AU LECTEUR
Le DUU&muàre de CotWÊogame et de PaUmtiologie termine h série des Dictioanaires sor jes scîeneef phjrsiqoes ec oatardles, qoe nous aTÎons eDtrepds de publier. Notre bat a été de jM^lariser la science, de la rendre accessible an moindre cnré de ^îllage, afin qoe, dans ce siècle si orgneilleax de son savoir, il
n*j ait pas nn prêtre qoi ne poisse avec antorité, dans cbaqoe branche des connaissances bomaines, assigner à chaqne question scientilifae son degrë'de valenr an moment où il parle. Noos croyons être en droit d'affirmer qvll n*j a pas on phénomàM, pas n n iladt on an résoltat de quelque importance, pas une question, une opinion ou un système de quelque intérêt, que nous n*ayons indiqué, apprécié, discuté.
Cependant, nous derons le ifire à la glorificalion de FEtie infini, ces boit énormes volumes oè nous avons concentré le résoltat de toutes les investigations du génie deiliomme dans fétude de la nature, ne sont qu*nne simple feuiDe'.détachée de cet arbie immense et merveilleux oà fleurissent les cenvres de Celui qui, d*nne parole, fit jaillir Tuniveradu néant ; e*e8t une goutte d*eau puisée à cet océan sans rivages où la Sagesse étcmdk a répandu comme des flots les créations, le mouvement et la vie; c*est un pMe reflet de cette lumière sptodide qui nous presse de lentes parts, et que le regard bumain le plus assuré H le plus étendu ne peut contempler sana éMoaisseaMOt. Naâs avons voulu mêler- notre raible(volx à ce concert inef. IbMe qui monte wcessamment de la terre au del, et rendre hommage au Créateur en raconUnt les merveilles de cette Sagesse suprême qui a disposé toutes choses dans de justes rapports de dimension, de nambrt et de poids, et dont les pensées sont plus vastes que la BMr, et les conseils plus profonds que Fabinw. Mais, au milieu de tous ces prodiges de bi poisnance créatrice, nous ne sommes, pour nous servir d*une comparaison de Newton, que «eaune mm emfami ifmi t*maÊmae tmr U rivofe ^ei^imàu rijindt de iromver de iemipê em temilp» mm emiUfmftmêmMiommmeeppùUepimejûGe^^àroTdinmfe^ iamdis qme U gramd Oeêamde lm9éïïiiére$UfÊoiiéde9mUmoêffem^,
Des considéraUons d'une haute importance doivent surtout hlre aimer, rechercher, cultiver la science parle clergé; c'est que b science est désormais une des conditions du succès de son ministère et de Tinflnencequll doit eiercer sur un monde infatué de ce quH sait ou croit savoir. Au moment oà nous allions développer nos idées sur ce grave sujet, nous avons trouvé dans le Mêmonml emtkoiiqme unâoquent article de M. Tabbé Sa]ettr,qui envisage au même point de vue la sitBation du dergé et ses oMIgations vis-à-vis 4es exigences du Mède. Après avoir montré qoe le titre de prêtre n*est pfais malheureusement aujourdliui que d'un bien médiocre poids dans la balance des choses, et que si le prêtre veut que son action soit frucluense, s*il vent jouir, à cette fin, d'mie légilinie influence, il dut qui! sache la conquérir, M. Tabbé Salenr aVxprime ainsi :
f Noos avons deux moyens de conquérir cette influence : b vertu et b capacité. Ici je n'ai pas à montrer b puissance toujours merveiUease de b vertu. J'ai plotdt à m*âbver contre ceux qui, nbnt b nécessité de b science, pensent que b vertu et le strict accomplissement des devoirs privés suffisent seob peur attirer tonte b considération, tout b crédit, toute Finfluence dont nous avons besoin.
f n y a eu des temps de grande foi oà b vertu, le zèle, b dévouement, Fanlente charilé pouvaient tenir fien an prêtre de tout te reste. Mab, encore une fob, ces temps ne sont plus les nôtres. A des époques comme cdMà, b prêtre qui manque gravement à ses devoirs tombe dans b mépris. Or, dans des. jours dignoraneeet de doute, ii faut plus qu'une vie sainte ponr être quelque chose aux jeux du auMide; il f^n^ certaine capacité inteHectnelb. Il y a, je l'avoue, des circonstances assoi rares oà un ièla,un dévoueine charité d'éclat, attirent vivement les regards et ^ipelbnt les bénédictions des hommes. Mab les vertus jovnalières et obscares du prêtre, sa r^ubrité, toptce qui constitne nui jfcux de Dieu sa belb vb de chaque jour, croyes-vous que ceb excite une profonde impresnon dans b monde? Qui ne sait, au eaniraire, que, dans les temps difficiles, b zèb et b dévouement nous attirent mêaM des ennemis, et que, loin de toucher, ib irritent b plus souvent? Qui ne sait que, dans b train ordinaire de b ne, bs vertus sacerdotales sont taxées de niaiserie, d'étroitesse d'esprit, de mauvaise éducation, quand on ne bs regarde pas tout simpbment comme une affaire de position, une nécessité d'état? fit, comme je rai déjà dit, il est impossiMe qu'y en soit autrement ; car pour comprendre et apprécbr essentielbment b vie du prêtre, il fMdrait b conviction du prêtre , et c'est prédsémant ce qui manque aux hommes de b génération pré-
c U but donciAerdier à ce monde, moitié indifférent- et incrédule, moitié frondeur et raisonneur, un autre cêté tangibte, s'il en est un. Ce cêté, je db qu*il existe. Oui, il y a encore quelque chose de bon, de
DiCnO!!. DE COSXOGOlflB ET DE PALi05T0LO0IE. 1
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grand, de noble, que pourunt ce monde goèie et comprend, devant lequel il s'incline, el pour lequel il s'éprend. Qu*esC-ee donc ? C'est la science, la capacité intellet^tuelle. Que lestaient le plus élevé et la science la plus étendue ne soient rien en comparaison de la vertu, mon Dieu ! je le sais bien, et je ne prétends pas le contraire. Mais, selon cette parole de saint Paul que noui devotu nom faire tout à tou$ ffour tes gagner toM, n'en esi-il pas moins vrai que si la science est pour nous un moyen de plaire au monde, d'avoir près de lui de nnflueu:e, il faut nous efforcer d'être savants; puisque, d'ailleurs, la science est pour nous une bonne et sainte chose? Or, que la science et la capacité prêtent, aux jeux du monde, plus de lustre à notre zèle, à noire dévouement, à notre chanté pastorale, il me semble que ce point est hors de doute.
c J'ai entendu ce médecin, cet avocat, ce notaire, ce jeune collégien, me dire de quantité d'ecclésiastiques avec une bienveillance ironique : C'^il tiii bon AomiM, inati ii n'ett pa% grand tatani; et ce qu'ils me disaient tout bas, ailleurs ils le répètent tout haut, surtout aux paroissiens, et ce ne sont pas trente sermons du pasteur qui peuvent contre-balancer le mal fait par ce mot jeté au milieu d'une conversation. Or, Je suppose que les prêtres dont il s'agit, au lieu d'être ce qu'ils sont, fussent non-seulement des hommes possédant plus ou moins bien les connaissances >ssez restreintes acquises dans leurs classes, mais des prêtres solidement instruits et parfaitement au coûtant des tendances de leur siècle et de ses idées scientifiques et philosophiques, et, par là même, toujours prêts à rmidrt rauon éê ieur foi : croyes-vous qu'ils ne seraient pas, d'une part, plus justes appréciateurs des hommes qu'ils ont à combattre, et plus réservés dans leur jugement ; et, d'autre part, plus forts contre toutes sortes d'attaques? Croyez-vous , surtout , qu'ils n'en imposeraient pas à tant de demi-savants, qu'ils ne les rendraient pas au moins plus circonspects, et qu'ils ne donneraient pas au monde une haute idée du clergé en montrant que tous ses membres sont à la hauteur deseonnaissances les plus en vogue ?
