‹ Dictionnaire d'ascétisme (volume 2)Chapitre 116 sur 216 · LAM · texte numérisé non relu

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OlCTlONVArRE DE COSMOGONIE

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dans Tautre une valve supérieun et une valve inférieure.

Là répartition des genres et des espèces de lamellibranches à la surface du globe, depuis la première animalisation jusqu à nos jours y démontre que cette division des mollusques s'est montrée déjà nombreuse avec le commencement du monde animé, et qu'elle a toujours été en progression croissante jusqu'à l'époque actuelle. Ici, comme pour ic*s gastéropodes, les çcnres qui restent en arrière, dans cette marcne toujours croissante, sont loin d'être aussi nombreux que ceux qui persistent ; ainsi, c'est encore la série animale qui montre le plus de régularité dans la multiplicité des formes de {)lus en plus grande, en remontant des figes es plus anciens jusqu'à notre épo que.

Les orthoconques sinupalléalesy dont dépendent la clovxs (venus), le solen^ ont montré déjà quatre genres avec l'étage silurien, le premier des figes animés. De la, sans interruption, leurs genres vont en augmentant de nombre jusqu'à l'époque actuelle, où ils sont à leur maximum de développement. Cette série a donc augmenté progressivement ses formes d'une manière régulière, et elle est encore en pleine voie croissante de développement générique.

Les orthoconques intégropalléales , dont dépend Yanodonte ou la moule des étangs^ ont offert cinq genres avec la première animalisation du globe, à l'étage silurien. Ils ont suivi , après , la même marche croissante aue Tordre précédent et avec la même régularité jusqu à l'époque actuelle où ils sont à leur maximum de développement générique. Ils sont donc toujours en voie croissante.

Les pteuroconques , dont dépend YhuUre comestible, offrent deux genres avec l'étage Silurien, la première des zones animées; et, comme les deux ordres, ils vont en pro gressien croissante régulière de nombre de genres jusqu'à l'époque actuelle, où ils atteignent leur maximum de développec;ent.

Il résulte de l'examen qui précède, que, bien qu'ils soient à des degrés très-différents de perfectionnement dans leurs caratères, les trois ordres de lamellibranches ont suivi une marche identiquement parallèle, dans le développement toujours croissant de leurs formes génériques, jusqu'à notre époque, où ils sont plus nombreux qu'ils ne l'ont jamais été.

Déductions zoologiques générales, — Comparés dans leur ensemble numérique sans javoir égard aux ordres, les genres de lamellibranches mènent nécessairement encore aux mêmes conclusions. Ils montrent 11 genres avec l'étage silurien, le premier de T'animalisation du globe ; 23 genres dans les terrains paléozoïques ; 27 dans les terrains triasjques; 52 dans les terrains jurassiques; 59 dans les terrains crétacés; 67 dans les terrains tertiaires, tandis qu'on en compte plus de 75 dans les mers actuelles; ainsi nm doute que, soit d'après les ordres ,

soit dans leur ensemble , les genres de lamellibranches se sont, de[)uis le commeQ' cément du monde animé jusqu'à présent, toujours augmentés d'une manière réplière.

Déductions climatologiques comparéa, - Nous pouvons ici répéter la même eonclusion que pour les autres séries anim^des : c'est que la distribution climatologique ancienne, même jusqu'à Tépoque qui nous a précéiés sur le globe, ne suit, en aucune naaiète, la répartition actuelle. Ainsi dttis nos wm les genres avicula^ptmajplicatula^tivdHB^ tella, capsQy aspergillum^ etc., soDtspéciaox seulement aux régi<His tropicales, tandis que nous les trouvons dans les couèes géologiques, même les plus rapprochées d» nous, dans toutes les parties ae l'Europe, jusque très-loin vers lenord. Encere ici une preuve que, par suite delà cbalour centralet le globe terrestre a assez de chaleur propre pour neutraliser tout à fait raotioodeszoïKis isothermes de température

