AUX XVI' ET XVIP SIÈCLES
Major esl S Tîptar» auctoriu» quam . Miuii biUDUii togenii capacitaB.
(S. AoscsTiirot.)
. Les interprètes du premier chapitre de la Qenise ont naturellement porté dans leur explication les idées cosmoiogiques de leur
133) ifule, XLv.42v 45i) /sfl^^ Lv, 8, 9.
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temps. Ces idées sont généralement empruntées à la philosophie grecque, alexandrine ou arabe, et plus près de nous, à ces nombreux e( savants observateurs qui, aux xvr et xvn' siècles , remuèrent avec plus ou moins de bonheur en Europe les plus hautes questions des sciences physiques et astronomiques.
Nous nous bornerons à résumer le système explicatif de la Genèse^ tel qu'il était encore adopté au commencement du xvii* siècle et présenté comme le plus probable.
Copernic, il est vrai, avait d^à publié ses ouvrages; maison tenait encore fortement au système de l'immobilité de la terre placée au centre du monde , système soutenu par Platon, Eudoxe, Callipus, Aristote, Archimède , Hipparque , Sosigènes , Cicéron , Vitruve, Pline, Macrobe, Ptolémée, Ticho- Brahé, etc. Le P. Riccioli, dans son Alma^ gestum novum^ opposait à Copernic jusqu'à soixante dix-sept arguments contre le mouvement de la terre, et eu réfutait quaranteneuf autres qu'il suppose que Ton peut faire en faveur du système de ce célèbre astronome.
Tycho-Brahé écrivait lui-même contre le système de Copernic : Cette lourde masse de ta terre^ dit-il, si peu propre au mouvement^ ne saurait être ainsi déplacée et agitée éTune triple manière r comme le seraient tes corps célestes^ sans choquer les principes de la physique; Vautorité des saintes Ecritures s y oppose.. f,. Je pense qu'il faut décidément et sans aucun doute placer la terre immobile au centre du monde en suivant le sentiment dem tmciens astronomes ou physiciens et le témoi'^ gnage de l'Ecriture,
Et , dans une lettre au malhématicieiv Rothmann, en date du 21 février 1589, re^ venant sur ce triple mouvement attribué à la terre par Copernic, il dit : N'est-ce pa» confondre les choses d'ici-bas avec les choses célestes et renverser tout l'ordre de la nature? Ne vous y trompez pas^ en croyant que Co^ pemic ait suffisamment répondu ceux absur-' dites physiques qui résultent de son hypo^ thèse. Je vous démontrerai que tout ce que vous dites pour le défendre ne suffit pas pour mettre la chose hors de doute : vous êtes encore moinsrecevable dans l'interprétation que vous donnez des passages de l'Écriture qui soni contraires à votre système^ etc. Ticho-Brahé s'efforce ators de prouver h son amr que l'Écriture sainte est incompatible av^ec le système de Copernic.
Les commenlateurs de la Genèse^ placés entre des systèmes qui avaient pour eux la consécration d'une nàute antiquité et des opinions toutes récentes, donnaient naturellement la préférence aux premiers* De là cet échafaudage de sphères ou cieux solides et transparents comme le cristal , qui tournent en emportant les astres, cette immobilité de la terre au centre de l'univers et de toute cette physique et cette astro-
(1^) Voy. notre Nouveau Traité des ScieiKiS géologiques, ch. 11, 2*^ édiUoo.