‹ Dictionnaire d'ascétisme (volume 2)Chapitre 35 sur 216 · CONDITIONS D^EXISTENCE DES ANIMAUX · texte numérisé non relu

CONDITIONS D^EXISTENCE DES ANIMAUX

MARINS. Voy. Animaux marins.

(86) On ne connaît encore de ces derniers, des tortues et du chirotherium , que des empreintes pb}rsiologiques de pas, sur lesquelles M. ilithcock a fait des travaux spéciaux.

(87) On doit à H. Brown la découverte importante que les conifères et les cycadées sont les deux seu- 1(?8 familles de végétaux dont les graines soient primitivement nues, et non renfermées à Tinténeur dUin ovaire. {Voyez TApnendice au Voyage du capitaine King dans V Australie.) C*C8t pour cette raison qu'on les a réunies en un ordre distinct sous le nom de phanérogames gymnospermes. Ce caractère tiré (le Vovnle coïncide dans Tune et dans Tautre de ces «ieux familles avec des parliculariiés de la structure inlei'ne des tiges qui les séparent à quelques égards i\(i |)rcsque toutes les plantes dicotylédones, et qui les disUiiguent également entre elles.

La rcncunlrc de ces caractères particuliers de la structure des tiges est une découverte d'une grande importance p9ur la botanique géologique; car cette

{>ortion de la plante est fréqur^mment la seule que 'on trouve conservée à l'état fossile.

(88) La présence de grands arbres conifères dans les couches de la grande formation houillère a été signalée pour la première fois dans les Végétaux fosstles de M. Withain, en 1851. Il y est établi que les conifères les plus complexes et les plus élevées en organisation se rencontrent dans les mines de houille d*Edimbourg et de Newcastle, au sein de couches Tuc l'on avait encore suppr»sé<^s ne contenir que l(*s f.Tmes vé;;i'tales les plus simpl^^t.

CONIFÈRES. -• Les conifères coastitaem

{)armi les végétaux du monde actuel une àmille nombreuse et des plus importantes» et que caractérisent non-seulement des particularités de leur fructification qui les ranf^ent parmi les phanérogames gymnoiptrmes 87), mais en outre certains arrangement! remarquables dans la structure de leur bois, qui peuvent servir à en faire reconnaître de suite les fragments les plus petits.

En étudiant à l'aide du microscope certains bois fossiles, on est arrivé depuis peu à reconnaître une structure interne analogue à celle des conifères actuelles dans les troncs de certains grands arbres provenant soit de la série carbonifère (88) ysoi t des formations secondaires (89), et M. Ad. Brongniart a compté vingt espèces de conifères fossiles dans les formations tertiaires. Plusieurs de ces dernières se rapprochent beaucoup plus des genres actuels que ne le font celles des terrains secondaires , et il en est même qui y prennent immédiatement place.

M. Nicol a fait voir en outre [dO) que pinsieurs des plus anciennes conifères fossiles peuvent être rapportées au genre actuel des pins , et d^autres au genre araucaria. Ce dernier comprend plusieurs des arbres les plus élevés du monue actuel, et on en trouve un exemple fort connu dans Varaucaria excelsoj ou pin de Tlle de Norfolk.

Toutes ces découvertes sont d'une haute importance ; car elles nous démontrent , comme résultat de Tétude des restes les plus anciens de la végétation, une identité qui s*étend jusqu'aux détails les plus minuiieui de l'organisation interne , outre les arbres des forêts primitives du globe et quelques-uns de nos plus grandes conifères actuelles (9J).

Le$ araucaria sont les seules conifères dont

(89) Dans les étages inférieurs des terrains stratifiés secondaires, M. Ad. Brongniart a compté, parmi les plantes du nouveau grés rouge des vos^ ges, quatre espèces de voUzia , genre nouveau de conifères, que ses affinités rapprochent des araucaria et des cunninghamia. On trouve en abondance, à Sul£-les-Bains, près de Strasbourg, des rameaux, des feuilles et des cônes provenant d^individus de cê genre.

M. Witham compte huit espèces de conifères parmi les bois lossiles du lias, et on en trouve cinq dans Toolite de Stonesiieid, dont quatre se rapprochent du genre actuel des thuya (Ad. Brosigiiurt, Prodr. p. 200.) Voyez pour des ligures de cônes da lias et du sable vert des environs de Lyme-Regis, ci de Toolite inférieur du comté de Northampton, la Flore fossile de MM. Likdley et Hijtto?i, pi. LxxaiLîX , cxxxvetcxxxvii.

Le docteur Fitton a décrit et figuré des cônes trèscomplets et d'une grande beauté, dont Tun provenant de Purbcch (?) et Tautrc du sable de Bastings. (Transactions géolog.^ deuxième série, t. IV, pi. XXII, fig. 9 et iO, p. 181 etâ50).

(90) Edtmb. New. Phil. Journal., janvier 1854. {9\j Si Ton coupe transversalement une tige de

crmifere, et qu'on la soumette au microscope, on apercevra, outre les lignes rayonnantes et concen* triques, tout un système de léticulations qui permettent de distinguer les c tniféres de toutes les -i»u* très plantes. Les trous dont elles sont cribices in<ijqu'iit les vaisseaux. Ces vaisseaux sontd^unc struc-

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CT DE PALEONTOLOGIE.

COM

on ait jusqu'ici retrouvé la structure dans des arbres de la série carbonifère de la Grande-Bretagne {92}. Celles de pins proprement dits a été observée-dans un bois de la formation houillère de te Nouvelle-Ecosse, et de la NouveIle*HolIande.

Cette même structure ordinaire des pins est celle qui prédomine oans le bois fossile du lias dTe whitby, mais on y rencontre aussi des troncs d araucarias, et Ton en a découvert dans le lias de Lyme-Regis aux branches desquels adhéraient encore des feuilles (93).

Le professeur Lindley a fait observer avec

^'ustessey comme un'fait important à signacr, qu'à cette période où se déposa le lias , la végétation ressemblait à la végétation actuelle de l'hémisphère sud, non-seulement par la présence des cycadées, mais aussi parce que les pins étaient de la nature des espèces que Ton trouve maintenant au sud de l'équaleur. Sur les quatre espèces vivantes d'araucaria que Ton connaît à l'heure présente, une se trouve sur la côte est de la Tiouvelle-Hollande, une autre dans l'tle de ^*o^i'olk, la troisième au Brésil, et la quatrième au Chili.

Quels que puissent être les résultats des travaux à venir, les faits que nous possédons

ture fort belle et caractéristique; et ils fournissent des moyens de distinguer les pins des araucarias. Les petits vaisseaux continus longitudinaux qui constituent les fibres ligneuses offrent, dMntervalles en intervalles, Tapparence de petits corps à peu près eirciilaires disposés par lignes verticales. Ces corps, que Ton désigne sou& le nom de dandes ou de disques, sent diversement disposés dans les différentes espèces. En général, ils sont circulaires, quelquefois elliptiques; et, s'ils sont serrés, ils prennent une forme anguleuse. Chacun de ces disques a, près de «on centre, une petite auréole circulaire.

Ces disques dans plusieurs conifères sont disposés sur un seul rang. D'autres fois ils sont réunis par rang doubles ou simples, comme dans le pinus Urobus.

Dans tous les pins actuellement existants , s'il se rencontre deux séries de disques dans un seul vaisseau, les disques de chacune des deux séries sont toujours opposés, jamais alternes, et le nombre des séries n>st jamais de plus de deux.

Dans les araucarias, au contraire, ils sont disposés par séries simples, doubles, triples et même quadruples; en outre, ils sont beaucoup plus jielits que dans les pins, ordinairement de la moitié en diamètre , et lorsqu'ils sont disposés sur deux rangs, les diMpies de l'un alternent constamment avec ceux de Tautre, quelque fois ils sont circulaires, mais le plus souvent ils ont une forme polvgonale. M. Nicol en a compté plus de cinquante dans une rangée d*un vingtième de pouce, de telle sorte que le diamètre d^un seul disque n'excède pas un millième de pouce; encore sont-ce 1^ des dimensions énormes, si oo les com|)are aux fibres des cloisons qui entourent les vaisseaux sur lesquels ces disques se voient.

(92) On a trouvé dans les carrières de Gragicitb, près d^imbourg, en 4830, un tronc d^araucaria long de quarante-sept pieds ( Végélaux foMiles, par Wiiham, i855, pi. v), et un autre en 4835, long de

rlus de vingt-quatre pieds, avec un diamètre de trois. r^Ves NicoL,surlesCont/ires foui/es, dans l'/'Jr/inro. new Phil. JouriM/, janvier i83i.) Une coups loiigi-

actuellement suffisent pour prouver que les conifères fossiles les plus grandes et les plus parfaites de la formation houillère et du lias que l'on ait pu jusqu'ici soumettre à un examen attentif peuvent être rapportées au genre des pins proprement dits, ou au genre araucaria (94), et que l'une et l'autre de ces deux modifications de la famille actuelle des conifères ont pris leur commencement dès cette période très - reculée , où se sont déposés les terrains carbonifères de la formation de transition.

On rencontre des fragments fossiles de troncs de conifères, et parfois même des feuilles et des cônes, dans tous les étapes des formations oolitiques , depuis le lias jusqu'au calcaire portlandien. A la surface supérieure de celte dernière pierre, se voient les restes d'une ancienne forêt , parmi lesquels sont conservés de grands troncs renversés et convertis en silex, ainsi que des souches de conifères modifiées de la même manière, avec leurs racines encore enfoncées dans le sol végétal sur lequel elles ont crû. On trouve aussi fréquemment des fragments de bois de conifères dans la formation wéaldienne et dans celle du sable vert, parfois même dans la craie (95).

Les conifères paraissent communes aux

tudinale de ce dernier fait voir, comme dans l'espèce moderne, armjcaria excelsa, de petits disques polygonaux disposés sur deux, trois ou quatre rangs à rintérieur des vaisseaux longitudinaux.

(93) Voyez Lindley et Hutton, Fiore fossi/f^plant^he LXXXVHi. La pi. lxxxix du même ouvrage repré • sente un cône fossile du lias' de Lyme-Re^is, que Ton peut rapporter à la famille des conifères, et peut-être même au genre araucaria.

i94) D'après M. Nicol, les bois fossiles du liaç de lîlby, dont la coupe horizontale offre une série de couches concentriques présentent, dans leur section longitudinale, la structure des pins. Hais si les couches annuelles concentriques ne sont pas distinctes, ou ne sont que faiblement indiquées dans la coupe horizontale, la coupe longitudinale présente tois It caractères des araucarias. Il en est de même d*!S ronifèresde la grande formation houillère d'Ediml^ourg et de Newcastle; leur coupe longitudinale offre U structure des araucarias, tandis que leurs, couches concentriques ne sont pas distinctes dans la cout>o horizontale; au contraire, les conifères fossiles des mines de houille de la Nouvelle- Hollande et de la Nouvelle-Ecosse se rapprochent de la tribu actuelle des pins, tout à la fois par la structure que laisse apercevoir leur coupe longitudinale et transversale.

M. Wiiham fait observer aussi que les conifères de la formation houillère et du calcaire de montagne n'offrent qu'en petit nombre et d'une manière peu apparente ces ligues concentrioues qui permettent de distinguer les couches annuelles d'accroissement du bois, et que c*est là une circonstance que présentent communément à l'époque actuelle les arbres de nos régions tropicales; et il tire de là cette conjecture, qu'aux époques où ces formations ont eu lieu les changements de saison n'étalent pas aussi prononcés, au moins quant à la température.

(95) Il y a dans le muséum d'Ôxfoiti un fragment d'un bois de conifère converti en silex et perforé par les larets. C'est le révérend docteur Faussett qui l'a rencontré dans un calcaire siliceux à Lower-Haidr is, près de Cautorhéry.

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DICTIONNAIRE DE COSMGOONIE

CON

oouches fossilifères de tuutes les périodes. C'est dans la série de transition qu'elles sont le plus rares; elles le sont moiûs dans la série secondaire r et c'est dans les terrains tertiaires qu'on en rencontre le plus. Ceci nous prouve qu'à toutes les époques, depuis que la végétation terrestre a commencé , de grandes conifères ont existé à la surface de notre globe ; mais les témoignag(ts que nous en possédons au moment actuel sont trop peu complets pour que nous en puissions conclure avec certitude dans quelles proportions numériques ces plantes se trouvaient par rapport aux autres familles, à ces diverses époques successives de la géologie, qui se trouvent ainsi rattachées à la nôtre par une nouvelle et magnifique série d'anneaux appartenant à l'un des groupes lés plus importants du règne végétal.

COPROLITHES (xwrpoç, fèces, >iOoç, pierre). — Si, dans la structure des animaux qui ne nous sont connus que par leurs débris fossiles, il est un point dont il semble que nous devions désespérer de retrouver aucun ves-» tige, c'est assurément la forme et l'arrangement des organes intestinaux : car, bien que ces parties molles soient de première importance dans l'économie animale , suspendues comme eHes sont dans l'intérieur des cavités du corps sans être aucunement fixées au squelette, il est naturel de penser qu'elles n ont dû laisser aucune trace sur les os fossilisés.

11 est impossible, après avoir vu le puissant appareil dentaire des ichthyosaures, et ces m/lchoires si vastes dont nous avons fait l'examen dans ces reptiles fossiles, de ne pas en déduire cette conclusion, que des animaux pourvus de ces prodigieux instruments de destruction ont dû en user largement, pour tenir dans de justes limites d'accroissement

(96) Au milieu des variations de leur volume et de la mulliplicilé de leurs formes, les coprolilhes offrenl Tapparence générale de cailloux oblongs ou de popimes de terre réniformes; leur longueur est ordinairement (|c deux à quatre pouces, et leur diamètre de un à deux. On en trouve, mais en petit nombre, qui sont beaucoup plus grands, et en proportion avec la tatUe gigantesque des plus grands ichthyosaures. 1! y en u de plus petits, qui offrent les mêmes rapports avec de jounes individus de la môme espèce, et avec des poissons de petite taille. Il v en a qui sont aplatis et amorphes comme si ces substanœ.s eussent été rendues dans un état demi-liquide ; d^aulres ont été aplatis paria pression des schistes qui les recouvi-ent. Leur couleur ordinaire est le gris cendré, parfois rnélé de noir; o'autres fols ils sont entièrement noirs. Leur substance offic une texture terreuse, compacte, pareille à de Targiie durcie, et leur cassure est coocboîdalc et luisante. Les copi-olilhes de Lyroe-Regis offrent, dans le plus grand nombre de cas, une structure contournée; mais le nombre de tours est variable, bien qu'il soit le plus souvent de trois : je n*en ai jamais vu plus de six. Ces diversités peuvent tenir à Tespèce clés animaux qui les ont produits; car j'ai rencontré des variations analogues entre les intestins de la raie, du recpiin et du chien de ïner. Quelques coproUthes, et spécialement les plus petits, n'offrent aucune^ trace d'enroulemtnt.