Déductions géographiques comparées.— h^ genres trigonia^ tridacna et corbis, \m exemple, se trouvent aujourd'hui eiclusirement dans les régions chaudes du Grand Océan, en Océanie et datfs l'Inde. On rencontre les fossiles des trigonia en Amérique, en Afrique et dans toute l'Europe; des ' corbisy dans toutes les parties de TEarope; des rridocna, en Pologne. Onvoit, dès^ors,

3 ne la distribution géographique ancienne es lamellibranches, comi>arée à leur distribution actuelle, montre qu'il n'y aaiKun rapport. Ainsi la distribution actuelle est toute spéciale à notre époque , et ne se rattache nullement à des questions générales de cantonnement jancien et persistant à la surface du globe.

Nous ajouterons ici une comparaison oui tient aux habitudes et à l'organisation des mollusques. Noos voulons parier des genres spéciaux à l'eau douce, comme les u«io, les anodontes; nous dirons encore, ainsi qu'aux gastéropodes, qu'à l'exception des cyclasy dont une partie est manne, et de quelques unio, propres à Tétage néocomiBn, tons les autres genres commencent avecle premier étage tertiaire

Déductions Géologiques tirées des gmn.

— Les caractères stratigraphiques négaiil^ sont on ne peut plus tranchés jpour ces mollusques lamellibranches. En ciret, à l'exception des 7 genres qui traversent tous 1« étages, les 92 autres étant limités dans iears étages, peuvent être appliqués corow* caractères négatifs, pour les terrains ou le* étages, soit supérieurs, soit inférieurs) ^ ils ne se sont pas encore rencontrés. Ainsi» genres peuvent servir de caractères négali» pour les terrains paléozoïques où ils manquent, et il en est de même pour tous \^ autres.

Les caractères stratigrorthlques potw sont très-marqués pour les iamellibranclies suivant l'extension qu'ils occupent dans le> étages géologiques ; ÏJs le sont d'autant piu^» qu'a rexco])tioii de 7, le^ 92 autres su»'

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ET DE PAL£UNT0L0G1E

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limités dans leurs étages et peuvent sonrir de caractères positifs pour les étages où ils se trouvent, et cela d*autant mieui (fue» parrai eux, 25 n'arrivent i>as jusqu'à nous et sont perdus pour l'époque atiuelle.

La persiitance des caractères positifs est très-marquée dans cette série animale, cemme on peut le voir pour les genres atituta^ htcina^ mitylus^ pecten^ lima^ plicalula^ renus^ spondylus^ chema^ amphide- $ma^ etc., etc.

Pour les déductions géologiques tirées des espèces f nous iiouvons dire, qu'à très-peu d^exceptions près, les 5,301 espèces connues sont caractéristiques de leurs étages et peuvent les faire reconnaître sous les diverses formes minéralogiques quMIs montreront suivant les lieux.

LAMENNAIS, opinion sur la force de répulsion. — Voy. Laplace.

LAPLACE (Marquis de}. — Quelqu'un a dit plaisamment, en parlant de tous les s;^'stèmes imaginés pour expliquer la formation de la terre : Vastronome se figure la terre comme une nébuleuse condensée: le chimiste y toit une boule de potassium et de silicium oxydés : Félectromagnétiste se plaît à y découvrir ranalogue d'une battene galvanique : le zoologiste ne manqtie pas d'y reconnaître un énorme animal^ un être ayant ri>, dont les rolcans sont les narines^ dont les laves sont U sang et dont les tremblements de terre sont les battements artériels.

