejgncr le grec et le latin à l'espoir de la France, tient une table d'hOte où llourissent le haricot, la lentille, la pomme de terre et le chou.

marchande de chair humaine.

Nom que donnent, entre elles, les (illes dû maison à la propriétaire de rétablissement. Un philosophe attardé dans un de ces antres entendit un mot bien

Srofond. Comme il s'étonnait evant une des pensionnaires du luie de la maison : « Et dire que c'est nous qui gacnons tout ça...l soupira la malheureuse.

Marchandise. Le contenu d'une fosse d'aisances, — dans lo jargon des vidangeurs.

Harche-à-terre. Soldat d'infanterie de ligne.

Marche de flanc. Repos sur le lit de camp, — dans ie jargon des troupiers. — Razzia, maraude, — dans le jargon des soldats du bataillon d'Afrique.

Marche oblique. Sonnerie qui appelle les cavaliers punis au corps de garde. Ainsi nommée, parce qu'on ne s'v rend pas le cœur léger, mais d'un air piteux, en rasant le.* mui-s, en s effaçant, obliquement.

Mar-chel. Mai-échal des logis chef, par abréviation ; et jamais abréviation ne fut plus jusliliéc.

Marchleld. Champ de manœuvre, — dans l'argot de Saint-CjT.

Marcher. Approuver, ftre du mflme avis, — dans le jargon dos typographes. — Je marche avec Ivi, je l'approuve.

Marcher de j JUS, Elre sur une

Marcher an pas. Obéir, être mené militairement. Faire warcfier quel'iu'wt au jias. conti'aindre quelqu'une rohéis:iuncc, le mener durement.

Marcher sur la chrétienté.

Mai-cher pieds nus, marcher avec des souliers qui menacent à chaque instant de quitter tes

Marcher sur sa longe. S'obstiner encore à monter sur les planches malgré que l'Âge ait sonné depuis longtemps l'heure de la retraite, — en ternie de théâtre. — C'est le défaut de beaucoup de grands acteurs.

Marcher tout sanl. Etre en état de décomposition, en parlant du fromage. Le fromage qui marche seul est habité par une colonie de ces petits vers blancs si vivaces qui sont loin d'efrra)'cr les amateurs. « Tant pis pour eux », diseiit-ils. — M Apportez-moi du Roquefort », demande un con.^ommateur au garçon d'un gargot. — ■ Appelez-le, monsieur, il marche tout seul. Il — Le fromage est une source do plaisanteries à l'usage des personnes qui trouvent beaucoup d'esprit aui commis voyageurs.

Marcher dans les souliers d'nn mort. Avoir fait un héritage. — Compter sur les souliers d'un mùrt, compter sur un héritage Le peuple dit:<c Celui qui compte sur les souliers d'un mort, marche longtemps nu-

Marchenae. Oamft aaïKçwwi du corps à.(i\ia.\\e,\., ^'^ÇiÇfe'^»-

sobriquet très fréquemment donné à celles des filles de maison qui sont un peu moins communes d'allures et de lanprage que leurs compagnes. Beaucoup ae voleurs ont pour maîtresses des filles de cette catégorie.

Marque-mal. Receveur de feuilles à la machine, — dans le jargon des typographes.

Marqué au B. Higle; horgne; boiteux ; bossu, ou bancal. L'expression était courante au xvm° siècle; elle n'a pas cessé d'ôtre populaire.

Marqué àla fesse. Homme maniaque, méticuleux, ennuyeux.

(A. Delvau.)

Marqué (Quart de). Semaine.

Marquer (Bien). Etre bel homme. — Avoir belle prestance, avoir une physionomie qui prévient en votre faveur. — Marquer mal, avoir mauvaise mine, mauvaise façon.

Marquer (Ne plus) . Etre vieux.

Marquer le coup. Trinquer.

Marquer les points. Etre troisième dans une partie qui devait être carrée. Assister aux épanchements de deux cœurs amoureux.

Marquin. Casquette; chapeau mou.

Marquis de la bourse plate.

Faiseur d'embarras sans le sou, pauvre diable qui cache sa misère.

Marquise Breuvage composé de vin blanc, de sucre, de citron et d'eau de seitz. (L. Larchey.)

Marron. Celui qui exerce illicitement un métier. — Paumer, servir marron, prendre en fla-

grant délit de vol. — Marron sur le tas, pris en flagrant délit de vol. Marron est une défornjation de marry, ancien mot qui veut dire contrit.

Marron. Brochure imprimée clandestinement. — Procès-verbal des chefs de ronde. (A. Delvau.)

Marron. Contusion, coup et principalement coup qui marque le visage; par allusion à la couleur qu'arbore la partie contusionnée. — Coller des mandons, attraper des marrons. La variante est : châtaigne qu'on prononce chdtai'ne.

Marron sculpté. Tête grotesque rappelant celles qu'on sculpte dans des marrons. (L.

Larchey.)

Marroniste. Marchand de marrons. « Le marroniste luimême, s'est logé chez le marchand de vin. » (Balzac, Paris et les Parisiens,)

Marrons. Crottins; par allusion de forme, — dans le jargon des soldats de cavalerie.

Marseillaise. Pipe en terre fabriquée à Marseille. « La pipe dite marseillaise a eu longtemps les sympathies exclusives ae tous les fumeurs sincères et convaincus. » {Paris-Fumeur,) Elle est un peu délaissée aujourd'hui; il paraît que les fumail- Ions trouvent qu'elle ne culotte pas assez vite. Albert Flocon, l'ancien membre du gouvernement provisoire en 1848, ne fumait que dans des « marseillaises ». Il contribua beaucoup à en propager la mode dans les clubs.

Marsouin. Contrebandier.

Marsouin. Surnom du soldat d'infanterie de marine. Le synonyme est : Gardien de banane.

Mascotte. Fétiche au jeu. — Porte - chance. — Autant de joueurs , autant de mascottes.

Tantôt c'est un sou troué, tantôt un fragment de n'importe quoi, un bouton, une petite épave de l'amour, une boucle de cneveux.

— Un joueur donne à un pauvre, mascotte; celui-ci refuse l'aumône à un malheureux, mascotte; cet autre se promène jusqu'à ce qu'il ait rencontré un bossu ou un cheval blanc, mascotte; ainsi à l'infini. — Il y a quelques années, à Monaco, un petit bossu réalisa d'assez beaux bénéfices rien qu'à faire toucher sa bosse aux joueurs superstitieux. Les prix étaient ainsi fixés : Un simple frottement, cinq francs; frottement prolongé, dix francs; droit de stationnement sur labosse,vingtfrancs.

La saison finie, notre homme régalait Paris et enlevait son monticule.... C'était un faux bossu.

Massacre. Ouvrier qui abîme l'ouvrage.

Massage. Travail, travail fait avec ardeur.

Massé. Coup de queue de billard porté perpendiculairement à la bille.

Masser. Travailler consciencieusement.

Masseur. Ouvrier laborieux; masseuse, ouvrière laborieuse.

Mastar. Plomb, — dans le jargon des voleurs. — La faire au mastar, voler du plomb.

Mastaroufleur. Voleur de plomb.

Mastic. Homme, — dans le jargon des voleurs.

Mastic. Transposition, confusion dans la mise en page par suite de mauvaise interposition d'une galée, — en terme de typographe.

Mastic. Bredouillement, discours dififus et embrouillé, — dans le jargon des typographes ; par allusion au mastic, confusion dans une galée, dans la mise en page. — Faille un mastic, se perdre dans un tas de phrases sans pouvoir arriver à se faire comprendre.

Mastiquer. Manger; c'est-àdire se livre/ à la mastication.

Mastiquer. « Cacher ingénieusement les avaries et les voies d'eau d'un soulier, au moyen d'un enduit spécial de graisse noire ou autre drogue équivalente. » (F. Momand, La Vie de Paris.)

Mastiqueur. Savetier qui mastique des chaussures. Le mastiqueur ne rapiote pas.

Mastroquet, Mastroc. Marchand de vin; et troquet, par abréviation. Par corruption pour demislroc, mi-stroc, demi-setier.

C'est-à-dire le patron du demisetier.

Mata. Faiseur d'embarras ; apocope de matador.

Matelas. Tablier de forgeron.

Matelas ambulant. Fille publique.

Matricule (User son). Etre sous les drapeaux. Mot à mot :

user le numéro matricule attribué à chaque soldat.

Maubengienne. Femme galante qui habite la rue de Maubeuge, une rue qui compte beaucoup d'hétaïres modernes, comme dirait Joseph Prudhomme.

Maugrée. Directeur de prison.

Mauvaise (Elle est). La plaisanterie est mauvaise, cela n'est pas de mon goût. Locution mise à la mode en souvenir d'un vaudeville de Lambert-Thiboust et Grange, Le Guide de l'étranger dans Paris (1860), pièce dans laquelle l'un des personnages s'écrie à chaque instant : « Elle est mauvaise. »

Mauve. — Parapluie en coton, — dans le jargon du peuple. — « 11 avait de l'eau jusque dans les narines et il renitldit, lamentable et grotesque, avec sa mauve en loques. »

(Huysmans, Les Sœurs Vatard.)

Mauviette. Croix d'honneur; bijou honorifique.

Mazagran. Café servi dans un verre ; une aberration de buvaillons de café, qui lui enlèvent ainsi sa principale qualité : Tarome. Ce sont les officiers, retour d'Afrique, qui ont importé cette mode.

Mazaro. Prison de la rue du Cherche-Midi; prison militaire.

Mazette. Conscrit. — Avorton. Propre à rien.

Mec, Meck, Meg. Maître, monsieur; de magnus^ grand.

— Le meg des megSy Dieu, le

Mgi^^e des maîtres. — Mec des

BH^Bpf, bourreau.

Mec à la colle forte. Grcdin redoutable, homme des plus dangereux, — dans le jargon des voleurs.

Mec à sonnettes. Homme riche, — dans le jargon des rôdeurs de barrière. En argot, sonnettes signifient « argent », ce qui sonne dans la poche.

Mec à la redresse. Bon garçon, honnête homme. Mec à la manque, méchant homme, — dans le jargon des voyous,

K L'ignoble gommeux dépravé

» Qui séduit un' û\V puis la flanque

» Avec un goss* sur le pavé,

» C'est un mec à la manque !

» Mais l'bougre oui — quand il a r'çu

» D'un' jeunesse des preuv's de tendresse^

» L'épous' carrément par là d'ssu,

» C'est un mec à la r'dresse. »

{La Petite Lune, 1879.)

Mécanicien. C'est sous le pseudonyme de « mécanicien »

que les aides exécuteurs désignent volontiers leur état. [Figaro du 27 avril 1879.)

Mécanicien. Taquin; mot à mot celui qui mécanise, — dans le jargon des voyous. — M*en parle pas, un mécanicien qui me scie le dos tout le jour.

Mécanique (La). La guillotine. C'est le nom officiel que lui donnent le bourreau et ses aides.

Mèche. Plus, davantage. — Combien avez-vousperdu,au moins vingt francs? — Et mèche. Par allusion à la mèche d'un fouet.

Mèche. Complicité; de moitié. Etre de mèche, être complice, partager, — dans le jargon des voleurs.

Mèche. Moyen. — Y a-t-il mèche, y a-t-il moyen? — // n'y a pas mèche. Beaucoup d'ouvriers,

quand ils demandent à un patron s'il a de Fouvrage à leur donner, disent : « Y a-t-il mèche f »

tt J' n'ai plus un rond de c' que j'avais d'

[pécune, » Tu vois, ma fille, n'y a plus mèch' de

[lamper. »

(Sénéchal, Le Retour de Croquignet, chaos. )

Médailles. Argent

Médaillon. Derrière. — Décrocher le médaillon j donner un fort coup de pied au derrière.

Médecin. Avocat, — dans le jargon des voleurs.

Médecin des morts. Ordonnateur des pompes funèbres.

Médecine. Conseil. — Plaidoyer.

Médium. Interprète de Tautre monde. Celui qui se charge de mettre le premier naïf venu en rapport de conversation avec feu M. de Voltaire ou avec tout autre grand homme trépassé. Le médium est le trucheman entre ce monde et l'autre. Il y a des gens qui se font des rentes avec ce métier-là.

Mégo. Bout de cigare, bout de cigarette. « Des moutards de treize ans fumaient des mégots et salivaient. » (Huysmans, Les Sœurs Vatard.)

Mélasse (Tomber dans la).

Etre sous le coup d'une catastrophe financière; avoir fait de mauvaises alfaires.

Mêlé. Mélange d'une liqueur forte et d'une liqueur douce. — Mélé-cass, eau-de-vie et cassis mêlés, le nectar des déesses du cordon.

Melon. Nouveau venu, élève

de première année à l'école de Saint-Cyr. — « En ma qualité de melon, j'avais reçu, comme ennemi, un nombre prodigieux de coups de traversin sur la tête. » (Vicomte Richard, Les Femmes des autres,)

Melon. Chapeau rond et bas de forme, à la mode en 1880.

Pareil aux phares à éclipse, le melon paraît, disparaît et reparaît, suivant les caprices de la mode.

Ménage (Faire le). Mêler les dominos quand la pose est à l'adversaire.

Mendigo, Mendigoteur. Mendiant. — J'aime pas les mendigos qui pissent des châssis tout le temps : est-ce qu'il y a pas du turbin pour tout le monde? — Mendigotage, mendicité,

Mendigoter. Mendier, — dans le jargon des voleurs. La variante est : Simonner,

Menée. Douzaine. — Une menée de ronds y une douzaine de sous, — dans le jargon des voleurs.

Mener douce et joyeuse (La).

Mener une joyeuse existence.

« Eh bien! mes petits agneaux, il paraît qu'on la mène douce et joyeuse, ici. » (Dumanoir et A. d'Ennery, Les Drames du cabaret,)

Mener pisser. Pousser quelqu'un à se battre en duel, — dans le jargon des troupiers.

Menesse. Prostituée, — dans l'ancien argot. — Femme à voleurs. — Gredine à la Heur de l'âge. — Fille de maison, — dans le jargon des troupiers.

Meneur, Meneur en bateau.

Les voleurs désignent sous ce nom tout ac^-usé qui cherche à égarer l'action de la justice, en l'entraînant sur une fausse piste.

C'est un moyen de gagner du temps.

Menouille. Argent; monnaie.

« Le samedi, quand on déballe la menouille de la paye sur la tal)Ie. » (Le Sublime.)

Menteuse. Langue. Les voleurs font souvent acte de diplomatie.

Menuisière. Redingote de l'ouvrier endimanché.

Méquard. Maître. — Méquer, commander; dérivés de mec.

Mer. Décor du fond, au théâtre.

Mercandier. Boucher qui vend de la basse viande, de la camelotte en fait de viande.

Mercanti. Marchand, — dans le jargon des soldats retour d'Afrique.

Mercerie (Il a plu sur sa).

Ses aifaires vont mal, il est sur le point de faire faillite. (Le Roux, Dict. comique.) Peu usitée à Paris, l'expression est encore très répandue dans la Province et principalement en Picardie.

Merde. Le fond de la langue française parlée par le peuple des faubourgs qui a toujours ce mot plein la bouche.

Merde. Exclamation qui sert à désigner le nec plus ultra de l'indignation ou de la colère, ou du découragement. (Voir les Misérables de V. Hugo.)

Merde. Personne faible de caère.

^^s&|tèr

Merde (Faire sa). Se montrer hautain, raire le fendant, prendre de grands airs.

Merde (Ça ne vaut pas une).

Ça ne vaut rien du tout; c'est au-dessous de tout ce qu'on peut imaginer. — Au Salon, combien de tableaux ne valent pas tme merde !

Merde de chien (C'est de la).

C'est exécrable, très mauvais.

Merde (Peint avec de la). Mal peint, mauvaise application des couleurs, — dans le jargon des peintres. — Je ne sais pas où diable il va chercher ses couleurs, cet animal-là, c'est peint avec de la merde.

Merde (Se fondre en). Faire de fréquentes visites aux lieux d'aisances, avoir le dévoiement.

— dans le jargon du peuple. — Ben sûr que si ça continue, je vas me fondre en merde.