« On la vu, les sdeuces ont jeté la pierre à la religion : l'archéologie, la physique, la chimie, la cosmogonie, la littérature , la poésie, Thistoire, la philosophie , lui ont fait une guerre de paradoxes, de subtilités. Eh bien ! ai le clergé se fût trouvé dans de telles conditions qu'il eût pu être regardé, non-seulement au poiijf, de vue de la religion et de la morale, mais au point de vue de la science et de la philosophie, comme la piu$ haute ration ; s'il eût compté dans son sein, en nombre imposant, des archéologues, d«*8 physiciens, des chimistes, des cosmographes, des littéraCeurs de premier mérite, des historiens distingués, des penseurs profonds ; croyez-vous que nous eussions vu cet acharnement contre la révâation et contre l'Eglise ? Assurément non : ou tout au moins tant de savants orgueilleux et enflés de leurs scieneeç auraient mesuré leurs attaques, sachant que toute une armée de prêtres pouvait lutter avec eux, et» dans tous les cas, on les eût vus plus disposés à (aire alliance avec nous.
c Me dira-t-on que je m'abuse, si je ne vois pas que les attaques contre la révélation et contre l'Eglise venaient de cette profonde corruption du cœur qui inspire à ceux qu'elle dévore une haine de la vérité et une mauvaise foi ||ir lesquelles ne peut rien tout le prestige de la science, du talent et même du génie? Sans doute, je le sais, les passions nous susciteront, dans tous les temps, d'implacables adversaires. Mais, outre qu'il ne faut pas faire les hommes plus méchants qu'ils ne sont, il est certain que beaucoup ne nous attaquent que par préjugés, par ignorance des vérités religieuses, et que si notre science ne nous les ramenait pas tout d'un coup, elle les maintiendrait au moins, et les rendrait plus justes et plus loyaux.
< Au surplus, ce que je veux prouver est si clair et si évident de lui-même que, pour les uns, c'est chose presque superflue, et que, pour les autres, il est inutile d'essayer de le démontrer davantage. Qu'il me suffise donc, pour me résumer, de rappeler ces paroles d'un évêque que le Mémorial catholique a citées nagnère :
c Par U même que la foi n'est ploa parmi nous ce qu'elle était jadis, on devient plus exigeant pour ses c ministres. On ne souifre plus quils soient, en fait d'instruction, comme dans beaucoup de positions so- ^ dales, de vulgaires médiocrités ; on demande qn*ils soient des hommes de valeur, d'intelligence et de 4 sens : U 9ueeè$ de leur minUtère éti à ec prix. > Je livre ces paroles de Mgr l'Evêque de Saint-Flour aux 4 médiutlons de tous. > Voyez dans ce DtcttoitiiAtre l'article Cosmogeaprie dks Pfeaas dc l'Eglise 9ub fin.
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cnrajflATioii bt db l'biistbhcb dus sociétés, DÉMONTBKifT, DABs l'obaaiiisatiob OB MormB 6LOBB9 vn flab flbib db bibbtbillaiigb roub l*hoiimb.
toutes les œuvres de Dieu sont pleines de sa proyidence.
( ly MtMkl. )
La yéritable sagem consiste à Toir que tontes les faenltës de Tes» prit el tontes les parties de nos eonnaissanees marchent d'un comainB accord vers nn but uniqne, qui est de senrir en même temps le bonhenr de Thomme et la gloire dn Créatenr.
(Sedgwici, JHsamrs^ etc.)
Four comprendre la prééniineace de notre destinée et les mes pleines de bonté dn Créateur pour respècebomaine, il sniBt de considérer ce que la Sagesse étemelle a fait ponr nous préparer une demenre... Entendez-Yoos, à trayers les âges antiques, le bruit dn long trayait de la nature, de ces réyolutions qui se succèdent pour pétrir, élaborer, façonner notre planète, pour entasser couches sur coudies, aceumuler débris sur débris, pour eombiner, modifier de mille manières, fixer, coordonner harmonieusement les éléments inorganiques de notre globe 7 Pourquoi ces yallées qui se creusent , ces montagnes qui s'élè* iFent, ces plaines qui se déroulent, ces innombrables niyeaux qui s'étabUssent ? Dans quel but tous ces exhaussements et ces affaissements, ces remaniements, ces mélanges de matériaux si diyers, et tous ces grands mouyements , à la surlkce et dans les entrailles de notre terre 7 Où tend Faction de ces lois , de ces forces , de ces agents, de tous ces moteurs que dirige le doigt du Très-Haut, durant cette laborieuse éyolution de notre planète 7 N*est-ce pas afin que nous ayons sous nos pieds un sol ferme et stable ; des granits , des marbres, des pierres de toutes sortes, pour éleyer nos temples, construire, décorer nos places, bfttir nos cités ; d^ounenses magasins de bouille combustible dans les débris fossiles de la yégétation primitiye ; d'inépuisables mines de sel gemme pour les contrées éloignées de la mer ; de Tor, de l'argent, du fer, du cuiyre, du plomb, etc., métaux si précieux que, sans eux, nulle culture, nulle civilisation ne serait possible 7 N*est-ce pas encore pour que [nous ayons aujourd'hui des sources et des fontaines, des fleuves et des rivières, lesquels, obéissant aux déclivités habilement calculées des terrains, s'écoulent, sans interrompre leur coiïrs, vers le réservoir commun des mers 7 N'est-ce pas enfin pour que nous ayons une terre végétale, présentant les conditions les plus avantageuses au travail et à la culture 1 et avec ce sol ftcond, des gazons, des arbres, des fleurs et des fruits; et avec les plantes, une atmosphère épurée et des animaux destinés à nous servir, à nous vêtir, à nous nonrrir^ à peu[ 1er et animer tous les districts de la nature?...
Ainsi donc, beauté, variété, grandeur, harmonie; richesses, jouissances, ressources sans nombre, préparées pour Fhomme; innombrables {neuves de la sagesse et de la providence du Créateur : voilà ce que la science découvre à chaque pas, avec une admiration profonde, en étudiant la merveilleuse oi^nisation de notre globe.
Les beUes lois qui ont présidé à cette évolution de notre planète seront étudiées dans le cours de cet ouvrage. C'est un vaste et fécond objet de méditations bien propre à laire naître dans l'esprit du penseur un profond recueillement. Bans cette introduction, nous ne nous proposons de considérer la géologie qu'au poinr d«r vue de S9S applications généraîts
f&' DtCTfONNAIRE DE COSMOGONIE ET DE PALEONTOLOGIE. 16
et utiles, et de reproduire un faible aperçu du commentaire immense et magnifique que Toii pourrait écrire sur ces paroles du Psalmiste : O Dieu! que voê cmvre$ $ont bellet! vo%u avez fait touteê cfioêes avec iagute; la terre est remplie de vos biens !
Les éléments inorganiques primordiaux, qui entrent dans la comp^ition de tous les corps, ne paraissent pas avoir augmenté en nombre depuis leur création, ni avoir subi aucune altération dans leur nature. Tout prouve, au contraire, qu'ils ont toujours été régis par les mêmes lois, et qu'ils ont, durant toutes les périodes géologiques, rempli les mêmes fonctions dans l'économie des êtres organisés.
Les substances inorganiques qui composent le règne minéral peuvent se diviser en corps élémentaires, en minéraux simples et en minéraux composés.
Les corps ou principes élémentaires^ ou simplement éléments^ sont au nombre de cinquante-cinq. Le calcium, le silicium, Toxygène, l'or, le fer, etc., sont des corps simples, c'est-à-dire, jusqu'à présent indécomposés.
Les minéraux simples^ ou espèces minérales, ne renferment pas seulement les substances minérales non combinées ou à l'état natif, lesquelles ne sont guère au nombre de plus de dix on douze, telles que l'or, l'argent, le soufre, etc., mais encore toutes les substances inorganiques composées qui offrent une structure cristalline régulière avec des proportions définies et invariables dans leurs éléments chimiques, telles, par exemple, que le spath calcaire ou carbonate * de chaux cristallisé, dont les éléments primitifs sont le calcium, l'oxygène et le carbone. Suivant Berzelius, le nombre total des minéraux simples, reconnus jusqu'à ce JQur, est d'environ six cents.
Les minéraux composés constituent les roches stratifiées ou non stratifiées qui forment la croûte ou enveloppe de notre planète, telles que le granit, le grès, le calcaire, etc. Parmi pes roches, les unes en masse cristalline, comme le granit, paraissent avoir été originairement à l'état dç fusion ; les autres , disposées par couches , sont le résultat de l'action des eaux en mouvement.
Ces préliminaires établis, qu'une personne heurtant du pied une pierre au fond 4'un désert , avance que cette pierre est là de toute éternité.
Non , répondrons-nous , cette pierre n'est pas là de toute éternité. Si c'est un caillou ordinaire, il peut avoir traversé des événements nombreux , et présenter des témoignages d'événements physiques qui ont modifié la surface du globe , et son aspect roulé nous racontera les déplacements considérables que lui a fait subir l'action des eaux.
Est-ce un morceau de grès, un conglomérat formé de détritus arrondis provenant d'autres roches? Les ingrédients qui entrent dans sa composition offrent des témoignages tout semblables de mouvements imprimés par l'action des eaux, qui les ont réduits à l'état de sables ou de cailloux, puis transportés à la place qu'ils occupent à l'heure actuelle, antérieurement à l'existence de la couche dont ils font partie. Une couche de cette nature n a donc pas occupé de toute éternité la place où nous la voyons maintenant
Si cette pierre contenait les débris fossiles de quelque plante ou de quelque animal , non-seulement nous y trouverions la preuve qu'elle est d'une formation postérieure à la cr^tion de la vie , soit chez les animaux , soit chez les végétaux , mais il y aurait, dans la structure organique même des restes qu'elle contient, des témoignages de coordinations et d'uii plan qui nous attesteraient hautement l'action d*une cause intelligente et puissante , de même que les mécanismes d'une montre où d'une machine à vapeur nous prouvent , dans l'auteur ou dans Tinventeur, la réflexion qui prépare et l'habileté qui exécute.