La coupe de ces excréments* arrondis fait voir

la population des anciennes mers. Cette con' clusion a été pleinement confirmée par la découverte récente que l'on a faite, krintérieur de leurs squelettes, de débris à moilié digérés de poissons et de reptiles qu'ils avaient engloutis, et par les coprolithes ou excréments pétrifiés que l'on a trouvés dispersés dans les mêmes couches où ces squelettes ont été ensevelis. Ces pétrifications si curieuses s'offrent souvent dans un état de conservation tellement parfait qu'on en peut conclure-non seulement la nature des aliments dont -se nourissaient les animaux qui les ont produits, mais même les dimensions , la lorme et la structure de leur estomac et de leur canal intestinal (96).

Sur la côte de Lyme-Regis ces coprolilhes sont tellement abondants qu'on les trouve en de certains points disséminés dans le lias comme le sont les pommes de terre dans le sol, et ils sont encore plus communs dans le lias de l'embouchure delà Saverne, où ils se rencontrent ainsi dispersés dans toute l'étendue de couches qui ont plusieurs milles en tout sens, et mêles en si grande quantité avec des dents et des débris roulés d'ossements de reptiles et de poissons, que nous en pouvons conclure que cette région, jadis le fond d'une ancienne mer, fut, pendant un espace de temps fort long, une sorte dévaste réceptacle où se déposèrent les ossements et les débris excrémentiels des animaux qui rhabitaient. Outre les points que nous venons de mentionner, on rencontre encore ces corps pétrifi<^^ en abondance dans tout le lias de l'Angleterre, et dans toutes les couches, quelle que soit leur époque, où l'on a trouvé des aébris de reptiles carnivores, et sur des points multipliés et séparés par de grandes distances, tant en Europe qu'en Amérique (97).

qu'ils ont été moulés en une lame aplatie et conloor née en spirale du centre à la circonférence, commd on l'observe dans une coquille turbinée. Leur extérieur offre la trace des rides et des impressions (es plus légères qu'ils ont dû recevoir alors qu'ils étaient a rétat plastique dans les intestins des animaux vivants.

Ces pièces pétrifieras conticnnenl en al)ondan€e et dispersés irrégulièrement des écailles et souvent des dents et des os de poissons qai ont traversé, sans être détruits par la digestion, le tube intestinal tout entier des sauriens, de la même manière que rémail des dents et certains fragments d*os qui n'ont pu être digérés, se retrouvent dans les excréments des hyènes, soit à Tétai récent , soit à Tétat fossile. Ces écailles dures et brillantes sont celles du dapedium politum et d'autres poissons qui abondent dans le lias, et qui paraissent avoir fourni aux sauriens de cette époque une portion importante de leur sobsistance. Quant aux os, ce sont surtout des vertèbres de poissons et de jeunes ichih^osaures ; et bien que ces derniers débris soient^moins nombreux que ceux qui proviennent de poissons. Us le sontpoorunt assez pour démontrer que ces monstres des anciennes mers, semblables en cela à beaucoup de leurs successeurs, habitants des océans modernes, dévoraient les individus jeunes et faibles de leur propre espèce.

(97) Le professeur Jœp:er a tout récemment découvert .plusieurs' coprolilhes dans l'argile alomineuse de Gaildorf, en Wurtenibirg , formation flu'l

ET D£ PâL£0>'TOLO€1£. .

COÎI

Quant à J'oriane de ces fossiles singu« tiers, elle est suffisamment établie par la fréquence avec laquelle on les rencontre dans la région abdominale des squelettes fossiles d*irhUi yosaores du lias de Lyme-Re^s (98). La substance coprolithique que Ton trouve dans cet échantillon et dans tous les cas analogues, renfermée dans la cavité que forment les côtes, est entièrement identique, par son apparence et sa composition chimique, avec les coprolithes isolés qui se montrent disséminés dans les mêmes couches où ces squelettes spnt dispersés. La conservation de ces matières fécales et leur passage à Télat pétrifié sont une conséquence de la nature indestructible du phosphate de chaux, qui entre également en quantité considérable dans les os et dans les résidus d*os soumis à Faction des organes digestifs.

Le squelette d*un autre iclithyosaure de Lyme-Re.fis, déposé dans le musée d*Oxford, contient une niasse considérable d^écailles dont la plus grande partie provient du Pholidophorut Umhalus^ mêlées à des coprolithes dans toute la région qu'enferment les côtes. Cette masse se trouve en rapport avec on très-grand nombre de lôtes; et lûen que jusqu'à un certain point Ton puisse supposer qu'elle s'est étendue par l'effet de la pression, cette circonstance suffit à prouver que J 'estomac occupait par son volume une grande partie du tronc.

Certaines espèces voraces parmi les reptiles vivants nous fournissent des exemples d*uiie étendue tout aussi considérable : on rite des cadavres humains trouvés tout entiers dans l'estomac de certains grands crocodiles, et la forme des dents des ichthyo-

r^rde comme occupant les étages inférieurs du I o-jvrau grés rouge, que Ton désigne en Allemagne v>iis le nom de torpe r, et qui reuferme les débris S^ deoi espèces de sauriens.

Abx Elats-Unis, le docteur Dekay a aussi trouvé àf^ coproUtbes dan^ la. formalion de calcaire chlorile igreen tond) de Monmôulh dans le New-Jersey.

(98) Un échantiilOB donné par le vicomte Cole à la GoUedioa géologique de Tuniversité d*Oxford est «ne preuve sans réplique que les substances en qaestîon ne peuvent être considérées comme des matières étrangères accidentellement mises en conuct avec les corps organisés fossiles, puisque cette grasde flttsse coprolithique est complètement enfermée dans'b cavité que forment U colonne vertébrale et les deux séries droite et gauche des côtes, dont le pins pand nombre a même conservé à peu de cûo»e près sa position naturelle. Le volume de c« uoprolidie est prodigîeui, comparé à celui de ranimai dans lequel il est renfermé ; et si nous ne savions pEts eombicD est puissante Taction des organes digestif:» ebez les reptiles et les poissons, et avec quelle £icîlîlé ceséires engloutissent tout entiers les grands aaioBaax qui forment leur proie, il nous paraîtrait ifnpossible de rendre compte de Tespace énorme que remplissent ainsi ces masses coprolitbiques à Tintérîcar de certains squelettes fossiles d'ichtbyosaures.

(99) D*après M. le professeur Agassiz, les écailles da pmoitdcipkonu /iimuIiu, espèce des plus fréquentes pami les fos»>iles du lias, abonderaient plus que celles d aucun autre poisson dans les coprolithes de la fonnatiofi deLyme-Regis, ce qui prou ve que cc^te cfrpèrc formait lalnise principale de la no-irritu^e

saures nous apprend que, de même que les crocodiles, ces animaux ont dû engloutir leur proie sans la diviser. Quand donc nous rencontrons dans des coprolithes de grands ichlhyosaures, des ossements de jeunes individus du même genre qui, à en juger par les dimensions des os eu!t:-mèmes, ont dû avoir plusieurs pieds de longueur (99), nous en tirons cette conclusion, que l'estomac formait une poche d'un volume prodigieux, remplissant presqu'en entier la cavité du corps, et dont la capacité était par conséquent dans une proportion parfaite avec les mâchoires et les dents qui faisaient partie avec lui de Tappaieil digestif dans ce monstrueux reptile.

Disposition ea spirale de Fintestin grêle, — Comme les parties solides des animaux sont les seules susceptibles de se pétriflcr, il nous est impossible de déterminer à l'aide de preuves directes, la forme et le volume des intestins grôlcs de l'ichthyosaure; mais l'admirable perfection avec laquelle le contenu de ces viscères s'est conservé à l'état fossile, nous fournit des preuves indirectes que le tube intestinal où ce contenu a pris les formes qu'il a conservées ressemblait entièrement aux intestins de quelques-anes des espèces actuelles de poissons les plus vigoureuses et les plus voraces.

Nous saisirons mieux la structure de ces organes en nous aidant de l'examen des organes correspondants chez les requins et le^ squales, animaux qui ne se distinguent pas moins entre tous les habitants ùqs mers cuntemnoraines par leur extrême voracité que ne Je faiseiijnt les ichlhyosaures parc\i les créatures qui peuplaient les océans aux épo-

des ichthyosaures. Dans les coprolithes de la formation carbonifère des enviruns d*Ëdimbourg« il a aussi reconnu L's écailles du palœoniscus et d'autres poissons que Ton trouve souvent entiers dans les coudies qui accompagnent la bouille de ce district. Dans des coprolithes provenus de poisson voraces de la craie, on rencontre les écailles, du beryx armaius^ poisson découvert par M. Nantell dans cette formation.

I Un coprolitbe du lias, ditBuckland, qui se fait remarquer par ses circonvolutions en spirale elles impressions vasculaires de sa surface, peut être signalé comme un exemple frappant du som minutieux qui préside maintenant aux investigations des Batuca!istes, etdu genre deténioignagesque lesrecheT^ ches géologiques vont demander à Tanatomie comparée. Sur un des côtés de ce coprelithe, se voit une petite écaille que je n'avais pu que rapporter à quel* que poisson de Tune des nombreuses espèces inconnuesqui se rciicontrentdans le lias. A Tinstant même oà je la fis voir à M. Agassiz, non-seulement, il prononça que cette espèce était le pholidopborus umbatus, mais il dclerniina la place précise qu'avait occupée celte écaille à la surface du corps. Un tube placé sur sa lace interne, et que l'on aperçoit à peine sans le secours du microscope, prouve qu'elle appartient à cette ligne latérale d'ccailles perforées qui vont de la tête à la queue des deux côtés du coqis dans tous les poissons, et y forment un conduit destiné à porter des glandes de' la tête jusqu'à l'cxtrémilé du curps un mucus Inbréfiant. Quanta la position que celle érail'c occupait sur cette ligne ellem'^nip, clic clr\it do côté gauche, non loin de la tête. >

CON

DICTIONNAIRE DE COSMOGONIE

CON

qaes où nos éludes nous reportent. Les intestiusde ces poissons, aussi bien que ceux des raies, offrent une disposition qui ra|)pelle cefle- de l'intérieur u une ris d'Archijnède» et qui est admirablement propre à accroltrK rétendue de la surface interne destinée à l'a^isorptiou de la partie nutritive des aliments, durant leur passade d'une extrénjité à l'autre de ce tube, qui renferme dans son intérieur un repli contourné en spirale, de façon à offrir le plus grand développement de surface dans le plus petit espace possible. On observe la même disposition dans les coprolilhes provenus de richthyoj?aure (ICO).

Empreintes laissées par la membrane muqueuse sur les coprolithes, — Non-seulement rétude des coprolithes nous permet d apprécier la structure spirale de l'intestin ^rôle, et la facilité que cette structure lui donnait h être contenu dans un petit espace ; mais nous y retrouvons même des traces qui nous pormeltent d'apprécier la forme des vaisseaux les plus ténus et des plus minces replis de la membrane muqueuse qui en tapissait la surface interne. Ces traces consistent dans une série d'impressions vasculaires et de rides qui sillonnent la surface des coprolithes, et qui ne peuvent s'y être imprimées que durant leur passage à travers les circonvolutions de ce canal aplati (fOl).

Quant à la cause finale de ce curieux arrangement des viscères dans les reptiles maintenant éteints qui habitèrent les mers du monde primitif, elle est la mémo qui a présidé à l'arrangement pareil que nous retrouvons dans les espèces voraces des re- Ïuins et des squales qui peuplent les mers 0 notre époque (102).

Commeia voracité, qui est un trait caractéristique de tous ces animaux, exigeait qu'ils fussent pourvus d'un estomQC tout à la fois volumineux et allongé, U ne demeurait que peu d'espace pour les autres viscères

( 1 00) Lescorps coniiiucs on t été formes par une lame ontiniie de la substance des os. digérés, et contournée en spirale sur elle-même durant le temps qu elle est encore à Tétat plastique. La forme est à peu de chose près celle que prendrait un ruban d^une certaine étendue que Ton forcerait de pénétrer obliquement dans un tube par une ouverture latérale allongée : ce ruban, force d'avancer dans Tintérieur du tube, y formerait une suite de cônes enroulés les uns sur lés autres; et, d'après un certain nombre de tours, si Ton continuait à pousser en avant le ruban générateur, les cônes en question venant à sortir par Tautre extrémité du tube ofli iraient une disposition tout à fait analoffue à celle des coprolithes dont nous parlons. C'est de cette façon que Ton peut concevoir qu'une lame de substance coprolithique a pu se contourner sur elle-même en une série spirale de cônes successifs au moment de son passage de Tintrslin grêle dans la partie voisine du gros intestin. Ces coprolithes, ainsi formés, tombèrent dans la boue molle amassée au fond de la mer ; et lorsque celte boue vint à se consolider plus tard pouir foN iMùv le schiste et la pierre, ils y subirent une pétrihcation tellement complète que pour la duret<*, la beauté du poli, ces corps singuliers peuvent rivaliser avec les marbres les plus recherchés. . tlQt) Coo impressions ne peuvent y avoir clé lais-

plus petits , d*où la nécessité qu'ils fassent réduits, pour ainsi dire, comme nous avons vu qu'ils le sont, à la condition d'un tube aplati , contourné sur lui-même à la façon d un tire-bouchon. Celte disposition offrait l'avantage d'employer un moindre espace, presque sansrien faire perdre à 1 mtestînde sa surface absoii)ante. Si à l'estomac énorme et aux vastes poumons de l'ichtbvnsaure ili se fât ajouté un paquet intestinal d nn volume considérable, l'accroissement du volume total du corps, qui en eût été une conséquence nécessaire , eût été une cause de diminution dans la puissance locomotrice, ce qui n'eût pas été sans inconvénient gr»ve chez un animal qui, pour la capture de sa proie, ne pouvait compter que sur sa vélocité.