Merde (Avoir chié les trois quarts de sa). Etre vieux et usé, avoir perdu à jamais la santé, être très malade. — Eh! dis dune, ma vieille, comme Ves décati\ on dirait que Vas chié les trois quarts de ta merde.

Mère d'occase. Pseudo-mère d'actrice. Mère de fille galante qui fait la cuisme, cire les bottes et débat les prix.

Mère à tous. Vieille courtisane, — dans le jargon des filles.

Merlan. Surnom donné autrefois à celui qui s'appelle aujouid'hui « artiste en cheveux ».

Merlan frit (Yeux de). Jeu de prunelles qui entrent en pâmoison et montrent le blanc des yeux.

Merlin. Jambe, — dans le jargon des charpentiers.

Merlonsier. Malin ; rusé ; pour marloUy — dans l'ancien argot.

Merlousiére, fine commère.

Hess. Le mess est un cercle militaire avec une réfection spécialement affectée aux officiers d'un même régiment, « Anatole, le garçon du mess, venait d'apporter la bougie et les cigares. » (Vicomte Richard, Les Femmes des autres.)

Hess. Agent de la sûreté.

Abréviation de Messieu pour a monsieur ». Un de ces mess me lâche de la filature^ un agent de la brigade de sûreté me suit.

Hesse du diable. Interrogatoire, — dans le jargon des voleurs.

Hesse (Etre à la). Arriver en retard à Tatelier, — dans l'argot des ouvriers.

Hesse (Fesser la). Dire la messe au galop, — dans le jargon des vieilles dévotes.

Hessière, Hézière. Dupe, imbécile. — Victime. Messiêre franc, bourgeois. — Messière de la haute, homme riche ou homme qui parait riche.

Hétier d'enfer (Avoir un).

Etre très habile dans son métier, — en style d'artiste.

Hettre bien (Se). Avoir les moyens de se passer toutes ses fantaisies; faire de la dépense.

Hettre dedans. Tromper. — Mettre en prison. — Sacrifier à Vénus, — dans le jargon des voyous.

Hettre dans le mille. Réussir. — Toucher juste. — Allon-

ger un coup de pied au cul d'un indifférent ou d'un ami.

Hettre à quelqu'un (Le).

Tromper quelqu'un, mystifier quelqu'un.

Hettre à table (Se). Trahir, dénoncer, — dans le jargon des voleurs.

Hettre du noir sur du blanc.

Ecrire, — dans l'argot des gens qui ne savent pas lire.

« Qu'un jeune homme ait, dix ans, dans

[le fond d'un collège, » Mis du noir sur du blanc, il semble que

[le roi » Soit chargé de son sort, et lui doive un

[emploi. »

(C. Bonjour, Le Protecteur et le Mari , acte 1, se. VI.)

Hettre quelqu'un à toutes les sauces. Employer quelqu'un à toute sorte de besogne.

Hettre avec (Se). Vivre en état de concubinage. « Dernièrement, je rencontrai une belle actrice : elle me dit : Je cherche quelqu'un pour me mettre avec.

Se mettre avec est l'expression consacrée dans le langage des coulisses. » {Paris-Comédien.)

Hettre en dedans (La). Forcer une porte, — dans le jargon des voleurs.

Hettre sous bande. Ensevelir, — dans l'argot des communautés religieuses.

Hettre une gamelle (Se). Se sauver de prison. Allusion à la vitesse avec laquelle détale un chien à la queue duquel on a attaché une casserole.

Heublant (C'est). Ça fait de l'effet et ça tient de la place comme meuble. Un piano, une armoire à glace sont meublants, — dans le jargon dos tapissiers.

Meuble (Vienx).VieiIle femme, vieille courtisane.

Heolard. Veau, — dans le jargon des voleurs.

Heurt-de-faim. Petit pain d'un sou.

Hezière, Hezigue. Moi, — dans le jargon des voleurs.

Hichaud. Tôte, — dans le jargon des voleurs.

Michaud (Faire son). Dormir.

Miche. Dentelle, — dans l'ancien argot.

Miche de profonde, Michon.

Argent. — L'argent est le pain de la poche.

Miche de Saint-Etienne. Pierre, par allusion à la lapidation de saint Etienne.

Miche, MikeljMiquel. Nigaud; homme simple, dupe, gobemouche. Monter un miquel, duper quelqu'un à qui on avait promis monts et merveilles.

Michelet, Michelin (Faire le).

C'est, à la faveur d'une cohue, dans l'obscurité, apprécier, à la manière de Tartuffe, l'étoffe de la robe d'une Elmire quelconque. Il y a des amateurs qui ne vont au milieu des foules que pour faire « les michelins ».

Au spectacle de Guignol aux Champs-Elysées, les soldats font les michelins auprès des bonnes d'enfants. Autrefois le grand rendez-vous des michelins était au théâtre Comte. Grâce à l'obscurité nécessitée par la représentation des Ombres chinoiseSyics michelins avaient beau jeu. Parfois se faisait entendre le cri de quelque Lucrèce effarouchée; mais le spectacle n'en était pas

troublé, et des rires étouffés répondaient seuls à cet appel de la vertu indignée.

Michelets (Avoir ses). Avoir ses menstrues, — dans le jargon des femmes qui ont la le livre de Michelet sur V Amour,

Michet. Homme qui pave les femmes autrement qu'en belles paroles. Mot connu au xviu* siècle. — Michet sérieux j celui sur qui une femme peut compter, celui qui donne beaucoup d'argent et a passé un bail.

Elles (les pierreuses) tournent la tète, et,

[jetant sur ce type, « Par dessus leur épaule un regard cu-

[rieux, » Songent : « Oh ! si c'était un miche sé-

[rieuz! ■ (La Muse à Bibi^ Les Pierreuses.)

Bon Michet^ oiseau de passage généreux. — Michet de carton, oiseau également de passage, mais marchandeur, im qui ne dit pas son nom et qu'on ne revoit plus.

Micheton.Mich et en raccourci.

Jeune homme, rhétoricien, qui apporte à une femme le peu d'argent dont il dispose, et qui, au besoin, en dérobe à sa famille.

Midi Trop tard. — Il est midi, cela n'est pas vrai. — Les ouvriers se servent encore de cette expression dans le sens de : « Méfions-nous », lorsqu'il y a des étrangers à l'atelier.

Mie de pain. Objet de nulle valeur. — Individu déplaisant,

— dans le jargon des typographes. — Pellicules de la tête,

— dans le jargon des enfants.

Miel (C'est un). C*est hon, c'est amusant, très agréable;

et par ironie, c'est laid, ennuyeux, désagréable.

Mijoter. Combiner avec soin.

— Mijoter une affaire, une intrigue, — Mijoter un livre.

Mille millions de milliasse.

Enormément, un nombre infini de fois, tout ce que l'esprit du peuple peut concevoir de plus élevé comme chiffre.

Millerie. Loterie, — dans l'ancien argot.

Millet, MiUot. Billet de banque de mille francs.

« Quarante millets ! Telle était cette aa-

[baine. »

(Za France^ du 13 mars 1879.)

Milord. Entreteneur, à l'époque où les Anglais passaient pour être généreux avec les aames qui vivent de la générosité publique.

Mince. Papier à lettres, billet de banque, papier. — Le mot mince pour désigner papier date de la création des assignats.

Mince de. Beaucoup de ; rien que ça de. Locution employée par le peuple hors de tout propos devant un autre mot, pour en marquer à la fois le nombre et la bonne qualité. — Mince de toilette à la clé^mince de politesse, mince de beurre, mince de tahleauXy mince de chic.

Mince, Mince qne. Je crois bien, comment donc, certainement que. — Mince que je voudrais le voir. — Mince qu'il est bâte. — «Mince que t'as raison. »

(J. Lermina, Les Chasseurs de femmes, 4879.) — « Vous avez des places? — Mince! si j*ai des places? Une loge de face. ^> (Le Gavroche, 1879.) — Les voyous emploient encore le mot mince

comme synonyme du fameux mot de Cambronne , à la fin d'une phrase, comme argument décisif : Ah! mince alors.

Mine à chier dessus. Vilain visage, — dans le jargon du peuple. Qu'est-ce quHl vient vous emm. . . ielkr, celui-là, avec sa mine à chier dessus ?

Mine revenante. Mine qui revient, visage agréable.

Ministre. Pour le soldat, tout individu crevant de santé, bien placé ou bien rente, que rien n'émeut, content de lui, gros et gras à lard est un « ministre ».

II y a, comme on voit, un grand fond d'observation chez le troupier français. — Gros ministre, marche donc, si tu petuc, ou l'Oule, si tu peux pas marcher.

Minois, Mine. Nez, — dans le jargon des voleurs.

Minuit. Nègre. — Enfant de minuit, voleur.

Mioche, Mion. Petit enfant, petit garçon. — Mion degonesse.

Adolescent. — Mion de boule, voleur.

Minzingue. Marchand de vin.

Et les variantes minzingo, mindzingue, manzinguin, qu'on prononce en faisant sonner fortement le premier N. « La philosophie, vil mindzingue, quand ça ne servirait qu'à trouver ton vin bon. » (Grévin). a Pauvre Dupuis manzinguin , malheureux. » (Pri\at d'Anglemont).

Miradott. Miroir; mot emprunté au provençal. — La variante est : mirelaid.

Mirecourt. Violon. M. Fr. Michel assure que c'est parce qu'on fabrique beaucoup de violons

2a2 DICTIONNAIRE D A

dans 1g5 Vosges (jue les volcun.

ont donaé au vtolon le nom d'une petite ville de ce dépar' temeiit. — C'est tout simplement parce que pour jouer du violon on regarde l'inKlruraent de très près; l'exécutant le me' pour ainsi dire sous son ucz mirer de court, regarder di près, a fait mirecourl,

Hirette. Prunelle de l'œil. — Sam miretles, aveugle. Mirettet en gtaitii, mireites i/lacées, lunettes. Mirette en caoucAe, télescope; caouehe pour caoutchouc.

Hireor. £î<piriD, observateur,

— dans le jargon des voyous.

— Quand ils auront fini de se battàder, tous ces mireurs\

Hirliton. Voix. — Jouer du mirliton, parler.

Hiroder. Regarder, arranger.

« Elle monta seule et nu-pieds sur l'éciielle et sur l'échafaud et fut un quart d'heure mirodée, rasée, dressée et redressée par le bourreau. » (Madame de Sévigné , Lettrei.)

Miroir. Coup d'œil rapide jeté sur le talon d un jeu de piquet, sur les prcuiitres cai-tcs à distribuer au baccarat, — dans le jargon des grecs; une manière de connaître le jeu de l'adversaire.

Miroir à pntains. Joli visage d'homme k la manière des tfîles exposées à la vitrine des coîf-

Blirzale. Boucle d'oreilles.

Mise-bas Congé que s'octroie un ouvrier typographe.

Misa à pied. Suppression momentanée de paye pour un cocher, un agent de police. — In- 1

terdiction momentanée de jouer faite â un acteur par son directeur, sans suppression d'appointements.

Mise entrain. Première tou^ née, station matinale chez le marchand de vin, — dans le jargon des ouvriers presslers, en souvenir de la mise en train des presses.

Mise (Faire sa). Payer la patente, — dans le jargon des

HiBloqne. Comédie, — dans le jargon des voleurs. — FJoncher la misloque, jouer la comédie. — JUisloguier, tnisloquiére, acteur, actrice. — Misloguier schpil, très bon acteur.

Histi, Mistigri. Valetde trèlle.

MiBtiche. Demi. — Une mistkhe, une demi-heure. — Un mi^tiche, un demi-setier, —

Histick. Volcurétranger.(Af^ muires d'un forçat, glossaire rfargot, 1820.)

Mistoolle. Mauvais procédé, taquinerie, méchanceté. — Coup de mistoufle, combinaison, coup en dessous, coquineric.

Mistron. Jeu de Irente-et-un, nom d'un jeu de cartes. — Mistronner, jouer au Irente-et-un.

Mite, Hite-au-logia. Sécrétion des yeux; déplorable jeu de mot» sur mythologie.

Mite. Violon, prison, — dans

irgot des voleurs. Soufflé et au mile, arrêté et au violon.

Mitonner. Embôter. Ça mi-

tonns le pauvre monde, — dans

le jargon des voyous

Mitraille. Une certaine quantité de S0113 s'appelle de U mttrailte.

Mitre. Prison. — mtré, pri-

Moblot. Garde mobile.

Moderne. Jeune homme qui suit de très près la mode, par opposition à antique, qui ne la suit plus du tout. L'expression est voyoucratique. — Eh! va donc, moderne, avec ton châssis de rechange!

HodUte. Journaliste qui accommoddit son esprit au goût du jour, qui suivait la mode, la

Slume k la main. Le reporter a ètrdné le modiste.

Moelleux. Coton, dans l'ancien argot.

Moine. Endroit sur une forme qui n'a pas été touché par le rouleau et qui, par suite, n'est pas imprimé sur la l'euille.

(Boutray.)

Moisir (Ne pas). Ne pas rester longtemps dans un endroit; ne pas occuper longtemps un emploi.

Holanche. Laine , — dans l'ancien argot.

Molard. Crachat très gras, le frère du glaviot. — Uolarder, cracher gras.

Molécule. Petit enfant, — dans l'argot des écoles. (L. Larchey.)

MoUnsqne. Sot personnage, imhécile.

Homard. Variante de môme, litée au régiment. — n Mais il faut lui donner un nom à ee momardl... Il faut le bapti-

rl... )i (A. ATaàuii,Les Zouaves.)

MAme. Enfant. — Dans le patois poitevin on appelle un jeune Uomme, un jeune garçon un on, un momewr. — « I^es chants finis, viennent les momons. Ce sont des garçons qui portent à la mariée un présent caché dans une corbeille. »fEd.

Ourliac, 1^ Paysan poitevin}) — Les variantes sont, outre momard, momacque, momigttard, mignard. — « Obéi ohél les moutards, les moucherons, les momignards, qui est-ce qui s' paye le Lazarî» [A.Joly, Fouyou au Loîan/. Chans.) — Mdmeii'aitéque, jeune homme. — Môme, e fille, amante précoce, — ■■ le jargon des voleurs. — C'est ma môme, elle est ronflante ' soir. C'est ma maltresse, elle

de l'argent ce soir.

MAme noir. Séminariste, — dans le jargon des voleurs. Variante : Canneardumecdesmecs; c'e.st-a-dire qui a peur de Dieu.

Môme (Taper on). Faciliter une fausse -couche, déterminer un avortemcnt, commettre un infanticide, — dans le jargon des voyous. Les variantes sont :

Faire couler un môme, faire couler un enfant.

Mfime (Taper uni. Commettre un vol. [L. Larchey.)

Mûmière. Sage-femme, — dans le jargon des voleurs. Les variantes sont : Mômeuse, déballeuse de mômes.

Momignardage. Accouchement; et la variante :i)écarrad«

du crac. — Momignardage à l'anglaise, momignardage en purée, fausse -couche.

Homir. Accoucher. — Momir pour Vaff, accoucher avant terme ; par allusion aux fœtus conservés dans l'alcool,, Vaff, La variante est : Décarrer du crac,

Monaco. Pièce d'un sou. — Avoir des monacos, avoir de l'argent, — dans l'ancien argot du peuple.

Monarque. Roi d'un jeu de cartes.

Monarque. Argent, dans le jargon des filles. — Avoir fait son monarque, avoir gagné sa journée.

Monde. Public payant, — dans le jargon des saltimbanques. Ainsi, il peut y avoir foule autour d'un banquiste, et pas de monde.

Monde (Petit). Bourgeoisie, dans le jarçon du faubourg Saint-Germam. — Lentille, — dans celui des voleurs.

Monde renversé. Guillotine.

Monfier. Embrasser, — dans le jargon des voleurs.

Monnaie. — Exemption. — Faire de la fausse monnaie, faire des exemptions fausses. (Albanès, Mystères du collège, 1845.)

Monnaie de singe. Payement en grimaces, en plaisanteries.

Payer en monnaie de singe.

Monseigneur. Pince à effraction. Ainsi nommée parce que jadis rien ne résistait à celui à qui l'on donnait du « monseigneur ».