Supposons que ce soit un morceau de roches cristallines, un fragment de granit, par exemple. Le granit est une substance composée de trois autres minéraux, feldspath, quartz et mica, dont chacun présente une forme extérieure et une structure interne particuUères , en même temps que certaines propriétés physiques qui lui sont inhérentes. Or il est démontré , par l'analyse chimique, que ces trois minéraux , feldspath, quartz et mica , sont composés eux-mêmes d'autres substances, oxygène, silicium , aluminium, potassium.
fer, etc., qui les ont précédés en existence à un état de plus grande simplicité avant que de s'être combinées pour former les minéraux constituants des roches granitiques Ce fragment de roche n'a donc pas toujours été dans les conditions où il se trouve maintenant; Un existe donc pas de toute éternité sur le point où on le rencontre aujourd'hui, non plus que la masse d'où il provient.
De plus , il a été reconnu, comme loi universelle et permanente, que toutes les substances minérales, lorsqu'elles passent de l'étal liquide ou de fusion à Tétat solide , prennent, quand aucune circonstance extérieure ne vient troubler l'arrangement de leurs molécules , des formes régulières nommées crislaKx. Le. cristallographe prouve donc que les divers minéraux qui entrent dans la composition des roches cristallines sont composés eux-mêmes de molécules d'une petitesse extrèàè^ formées à leur tour d'autres molécules élémentaires plus simples encore, ou des derniers atomes indivisibles, se combinant, s'agglutinant d'une façon similaire, en vertu des forces polaires et des affinités chimiques, suivant des proportions fixes et définies, et se cristallisant eu figures géomé^triques rigoureusement déterminées (1).
On ne peut pas recourir aux causes fortuites pour expliquer les formes cristallines des minéraux, car, dans cette hypothèse, qui est la négation de tout plan, et que Ve^pril humain repousse invinciblement, ces formes devraient s'offrir au hasard, avec des variétés sans nombre et dans des proportions jamais définies. Or il n'en est pas ainsi; tout atteste, au contraire, l'énergie d'une volonté toute-puissante et la souveraine intelligence d'un agent suprême qui manifeste son action sur les substances minérales par les plus harmpnieux résultats, en les soumettant à des lois de combinaisons, dé figures et dé proportions d'une parfaite exactitude et d'une précision toute mathématique. Ainsi les corps crislallisc^s ne présentent qu'un nombre limité de formes secondaires, dans lesquelles le clivage (2) démontre une réunion de formes primaires plus simples; ces formes primaires sont composées de molécules intégrantes, qui, à leur tour, sont composées de molécules consti-tuantes, dans lesquelles entrent les particules élémentaires, elles-mêmes formées des derniers atomes de la matière (3).
(j) « Les formes polyëdriqaes senties formes propres de la nature inorganique, celles que la matiftre tend toujours à prendre, et qu*elle prend en effet toutes les fois que les lois qui la régissent ne sont trou-> Liées par aucune cause étrangère. > (Beudant.)
Toutes le» substances peuvent cristalliser : les liquides par la congélation, les vapeurs par la sublimatiop, les solides par le refroidissement après la fusion. Tout corps est donc composé d'atomes dont les qualités sont invariables; d'où Ton serait autorisé à conclure que les molécules dernières de la matière sont incapables d altération et sont encore aujourd'hui ce qu'elles étaient au moment de leur création. C'est l'opimon de Newton, qui dit que Dieu, en créant la matière. Ta composée de diverses espèces de molécules élémentaires, solides, dures, invariables, dont les dimensions, les figures et les différentes qualités sont •?*MtiC8 aux fins qu'il se proposait ; et ces molécules sont d'une telle fixité, qu'elles ne peuvent être ni divisées ni altérées par aucun procédé de l'art ni par aucune force existante dans la nature, sans quoi l'es- «»fe <"<» corps pourrait cbanger avec le temps. {Optice lucis, lib. m, quaest. 31).
Qn^ &é également conduit à penser qu'il n'y a aucune partie de matière inorganique qui ne soit dans un état de mouvement relatif, d'après ce phénomène remarquable que certaines substances cristallisées , comme le sulfate de magnésie, etc., placées sous l influence d une chaleur Biéme trés-modérée, changent la forme des cristaux intérieurs qui les composent. Les cristaux prismatiques du zinc, exposés à la chaleur da soleil pendant quelques secondes, se transforment en octaèdres. Il n'y a donc nulle part de ^pos dans 1 univers matériel, iion plus que dans l'univers intellectuel.
(ij De Tallemand kolben ou kiowen^ fendre du bois. C'est la division mécanique des lamelles superposées les unes aux autres dans les cristaux.
(3) c Si I on ramène de cette manière tous les corps minéraux aux conditions les premières et les plus simples de leurs éléments constituants, on voit que ces éléments ont élé, à toutes les époques, régis par ïï'.'PfS"^^'".*!"® ^^ '^'* ^^^ c* universelles qui règlent encore maintenant le mécanisme do monde matériel. En étiidiaDt l'action de ces lois, nous y reconnaîtrons une subordination tellement constante den moyens a leurs fins, une harmonie, un ordre, des prévisions si parfaites dans les propriétés physiques, dans les proportions numériques, dans les fonctions chimiques des éléments inorganisés : Unt die preuves d'une intelligence ei d*un plan coordonné à l'avaRce pour adapter ces éléments primordiaux à une infinité de fonctions complexes dans les systèmes futurs d'organisation soit animale, suit végéule, qu'il est impossible que nous nous rendions un compte satisfaisant de Pexistenoe de tous ces mécanismes si beaux et si parfaits, *' «eus refusoii»d'admettre qu ils tirent leur origine de la volonté et de la 'puissance d'un Créateur suprême* être dont nos facultés finies ne peuvent arriver à comprendre la nature, mais dont toit ce Çîmexiste nous p oclame la sagesse, la grandeur cl la bonté infinies. » (Bucklam)*)
If DiCnœGIAIRE DE COSMOGONIE ET DE PALEMnOLOGIB. U
Voor mieux fidre ecMoprendre rensemble d'airangemenls pleins de précision et de méthode» d*où résultent les formes cristallines ordinaires des minéraux» étudions o!Mnme axemple un minéral bien connu» le cariionate de chaux.
Les cristaux de ce minéral terreux» que Ton rencontre en abondance, présentent plus de cinq cents Tariétés de formes $eeondaire$^ dont chacune possède une série quintuple de relations aobordonnées d*uB système de combinaisons, à un autre» systèmes suivant lesquels diaquo cristal en particulier a été construit en yertu de lois concourant à produire d'harmonieux résultats.
Chaque cristal de cartK>nate de chaux est formé par des millions de particules de cette même substance composée» ayant une forma primaire inyariable» qui est celle d*un solide rhomboîdal que Ton pourrait obtenir en portant la division mécanique presqu*à Tlnfini.
Les molécules ituégranttê de ces solides rhomboidaux sont les particules les plus petites dans lesquelles on puisse réduire le calcaire sans ayoir recours à la décomposition chimique.
Ln premiers résultats de l'analyse chimique sont de partager cas molécules ituégranie$ «n deux substances composées» la chaux pure et Tacide carbonique» dont chacune est formée par un nombre incalculable de molécules eonsiUuantes.
Une analyse ultérieure de ces molécules can$iiiuanie$ elles-mêmes prouve que ce sont encore des corps composés» dans chacun desquels entrent doux substances élémentaires qui sont» pour la chaux» des molécules étémeniaireg d'un métal, le calcium» et d'oxygène; et» pour l'acide carbonique» des molécules étémeniaires de carbone et d'oxygène.
Les dernières molécules du calcium» du carbone et do l'oxygène» sont les atomes indivisibles dans lesquels peut se décomposer chaque cristal secondaire de carbonate de chaut.
« Ainsi , au lieu qu'une étude superficielle des cristaux n'y laissait voir que des singularités de la nature» une étude approfondie nous conduit à cette conséquence que Je même Dieu» dont la pmssance et la sagesse ont soumis la course des astres à des lois jqui ne se démentent jamais» en a aussi établi auxquelles ont obéi avec la même fidélité les molécules qui se sont réunies pour donner naissance aux corps cachés dios les retraites du globe que nous habitons (4). »
« Les particules des diverses substances qui existent dans la nature peuvent être considérées comme une sorte d'alphabet, dont se compose le grand volume où sont attestées la sagesse et la bonté du Créateur (5). »
Après ces préliminaires» décrivons brièvement les principales suostances minérales em. ployées dans les arts,
Roches utiles » f origine ignée.