Tous ces faits , qui ressortent de l'étudo des restes coprolitniques des ichthyosaures ajoutent, à ce que nous savions déjà de Tanatomie et des mœurs des anciens habitants de notre planète, une masse de connaissancespleines d'intérêt. Nous y avons rencontré des témoignages oui nous permettent d'affirmer la présence d arrangements pleins d'utilité et d'admirables compensations jusque dans les organes si périssables, mais ea même temps si importants, qui concourent à opérer les fonctions digestives. Nous avons

rm reconnaître avec certitude la nature de eurs aliments, la forme et la structure de leur canal intestinal ; nous avoHS pu dessisiner leur tubo digestif dans les trois formes successives qu'il subit d'une extrémité k l'autre de sa longueur, d'abord estomac volumineux et prolongé, puis ilium aplati et contourné en spirale, jusqu'à ce qu'il se termine en un cloaque d'où les coprolithes tombaient dans la vase qui donna naissance au lias. Là, ils sont demeurés ensevelis durant des siècles sans nombre, jusqu'à ce que la main des géologues ait été les arracher aux profondeurs qui les tiennent enfouies,

sées par la membrane du gros intestin, pnisqnVhes se contournent sur toutes les surfaces des circonvolutions intérieures, bien qu'elles aient été définitivement recouvertes par les circonvolutions extérieures au momer.t de leur passage de riniestin grêle dans le gros intestin.

(102) Paley, dans son chapitre sur les compensations mécaniques de la structure des animaux, cite dans une espèce de requin (le renard de mer, squalui vvlpes) une disposition toute pareille à celle que nous venons de mentionner comme appartenant à Tichthyosaure. — < Dans cet animal, dit-il, Pintestin est droit d*un bout à Tautre; mais cet intestin droit et par conséquent court n'est réellement qu^un conduit contourné en tire bouchon, el ce n'est qu'après maintes circonvolutions, et en suivant une route en réalité fort longue, que la substance alimentaire arrive à son point de sortie. De cette sorte la brièveté de rintestin se compense par l^obiiquité du canal qui y est creusé, i

Le docteur Fitton a appelé raltentîon sur un passage de la Vie de Locke j par lord King (in-4*, p. 166-167), d'après lequel il parait certain que l'importance de la disposition en spirale du canal intestinal n'avait point échappé à ce profond philosophe qui Tavait observée sur un grand nombre dt préparations de la collectioq analotnique de Le^ile.

cou

ET DE PALEÛ.f TOLOGIE.

CON

pour les appeler à rendre témoijpiage des évéoemenls qui se sont accomiilis au fond des mers primitiyes durant les longues périodes antérieures à raTénement de rhomme sur la (erre (103).

Structure des intestins dans les poissons foisiles. — On a récemment découvert dts coprolithes qui proriennent de poissons fossiles. M. Mantell les a rencontrés dans le corps du macropoma mantellii de la craie de Lewes; ils étaient en contact arec l'estomac allongé de ce poisson vorace, et les tuniqnes de ce riscère étaient également bien conservées. Miss Anning en a découvert aussi dans rintérieur du corps de plusieurs poissons fossiles du lias de Lyme-Hegis. Le docteur Hihbert a fait voir que les couches du calcaire d*eau douce du terrain houiller de Burdîe - House , près d'Edimbourg, étaient abondamment parsemées de coprolithes provenant de |ioissons de cette époque reculée ; et $ir Philip ^erton en a trouvé de pareils mêlés à des écailles provenant du genre méealicfatvs, et à des coquilles d'eau douce dans Fa formation cart)onifère deNewcastle-Under- Tvne. M. W. C. Trevelyan a reconnu» en I83§, des coprolithes au centre des nodules d'argile ferrugineuse qui abondent à Newhavén, près de Leith, dans une falaise basse imposée de schistes et appartenant également à la formation carbonifère. H. Buck- !and >is{(a cette localité dans le mois de septembre 183^, en compagnie de M. Trevelyan Idi-méme et de lord Greenock» et y trouva ces nodules épars sur la grève en quantité si considérable qu*il lui suffit de quelques rriinutes pour en rassembler plus d'échantiljons qu*il n'en pouvait porter. Parmi ces é«*hanti lions, il y en avait qui renfermaient un poisson fossile; d'autres quelque fragment d'une plante; mais le plus grand nombre avait pour noyau, un coprolithe dont l'intérieur était contourné en spirale; et ces débris proviennent sans nul doute de ces jy>issons voraces dont on a retrouvé les os dans la même couche. Ces nodules prennent

(105) La fameose salamandre fossile qui existe à Ltyde, dans le calMiiet de Yan-Breda, contient, dans b '^nîe correspondant à Tabdomen , plusieurs coprotiibes où Too dislingue, dit-on, très-facilement d^ frafonents d*os de grenouilles et de poissons. Les cftprolîibes d*oiseaux de Cliicopee laissent Toîrqnelq'irfois, dans Tinténear, à Taide d^instruments grosfri^a'its, de véritibles graines, sons forme de petits grains noirs.

Ob ooDuaft des coprolithes dans un grand nombre 4e localités et dans plusieurs étages : Lyme-Regis, le romtéde Fîfe, etc., en Angleterre, Burdie-Rouse, «I Ecosse, les cavernes de Lunel-Viel, en France, de b prorince de Liège, etc., en ont offert les plus ■ombreux exemples. Le terrain le plus ancien dans leqoel on \t% ait rencontrés parait être celui de Bardie-Hoase, compris dans les membres les pins inférîevn de Pelage carboiiiférien. Les coprolithes de Chîropee sont dans un grés dor et compacte appariesant probablement au terrain triossique; ceux de LTme-negis sont rapportés au lias ; il en existe dans réiage lénooien de la craie de Meudon, dans les couthf^ noires 4ii calcaire grossier de Passv ; enfin ils abondent généralement dans la plupart des caTem<^ i •««enienis. Le guano repr6><*nte les coprolHhes de

du reste un fort beau poli, et les joailliers d*£dtmbourg en ont fait des tables, ces serrepapier et des bijoux qu'ils désignent sous le nom. de pierres d*escargot {beetle stones) parce qu'ils les supposent provenir de quelque insecte. Milora Greenock a découvert» entre les lames d'un bloc de houille prove» nant des environs d'Edimbourg, une masse d*intestins pétrifiés, distendus par de la matière coprolithique et entourés d'écaillés que le professeur Agassiz rapporte au mégalichtys.

Ce*^ naturaliste distingué s*est assuré mie les corps fossiles vermiformes aue Ion trouve en si grande abondance dans l'ardoise lithographiaue de Solenhofen, et qui ont été décrits par le comte Munster dans l'ouvrage de Golafuss sous le nom de fumfrrirarta sont ou des intestins de |)oissons pétrifiés, ou le contenu de ces intestins oui a conservé la forme du tube tortueux aans lequel il était renfermé. Ce sont ces fossiles remarquables qu'il a désignés sous le nom de eololithes. M. Agassiz a a rencontré aussi de semblables pétrifications contournées à l'intérieur de la cavité abdominale de plusieurs poissons fossiles des genres thrissops et leptolepis, et ils y occupaient relativement aux côtes la position qu'occupent habituellement les intestins (10^).

Sans doute, aux yeux d'un grand nombre de personnes peu versées dans l'anatomie, des recherches ayant pour objet quelque chose d aussi obscur et d'aussi inaccessible en apparence que la structure des intestins chez une espèce éteinte de poissons ou de reptiles, seront ce qu'il peut y avoir au monde de moins digne d^attention ; mais ces recherches acquièrent une haute importance par les démonstrations que la science y puise de la sagesse et du plan providentiel qui ont présidé à la création ; elles fournissent un anneau de plus à la chaîne importante qu^ unit les races qui, de nos )ours, vivent et s'agitent à la surface de notre planète aux races maintenant détruites de ses habitants

répoque contemporaine.

(104) Voyez son ouvrage sur les poissons fossiles, liv. II, appendice, p. 15.

Les ODsenrations ou*a faites ce savant distingué sor la marche de b décomposition dans les poissons morts des lacs de la Suisse, Font condoit à expliquer d*une manière fort ingénieuse pourquoi les cololithes se rencontrent le pins souvent isolés dans le calcaire lithographique. Ces animaux, immédiatement après la mort, flottent à la surface des eaui, le ventre en Tair, jusqu*à ce que leur abdomen crève par les gax putrides qui s*y développent et le distendent. Cesl par Touvertiire qui résulte de ce déchirement que les intestins sortent du corps, tout en conservant leurs circonvolutions naturelles. Mais après un tem|]s très-court celle masse intestinale se trouve séparée du corps par Tagitation des vagues. C^est alors qud le poisson tombe au fond ; mais ces intestins continuent encore de flotter longtemps, et sMl arrive qu^ils soient porlés sur le bord , ils y demeurent plusieurs jours sur le sable avant que leur décomposition j soit complète. Du reste, ce ne sont que les intestins grêles qui se détachent ainsi du corps; restoiuac et lc% a:!in:s risccrcs v rtslei»! ?f^és.

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des âges-priniiiifs (105). Le retour systémalique» chez des animaux qui ont existé à des époques aussi éloignées^ des mêmes moyens disposas suivant des règles construites dans le but de produire les mêmes résultats, et se modiOani suivant les mêmes lois pour s*adapler aux diverses conditions d'existence, démontre que toutes ces choses doivent leur origine à une même intelligence première.

Quand nous retrouvons dans le corps d'un ichthyosaure la nourriture qu'il venait d'engloutir l'instant d'avant sa mort ; quand l'intervalle entre ses côtes nous apparaît encore rempli par les débris des poissons qu'il a avalés il y a dix mille ans, ou un temps dix foisvplus grand, tous ces intervalles immenses s'évanouissent en quelque sorte; les temps disparaissent, et nous nous trouvons pour ainsi dire mis en contact immédiat avec tous les événements qui se soni passés à ces époques incommensurablement éloignées, comme s'il s'agissait de nos affaires de la veille.

COQUILLES CNIVALVES et bivalves.— Nous n'avons que peu de moyens d'arriver & comiafitre la structure anatomique des nombreuses tribus éteintes appartenant au grand embranchement des mollusques. Leurs organes mous et périssables ont disparu presque complètement, et leurs coquilles extérieures sont, avec un appareil interne de même nature qui n'existe que dans un petit nombre de cas, les seuls témoignages qui nous restent de l'existence de ces êtres dont les myriades occupaient les anciennes eaux.

Nous devons à la résistance qu'opposent à la destruction les enveloppes calcaires sécrétées par ces animaux, de pouvoir assurer notre étude des coquilles fossiles sur les bases mêmes de la conchyliologie actuelle; mais le plan que nous nous sommes imposé nous défend d'entreprendre autre chose qu'une revue générale de l'histoire et de l'économie or^^anique des créatures auxquelles ces coquilles ont appartenu.

Les couches de transition les plus anciennes, où l'on rencontre quelque trace de vie, renferment des coquilles univalves et bivalves de plusieurs formes différentes entre elles, en môme temps que de nombreux débris d'animaux articulés et rayonnes. Parmi ces coquilles, il en est qui sont tellement

(105) Le temps, qui rdpanddela dignité sur lout ce qui échappe à son pouvoir destructeur, fait voir ici un siagulier effel ue son influence : ces substances, si viles dans leur origine, étant rendues à la lumière après tant de siècles, deviennent d*une grande importance, puisqu'elles servent à remplir un neuvpau chapitre dans Thistoire naturelle du globe. ( Voyez Fossilisation.)

(106) Voyez Tintroduclion de M. Bro<lerlp à son ilémoire sur quelques espèces nouvelles de brachiopodes, dans les Transactions géologiques, 1. 1", p. 441.

(107) Ce nom est tiré de la position qu'occupent les pieds ou les appareils de la locomotion à la partie inférieure du cou ou au devant du corps. A Taide de ces organes, les trachëlipodes rampent à la manière du limaçon commun des jardins (hélix aspersa).

Cette même espèce offre en outre un exemple familier de ta disposition t|ue prenn'^nt les viscères

pareilles à des espèces actuellement existantes, qu*il nous est permis d*en concluro qu'elles ont dû être créées pour les mêmes fonctions, et qu'elles ont recouvert des animaux dont les formes et les habitudes étaient les mâmes que celles des animaux qui habitent les coquilles de nos mers, dans lescjuelles nous observons les mêmes modifications (106).

Toutes les coquilles simples lurbinées appartiennent à des mollusques d'un degrô plus élevé que les conchifères, dont les cequilles sont bivalves ; les premiers ont une tète et des yeux, les conchifères sont dépourvus de ces deux importants appareils, cl no possèdent, même à un degré inférieur, que les seuls sens du toucher et du goût. Ainsi, les mollusques qui habitent les coquilles (^e la patellcetdu buccin sont des animauxd'uii ordre plus élevé que les conchifères inclus entre les deux valves de la moule ouolc l'huître.

Lamarck a divisé son ordre des trachëlipodes (107) en deux grandes sections : les herbivores et les carnivores. Ces derniers euimémes se partagent en'deux çrandes familles, dont l'une attaque et détruitïes corps vivants, tandis que l'autre se repaît des cadavres d'animaux qui ont succombé à une mort naturelle ou accidentelle, de même que nous vo}[ons certains genres de mammifères et d'oiseaux, tels que les hyènes et les vautours, se nourrir de préférence aux dépens des cadavres. Le même principe d'économie de la nature qui accélère la destruction des restes de tant d'herbivores terrestres, en les faisant servir à la nourriture de nonabreuses légions de carnivores , se montre de même en vi^ gueur parmi les habitants des mers les plus anciennes comme des mers actuelles. Partout nous voyons la destruction dans un groupe devenir un principe d'alimentation et de vie pour d'autres groupes.