Monsieur. Mari d'une malse de maison de tolérance,

^^je^e

— dans le jargon des pensionnaires de l'établissement. « Monsieur, avec son épaisse barbiche aux poils tors et gris. » (E. de Concourt, la Fille Elisa.)

Monsieur. Nom que la femme entretenue et sa bonne donnent à l'entreteneur.

Monsieur. Verre de vin de cinq sous, verre de vin de la bouteille servi sur le comptoir du débitant.

Monsieur Vautour. Propriétaire qui ne connaît pas d'autre Dieu que le dieu terme. — Usurier.

Monsieur personne. Individu sans notoriété, le premier venu,

— dans le jargon des gens de lettres.

Monsieur, Madame de Pétesec. Homme, femme qui s'imagine être sortie de la cuisse de Jupiter. Personne hautaine, froide, orgueilleuse.

Monsieur Dufour est dans la salle. Avertissement d'acteur à acteur lorsqu'un rôle est mal interprété, lorsque le public est sur le point de témoigner son mécontentement.

Monsieur (Faire le, faire son).

Faire de la dépense, s'endimancher, — dans le jargon des ouvriers.

Monstre. Enorme, colossal.

Succès monstre.

Monstre. Canevas d^une pièce de théâtre, d'un livre. — Boutsrimés dont le sens et la rime importent peu et qu'un compositeur de musique donne au parolier pour lui indiquer la mesure et la coupe des strophes

MoDStre d'homme. Libertin,

fiarti^taa du système de lin fi délié à outrance, — dans le jargon de^ petites dctmes.

Mont (Le grandi. Moul-de- Piété de U rue Aa Blancs-Man' teaux ; le clief-lieu de ce grand département du prStsur gages.

Montage. Cartes préparées.

— Un beau montage, cartes préparées qui out fourni une longue carrière, — dans l'argot des grecs.

Montagnards. — Haricots rouges. — Je me suis collé UTie biture de montagnards au vin.

Montagne da géant. Potence, — dans l'ancien argot.

Montant. Hur. — Pantalon; c'est le mur de la décence.

Montant. ~ Bas. ^ « Quoi que ça veut dire'? criait une autre, des montaots de soie dans de vieui ripalons! » (Huysmans. Les Sirurs Vatard.)

Montante. Ëclielle, — dans le jargon dos voleurs.

Monter. Pour monter une

SIèce nouvelle, la préparer, — ans le jargon du théâtre. — Est'Ce qu'on monte quelque chose pour le mois jyrockain?

Monter. Exciter quelqu'un à faire une chose, /( a fallu joliment le monter pour arriver à lui faire dire oui. — L'eiciter contre (guelqu'un. Il l'a monté contre son frère; c'est, mot à mot : monter la tête. — Etre monté, être surexcita, être très en colère.

Monter en graine. Grandir.

— Votremoutardmonteenyraine.

Monter d'un cran. Obtenir de l'avancement.

Monter à l'échelle. S'impatienter, se mettre en colère.

Monter sur la table. Faire des révélations.

Monter nn battage, un bateau. Préparer un mensonge, combiner uno mystification, — dans le jargon des voleurs. — Monter uncoup, lecoup. {\ .Coup.)

Monter à cbeval. Etre atteint d'une tumeur intlaoïmaloire dans la région de l'aine, tumeur désignée sous le nom de « poulain ». (Argot des voyous )

Monter tin ichtosae. Mentir, avoir de la malice, chercher à mystifier. — C'est une variante de monter te coup, — dans le jargon des voleurs.

Monter sur le tonnean. Mettre de l'eau dans une barrique de vin.— fArgof des^cabaretiers.)

Monter la garde. Aller et venir sous les fenCtres d'une belle, devant la porte de son magasin, "■ iJlus m moins qu'u

soldat

de l'amour en faction.

Monter (Se). Se passionner, exagérer les choses, s'exaller.

Mot à mot : se monter la tête.

Monteuse de coupa. Comédienne en chambre, îemme ca- Eable de faire voir à ses amants I lune en plein midi; femme qui joue la comédie de l'amour.

Montretont [Aller à). Aller à la visite, — en terme de lille

Montrenîl (Du). PËche de

DICTlONNAltlE D ARGOT MODERNE.

Moulreuil. — J*ai du beau Mon- ^ treuil.

Monument. Chapeau haute forme, — dans le jargon des ouvriers.

Monzu, Moozu. Mamelles de nourrice, — dans l'ancien argot.

Morasse. Epreuve d'une page entière de journal tirée à la brosse sur la forme. — Il y a la une, la deux, la trois et la quatre. Vient do : moratio, retard, attente, en latin, parce qu'on attend avec impatience la morasse pour quitter le journal, ou encore parce que la morasse se fait souvent attendre.

Morasse, Morace, Moresque.

Danger; ennui. -^ Battre morace, crier à l'assassin, crier au vcleur.

Morbec. Vermine tenace qui fait élection de domicile sur certaines parties du corps humain.

Morceau de pâte ferme. Ecrit, page de littérature, article de journal, di>cours, œuvre d'art, sans esprit, d'un stylo lourd, compassé.

Morceau (Faire le). Réussir certaines parties d'un tableau, — dans le jargon des peintres.

Mordante. Lime, scie.

Mordre (Se faire). Se faire réprimander; recevoir des coups.

Morfe. Repas, — dans l'ancien argot.

Morfante,Morfiante. Assiette.

Morfier, Morfiller, Morfiler.

Manger. — Se mor piller le dardait, s'inquiéter.

Morgane, Muron. Sel, — dans l'ancien argot. — Muronner^ saler.

Morganer. Mordre, — dans le jargon des voleurs.

Moricaud. Broc de vin, broc en bois pour le vin.

Moricaud. Charbon, — dans l'ancien argot.

Moricaud, Moricaude. Nègre,

négresse.

Mornée, mornos. Bouche, bouchée, — dans l'ancien argot.

Morne. Mouton. — Momier^ berger.

Mornifle. Soufilet. — Détacher une mornifle, donner un soufflet.

Mornifle, momingue. Monnaie. — Mornifle tarte , fausse monnaie. — Porte- momingue, porte-monnaie. — Refiler de la fausse mornifle, émettre de la fausse monnaie. {Jargon des voleurs.) Porte-morningue appartient aussi au vocabulaire du peuple.

Mornifleur tarte. Faux-monnayeur.

Morpion. Personne dont on ne peut se débarrasser, importun qui s'attache à vos pas.

Morpionner. S'attacher aux pas de quelqu'un, obséder.

Mort. Condamné, ~ dans le jargon des voleurs.

Mort. Enjeu augmenté après coup par le procédé de la poussette. (L. Larchey.)

Morue. Femme qui pue; salope, — dans le jargon des Halles. Epithète dont ces dames gratifient volontiers les bourgeoises qui déprécient la mar«

chandise ou qui marchandent trop. Mot à mot : qui pue comme une morue.

Morue. Lot d'ouvrages manuscrits que les anciens colporteurs faisaient imprimer à leurs frais. — Les canards ont eu raison des morues,

Morviau. Morve. — Petit morveux.

Motte. Maison centrale de force et de correction, — dans le jargon des voleurs. — Dégringoler de la motte^ sortir d'une maison centrale.

Mou enflé (Avoir le). Etre enceinte, — dans le jargon des voyous.

Moucaire. Femme laide, — dans le jargon des voyous. De l'arabe moukère, (F. ce mot.)

Mouchailler. Regarder à la dérobée, regarder en dessous.

Mouchard. Portrait à l'huile.

(Delvau).

Mouchard à hecs. Réverbère.

Moucharde. Lune, — dans le

jargon des voleurs.

Mouche (La). La police; tout ce qui relève de la préfecture de police.

Mouche. Agent de police.

Mouche, Moche, Mouchique.

Laid, mauvais, sans valeur, désagréable. — Toc a succédé à mouche avec le mAme sens, et moche, variante de mouche, a battu en brèche toc, déjà démodé parmi les voyous. — Etre mouchique à la sec, Atre mal noté dans son quartier, avoir eu déjà des démêlés avec le commissaire de son quartier. Sec est mis par abréviation de section.

Moucher. Battre. — Remettre quelqu'un à sa place. — Se faire moucher, se faire remettre à sa place.

Moucher (Se). Faire disparaître de l'argent, s'approprier quelques pièces d'or ou d'argent prises dans la masse cons^ tituant une banque, — dans l'argot des garçons de jeu. C'est ordinairement en se mouchant que s'exécute ce tour d'escamotage; de là le nom.

Moucher la chandelle. Pour les collégiens, c'est s'inspirer du jeune Onan. Pour les hommes mariés, c'est suivre l'école matrimoniale de Malthus.

Moucheron. Enfant. — Apprenti. « L'an passé, papa a mis pour moi quinze cents francs à la tontine, et v'ià déjà trois moucherons de claqués!,,, »' (Rando .)

Mouches (Envoyer des coups de pied aux). Mener une conduite déréglée, — dans le jargon des coulisses. C'est ce que le peuple appelle : Jeter son bonnet par-dessus les moulins.

Mouches au vol (Tuer les).

Sentir mauvais de la bouche.

La variante est : Tuer les mouches à quinze pas.

Moucheur de chandelle. Militant de l'école d'Onan. — Militant de l'école de Malthus.

Mouchoir. Pistolet de poche.

Mouchoir à bœufs. Champ.

« Aujourd'hui la belle est une maison à quatre étages, une ferme enBeauce,un mouchoir à bœufs, un moulin! » (Madame de Girardin, Correspondance parisienne.)

Moudre nn air. Jouer de Torgue de Barbarie.

Houfflet. Enfant.

Mouillante. Morue. — Soupe, et aussi bouiUantef — dans Fancien argot.

Mouiller. Attraper une punition, — dans Targot du régiment.

Mouiller (Se). Commencer à se griser. On se mouille, on s'émèche, on se culotte, on se poivre.

« Mouillez-vous pour sécher, ou séchez pour mouiller. » (Rabelais, ]. 1.)

Mouillé (Etre). Etre mal noté.

— Etre signalé à la police.

Moukère (Avoir sa). Etre en bonne fortune, — dans Fargot du régiment. C'est une expression d'importation africaine.

En arabe, moukère signifie femme.

Moule. Imbécile. C'est un pendant à huître, pris dans le m^me sens. — « 11 faudrait être rudement moule pour trouver qu'on vous a fait perdre votre temps. » [Tam-Tam du i6 mai 1880.)

Moule de gant. Soufflet.

Moule à merde. Derrière.

Moule à pastilles, moule à gaufres. Visage marqué de petite vérole, par allusion aux trous d3s moules à pastilles.

Moule à melon. Bossu.

Moule de pipe à Gambier.

Personne grotesque ; caricature vivante.

Moulin, maison du meunier.

Receleur. — Boutique de recé-

Moulin à merde. Personne

mal embouchée.

Moulin à vent. Derrière. — « Et le monde n'en mange

ftius que de la mouture de mouin à vent. » [Il Putanismo.)

Moulin à café. « De temps à autre, on fait une rafle des malheureuses créatures i nscrites sur le livre de la police dite des mœurs, on en fait une cargaison qu'on expédie dans une colonie. Les femmes ainsi dépaysées sont ce qu'on appelle, en terme de police , passées au moulin à café. » (Procès de la Lanterne, 27 janv. 1879, plaidoirie de M® Delattre.)

Moulina café. Mitrailleuse, — dans le jargon des soldats. (L.

Larchey.)

Moulinage. Bavardage.

Mouliner. Parler beaucoup; dire des niaiseries.

Mouloir. Bouche; dent.

Moulure (Faire une). Faire ses nécessités. Variante : Pousser une moulure,

Mouniche. Le sexe d'une femme.

Mounine. Petite fille grimacière, petite espiègle.

Mourir (Tu t'en ferais)! Tu ne le voudrais pas. Cela est au-dessus de tes forces. — Expression dont le peuple a abusé comme de tant d'autres et qu'il mettait à toutes sauces. — Voulez-vous m'embrasser? demandait un jeune homme timide aune drôlesse.

— Tu t'en ferais mourir, — Voulez-vous m'accompagner jusqu'à la Bastille à pied? — Tu t'en ferais mourir.

Honscaille, Housse. Matière fécale.

Mouscailler. Se défaire de la matière fécale.

Mous cailloux. Fantassin; pour pousse-cailloux.

Mousquetaire gris. Pou.

Moussante. Bière. — Encore un de ces mots oui n*ont pas demandé de grands frais d'imagination.

Mousse. Vieux mot injurieux, très en vogue aux xv® et xvi® siècles, synonyme de bran et auquel a succédé le fameux u merde » de nos jours, qui semble répondre à toutes les situations tendues. — « Mousse pour le guet; bran pour les sergents. »

(Adages français.)

Mousse (Faire de la). Faire des embarras, cberchcr à briller, faire grand étalage de toilette. — « La dite belle se promenait devant ces agents, faisant le plus de mousse possible aux yeux des nobles étrangers. »

(Figaro du 28 oct. 1878.)

Mousseline. Fers de prisonniers. (Larcliey.)

Mousseline. Pièce d'argent.

— Pain blanc. — Sorte de gâteau de Savoie.

Mousser. Etre en colère. — Exagérer. — Faire mousser, exagérer les qualités d'une personne, la valeur d'une chose.

Moût. Beau, — dans le jargon des voyous.

Moutarde après dîner. Trop tard, chose inutile, qui n'est pas venue au moment opportun.

Moutardier. Derrière.

Moutardier du pape (Premier). Sot orgueilleux.

Mouton. Matelas.

Mouton. Homme de compagnie d'un prisonnier, et chargé parla police de devenir l'homme de confiance du même prisonnier.

Moutonner. Espionner.

Muche. Très bon, supérieur.

— Jeune homme timide auprès des dames de la rue de Maubeuge.

Mufle. Mal élevé , grossier personnage. Le peuple prononce mufe.

Mufe, Mufle. Maçon.

Mufle (Pain de). Pain de quatre livres fendu, pain que consomment généralement les maçons.

Muflée. Quantité, grand nombre. Une muflée de plats^ — dans le jargon des ouvriers.

Mufleman. Mufle ; tournure anglaise donnée à ce mot. — « Elle conservaiten même temps Alfred, un mufleman de la pire espèce. » (Huysmans, Les Sœurs Vatard.)

Mufleton, Muffeton. Apprenti maçon.

Mulet. Artilleur de marine.

Mulet. Diable. (F. Michel.) — Metteur en pages en second dans une imprimerie.

Murer. Battre , porter des coups. — Je te vas murer.

Musée des clamés. La Morgue, — dans le jargon des volem^s.

Muselé. Propre à rien, maladroit.

200 DicnoNN'AmE d'argot moderne.

IfluetU. Petit «ae à aroine. \ marge des pages, de teDe sorte (^fr^t IVîn-ra» des chevaux de que TépreuTe a quelque analoil(i(;rf;frtrlf!«4 chevaux de charroi, gie d'aspect avec une page de

«Uilclen. Dictionnaire, - musique. (Boutmy.)

dfitiM If! jargon dos voleurs.

Ifttficien. MUdeur, —Joueur (jiii Ml r<''|)aiid en plaintes con-

Mttiloleni. Haricots.

Muilt(|tte. Lot de hrlc-à-brac ttrliitli'^ (i rHAtel des Ventes. — VM\i pain, c'est-à-dire flûte.

Muiiqne. Plaintes, doléances MU jiMi. — Faire de la musique, 110 plaindre d'avoir mauvais jeu, d'uvoir pordu. — « Bisset payait aviMî dm jurements, des trépijCUdMionts, des grognements, fal/éuit une musique infernale. »

1Vaht-Ui couard, Le Tnpot.) — *Hite musique, petit jeu, petite niinu au jeu.

Ifttlique. Grande quantité de r(M'n»clions indiquées sur la

Hnsiqne, Petxto mnsiqiie.

Groupe de compositeurs d*imprimerie qui calent fréquemment par suite de leur incapacité, — dans le jargon des typographes. Ils se plaignent souvent, ils font ce que vulgairement on appelle « de la musique »; de là le surnom.

Musique. Culot de Tauge des maçons. — Résidu d'un verre, d'un vase quelconque. (A. Delvau.)

Musique. Dénonciation. — Passer à la musique^ être confronté avec un dénonciateur.