Parmi ,'ces roches» le granit est au premier rang. Il se compose de cristaux de feldspath» de quartz et de mica» à peu près également disséminés. Le feldspath y domine. Sa nuance est le plus souvent grise» rose ou rougefttre. Sa solidité est d'autant plus grande que les cristaux sont plus petits et plus serrés. Le granit est la pierre monumentale par excellence. Pour en détacher de grands blocs» on emploie la méthode des entailles; on pratique des rainures profondes entre lesquelles on chasse des coins de bois que l'on mouille quand ils sont bien enfoncés; le^ bois* gonfle par l'absorption de l'eau et peu à peu la masse se fend. On continue à chasser de nouveaux coins » à les mouiller au fur et à inesure qu'ils sont convenablement enfoncés» et l'on finit par faire éclater ainsi les roches les plus dures «t les plus compactes. C'était la méthode d'eiploitation employée par les ]l^grptiens.
On fait avec le granit de grandes auges» des bornes» des revêtements de trottoirs. Les
(A) HACt, Téèleau eomptiraUf de* rê$uttat$ de ta cristaltographief etc., p. 17. (5) D4iieiii, ÀlomU Theory^ p. 107.
Chinois ont construit en granit les tours de leur fameuse muraille. La plus belle ville de rAmérique méridionale, Rio^aneiro, est presque entièrement bfltie avec un beau granit gris. Rennes, Lorient, Limoges, Cherbourg, etc., n*ont pas d'autres pierres d'appareil. Exploitations en Suède, Norwège, Angleterre, Bretagne, Normandie, Bourbonnais, Limousin, etc.
Parmi les variétés de granit sont la syénite et la pegmatite. La première tire son nom de la ville de Syène, en Egypte, où il en existe de belles carrières. C'est avec ce granit rouge, composé de feldspath et d'amphibole , qu'ont été construits , par les anciens, un grand nombre de monuments qui remontent à la plus haute antiquité, statues, sphinx, colonnes, qui ornent aujourd'hui la plupart des musées de l'Europe. Le fameux bloc erraticpje dont on a fait le piédestal de la statue de Pierre le Grand, à Saint-Pétersbourg, et qui pèse 800,000 kilogrammes, est en syénite. Les boulets de fonte s'étant écrasés sous un si grand poids, pendant qu'on le transportait, on eut recours à des boulets de bronze. Le soubassement de la colonne de la place Vendôme, Tobélisquc de Louqsor, sont aussi en syénite.
La pegmcuUe est un granit sans mica. Elle se désagrège facilement par l'action des agents atmosphériques; c'est ce qui la rend très-utile dans une branche importante de l'industrie, car le kaolin, ou l'argile blanche, résultat de cette décomposition, sert à la fabrication de Ja porcelaine.
D'un aveu unanime, les granits sont particulièrement les roches à Taide desquelles les hommes peuvent, en dépit du temps, communiquer le plus sûrement avec la postérité. Et en effet, les tableaux s'obscurcissent ou tombent en vétusté, les livres deviennent trop souvent la proie des flammes* les marbres se corrodent, les métaux tentent la cupidité des, ravisseurs ou sont impitoyablement fondus à la suite des guerres ou des commotions politiques. Quelques roches granitoïdes seules, échappant à tous les genres de destructions, sf^mblettt défier la main du temps qui efface toutes choses : témoins ces pionuments de la vieille Egypte qui ont traversé tant de siècles, qui ont vu passer tant de révolutions et qui n'en sont pas moins aussi frais que si l'on venait d'y mettre la dernière main. Il y a dan^ la prodigieuse durée de cçtte pierre un caractère de grandeur qui semble se rapprocher de celui que possèdent les choses éternelles. La belle conservation des hiéroglyphes sculptés sur les roches granitoïdes devrait commander aux nations modernes de ne confier les inscriptions de leurs monuments qu'à ces substances indestructibles.
En donnant la préférence au granit et h la syénite pour transmettre à la postérité des faits importants, rappelons à la mémoire des artistes qu*un vandalisme brutal détruisit à Rome un grand nombre de statues et autres chefs-d'œuvre anciens, et que la perte qui en es| résultée pour l'histoire et pour les arts n'a tenu qu'à la nature particulière du marbre saccharoïde ou statuaire qui produit, par la calcination, une excellente chaux grasse. Ce n'est donc ni £ur le marbre, ni sur l'airain que les peuples doivent écrire leurs noms; s'ils veulent l'écrire en caractères ineffaçables , qu'ils le gravent sur le granit, pierre modeste en apparence, qui ne reçoit les empreintes, du ciseau qae difficilement, mais qui les garde, en bravant à la fois le temps. et la barbarie.
. Le kenanion ( amphibole , feldspath , mica et pinité ) ae trouve en Bretagne- et convient aux ouvrages de sculpture, principalement pour les monumenis religieux et funèbres, car il est d'une cottleur grave.
Le porphyre (feldspath, quartz et quelquefois amphibole) présente des cristaux, le plus souvent blanchAtres, enchâssés dans une pflte dont la teinte varie du brun rouge et du bleu violAtre au rosfltre, et verdAtre. On le trouve surtout dans les terrains '«t'/unen, dévomim et carbonifère (Corse, Vosges). Comme il prend un très-beau poli, on s'en sert pour la décoration des édifices, et pour la construction de vases et de colonnes de prix. Les anciens estimaient surtout le porphyre rouge d'Egypte, qu'ils tiraient des montagnes qui s*élèvent entre le Nil et la mer Rouge. L'obélisque de Sixte-Quint, à Rome, est en porphyre^
0 * MCTiONNAlRE DE COSMOGONIE ET DE PALEONTOLOGIE. M
iggrplien. Gafe des fonds baptismaux de b oatbédrale de Metz ; socles, colonnes, statues, baignoires antiques, au Musée égy.ptien du Louvre, à Paris.
La terpetUine (diallage, feldspath et talc) est généralement verdâtre arec des bigarrures, qu'on a comparées à la peau des serpents. Quand elle est assez dure et susceptible de poli, on remploie pour la décoration et pour la confection d'objets d'arts , rases , socles et colonnettes. Si elle est tendre et onctueuse, on en fabrique des rases, des marmites, trèssolides quoique minces (Corse, Valais).
Le trachytt est une roche Volcanique grisâtre ou roussAtre, rude au toucher (feldspath, mica, amphibole et fer titane). On le trouve particulièrement en Amérique, dans la grande ehalne des Andes; en Frauce, dans le Puy-de-Dôme, Cantal, .Haute-Loire. Le bel établissement des bains de Hont-Dore, en est entièrement construit, ainsi que l'immense cathédrale de Cologne.
Le boêolie (feldspath, pyroxène, fer titane et péridot) est une roche noirAtre et très-solide. n appartient aussi au terrain rolcanique des périodes supracrétacées.Il se présente en couches divisées en prismes qui ont parfois ringt et trente mètres d'élération d^in seul jet. Il sert au pavage (Hontélimart).!! peut au besoin remplacer la pierre de touche des bijoutiers, car il est inattaquable par les acides. Les anciens le sculptaient.
Le boÊoniié ou lave de VoMe est une rariété du basalte. La cathédrale de dermont en est entièrement construite.
Tout le monde connaît l'usage de la pouzzolane^ résultat de la décomposition des scories volcaniques, pour la fabrication des chaux hydrauliques. Mais aujourd'hui, grâce aux travaux de H. Vicat, on remplace arantageusement la pouzzolane par un calcaire argileux
Les iufe vokaniquei sont des cendres basaltiques qui se sont durcies par infiltrations. Us recouvrent les anciennes villes d'Herculanum et de Pompe!. Les anciens trottoirs de ces deux villes sont pavés d'une lave présentant la plus grande analogie avec celle que vomit encore le Vésuve.
Vobiidienne est une stibstance vitreuse et translucide, couleur verre de bouteille, d'origine volcanique (Mexique, Pérou, Islande). Le célèbre miroir des Incas, qu'on voit au Muséum d'histoire naturelle de Paris, est une belle obsidienne taillée. Les Mexicains, au temps de Montézuma, en confectionnaient des dards, des flèches, des couteaux, etc.
La pierre ponce (composée de feldspath, etc.) et d'origine volcanique est poreuse et grisâtre. Réduite en poudre et délayée dans l'eau, elle sert à polir le bois, l'ivoire, et même les métaux ; on l'emploie encore pour adoucir ou polir la surfiice des peaux , des parchemins, etc. En Orient, et sur le littoral de la Méditenanée, on s'en sert pour iV*otter les cors et les durillons des pieds, et l'on assure que c'est Ik le meilleur moyen de s'en délivrer.
Roehee utiles d^origine eédimentaire.