Suivant Pline, ainsi que 1 observe M. Dillwyn (108), l'animal que l'on supposait fournir la pourpre deïyr, pour obtenir sa nourriture, perçait les autres coquilles à l'aide d'une trompe allongée, et Lamarck établit

Sue tous les mollusques qui ont à la basa e l'ouverture de leur coquille une échancrure ou un canal, sont cle mdme pourvus d'une trompe rélractile perforante (109) : ce

principaux de ces mollusques à rintérieur de leur coquille enroulée.

(108) Voyez son Mémoire lu à la Société royale de Londres, en juin 1825.

(i09) La trompe dont se servent les trachélipodes carnivores pour ^rforer les autres coquilles e^l armée d*une inlinité de petites deots disposées comme les dénis d'une lime à la surface d^oue membrane rélractile que ranimai applique sur la coquille, de façon à pouvoir meure les dents en jeu et traverser du dehors au dedans la substance «alcaire ilont cette coquille esi composée ; c'est à travers ce trou qu'il peut extraire, pour s'en nourrir, I«s humeurs coulenues dans le corps du mollusque destiné à lui senit de pâture. Un exemple familier de cet organe nous est fourni par la trompe rélractile du bucanum lapillus et du buccinum undatum, sï communs surnoscdteii.

M. Osier a publié sur ce srjet, dans les Tn nîcc-

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ET DE PÂLEOiNTOLOGlE.

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font ces trachélîpodcs qui, dans son Système des animaux invertébrés, forment la section lies carnivores ou zoophages. Dans une autre section du même ordre , qu*il désigne sous le nom d'herbivores ( phytinhages), l'ouverture de la coquille est entière, et la bouche est armée d*orsanes disposés pour la mastication des végétaui.

D'après M. Dillwyn, toutes les coquilles turbinées fossiles des couches anciennes, depuis le calcaire de transition jusqu'au lias, apjiartiennent au groupe des herbivores, cl ce groupe se maintient dans la série tout entière des formations géologiques jusqu'à nos jours, où nous le voyons conserver encore son importante place ]\irmi les habitants des mers contemporaines. Quant aux coquilles des iinivalves carnivores, elles abondent dans les couches tertiaires supérieures à la craie» mais elles sont extrêmement rares dans les couches situées au-dessous jusqu'à Toolile inférieur, passé lequel on n'en rencontre plus aucune trace.

La plupart des personnes qui font des collections ont vu, sur le rivage de la nier, des milliers de coquilles vides que d'autres animaux rapaces ont perforées de petits trous l'irculaires pour parvenir jusqu au mollusque qui les remplissait et se nourrir de sa substance. On observe de semblables perforations dans une foule de coquilles fossiles de ces mêmes couches tertiaires, où abondent aussi les restes de trachélipodes carnivores; mais elles sont extrêmement rares dans les coquilles fossiles des formatitms «intérieures. Dans la craie chloritée et dans le calcaire oolitique, on en cite à peine quelques exemples, et les débris de mollusques carnivores qui les accompagnent sont également rares ; enfin dans le lias et dans b»s couches au-dessous on ne rencontre plus ni coquilles perforées, ni coquilles offrant celte échancrure de la bouche qui n'appartient qu'aux espèces carnivores.

Ces faits nous conduisent à penser que, dans l'économie générale des êtres sousniarins, la grande division des trachélipodes carnivores remplissait le même rôle nécessaire durant le cours de la période tertiaire qu'elle remplit encore de nos jours. D'autres témoignages nous font voir qVi'aux époques antérieures à la craie, et durant le dépôt de cette formation, elle fut suppléée dans ses fonctions importantes par u autres mollusques carnivores, les céphalopodes testacés. t. es derniers, eu effet, ne se montrent ({u'en proportion faible dans les couches tertiaires

iians pkHotopkiques^ (1852, n' partie, p. 497), un incntojre intéressant dans lequel il a figuré la langue du bucciuum undalum avec Tespécc de rîipe dont cet orfane est recouvert, et qui sert à ranimai oour la p rforatîOD des coquilles dont les habitants rornaent s:i nourriture; et ce savant a modifié les idées que Ton frétait faites sur ce point, en faisant voir que si, d*une part, il est en effet vrai que les coquilles à bouches échancrées annoncent dans les mollusques qui j séjournent des habitudes c!irnivores, il ne rest pas également ||u*une ouverture buccale entière, soit constamment Tiodice certain d'un régime herbivore. (110) M. DiUwyn fait encore observer qur tous les

et dans nos mers modernes ; mais les terrains secondaires et les formations de transition , dans lesquelles les trachélipodes manquent complètement ou sont extrêmement rares, sont remplies de nautiles, d'au;monites , et d*un grand nombre d'autres genres de coquilles polylhalames, voisines des précédentes et a*une beauté remarquable. Les mollusques qui habitaient ces coquilles cloisonnées avaient probablement les mômes habitudes rapaces que nous observons aujourd'hui dans les seiches: et en dévorant, comme ces derniers animaux, les testacés et les crustacés tout jeunes, ils imposaient des limites au développement excessif de la vie animale au fond des mers les plus anciennes. Leur disparition soudaine et presque complète au commencemenlde la série tertiaire eût laissé un vide dans la police do la nature; elle eût permis auxtribus herbivores de se multiplier h un excès nui fût devenu une cause de destruction pour la végélaticm marine et pour ces tribus elles-mêmes, si les carnivores détruits n'eussent éié remplacés par d'autres appartenant à un ordre différent, et destine à remplir ces mômes fonctions que la destruction des ammonites et des genres analogues venait de laisser vacantes. C'est à celte même époque géologique, en effet, que recommencent è se montrer en abondance les débris des trachélipodes carnivores, et tout nous porte h adopter cette conclusion à laquelle est arrivé M. Dillwyn, que, « dans les formations supérieures à la craie, la disparition subite et presque complète qui a eu lieu d'une tribu rapace a été com[>ensée par la création d'un grand nombre de nouveaux genres et d3 nouvelles espèces pourvues des mômes appétits et organisées Je manière à se procurer leur proie à l'aide de moyens tout différents de ceux qu'employaient les céphalopodes, h

Il paraît donc qu'il est entré dans les desseins du Créateur que la mer fût remplie h toutes les époques , et que la surface de la terre fût couverte du plus grand nombre possible d'êtres organisés et en possession de l'existence; et que, depuis le moment où commença la vie jusqu'à l'heure actuelle, un seul moyen d'exécution a toujours été mis en œuvre, qui consiste à faire du rè^ne végétal la base de la vie organique cliez les animaux, et à cenlunler la somme de bien* être accordée à ces clerniers, en livrant les espèces herbivores à la dent vorace des carnivores (110).

trachélipodes herbivores marins des couches de trarsition et des couches secondaires étaient pourvus d'un opercule que Ton pourrait regarder comme destiné à les défendre contre lescéphalo{>odes carnivoro.4 Î[ui pullulaient à cette époque, mais que dans \ 'h ormations tertiaires, on rencontre une foule de genres liérbivores dépourvus de cet appetidice, comme si c*éuit, en effet, parce qu'un* semblable boucliir était devenu inutile, après que les ammonites e* h's

Sonres voisins des céphalopode^ carnivores avaient isparu à la fin delà période secondaire, c*est-à-diie après le dépôt de la ci-aicw

eus

DICTIONNAIRE D£ COSMOGONIK

COS

M. de La Bêche a publié un tableau dans

lequel il fait voir que le poids spécifique et

i la solidité des coquilles de plusieurs genres

actuellement existants sont en rapport avec

; les habitudes et avec le séjour de Tanimal

,. ï>our lequel elles ont été construites; et il

•^en déduit des preuves d'un plan primitif

pareilles à celles qui sont résultées pour

nous de toutes les investigations auxquelles

nous nous sommes livrés avec soin sur les

formes animales vivantes ou éteintes (111).

COQUILLES FLOTTANTES. Voy. Couches SÉD1MENTA1BES.

COQUILLES, leur période embryogénaire.

Voy. Mollusques. — Coquille chez les céphalopodes. Voy Céphalopodes.

CORAN, sa cosmo^^onie. Voy. Gi^.0L0GiR.

COSMAS, ses idées en cosmographie. Voy.

Cosmographie.

COSMOGONIE. — 11 en faut bien convenir, la cosmogonie ne marche qu'appuyée sur des hypothèses ; mais d'un autre côté on ne doit faire aucune difficulté de reconnaître que l'hypothèse est utile toutes les fois qu'elle ne se donne que pour ce qu'elle est et qu'elle est appelée naturellement par l'état de la science. Pour constituer une hypothèse, on imaixine des lois simples et des causes en rapport avec les faits connus, et on essaie d'user de ces lois comme si leur réalité était démontrée ; c'est-à-dire que, ne pouvant vérifier ces lois directement et chacune à part , on essaie de s'en servir pour prévoir les phénomènes complexes où elles doivent trouver leur application, conjointer^ent avec d'autres lois. Si l'expérience est contraire, et si tout le reste du phénomène était d'ailleurs parfaitement connu et expliqué, c'est que lalôi supposée est fausse. Si 1 expérience est favorable , c'est une probabilité en faveur de la loi supposée , mais ce n'est pas encore une preuve ; car le problèmeauquelcetteloisalisfaitpouvait être indéterminé, parce qu on n'en connaissait pas toutes les conditions, et il pouvait, par conséquent, recevoir plusieurs solutions différentes, dont une seule, la seule vraie, satisfait à toutes les conditions réelles du problème, c'est-à-dire tous les faits observés ou non observés. Ainsi, une hypothèse , imparfaitement confirmée par plusieurs expériences insuffisantes , peut être ensuite renversée

(IM) c Un fait qui tratira pas échappé à TaUention de nos lecteurs, c'est que le poids spécifique des coquilles terrestres que nous avons énumërées, surpasse Sénéralempnl celui des coquilles flouantes.] *ii raison e cette difTércucc cst';>sée à saisir. Tout en demeurant d'un transport facile, les coquilles terrestres devaient résister aux cliangeinenls de température et à l'action des agents atmosphériques ; c'est pourquoi elles sont en même temps plus minces et d'une densité plus grande. La coquille de Targonaule, au contraire, ainsi que celle du nautile et des mollusques qui ont les mêmes habitudes doivent réunir la légèreté à un degré de Torce suffisant, ce qui explique pourquoi ces sortes de coquilles sont d'un poids spéciBquc moindre. La co(|[uiile la plus dense que l'on ait observée appartient a une hélice ; relïe de l'argonaute est la plus légère, et Tianthinc, mollusque flot-

par une seule (112). Cependant, elle est trèsutile, tant qu'elle peut servir à coordonner, et à lier entre eux tous les faits connus. Enfin, quand on voit une loi simple hypothétique se vérifier dans tous les cas que Ton peut imaginer, quand on la voit permettre d'expliquer et de prévoir avec précision tous les faits qui paraîtraient capricieux dans toute autre hypothèse, elle acquiert un degré de probabilité qui équivaut presque à la certitude. Enfin, 'quand il se présente des moyens décisifs de vérification , elle

Ê sut devenir une vérité tout à fait certaine. Ile restreint ainsi le domaine des faits confus et indéterminés, et en les isolant, elle permet d'y démêler d'autres lois inaperçues jusque-là.

Par exemple, en méditant sur la chute d'un corps , Newton conçoit Thypothèse de l'attraction universelle et de ses deux lois concernant les masses et les distances. Appliquée au satellite de la terre , cette hypothèse en explique les mouvements en longitude et en latitude, la rotation et la libration. Appliquée de même avec succès à toutes les planètes connues et à leurs satellites, elle explique les lois de Kepler^ et elle en montre la cause; elle explique les phénomènes de la précession des équinoxes et do la nutation. Elle permet de construire une mécanique céleste, d'où l'on conclut d priori, par la connaissance des forces motrices, les mouvements des corps du système solaire, les mouvements périodiques des mers, et les époques précises des retours de celles des comètes sur lesquelles on possède assez d'observations. On découvre les mouvements des étoiles doubles, et bientôt on voit que leurs révolutions s'opèrent d'après les lois de Newton, qui permettront un jour de calculer les distances et même les masses de ces étoiles. Quelquefois, cependant, les deux lois de Newton semblent se trouver en défaut. C'est alors qu'elles se justifient d'une manière éclatante par des conséquences inattendues, par exemple, ])ar la théorie des perturbations; ou bien en signalant les fautes ou Timpuissance de Tobservalion, en y suppléant et en conduisant ainsi à des découvertes aussi belles qu'inespérées. Uranus semble rebelle aux lois do Newton et aux calculs de Laplace. C'est qu'un des éléments

tant, est également au nombrede ceux dont la coquille est spécifiquement la moins oense. Le |>oids spériiique de toutes les coquilles terrestres qui ontétc étudiées est supérieur à celui du marbre de CaiTare, et à peu près égal à celui do TarragLonite. Quant aux coquilles marines et d'eau douce, elles surpassent toutes ce même marbre de Carrare, à Pexceptio:! des genres argonaute, nautile, ianthine, lithmiome, hallotide, et d'un grand taret des Indes oHenfalcs, à coquiUe ravonnée cristalline. Le poids 8pécifii|ue de la coquille de Thaliotide est exactement égal à celui du marbre que nous avons pris pour tenue île comparaison.» (De La Bêche, Geolog. Researchei^ i854, fig. 576.) V. Mollusques.

(113) pag. Herscuell, Discours sur Vétndede la philosophie naturelle , n' partie, chap. 7, p. il 9 et suivantes.

CÛS

ET DE PALEONTOLOGIE

COS

du calcul a échappé à 1 obsenration, et c^est le mathématicien qui montre à Tobservateur une planète nouyclle. Entre les observations des éclipses des satellites de Jupiter, on ne troure nas exactement les intervalles marqués par le calcul. La cause de ces différences itères, qui affectent nos observations, et non les phénomènes eux-mêmes, se trouve dans riné^alité du temps que la lumière meta venir des satellites de Jupiter à nous, suirant la différence de leurs positions dans leors orbites, et c'est ainsi que nous a;)preuons en combien de temps la lumière traverse ces orbites, et, par suite, quelle est la vitesse de la lumière en général.