Musiquer. Marquer une carte d'un petit coup d'ongle, d'un signe imperceptible pour les autres, — dans le jargon des grecs.

Nageant, Nageoir. Poisson, mm iiuuH lo jargon des voleurs.

Nageoires. Bras, mains, en parlant des brus, des mains d'un lioulcnour, — dans le jargon des V(»)'ous. — A bas les nageoires!

Nageoires. Larges favoris, favorin on oùtolotle.

Narquois. Moudiants, voleui's, uncion<« Huhlatit adonnés à la UH^iulioilé, à r^poquo do la Cour Uoi* MiraoloM. — Loh narquois ont ilp oontrit»ué à la forma-

tion de largot. Parler narquois, c'était parler argot, parler la langue des gueux.

Naturalisme. Nouvelle couclie de littérateurs qui sont en train de fonder le musée Dupuytrcn de la syphilis morale, en s' attachant a faire ressortir dans leurs ouvres les côtés monstrueux et ignobles de la nature humaine.

Naturaliste. Romancier qui fait dans le naturalisme. — « Le

DICTIONNAIRE D^RGOT MODERNE.

centre de l'art se déplace. Il est vrai que nous avons une école nouvelle : celle des impressionnistes, qui dominera prochainement la république des arts, comme les naturalistes la république des lettres. » (Robert Mitchell, Chambre des députés, 18 mai 4880.)

Nature. Naturel. — Comme c'est nature! — Bifteck nature, bifteck au naturel, — dans le jargon des restaurateurs.

Navarin. Navet. — Ragoût de mouton aux pommes. C'est le vulgaire haricot de mouton appelé pompeusement « navarin »

par les restaurateurs des boulevards.

Navet. Cafard au petit pied; escobar domestique.

Navets (Des) ! Non, jamais.

Terme de refus dans le jargon des voyous qui disent également : des nèfles î — « Ohé! les gendarmes, ohé! des navets! »

(H. Monnier, Scènes pop.)

Naze. Nez. — Figure. — Derrière. Telles ont été les diverses significations de ce mot. — Aujourd'hui naze n'est plus employé que dans le sens de nez, ainsi que ses dérivés : nazicot, nazaret. Naze est emprunté au provençal.

Nazi. Maladie vénérienne, — dans le jargon des voleurs et des voyous qui ont été plus d'une fois témoins de cas de syphilis tuberculeuse, durant leur séjour à l'hôpital du Midi.

Neg au petit croche. Chiffonnier. Mot à mot : négociant au petit crochet.

Négresse. Paquet recouvert de toile cirée noire.

Négresse. Ceinturon, — dans l'argot des marins.

Négresse. Puce.

« J' sentis bien quand nous étions couchés » Qui n' manquait pas d* négresses » Et même de grenadiers. »

(E. Lecart, Une conquête au Prado, chans.)

« Qu'il s'ra content le vieux propriétaire » Quand il viendra pour toucher son loyer, » D' voir en entrant toute la paill' par terre » Et les négress's à ses jamb's sautiller. »

{Le Déiw^nagemcnt à ta sonnette de bois, chans.)

Négresse. Bouteille de vin rouge. — Etouffer, éreinter une négresse, éternuer sur une négresse, boire une bouteille de vin rouge.

Nénais, Nichons. Seins de jeune fille; la rose en bouton, comme disent les poètes.

Nénais de veuve. Biberon, — dans le jargon des voyous.

Nettoyer. Battre, renversera coups de poing. Prendre de force la place de quelqu'un, le chasser d'un endroit. — Ruiner.

— Nettoyer un établissement, faire faire faillite à son propriétaire. Nettoyer la monnaie, manger l'argent de la paye, — dans le jargon des ouvriers. — Nettoyer les plats, ne rien laisser dans les plats. — Nettoyer ses écuries, se curer le nez.

Nez (Faire son). Bouder, Atre désappointé. — Se piquer le nez, se griser. — Avoir quelqu'un dans le nez, détester quelqu'un.

— Montrer le bout de son nez, faire acte de présence, s'esquiver après une très courte apparition.

Nez (Avoir du). Pressentir les bonnes occasions, arriver aux bons moments. On dit égale- I ment : Avoir le nez creux.

Nez (Prendre dans le). Réprimander, faire des observations; variante de moucher. — Se faire prendre dans le nez, s'attirer des observations.

Nez en pied de marmite. Nez court et gros du bout.

Nez où il pleut dedans. Nez à

la Roxelane. « Pour un peu plus on y verrait la cervelle », dit le peuple, en parlant de ces sortes de nez.

Nez passé à l'encaustique. Nez auquel l'usage fréquent de la boisson a donné une belle couleur brique-rouge. — On dit aussi un nez qui a coûté cher à mettre en couleur, par allusion au nombre de bouteilles payées au marchand de vin avant d'arriver à la coloration du nez.

Nez de chien. Mélange de bière et d'eaude-vie.

Nias. Pour nière; moi; forme nouvelle. Ça c'est pour mon nias ^ — dans le jargon des rôdeurs de barrière.

Nib, Nibergue. Rien: pas. — Nib de piaule, sans domicile. — Nib de braise, nib de carme, pas d'argent.

Nib. Silence, — dans le jargon des voleurs. — Nib au truc, pas un mot sur le vol commis, pas de bavardages.

Nibé. Assez, — dans le même jargon.

Niber. Regarder. Nibe la gonzesse, regarde la femme, — dans le jargon des rôdeurs de barrière.

Niche (A c'te). Manière aimable et familière de renvoyer quelqu'un. Nos pères disaient :

Au chenil.

Nière. Maladroit. — Individu, particulier. — Mon mére^ moi,

Nière. Complice, — dans le jargon des voleurs. — Un complice est un autre soi-même. — Manger son nière, dénoncer son complice. — Cromper son nière, sauver son complice. Nière à la manque, complice sur lequel on ne doit pas compter.

Niguedouille. Nigaud.

Nielle. Chapeau retapé, vieux chapeau d'homme. — Niolleur, marchand de vieux chapeaux

relapés.

Nielle. Niais, maladroit, imbécile. — Bougre de niolle,

Niort (Aller à). Nier. — Envoyer à Niort, refuser quelque chose, — dans le jargon des voleurs. « Quoique je prisse toujours le chemin de Niort. »

(Aventures burlesques.)

Nisco, Nix. Non, rien. « Toujours donner son nom et son adresse, sans quoi, nix. » [Tarn- Tarn, 1880.)

Nivet, Nivette. Chanvre, — dans l'ancien argot.

Nobrer. Reconnaître; c'est le diminutif de reconnobrer.

Noce. Amusements; débauche. — Faire la noce, faire une noce, nocer, s'amuser, courir les femmes, les cabarets, souvent au détriment du travail.

Noce de bâtons de chaise.

Batterie domestique dans laquelle les chaises sont otfertes, — par l'époux à l'épouse et vice versd, — à travers la figure.

Noceur, Noceuse. Homme, femme qui a érigé la noce en

système, qui se livre habituelle- amie. — Compagnon, compa-

ment à ce que les romantiques gne.

appelaient « l'orgie échevelée ». jjonne, Nonneur. Compère

Noctambule. Celui qui bat le qui assiste le voleur à la tire,

pavé toute la nuit; celui qui soit en bousculant l'individu bon

court les cabarets, les maisons à voler, soit en recevant l'objet

de débauche , les restaurants volé.

Jusqu'au point du jour. Le noc- Notaire du coin. Marchand

tambule donne un fier démenti ^e vin. C'était autrefois, et en-

au proverbe qui prétend que ^^^^ ^u commencement du

lorsqu on est vertueux on aime 31^^,^. ^^^^^^ ^ barreaux de

à voir lever I aurore. ^^^^^ p^^.^^ ^^^ j^ devanture des

« L'attardé seul, le noctambule, anciens débits de vin était gar-

«Quand-tout dort est^en«.reWé... ^-^ ^^ j,^^^,„, j^ j^^;^

-. ^ - - • T^,. , « Allons passer z'un contrat

Noctambuler. Flâner s amu- ^,„^ litre, chez le notaire à

ser lorsque les honnêtes gens barreaux de bois. » (Le Nouveau

dorment. VadéA

Noctambulisme. Flânerie noc- m» 1 /t.* j 1 \ t^*

turne, courses nocturnes à tra- Note (Etre dans la). Etre au

vers les cabarets. courant de ce qm se dit et se

passe, être dans le mouvement.

Nœud (Et mon) I Propos que __ (jargon des gommeux.)

les voyous ont sans cesse à la .. . /^ i,- »r

bouche, et qu'ils trouvent plus .Nourrir. Combmer. - Nour-

énergique, sans doute, que des f^^ "'^ P^^P^' ^^"'^'^^^ ""T ^

navets! du flan! des nèfles! qui »« farpenter comme un dra-

en sont les variantes adoucies, ^aturge une pièce de théâtre.

Noir. Café. - Un noir chic, un Nourrisseur. Charpentier en

café additionné de beaucoup de yols et assassinats. Il traite avec

chicorée. *^^ metteurs en scène suivant

^, . * , , „ ^ l'importance et la réussite pro-

Noir. Plomb, — dans 1 argot b^ble du drame,

des couvreurs. — Pierre noire, „ „ ^ ,.t h ^

ardoise Nouvelle. Pour Nouvelle-Ca-

. , \ „, .., lédonie. Passer à la Nouvelle,

Noir de peau, Nejre. Aide- ^tre condamné à la déportachiffonnier : pauvre diable à qui ^Jq^, — dans l'argot des voleurs, le chitfonnier confie un croc et __ „«,.,. o j fait gagner quelques sous. . Nouvelle-Calédonie. Second

„ , ^ .„ , X ,r , Cimetière de Saint-Ouen ouvert

Noix (Coquille de). Verre à ^^ 1572.

boire de petite capacité, — dans „ '„ le jargon des ivrognes qui trou- Nouvelle couche. Pour nouveraient la botte de Bassom- yelle couche sociale. Les baspierre encore trop petite. fonds du prolétariat. — « On mT v .1 j 1- . * parle des nouvelles couches, ça Nombril de religieuse. As j^^^gt pas Cantagrel, qui est une d'un jeu de cartes. yieiHe barbe. » (Bernadille , Nonnant , Nonnante. Ami , Esquisses et Croquis parisiens,)

NonzaiUes. Nous, -~ dan.^ le jargon des voleurs. C'est : Nous avec la désinence aille.

Noyau. Argent, n'est guère employé qu'au pluriel. // a des noyaux j et encore est-il très peu usité.

Noyau. Conscrit; niais, — dans le jargon des troupiers.

Noyaux de pêche (Rembourré avec des). Horriblement mal rembouiTé, très dur ; se dit d'un siège dont les élastiques ont rendu l'âme, des banquettes, et môme des fauteuils d'orchestre de certains théâtres.

Numéro. Fille publique, — dans le jargon des agents de police.

Numéro un. Vêtement, objet de toilette réservé pour les grandes occasions, le meilleur vôtement d'une garde-robe. — Entreteneur, — dans le langage

de ces demoiselles. « Ça l'amant d'Amanda ! . . . — Oui ! Ah ! mais, tu sais, chéri, c'est pas son numéro un. » (Gré vin , Croquis parisiens.)

Numéro 100. Lieux d*aisances.

Il y a là un de ces jeux de mots qui sont une des plus fines manifestations du vieil esprit gaulois.

Numéro de quelqu'un (Connaître le). Connaître la moralité de quelqu'un, savoir à quoi s'en tenir sur le compte de quelqu'un.

Numéroter ses os. Se dit pour appuyer énergiquement la menace d'une volée de coups. — Numérote tes os^ que je te démolisse!

Nymphe verte. L'absinthe, — dans le jargon des ivrognes qui cherchent Ta poésie au fond du verre.

Obéliscal. Grand, sublime, colossal. Le mot s'est dit à propos de tout ce qui sortait de l'ordinaire. Une œuvre était obôliscale, un homme était obéliscal, en souvenir de l'obélisque de la place de la Concorde.

Objet. Femme aimée. Nos pères se servaient beaucoup de ce mot, abréviation de : objet de ma flamme.

Observasse. Observation. Une petite obsenmsse en passant,

Occase. Occasion. Un objet

d^occase, un objet qui a servi.

— Châsse d'occase, œil de verre.

Occasion. Chandelier, — dans l'ancien argot.

Oche. Oreille. Vocheme cloche, l'oreille me tinte.

Oculaire astronomique. Carambolage facile à exécuter, les deux billes à toucher étant à côté l'une de l'autre. Les joueurs de billard disent également :

« Une paire de lunettes ».

Œil. Crédit. — V œil est crevé, plus de crédit. C'est-à-dire l'œil

du crédit est crevé. Une vieille légende fait mourir Crédit d'un coup d'épée qu'il a reçu dans l'œil. Sur les anciennes images d'Epinal ou voit Crédit succombant à sa blessure et au-dessous cette devise : Crédit est mort, les mauvais payeurs lui ont crevé l'œiL

Œil (Avoir!'). Avoir crédit.

» Ma bourse est en deuil,

« Pour faire bombance

« Bien heureux qu'a l'œil. »

(J. Goizet, Bien heureux qu'a Vœil, Chans.)

Œil (Faire 1'). Vendre à crédit.

— « Elle préférerait faire crier par les rues toutes ses cuites à sa iîUe que de faire deux sous d'œil. » (Privât d'Anglemont.)

Œil (Faire de V), Jouer de la prunelle comme les Espagnoles jouent de l'éventail.

Œil (Faiseur d'). Homme qui cherclie à séduire une femme au moyen d'œillades incendiaires. « Le faiseur d'œil n'a pas de prétention positive et précise. Il promène sur toutes les femmes son regard de vautour amoureux, ses yeux sont illuminés d'un feu de charbon de terre; il a toujours l'air d'un Européen lâché dans un sérail; sa prunelle s'abaisse, se relève comme le soufflet d'un accordéon. » (N. Roqueplan, la Vie de Paris.)

Œil d'occase. QEil de verre.

Œil de verre. Monocle.

Œil (Mon). Variante de : a des navets ! des né/les ! du flan ! »

Œil de bœuf. Pièce de cinq francs, — dans l'ancien argot.

Œil qui dit merde à l'autre.

Œil affecté de strabisme.

Œil en coulisse. Œil amoureux, dont la prunelle va tantôt à droite, tantôt à gauche, mais toujours dans la direction de Vobjet convoité, soit qu'il s'agisse, pour les hommes, d'une jolie femme, soit qu'il s'agisse, pour les femmes, d'un bijou de prix.

Œil (Avoir de V). Avoir bonne apparence, en parlant des choses ou des objets de consommation.

— Cette étoffe a de l'œil. — Ce faisan rôti a de Vœil,

Œil, du cheveu et de la dent (Avoir de 1'). Etre encore bien, être d'une beauté très suffisante, en parlant d'une femme. Elle a de l'œil, du cheveu et de la dent, les trois beautés théologales.

Œil (Donner dans F). Plaire à première vue, en parlant des personnes. — Avoir envie de, en parlant des choses. Cette femme m'a donné dans l'œil, — Cette bague lui a dojiné dans Vœil.

Œil (S'en battre V), S'en moquer. Voir une chose, entendre une proposition avec indifférence. — Je m'en bats Vœil, ça m'est bien égal. On dit aussi :

s'en battre la paupière.

Œil (Tape à 1'). Personne dont la paupière paralysée est complètement fermée.

Œil (Taper de 1'). Dormir. — Tourner de l'œil, mourir.

Œil (Tire 1'). Objet qui attire l'attention, mais qui n'a pas une grande valeur. — Clinquant.

Œuf. Tête, — dans le jargon des voyous. Et principalement tête chauve.

Œuf sur le plat (Un). Vingtcinq francs en un louis d'or et une pièce de cinq francs en argent. La pièce d'argent représente le blanc de Tœuf, la pièce d'or, le jaune.

(Euf (Casser son). Faire une fausse couche. (L. Larchey.)

Œufs sur le plat. Seins petits et mous, — dans le jargon des bourgeoises. Un beau corsage, la femme de r adjoint. — Taisez-vous!

deux œufs sur le plat!