On ne s'est pas contenlé d'inventer une foule d'hjpotbèses sur la formation de notre planète ; les savants en ont imaginé un grand nombre, qui embrassent la formation non-seulement do notre système solaire, mais de l'univers lui-même tout entier. Nous n'avons pas l'intention d'entrer dans aucun détail au sujet des romanesques inventions qui ont été proposées dans les xvn* et xviu* siècles, sous le nom pompeux de théories de l'univers, avant que les découvertes scientifiques soient venues donner au moins une ombre de vraisemblance à ce qui a été tenté de notre temps dans ce genre de hautes spé* culations. U est juste de ne pas confondre les théories admises aujourd'hui dans la science avec les hypothèses qui ont été proposées avant qu'aucune observation exacte les ^ustiGât.

Nous ne nommons Buflbn que pour rappeler la réfutation que Laplace a faite de son système. En vertu des premiers principes de la mécanique, il est démontré que si les planètes étaient sorties du soleil, soit par le choc d'une comète, comme le prétena Buffon, soit par une force intérieure inhérente h sa masse incandescente, comme le soutiennent des géologues plus modernes, elles reviendraient toutes raser sa surface à clia-

(636) (Test ce qull faut forcémenl reconnaître et proclanier baoïement ; car, nier celte création et admcUre un commencement^ un principe^ c*est, ainsi qne no«s Pavons démonlré, un non-sens, une Impos-

(^7; Baniel Bcrnoolli avait iléjâ calculé les chan-

cune de leurs réfolutions, et ne pourraient jamais circuler dans des ellipses comme celles que nous leur connaissons.

Quant à la théorie de Laplace, elle est devenue fameuse. Ce n'est pas Laplace qui l'a inventée, mais il la développée avec une grande habileté et appliquée à notre système planétaire. Elle a été acceptée plus ou moins complètement par tous les savants qui se sont occupés des Questions d'origine, comme Lamarck, Geoffroy-Saint-Hilaire, etc., etc. L'idée première de cette hypothèse cosmogonique appartient à W. HerscLell. L'illustre astronome anglais y fut conduit par ses recherches sur les nébuleuses^ recherches qui ont pris une grande extension par les traTaux de son Qls.

Cette conception consiste à admettre qu'il existait ou commencement^ dans le principe^ c'est-à-dire après que Dieu l'eut créée (636}, une matière disséminée dans l'espace à l'état de molécules plus petites que toute quantité donnée, soumise à deux forées simultanées, l'attraction et la répulsion, et qui. condensée par le refroidissement, aurait formé tous les corps célestes, y compris les nébuleuses^ qui ne seraient autre chose que cette matière diffuse se condensant j^our former maintenant encore des soleils nouveaux.

Laplace, s'emparant de ces données, dans sa Mécanique céleste^ appliqua la théorie herschélieune à la formation de notre système planétaire. Cette application parut d'autant plus plausible qu'elle a le mérite de ne mettre en jeu, pour opérer la formation de notre monde, que deux agents les plus simples et les plus généraux, que nous présente sans cesse l'ensemble de nos études naturelles, la pesanteur et la chaleur. Laplace s'efforce, dans l'hypothèse cosmogonique qu'il développe, d expliquer tes circonstances générales qui caractérisent la constitution de notre système solaire ; telles que l'identité de la direction de toutes les circulations des planètes d'occident en orient, l'identité de toutes leurs gyrations dans le même sens ; la constance du même phénomène et dans la circulation orbitaire et dans la g}Tation des satellites ; la faible exci*ntricitedes orbites des planètes et de leurs satellites, alors que toutes les courbes ellipsoïdales sont également possibles; enOn, l'inclinaison peu considérable des plans orbitaires sur le plan de l'équateur solaire (637j.

Une fois notre soleil formé par la condensation de la matière diffuse et phosphorescente d'une immense nébuleuse, Laplace détache successivement de son atmospnère, supposée primitivement étendue jusqu'aux limites de notre monde, chacune des places d*ttBe dispositiofl aussi remarquable. Laplace, compléiantces caknls, en avait conclu ^ue si la distribution du sysleme planélaire avait été Feflet de haprd. Il y a? ait, suivant le calcul des probabilitm 15 1 miltiardib à fuirier contre un que cette dispoittJoii aaraii été tout autre que celle^qui existe.

