JER
Ce verset est un énonci^ sommaire de la création des éléments matériels de Tunivers à une époque reculée, au delà de toute mesure, et qui a été suiv.ie de périodes durant lesquelles se sont accomplies toutes les révolutions géologiques attestées par les découvertes de la science (553).
«( La terre était informe et toute nue, les ténèbres couvraient la face de Tabtme dVau où la terre était comme abiorbée; et Tesprit de Dieu était porté sur les eaux, tes disposant à produire les créatures qu'il en voulait former. »
Ce second verset décrit la fin de cette période indéfinie qui a suivi la création première. La terre existe ; les eaux existent ; elles sont distinctement mentionnées ; mais notre planète est enveloppée de ténèbres et elle est dans cet état de trouble et de confusion qui annonce la ruine d'un monde antérieur. La science la plus positive constate* aujourd'hui vingt-sept révolutions géologiques qui ont détruit la faune et la flore d'autant d'époques nettement caractérisées
£ar des faunes et des flores toutes spéciales. A catastrophe décrite dans ce second verset serait celle qui a terminé Tétase subapennin, lequel a immédiatement précédé l époque actuelle, f Koy. Sub4pbni«i!i.)
« Or, Dieu dit : Que la lumière soit, et la lumière fut. » Les vapeurs denses , produites par le trouble des éléments, avaient enveloppé la terre de ténèbres temporaires. Le premier acte de la sagesse et de la toutepuissance du Créateur est de ramener le calme et la lumière à la surface de la terre. Mais on conçoit sans peine aue ces épaisses vapeurs commencent à se dissiper, que la lumière commence h renattre sans que les corps célestes qui produisaient cette lumière ressassent d'être obscurcis, la purification complète de l'atmosphère n'avant eu lieu ' qu'au quatrième jour, époque a laquelle les
(555) € L*anciennelé de notre globe peut être antérieure au récit de Moise. Selou Topimon de M* de La Prise, toutes les révolutions géologiques peuvent être arrivées entre b création et le premier jour. En vaio objecterait-on ou^il est au moins singulier de Mpposer un intervalle de plusieurs milliers de siècles entre deux phrases qui se suivenL Une foule d*exemples autorisent cette interprétation. Dans la roéme phrase d*un récit, d'ailleurs très-circonstancié, le serviteur d'Abraham, Eliézer, conduisant ses cbaroeaui, part des environs d'Arbé dans U Palestine, et arrive au fond de la Mésopotamie ; il en est de même de son retour et de voyages encore plus longs que le sien. ,
« Si Ton suppose que toutes les révolutions du globe aient preœdé le récit de Ifoise, on ne doit plus être arrêté par cette expression, € Dieu créa (a) les cieux et la terre. > Uiie moitié des Juifs ne crojait pas que Dieu eût fait le monde avec rien et crée la matière; mais il fiouvait Tavoir créée antérieurement. Or, si elle préexistait, eUe avait dû subir des modifications. Parmi les lois imposées à la nature
(a) Selon Elehkom, tara ((Teû vient bar. Ois) signlHe, 1* eogendrer, 9* créer, produira, 5* fooiler une oatioo. Il est employé daot le |isaume or pour créer de imr* teau, feeréer;'9ii cette accepUoa IneootesUble est très- Iniiorunie ici. Elle irouverait sans répliqtte que l'on peut «iiteodre, p«r !«•« iireniiers niols de HoHe, noe nouve*le di&postlioa irélénietiU précxiitaou et créés ï aue
astres qui dispensent la lumière, se trouvèrent dans de nouvelles relations avec la terre, nouvellement modifiée (S56), etatec Tespèce humaine dont cette terre allait devenir le séjour.
« Dieu vit que la lumière était bonne U conforme à ses desseins; ainsi il Tapproma; et il sépara la lumière d'avec les téaèbrei. ordonnant qu'elles se succédassent,
« 11 donna h la lumière le nom de jour» et aux ténèbres le nom de nuit. Et du soir et du maUn se fit le premier jour. »
Le grand phénomène de la sueçessioa dn jour et de la nuit, est, comofte toute chose, rcBuvre de Dieu , mais c*est ceiui qui manifeste de la manière la plus éclatante ^ba^ monie de 1* univers, la poîasanoe, FinteHigence et la sagesse infinie du suprême législateur des mondes.