Les nkieiee argileux ^ talqueux , ardoisiers , etc., proviennent des détritus produits par l'action érosive aux dépens du sol primitif. Tout le monde connaît l'usage de l'ardoise {kn^ gers, Maine-et-Loire ; Rimogae et Fumay dans les Ardennes). La torréfaction dans un four donne i^ux ardoises une tejpte roug^ftlre e\ en prolonge considérablement la duré«.Les ardoises d'Angers ne durent guère que cinquante ans, bien moins que celles da département des Ardennes et de la Belgique.
D'autres schistes servent au carrelage ou pour faire des tablettes à écrire avec un crayon de graphite ou d'une ardoise plus tendre. La cotieule ou novaeulite sert h aiguiser les rasoirs et les lancettes.
Le calcaire pu earbonaie de chaux est très-répandu dans la naturCi dans les terrains les plus anciens comme dans les plus modernes^ mais fréquemment mélangé d'argile, de silice^ de magnésie» etc.
t5 INTRODUCTION. 26
Les usages du calcaire sont si nombreniLt si Yariés» que cette substance nous est , pour 4^insi dire, indispensable : non-seulemeat elle fournit à l'architecture des malériaui de tous genres, mais elle sert» à Tétat de chaux, dans un grand nombre d'industriel. Comme pierre monumentale, le calcaire donne, pour la décoration, tous ces marbres aux couleurs rariées, ' quelquefois d'une blancheur éclatante, et qui se prêtent si bien à la délicatesse de la sculpture. Moins pur, sous le nom de calcaire groêêxer^ 11 fournit à la construction d'abondantes pierres d'appareil ; et tout le monde sait combien cette dernière rariété a exercé d*iufluence sur la beauté des monuments de Paris^ Les pierres lithographiques , qui ont donné nais- Muce à un nouveau mode de transmission de la pensée, ne sont que du calcaire compacte ou à grains d'une finesse çxtréme. Enfin, la craie, la marne, reçoivent, dans les arts ou en agriculture, des applications diverses sur lesquelles nous reviendrons.
Aucune substance, dit H. Boudant, ne se présente dans la nature sous autant d'aspects différents que le calcaire, ce qui tient, sans doute, à son extrême abondance à la surface de la terre, dans foutes les positions imaginables. Ses formes régulières et accidentelles sont extrêmement nombreuses; les struetures, les coulours, les mélanges, etc., donnent également lieu à une multitude de distinctions dont on peut encore augmenter le nombre par des considérations de gisement. Aussi les calcaires se subdivisent-ils en un grand nombre de variétés; nous allons rapidement passer en revue celles qui présentent une application plus ou moins générale.
Le calcaire saccharoidCf uniquement formé de carbonate de chaux.Tel est le marbre blanc antique de Paros, dont il reste encore plusieurs anciens chefs - d*OBuvre {Vénu$ de Médicir^ Dùmê choêêtrenef etc.). Le marbre de Carrare, sur la c6te de Gênes, est le type de cette variété.
Les marbres blm$ turq^in^ colorés en gris bleuâtre par une faible proportion de bitume, le marbre jaune onlîftie, mélangé d'une petite quantité d'hydrate de fer, sont des calcaires saocharoldes.
Le calcaire dolamilique ou dolomie renferme de la magnésie. Pure et blanche , elle peut être employée pour la statuaire.
Le calcaire carbonifère^ vulgairement petit granit ou marbre des écauseinee est parsemé de débris organiques (encrines). Il contient une certaine quantité de matières charbonneuses et bitumineuses qui lui donnent une couleur grisâtre ou noirâtre. On en fait des tables, des chambranles, etc.
Le calcaire eempacte^ très-répandu eu Italie, en Espagne, en France, etc., fournit une infinité de marbres tachés, veinés ou rubanés, ainsi que la pierre lUhâgraphique si employée dans Tart du dessin, etc. (Ghâteauroux, Dqon, Périgueux, Bavière, etc.).
Le calcaire brocatelle présente une agglomération de tubercules rudimentaires de forme très-irréguliire et réunis par un ciment calcaire. U fournit des marbres très - recherchés
(Tortose, en Espagne).
Le calcaire lumaelulle, conglomérat de débris de coquilles et de polypiers. On cite la belle lumaeheUê d^Aêtracan^ composée de débris de coquiliiers d'un jaune orangé vif, réunis
ptf un ciment brun.
Le calcaire briclu, marbre résultant de fragments anguleux réunis par un ciment calcaire (In-iche dAUt et de Tolonet, prts d'Aix, en Provence). Le calcaire poudingue, agglutination
de fragments roulés.
Le calcaire crayeux ou craie blanche, propre à la bâtisse, résultat, suivant les uns (Lyell), de la trituration des coquilles et des polypiers; attribuée, suivant les autres, à la trituration des roches calcaires préexistantes.
La craie sert à préparer le blanc d: Espagne, le blanc de Meudon: c'est particulièrement en Champagne qu'on s'occupe de cette industrie. Pour amener la craie à cet état de pureté, il faut la délayer dans feau , en laisser déposer les parties grossières et transvaser le liquide qui la tient en suspensi«»n ; puis, lorsque cette craie s'est déposée, on la
44can(6 ; on la f«it sécher ; et, quand elle a pris une consistance convenable, on la moule en forme de cylindres ou de pains dont la dessiccation s'achève k Tair. Ce blanc s'emploie comme crayons; il entre dans la plupart des peintures en détrempe et des couleurs ; on en fait un grand usage dans les ftibriques de produits chimiques, etc. ; mélangé avec diverses substances , il sert à composer diverses sortes de mastics , et à modeler les ornements des cadres destinés à la dorure ; il entre aussi en proportion notable dans la fabrication des faïences et s*emploie chaque* jour pour une foule d'usages domestiques, comme, par exemple , pour nettoyer les métaux et le verre.
Le calcaire groaier, presque entièrement composé de débris coquilliers marins, triturés» réunis par un ciment calcaire. Paris, Bordeaux', Marseille, etc., sont bAtis avec des calcaires grossiers de Tépoque supercrétacée. Suivant la flnesse du grain , on distingue la pierre de /laù, le cliquartf la lambourde ^ etc. Le vergehi^ employé pour la statuaire, provient du département de TOise.
Valbdire calcaire provient de la concrétion du carbonate de chaux sous forme de stalactites et de stalagmites. Le plus estimé vient d'Italie. On en connaît l'usage pour vases, socles, chAsses de pendules, etc.
Le tuf calcaire ou iraveriin se forme journellement. Il est blanc ou jaunAtre. C'est k une variété du tuf calcaire (travertin) que plusieurs monuments de Rome doivent leur magniiicence. L'immense coupole de Saint-Pierre et la plupart des églises modernes de cette capitale de la chrétienté sont construites en travertin.
Le meilleur moyen de reconnaître si les pierres calcaires ne sont pas géliveif consiste k les laisser séjourner k l'extérieur pendant l'hiver , afin de reconnaître comment elles se comportent k la gelée.
On polit les marbres successivement avec la pierre ponce , l'émeri, avec la limaille de plomb, la potée rouge (rouge d'Angleterre) , et la potée d'étain de première qualité. . Pour tailler les colonnes et les vases, on se sert de scies particulières mues par des machines, de telle sorte qu'on peut enlever, de l'intérieur des pièces, des noyaux pleins qui servent k fabriquer des objets de moins grandes dimensions. Lorsque la matière est précieuse, on détache ainsi, d'un seul cylindre, deux, trois ou quatre colonnes qui s'embottent les unes dans les autres. Les instruments perforants dont on se sert pour exécuter ces divers travaux sont très-ingénieux , et surtout très-économiques, puisqu'il n'y a de matière perdue que celle que les instruments détachent sur leur passage. . Parmi les chaux , on distingue la chaux hydraulique qui se fabrique en calcinant des calcaires contenant 90 k 30 pour 100 de parties argileuses. La propriété qu'elle a de prendre sous l'eau une grande dureté, est de la plus haute importance pour la construction des piles de pont, des digues, etc.
Puisque la chaux hydraulique diffère seulement de la chaux grasse en ce qu'elle est produite par la calcmation de calcaires contenant une certaine proportion d'argile, il était naturel de recUercber si des calcaires plus ou moins purs, susceptibles de se délayer, et auxquels on lû^^^^i^ût, dans des proportions convenables , une dose d'argile, ne donneraient pas, parla cuisson, la même chaux hydraulique. M. Vicata résolu affirmativement ee problème ; en sorte qu'aujourd'hui divers mélanges de craie et d'argile , réduits en poudre et pétris avec un peu d'eau, peuvent servir k faire des pains qui, soumis k la calcination, fournissent une excellente chaux hydraulique artificielle.
