‹ Dictionnaire d'ascétisme (volume 2)Chapitre 5 sur 216 · IV · texte numérisé non relu

IV

Pierres employées dans Fomementittion ei la joailltnr.

Les nEmmss comcmKs pour romemcntation et la bijouterie sont : les quartz avec leur? nombreuses Tariétés, quartz hyalin ou cristal de roche ; améthyste , rubiSt topaze.

Les agates, cateidoine^ cornaline, sardoincj anyx» chrysoprase.

La plus grande partie des agates qui circulent dans le commerce rient d*Oberstein, dans la Frasse rhénane, où on les façonne en objets divers, tels que ^^s^s, socles, poignées d'instruments et bijoux de médiocre râleur. Les belles rariétés sont réservées pour y graver des sujets d'art, qui, en rertu de l'inaltérabilité de la substance, peurent être regardés eonune de mis monuments capables de passer à la postérité la plus reculée. Les anciens nous ont laissé, en ce genre, de superbes ourrages, auxquels la main du temps, qui efface toute chose, n'a pu jusqu'à présent porter la plus légère atteinte. Telles sont les apothéc* ses d^Auguste et de Germanicus, grarées sur des onyx à quatre couches de couleurs diflé* rentes. Les artistes modernes font aussi chaque jour, sur cette substance indestructible, de petits cheb-d'oeurre qui ne le cèdent en rien à ce que la grarure antique a produit de plus beau, et qui feront peut-être aussi l'admiration des siècles futurs. Cest principalement sur les onyx que sont exécutés ces magnifiques ourrages; car cette rariété d*agate présentant des zones de couleurs rariées et d'une très-petite épaisseur, il en résulte une dispoâtion très-Surorable au trarail du grareor qui , en fouillant plus ou moins profondément dans la substance, exécute le relief sur Tune des couches, en laissant Tautre pour fond : c*est ce qu'on appelle des camées. Quelquefois la rariété et la disposition des couleurs sont si ftrorables au déreloppement du sujet , que l'artiste peut détacher les cheveux, le risage et les rètements de ses personnages sur des teintes différentes, et marier ainsi la peinture à la sculpture, le charme du coloris à celui de la forme.

Les jaspes forment une troisième sous-espèce de pierres quartzeuses, employées pour les petits ornements. Ceux de couleur brunAlre ou rougeâtre sont assez communs. Il y en a de rmbamés , de panachés , de tigrés ( Sicile }.

le feldspath forme aussi un groupe d'espèces minérales, or/kote, albite^ labradorite^ pierre de lune^ pierre de soleil^ pierre des Amazones, et \ejade, apporté d'()rienl et d'une ténacité extrême. Les sauvages en font des instruments tranchants.

Le lapis^axuli, ou outre-mer, est une belle substance bleue qu'on trouve dans les roches granitiques (Sibérie , Thibet, Perse).

La malachite, d'une belle couleur verte, à nuances variées, est une substance rare employée aux décorations les plus somptueuses.

La fuorme ou spath fluor est remarquable par la vivacité de ses teintes vertes , jaunes « Menés et violettes , souvent réunies par zones (Angleterre, Saxe}. C'est avec de la fluorine qn*on prépare l'acide fluorhydrique dont on se sert pour graver sur le verre.

Les nenaBS Fmss ou FaiciEcsas sont

Le diamant , qui obtient la prééminence sur les autres pierres précieuses. Ce n'est autre diose que du carbone cristallisé et dans un état particulier de condensation moléculaire.

En effet, on a parfaitement constaté que le diamant brûle k une très-haute température, en consumant la même quantité d'oxygène que le charbon pur lui-même, et qu*il fournit une quantité d'acide carbonique dont le poids représente exactement celui de l'oxygène et celui du diamant soumis à la combustion. Par la décomposition chimique , on peut retirer de cet acide carbonique du charbon noir et pulvérulent , absolument identique au charbon domestique , car il en a les caractères et les propriétés ; on a pu s'en servir pour faire de Tacier qui he diffère en rien de l'acier ordinaire. Ainsi, c'est un fait bien acquis, le plus

DiCnOX. UE CoSWOGOfflE ET Vm PALiOTTOLOCn. S

45 DICTIONNAIRE DE COSMOCONIE ET DE PALEONTOLOGIE. 44

brillant , le plus limpide » le plus dur des minéraux ^ et ce corps noir, opaque et friable que nous brâlons obaque jour dans nos foyers sont de même nature. C'est le cas de dire Bjec BàXkj que le proverbe : Les extrêmes se touchent , n'a jamais été plus rrai.