Ainsi , les hypothèses servent beaucoup à la science, ou, pour mieux dire, la science n avance pas sans elles. Sans hypothèses , pas de ^ands progrès : les observations jteuvent s*entasser ; mais elles restent stériles, parce qu^elles sont faites au hasard et 5ans but, et parce qu'elles ne se rattachent à aucune pensée qu'elles puissent, soit conûr- Uicr, soit réfuter au proGt d*une pensée nouvelle. On aura beau faire, la patience iuiutelligente ne remplacera iamais le gé* cie. L*œuvre du sénie dans les sciences, c'est la création des bonnes hypothèses. P»jur l'esprit humain , inventer c'est créer. Mais il faut que ces créations de l'esprit humain soient a accord avec l'œuvre de Dieu, et c'est par l'observation qu'on s'en assure, liosi, quoique les hypothèses soient de Tut Jité la plus haute et la plus indispensable pour la science , ii faut pourtant prendre trarde de perdre à hasarder de vaines hypot^èses le temps qu'on pourrait employer plus utilement à découvrir des lois certaines, qui seules fournissent les moyens de véri • lier les h>i)othèses elles-mêmes.

Ces préliminaires étaient nécessaires à propos d'uu sujet dont rien, dans la science, n*é^e la profondeur et les difficultés, et qui a donné lieu à l'invention d'une foule ce théories ou d'hypothèses, dans lesquelles trop souvent on remarque plus de témérité que de science solide. Quelques savants sartont ont cherché à appuyer leurs systèmes sur le texte sacré de la Genèse; il en e<t résulté autant d'interprétations diverses, que de théories imaginées dans le but spécieux de mettre l'historien sacré d'accord avec les découvertes de la science; ce sont les théoriciens de ce eenre que nous repoussons ; mais quant a ceux qui rejettent au delè du récit mosaïque toutes leurs idées spéculatives sur la formation du monde et son évolution, nous applaudissons à leurs efforts toutes les fois qu'ils ne sont pas en désaccord avec les découvertes de la science ; ositive, et qu'un Dieu créateur et modérateur de la matière, et non un matérialisme stupide, est au fond de leurs systèmes.

La matière première^ indéterminée, n'est qu'un vain mot, auquel ne correspond au-

<tl5) Ce dernier ar^ment a été fort bien présenlé I»ar !• Barnalât'*Gerdil, mort cartlinal en IHOI, lhw>- U'^i'^n justement estimé , philo^ojihe rartébien trop

cune réalité. La matière réelle des corps réels, c'est ce qu'on a uommé souvent matiêre seconde : ce sont les substances dont les corps se composent, c'est-à-dire les atomes premiers, substances actives, étendues, impénétrables, continues, chacune en particulier, mais distantes les unes des autres, dont les divers agrégats constituent tous les corps. Quand les corps se dissolvent, leurs atomes subsistent et entrent dans de nouvelles combinaisons.

Quelle est la cause de l'existence des atomes, des lois qui président à leur activité, à leurs combinaisons et à leurs mouvements? En d'autres termes, quelle est la cause première de l'existence, des révolutions et de l'ordre actuel de l'univers?

Les atomes dont les corps se composent ne périssent pas avec eux, et peuvent avoir existé avant chacun d'eux: mais ni les atomes, ni les corps, n'ont l'existence infinie, immuable, indivisible, de Dieu et des idées éternelles : ils durent^ et par conséquent ils ont commencé d'être, et leur existence actuelle n a rien de nécessaire. Il faut donc au'il y ait une cause première de l'existence e chacun d'eux et de tous ensemble. Les lois de leur activité, de leur puissance motrice et do leur mobilité ne sont pas plus nécessaires que leur eiistence même. 11 faut donc qu'une raison suffisante, extérieure (*i supérieure à eux, ait déterminé ces lois. En suppo5ant même, contre toute raison, que ces lois fussent nécessaires, et que la matière à laquelle elles s'appliquent existât nécessairement, l'ordre actuel aurait encore besoin d'une cause prise hors de la matière. En effet, il est bien vrai qu'étant donné un certain système de positions et de mouvements primitifs pour tous les atomes, une certaine série de révolutions résulterait infailliblement de leurs propriétés et de leurs lois; mais à chaque système de positions et de mouvements primitifs correspondrait une série différente de révolutions. L'ordre actuel n'est donc point la conséquence nécessaire des propriétés et des lois de la matière, telles que l'observation les découvre; mais cet ordre suppose de plus un certain arrangement primitif. Il faut donc qu'une cause extérieure et supérieure à la matière en ait distribué primitivement toutes les parties, de telle sorte que, de cette disposition première, les propriétés et les lois de la matière aient fait sortir nécessairement l'ordre actuel, qui autrement serait sans raison suffisante (113).

Il est.donc nécessaire de reconnaître Dieu,, d'ime part comme organisateur, d'autre part comme créateur de la matière, dont l'existence même, aussi bien que l'ordre et les lois, supposent une cause première. Il est bien vrai que les causes qui tombent sous notre observation, soit interne, soit externe, ne produisent que des changements de ma-

pea connu. Voyez son Recueil de dissertations snr quelques principes de philoMphic et de rtligioê^ p. ^0 cl suiv. ; Paris i7«0, in- 12.

ÎS7

cos

DICTIONNAIRE DE COSMOGONIE

nières (]*6tre ; mais Tidée de cause, |qui se révèle à nôtre raison dans loute sa généralité, à Toecasion de Tobservation des causes ])articulières et de leurs actes, est une idée {iremière, absolue et afTiroiative, qui n*exdut point la production des substances actives et de leurs facultés, et la raison nous montre la nécessité d'admettre cette production. Elle ne nous fait pas comprendre non plus jusque dans sa raison dernière le comment de la production, chaque jour observée, des changements dans les êtres. L'observation interne nous montre les limites de notre causalité; l'observation externe nous laisse entrevoir les limites de la causalité des autres êtres contingents ; mais aucune induction légitime ne nous autorise à Imposer des limites semblables à la cau-^ salité de l'Etre suprême. D'ailleurs, je suis un être pensant, et par conséquent simple ; mon existence est soumise au temps et a la durée ; par conséquent elle n'est pas éternelle. En effet, mon cœur est né d'hier, et aucun souvenir ne me dit que j'aie existé avant mes organes corporels; or, un être simple ne peut commencer d'être, gue par la création de sa substance indivisible ; la création des âmes ne peut donc être qu'une création de substances, et il n'y a de doute possible que sur l'époque , et non sur la réalité de cette création.

La production ûqs substances étendues, de même que celle des substances simples non éternelles, doit donc être attribuée à celui qui est la source même de l'être, parce qu'il en a eu lui-même la plénitude. Tout ce qui est éternel est en Dieu et participe comme attribut au mode de sa substance , à son existence une , indivisible et immuable. L'idée éternelle de l'espace et du temps, d'où résulte la possibilité absolue des corps, et l'acte de la volonté divine d'oi!l résulte leur existence réelle , sont éternellement en Dieu ; il veut éternellement l'existence de la matière dans l'espace, la succession de ses manières d'être dans le temps, ses mouvements dans le temps et dans l'espace , et par suite , l'existence de tel corps en tel temps et en tel lieu donnés. Le temps et la durée ont donc leur principe dans l'éternité, mais n'en font pas partie. L'éternité n'a point de parties, el elle n'appartient qu'à l'Etre nécessaire et immuable et à ses manières d'être Le temps est la durée idéale et indéfinie qui embrasse toutes les durées réelles. Celles-ci sont nécessairement finies quant à leur partie réalisée, et elles ont par conséquent un commencement, bien qu'elles Euissent être illimitées quant à leur avenir, a durée du monde et sa perfection relative tendent sans cesse vers l'infini, qu'elles n'atteindront iamais. Cette loi de progrès sins laquelle l'optimisme serait insoutenable, ne peut se concilier avec l'hypothèse, inadmissible d'ailleurs , de la création éternelle d'un monde éternel : quand même les mots de passé et d'infini n'exprimeraient pas des idées essentiellement contradictoires, si le monde indéfiniment ncrfoclibîe

avait un passé infini , il aurait déjh réalisé un progrès infini ; il aurait atteint ta perfection suprême, qu'il n'atteindra jamais, en y tendant toujours,

Nous ne comprenons pas, il est vrai, comment l'existence indivisible de Dieu et des idées nécessaires est présente à tous les temps, sans être elle-même dans le temps, et comment , par conséquent, l'acte éternel par lequel Dieu crée est présent à toutes les durées des créatures; mais nous comprenons que nécessairement il en doit être ainsi et qu'il n'en peut être autrement. Cela doit nous suffire; il faut nous résigner à ne pas comprendre l'infini , et surtout il ne faut pas essaver de le rabaissera notre niveau, de le réduire à notre mesure, de créer, pour le besoin de notre imagination et en dépit de notre raison , un infini composé de parties, une éternité successive , dont la moitié serait écoulée. Le vrai incompréhensible, mais certain, vaut mieux que l'absurde plus accessible.

Ainsi, ceux qui demandent ce que Dieu faisait avant la création font une question ▼aine, à laquelle d'ailleurs les platoniciens avaient répondu avant Fénelon. Dieu na pas été, il ne continue pas d'être , il ne sera pas; il est et il crée. Mais le monde a été, continue d'être et sera. Dieu voit ces relations d'antériorité et de postériorité là où elles existent, c'est-à-dire entre les êtres créés et leurs manières d'être successives , et non en lui-même ou par rapport à luimême ; car il est en dehors des conditions du temps. Il ne faudrait donc pas demander non plus de combien de temps le commencement du monde est postérieur à l'acte éternel par lequel Dieu crée. Cette question est un non-sens, car aucune époque n'est postérieure d'une quantité de temps quelcon- 3ue à ce qui est éternel. C'est comme si Ton emandait de combien de temps l'existence de tel corps sphérique est postérieure à l'existence de cette vérité éternelle, que tous les rayons de la sphère sont égaux entre eux. Dira-t-on que, si le monde n'a pas toujours été. Dieu lui est antérieur^ et que, par conséquent. Dieu a été oisif avant d'être créateur ? Les partisans de la création éternelle doivent savoir que Yantériorité de la cause à l'effet peut n'être que logique. Dieu est logiquement antérieur au monde, c'està-dire que l'existence du monde dans les temps suppose nécessairement l'existence éternelle cie Dieu ; mais ce n'est pas à dire que, le monde existant depuis un cerlain temps , Dieu ait existé oisif dans un temps antérieur. Dieu n'a pas existé dans un temps: il existe dans V éternité une et indivisible , el il y existe comme créateur. Ce n'est pas Diea oisif, c'est Dieu créateur qui est antérieur au monde, et il l'est logiquement comme les vérités éternelles le sont aux objets auxq^uels elles s'appliquent. Dieu n'a pas été oisif, puis créateur : il est créateur éternellement ; mais l'ensemble des choses créées a commencé dans le temps , en vertu de la volonté créatrice éternelle. Demandera-

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t-on pourquoi Dieu n*a pas voulu que l'existence du monde commençât plub tût , et quelle raison suiCsantoila eue de faire commencer Toxistence du monde en tel point du temps plutôt qu*en tel autre? Cette question est encore un non-sens : le temps , en lui-même , est tout à faitindéterminé, puisqu'il n*est autre chose que la possibilité indéfinie de la durée. Le commencement de l'existence du monde est la [)remièrc détermination qui ait été introduite , le premier point qui ait été posé dans le temps indéfini. Ainsi , Dieu n'a pas eu à choisir entre plusieurs points préexistants : il fallait oien qu'il j eût un premier instant du monde ; ce premier instant aurait pu être différemment situé par rapport à une époque donnée de l'existence du monde actuel, mais non ))ar rapport à un point pris en dehors de celle existence, puisqu'il n'y en avait aucun. De

âuelcjue manière que fe monde commençât, n'aurait pu commencer ni plus tôt, ni plu3 tard , soit par rapport à réternité , seule existence réelle qui lui soit antérieure , et qui Test logiquement , mais non par un interralle de temps, soit par rapport au temps, être idéal , qui n'a cessé d'être entièrement indéterminé et n'a commencé d'avoir des parties distinctes, que précisément par le commencement de l'existence du monde.

Toutes les objections, anciennes ou récentes, contre la création non éternelle dans son effet, quoique éternelle dans sa cause immuable, sont de l'espèce de celles que nous Tenons d'examiner : elles passent toutes à côté de la doctrine que nous avons exposée, et qui n'est pas nouvelle ni ignorée dans rhistôire de la philosophie. Fénelon avait pu trouver déjà le principe de cette doctrine dans Platon, dans Plutarque, dans Nuujenius et dans Boèce, du moins en ce qui coucrTne la distinction nécessaire du temps et de l'éternité. Puissions-nous avoir formulé cette doctrine d'une manière plus complète^ plus précise et plus inattaquable!

La création, acte éternel de Dieu, d'où résultent l'existence non éternelle de l'ensemble des choses créées et leur durée successive, est donc la seule explication vraiment rationnelle et philosophiquement acceptable de l'existence des substances contingentes. Cette explication n'est pas complète sans doute; mais elle ne peut pas l'être, et nous savons pourquoi ; le rapport du fini à l'infini ne peut être compris par une intelligence bornée, qui ne peut comprendre entièrement l'infini, ni par conséquent le fini : pour se rendre parfaitement compte d'un rapport, il faudrait en connaître parfaitement les deux termes. 11 faut se contenter de savoir que ce rapport existe et quelle en est la nature. Le rapport du fini à 1 infini est celui de l'effet à la cause, de l'effet non étemel à la cause éternelle, de l'effet qui a commencé et qui dure dans le temps à la cause qui existe oùtis son éternité indivisible. Or,

(-114) Tramact. phitcioph. 4833.— Traité d'aitronomie^ etc. — Laplace, Aropcrc, Arago et beaucoup d*aiitreii.

une cause peut produire hors d'ellc-raêmop comme le prouve la production journalière des modes d'une substance active par l'activité d'une autre substance, qui excite l'artivilé de la première. Les substances cont ngenles, (jui n'ont pas eu elles-mêmes leur raison d être, ne peuvent produire que des modes. La substance nécessaire, qui a sa cause en elle-même, peut produire des substances, et elle en produit, puisque des substances non nécessaires existent. Le rapport du fini à l'infini, qui est celui de l'efifet à la cause, n'est donc pas en même temps celui du mode à la substance, puisque les attributs du fini sont contradictoires avec ceux que la raison nous fait entrevoir dans l'infini ; puisque le fini nous apparaît comme étant précisément ce que l'infini ne peut pas être, cl réciproquement ; mais surtout puisque l'existence des puissances finies, et d'abord de la nôtre, à titfe de substances et non à titre de simples modes d'une substance unique, nous est prouvée par les données réunies de l'observation et de la raison.