Officier. « Tous les jolis bonbons glacés ou en sucre candi, exposés aux étalages des marchands confiseurs, sont Touvrage des officiers. » (P. Vinçard, les Ouvriers de Paris,)

Officier. Garçon d'office dans un café. Il fait chauffer le café, prépare les grogs et souvent lave la vaisselle.

Ogre. Ouvrier typographe modèle. L'ogre travaille à la journée, il est bon père de famille, bon époux et bon garde national au besoin.

Ogre. Chiffonnier en gros, négociant en chiffons, — Receleur. — Escompteur sans vergogne. — A^ent de remplacements militaires mis en disponibilité par la promulgation de la loi sur le service obligatoire.

Ogresse. Cabaretière , propriétaire d'un garni à la nuit et à la corde. — Revendeuse à la toilette, vendeuse et revendeuse de chair humaine plus ou moins fraîche.

Oignon. Montre d'argent épaisse et large.

Oignon (Il y a de V). Ça va mal, les affaires vont se gâter,

les coups et les pleurs sont à la tombante.

Oignons (Peler des). Gronder.

Oignons, Oignes (Aux petits).

Excellent, supérieur. L'oignon joue un grand rôle dans la casserole du peuple de Paris pour qui le miroton est un plat fondamental et patriotique. — « Eh ben, sergent, trouvez-vous que je lui aie arrangé ça aux petits oignons? » (Alph. Amault et L. Judicis, Les Cosaques,)

Oignons (Chaîne d'). Les dix d'un jeu de cartes, — dans le jargon des ouvriers.

Oiseau. Individu qui sort on ne sait d'où. — Vilain oiseau^ vilain monsieur, triste sire.

Oiseau. Auge de maçon.

Oiseau de cage. Prisonnier, — dans l'ancien argot.

Oiseau fatal. Corbeau, — dans le jargon des voleurs qui, une fois par hasard, se sont inspirés de l'argot académique.

Oiseau (Faire 1'). Faire la bête, l'ignorant, — dans l'ancien argot.

Oiseaux (Aux). Parfait, très soigné. Est-ce une allusion au célèbre couvent des Oiseaux où les demoiselles du meilleur monde, c'est-à-dire du monde le plus riche, reçoivent une éducation soignée?

Oiseaux (Se donner des noms

d'). Se donner des noms empruntés au vocabulaire de l'amour. Mon loulou, ma petite chatte, mon trésor, mon chien vert, sont des noms d'oiseau.

Mon serin n'est pas un nom d'oiseau.

Olive de savetier. Navet.

Olives (Changer l'eau des).

Uriner.

Ombre (Foutre àT, faire passer à r). Tuer. Mettre à l'ombre, emprisonner. — Etre à Vombre, être en prison. « Je vous dis, moi, qu'on s' taise, ou je vous colloque à l'ombre. » (H. Monnier. Scènes populaires.)

Omnibus. Femme qui a autant et plus de droit à ce sobriquet que les voitures de ce nom.

Omnibus. Verre de vin, verre d'eau-de-vie , de la capacité d'un demi-setier. On lit encore à la devanture de quelques débits de vin, extra-muros : i< Ici l'on prend l'omnibus. » Rinçures de verres, résidu de vin répandu sur le comptoir et débité aux consommateurs assez ivres pour ne plus y regarder de près.

Omnibus. Garçon d'6a;^ra,dans un restaurant, dans un café.

Omnibus. Batteurs de pavé.

« C'est-à-dire des gens que l'on rencontre sur tous les points de Paris comme les véhicules dont ils portent le nom, mais qui différent de ceux-ci en ce qu'ils n'ont ni couleur, ni enseigne, ni lanterne pour indiquer où ils vont et d'où ils viennent. »

(Paul Mahalin.)

Omnibus. Loges d'avant-scène au théâtre de l'Opéra. « Excepté la loge de l'Empereur et la loge voisine réservée pour le service de Sa Majesté, excepté les deux loges qui sont en face et les deux avant-scènes du rez-dechaussée, au côté droit, toutes les loges d'avant-scène jusqu'au

troisième rang non compris, sont occupées par des hommes et organisées en omnibus ainsi qu'on dit à l'Opéra et à Londres. »

(N. Roqueplan.)

Omnibus de coni. Corbillard, c'est-à-dire omnibus de la mort.

Omnibus (Attendre V). Attendre qu'on vous verse à boire, — dans le jargon du peuple. — Faites passer la négresse, voilà une heure que nous attendons l'omnibus, par ici.

Omnibusard. Mendiant qui exploite la charité publique en omnibus. Voici le procédé :

Tantôt c'est un enfant, tantôt un vieillard qui, en hiver, la chair au vent, tout dépoitraillé, vient s'asseoir près du conducteur. Il sort péniblement, sou à sou, trente centimes, les tourne, les retourne, pousse un soupir, laisse échapper une larme et grelotte. Les âmes charitables s'émeuvent, chacun donne quelque menue monnaie. Vomnibusard recueille ainsi quinze , vingt, quelquefois trente sous, grelotte, tousse, crache, pleure d'attendrissement, fait arrêter la voiture et va, une station plus loin, recommencer le même manège, après avoir toutefois pris de nouvelles forces chez le marchand de vin.

Omnicrocbe. Omnibus , — dans le jargon des voleurs. — Faire Vomnicroche, monter dans un omnibus avec l'intention d'explorer les poches des voisins. — Gaule d'omnicroche, échalas d'omnici^oche , conducteur d'omnibus. — Omnicrochemar à la colle, cocher d'omnibus; à la colle, parce qu'il semble collé

sur son siège. Le.^ voleurs qui Opportunisme. Politique ex-

oiit, comme Lacenaire, fait un pédante d'un groupe de répu-

peu leurs classes, disent : Om- blicains qui, sans rien sacrifier...

nicochemar. que les principes des autres, at-

Oncle. Concierge de prison, tendent patieranrient roccasion

Sous les verrous, les voleurs, favorable pour faire prévaloir

qui ont de l'imagination, s'assi- ^^"f ».^^^^' «^ trouvent quil

milent aux objeU mis en gage. ^^^ ^«"J^"''^ opportun d occuper

La prison pour eux est comme ^"^ excellente place, et au be-

un Mont-de-Piété, tante, où ils »«»" Plusieurs places,

sont accrochés. Celui qui garde Opportuniste. Réactionnaire

la porte de ma tante, devient le ^^ lavenir; Orléaniste honteux,

mari de ma tante « mon oncle ». Républicain qui, en attendant le

Au xviie siècle « oncle » dési- moment opportun où il pourra

gnait un usurier. — Avoir un voir triompher sa cause, sait se

oncle sur la planche, être héri- contenter d'une bonne place,

tier d'un oncle. — Manger son Les opportunistes, dont M. Gam-

oncle, manger l'héritage laissé ^etta est le chef, ont pour adver-

par son oncle. — Rubis sur l'on- maires les intransigeants, répu-

cle, calembour par à peu près blicains trop pressés,

pour dire qu'il ne reste plus Oranger de savetier. Basilic,

rien de l'héritage avunculaire. Orange à cochon. Pomme de

Oncle du prêt (Mon). Mont- terre. La variante est : Orange

de-Piété, — dans le jargon des ^^ Limousin,

ouvriers qui sont fatigués d'ap- Oranges sur l'étagère. Belle

peler « ma tante, ma tante Du- prestance de la gorge.

mont » cet établissement phi- Ordinaire. La soupe et le

lanthropique à onze pour cent, bœuf, dans les gargots. Le prix

Onclesse. — Concierge fe- ^e ïordtnaire varie entre 30 et

melle d'une prison, — dans ^^ centimes,

l'argot des voleurs, qui appel- Ordinaires. Menstrues,

lent le concierge mâle « leur Ordremoralien. Conservateur.

onde ». Partisan de l'ordre moral que

Onguent. Argent, — dans ^es adversaires politiques des

l'ancien argot. républicains opposent à la dé-

' .„ ,. muf^ogïe. Journal ordremoralien,

Opérer. — Guillotmer, — feuille ordremoralimne.

dans le jargon des prisons. q^^^^ p^^^^ ^^^^ ^^ ^^

Opérateur. Bourreau. rai, femme sale au moral et au

Opiumiste. Buveur d'opium; Physique,

partisan de l'abrutissement par Ordures (Faire ses). Prendre

l'opium. « La Chine se divise les trottoirs, Ja voie publique,

en deux parties bien distinctes : les parquets des appartements

Les opiumistes et les anti-opium- pour des lieux d'aisances, quand

istes, » (La Liberté, du 26 août on a le privilège d'être chien ou

i877.) chat.

Oreillard. Ane.

Oreille à l'enfant (Avoir fait une). Avoir fait, en collaboration, avec un ou plusieurs ce qu'il faut pour se croire le père d'un enfant.

Orfèvre. Marchand qui fait valoir sa marchandise, personne qui vante ses qualités, — dans le jargon des vieux habitués de la Comédie-Française.

Orgue. Homme, — dans le jargon des voleurs. — Manger stir l'orgue^ dénoncer un complice.

Orgue. (Mon, ton, son). Moi, toi, lui, — dans le même jargon. — Tu ne peux pas le faire avec mon orgue, tu n'es pas de force à te mesurer avec moi.

Orgue (Jouer de 1'). Ronfler.

Orgues. Affaires, — dans le jargon des voleurs.

Orient. Or, — dans le jargon des voleurs.

Orléans. Vinaigre; pour vinaigre d'Orléans.

Omie. Poule. — Omichon^ poulet. — Omie de balle, dinde.

— Ornion, chapon. — Ornière, poulailler.

Orphelin. Orfèvre.

Orphelin. Bout de cigare, bout de cigarette réduite à sa dernière expression.

Orphelins. Bande, association de malfaiteurs.

Orphelin de muraille. Carte de visite... de digestion déposée le long d'un mur.

Orpheline de Lacenaire. Prostituée qui arpente le boulevard,

— dans le jargon des gens de lettres.

Os (De r). De Vargent.

Os à moelle. Nez. — Faire juter Vos à moelle y se moucher avec le mouchoir de ses cinq doigts. Les voyous disent aussi ; « faire dégorger son ulcère, »

Osanore, Osselet. Dent. — Jouer des osanores, manger.

Oseille. — Argent, — dans le jargon des voleurs. C'est le mot os doté de la terminaison eille. « Les frangins auraient plutôt acheté quatre exemplaires, au lieu d'un, afin de remettre de l'oseille dans ton porte-monnaie! » {Le petit Bor dinguet, i878.)

Oseille 'Scène de 1'). Scène où l'on exhibe le bataillon des femmes décolletées, dans une féerie ou autre pièce de même moralité. Oseille est là comme variante de persil. On a dit scène de V oseille comme on aurait dit scène du persil, c'est-àdire scène de la retape. (V. ces mots,)

Oseille (Avoir mangé de F).

Etre de mauvaise humeur, montrer de l'aigreur; allusion à Tacidité de l'oseille.

Otage. Prêtre, ecclésiastique, par allusion aux otages de la Commune, — dans le jargon des voyous et des voleurs.

Otolondrer. Ennuyer. Ololondreur, importun.

Ouater. Ne pas accuser les contours en dessinant, peindre floUy — dans le jargon des peintres.

Oui, en plume. Tu plaisantes, — dans le jargon des typographes.

Ours. Article de journal qui

a été ofTert sans succès dans plus de vingt journaux, roman refusé par tous les éditeurs, pièce de théâtre repoussée de tous les théâtres. — On dit d'un vieil ours « qu'il a de la barbe ».

— Egayer l'ours, siffler une pièce.

Ours. Bavardage insupportable, — dans le jargon des typographes. — Poser un ours^^ débiter à un camarade des bavardages insipides, lui faire des contes à dormir debout.

Ours. — Salle de police. — (( Allons, prenez vos draps et grimpez à Tours. Vivement. »

(V*e Richard, Les Femmes des autres.)

Ours. — Ouvrier pressier dans une imprimerie. — Oie, — dans le jargon des ouvriers.

Ours (Envoyer à T). Renvoyer, envoyer au diable. Autrefois, lorsque quelqu'un importunait, on lui disait d'aller voir l'ours Martin, on l'envoyait très loin.

Ours (Aller aux). — Aller flâner au Jardin-des-Plantes, — dans le jargon des collégiens.

C'est-à-dire aller voir les ours du Jardin-des-Plantes.

Ourson. Ancien bonnet à poil de l'ancienne garde nationale.

Oùs'qu'est mon fusil? Expression employée par le peuple lorsque quelqu'un vient de dire une grosse bêtise, de tenir un propos extravagant, insensé.

Mot à mot : Où est mon fusil,

Eour que je te tue? tu es trop ête pour vivre.

Oùs'que tu demeures? Réponse à une proposition exor-

bitante ou jugée telle. — Tu fumes de bons cigares^ tu devrais bien m'en faire cadeau d'une boite, — Ous'que tu demeures ? — C'està-dire par ironie et sous-entendu : Je les ferai porter à domicile.

Oùs'que vous allez sans parapluie? Expression populaire dont les équivalentes sont : D'où venez-vous, que vous êtes si bête? Vous n'êtes donc au courant de rien? — Demandez par exemple, en plein mois de juin, à une marchande de la Halle si elle a des épinards, vous aurez beaucoup de chance pour qu'elle vous réponde : « Oùs'que vous allez comme ça sans parapluie ? »

Outils. Instruments à Tusage des voleurs.

Ouvrage. Curage des fosses d'aisances. — Tomber dans Vouvrage, tomber dans la fosse d'aisances, — en terme de vidangeur.

Ouvrage. Vol, — dans le jargon des voleurs. — Fonds de commerce de porteur d'eau.

Vouvrage comprend les ustensiles nécessaires à la profession, tels que cheval, voiture, seaux, bricole, tonneaux, etc.

Ouvrier, Ouvrière. Voleur, voleuse.

Ouvrière. C'est encore le nom sous lequel les souteneurs désignent leurs maîtresses, quand ils ne les appellent pas leurs marmites.

Ouvrir l'œil et le bon. Surveiller avec soin ; faire bien attention à ne pas être trompé.

On disait jadis : Avoir Vœil au bois.

Pacant. Paysan, — dans le jargon des voleurs. — Intrus, maladroit, lourdaud. — a Mais ce pacant'lk va tout gâter. »

(Balzac, Pierre Grassou.)

Paccin. Paquet, — dans Tan-

Pacquelin. Pays. — Brème de pacquelin, carte de géographie.

— Pacquetin du raboin, pays du diable, enfer.

Pacquelinage. Voyage. — Pacqueliner, voyager. — Pacquelineur, — voyageur.

Paf. Ivre. — Ivrogne gai.

Paf, Paffe. Soulier. Bepaffut, passutj tranchet. Le mot paffut remonte au xiv« siècle.

Paffer. Enivrer. Rendre paf.

Pagaie ^Mettre en). Farce qu'au régiment les anciens font aux conscrits, qui trouvent leurs lits arrangés en bascule; d'où des culbutes et des occasions de se divertir aux dépens des bleus.

C'est-à-dire mettre un camarade aux prises avec une plaisanterie qui n'est pas gaie pour lui.

Page blanche. Innocent. — Ouvrier instruit et travailleur,

— dans le jargon des typographes.

Pagne. Don en argent ou en nature fait à un détenu.

Pagne. Lit, — dans le jargon des voyous.

Paies (C'est tout ce qne tu)? Tu n'as pas quelque chose ae plus agréable à dire? — Et puis, après ça? — Expression dont anusent les voyous quand on leur fait de la morale à gosier sec. « Prenez garde, mon fils!

la pente du vice est glissante; tel qui commence par une peccadille peut finir sur l'échafaud !

— Cest tout ce que tu paies ? »

(Randon.)

Paillasse. Saltimbanque politique dont les opinions sont plutôt à vendre qu'à louer. — Celui qui saute à pieds joints sur ses promesses.

Paillasse. Fille publique, — dans le jargon des troupiers.

Paillasse à soldats. Fille à soldats. — Prostituée sans prétention qui rôdaille autour des casernes, quœrens quem devoret.

Paillasse à coups de poing.

Femme d'ivrogne.

Paillasse (Crever la). Porter des coups de pied dans le ventre de quelqu'un. — Se faire crever la paillasse, se faire assommer à coups de pied dans le ventre.