Les expériences récentes de H. Despretz , sur le diamant , jettent un nouveau jour sur ce sujet. Au moyen d'une pile de Bunsen , de cinq à six cents éléments réunis en plusieurs séries» ce savant physicien a pu dégager une si grande quantité d'électricité , que la production de chaleur qui en est résulté aux pdles de la pile a suffi pour y fondre le diamant et le transformer en graphite 9 charbon pur et traçant « identique au graphite qu'on emploie |X)ur faire des crayons de première qualité. A l'aide du même feu électrique , M. Despretz a fondu et volatilisé les corps les plus réfractaires , ceux-là même qui jusqu'ici avaient résisté aux agents calorifiques les plus énergiques. Le charbon lui-même , réputé infi^sible par tous les chimistes et par les physiciens , n'a pu résister à cette épreuve ; il s'esi transformé en graphite; il a pu être ramolli 9 courbé et soudé à plusieurs reprises. Ces expériencesi qui auront du retentissement dans le monde savant , ont été faites dans le vide» ou dans un gaz non comburant» comme l'azote» et à diverses pressions. On comprend les conséquences qui peuvent en résulter ; en effet» de la fusion du charbon pur à la découverte de la fabrication du vrai diamant» c'est-à-dire du carbone cristallisé» il n'y a

peut^tre qu'un pas^

4 Le diamant a pour-gisement originaire la partie supérieure du terrain primitif. On le trouve au Brésil» dans la province de Minas Geraes, sur tous les points d'une vaste chaîne de montagnes qui se prolonge depuis les environs de la ville do Principe jusqu'à la Serra do GrammagoOf c'est-à-dire sur une longueur de plus de cinquante lieues» et dans une direction à peu près nord et sud. Cette chaîne» que nous avons habitée nous-même pendant un certain nombre d'années, présente des points culminants assez élevés pour y motiver un abaissement très-sensible de température. Comparativement aux autres contrées du Brésil, on peut dire qu'elle ne porte qu'une végétation chétive et rabougrie. On y remarque une foule de petits cours d'eau vagabonds qui la traversent dans tous les sens. Les plus grands» tels que les rivières Jiquitinhonaj Rio-^Pardo^ Itacambiroussou^ roulent dans leurs eaux un sédiment arraché aux nu)ntagnes voisines» et où domine le quartz laiteux» sous forme de cailloux arrondis et de sable blanc à gros grains. C'est dans ce sédimenl' quartzifère que se trouve» avec plus do facilité, le diamant» usé quelquefois lui-même par le frottement des graviers quartzeux qui l'accompagnent. Nous en avons vu de complètement ronds ; d'autres n'ayant perdu qu'une partie de leurs angles. Ce fait» qui n'est point rare sur les rives de là Jiquitinhona, indique que le diamant» malgré sa dureté» cède à la longue au mouvement incessant que lui imprime» en certains endroits des rivières» le continuel remous des eaux ; car il est évident que ce minéral est trop rare dans la nature» pour qie cette usure soit seulement le résultat du frot(cment des diamants les uns sur les autres.

« La gangue de cette pierre précieuse, qu'il ne nous a pas été donné de reconnaître» malgré les eflforts que nous avons faits pour la constater avec précision a, dit-on» été découverte depuis quelques années. Il paratt que c'est un quartz blanc laiteux et grenu» substance qui abonde» en effet» dans les contrées diamantifères» et que nous avions toujours

soupçonnée d'être la matrice originaire du diamant.

« Comme toutes les autres gemmes, on recherche le [diamant dans les dépôts d'alluvions anciens et modernes» provenant de la désagrégation des gîtes originaires, et c'est au moyen de lavages habilement exécutés qu'on le retire de ces sédiments. Nous entrerons dans quelques détails sur cette exploitation que nous avons pratiquée nous-même» soit à Tqucof :hef-lieu de la chatne diamantifère» soit à la Serra do Grammagoa^ qui en est la partie la plus septentrionale; et nous espérons que l'exposition rapide que nous allons en faire sera lussi exacte que neuve.