Toutes ces sublimes dispositions sont rs^ pelées à l'homme parce qu'il en est le but final et que leur notion constitue la première base de ses rapports avec son divin auteur.
11 en sera ainsi de toutes les œuvres suivantes. Moïse décrit sommairement l'admirable ordonnance de la création matérielle; mais qu'une partie des grandes lois qui h constituent ait déjà existé antérieurement et qu'il ne s'açisse ici que d'une restauration avec les modifications que la sagesse dn Créateur apporte à son œuvre en introduisant l'homme au milieu de ce grand théâtre de sa puissance, c'est là un point qu'aucun root dans le texte ne défend d'admettre et que tout dans la science tend à démontrer de la manière la plus positive.
Conformément à la précision du teite et à toutes les exigences de la science qui repousse toute autre interprétation, nous prenons le mot jour dans son acception natu • relie, et nous rejetons l'insoulenable hyppthèse des jours'périodes. — Voy. ce mol (557).
Continuons notre ihterpréution du récU
^r le Créaiear, une des mienx «mnoes est «pie li matière ne peut exister sans changer de fonaes. U Gemèsê elle-même semble autoriser ou plutôt èam cette acception dn mot créer : eUe dit plusieurs m
Sue Diieacrém Tbomme et la femme, et ccpo* •Bt elle dît positivemeoc aue Dieu it Vhmm avec la terre ronge (6) don^il a tiré son immii« que^la ienuie ne M qu^ine eélede rhemme, fmnée par les mahia de là Divinité. O» peut donc mbien supposer qu*il s'agit d*uoe nouvelle dispostuou des élémenu d^nn monde détroit par une des révolutions dont nous avons parié, t (MOHTBaoH, ap* ^** p. 10.)
(556) lusqu'à ce moment, jusmi^à l'avènement de lliomme, les lignes isothermes n^avalent pascxisii'i et les faunes et les flores éuient les mêmes sa^
g Mes qu'elles sont aujourd'hui sous les tropiqttÇ^ n sait que dans Képoque actuelle les faunes et vs flores sont toutes locales.
(557) Vay. la Note uddmomulU à la fin du f »lume.
époque bien ititérienr<^. ti signlReation prMtiva^^ •*acconle avec l'arabe ei veut dire : il a ooQ|«é, coofw s^*^ U hache. Cepoudaot, Micliaelis le fait venir dedeus mbes, run arabe et lautre ^aqae, dgniflMt tous de«t U a créé, (6) àdamah^ d'où vient Àdan^
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ET DE PALEONTOLOGIE.
JEU
génésiaque. Nous semmes à TceuTre du seeood jour*
« Diea dit aossi : Que le Qrmaroent soit fiât tu milieu des eaui et qu*il sépare les eaoi de la ierre d*ayec les eaux du ciel. »
Pour nous comme pour tous les commentateurs jqui ne sont point de ceux-là qui ,
Toojoofs loin do droit sens ront cbercbcr leurs
[pensées.
(BotiXAr.)
le frmament c'est Tatmosphëre (538).
m Et IMeu fit le firmament ; et il sépara les eaux qui étaient sous le firmament, de celles qui étaient au-dessus du firmament. £t cela se fit ainsi. •
Ce lerset est parfaitement clair; il n'en a pas moins été lobjet des plus bizarres interprétations. Nous renroj^ons au commentaire . de Cornélius à Lapide iCurtuê eompL^ t. V, col. 14a, lU, Itô) et à rarticle Godetbot de ce M^ict iawÊGÎTt.
• Et Dieu donna au firmament le nom de ciel. >
C'est ains^i que nous disons encore tous les jours que le citl est chargé de nuagtê^ que les oùeoMX Tùleni dans le ciel , etc. Moïse parle au moins quatre fois des oiseaux du ciel. .{Gtm. I, as, 28; m 19, âO.) Ainsi, dans ce Terset, évidemment le firmeatuni ou ciel c'est Tatmosiriière.
« Et du soir et du matin se fit le second jour.