Paillasse (Bourrer la). Manger. — N'avoir rien à fourrer dans la paillasse, n'avoir rien à manger.

Paillasse (Brûler). Partir en oubliant de déposer son offrande sur le coin de la cheminée d'une Vénus ambulante.

272 DicnoNNAiRE d'argot moderne.

Paillasse (Manger sa). S*age- la paille de fer I » (Alph. Ar-

nouiiler pour prier au pied de naLuil et L.iudïcis, Les Cosaques.)

son lit, - dans le jargon des ^^^ ^^ ^^ ^^^^.^ j^j E^^.^

troupiers. vendu ou à vendre comme

Paillasson. Libertin qui ne bomnie politique. Le journa-

craint pas de se frotter à toutes liste qui vend sa plume, le dé-

les paillasses des drôlesses. puté qui trafique de son Tote,

. PaillaMon, quoi ! cœur dartichaut. ^^^ *? P^^i^ aU CuL AJlusion aU

» C'est mon genre : un' feuill' pour tout DOUChon de paille que leS ma-

j, . ^.^ . .. ^,,t^'"?o"?«- quignons mettent au derrière

. Aujourdaujourdhui.jgob la blonde; i^ rliPvauT mii <innt h vPnHiv

> Après-d'main.c'ostlabrun'qu'im'faut.» ^^^ CUeVdUX qui SOni a Venore.

(La Muse à Bihi, Le Paillasson.) Paille SUF le tabOOret (Ne

Paillasson. Homme aimé un plus avoir de). — « On dit à

momentpour lui-mtoe,— dans présent en parlant d'un raon-

le jargon des iilles. « Celui avec sieur chauve comme un œuf:

lequel elle passe un caprice, au- H n'a plus de paille sur le ta-

quel elle se donne sans lui de- bouret. » [Tam-Tam, i880.)

mander de l'argent, un paillas- Pailler. Préparer une paille

son. >> {Paris-vivant, La Fille, en battant les cartes. (L. Lar-

^858.) chey.)

Paille. Bombage des cartes PaiUot. Paillasson. — P/agi/^destiné à favoriser le coupage /^ tournante sous le paillot, metdans le pont. {Argot des grecs.) tre la clé sous le paillasson. Paille, dans leur jargon, est sy- -. . « r« x j nonyme de pon^ Pain. Soufflet, coup de pomg •^ ^ sur le visage. Le mot pam tra-

PaiUe (Homme de). Prf;te- duit le bruit produit par un

nom. Individu qui assume sur soufUet bien appliqué. Coi/erim

lui la responsabilité d'une af- pain, donner une giUe. M. Lar-

faire. En général Fhomme de chey écrit pamg et donne poing

paille touche des appointements conîme étymologie. Passer chez

fixes et fait tout ce qui concerne paing, recevoir des coups, son état : des dettes, des dupes

et de la prison. Pain rate. Pain entamé par

, . .les rats, pain trop dur. — Pain

Paille de fer (A toi, z a moi ars, pain brûlé. — Pain mêla). Chacun à notre tour. Ex- tourné, pain trop petit, — dans pression dont on se sert pour se le jargon des boulangers. Pain stimuler. Deux ouvriers attelés ^ grigne, pain fendu. k la môme besogne, deux for- « . ^ . . • j i gérons, principalement, qui P^in. Coussinet en cuir dont frappent à tour de rôle sur le «e servent les graveurs pour fer sortant de la forge, s'exci- P^^^^ la planche à graver, tent au cri de : A toi, à moi la Pain (ton, son). Réplique qui, puille de /"er.' La paille de fer au régimeiife, équivaut à: « Rien c'est la barre de fer. — « Tout du tout ». — Je vais t étriller si d'un couple di'apeau tombe. On tu m'em,,. bétes. — Tu n'es pas se jette dessus,.. A toi f à moi le diable; tu étrilleras ton pain.

DIGTIONNAIHE D ARGOT MODERNE.

— Le brigadier a dit qu'il te ficherait à Cours, — Il y f... son pain; ici, toi, tu commandes ton pain.

Pain polka. Pain loDg et plat de 4 livres, — dans le jargon des boulangers.

Painà cacheter (Le). La pleine lune.

Pain à cacheter. EntAté, — dans le jargon des voyous.

L'iiomme entêté tient à son idée, comme le pain à caclieter tient au papier.

Pain à cacheter. Hostie. — Tortorer le pain à cacheter, communier, — dans le jargon du peuple.

Pain (Et du ? Et le nécessaire? Expression à l'adresse des gens qui font des dépenses peu en rapport avec leur position.

— Réplique à une proposition extravagante sous le rapport de la dépense. — Demandez à un ouvrier convalescent pourquoi il ne mange pas, à tous ses repas, de bons biftecks saignants arrosés de bon vin de Bordeaux.

11 répondra : Et du pain ?

Pain de la bouche (Oter le).

EmpAcher quelqu'un d'obtenir un emploi, lui faire perdre sa place.

Pain cuit (Avoir son). Avoir des rentes suffisantes pour vivre. Mot à mot : avoir sur la planche du pain cuit pour le restant de ses jours. — Etre condamné à mort. Mot à mot :

avoir du pain cuit sur la planche de la guillotine.

Pain (Faire perdre le goût du). Tuer. — Je te ferai perdre le goût du pain.

Pain-là (Ne pas manger de

ce). Repousseï' une proposition, un gain indignes d'un honnête homme.

Paire de manches (C'est une autre). C'est bien différent.

Paix-là. Huissier-audiencier.

Le cri de l'homme pour l'homme même.

Pâle (Du). La couleur blanche au jeu de dominos. — Les professeurs de dominos disent également la blancheur en ajoutant le nom d'une dame blonde de leur connaissance, délicat hommage à la beauté.

Paletot. Cercueil , — dans l'argot des marbriers de cimetière. (A. Delvau.)

Palette. Grande et large dent.

— Guitai'e de musicien ambulant.

Palladier. Pré, — dans l'ancien argot.

Pallas. Beau, joli, — dans l'argot des barrières. Déformation de « pas laid ».

Pallas. Harangue de banquiste. « Ensuite il commence tout à coup son pallas d'une voix sourde et vibrante à la fois. »

(V. Fournel, Ce guon voit dans les rues de Paris.)

Pallas (Faire). Faire des embarras, prendre de grands airs comme en prennent les saltimbanques en débitant leurs boniments.

Pallas (Faiseur de). Faiseur d'embarras. — Saltimbanque débitant son boniment.

Palmarès. Liste des récompenses accordées aux lycéens, le jour de la distribution des prix

DICTIONxNAIRE D ARGOT MODERNE.

à Ja Sorbonne. Dopalma, palme.

Pâlot, Pâlotte. Paysan, paysanne; de palta, paille.

Pâlotte 'La). La lune, — dans le jai'gon des voleurs.

Palper. Recevoir de Targent, loucher ses appointements, — en terme de bureaucrate.

Palpitant. Cœur, — dans Tancien argot.

Pâmeur. Poisson, — dans le jargon des voleurs. Hors de Teau, il se pâme.

Pamure. Soufilet bien appliqué.

Pampine. Sœur de Charité, — dans le jargon des voleurs.

Pana. Chapeau de paille; pour panama, — dans le jargon des voyous. — Pana patriotique ^ chapeau de paille tricolore.

Panache (Avoir le). Etre gris.

Panachée (Conversation).

Conversation variée. Allusion aux glaces panachées, fruit et crème.

Panade. Personne mal mise, malpropre, laide. — Personne sans énergie. — Objet de rebut.

En un mot tout ce qui est panne :

homme, femme ou chose.

Panailleux. Marchand de verres cassés, misérable, dénué de tout.

Panais (Etre en). Etre en chemise.

Panais (Des) ! Formule négative, équivalente à non, jamais.

On dit en allongeant : Des panais, Rosalie!

Panama. Bévue énorme, dans la composition, l'imposition ou le tirage. {Jargon des typogra-

phes, Boutmj.) Allusion aux Ja^ ges bords des chapeaux dits panama.

Panaris. Belle-mère. Un panaris fait beaucoup souttrir, une belle-mère aussi. — « Panaris crevé. Prendre train de plaisir li heures 45. » (Tam-Tam, du 16 mai 1880.)

Panas. Epaves d'objets de toilette, vieilleries en tous genres.

Panier, Panier aux ordures.

Lit, — dans le jargon du peuple.

Panier aux crottes. Derrière.

« Et pas de musique au dessert, bien sûr pas de clarinette pour secouer le panier aux crottes des dames. » {U Assommoir.) C'est une variante moderne de Tancien « pot aux crottes ». — « Jamais on ne vid si bien remuer le pot aux crottes nj secouer le jarret. » (Le facétieux réceille-matin des esprits mélancholiques, 1654.)

Panier au pain. Ventre. — « Au premier atout dans le panier au pain, faut pas caner. » {L'art de se conduire dans la société des pauvi'es bougres,)

Panier à salade. Fourgon destiné au transport des piisonniers. Le panier à salade va, deux fois par jour, chercher aux différents postes de police le continofent déclaré bon pour le dépôt de la préfecture. Le nom de panier à salade est dû aux cahots que procure ce véhicule mal suspendu. Les prisonniers auxquels le gouvernement ne peut pas fournir des huit-ressorts y sont secoués comme la salade" dans un panier.

Panier (Recevoir le). C'est, dans le langage des filles en trai-

tement à Saint-Lazare, recevoir des aliments ou des friandises apportés du dehors. Mot à mot :

recevoir le panier aux provi-

sions.

Paniotter (Se). Se mettre au lit, — dans le jargon du peuple ; c'est-à-dire se mettre dans le panier. L'expression est également usitée au régiment.

Paniquer (Se). Avoir peur, avoir la panique. [Mémoires d'un forçaty 1829.)

Panne. Grande misère ; ruine complète. « Ce fut alors,madame Alcide, que commença votre grande panne, » (Ed. et J. de Concourt.) — « Ils sont tournés comme Henri IV sur le Pont- Neuf et m'font l'etfet de n'songer qu'à faire la noce, au risque d'être dans la panne et de se brosser le ventre après. » (E. de la Bédollière, Les Industriels.) — En terme de théâtre, bout de rôle. « Plus de rôles à jambes, et une panne de dix lignes dans ta nouvelle féerie!.. Ah! Ernest, vous ne m'aimez plus. » (J. Pelcoq, Fetit journal amusant.) — « Il faut vous dire que tous mes camarades, étant jaloux de moi, s'arrangeaient de manière à avoir les bons rôles, tandis que moi, on me donnait Jes pannes...

les bouche-trous!.. » (P. de Kock, Le Sentier aux prunes,) — En terme d'atelier, mauvais tableau. « Qu'est-ce que c'est que cette panne? C'est assez mal léché, merci. » (J. Noriac, Têtes d'artistes.)

Panne. Ruiné, misérable. «Et puis ces marchands font les pannes; mais il ne faut pas les croire. » (P. d'Anglemont.)

Panne comme la Hollande.

Très pauvre, très misérable d'aspect.

Panner. Gagner au jeu, — dans le jargon des voyous.

Panoteur. Bcaconnier.

PanouflOr Perruque ; depanufie, chausson. En etl'et la perruque ne chausse-t-elle pas la tête?

Pantalonner . Tendre à la force du poignet le pantalon de tricot d'une danseuse. « M. Pointe pantalonne la volumineuse Delaquit. » (Charles de Boigne.)

Pantalon garance (Donner dans le). Aimer les militaires, avoir un ou plusieurs amoureux parmi les ofliciers.

Pante, Pantre. Particulier à l'air bote. — Tout individu dont la figure, les manières ou les procédés déplaisent, est un pante pour le peuple. — Dans le jargon des cochers, un pante est un voyageur qui a donné un bon pourboire; c'est celui qu'ils appellent tout haut « patron ou bourgeois ». — Autrefois « pante, pantre » — dans l'argot des voleurs et des camelots, signifiait dupe. Le pantre arnau, était un imbécile qui jetait les hauts cris dès qu'il s'apercevait qu'il était grugé; le pantre argoté, une dupe de bonne composition et le pantre désargotéy un particulier difficile à duper. Aujourd'hui les voleurs et les camelots emploient très peu le mot « pante » qu'ils ont remplacé, les premiers, par clienty les seconds, par girondin.

Pante (Faire le). Payer pour un autre, — dans le jargon des voyous. Mot à mot : faire acte d'imbécile.

Panthe (Pousser sa). Abréviation (ie pousser sa panthère, c'est-à-dire se promener d'un côté, de Taulre, dans Tatelier; courir une bordée de marchand de vin en marchand de vm. La variante est : Faire sa panthère ; par allusion à la panthère du Jardin-des-Plantes qui n'a d'autre occupation que d'arpenter sa cage.

Pantière. Bouche, — dans le jargon des voleurs.

Pantin. Paris, la ville des pantes. Et les variantes moins usitées : Pantruche, pampeluche.

Pantinois. Parisien.

Pantnme, Pantnme. Femme dévergondée, — dans l'ancien argot.

Pantoiser, Pantinoiser. Payer pour un autre, ^tre dupe. C'est-àaire faire acte de pante, — dans l'argot des barrières.

Pannie. Chausson ; chaussette, un obict de luxe pour MM. les voleurs.

Pannche. Femme à son aise, femme heureuse, — dans le jai'gon des voleurs et des filles.

A Saint-Lazare, les filles insoumises appellent ain>i les femmes de maison qui, à leur tour, les traitent de coniiasses, connassonSy niaises, petites niaises. Aux yeux de Vinsoumise, le sort de la panache en traitement est le sort le plus beau, le plus digne d'envie. « Madame » s'intéresse à elle, « madame » lui envoie ar-

§ent, vin de Bordeaux et frianises. Et puis, quand Saint-Lazare lui aura refait une santé, ne retrouvera-t-elle pas tout de suite toilettes fraîches, bon souder, bon gîte et le reste?

Papa. Cocher de tramway,— dans le jargon des voyous, qm sont assez méJoinanes pours*être aperçus que la trompe dont jouent les cochers de tramway avec leurs pieds produit une série de pa pa pa pa.

Papa (A la). Sans façon.

Pape. Imbécile, — dans le jargon des voleurs. C'est une variante très altérée de pante.

Pape (Un). Un verre de rhum.

Le mot pape implique l'idée de Rome, et Rome fournit l'occasion d'un déplorable jeu de mots.

Papelard. Papier; de l'espagnol papeL

Papier. Billet de banque, — coupon détaché d'un titre de Bourse.

Papier à chandelle. Mauvais petit ou grand journal. Mot à mot : papier bon à envelopper de la chandelle.

Papillon. Blanchisseur. — Linge.

Papillon d'anberge. Linge , vaisselle, batterie de cuisine. — M. Fr. Michel ne donne pas à cette expression de signification normale. M. Ch. Nisard traduit par coups de poing, soufflet, s'appuyant sur l'autorité de quatre vers également cités par M. Fr. Michel et tirés des Forcherojis^ ch. III. (Amusemens rapsodi-poétiqucs, 4773.)

« Bientôt, au défaut de flamberges » Volent les « papillons d'auberges > ; » On s'accueille à grands coups de poing » Sur le nez et sur le grouin. »

M. Ch. Nisard a pu mal interpréter l'expression « papillon d^auberge » en lui donnant le sens de soufflet, coups de j[foing.

En argot papillon correspond à linge. Papillon d'auberge serait donc linge d'auberge et, par extension, tout ce qui se rapporte à la table.

Papillonner. Voler du linge.

Papillonneur. Voleur de linge, voleur qui exploite les voitures de blanchisseurs.

Paquet. Femme habillée sans

Paquet (Recevoir son). Recevoir son congé, être renvoyé.

Paquet (Lâcher le). Tout révéler, faire des aveux.

Paquet de couenne. Garde national. Allusion au laisser-aller des couennes à l'étalage du tripier. Le garde national n'a jamais brillé par la correction de sa tenue.

Paquets (Faire ses petits).

Agoniser. Allusion aux mouvements des moribonds qui ramènent à eux leurs couvertures.

Parade (Défiler la). Mourir, — dans le jargon des troupiers.