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DICTIONNAIRE DE COSMOGONIE

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nètes de notre système, ci il fonde sa théorie sur les considérations sniyantes :

1* En Yertu de la théorie générale de la rotatioit, et plus spécialement en rertu du théorème général des aires, il doit exister on rapport constant entre les dilatations et les contractions successives d*un corps et la durée même de sa rotation, la rotation devant s'accélérer quand la contraction aug' mente, et se ralentir lorsque la contraction diminue, de telle sorte que les variations angulaires et linéaires, que la somme des aires tend à éprouver, soient exactement compensées.

2* Il existe un rapport non moins constant entre la vitesse angulaire de rotation du soleil et Textension possible de son atmosphère : la limite de cette atmosphère est inévitablement fixée à la distance ou la force centrifuge, due à la rotation du système, devient égale à la gravité. Doi\c si, par une cause quelconc^ue, une portion de cette atmosphère venait à se trouver placée au delà de cette limite, elle cesserait aussitôt de faire

fartie intégrante du soleil , et continuerait circuler autour de lui avec la vitesse acquise au moment même de la séparation, mais sans pouvoir participer aucunement aux changements qui surviendraient dans la rotation solaire 'postérieurement à cette même séparation.

Ainsi, la limite mathématique de Tatmosphère solaire a dû diminuer sans cesse, h mesure que le refroidissement a rendu la gjration de cette nébuleuse plus rapide ; et cette atmosphère a dû nécessairement abandonner successivement des zones de matières diffuses, qui. ont constitué Tétat primitif de nos planètes. Celles-ci, détachées de la nébuleuse principale, se sont condensées nussi par Tenet de leur propre refroidissement, et ont ainsi engendré des satellites en vertu des mêmes causes qui les avaient elles-mêmes engendrées.

Telle est la ttiéorie générale de Laplace dans toute sa rigueur.

Cette hypothèse, bAtie avec des hypothèses, est contestable de tous points. Et d*abord, construite en dehors de Tinterventisn d*une cause première, créatrice de la matière et des forces qui la régissent, elle ne serait autre chose que la genèse matéria- Mste, dont nous avons déjà fait voir l'absurdité et les impossibilités. Il faut, de toute nécessité, reconnaître que ni les atomes ni les corps qui en sont composés n*ont Texistence infinie, immuable, indivisible, de Dieu et des idées éternelles; ils durent^ et par conséquent ils ont commencé d'être, et leur existence actuelle n*a rien de nécessaire. Les lois de leur activité, de leur puissance motrice et de leur mobilité, ne sont pas plus nécessaires que leur existence même. La contingence est le caractère de toutes les lois mécaniaues, même les plus élevées, ainsi que lont démontré Laplace, Biot, Poisson et A. Comte lui-même, pour les cinq grandes lois qui dominent toute la mécanique.'Il faut donc admettre une raison

suffisante, extérieure et supérieure aax atomes, qui a déterminé ces lois. L'ordre actuel n'est donc point la consécpience nécessaire des propriétés et des lois de la matière, telles que l'observation les découvre; mais cet ordre suppose de plus un arranseroent primitif, une distribution première de toutes les parties de la matière, de telle sorte que de cette disposition première les

f»roprietés et les lois de la matière aient ait sortir Tordre actuel, qui autrement serait sans raison suffisante.