On prépare la chaux hydraulique, aux environs de Paris, en délayant dans l'eau un mélange d'une partie d'argile et de quatre parties de craie ; la bouillie obtenue ainsi se sèche k l'air sous forme de petits pains ; puis on la soumet k une calcination modérée ; si bien que le calcaire et l'argile entrent, sinon (en combinaison, du moins dans une disposition moléculaire telle, que 4a cbauic qui en résulte» après avoir été gAdiée, est susceptible de durcir dans Teau. Quand on n'a pas de calcaires délayables comme la craie ou la inarncy on peut employer la chaux elle-même qu'on laisse éteindre k l'air, et qu*on mêle ensuite
avec des argiles délayées dans l'eau ; il en résulte une pâte dont Cfn fitit -des pains que l'on cuit lorsqu'ils sont entièrements secs.
La chaux hydraulique prend le nom de ciment romain quand elle contient jusqu'à 40 pour 100 d'argile. Un bon ciment romain acquiert souvent» après une immersion d'un quart dlieure, la dureté de la pierre elle-même.
Dans la fabrication de la chaux hydraulique, on employait autrefois des pouzzolanes, ou des scories altérées, qu'on faisait venir de fort-loin, pour les mélanger h la chaux et au sable ; il en résultait que la chaux hydraulique était toujours à un prix assez élevé ; au-, jourd'hui, grâce à la belle découverte de M. Vicat , on fait d'immenses économies dans les constructions publiques : en effet, une écluse qui coûtait autrefois 200,000 fr., peut êtrefaîte maintenant pour 40 à 50,000 fr, Des économies non moins considérables ont été réalisées sur la construction des barrages, des digues, des ponts en pierres, etc.
On a cru pendant longtemps que la solidification du mortier provenait de la combinaison de la chaux avec le sable quartzenx qu'il reçoit. Il n'en est rien. Des observations récentes ont lodt reconnaître que cette solidification résulte de la combinaison de la chaux avec l'acide carbonique de l'atmosphère. Le mortier ordinaire ne durcit pas quand il est totalement privé du contact de l'air. Un mur très- épais, bâti à Potsdam depuis plus de trente au, a présenté, lors de sa démolition, du mortier encore mou dans l'intérieur du . mur, parce qu'en de telles cx>nditions il n'avait pu absorber assez d'acide carbonique pour se solidifier. Ainsi le mortier, en durcissant par le dessèchement et par la combinaison de la chaux avec Tacide carbonique de l'atmosphère, donne lieu à la formation d'un carbonate de chaux.
Les griê sont des roches à base de quartz provenant de sables agglutinés par un ciment siliceux ou calcaire, de diverses couleurs. Il y a des grès à grains fins, pourprés, susceptibles d'un beau poli. Tel est celui qu'on emploie aujourd'hui à Paris pour le sarcophage du gigantesque tombeau de l'empereur Napoléon. Ce magnifique grès pourpré et aventuriné a été extrait des carrières de Schokscha, sur le bord occidental du lac Ladoga, k quelques lieues de Saint-Pétersbourg. Il a été donné par Tempereur de Russie.
Tout le monde connaît l'usage des grès pour aiguiser la coutellerie, pour filtrer et clarifier les eaux (la Navarre, les lies Canaries, etc., grès exploités pour le pavage à Orsay, Palaiseau, Fontainebleau, Anvers, etc.).
Les êoblei servent aune multitude d'usages. Les objets en fonte, en cuivre, en laiton, tic.9 sont presque toujours coulés dans des moules terreux^ construits avec du sable un peu argileux, humide et tamisé. Dans les fonderies des environs de Paris, on se sert du nble de Fontenay-aux-Roses.
L'application la plus intéressante du sable a lieu dans les verreries et dans les cristalleries. Tout le monde sait aujourd'hui que le sable quartzeux, rendu fusible par l'addition d'un peu de souJe ou de ('Otasse, constitue la matière .principale du verre. Cette découverte, attribuée aux Phéniciens, a rendu les plus grands services k l'humanité ; car. nonseulement le verre sert k une foule d'usages dans les besoins habituels de la vie ; mais encore les sciences naturelles lui doivent une partie de leurs progrès. L'astronomie, la physique, la chimie sont parvenues, k l'aide du verre et du cristal, k un admirable degré de perfection.
Pour fabriquer le verro grossier, celui des bouteilles, par exemple , on peut indistinctement s*i servir de tous les sables plus ou moins pulvérulents, plus ou moins impurs , auxquels on ajoute. des oxydes de fer et de manganèse comme matières colorantes; mais, pour obtenir dos verres blancs, on évite avec soin les matières qui contiennent des oxydes colorants ; on rceherehe les sables quartzeux les plus blancs, auxquels on ajoute , dans des proportions convenalles, certains fondants, tels que de la soude ou de la potasse , ainsi que du carbonate de chaux, ou seulement de la chaux. Ces diverses substances sont SDélangées de la manière la plus intime rpuis calcinées jusqu'k ce que le tout soit agg}u« tiné en une masse. On fait fondre ensuite ceJle-ci dans de grands creusets; en chaufTabi
M DICTIONNAIRE DE COSMOGONIE ET DE MLilONIOLOGIE. Z/i
cpntenablement» la combinaison s*opère et la matière vitreuse entre en fusion : en cet état on la coule» on la moule, ou bien on la souffle. . Quant à Tespèee de verre nommée criatalf sa composition reçoit, en outre, une assez forte proportion d*oiyde de plomb ; il en devient plus lourd et acquiert un pouvoir réfrangible qui le rend plus agréable. Le cristal qu*on emploie à la fabrication des iustruments d*optique est désigné sous le nom de /hW-jjr/oM, et celui qui imite les pierres fines porte le nom de '$ira$$.
Les sables des verreries et cristalleries du nord de la France s^exploitent aux environs de Reims, à la base du terrain supercrétaoé ; ceux d*Étampes, d'Aumont , de I^ngjumeau, de Fontainebleau, s*emploient de préférence dans la cristallerie des environs de Paris. On choisit les plus purs et les plus fins. La finesse est une condition essentielle pour un bon' mélange du sable avec les fondants.
On appelle iitex ou iit$x pyromaque une matière siliceuse, compacte, translucide sur les bords des éclats et à cassure conchoîdale. Quelle est Torigine des silex de la craie? Les uns l'attribuent à une notable quantité de silice que tenaient en solution les eaux dans lesquelles a eu lieu la précipitation de la craie blanche. La silice, au lieu de se mélanger au calcaire, se serait réunie par séries de nodules. D'autres ne voient, dans la forlAation des silex qu'un phénomène purement électrique (Recquerel). Selon cette hypothèse, les particules siliceuses auraient été amenées sur certains points par des courants électro-chimiques et se seraient agglomérées par séries de nodules.
Le iilex meulière a servi à bâtir les fortifications de Paris. Il est surtout utilisé pour la confection des meules à moudre le grain (La Ferté-sous-Jouarre ; dans la Touraine ; k Bergerac; etc.)
Passons aux roches gharbonhecses, ou combustibles fossiles.
L'a»/&ract7a est une substance charbonneuse, noirâtre, brûlant avec difficulté, sans flamme ni fumée. On pense que la houille a été changée en anthracite au contact des roches ignées. 11 convient surtout aux usines. Si TAngleterre est le pays classique de la houille, l'Amérique du nord est celui de l'anthracite. Aujourd'hui que les Américains ont appris à s'en servir, ils 1 estiment presque à Tégal de la houille. Il a l'inconvénient de décrépiter en brûlant, ce qui est dû à une petite quantité d'eau renfermée dans les pores microscopiques de la roche.
La houille ou charbon de terre^ composée de carbone, d'hydrogène et d'oxygène, diffère de l'anthradte par une proportion de matière bitumineuse. Il en sera question dans plusieurs articles de ce Dictionnaire. On sait qu'un grand obstacle que présente souvent l'exploitation des houillères est la présence de l'hydrogène carboné qui s'en dégage et qui est connu sous le nom de grisou ou gax inflammable^ d'un poids spécifique très-iuférieur à celui de l'air. On doit au célèbre chimiste anglais, Davy, la lampe de eAreté, décrite dans Botre Dictiomnaire de physique^ etc. Les prodiges de Tapplication de la vapeur sont dus h ce combustible. Le gaz hydrogène carboné qui sert h l'éclairage s'obtient de la houille distillée.
Toutes las qualités de houille, dit un savant professeur, H. Payen, ne sont pas également propres à la distillation. On doit préférer celles qui contiennent les plus fortes proportions de.carbures d'hydrogène, et qui présentent à l'analyse le plus d'hydrogène en excès sur la quantité nécessaire pour former de l'eau avec l'oxygène de la même bouille. Les diverses espèces de houille donnent des quantités el des qualités différentes de gaz ; elles exigent une température plus ou moins élevée et soutenue, laissent un coke plus ou moins estimé, enfin dégagent, suivant les proportions de bisulfure de fer qu'elles contiennent, des combinaisons de soufra avec l'hydrogène et avec le carbone, qui. altèrent la qualité du gaz rt nécessitent une épuration dispendieuse. On doit avoir égard à toutes ces circonstances dans le choix des matières premières. Les houilles de Mons et de Commentryt qu'on emploie généralement h Paris, donnent en moyenne 23 mètres cubes dt? gaz par 100 kilo-
grammes. On en obtenait un plus grand volume en fiiisant usage de la houille de Saint* Etienne; mais le gaz était plus sulfuré.