Voilà comment et jusqu'à quel point la philosophie nous semble pouvoir éclairer la question générale de l'origine des êtres conlingents.

Ces principes établis, nous allons exposer brièvement la théorie cosmogonique qui a été le plus en vogué parmi les savants. Imaginée d'abord par W. Herschell, puis développée par l'autour de la Mécanique céleste {Voy. Laplace), elle a été depuis adoptée par quelques cosmogonistos, bien intentionnés d'ailleurs, qui ont prétendu la trouver tout entière dans le premier chapitre do la Genèse. Cette idée n'ft abouti qu'à faire du texte sacré le plus étrange logogriphc. Nous examinerons celle théorie à ce dernier point de vue aux articles Godefroy, Marcel DE Serres, Jours -périodes, etc. Ici, nous ne la considérons que sous le rapport des exigences de la science elle-même, et nous montrerons en peu de mots que l'un de ses plus habiles défenseurs, le marquis de Laplace, n'a pu se passer de Dieu dans la formation de l'univers, quoique ce fût là le but que se proposait l'orgueilleux savant. — Selon cette théorie, le premier acte de la création paraît avoir élé de remplir l'incommensurable espace d'une matière éthérée, qui, d'après les plus récentes découvertes astronomiques, dues principalement aux infatigables recherches des Herschell (IH), va se condensant en amas plus ou moins globulaires d'étoiles ou soleils, de comètes, de pkmètes, de satellites, etc., amas isolés dans les cièux, soumis à des lois qui ne régissent qu'eux seuls, et placés à une distance si considérable de la terre, que la lumière qu'ils nous envoient, mue avec une vitesse de 80,000 lieues métriques par seconde, s'en est dégagée il y a probablement plus do mille ans (115). Chacune de ces masses glo-

(115) Ce qui fait un total d'au moins 24,608,080 minions de lieues jpour leur distance de la terre.

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DICTIONNAIRK DE COSMOGOrOS

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biliaires, eonslilunnt ce que Ton appelle une nébuleuêe^ est considérée comme le germe d*un système de mondes futurs, analozue au système de mondes dont notre soleil et nos étoiles font partie. Car, suirant cette hypothèse, tous les corps célestes que nous apercevons dans Tespace autour de nous ne forment qu'une nébuleuse, parvenue au point où toute la matière s'est concentrée en noyaux solides, et comparables, pour la forme, à une meule de moulin dont la voie lactée indiquerait le diamètre (116), et qui comprendrait, dans son épaisseur, toutes les éloilps que nous découvrons à droite et à gauche dans le sens de ses deux faces.

A présent, si nous recherchons quelle force, en résistant à Taction de la pesanteur et à celle des affinités chimiques, a dû originairement s'opposer à la condensation de cette immense masse à Tétat de fluide élasti* que, dont tous les globes de notre nébuleuse particulière auraient été formés, c'est dans Je calorique que nous devons naturellement la placer. Mais, en vertu des lois de la chaleur rayonnante, et à la suite de siècles qui échappent à tout calcul, toutes ces matières si diverses se seront graduellement refroidies en se partageant entre une multitude de noyaux ou centres d'attraction, selon l'ordre de leur pesanteur spécifique ; de gazeuses, elle seront devenues liquides, puis solides à divers degrés, de manière, toutefois, que la température de chaque dépôt successif et concentrique ne se sera jamais élevée au-dessus de celle à laquelle le dépôt aura d'abord été formé. A l'état liquide, chacune de ces masses, soumise à un mouvement de rotation sur elle-même, aura pris la forme d'un sphéroïde renflé à son équateur, aplati vers les pâles (117).

Ainsi, pour nous renfermer dans un cercle comparativement beaucoupplus restreint, l'espace qui s'étend jusqu'aux orbes des planètes les plus reculées de notre système solaire, jnsau'à l'orbite d'Uranus, par exemi>le, éloignée du soleil de 737 millions de lieues, toutcet espace n'aurait été à l'origine qu'une vaste nébulosité, ayant pour centre le centre de notre soleil, dont elle formait comme l'atmosphère. Par suite de la condensation progressive et continue que le refroidissement opérait aux extrêmes limites de cette immense masse de vapeurs (118), mise en mouvement sur elle-même , des niasses partielles, ries agglomérations distinctes s en détachaient successivement dans

M 16) Cestà cause de Ténorme largeur de cette nébuleuse, dont nous occupons à peu prés le centre, que les étoiles qui la composent, vues dans le sens du diamètre, présentent à Foeil nu Tapparence de levers nuages blancs, formant ce qu*on appelle vulgairement la voie lactée^ composée de myriades d*étoiles les unes derrière les autres. Diaprés Testimation de W. Herschell, il en passa 50,(M)0 au moins dans le champ de son télescope en une heure, et dans ime zone de S degrés de largeur seulement.

On connaît 2,500 nébuleuses et groupes d'étoiles; elles out une grande variété de formes.

M 17) C'est ce que démontre, pour la terre, le calcul basé soit sur les lot^ de rhvaio.sialiine, soit sur

le plan de son équateur. En verUi du principe des aires, à mesure que l'atmosphère solaire se resserrait, le mouvement de rotation s^accélérait, la force centrifuge due à ce mouvement devenait proportionnellement plus grande, et le point où la pesanteur lui est égale se rapprochait du centre du soleil. Toutes les masses de vapeur ainsi abandonnées à des époques et à des distances diverses, continuaient de circuler autour do Taslre central, leur force centrifuge ou tf in * pulsion se trouvant balancée par leurpe* sauteur, c'est-à-dire i>ar la force attractite du soleil.

Toujours conformément aux mêmes lois, ces masses secondaires, constituant ce que nous appelons les planètes, par la condec* sation de Tatmosphère propre dont elles étaient environnées, ont formé aux limites de cette atmosphère de nouvelles masses globulaires, circulant autour du centre des planètes dont elles sont devenues les s&tellites.

Le peu d'excentricité des orbes des planètes et de leurs satellites, le peu d'inclinaison de ces orbes à l'équateur, et l'identité du sens des mouvements de rotation et de révolution de tous ces corps avec celui de la ro ation du soleil, paraissent donner à ceUe hypothèse un nouveau de ^ré de vraisemblance.

En admettant que les choses se soient cassées de la manière que nous venons de I exposer relativement a la formation originelle de chacun des globes de notre système, el faisant abstraction de toute réaction chimique entre les diverses substances simples et composées qui constituent chaque dépôt particulier, on peut imaginer qu il y aurait eu homogénéité de com)X)sition entre chacune des enveloppes concentriques et une exacte séparation des unes d'avec les autres par des lignes de nivean. Mais pour eipli-

auer l'état du globe terrestre, où tout atteste 'immenses explosions et des déchirements sans nombre, il faut rendre aux éléments des couches successives es propriétés chimiques dont ils sont doués. Alors l'ordre régulier que nous supposions tout à l'heure est détruit, et il se manifeste d'innombrables réactions et combinaisons nouvelles qui amènent des soulèvements, des brisements, des bouleversements, et une série de phénomènes d'une prodigieuse grandeur, accomplis pendant la durée de périodes de temps

Faction des perturbations lunaires. Cet aplatlsscrofni de la terre aux pôles est de t;305, d*après les calculs de Clairaut et de Laplace.

(118) H. Poisson, lui, établit f|ne la déperdition de toute la chaleur d'origine précédait ou accompa-

Snait la solidification des masses, que les quanti t*^ e chaleur dégagées étaient transportées à la surface où elles se dissipaient dans Tespace sous forme rayonnante, et que la solidification commen<:aii par les couches centrales. {Théorie maîhémat. de la chaleur, p. 427.) Dans Tune et Tautre théorie, oue devenait cette prodigieuse quantité de calorique? On ue nous le dit pas. Voy, I^oisson (M.).

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a DE PAIAONTOLOGIE.

immenses (119), sur toute Tétendae de la

sarbce du globe

Cependant les siècles 9*écou]ent, Téner- Çqne effenrescence de tons les éléments antipathiques qui se combattent et qui se mé* lent diminue par Teflet des combinaisons et d*ao refroidissement toujours nrogressif; la croûte M)lidifiée s*épaissit, se nie peu à peu ualgpré des commotions fréquentes, des bouler ersements partiels et une foule de phénomènes chimiques et météorologiques ; Tat* mosphère enrironnant le noyau condensé, d'abord d*une immense étendue et composée d*Qne foule de substances diverses à une excessiTe température, subit une longue suite de modifications, jusqu'à ce qu'enfin sa température soit assez abaissée pour que la vapeur d'eau puisse passer à Tétat liquide et se précipiter à la surface de la terre. Alors commence une nouvelle et longue série de réactions chimiques : une immense oxydation s*opère par le contact de Teau avec les bases métalloïdes des terres et des alcalis , en dégageant une énorme quantité de chaleur qui volatilise les eaui à mesure qu'elles arrivent. Mais le refroidissement augmentant de plus en plus, Teau se précipite en plus grande abondance; le noyau solide est entouré d'un vaste océan acide, qui, pénétrant dans rintérieur du sphéroïde, y déterojine une oxydation violente; la croûte sufférieure est soulevée, brisée de toutes parts, viuodise à des remaniements, et pour résultat de ces prands mouvements mécaniques, la terre se nérisse de montagnes autour desquelles roulent les flots brûlants d'une mer azitée p»ar les marées, les courants, etc., et douée d'une prodigieuse puissance d'érosion. Sous Inaction prolongée cle ces eaux, si éner- ^iquement dissolvantes, les éléments des

M 19) On a été conduit, par de savante calculs, k re résiilial remarquable que la terre, une fois écbanfffe a vne température quelconque, et plongée dans Qo Miffien plus froid qi relie, ne se refroidit pas plus, davs t'espace de I,i80,000 années, qu'un globe de 3^ nrillîiBèires de diamètre, formé de matières pa* reilles, et placé dans ks mêmes circonstances, ne le fc-rait ea mae seconde, La durée de ces grands phénomènes, dit Foorier, répond aui dimensions de Tubiv^rs; elle est mesurée par des nombres da mémo •rJre que ceui qaî ex|>riraent les distances des étoile fixes. (Amuste* de chimie ei de physiaue [ octobre i^ii^.) D est démonlré que depuis 2,(KMi ans, le jour K4éral B*a pas varié de l/tOO* de seconde , ou que la dimiBUtion de la température de la moêsè toiuU dn glofce a été moindre de t/2U0* de degré ; c'esi-à- Aie qnll est démonlré qu*en 2,000 ans la lerre n*a pas éprouvé la plus légère diminution dans ses dimea&îons.

(liO) L^eau Imiillante passe de 100 degrés à 172 par b compression de 8 atmosphères, et à !£65,89 par h compression de 50 alraosphères. Si Ton suppose qae le tiers on même le quart des eaux marines était a rélat de vapeur lorsque les premiers granits se fcriBaîenC, ce sera au fond d^une masse d*eao comprînée par le poids de 50 atmosphères et soumise à «ne fhairur de plus de 265 degrés que se sera opéré le remaniement des détritus granitiques , et leur ag « g««iti2alîon par le ciment siliceux et feldspatbiqne qu'alandoonèreat les eaux m dcvena'^t moins chau-

roches eranitiques sont désagrégés (120) « leurs détritus» longtemps tenus en suspension mécanique dans les eaux, se déposent peu à peu au fond des mers, et se convertissent, sous Tinfluence de la chaleur centrale, en .immenses lits de gneiss, de micaschistes*, de roches amphiboliques , de schistes argileux, etc. (ISl). Les agents atmosphériques secondent Taction des mers dans ce travail de destruction, en attaquant avec une violence désintégrante, oui ne se retrouve plus dans aucun des météores actuels, toutes les masses minérales qui s'élevaient au-dessus du niveau de ces mers primitives, au fond desquelles sont balayés tous ces abondants matériaux sous forme de vase, de sable et de gravier.

Telle serait la solution d*undes problèmes les plus difficiles et ies plus compliqués de la géologie, celui de la formation de cette immense masse cristalline à surface irrégulière qui sert de fondement à toutes les couches sédimentaires stratifiées qui lui sont superposées, et dont tous les matériaux proviennent de la disgrégalion opérée primitivement dans ces masses granitiques par des forces d*un grand pouvoir de dissolution.

Parmi les nombreux agents physiques dont Faction parait avoir le plus puissamment influé à toutes les époques sur la composition et Tarrangement des éléments du monde matériel, la dynamique géologique place donc au premier rang deux principes antagonistes, le feu et Teau; insiruments d'une énergie immense, qui ont déterminé visiblement, dans Téconomie de notre globe» à sa surface comme dans son intérieur, les plus étonnantes révolutions et les changements les plus féconds en résultats d'une haute importance. Tels sont les deux grands

(121) n eiîste plusieurs théories sur la fonnatlon de ces premières roches stratiliées qui ne contiennent aucun débris organique. ( Voy. dc la Bëchc, RecheTches sur la part. Ihéor, de la géologie^ ch. U.)

La consolidation des divers dépôts sédimei lairrfl s*est effectuée sous rinfluence de plusieurs causes. Si Taetion de la chaleur a dû contnbuer â convertir ks premiers dépôts de sable en quartz compacte ?t les premiers lits d*argile en schistes argiient, da.«s les terrains stratiformes primitifs et dans les roches de la grauwacke, la consolidation des couches argileuses, secondaires et tertiaires peut très bien s'eipliquer par une pression considérable, ou par Fadmission de carbonate de chaux, lorsque Targile devient mameuse. Cette même pression rend compte de h transformation des sables en lits de ijrès, dans les mêmes terrains, transformation qui a été favorisée, dans un grand nombre de circonstances, par !a précipiution d'un ciment Untôt calcaire, tantôt sillceui, d^osé très-probablement par quelque vo.0 humide, de la même manière que se forment les stalactites et certaines concrétions quartzeuses , la chalcédonie, etc. Ce dernier prccéde parait être celui qu*a employé la nature pour la formation des marbres, bien que plusieurs marbres cristallins aient pu se former par Faction du feu sous upc pression énorme. Les dép^ des eaux dc Saint-Philippe, en Toscane, forment iournellcment des marbres qui ont la cassure, Taspect et tout ce qui constitue les marbres dits primitifs ou statuaires.