La théorie de Laplace prena pour point de départ les nébuleuses^ ces apparences célestes si longtemps problématiques. On a avancé que certaines nébuleuses étaient des amas de matière que l'attraction concentrait actuellement. Mais une pareille h^'pothèse est inconciliable avec la précipitation si rapide, nécessaire pour (^érer la conflagration et la liquéfaction ignée des molécules, telle qu'il faut la supposer à l'origine des corjis planétaires, et Yon ne se rend pas compte pourquoi, après tant de milliers d'années, il en reste encore è se former. On a crvk pouvoir déduire immédiatement d'oftierrations faites à différentes époques^ qu*il s'est opéré des changements effectifs dans la nébuleuse é^ Andromède^ puis dans celle du Mvin Argo et dans les filaments isolés quijtffsrtiennent à la nébuleuse d^Orion; mais rinégak puissance des instruments employés à ces diverses époquea^ les variations de notre atm(h sphère^ et d'autres influences de nature optique, jettent un doute légitime sur une partis de ces résultats^ quand on les considère comms des termes de comparaison légués par tkistoire des deux. (Humboldt, Cosmos^ p. 89.) John Herschell, dans son Traité d'astronomie^ n* 619, parlant de la nébuleuse découverte par Huyghens en 1556, dans la constellation d'Orion, émet la même opinion.

On s'accorde généralement aujourd'hui à reconnaître comme démontrée la résolution en étoiles de toutes les nébuleuses. Ainsi, nos pressentiments ne nous trompaient pas, lorsqu'il y a dix ans nous écrivions dans notre Nouveau Traité des sciences géoloci" ques^ chap. 9 ; « L'opinion gui regarde les nébuleuses comme une agglomération d'étoiles trop éloignées pour être aperçues distinctement à Taide de nos instruments d'optique, nous paraît la plus vraisemblable. Il y a dans le ciel des groupes qui ne présentent à l'œil nu qu'une masse confuse de lumière, et dont on distingue très-bien les Erincipales étoiles avec le secours de simples ésicles. Tel est le cas pour les pléiades. H y a d'autres taches lumineuses qu'on ne f^^ vient à résoudre en groupes d'étoiles qn«0 moyen de télescopes d'un fort pouvoir d'ampljtication. Ce qui a résisté è des grossissements de 50, de 100, de 150, de 200 fois, ccde quand on peut pousser les grossissements jusqu'à Um et au delà. Ainsi Herscbell est parvenu à transformer en agglomérauons d'étoiles la plupart des nébuleuses qne Meissier, pourvu de lunettes moins puissant^» croyait irréductibles , et qu'il appelait o^

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nébaleuses sans étoîlesL A ce point de Tue, sans contredit le plus raisonnaole, les nébu- Icnses sont cootraires plutôt gue favorables h Th jpothèse astronomîco-ohimîque ; car ce seraient des mondes tout formés, et non k rétat naissant. »

Quelques années après, un astronome amateur, lord Ross, parTenail à construire un télescope à réQeiion de deux mètres d*Ott- Terture. Toutes les fois que Ton a dirigé ce eîgantesaue instrument vers une des nébu* feuses, elle a complètement changé d*aspect, et s*est si souvent transformée en étoiles distinctes, qu*on ne peut plus raisonnablement douter qu elles ne soient toutes résolubles, ainsi que le grand Herscbell Favait d^abord supposé (638j.

Abordons les autres conditions de llijpothèse cosmogonique, et voyons si elles présentent plus de solidité.

La théorie suppose dans la matière des forces motrices qui lui seraient inhérentes : Tattraction , la répulsion , etc. Que faut-il

S user de Torigine et de la nature de ces rcesT

Nous touchons ici à une question philosophique fort controversée, et que nous croyons devoir exposer avec quelque étendue avant de passer outre.

Quelle idée devons-nous nous faire des substances matérielles qui composent l'uni- Ters? Sont-elles douées d'activité interne seulement, comme le veut Leibnitz? Les eorps, suivant lui, seraient exclusivement composés de (>etites âmes dépourvues de toute action réciproque les ^unes sur les autres et sans aucune activité externe {Système nouveau de la nature et delà communication des substances^ p. 126, etc. ; Monadologie^ p. 705, etc.)