Parade (Faire la). C'est commencer le spectacle par une petite pièce sans importance, en attendant le public. {Petit dict.

des coulisses.)

Paradouze. Paradis; changement de la dernière syllabe pour obtenir un jeu de mots sur dix et douze.

Paralance. Parapluie.

Parapher, Détacher un paraphe. Signer son nom avec la main sur la joue de quelqu'un.

Paré (Etre). Avoir été coitfé et attifé par ce terrible perruquier-barbier qui répond au ^

nom du bourreau; c'est être préparé pour l'échafaud.

Parer. « A chaque morceau réclamé par ses collègues, le chef du garde-manger découpe à même la pièce et pare la viande. Parer un morceau, c'est en enlever la parure, c'est-àdire l'excédant de graisse. Le boucher reprend à 75 cent, le kilo la parure (graisse crue), qu'il revend au fondeur pour faire des chandelles. » (Kug.

Chavette, Restaurateurs et restaurés, 4867.)

Parer (La). Secourir. — La rien parer à un aminche, venir en toute hâte au secours d'un ami ; c'est-à-dire parer la botte portée à un ami.

Parfait amour de chiffonnier.

Eau-de-vie.

Parfonde. Cave. Variantes :

Profonde, prophète. — Pive en parfonde, vin en cave.

Parisien. Quelles que soient sa nationalité et sa condition sociale, tout être humain qui fait de la villégiature, soit pendant un jour, .soit pendant six mois est un Parisien, c'est-àdire un imbécile bon à duper, — dans le jargon des paysans des environs de Paris, qui ont le plus profond mépris pour tout ce qui vient de la ville, Gfclufs frais de deux mois, volailles étiques, asperges à grosses épaulettes, fruits pourris, tout ça c'est « bon pour les Parisiens ». Et le Parisien paye tout cela très cher, trouve tout cela exqui^ et appelle le paysan « nature simple et primitive ».

Parisien. Sottise la plus grande, la plus injurieuse à un .^

matelot. Désignation, dans les bâtiments, d'un pauvre sujet et quelquefois d'un mauvais sujet.

(Villaumez, Dict. de marine.)

Parisien. Petite tricherie aux dominos, pose dun domino non correspondant au précédent ; par exemple ; du quatre sur du cinq, du trois sur du deux. Quelquefois comme « le premier pas » le parisien se fait sans qu'on y pense.

Parisien. Rosse caractérisée; cheval bon pour l'abattoir, — dans le jargon des maquignons.

Parlementage. Discours, conversation. (1824.)

Parlement. Langue. — Ouvrir le parlement, faire Vouverture du parlement, parler.

Parloir des singes. Parloir à double grillage, — dans le jargon des prisons.

Parmezard. Pauvre; pour parmesan, c'esl-à-dire râpé comme du parmesan, — dans le jargon des voleurs.

Paroissien. Inconnu de mauvaise mine. Paroissien de Saint- Pierre-aaX'Dœufs, niais.

Paron. Carré, palier d'étage; jeu de mots : pas rond.

Parrain. Témoin, dans l'ancien argot. — Parrain fargueur, témoin à charge. — Parrain daltèque, témoin à décharge. — Parrainage, témoignage,

Partagas. Cigare supérieur de la Havane; du nom du fabricant. Comme pi*ix, l'antipode du petit-bordeaux^ quelquefois tout aussi mauvais.

Parti, parti pour la gloire, en galté par le vin. Excité

par les charmes d'une femme, sur la pente des folies amoureuses.

Partie (Monter une). Donner, en bénéficiaire, une représentation dramatique avec le concours gratuit de camarades, dans une salle louée od hoc.

C'était autrefois à la salle Ghantereine que se montaient de préférence les parties; aujourd'hui c'est à l'Ecole lyrique.

Passade. Changement de place des acteurs en scène. Régler une passade, régler le moment et la disposition du changement de place.

Passade. Plongeon forcé. « On appelle passade, dans les écoles de natation, l'opération au moyen de laquelle un nageur fait passer entre ses jambes le nageur qui se trouve devant lui, et, appuyant sa main sur sa t^te, le pousse brusquement au fond de l'eau. » (H. Berlioz.)

Passacailler. Supplanter ; passer avant son tour.

Passant. Soulier. Les variantes sont : Passe, passade, passide, passifs passifle, paffier, paffe, — dans le jargon des voleurs, qui ont un si grand choix de mots pour désigner les souliers et qui, souvent, n'en ont pas aux pieds.

Passe. Secours, assistance, — dans le jargon des voleurs. Don* ner la passe, faire la passe, secourir.

Passe. Guillotine, — dans l'ancien argot. — Gerber à la passe, guillotiner; c'est le passage de la vie à la mort.

Passe. Série de coups heu-

reux, — dans le jargon des joueurs. J*ai eu une passe de dix.

Passe (Maison de). Maison d'amour de passage, maison de passage de l'amour à prix divers. Lieu mixte où la prostitution dresse un autel hâtif. La misère, la soif du luxe et la débauche, trois insatiables pourvoyeuses, jettent dans ces antres des femmes de toutes les classes, depuis l'insoumise famélique jusqu'à la grande dame à qui la fortune de son mari ne permet pas de dépenser cinquante mille francs par an pour ses toilettes.

Passe (Faire une). Accorder dans une maison mixte ou chez soi une courte audience au dieu de Lampsaque, — dans le jargon des filles.

Passe-crick. Passe-port.

* Passe-lacet. Prostituée.

Passe-lance. Bateau.

Passe-singe. Très malicieux ; c'est-à-dire : qui dépasse le singe en malice.

Passer au dixième. Devenir fou, — dans l'argot des officiers d'artillerie.

Passer debout. — Venir à l'heure au magasin, — dans le jargon des commis de nouveautés. Par opposition à être couché. (V. ce mot.)

Passer à la plume. Etre maltraité par un agent de la sûreté, — dans le jargon des voleurs qui disaient autrefois, dans le même sens : Passer à la dure.

La variante est: Passer au tabac.

Passer de belle (Se). Ne rien trouver à voler, être trompé par

un complice au moment de recevoir une part de butin. — Recevoir des conseils au lieu d'argent.

Passer la jambe à Jules. Enlever les tonneaux de vidange,

— dans le jargon des troupiers.

Passeur. Pauvre diable qui, moyennant un peu d'argent, passe le baccalauréat au lieu et place de certains jeunes cancres.

Passilleur. Cordonnier.

Pastille. — Pièce de dix sous,

— dans le jargon des joueurs.

— Plus rien, pas une pastille pour ponter,

Pastiquer. Passer, — dans l'ancien argot.

Pastourelle, c Les cavaliers désignent ainsi la sonnerie des hommes punis. » (Fr. de Reiffenberg.) Les cavaliers pour la pastourelle, en avant!

Patafioler. Confondre. — Que le bon Dieu vous patafiole ! — Enlever. Que le diable le patafiole !

Patagueule. Ennuyeux, pas drôle. « C'est lui qui trouvait ça patagueule de jouer le drame devant le monde! » (E. Zola.)

Patapouf. Homme d'un embonpoint respectable, soufflant, suant, geignant à chaque pas.

Gros patapouf.

Patard. Pièce de deux sous.

Pâte. Lime. — Patron.

Pâte (Tomber en). Renverser un ou plusieurs paquets composés. — Forme tombée en pâte, rorme qui se renverse pendant le trajet de l'atelier de composition à rimprimerie, forme qui

n'csl pns as'ieï serrée et dont ' les iiiini.'l^rc* s'éparpillent et lomlfiil, — en terme de lypogrKpiic.

Pâté. Mauviiiso besnjïne, — dans h' jiirKundes ty pu graphes.

Pâté d'ermite. Nui.x.

Pâtée (Donner la). Donner des coups. — Rveevoir la pâtée, recevoir ipiulqiie cliose de solidu en fait do coups, comme une \>.W-e- On dit plus fréqucniinent : trempi-r la sijkjw.

Patente. Ca^ipuctle de voyou, cus(|nulle de suie plaquée sur la tuinpe. Celait, autrefois, la coitfurc typique des souteneurs de liarri^rQ, leur patente, ils l'ont renipluci^e par la desfoux, encore plus (,'mte3que.

Patiner. Sa livrer k des attoiiclicnienls trop libres sur la personne d'une femme. « Il a voulu patiner. Galanterie provinciale qui tient plus du satyre que de rbonnPlc homme. »

(Scarron, Roman comiquf, \" partie, oli. X.) — Piitiiier la drime de pigw, fiitincr iecnWon, jouer aux cartes, — Patimrle Irimard, faire le trottoir.

Patiner (Se). Déguerpir, — dans le jargon du pcuplu.

Patineur. Cultivateur en attoucliements lascifs "Ah! doucement! je n'iiinie poinlles patincuL's. >i (Molière, George Dandi.i.]

Pâtissier, sale pâtissier. Tripoleur d'atfiiires; homme sans aucune espèce de délicatesse et sans conscience en all'aires.

Patoniller. Tourner et retourner une marchandise cnmesti-

Patraqne. Patrouille.

Patron. Marchand de vin

quand il fait crédit. Lorsqull réclame son argent, c'est uo empoisonneur, un pélroleur, — dans le vocabulaire des ivrognes,

Patron-Minette. Associalion de malfaiteurs, sous le règne de Louis-Philippe. • Quand le président des Assises visita Lacenaii'e dans sa pri^^on, il le questionna sur un méfait que Lacenaire niait. — Qui a fait cela?

demanda le président, Lacenaire fit une réponse énigmalique pour le nmgisirat, ma»

claire pour la police. — C'est pcut-Plre Patron-Minelte. « (V.

Hugo.)

Fatronille (Etre en). Etre en tournée nocturne pour cause de déhanche.

Patte. Pied, main, jambe. A pûKï, à pied.

Patte -d'oie. Carrefour.

Pattes (Etre sur ses). Etre dehoul, être levé. iMot à mot :

être sur ses jambes. — Etre sur ses pattes dès palron-minetle.

Pattes (Se tirer les). S'en aller. I.a variante est : Se Iirer les piiturons.

Panme. Perte, insuccès. Faire une l'Oame, ne pas réussir. — Paumer, perdre.

Panmer. Dépenser, — dans le jargon des ouvriers. Paumer son fade, dépenser l'argent de sa paye.

Paumer. Arr.'ter, appréhender au corps. Se faire paumer;

mot à mot : se faire mettre la piiuRie de Ui main au cullct.

Paumer. Perdre, — dans !e jargon des voleurs. — Paumer l'atout, perdre courage.

Panses (Compter des). Dormir à côté de son pupitre, — dans le jargon des musiciens de théâtre.

Pavé. Eloge exagéré et si maladroitement lancé qu'il a.ssommc celui qui en est l'objet.

Pave (On). Lorsqu'un débiteur prudent ne veut pas passer dans une rue où il compte un ci-éancier il dit : qu'on pniie.

Quand on possède plusieurs créanciers dans k même rue :

« lly a des barricades ». On dit encore : (u rue est barrée, c'està-dire barrée par les créanciers.

PaTillon, Pavillonne. Pou, folle. — Piiviltonnaye, folie. Puvillonner, déraisonnev.

Pavoisé. — Mis en gaieté par le vin, — dans le jargon de* ouvriers. — Se pavoiser, se mettre en ribolte. On disait autrefois ; pavoix, être pavois, par altération, sans doute, de pioois.

Payant. Et, plusfréquemment, im'jéctle de payant. Dans le Jargon dcî couli.ises tout spectateur naïf et enthou.«iaste a été baptisé dusobriquetde "paya«(, imbécile de payant >•.

Payer (Se). Se passer une

Payer la goutte (Faire). Siffler un acteur.

Payer, Aglaé (Tu vas me le) !

Locution 1res répandue, il y a une dizaine d'années, lorsqu on était mécontent de quelqu'un,

lorsqu'une proposition paraisiait extravagante ou déplacée, me prétention exagérée.

Payot. Forçai cantinier et lomptablo, une des places les plus recherchées des anciens le.s. C'était une place accordée ordinairement aux anciens notaires, aux agents de change qui avaient eu des malheurs.

Paysage (Faire bien dans le).

Concourir au coup d'œîl général, produire bon elfet. rehausser une toilette, r- P*""" 'ss mondaine.% un bracelet en diamants fait bien dam le paysage, les soii-3 d'Opéra. Pour un ivrogne, une ranimée de bouteilles sur le dressoir fait bien dans le paysage.

Pean. Prostituée de rebut. ■

Peau d'âne. Tambour.

Peau de bite et balai de crin. Mfme signilication, — dans l'argot de la marine, que peau (le fi6t et peau de nœud, — dans celui de l'armée de terre. C'est une formule dénégative qui équivaut à: rien, pas le sou, jamais de la vie.

Pean de libi. Non, ne pas, — dans le jargon du régiment. Et les synonymes : peau de balte, peaa de nreud. Se dit souvent d'une manière ironique. H est poli, peau de nœud 1 traduisez :

On n a jamais vu de particulier moins poli. — Dans le jargon des voleurs : Faire peau de batle signifie avoir manqué un vol, n'avoir rien trouvé à voler,

Pean de lapin. Nom qu'on donne aux professeurs les jours de cérémonie, parce que 1 insigne de leur grade est une pean

DlCTIONNAinE d'aRGOT MODERNE.

Pelote, noiirsf», — dans l'an- ; Pendule 'Remimter sa>. Bat-

r.irii arp>t. — Kcnrioiiiics. Faire . Ire sa femme de temps en $a juUoti'^ uiMvii de Targeiit de temps, f»our ne pas en perdre ^ ' ' rhabi lude, — dans Je jai^n da

peuple.

Péniche. Pied, — dans le jargon des vuvous. — // repousse dis }tCiiv:hc$^ ii sent mauvais des pieds. Allusion à la barque appelée u péniche ».

Pépette. Pièce de dix sous, — dans le jargon du peuple.

C'est-à-dire fietite pièce: déformaliun de piécette. — « Je tope dans les gens à remontoir, plus de heignes et des pépètes. »

(H uysni ans, Les Sœurs Vatard.)

Pépin. Le pépin est un vieux parapluie, un parapluie grotesque, démodé.

cAlé.

Peloter. (Test Téqui valent de t)/i//wrr, ninis avec, plus de délirah'Msi*, (le louche. — Klaller quelqu'un [>nui' nhletiir un servire. VvlnUr le. v.arton, pelotrr la iliimc de. pufur^ jouer aux rarle.-i. — hlot«r le ci nue ^ faire IcH veux doux aux si'hiles des cliaii^nMirs, -— dans le jargon dert vnlrur.H.

Peloteur. Libertin qui , à rexeinplM de Tarlulfe, se livre hur la iireuii^i'e Khnire venue à dert nlleU de )nain. Le pclotvur itht au imtinrur vt^ ((ue le peintre qui neint h petits pinceaux est il celui (jui peint en pleine pAtc.

Peloteur. lias flatteur qui rlien'IhWi nlitiMnr quelque ehose.

- OuvriiM'qui l'ait le bon apAtre aupi'cs (lu patron, qui le Halte et rciii'.cnsc a tout projxis.

Peloton de chasse. Peloton de piiuitiiin. (L. Larchev.)

Pelure. ll<il»it, nMliugotts pa- Ictiit. — l'rlutr d'ttitinon, vMenieuL tn'"H IAk^'I'i v/^tenieiit ln>s Uié.

Panard. Tranquille, — dans le jarK^n des vnleurs.

Pend ou nez (Çrx vou8).('.ela

Vnui arnviM'a hieiiliM, iiit'ailliliJnMirnl. Kn i^inmsant une pari ilh^ l'tmmr, il le srni... ça lui pnul au uez.

Pendante. Hourle d'oreilles.

Pendu glacé. HéverlnNre.

Pendu. Professeur adjoint h ^Ji^ïo do Sainl-(îyr, — dans le I^B^bn d6H Saint-Cyriens.

<• Mon riflard deviendra pépin » Ses ressorts perdront leur souplesse. »

i,J. Cnbnssol, Âfa Femme et mon parapluie, chanson.)

Pépin (Avoir avalé un fameux). Etre très visiblement enceinte.

Percentage. Synonyme de faut pour CAiity — dans Targot de la Hourse.