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leviers à Taide desquels 1 inlelligence créatrice paraît avoir pétri, façonné, disposé la malière inorganique de notre monde ; et jusqu'au ipilieu de la turbulence et du désordre apparent de tant d'éléments opposés, sa sagesse providentielle et sa toute-puissance éclatent par l'uniformité des lois qui ont réglé tous ces mouvements, dirigé toutes ces forces, présidé à l'accomplissement de tous ces étonnants phénomènes.

Beaucoup d esprits du premier ordre appellent grande et simple 1 hypothèse cosmoconique que nous venons d exposer (122); (]uelqucs-uns la trouvent absurde, quasi impie ; elle paraît à d'autres assez ingénieuse, et surtout parfaitement innocente^ S*il nous est permis d*émettre notre sentiment à cet é^ard, nous dirons que nous sommes assez disposés à nous ranger du côté de ces derniers. Nous pensons que, pour parvenir à ses fins, il a sulTi à l'éternel géomètre de laisser un libre cours aux agents naturels une fois mis en action par sa volonté toutepuissante (123). Nous ne voyons aucune impiété à supposer que Dieu n'a pas créé instantanément les globes sans nombre qui ('i«rculent dans l'immensité. Il l'aurait pu ^ans doute, qui le nie? mais l'a-t-il fait? I-a Genèse est-elle donc si explicite à cet égard? Que Dieu ait employé à créer ce monde un moment, ou cent mille ans, ou mille millions d'années, qu'importe à sa gloire? L'éternité tout entière n'est-elle pas toujours au delà?Répugne-t-il è ses attributs d admettre qu'il ait soumis à des lois organisatrices les éléments de la matière dont il a formé les mondes, et qu'il leur ait fait subir une longue suite de modiGcatinns, à peu près comme il fait dépendre d'une succession de phénomènes 1 accroissement du ehène de nos forêts? Qui s'étonne que cet ftrbre, qui nous ombrage de sa vaste cime, n'ait pas poussé, tel qu'il est, dans l'espace «lune minute, au lieu de n'avoir développé son tronc majestueux qu'après trois siècles ifl'évolution ? Et les éléments dont il est composé ont été, eux aussi, à l'état de gaz ou de vapeur. Personne ne songe & faire un crime au savant de rechercher les lois physiologiques qui ont présidé à la croissance du cnène, l'honneur de nos forêts ; pourquoi ne lui serait-il pas permis aussi de rechercher les lois génésiaques qui ont présidé à la for-

(122) c L*liypothèse qui nous présente les matériaux du globo comme ayant existé primitivcmeut S' us la forme d'une nébuleuse, offre, dit le célèbre fiucklafid, la théorie la plus simple et par conséquent la plus probable de la condilion première des éléments matériels qui composei-l notre solaire. »

Un autre savant anglais , M. Whewrll, a fait voir jQsqu*;i quel point cette théorie, supposée vraie, tend à augmenter nos convictions sur Texistence d'une intelligence prrmiilivc cl prtsiiiant à tout. (Voir son Traité de Bridgeivater, ch. 7.)

« Toutes les théories mooernes, fondées sur les données les plus positives que nous fournissent l'astronomie, la physique et la géologie , admeuent que la terre ciail pnmitivenïonl à Tétai gazeux, c*esl-àdire que toutes les substances sol des qui h composent aujourd'hui se trouvaient disscmitiées à l'état de

mation de la terre et des corps célestes qui peuplent leGrmament?

Au reste, la loi du développement graduel se retrouve dans tous les ordres de phénomènes de la nature, qui, comme Fa dit un observateur célèbre, ne/at7 rien par saut [tîk). Elle parait ôtre une des lois les plus universelles de la création. Le temps est Télément nécessaire du perfectionnement de toutes choses, et cette observation est aussi applicable au monde moral qu'au monde pbysi- 3ue ou organique. Le minéral polvèdre n'est 'abord qu'une molécule autour de laquelle viennent se ranger symétriquement d'autres molécules; toute plante, à son origine, n'est qu'un germe, tout animal qu'un embryon, et cet embryon et ce germe n'arrivent à'ieur entier accroissement que par une marche progressive.

a L'ordre même observé dans la création des six jours, qui se rapporte à la disposition présente des choses, semble indigner que la puissance divine aimait à se manifester par des développements graduels, s'éievant en quelque sorte avec mesure de l'inanimé à l'organisé, de l'insensible à l'instinctif, de l'irrationnel à l'homme. Et quelle répugnance y a-t-il à supposer que, depuis la première création de 1 informe embryon de ce monde si beau, jusqu'à ce qu'il ait été revêtu de tous ses ornements , et proportionné aux besoins et aux habitudes de l'homme, la Providence puisse avoir voulu conserver une gradation analogue, au moyen de laquelle la vie aurait progressivement avancé vers la perfection et dans sa puissance intérieure et dans ses instruments extérieurs? Si les phénomènes découverts par la géologie manifestaient l'existence dun pareil plan, qui oserait dire qu'il ne s'accorde I\as dans la plus stricte analogie avec les voies de Dieu dans la loi physique et morale de ce monde? Ou qui assurera que ce plan contredit la parole sacrée, puisque pour cette période indéfinie dans laquelle l'œuvre du développement graduel est placée, nous som^ mes dans une complète obscurité (125) ? »

Ce n'est pas que nous n'ayons bien des difficultés à opposer à la théorie en question , et l'on n'en doit pas être surpris : le sujet est certainement le plus ardu qu'on puisse se proposer.

Et d'abord nous observerons que les névapeur, dans un espace beaucoup plus grand que celui qu'elle occupe aujourd'hui. » (Becquerel, TraiU de rétectricîté et du maanélhme^ l. I"', p. 4ôO. Voir aussi DE LA BÊcnEf Recherches sur la partie théorique de la géoloaie^ c. 2. )

(i!25) c La sagesse divine embrasse avec une force infinie et la raison première et la fin dernière des êtres, et dispose tout avec douceur pour les conduire à cette fin. > {Sat/esse, viii, 1.)

(124) Ratura non agitper saltum.\L\SKt,) — Cetif loi de continuité qui semble régir toute la nature, a donné lieu à une foule de découveites physiques, et a conduit à In connaissance d*anal)gies, de relations intimes entre des phénomènes qu on ne soupçonnait pas d'ulord en avoir aucune.

(125) NViSEMAis, biscour^ sur Us rtipports entre U science et Tî religion révélée ^ lom. I", p. 302.

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hnleoses sut lesquelles on s*appuie sont les ol^els astronomiques (es moins connus de tout le del étoile* et sur la nature desquels les sarants sont le moins d'accord.

On suppose que ces masses de matière diffuse se condensent et se séparent en d'autres nébuleuses à plusieurs sièges d'attraction ; mais ce n*est là en effet qu'une pure supposition, et le télescope n*a encore rien révélé aux astronomes qui porte à croire 'qu'une pareille transformation s*opère.

On peut fort raisonnablement.coi^ecturer que les étoiles, environnées de nébulosités sont de grandes étoiles, centres d'autant de systèmes célestes d'une nature particulière^ et que ee qui donne lieu à ces nébulosités apparentes* c'est la réunion d'une multitude d autres étoiles trop petites pour être observées. On peut penser encore que ces nébuleuses sont entièrement formées d'étoiles a^omérées dans un espace plus ou moins resserré et d'un éclat intrinsèquement trop faible p|Our être individuellement aperçues ; la densité parait croître vers le centre, parce que là un plus grand nombre de ces étoiles se projettent les unes sur les autres, et, par un effet d'optigue, ces étoiles, en se rapprochant et réunissant leurs lumières, produisent l'image d'un point plus brillant que le reste. C'est l'opinion d'Herschell. EnGn d'autres savants conjecturent que ces points fai-* blement lumineux, semés sur la voûte céleste, pourraient bien être autant de voies lactées d'un autre ordre de mondes plus éleTés, dont il ne nous est pas possible de distinguer les innombrables étoiles (ii6).

Admettons cependant l'existence de la matière éthérée ou nébuleuse, il faut du moarement , à présent^ dans cette matière ,

G or former le monde, et du mouvement se^ B certaines lois déterminées, et par conséquent encore l'intervention d'une cause première, intelligente et toute-puissante. Le système cosmogonique qui nous occupe suppose tout cela, comme il suppose la création de la matière élémentaire et primitive qui remplit l'espace.

On ne peut soutenir que le mouvement soit un attribut essentiel de la matière. La matière est indifférente au mouvement et au repos, c'est un axiome de mécanique. Si le mouTement était essentiel à la matière^ il en serait inséparable, il y serait toujours au même degré : toujours le même dans chac^ue fiortion de matière, il serait ineommuoicai-.'e, il ne pourrait ni augmenter ni diminuer, et Ton ne pourrait pàs même conce^

voir la matière en repos. Or, loin que noua ne puissions pas la concevoir en repos, nous sommes portés au contraire à regarder le repos comme son état naturel. Si noua voyons un corps inanimé en mouvement , nous ne mettons pas un seul instant en doute 1 existence d'une cause qui a déterminé ee mouvement, certains qo'il a commencé et gu'il doit finir avec l'impulsion de la cause étrangère qui l'a produit. Mais allons plus avant. On parle du mouvement esfentiel à la matière : qu'est-ce que ce mouvement? Est*il indéterminé ou déterminé? Dans le premier cas, ce serait un mouvement en tous sens, ayant à la fois tous les degrés de vitesse, chose absurde. Bans le second cas, qu'on nous dise qu'elle est la direction gue la matière en mouvement suit nécessairement. Toute la matière en corps a-t-elle un mouvement uniforme, ou chaque atome a-til son mouvement propre? Selon la premièn* idée, l'univers entier ne devrait former qu'une masse solide et indivisible; selon la seconde, il ne devrait former qu'un fluide épars et incohérent» sans qu'il fût jamais possible que deux atomes se réunissent. Sur* quelle direction se fera ce mouvement commun de toute la matière ? Sera-ce en droite ligne ou circulairement, en haut, en bas, k droite, à gauche? Si chaque molécule de matière 'a sa direction particulière, (^nelles seront les causes de toutes ces directions et de toutes ces différences? Si chaque atome ou molécule de matièi^e ne faisait que tourner sur son propre centre, jamais rien ne sortirait de sa place, et il n y aurait point de mouvement communiqué; eticore même faudrait-il que ce mouvement circulaire fût. déterminé aans quelque sens. Donner à la matière le mouvement par attraction, c'est dire des mots qui ne signifient rien, et lui donner un mouvement déterminé, c'est supposer une cause qui le détermine. Plus je multiplié les forces particulières, plus j'ai de nouvelles causes a expliquer, sansja^ mais trouver aucun a^ent commun qui les dirige. Loin de pouvoir imaginer aucun ordre dans le concours fortuit des éléments, je n'en puis pas même imaginer le combatt et le chaos de l'univers m'est plus inconcevable que son harmonie.

Il ne sert de rien de recourir à des lois générales pour expliquer l'existence du mouvement, son intensité plus ou moins grande et ses directions diverses. < Ces lois n'étant \ pas des êtres réels, des substances, ont donc quelque autre fondement qui m'est in-

(f 2^ L'apiokm qml reprde les nébolenses comme l5è, de 200 fois , cède oaaiid on peut poasier les ^ aggluméiilian d'éloites trop éloignées poor être grossissemenu josqn*ii 1,000 et M delà. Ainsi BerëiftincKmcot à l'aide de nos însiniments . . noos parait la plus vraisemblable. H y a àam le del des - gronpat oui ne nrésencent à rœil an ^*aae ma«e eonnneoe lumim et dont on disi liés Inm les prinâpales étoiles avec le sede simples besicles. Tel est le cas pour les les. n y a d*antres tacbes lumineuses qo*on ne

M à ranodre en groupes d*étoiles 4|n*au moven

^ ^éêeieopn d*nn fort pouvoir d'ampbOcation/Ce Soi a réaisté à des grossissements de 50, de f 00^ de

Sicnoir* DK CosiioGOjfn n on PAiioirroLoaiE.

scheU est parvenu à transformer en agglomérations d'étoiles la plupart des nébuleuses <|ue Me&ûer, pourvu de lunettes moins puissantes, erojait irréductibles, et qn*il appdaîl des nébuleuses sans éloi- . ks. A œ point de vue, sans eoutredit le plus raisonnable, les nébuleuses sont contraires plulét que fivorebies à Tbypotbése astranomioo-cliimlqoe , ear ee seraient des mondes tout formés et non à Pétat Vay. NÉanLSosESi

XH)

ces

DICTIONNAIRE DE COSMOGONIE

COS

eecBu. L'expérience et robservatîon nous 3nt fait connaître les lois du mouTement : ces lois déterminent les effets sans montrer les causes; elles ne suffisent point pour expliquer le système du monde et la marche lié runivers. Descartes, avec des dés , formait le ciel et la terre, mais il ne put donner le premier branle à ces dés« ni mettre en jeu la force centrifuge qu'à l'aide d'un mouvement de rotation. Newton a trouvé la loi de l'attraction; mais l'attraction seule réduirait bientôt l'univers en une masse immobile : à cette loi il a fallu joindre une force projectile pour faire décrire des courbes aux oorps célestes. Que Descartes nous dise quelle loi physique a fait tourner ses tourbillons; que Newton nous montre la main qui lança tes planètes sur la tangente de leurs orbites (127).