La houille est aujourd'hui le principal motovr de Tind^strie, le grand ausiliairexiu corn» merce, Tagent indispensable du bien-6tre matériel des peuples. ; elle est désormais aussi indispensable aux sociétés civilisées que le fer, cet autre élément qui prête un si puissant concours aux conquéieade Findustrie. De la combustion de la houille résulte la chaleur; celle-ci gazéifie l'eau ; ce gaz» ou plutôt cette Tapeur, étroitement emprisonnée dans dee chaudières en fer, obéit au génie de Thomme, qui ne lui accorde ensuite la. liberté qu'autant que sa force expansive pourra imprimer le mouvement à ses mashines. A l'aide de ce paissant moteur, les manufactures les plus compliquées marchent el exécutent leurs travaux avec précision et célérité. Au mépris des vents, et sans voiles, les navires sillonnent les mers ou remontent les jSeuves comme par enchantement. Les chariots, sans attelage, courent spontanément sur les chemins de fer, avec une vitesse prodigieuse. C'est à la houille que sont pariiculièrement dus la plupart de ces résultats, et le gaz éclairant qu'on en retire vient, quand l'astre du jour a disparu , nous verser à son tour des flots de
lumière I
Ici se présente une réflexion du plus haut intérêt : ne dirait-on pas que c'est pour le progrès de rhumanité que la végétation des premières époques géologiques, au lieu de se dissiper sans rien laisser après elle, est venue s'enfouir dans les entrailles de la terre? Ne dirait-on pas qu'avant la création de l'homme la nature s'occupait déjà de ses besoins future, en lui conservant ces préeieuseç couches de houille qui lui permettent aujourd'hui de cbaivger le caractère de son industrie et de rêver un autre avenir 7
Le lignite est un autre combustible aussi d'origine*végétale. Quand il est luisant, assez dur et assez compacte, il est susceptible de poli et prend alors le nom de jûi$ ou de jay^t (Catalogne).
La iourbe est un combustible qui se Jforme journellement dans le? mardis des zones tempérées par l'accumulation des plantes aquatiques. On mejt les marécages tourbeux en coupe réglée comme les bois eux-mêmes.
Suivant H . Diifrénoy, il résulte de nombreuses analysée que laridiesse en carbone des combustibles fossiles diminue d'autant pbis qiie ces mêmes combustibles sont moins anciens. En effet, l'anthracite contient de 80 à 90 pour 100 de carbone; les houilles en renferment de 60 à 80; les lignites de 40 à 50; enfin , dans les tourbes, là prc^xirtion de caii>one varie de 25 à 36 pour 100 : c'est le principal combustible de la Hollande. (Bh France , Somme, Oise, Meurthe, Doubs.)
Parmi les autres substances précieuses qui appartiennent aux roches sédimentaires, nous devons mentionner le gypse qui fournit lé plfltre : c'est un sulfate de chaux hydcaté, c'esV à-dire renfermant une certaine quantité d'eau ; sa formation est attribuée soit à des vapeurs acido-sulfureuses dégagées du foyer central, soit à des sources d'acide sulfurique qm aurait pénétré cert4ins calcaires. Il est très-abondant dans l'étage parisien. Le plAtre.est du gypse cuit : on en connaît les usages variés. Le gypse compacte est connu sous le nom d'Mâin gyptêusB ; pn en fait des vases, des fla«ibeaux, etc. (Tosrane).
Le $ei (chlorure de sodium) est un des produits les plus répandus dans la nature et des plus indispensabjles à l'homme. Le tel marîn s'extrait des eaux de la mer; le ul^nmnê existe en couches solides daps des terrains d'Ages différents, depuis le. trias jusqu'au terrain supercrétacé. Il y a des gttes qui ent 100 et 150 mètres de puissance. On en attribue Torigine à des eaux marines isolées qui ont subi une évaporation plus ou moins prolongée. On admet qu'à la suite des cataclysmes quelques parties des eaux de la mer oqt pu être séparées ou jetées dans des dépressions ne recevant aucun cours d*eau douce ; avec le temps et sous l'inflence d'une température élevée, ces eaux salées, en se réduisant, au* raient donné lieu aux phénomènes qui se manifestent dans nos marais salants.
On cite on très-grand nombre de dépôts salifèrcs dans toutes les parties du monde; et
tùn remarque que les plus considérables etistent généralement sur les bords des vastes plaines ou des déserts. Les débris organiques qu'on rencontre dans ces gisements sont des lignites, mêlés quelquefois à des sables eWi des caiHoux roulés. Parmi les montrées les plus riches en sel gemme , nous citerons les deux versants des Carpathes, où Ton trouve* d'un côté, les abondantes mines de Hongrie et da Transylvanie, et, de l'autre, les célèbres salines de Wieliezka, aux environs de Cracovie, dans la Pologne autrichienne. Ce dernier dépAt salifère, le plus riche que Ton connaisse, présente «ne masse évaluée à plus de rl60 lieues de longueur sur 40 de largeur. Les travaux d'exploitation s'étendent sur environ 3,000 mètres en longueur, 1,600 mètres en largeur, et 900 mètres en profondeur. Ces imposantes excavations présentent des salles taillées carrément dans le sel gemme, et soutenues par des piliers de la même matière blanche et transparente comme la glace. On y voit des écuries habitées par les chevaux qui font le service de la mine, et des lacs d'eau salée , sur lesquels on peut se promener ea bateau. Quelques milliers d'ouvriers vivent dans ces souterrains durant plusieurs années, sans être incommodés de Tair qu'on y respire et des travaux auxquels ils sont employés. Il faut dire aussi qu'à tour de WHe, ces hommes viennent à la surface ; ccr, bien que ces souterrains soient parfaitement aérés, la lumière du jour est , pour l'homme , une condition de santé et même d'existence. Les -raines de Wieliezka sont ouvertes depuis le xin* siècle, et comme les travaux y sont poursuivis chaque jour avec une grande activité, il en résulte des excavations considér râbles qui deviennent de plus en plus imposantes. On y voit, taillé dans le sel même, un escalier de plus de mille degrés, une chapelle assez vaste, et plusieurs grandes galeries admirables par leurs dimensions et par la régularité de leurs formes. Si, à toutes ces merveilles exécutées patiemment par la main de l'homme, on igoute l'éclat des parois réfléchissant la lumière des lampes, la hauteur et la hardiesse des voûtes, l'élégance des piliers translucides, on aura une légère idée de cet aspect en quelque sbrte féerique!
I^es exploitations de sel gemme sont, en France, à Vie et à Dieuze (Lorraine) ; en Angleterre à Norwick; en Espagne, à Cordona; en Suisse, à Bex.
Outre les iourees iaUe$ dont les eaux sont exploitées dans l'intérieur des continents et
que nous ne ferons que mentionner en passant, tout le monde sait qu'on retire aussi le
«sel des eaux de la mer, au moyen de l'évaporation naturelle de l'eau marine, amenée, en
.coudlies DHnces,.dans de vastes réservoirs tapissés d'argile, qu'on nomme marait ialana
(Charente-lDférieQre, Hérault, Bouches*<iu-Rh6ne).
De nombreux lacs salés existent en Asie et en Afrique.
Le sel doit à son avidité pour l'eau la propriété qu'il a de conserver longtemps les aliments destinés aux approvisionnements. C'est en soutirant l'humidité des viandes , des «poissons, etc., qu'il préserve ces sulistanoes de ia fermentation putride.
On se tromperait, si Ton croyait que le sel n'est employé, dans la préparation de nos mets» que comme condiment, et qu'il serait facile de s'en passer; tout nous prouve, au «catraire , que l'homme et beaucoup d*animaux ne pourraient longtemps subsister, s'ils en étaient tout à fait privés. N<m-seulement le sel communique une saveur agréable aux aliments; mais, en stimulant les glandes salivaires et les parois de l'estomac, il facilite la digestion ; aussi n'est-ce point un caprice, un raffinement de sensualité, qui porte l'homme à saler tout ce qu'il mange ; mais bien un besoin très-impérieux, remontant au premier âge de l'humanité, et auquel tous les peuples sont instinctivement soumis.