Perche (Etre à la). Ne pas manger tous les jours; crever la i'diui; faire concurrence à une perche comme maigreur, — dans le jargon des ouvriers.

Perdre ses légumes. Aller à la garde-robe, — dans le jargon des ouvriers.

Perdrix hollandaise. — Pigeon (loniestique, — dans le jargon des chasseurs. Lorsque, faute de mieux, le fusil d'un chasseur a descendu un pigeon, le chasseur dit qu'il a tué une perdrix hollandaise.

Père La Capote. Sergent d'habiJlement.

Père La Tuile (Le). Dieu.

Père La Violette. Napoléon l^r.

Père Donillard. Entreteneur.

Homme qui a de l'argent, de Ja douille, — dans le jargon des filles.

Père Coupe - toujours. Le

bourreau, — dans le jargon des voyous.

Père caillou. — Individu insensible aux avances des grecs-, celui qui, aussi dur à entamer qu'un caillou, résiste à toutes les séductions d'une partie de cartes, — dans le jargon des tricheurs.

Père étemel à trois francs la séance. Modèle d'atelier qui pose les têtes de saints, les têtes de Dieu le père. — Tête de vieillard à barbe blanche.

Perlot, Perlo. Tabac à fumer.

— dans le jargon des chiffonniers.

Perlotte. Boutonnière, — dans le jargon des tailleurs.

Permission de dix heures.

Canne à épée, gourdin, bâton ferré.

Permission trempe (La). Permission attendue et sur laquelle on fonde peu d'espoir, — dans le jargon des troupiers.

Perpète (A). A perpétuité, — dans le jargon des voleurs. — Etre à perpète, être condamné à perpétuité.

Perroquet (Un). Un verre d'absinthe. — Etouffer, asphyxier un perroquet , boire un verre d'absinthe.

Perroquet de savetier. Pie,

merle, geai.

Perruche (Une). Un verre d'absinthe, — dans le jargon des ivrognes qui veulent varier un peu les dénominations et préfèrent la femelle,la perruche, au mâle, le perroquet.

Perruque. Vieux, passé de mode. Lors de la querelle des classiques et des romantiques, ces derniers traitaient les classiques de « Perruques». Racine était une « perruque et un polisson ».

Perruque. Vente clandestine d'objets appartenant à l'Etat ou à une granae administration. — Faire une perruque, vendre clandestinement des objets appartenant à une grande administration. C'est une variante de faire la queue. — En terme d'atelier, c'est faire un outil pour soi, dans les usines où les ouvriers sont censés fournir leurs outils. « Le travailleur prend le bois et fait son outil au compte delà maison. S'il est aux pièces, il remet son désir pour le moment où il sera à la journée. »

(Le Sublime.)

Perruquemar. Perruquier.

Perruquier de la crotte. Dé-

crotteur.

Persigner. Enfoncer. Se dit au figuré et au propre. — Persigner une lourde, enfoncer une porte. Persigner un clieiit, trom per un individu.

Persil. Exercice de la promenade au point de vue de la prostitution. « C'était la grande retape, le persil au clair soleil, le raccrochage des catins illustres. » (E. Zola, Nana.)

Persil (Aller an). Faire une police est làl — dans le jargon

promenade intéressée dans les des voleurs. — Attention! le

rues et lieux publics, — dans le patron est de mauvaise humeur,

jarpron des filles. Les variantes il va y avoir de Vabattage, des

sont : Persiller^ faire son persil, répdmandes, — dans le jargon

Persilleuse. Prostituée qui se des ouvriers. U y a du pet, ça

promène pour chercher de l'on- ^^^\ mauvais, quand le patron

vrage. — Les persilleuses ty- o^. ^® contre-maître fait une ré-

piques ou boulonnaises, se tien- P^mande d ensemble,

nent le long des allées, des Pet honteux. Exhalaison fon-

contre-allées du bois de Bou- dementale sortant sans tambour

logne, du bois de Vincennes. ni trompette. L*éclair sans le

Ces hamadryades entraînent tonnerre,

dans les taillis les infortunés pétard. Derrière. - Haricot,

que leurs charmes ont séduits. Le haricot est tantôt un musi^

La persilleuse est souvent une ^^ t^^^tôt un pétard, tantôt

pseudo-ouvrière ou une ouvrière exécutant, tantôt musique. Al-

sans ouvrage. Elle va alors au j^gj^^ compréhensible, même

persil avec un petit panier à a j^g enfants,

main. Bien des filles du peuple ^

font croire à leurs parents Pétard, Petgi. Esclandre, ta-

qu'elles vont à Tateher et n'ont page, scène violente et impré-

d'autre occupation que défaire vue; c'est le moment qui suit

leur persil la découverte du pot-aux-roses.

Persiennes. Lunettes. Lorsqu'un mari revient à l'im-

proviste de la chasse, et que sa

Pesé. Argent, paye. — Des- femme... il fait un pétard s'il

cendre son pesé, dépenser son est expansif et verbeux.

„ *. „ , , Pétasse. Fille publique, pour

Pessigner. Soulever; du pro- ^t^sse '' ^ '^

vençal, pessuguer, pincer, voler

habilement. Pete ou qne ça diseponrquoi

Pessiller (Se). S'emporter, - <" *^^^ ^?« Ç^) ^ " ^^"^ ?^*""?

dans le iarffon des voleurs ^^^^®' ^^^ "" ouvrage se tasse à

aans le jargon aes \oieuis. n'importe quel prix.

Pet, Petage. Plainte en lus- «a*«« c« w.i« „j^^ • «•

L' ' ^ '' Peter. Se plaindre en justice.

-. \ . . ^ , ., Péter dans la soie. Etre vêtue

Pet a vingt ongles. Nouveau- ^^^^^ ^obe de soie,

né. A bouler un pet a vingt on- -..^ - j. n :,

gles, accoucher. ^ I^eter au point. Perdre au jeu

^ de cartes faute d un point.

Pet (Curieux comme un). Ex- „ ., . .-.«„ . i^

trêmernent curieux. Le pet n'est ,„ ,v „„i„o « r

pas casanier de son naturel ; il '^«""•''^ ' TII^^' ^"'^°^^'" ' ""'

âemande à sortir et à se pro- "'^^.^ «"^ ^'^^^''-

(iuii^e. Peter dans le linge des an-

« X /Ti • IV r. • r 111 très. Porter des habits d'em-

Pet (Faire le). Faire faillite, ^j,^^^^ ^^^.^ ^^^-^^^^ ^^^^ 1^ ^^

Pet (Il y a du). Attention! la froque d'un autre.

Péter de graisse. Etre très gras. Et la variaDte: Péter dans

Péter dans la main. Lai^iser échapper une bonne occasion, rater une aOaire au dernier moment, voir une place qui vous était pi'oraise donnée à un

Péter pins hant que le cnl.

Faire plus de dépense que n'en comporte la position de fortune.

Péter la châtaigne (Faire).

Métamorphoser une fille en femme.

Pétenr, pétense. Plaignant, plaignante.

PéWux. Qui se sent fautif.

Petit. Amant de cœur, — dans le jargon des femmes galantes.

Petit. Bout de cigarette encore fumable, — dans le jargon des voyous, — Suivant la longueur du bout c'est te mégo, i'orphelinj le ped'i.

Petit (La). Le point de huit au bitccarat, — dans le jargon des joueurs. — C'est le plus petit des deuï plus beaui points du jeu.

Petit (Le). Le derrière, — dans le jargon des filles.

Petit (En faire nn). Mot h mot : faire un petit baccarat, — dans le jargon des joueurs. — Nous ne sommes pas venus ici pour entiler des perles : si nous en faisions un petit? — "Hé! Zéphirin, en fuit-on un petit, cette nuit? » (Cavaillé, Les Filouteries du jeu.)

Fetît-noir. Petit ramoneur.

Petit-noir. Mélange de chico-

rée et de marc de café vendu 1 5 et 10 centimes le bol. — o Quelques ouvriers retardataires fumaient leur pipe en sirotant un petit noir. » (Hennique, La Dévouée.) — Par extension, débit de café pour les ouvriers. — " Fond»- de commerce à tendre.

Crémerie. Petit-noir. Lojer neuf cents francs, » {Petit Journal, du (•r juillet I8S0.)

Petit père noir. Broc de vin.

— Litre de vin rouge.

Petit blanc. Vin blanc très ordinaire.

Petit mantean bien. Philanthrope. — En souvenir de 11 l'homme au petit manteau bleu ...

Fetitmonde. Lentille, — dans l'ancien argot. — La petite bourgeoisie, le monde des boutiquiers, — dans le jargon des vieux déhns du faubourg Sa i ut- Petit bien. Vin rouge au litre, mauvais vin rouge.

Petit lait (C'est dn). Ça ne fait pas de mal. On dit d'un vin léger, peu fourni en alcool:

i< Ça se boit comme du petit lait ».

Petite dame. Femme plus ou moins entretenue.

Fetit-HazBS (Le). Le passage du Soleil à Clichy-la-Gai'cnne, un des quartiers habités par les chilTonnierii, qui se plaisent à donner des noms pittoresques à leurs cités, comme ceux de :

Tm Cité des Vaches, route de la Révolte-, la Fosse-avx-Lions, à Grenelle; Le Petit-Bicétre, du cftté de la barrière de Fontainebleau; La Butte-aux-Puces , quartier des Buttes-Chaumont.

Petite- main. Ouvrière 11 eurisle qui fait les péUiles et commence à gaufrer, — dans le jargon des ileurisles.

Petite bière (Ce n'est pas de lai. C'est fameux, c'est important, pris dans un .sens ironique ; c'e.st-à-dire : ça n'est pas fameux, ça ne vaut pas grand'cliose.

Petite bête (Chercher la).

Clierclier dans une O'uvre les fautes de détail; reclierclier les petites erreurs qu'a pu commettre un écrivain.

Péton. Petit pied. -^ De jolis petifs pétons.

Pétouze, Pitronx. Pistolet; fusil, — dans l'ancien argot.

Pétrin (Etre dans le). Etre dans l'embarras, dans la gêne.

Pétrole. Mauvais vin. — Mauvaise eau-de-vie.

Pétroler. Incendier les maisons et les monuments publics au moyen du pétrole comme sous la Commune.

Pétroleur, Pétroleuse. Incendiaire sous la Commune.

Partisan de la Commune.

Pétroleur. Marchand de vin, — dans le jargon des ouvriers qui ont à se plaindre des consommations ou cl (fui le marchand de vin réclame avec acharnement de l'argent.

Pétrousquin. Derrière. Paysan. — Public, dans le jargon des saltimbanques. Entortiller le pétrousqnin en faisant la manche, soutirer de l'argent au public en faisant la quête.

Petzouille. Derrière.

Peu mon neveu (Vnfl Oui; je crois bien.

Pharamineuz. Fameux, merveilleux, éblouissant; c'est-àdire lumineux comme un phare.

Phare. Lampe, — dans le jargon des typographes.

Pharos. Gouvernement. — Ministre. — Préfet et, en général, tous les hauts fonctionnaires de l'Etat, qui, en grand uniforme, sont éblouissants comme des phares, — dans le jargon des voleurs.

Phénomène. Original.

Philanthrope. Filou, — dans le jargon des voleurs. Et la variante : Philibert, — Jeu de mots par changement de finales.

Philistin. Ouvrier abruti par la boisson, — dans le jargon des tailleurs.

Philosophe. Misérable, — dans l'argot de la police. — Grec opérant sans compère. (L. Larchey.) Dans l'argot des grecs, on entend encore, par philosophe, le tricheur qui se contente d'un petit bénéfice et cultive les dupes d'un petit rapport.

C'est sous ce nom que les matadors de la Grèce désignent leurs confrères en blouse qui exercent chez les marchands de vin.

Philosophie. Misère. -— Faire saphilosophiiij Titre malheureux, — dans le jargon des déclassés.

Philosophes. Vieux souliers.

Photo. Piiotographie. Photographe. — Aller chez le photo; se payer sa photo.

Photographier (Aller se faire) .

Aller se faire f...iche, comme l'écrivait le père Duchêne. Variante adoucie.

Piaf. Orgueil, amour-propre.

De piaïFer ; emprunt au vocabulaire hippique. Le cheval qui piaffe témoigne de l'orgueil à sa manière, un orgueil mêlé d'impatience.

Pianiste. Valet de bourreau.

Celui qui accompagne le bourreau comme un pianiste accompagne un chanteur; celui qui joue une partie accessoire dans la représentation de la mort juridique, — dans le jargon des voyous.

Piano (Jouer dn). Trotter d'une manière irrégulière, — dans le jargon des maquignons.

Piano (Vendre son). « Le moindre récit pathétique, une phrase sentimentale, un mot touchant, un mouchoir sur les yeux, une larme et la croix de sa mère, tout cela se traduit par : vendre son piano. Depuis le jour où Bouffé, dans Pauvre Jacques, fit couler des ruisseaux de larmes dans une scène où il est forcé de vendre son piano, les verbes s'attendrir, pleurer, s'apitoyer, larmoyer, etc. ont été remplacés par : vendre son piano. » (J. Dutlot.)

Pianomane. Infortuné de l'un ou de l'autre sexe atteint de la manie du piano. « La loge Asberg était mélomane, pianomane forcenée, en la personne de sa fille chérie. » (Ch. de Boigne.)

Pianotage. Action de mal jouer du piano.

Pianoter. Jouer suffisamment du piano pour se faire plaisir à soi-même et agacer les autres.

Pianoter, Joner du piano. Filouter , — dans l'argot des vovous.

Pian. Lit. Pincer le piau, garder, prendre le lit. — « Notre auteur a été si fourlour qu'il s'est vu contraint de pincer le piau. »

(La Caricature, journal, dessin de Traviès.)

Piau. Plaisanterie, charge d'atelier. — Mensonge, — dans le jargon des typographes.

PiauUe, Piolle. Maison, logement, chambre. — Piauler, dormir.

Piausser. Se coucher. C'est la variante de pioncer et de piauler, dormir.

Piausser. Blaguer, mentir, plaisanter, faire des charges, — dans le jargon des typographes.

— Piausseur, mauvais plaisant, conteur de bourdes.

Picaillons. Pièces de cinq francs. — Un certain nombre de pièces de monnaie d'argent.

Avoir des picaillons. « Madame Zéphyrin l'aurait plumé, lui aussiji s'il avait eu des picaillons. » (Vast-Ricouard, Le Tripot.)

Pichet, Pichnet, Piccolet, Piccolo, Piccolino. Petit vin suret.

Vin du pays de Suresnes ou d'Argenteuil, vin d'un pays qui n'a jamais été renommé par ses vignobles.

Picorage. Butin provenant d'un vol de grand chemin. (Fr.

Michel.) Le picorage n'est autre chose que le grapillage, la maraude, genre de vol pratiqué dansles campagnes au préjudice de la récolte.

Picouse. Haie. — Béfleurir la picouse, voler du linge qui sèche en plein air.

Picter, Pictonner. Boire, —

La picler à la doace et la jUmcher au ftoHn, boire, sans ae presser, une bouteille de vin et la jouer au billard.

Pictoa. Petit vin nouveau.

iLauii HoKrl, Ulyiêt ou lei porci vengét.)

(B. Doriles, encoup dt pielon.)

Piéçard. Ouvrier qui travaille , ;>... jjgpg |g jargon

Pièce. Lentille, — dans le jar-

Pièce (Bonne). Mauvuissujet; par ironie.

Pièce da Pape, Pièce suisse.

Femme de mauvaise mine. Los voyous employaient cette expression à I époque où la convention monétaire n'eïistait pas entre la France et les Etats-Romains, entre la France et la Suisse. LcM pièces du Pape et les pièces suisses étaient refusées.

Pièce de résistance. Premier- Pari.s, article d'cn-tête d'un journal, — dans le jargon des journalistes. — Le lilet rôti, l'aloyau, la diode, dans un dtner bour-

Pièce à femmes. Exhibition de femmes sur un théâtre, dans une pièce où les mollets doivent avoir de l'esprit, les épaules de la finesse, et le.i yeux du jeu.

Pièce à trucs. Féerie, pièce où l'auteur s'etl'iice devant le machiniste.

Pièce à tiroirs. Pièce dans laquelle un acleur change plu-

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