LêS'premières cau»€S du mouvemeni ne $oni point dans la matière : elle reçoit le mouve^ ment et le communique^ mau elle ne le produit pas. Plus f observe l'action et réaction des forces de la nature agissant les unes sur les autreSf plus je trouve -qutj d'effets en effets^ il faut toujours remonter à quelque votonté pour première cause ; car^ supposer un progrès ae causes à V infini ^ c'est n'en point sup' poser du tout. En un mot^ tout mouvement qui n'est point produit par un autre^ ne peut venir que d'un acte spontané^ volontaire. Les corps inanimés n'agissent ^ue par le mouve» mentf et il n'y a point de véritable e^etion sans volonté, Voità mon premier principe. Je crois flonc qu'une volonté meut l univers et anime la nature. Voilà mon premier dogme ou mon premier article de foi (128).

Le mouvement n'est donc pas essentiel à la matière. 11 existe donc un premier Mo leur.

Dans riijpothèse que nous discutons, il fkut, pour construire le monde avec la matière nébulaire, qu'il s'y forme différents centres ou sièges d'attraction. En vertu de quelle loi ces centres divers ont-ils été dé-

(127) Toici la réponse de Newton à ceue question < c L«8 mouvements observés maintenant par les |)4anètes ne peavent être simplement déterminés par une cause naturelle, ils doivent provenir de la volonté d*ua agent lilm et plein dlntellisence. Puisqae les com&es descendent dans les i^ens de nos planètes et 8*y meuvent en tonte sorte de, directions, kuîvant quelquefois le même chemin que les planètes, d'autres fois prenant le chemin opposé, ou bien encore une direction oblique, ayant leurs plans ÎQclinés vers le ]>lan de Técliptique et & des angles de toute espèce, il est bien évident qu^aucune cause naturelle ne pourrait obliger les planètes, tant piiiH cipales que secondaires, a se mouvoir constamment dans to môme direction et sur le même plan. Cette roulante doit être Teffet d*un calcul intelligent. Il n*y a pas non plus de cause naturelle qui fût capable de communiquer aux planètes le defré précis «Je vélocité qui leur est nécessaire, relativement à leur distance du soleil et des autres corps placés itans une position centrale pour se mouvoir en orbes concentriques autour de ces corps... Pour ordonner r« système avec son ensemble aamirable de mouvements, il fallait une cauoC ^ui jugeât et comparât les quantités diverses de matière qui devaient entrer dans la formation du soleil et des planètes , qui ap-

terminés ? On parle d'attraction ; mais qnVstce que l'attraction dans l'état de choses dont il s agit f L'attraction est de deux sortes, Tattraction planétaire et l'attractioD moléculaire. L'attraction planétaire s'exerce sur de grandes masses^ à des distances considérables; elle n'est autre chose que l'action par laquelle ces corfis éloignés opèrent ou in* fluent les uns sur les autres à travers l'espace qui les sépare, sans qu'il y ait aucun écoulement de corpuscules qui y contribue (129). Or, rattraclioB planétaire ne pouvant pas évidemment exister avant qu'il y eût des planètes ou un système de corps cé^ lestes organisé, ce n'est pas sans doute de cette sorte d'attraction qu il s'agit dans l'iiy-

fiothèse de nos cosmogonistes. Reste donc 'attraction moléculaire. Cette dernière a deux modes d*action : l'un en vertu du(|uel les molécules de même nature sont unies entré elles dans les corps solides ; c'est la cohésion. Cette force, insensible dans les corps à l'état gazeux, était nulle dans la masse élémentaire dont nous parlons. L'autre mode d'action de l'attraction atomique s'appelle affinité : c'est cette force qui, sous certaines conditions, unit, combine entre eux, les atomes de nature différente, qui sont à l'état de Faz. La loi d'afQnité est donc la seule que on puisse invoquer ici ; mais pour qu'elle obtienne son effet, plusieurs conditions sont nécessaires. Il y avait gazéification, il est vTai ; mais pour qu'il puisse y avoir combinaison, il faut de plus pression, et par conséquent résistance. Doù est venue cette pression? qui est-ce qui a produit cette résistance dans la supposition d'une matière élémentaire formée de gaz essentiellement élastiques et soumis à une expansion indéfinie en tous sens? Evidemment il n'y avait pas de pression , et par conséquent pas de combinaison .possible. D'où nous conclurrms qu'il n'y avait place pour aucune des espèces connues d'attraction, e^ parlant pas d'attraction. D'où encore la nécessité de recourir à

préciAt la puissance de la gravjlalion résultant de ces diflërences , régl&t les distances à établir etitre le soleil et les planètes principales, dt même quVntre Saturne, Jupiter, la Terre et les planètes secon* daires, et qui assignât aux planètes le degré juste de vélocité qu*elles devaient avoir pour accomplir leur révolution autour des corps placés au centre. AAn de meUre en rapport et d'ajuster toutes ces choses dans un ensemble de corps si variés , il a fallu bien certainement, non pas une cause foiiuite ou aveugle, mais Tintelligence du gt^omètre le plus habile et du mécanicien le plus consommé. *(Nbivto.'« , Première lettre à BentMey,)

(128) J.-J. RoossEAir.

(129) Cette force agit toujours en raison directe des masses et en raison inverse do carré des distances. Quand on dît que le pouvoir de la gravitation agit en raison directe des musses^ on eotetti ^ne ce pouvoir agit d*autant plus sur un corps, qae ce corps a plus de parties, et quand on ajoute que cette même gravitation s^exeree en reison imeetse dm carré des distauces, on teut dire que le corps qui pèse, paï exemple, iOO kilogrammes à un diamètre de la terre, ne pèsera qifun kilogr. s*il est éloigné de dix diamètres.

ces

ET DE PALEONTOLOGIE.

COS

rintervention d*uD agent suprême et toutpuissant |>our établir Tes centres d'attraction et rëj^ulariser les mouvements de la matière primitive.

Supposons toutefois la matière élémentaire distribuée par masses globulaires dans l*e';pace, et formant des nébuleuses avec un centre d'attraction et des limites déterminés. Pour former un monde avec cette masse d'éléments ainsi disposés, une foule de conditions sont nécessaires. Il ne faut pas d'abord que , dans chaque masse reîspective, ces éléments se solidiGent, par le refroidissement, autour du centre qui les attire, autrement nous n'aurions qu'un globe énorme au lieu d'un système de globes. Qui préviendra cet inconvénient ? Le mouvement de rotation. Mais d'où naît un pareil mouvement dans la nébuleuse? Quelle est sa cause physique? Pour expliquer le mouvement giratoire des planètes, on a recours à un échange continuel et réciproque des électricités de noms différents entre ces globes et celui du soleil : c'est une hypothèse à laquelle une expérience d'électro-ma^nétisme a donné une apparence de prot>abilité (130) ; mais, quelle qu'elle soit, elle n'est ici susceptible d'aucune application. En effet, pour que cet échange d'électricité ait lieu, il faut au moins deux globes dans le même système, et il n'y en a qu'un dans le cas dont il s'agit, la masse immense de la nébuleuse (131).

La géométrie la plus transcendante, la plus haute philosoohie, sont donc dans l'impuissance absolue n'expliquer l'origine de ce mouvement de rotation que l'on suppose dans la nébuleuse ; il ne peut donc être attribué qu'à la volonté du Créateur.

Poursuivons. La nébuleuse tourne sur elle-même ; à mesure qu'elle refroidit , des masses s'en détachent par l'effet du mouvement giratoire ou de la force tangeutielle. L*attraction (132), agissantsur chaque masse

(150) On plonge dans du mercure les deux tiers environ d'un petit aimant dont rextrémité inférieure est attachée par an fil au fond du vase. Lorsque raimant flotte ainsi presque verticalement, de manière que son pèle nord s'élève un peu au-dessus de la soHace, oo fait descendre perpendiculairement QD courant d*ëlectricité positif le long du fil méulli- <pie qui touclie le mercure» et Taimant commence amsit^ à tourner de gauche à droite autour du fil. Gomme la force est uniforme, la rotation s'accélère iasqu'à ce que la force tangentielle se trouve l»lancée par la résistance da mercure; alors elle de- «ieat constante. On fait tourner par le même proeédé et avec one grande rapidité, un aimant et qd ejOndre autour de leurs propres axes. On a oom- ■UAiqué par les mêmes moyens un mouvement de rotation mulier au mercure, à Teau, etc., le vase qui les renfermait restant immobile.

^151) Tout récemment M. Henri Martin s'est efforcé aeipllquer Torlgine du mouvement de rota- Imi, dont Laplace n'assigne pas la cause primitive. H. H. Martin pense que les dépôts qui se formaient, par i'cflet d*un abaissement de température , à la fliirCace de la nébuleuse solaire, en se précipitant vers le centre, ont dû faire éprouver aux matières

Îii y étalent déjà solidifiées des réactions chimiques où il sera résulté, selon lui , des commotions c%*

séparée, rèçle sa rotation autour de la masse gazeuse principale. Cette opération s'étant renouvelée au moins dix fois pour notre système, le mouvement de la première pianète détachée, Uranus, a donc varié autant de fois. L'attraction, pour cette planète, ne serait donc aujourd'hui que le dixième de ce . qu'elle était à son origine. Il en a été de même proportionnellement pour toutes les autres planètes. Chaque modification (lans le mouvement d'une planète a dû en déterminer une autre dans sa forme, et par suite amener une série de variations profondes dans tout Tensemble des phénomènes qui se rapportaient à cette planète. Il a donc été nécessaire qu^une intelligence souveraine présidât à toutes ces opérations diverses, à> ces séparations successives des masses secondaires^ planètes, satellites, etc., réglât tous les mouvements, et dictât à la matière, dans toutes ses phases de transformation , des lois rigoureuses pour prévenir les perturbations et empêcher la destruction de l'ordre préexistant.

D autres considérations démontrent encore visiblement l'action d'un ordonnateur étemel et tout-puissant au milieu de ces grandes évolutions. Il existe un rapport numérique constant entre les distances des planètes à l'égard les unes des autres. La cosmogonie oes savants nous conduit à supposer que , pour obtenir un pareil résultat, il' aurait fallu qu'à chaque planète qui se détachait de la masse génératrice, la puissance attractive diminuât d'une quantité égale et uniforme , et par conséquent que la masse eazeuse primitive perdit, à chaque nouvelle formation de planète, une quantité de matière égale et uniforme : or, l'observation fait voir que les choses ne se sont pourtant point passées ainsi. En effet, les volumes et les diamètres des planètes sont loin de décroître d'une manière uniforme dans leur ordre d'éloignement du soleil : par exem-

pables de donner une Impulsion violente à la masse entière et de produire une rotation. Nous avouous que nous ne pouvons comprendre comment des commotions oui, dans une sphère, devaient se produire sur tous les rayons , puisque ces dépôts arrivaient au centre suivant la direction de cnacuu de ces rayons, ont pu avoir pour résultante d'y déterminer un mouvement de rotation. 11 nous semble, au contraire, que s'il eût été possible que, sur un point, une commotion déterminât un commencement de rotation, cet effet aurait été annulé par une commotion agissant en sens contraire sur un point opposé.

(132) On a avancé que Tattraction était essentielle à la matière, i Admettre que la gravitation soit innée, Inhéf ente et essentielle ^ la matière, de soirte qu^un corps puisse agir sur un autre corps à travers le vide et la distance qui les séparent, sans le concours d*un agent par qui l'action et la force de ces corps soient transmises de Tun à Fautre, est à mes yeux la plus grande absurdité que Ton puisse concevoir; et aucun homme, je pense, ne peut y tomber, pour peu quUl soit capable de raisonnement en matières philosophiques. Evidemment la gravitation doit avoir pour cause un agent aul opère toujours d'après des lois déterminées. » (Newf o:f, Traiêiime

my

DICTIONNAIRE DE COSMOGONlli:

COS

ple^ Urahus a 77,5 de volume ; Saturne, qui ^ent ensuite, en a 887,3; Jupiter, 14.70/2; Mars, 0,2; la Terre,!; Vénus, 0,9; Morsure, 0,1.

On ne peut non plus, sans Tintermediaire de la volonté libre du Créateup, rendre compte de la formation des satellites et des comètes. On fait sortir les satellites de la masse des planètes ; ils devraient donc participer à la nature de la masse d'où ils tirent leur origine ; cependant, la lune, par exemple, n'a pas d'atmosphère, tandis que la terre en a une. D'où vient encore qu« parmi ces planètes il en est qui n'ont pas de satellites ou qui n'en ont gu un, tandis que d'autres en ont jusqu'à six, sept, etc.? Enfin, comment expliquer l'origine des comètes ? Les fera-t-rn venir, comme les planètes, de la massci gazeuse principale? Pourquoi alors ne sout-elles pas soumises aux mêmes lois de forme et révolution...?

Ainsi donc, dans cet ordre de hautes spéf4il8tîons, on sent à chaque pas la nécessité de recourir à une intelligence qui a conçu et exécuté un plan d'ordre et d'harmonie, d'invoquer la volonté d'un législateur qui a imposé des lois à la matière pour l'exécution de ses conceptions et pour la conservation de son œuvre à mesure qu'elle se développait. Mais quelles étaient ces lois? qui {)eut le dire? Les lois qui ont présidé à la ormation, à l'évolution du monde physique, ne peuvent être celles qui le régissent dans l'état présent; car ces dernières sont des effets et non des causes, ce sont des résultats de l'ordre de choses existant. Dans un ordre de choses nécessairement différent, comme eelui que le système cosmogoniqiie suppose avoir existé à l'origine, il a dû y avoir des lois organisatrices appropriées, différentes des lois actuelles. Il est probable qu'elles échapperont toujours aux investigations de la science, et que Celui quia étendu les deux €t donné la lot à toute leur armée (133) s'en est réservé le secret. Car mes pensées ne sont pas vos pensées^ et mes voies ne sont pas vos voiesj dit l'Eternel. « Autant les cieux sont élevés au-dessus de la terre, autant mes voies sont au-dessus de vos voies et mes pensées au-dessus de vos pensées (13i). »

Nous jugeons difficilement ce qui se passe sur ïa terre^ dit l'auteur de la Sagesse (135), $t nous trouvons avec peine ce qui est sous nos yeux; qui donc oserait scruter le^ secrets des deux (1C<)? Yoy. Laplacb, Gbnèsb

KATÊAIALISTE, PlANÀTES» GoDECROT, etC.

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