« Dieu dit encote . Que les eaux qui sont ^êsiéeê son» le ciel, ei qui cauvretU la face de 1rs terre^ se rassemblent en un seul lieu , et que niémeul aride paraisse. Et cela se fit aîDsi. 9
A l'exception de M. tiodefroyf Foy. ce mot), nous ne connaissons aucun interprète qui n'ait donné à ce verset le sens qu'il présente naturellement.
m Dieu donna à FéUmeui aride le nom de terre; et il appela mers tou^^s ces eaux rasscoiMées. El il vit que cela était bon ei eonfanne à ses desseitis. »
Ce verset s'eiplique lui-même.
m Dieu dit encore : Que la terre produise de llieriie verte qui porte de la graine, et des arbres fruitiers qui portent du fruit, chacun eelon son espèce, et qui renferment leur semence en eux-mêmes pour se reproduire sur la terre. Et cela se fit ainsi.
«La terre produisitdonc de l'herbe verte qui portait de la graine selon son espèce, et des arlires fruitiers qui renfermaient leur semence en eux-mêmes, chacun selon son espèce. Et Dieu vit que cela était bon ei conforme à ses desseins,
n Et du soir et du matin se fit le troisième jour. 9
La création des végétaux le troisième jour et avant la création du soleil , a beaucoup embarrassé les cosmogonistes à hypothèses qui ont voulu voir des iours-périodes dans les jours de la Genèse. M. Marcel de Serres imagine de les Caire traverser toute cette
troisième époque h letat de germes, et de ne les faire croître et se dévolopper qu'à la quatrième époque , après la création du soleil. M Godefroy.a recours à un moyen non moins extraordinaire et très-compliqué
2ue nous avons fait connaître à l'article ODSraOT.
« £t Dieu dit aussi : Que des corps de lumière soient faits dans le firmament du ciel, afin que, par rinéaaliié de leur éclair ils séparent le jonr et la nuit , et que, par leurs mouvemenis réglés^ ils servent de signes pour marquer les temps et les saisons, les jours et les années.
« Qu'ils luisent dans le firmament du ciel et qu'ils éclairent la terre. £t cela fut fait ainsi.
c Dieu fit donc deux grands corps lumineux; l'un plus grand pour présider au jour, et l'autre moiiidre pour présider à la nuit. Il fit aussi les étoiles.
« Et il les mit dans le firmament du ciel, 01» tï les créa, pour luire sur la terre.
« Or, Dieu fii ces corps de lumière pour présider au jour et à la nuit, et pour séparer la lumière d'avec les ténèbres. Et Dieu vit que cela était iK>n ei conforme à ses des^ seins.
€ Et du soir et du matin se fit le quatrième jour. »
L*œuvre du quatrième jour consiste dans une adaptation nouvelle 6es corps célestes à des fonctions d'une grande importance pour notre planète et spécialement pour l'esi^èce humaine qui allait y pren.1 m place. Mais il n'est point dit que la substance même des astres ait éié appelée à exister pour la première fois le qualrièmejour, leur création ayant été annoncée d'avance dès le premier verset. La mention si brève accordée aux myriades de mondes qui remplissent l'immensité de l'univers, nous montre clairement que Moïse n'accorde d'autre intérêt aux phénomènes naturels que celui qui résulte de leurs rapports avec l'homme. Aussi ne devons nous pas plus nous étonner de le voir passer sous silence les phénomènes de la géologie , que nous ne le sommes de le voir omettre, dans le récit du quatrième jour, la description des phénomènes astronomiques.
L'établissement, au commencement de l'époque actuelle , des lignes isothermes inconnues iusque-là sur notre planète, aussi bien pour létage qui a précédé immédiatement l'homme que pour tous les étages antérieurs, est un fait singulièrement remarquable, et il confirme le sentiment gue nous venons d'exprimer d'une disposition nouvelle des corps célestes qui avaient jusque-là éclairé et fécondé la terre.
Nous n'avons aucune observation à faire sur les œuvres du cinquième et du sixième jour. Les versets oui les décrivent sont parfaitement clairs. Ils ne présentent de diilicultes que dans les hypothèses cosmogoni*
(55S) Vogez, à rartide GoKraoi réinuif e loterpréiatieB 4e ce cosaof onisle.
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ÛICTlONNAIliE DE COSMOGONIE
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queSi et particulièrement dans celle des jour9'périodes. — Voyez ce mot.