^ « Le sédiment quartzeux qui contient le diamant a reçu au Brésil le nom de cascalho ; il

JS LNTRODtCTlON. M

existe sur des plateaui é1e?és; et, dans ee cas, il appartient aux allovions anciennes; mais on te rencontre pins facilement dans les yallées, les bas-fonds où circulent les eaux; et Ton comprend qu'alors c*est souvent un produit de transport plus ou moins récent de Tépoqne actuelle. Dans l'un comme dans l'autre cas , la puissance du cascalho n'est jamais c<misiSérable ; rarement elle dépasse un mètre. Ce sédiment est presque toujours à la surface du sol ; en effet, il ne s'agit d'enlever qu'un peu de sable quartzeux légèrement argilifère, seule tCTre végétale du pays, pour le mettre à nu. On défonce ensuite ces cailloux roulés avec un pesaïkt levier et les ésclaVes transportent le cascalho dans un endroit voisin d'un petit ruisseau pour lui faire subir un premier lavage.

« A cet effet, on ouvre une tranchée en pente, soutenue par des platiches; cette tranchée, longue de quatre à cinq mètres sur un et demi de large, reçoit à sa partie supérieure une petite chute d'eau d'environ un mètre de hauteur. Cela fait, on jette successivement le cascalho au-dessous de la chute d'eau; là, il est agité, dans tous les sens, par deux nègres,* qui né cessent de remonter le sédiment que le courant entraîne vers le bas de la tranchée. Ils se servent de petites pioches qui leur permettent de rassembler les plus gros -cailloux à la surface et de les rejeter au dehors au fur et à mesure qu'il j en a un tas suffisant ;d'un aatre côté, les parties pulvérulentes sont entraînées par le courant. En opérant ainsi et en continuant de jeter du cascalho sous la chute d'eau, on finit par le concentrer à un vingtième environ de son volume primitif. En cet état, le cascalho ne présente plus que d% petits cailloux quartzeux mêlés à une iaible portion de sable blanc grenu et ferrugineux. Cest là que, par le seul fitit de sa densité , se trouve le diamant en compagnie du (er, de l'or, et quelquefois du platine.

« Le cascalho réduit est ensuite soumis à un autre lavage spécial , qui réclame la plus grande attention de la part du laveur, d'abord, puis de celle du surveillant. C'est ici que le nègre déploie son adresse et la fécondité de son esprit rusé pour arrêter le diamant au passage, et pour l'escamoter quelquefois à son profit. On a vu des laveurs feindre des attaqaes subites, se tordre en contorsions, et cela pour avoir la faculté de porter la main à la bauehe dans le but d'avaler un gros diamant. D'autres, plus adroits, placent furtivement, entre leurs doigts de pieds, le diamant trouvé, et gardent ainsi ce précieux dépôt pendant une îoumée entière, sans que rien d'apparent les trahisse ou les gêne dans leur allure; aussi, quand on exécute le dernier lavage du cascalho, les esclaves sont-ils surveillés avec une vigilance extrême ; et malheur à eux s'ils font des mouvements suspects ; car, dans cette opération , le commandeur est toujours armé de son fouet en cuir de boBuf . Cette surveillance redouble si le cascalho montre une certaine richesse ; et, malgré toutes les précautions dont s'entoure son argus, le nègre parvient assez souvent à mettre sa vigi « lance en défaut. Hais revenons à la manière de procéder à ce dernier lavage.