Les argiln sont des roches composées de silice, d'alumine et d'eau, dans des proportions très-variables. Elles doivent surtout leur origine à la décomposition des-matières feldspathiques qui forment la base de la plupart des roches d'origine ignée. Elles présentent un grand nombre de variétés. Vargile pbuiique est employée dans la confection de la porce'laine la plus aristocratique comme dans la fabrication de la poterie grossière. Nous avons déjk dit que le kaolinj employé dans la fabrication de la porcelaine, est une argile particulière qui i-ésulte de la décomposition sur place de certaines variétés d^ feldspath. La ma»
57 1NTII0D13GTI0N. St
nofacltttre de Sèvres le tire de SaiBt-Yrieir, près de Linoo ges. L'arl eéramique a été pott4| chez BOUS aa plus haut d^^ré de perfecliao (Sèvres).
Nommons seulemenl YargiU smecêifuCf ou Urre à foÊ^an , qui sert à enlever aux étoffes ds laine Thuile dont on imbibe la laine pour la filer et la tisser ; la pierre à déiaeher^ qui absorbe les corps gras qui font tache sur les. étoffes ; les ocrée rouges, jaunes, dont on fabrique des crayons, etc.
Jke eepieee wdnéraUe uiitee , non^méialUfèree.
Le grûphyU ou plombagime est composé de carbone, associé à une petite quantité d'oxyde de fer. Sa présence dans les plus anciennes roches primordiales indique que le carbone a eiisté avant la solidification de la première enveloppe terrestre. On en fabrique des erayons (Gumberland, en Angleterre i Passaw, en Bavière). Pétri avec la graisse, il est utilisé pour adoucir le frottement des essieux des machines en fer.
Les iiliMief, matières liquides et visqueuses, sont probablement le résultat de la décomposition de masses de végétaux qui auraient subi Faction d'agents plutoniqnes. C*est toujours du carbone uni à une certaine quantité d'hydrogène et d'oxygène. Nous citerons :
Vaephalief qui flotte en abondance sur le lac de Judée, servait à embaumer les cadavres des hommes et des animaux chez les Egyptiens.
Le pieeaephalu ou goudron minéral (Dax, Seyssel, etc#
Le naphte et le pétrole ressemblent à des huiles volatllsc.
Les bitumes s'appliquent à divers usages : ceux qui sont huileux (naphte et pétrole) servent à graisser des machines, à enduire des agrès, des cordages. On les emploie avec succès pour la ccmservalion des bois, des grosses toiles ; dans quelques localités , on s'en sert pour l'éclairage des phares qui bordent les cAtes maritimes. Le bitume pissaslphate entre dans la fabrication de quelques ciments qui s'opposent au passage de l'humidité. Enfin, depuis un* certain nombre d'années, le pissasphalte est la base essentielle du dallage des places publiques et des trottoirs. On le mélange à chaud avec des matières crayeuses, des sables et des graviers; il en résulte un poudingue pAteuxqui, s'appliqnant sur un sol préparé et résistant, le recouvre, en quelque sorte, d'une seule dalle élégante et solide.
Le euccin ou ambre est une résine fossile qui découlait jadis des arbres aujourd'hui convertis en lignites. Il renferme souvent des insectes d*une délicatesse extrême. On le trouve dans les dépôts postérieurs à la craie , parmi les sables et les argiles qui accompagnent les lignites (Auteuil, Meudon ; c6tes delà Baltique, etc.). Au temps de la république romaine, il formait un des principaux objets d'échange entre le Nord et le Midi. Les dames surtout en fSsisaient une très-grande consommation pour une foule d'ornements.
Le fwmo doit son origine à l'accumulation séculaire d'excréments et de cadavres d'oiseaux de mer (cAte du Pérou, cAte occidentale d'Afrique , etc.). Ce prédeux engrais est importé en Europe depuis quelques années.
Le nairon est une substance saline employée pour la fabrication du savon et du verre (Espagne, Bgypte).
Le eomfre est un corps simple qui se montre avec le plus d'abondance dans le voisinage des volcans en activité.
Les usages du soufre sont nombreux. La consommation qu'on en fait , dit M. Payen « suffit pour donner la mesure de l'état ou de l'importance de la chimie industrielle chez les peuples civilisés. Le soufre s'emploie pour la fabrication de la poudre à canon, pour la préparation de l'acide sulfureux et surtout de l'acide sulfurique, précieux agent de la pinoart des manufiictures, et qui, à lui seul, en absorbe d^énormes quantités. On se.sert aussi da soufre pour la préparation d'un grand nombre de sulfures d'un usage continuel »
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tels que le vermillon^ Vorpimenif etc. Il entre dans beaucoup de manipulations pharmaccTi tiques. Les modeleurs et les graveurs se servent du soufre fondu pour obtenir de belles empreintes de médailles; pour cela, ils coulent sur la médaille, légèrement huilée, du plAtre gâché, et obtiennent ainsi un moule en creux , dans lequel ils versent ensuite du soufre qui prend' Tempreinte de la médaille. Liquéfié, le soufre s'attache aux tissus de toile qu*on y plonge ; on obtient ainsi des mèches soufrées qu'on fait brûler dans le$ barriques humides, afin d'y produire du gaz acide sulfureux qui s'oppose à la putréfaction de divers liquides , notamment des vins, de la bière et du cidre. Enfin Tadmirable facilité avec laquelle le sontre s^enfiamme le rend précieux dans les usages domestiques; aussi son intervention est-elle nécessaire dans les allumettes de tous genres. Une particularité qu'il importe de signaler, c'est qu'il peut servir facilement à éteindre les feux de eheminées : il sufiit, pour cela, de jeter quelque^ poignées de fleur de soufre dans le foyer,
dont on ferme aussitôt l'ouverture à Taide d'un drap mouillé; alors, par sa combustion, le souflre se transforme en acide sulfureux , et dans cette transformation il absorbe assez rapidement l'oxygène pour arrêter et même pour éteindre le feu,
Valun est composé de sulfote d*alumine et de sulfate de potasse ou d'ammoniaque, et se trouve en elBorescence à la surface de certains schistes argileux de la formation houiNère. L'alun s'emploie en teinture comme mordant, pour fixer les couleurs sur les étoffes. Pour bien comprendre son action , supposons qu'une goutte de vin rouge tombe sur un linge sec et blanc, l'eau enlèvera facilement cette tache; mais si une goutte semblable tombe sur le même linge imprégné d'une solution d'alun, la tache sera persistaate ; ainsi , dans la teinture, l'alun sert d'intermédiaire entre la couleur et le tissu.
La magnéiiie est composée de magnésie , de silice , d'alumine et d'eau. C'est Yécume de mer dont on fait des pipes si estimées.
Le borax est une substance cristalline, composée d'acide borique, de soude et d'eau. On l'extrait de l'acide borique qu'on retire des lacs de Toscane. C'est un fondant pour beaucoup d*opéra(ions chimiques et métallurgiques, par exemple, pour appliquer les métaux sur la porcelaine.
Le «olpAre, nitre^ ntV^a/e de potaae^ est un azotate de potasse. La cause de ^ formation est encore un mystère ; mais il est positif qu'elle prend sa source dans l'air humide en contild avec des matières calcarifères poreuses. Mélangé avec du soufre et du charbon puTvérisés, dans des proportions diverses , il constitue la poudre à canon. C'est par la distillation qu'on extrait du salpêtre l'acide azotique qui sous le nom d'eati fortei sert à un grand nombre d'usages.
Le id ammoniaque est un hydroch orate d'ammoniaque qui s'obtient en décomposant le ralfate d'ammoniaque par le chlorure de sodium. On l'emploie , comme le borax, pour les ioudfires. II sert h décapa la surface des métaux qu'on veut étamer, etc.
Le mico, quand il se divise en grandes lames, sert, particulièrement en Sibérie, k vitrer les habitations. Il est surtout propre au vitrage des vaisseaux de guerre, parce qu'il résiste à la pression atmosphérique que produi subitement une décharge d'artillerie.
Le iale est une substance très-tendre , le plus souvent feuilletée. Une variété, la itéatiUy est douce et grasse au toucher, comme du savon. Sous le nom dé craie deBriançon^ les tailleurs s'en servent pour tracer la coupe des habits, les cordonniers l'introduisent en poudre dans les bottes pour en rendre l'intérieur sec et glissant. C'est aussi avec du talc laminaire du Tyrol qu'on fait la pAte fine dont sont composés les crayons colorés qu'on nomme peneielt.
Le tripoli est presque entièrement composé de silice terreuse ou de matières argileuses ayant subi, sous l'influebce de la chaleur, une altération plus ou moins grande. En examisant les tripolis au microscope , M. Ehrenberg a reconnu qa*ils étaient quelquefois formés, en grande partie, de carapaces d'infu&oires siliceux, particularité qu'il est difficile de s'etpliquer. Au reste le nom de trip^'^U est souvent employé peur désigner diverses matiè-
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res qui ont la propriété de polir, ponce tritarée, ierre pourrie d'Angleterre» etc. Le tripoli se troaye dans les plus anciens terrains sédimentaires. On s*en sert pour polir les métaux, la ewne» Técaille, les pierres flnes.