La grande erreur des interprètes, tant anciens qUe modernes, a été de vouloir faire (Je Moise uii cosmogoniste et un géologue. Tant qu*on persistera dans cette roie , on ne rencontrera qu'insolubles difficultés et inextricables embarras, et du côté de la Genèse et du cAté de la science. On imaginera de laborieux systèmes qui expliqueront tout et n'expliqueront rien , constamment en contradiction, ou ayec le texte ou avec la science, souvent avec Tunet Tautre, toujours opposés et divisés entre eux , réalisant le chaos dont ils prétendent tirer le monde. Le lecteur pourra s'en convaincre en lisant les nombreux articles de cosmogonie répandus dans ce Dictionnaire,
L'interprétation que nous venons de donner au premier chapitre de la Genèse nepouvait pas convenir aux auteurs de gros livres de cosmogonie. Elle ne laisse aucune prise aux systèmes, et l'imagination n'y trouve \tas matière à enfanter d'ambitieuses hypothèses. Elle parait surtout avoir contrarié les conceptions gigantesques de M. Godefroy ; son erand défaut, à ses veux , c'est d'être simple. Il est vrai qu'il n aperçoit là , ni la matière diffuse primitive qui remplit l'étendue sans bornes et que Moïse, selon lui, appelle terra^ cœlum^ aqua^ abyssus^ etc. ; ni le calorique qui s'en va fermer une couche lumineuse au pourtour de cette masse incommensurable de gaz {fiai lux); ni r attraction oui divise en innombrables masses secondaires la grande masse primitive (fiât firmamentum in medio aquarum et divtdat aquas ab aquis) ; ni le mouvement rotatoire qui fait jaillir de toutes ces masses secondaires dautres masses qui s'en vont se métamorphoser en planètes, lesquelles enfantent à leur tour, par le même procédé, des satellites, gui n'enfantent rien du tout; ni encore cette invention , tout à fait neuve, qui , pour le développement de la végétation au troisième jour , place notre planète entre le globe solide ou liquide , on ne sait , du soleil , et sa photosphère jusqu'au quatrième jour, époque à laquelle cet état de choses change par des raisons tout aussi plausibles,
2ue celles qui l'avaient fait admettre, les tonnantes exigeni;es de ce prodigieux sys- ' tème.
On aura une idée de la compétence de cet auteur pour exercer sa critique, par le passage suivant , qu'il place au début de ses attaques :
« Beaucoup d'éci ivain? , dit-il (p. 266), ne voient que des indices de révolutions dans les phénomènes géologiques, mais ces révolutions tiennent plus au roman que de l'histoire : jamais la chaîne des êtres n'a été rompue par une de ces révolutions générales oui auraient nécessité des créations nouvelles. »
(8SI9) Cours éiém. de Paléontologie, I. U, p. 255, par M. Aie. d^Orbicsit.
(560) Conrt elém. dePaléont,, U !!« p. 251. Le ce-
La proposition contradictoire est le bit l» plus positif et le mieux démontré de lagtolo^ie et de la paléontoloj^e.
« Nous livrons ces faits, ajoQte-t-il,aui méditations des auteurs de 1 hypothèse qii rejette les créations des végétaux et des animaux des temps géologiques, atec la formation du ciel et de la terre, au delà do point de départ de la narration mosaïque, au delà du premier jour de la Genete. i (P. 267.)
Les auteurs de l'hypothèse en auestioQ n*auront pas besoin de se livrer k de longues méditations pour découvrir que M. Godefrof ignore jusqu'aux premiers éléments dn sciences sur lesquelles il veut bAtir dêi théories, t Ce fait reste définitivement ae> quis à la science , que les faunes terrestres et marines ont été anéanties à chaque époque géologique ; que , dès lors , chaque changtf ment chronologique de bune dans les étages dénote une perturbation géologique uniferselle; et que ces faunes successives, cooqik^ sées d'espèces , sont les ( aractères les pim constants qu'on puisse invoquerpourdistiiiguer les divers âges géologiques des couches stratifiées depuis se rommencemeol (k lani malisation sur le globe t( rrestre (359j* >
« Unepremière création, d' t encoreM.d'(h' bigny, s est montrée aves l'ftage silurien ()e jiremier des terrains fASsilileres). Aprèsianéantissem'ent de celle-oi, par uneciuse géologique quelconque, après unlspde temps considérable, une seconde création a eu lieu dans Fétage dévonien , et succei^ivement vingt-sept fois des créations distinctes sont venues repeupler toute la terre de ses plantes et de ses animaux , à la suite de chaque perturbation géologique qui aiaït tout détruit dans la nature vivante. Tel e$l le fait, LB FAIT CERTAIN, maîs incompréheasible, que nous nous bornons à constatef, sons chercher à percer le mystère surhumain qui Tenvironne (560). •
Nous comprenons que ces faits^là ruinent
£ar la base une hypothèse comme celle è f . Godefiioy. Il faudrait avoir, pour s'en relever, autre chose à leur oppc^r que d« assertions gratuites ou des dénégations qui font trop voir qu'on n'est point au courant des matières dont on parle , ou que, si t^ saisit les faits dans toute leur portée, on m pas assez de courage pour en convenir
En présence dé ces résultats de la seieo^ la plus positive, qui viennent ainsi reoferser les romans cosmogoniques , et donner pleinement raison à 1 interprétation g^n^* siaque qui met la narration sacrée en dehors de toute discussion géologique, M. Godefroy ne trouve rien de mieux à Caire poor réfuter Mlff. Desdouits, Buckland, etc.,qoe«i citer les passages de leurs livres oà ilséKblissent « que l'histoire de la création oest que l'histoire de la réorganisation don monde primitif, qu'il ne s'agit dans rœun«
lèl>re paléontologitle,N. Pietet^déCeDdianiêiDetWse. Cest celle de tous les savants de notre époque f» sont comDéicnts en cette matière.