« Sous un hangar, couvert d'herbes sèches ou de feuilles de palmier, se trouve préparé un lavoir quadrangulaire dont l'eau n'a jamais plus d'un mètre de profondeur. Chaque laveur s'assied là, sur les bords, après avoir mis dans sa sébille environ deux ou trois kilogrammes de cascalho concentré. Il fait entrer dans le vase une certaine quantité d'eau ; agite avec la main droite le contenu, en communiquant un mouvement gyratoire à la sébile, qu'il tient de la main gauche, et à laquelle il imprime en outre de petites secousses brusques et particulières. On comprend que les corps les plus denses gagnent le fond du vase, tandis que les parties légères de la surface sont habilement rejetées dans le lavoir. Lorsqu'enfin le cascalho est réduit à sa plus simple expression, le laveur soulève, en l'inclinant, sa sébille qu'il tient toujours de la main gauche, et prend, dans le creux de la main droite, de l'eau qu'il jette délicatement sur les bords du vase ; peu à peu le reste du sédiment qui s'j trouve est entraîné et tombe très-lentement avec l'eau que jette constamment le laveur. Quand cette opération est bien faite, aucun diamant, si petit qu'il soit, ne peut passer inaperçu ; et, ici, il n'y a aucune équivoque possible, le diamant, même à l'état brat, ayant un vif éclat. Cette pierre précieuse a presque toujours, d'ailleurs, une ferme et

une apparence remarquables. Aussitôt qu*un esclave a trouvé un diamant, il se lère en s'écriant : Lovado ieja nosso Senhor Jesus-^hriito I [\oxxé soit notre Seigneur Jésus-Christ i) le surveillant prend la pierre précieuse, Texamine un instant, sans perdre de vue les autres laveurs, et la dépose dans un petit tuyau de bambou appelé iaquara.

« Si le diamant est d'une grande valeur, Tesclave qui Ta trouvé reçoit une prime; quelquefois même il est. affranchi ; mais on a beaucup exagéré cette particularité qui, autrefois, était religieusement observé par le gouvernement portugais, alors qu*il avait ex- "Olusivement le monopole de cette exploitation* Le fait est qu*aujourd'hui le propriétaire de Tesclave agit comme il Tentend, et qu'il ne manque pas de prétextes pour se justifier et pour faire taire les scrupules de sa conscience. 11 est juste aussi d'ajouter qu'un diamant de quinze carats, limite inférieure qui donnait lieu à cette condition d'affranchissement » jpeut quelquefois, pur sa défectuosité» ne pas représenter la valeur de l'esclave luimême.

^ A répoque de la sécheresse, un grand nombre de grimpeiros (c^est ainsi qu'on nomme les exploitants errants), descendent des montagnes et des plateaux, pour opérer dans le lit des rivières qu'ils détournent, en partie, au moyen de barrages. Le cascalho qu'on y trouve ^n abondance y est aussi plus riche qu'ailleurs. On conçoit, en effet, que le sédiment ; subit, en de certains endroits, un vrai lavage; aussi est-ce dans les parages accidentés, là où le courant agit en tournoyant, qu*on voit le cascalho présenter la plus grande richesse. On le reconnaît pour tel à l'abondance des corps denses qu'il recèle. Du reste, son épuration, qui donne souvent assez de poudre d or pour couvrir tous les frais, s'y exécute comme il a été dit.

« L'exploitation du diamant au Brésil n'admet aucune machine, aucun travail prépara*toire sérieux; car, bien que chaque concession soit faite parle gouvernement, moyennant une très-modique somme, les diverses mines ou lavraSf comme on les appelle, ne sont> de fait, la propriété de personne. Ea effet, si une lavra fait du bruit par sa richesse, elle est bientôt envahie malgré l'autorité, dont la force est impuissante à réprimer cet abus> Des bandes de laveurs arrivent de toutes parts ; chacune veut son lot, et plus d'une rixe sanglante est le résultat de ce partage arbitraire, où les forts ne s'adjugent jamais la plus iaible portion. Parfois une fausse alerte est simulée sur un point pour y attirer la foule inconstante, tandis qu'ailleurs on exploite en silence un précieux dépôt ; mais c'est en vain qu'on voudrait le cacher, l'activité des travaux, les ventes de diamants, les dépenses s«perflues trahissent les heureux, malgré tous les mystères dont ils s'environnent, et la foule accourt, quelquefois trop tard il est vrai ; mais, à la suite des grandes trouvailles, il se présente toujours des amateurs pour soumettre le cascalho lavé à un nouveau lavage exécuté avec plus de soin. Ceux-là, sans faire fortune, ne perdent jamais leur temps.