Cette activité externe est remplacée par ce

Îu'il appelle Vharmonie préétablief c est-%ire par Faction de la puissance créatrice qui aurait misdans la nature de chaque être, pris isolément, le principe de tous les phénomènes qui doivent se succéder en lui. Dans ce s vstème , les causes finales ne sont plus que la volonté de Dieu, qui les réalise par un acte éternel. La conséquence logique qui en découle , c'est qu'il ne fondrait plus chercher dans les sciences physiques comment tel corps agit sur tel autre, mais en vue de quelle fin Dieu foit correspondre tel phénomène particulier à tel autre, dans Texistence simultanée, mais isolée, de ces deux corps. On a vu 1& un abus étrange des causes finales et une hypothèse tout a fait erronée, contraire à l'expérience, au sens commun et à la raison.

Les cartésiens ont émis une autre opinion : ils refusent toute activité aux substances corporelles. Malebranche n*y voit que des causes efficientes, qui sont seulement les rauses occasionnelles des volontés particulières par lesquelles Dieu opère tout dans Id monde. Cette hvpothèse , aussi contraire qpie la précédente a l'expérience et au sens

commun, qui nous disent que nous agis-' sons sur les corps, que les corps agissent sur le nôtre et sur nous et les uns sur les autres, cette hypothèse, disons-nous, conduit à faire regarder les substances comme de simples phénomènes de la cause qui produit tout en elles et qui les produit elle»mêmes de nouveau à chaque instant ; en un mot, elle conduit directement au spinosisme. Descartes fait de l'étendue le seul 4ittribut de la matière; Leibnitz, au contraire, supprime l'étendue et réduit tout à une force interne dont nous ne pouvons trouver dans les substances corporelles aucun indice , et qui est inconciliable avec l'étendue.

Cn illustre mathématicien de nos jours a renouvelé l'hypothèse cartésienne (H. Cauohy, dans \ts* Comptes rendus des séances de r Académie des sciences^ 1845). Il refuse aux corps toute activité, toute causalité. Les forces physiques sont tout à foit étrangères à la matière : elles ne sont autre chose que Dieu même, agissant immédiatement dans l'étendue d'après certaines lois. C'est la substitution pure et simple de la cause première aux causes secondes.

Enfin , il est sur cette ouestion un troisième sentiment : c*est celui qui considère les substances comme douées d'activitéf mais d'activité externe. Suivant cette opinion, il ne peut exister de substances essentiellement passives, car ce seraient des substances sans loi, toute loi étant une loi d'activité; des substances sans facultés régies par des lois, par conséquent sans attribut ; car tout attribut implique l'activité , est une condition générale qui détermine les modes d'activité oont une substance est capable.

Que serait-ce , par exemple, que la simplicité? Ce serait la simplicité de rien, si ce n'était pas la simplicité d'une force indirisible ; l'indivisibilité du néant n'est pas la simplicité : car le néant n'est ni simple ci multiple : il est le néant et rien de plus. Que serait-ce que l'étendue d'une substance inactive? Ce serait une étendue purement idéale, l'étendue de rien ou Fétenaue d'une chose quelconque, indéterminée, que l'esprit conçoit , mais qui n'appartient a aucun corps réel.

L'étendue n*est réelle que par la puissance résistante, par l'impénétrabilité, qui est une force limitée à un certain espace , mais \n* yincible dans ces limites, llne substance inactive serait l'abstrait purt ou plutôt le néant. L'esprit ne pourrait concevoir en elle aucune manière d'être; car qui dit manière d*étre dit existence réelle et nersistante, et cette existence est impossible sans attributs et sans facultés. Il ne pourrait se manifester en elle aucun phénomène; car uip phénomène est un changement dans les mat> nières d'être, et puisqu'elle ne pourrait eu avoir, elle ne pourrait en changer. Des phénomènes dans une pareille substance seraient sans support, sans sujet véritable ; ce serait une idée purement abstraite, uu plutAt,

(<S58) Voy. rarl.N£BCLCi;SE8.

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