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ET DE PALFX)NTOLOGI£.
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des sii jours que d'une transformation d*un ancien monde naufragé, etc. » Il ne pardonne pa3 à M. Desdouils d'aroir considéré comme neuve cette idée qui est confirmée par tontes les découyertes de la science. Dans son zèle contre les nouveaux docteurs ^ comme il les appelle , il s*écrie emphatiauement : « C'est ainsi que sont frappés d^mpaissanee tons ceux qui , au mépris de cet oracle de nos livres saints, tentent de contredire la parole de rérité : Non eontradic&s verbo teritalis uUo modo et de mendaeio ineruditionii tmœ eonfundere, (Eccli. if, 30[561].)
« L oracle est accompli en tous points : la sentence portée contre les norateors a reçu son entière exécntion; car cette réorganisation d*un ancien monde naufragé, ou cette substitution d'un monde noureau à un monde usé ou ruiné, est en même temps en contradiction flagrante ayec les faits géologiques mieux ajipréciés et mieux connus. » (P. ^2.) Nous venons de voir que c'est jdstement le contraire qui est yrai ; mais H. Godefroy n'en peut pas convenir; ce serait la ruine de son système. On ne iait pas un gros livre plein de choses tout à fait extraordinaires en matière d*exégèse et de science cosmogoniqne, pour voir le fruit de tant de labeurs s'évanouir tout à coup devant les faits. Ces (ails, on ne les détruira pas , on sent bien que cela est impossible, on les niera audaciensement ; c'e^t plus commode, et il y aura toujours quelgue lecteur qui se contentera d'une dénégation.
« LVil^^fieuce d'une création détruite, continue M Godefroy, puis recommencée sur un jilan tout nouveau ne peut se soutenir en présence de ces attestations réitérées de la science, qu'un grand nombre d'esnèces végétales et animales, se montrant à tous les e?ages de la série des terrains, se sont perjiéiuées jusqu'à nos jours. » (P. 273.) c'est encore ici précisément le contraire qui est la vérité.
Aa lieu de prolonger une discussion où Ton n*allègue contre nous que des arguments de la forée de ceux oue nous venons de si- {^naler, nous allons mire entendre la voix ffDpcKsante d*un homme aussi célèbre iiar an scieoee profonde qu'éminent par le rang qu'il occupe dans la hiérarchie ecclésiaslimie, nous voulons parler de Mgr le cardinal Wiseman.
m On a prétendu, dit M. Godefroy, que raatenr des Diecoun sur les rapports entre in e€i€nee et lu religion rétélée s'était pronooeé eontre les périodes indéterminées et en CiTeur de la nouvelle hypothèse. » (P. 37^ note première.)
Vcrilà inen en effet ce que nous avons prédaedu dans notre Nouveau Traité des srienets géologiques (p. 2fô, noie deuxième). Nous allons le prouver en citant les paroles liftâmes de M^ Wiseman.
l^^illnstre cardinal va se trouver ainsi au
1^1) H esl curieux de tron* le pliis auilacieux des roniradideors de la parole de vériié, invoiiuer coiitx*: ceux qn\ ne peissrnt pas connue lui Vauloriié
nombre des novateurs^ des nouveaux docteurs, frappés d' impuissance j qui ont contre^ dit la parole de vérité, car, lui aussi, comme on va le voir, admet antérieurement h ré|ioque où Moise commence son récit une série d'anéantissementset de renouvellements des faunes et des flores qui auraient précédé le premier jour génésiaque.
Parlant de rhypotnèse des savants qui, comme MM. Godefroy et Blarcel de Serres, prétendent que la disposition des fossiles dans les couches correspond exactement h Tordre dans lequel leurs classes res|)eclives ont été produites selon l'Ecriture, Mgr Wiseman s'exprime ainsi :
<« Cette hypothèse, cette tentative pour mettre d'accord l'historien juif avec la philosophie moderne peut paraître k plusieurs manquer de la précision nécessaire pour établir un parallélisme aussi circonstancié.» (Dise, in, première partie, col. 171, édition Migne.)
âi, il y a vingt ans, l'hypothèse en question paraissait déjà au docte président du collège anglais de Rome manquer de précision, que dirait-il aujourd'hui où tant de faits sont venus confirmer les aperçus de son génie. Mais, dès lors il avait compris toute l'inanité de ce système. Voici comment il le juge dans un autre passade :
« Quelques écrivains ont tenté de lire les jours de la création dans les apparences actuelles de Tunivers, et de tracer une histoire de chaque production successive , depuis celle de la lumière jusqu'à celle de l'homme, d'après les monuments me nous offre la face du globe. Tout cela, bien que louable dans son objet, n'est certaiyemett pas sa-
TISFAISAHT DANS SES RÉSULTATS. » {ibid.„
col. 158.)
il nous semble que rien ne saurait èiro plus formel, plus explicite contre les périodes indéterminées. Les dénégations de M. Godefroy n'y peuvent rien, et toute la tactique à laauelle il a recours dans la note de la psLgo 27i est impuissante contre le langage si précis du savant auteur. Nous étions donc bien fondé à prétendre que Mgr Wise*^ man s'était prononcé contre fhypothèse des jours-périodes. Celte première partie de nos prétentions est suffisamment prouvée ; dé* montrons la seconde, c'est-à-dire, faisons voir que réminent prélat s'est prononcé en ftivenr de l'hypothèse que àf . Godeflrov appelle nouvdte, que MM. Buckland, Chalraers, Debdouits, etc., ont présentée, et que nous avons nous-mème adoptée dans ce Dictionnoire et dans notre Nouveau Traité des sciences géologiques.
Nous prions le lecteur de lire avec atten* tion le passage remarquable que nous allons extraire du troisième Discours sur les rapports entre la science et la religion révélée prononcé à Rome en 1835; il y verra ({ue la thèse que nous soutenons n'est *f as si nou-
iPiin passage de Hvcriitirc qu'on p?ut à si bon droit rélorqiier cojilrc lui.
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DÏCTlONNiaRfi DE COSMOGONIE
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rellc^ et qu'elle a été celle des premiers Pères de 1 Eglise. Il y verra aussi quelle était Thypothèse que Ton préférait à Rome, dans le haut enseignement, dès 1835 et quelles étaient déjà les remarquables tendances d'une exégèse basée sur des découvertes qui, depuis, ont pris tant d'extension et n'ont plus laissé le choix sur les théories conciliatrices entre la science et la Geni$e.
« En premier lieu, le géologue moderne doit reconnaître et reconnaît volontiers l'exactitude de cette assertion : qu'après que toutes choses eurent été faites, la terre doit avoir été dans un état de confusion et de chaos ; en d'autres termes, que les éléments, dont la combinaison devait plus tard former l'arrangement actuel du globe, doivent avoir été totalement bouleversés et probablement dans un état de lutle et de conflit, i^uelle a été la durée de cette anarchie ? quels traits particuliers offrait-elle ? Etait-ce un désordre continu et sans modifications, ou bien ce désordre était-il interrompu par des in* tec valles de paix et de repos, d'cxistencQ végétale et animale? L'Ecriture l'a caché à notre connaissance ; mais en mAme temps elle n*a rien dit pour découra^^er l'investigation qui pourrait nous conduire à quelque hypothèse spéciale sur ces questions. Et même il semblerait que cette période indéfinie a été mentionnée à dessein, pour laisser carrière à la méditation et à 1 imagination do l'homme. Les paroles du texte n'expriment pas simplement une pause «momentanée entre le premier fiât de' la création et la production de la lumière; car la forme grammaticale du verbe, le participe, par lequel l'esprit de Dieu, l'énergie créatrice, est représenté couvant Tablme, et lui communiquant la vertu productrice, exprime naturellement une action continue, nullement une action passa^jère. L'ordre même observé dans la création des six jours, qui se rapporte à la disposition pré-> sente des choses, semble indiquer que la puissance divine aimait à se manifester par des développements graduels, s'élevant , pour ainsi dire, par une échelle mesurée de l'inanimé à l'organisé, de l'insensible à rinstinctif^ et de l'irrationnel à l'homme. Et
Ïuelle répugnance y a-t«il à supposer que, epuis la première création de Tembryon grossier de ce monde si beau, jusqu'au moment oOi il fut revêtu de tous ses ornements et proportionné aux besoins et aux habi-^ tudes de l'homme, la Providence ait aussi voulu conserver une marche et une gradation semblables, de manière à ce que la vie avançât progressivement vers la perfection, et dans sa puissance intérieure, et dans ses instruments extérieurs? Si les apparences découvertes par la géologie venaient à ma-*
(SaS) Hicereke sulta geologia ; Roverele, 1924,
(563) Bibr. i, 2. — De même, an des titres de Dieu dans le Koran est : U Seigneur des mondes (^ura 1).
' {ù%A)Itt$titvletofhinduhw.\Louû. i8S5. ch. 1,
nifester l'existence de quelque plaa s«m. blable, qui oserait dire qu'il ne s>coor^e i)as, par la plus étroite analogie, avec iea voies de Dieu dans l'ordre physicrue et moral de ce monde ? Ou qui osera affirmer que ce plan contredit la parole sacrée, lorsqu'eux nousT laisse dans une complète obscanté sur cette période indéfinie dans laquelle l^iaitre du développement graduel est placée! J'ii dit que l'iiicriture nous laisse sur ce point dans l'obscurité, à moins tauteibis qee nons ne supposions avec un pecsonnage qui occupe maintenaal une naute position dans l'Ëglise, qu'il est fait alluMon a ces réfolatiens primitives, à ces destmctions et à œs reproduetions, dans le premier cba|Âtre i% VEecléêia$te (Mi), ou qu avec d'autres, nous ne prenions dans leur sens le plus littéral les passages où il est dit que des atoniks OLt été créés (563}.
« Il est vraiment singulier que toutes les anciennes cosmogonies conspirent i nous suggérer la même idée, et couserfeot la tradition d*une série primitive de révolutions successives par lesquelles le moode fut détruit et renouvelé. Les institutes de Menou, l'ouvrage indien qui s'accorde le plus étroitement avec le récit de l'Ecrilure touchant la création, nous disent : if y a p^ créations et des destructions de mondts wnombrabtes: VEtre suprême fait tout cela avec autant de facilité que si c'était unjeu;n crée et it crée encore indéfiniment pour répandre te bonheur (564). Les Birmans ont des traditions semblables ; et Von peut TOir dans l'intéressant ouvrage de Sangermano* traduit par mon ami le docteur Tandy, une esquisse de leurs diverses destructions du monde par le feu et Teau (565). Les Eg^P' tiens aussi avaient consacré une P*f?î^^ opinion par leur grand cycle ou période sothique.
« Mais il est beaucoup plus important, f
f>ense, et plus intéressant d'observer qne es premiers Pères de l'Eglise chrétienne paraissent avoir eu des vues exactemcni semblables ; car saint Grégoire deNazianifit après saint Justin, martyr, suppose une période indéfinie entre la création et le pr^ mier arrangement régulier de toutes choses (S66). Saint Basile, saint Césaire et Ongène sont encore plus explicites ; car ils expliquent la création de la lumière antérieure a celle du sokil, en supposant que oe luminaire avait déjà existé auparavant, n**^Jl'}: ses rayons ne pouvaient pénétrer jusque J« terre, à cause de la densité de l'atmosphère
{rendant le chaos, et <pie cette atmospWre Ût assez raréfiée le premier iour pour laisser passer des rayons du soleil sans qu on pût néanmoins distinguer encore sondisque»
n. 80, p. 15, conip., d. S7, 74, etc.
(565) A descHption •f îke Bwrmese empm, {•primé' pour la fondation des tradadîons orieataKit a Rome, 1853, p. 29.
(566j Oral. 2, t. 1", p. 51, édit. Bëiicd.
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