4 Un fait important à signaler, c'est qu*en général les différents cascalhos de la chaîne diamantifère du Brésil donnent, selon les localités, des diamants qui diffèrent sensible* ment entre eux ; ainsi certains parages, comme les environs de Tejuco, sont renommés par les gros diamants (pedras grandes) qu'on y trouve; d'autres, au contraire, comme la Serra de Grammagoa, ne donnent guère que de petits diamants {mousquitoi)^ mais ils s^ montrent en plus grande abondance, ce qui établit une sorte de compensation. Même observation à l'égard de la couleur : sur quelques points la nuance prédominante est ver- i dâtre , sur d'autres elle est jaunâtre ou roussAtre; enfin, et le plus souvent, elle est incolore. Ce sont là les nuances de la presque totalité des diamants de la province de Minas Geraes, dont l'extraction peut occuper environ de cinquante à soixante mille individus de tout sexe, parmi lesquels les deux tiers sont esclaves

« Rien n'est plus capricieux et plus variable que la valeur des différents cascalhos : ici une journée compense amplement des travaux restés stériles pendant des mois entiers ; ailleurs les plus habiles ne font pas leurs frais ; car les viyres son fort chers .dans ces réf^ions d'un difficile accès ; quelquefois ils manquent totalement, ce qui n'empêche

if INTR0D€CT1<»I. M

pas le Joyeax griw^nû de lroa?er le secret de danser le bahuo au son de sa guitare , eu foulent dédaigneusement à ses pieds, comme il dit lui-même» For et les diamants.

4 Cependant, nous avons tu quelquefois le laveur désappointé abandonner ces lieuT arides pour demander sa subsistance aux travaux de Tagriculture ; mais telle est la puissance magique de la valeur du diamant, qu'au moindre bruit d'un nouveau gisement important, chacun se hAte d'abandonner ses olantations, et se dirige vers le point signalé pour tenter la fortune, qui, là comme ailleurs, ne sourit, bêlas ! qu'à quelques-uns.

c T..es gros diamants sont extrêmement rares au Brésil. Pendant huit années de séjouf sur les lieux du gisement, à peine en avons-^nous vu huit ou dix du poids de vingt à trente canUs; le nombre même de ceux qui pèsent cinq ou six carats est ti'ès-limité. En revanche, ceux d'un carat ou de deux carats sont assez abondants; ils forment avec les^ tout petit* diamants, appelés mofisquilos^ la presque totalité du produit général, qu'on estimait, il n'y a pas encore longtemps, à sept ou huit kilogrammes par an ; mais la découverte du gisement de Stficura, dans la province de Bahia^ doit porter ce chiffre à un taux plus élevé. Ces mines que nous n'avons pas explorées ont, dit-on, été trouvées plus riches que les anciennes. Cela est fort douteux pour nous, qui savons par expérience combien est grande Texagération à laquelle on se livre dans de semblables découvertes. Quoi qu'il en soit, ce nouveau gisement, situé à cAté du plus grand centre de la population brésilienne, pourrait s'il est riche et étendu,, donner lieu à une assez forte extraction de diamants, d*ou résulterait, sans doute, une certaine dépréciation de cette pierre précieuse. Mais le diamant conservera toujours, quoi qu'il arrive, une haute valeur en couvre, à raison de la grande difficulté qu'on éprouve à le tailler, et dont il sera bient6t bit mention.

c Le diamant se montre aussi dans llnde ; on l'y exploite depuis une époque très^reculée. C'est au Deocan, au Bengale, particulièremeat dans la contrée de Raolkunda, à cinq journées de l'ancien royaume de Golconde, qu'on l'a d'abord connu. Les plus gros et les plus beaux diamants qui ornent les couronnes royales, viennent de ces localités. On rencontre également cette pierre précieuse dans l'Ile de Bornéo^ ainsi que sur les monts Onrals; mais il s'en laut que ces derniers gisements soient aussi abondants que ceux di^ Brésil, d'oik provient aujourd'hui la presque totalité des diamants qui circulent dsfis la commerce d'Europe.

c Les anciens connaissaient le diamant. Igno/ant l'art de le tailler, ils le montaient dans un état brut, parfois assez éclatant , ce qu'on fait encore souvent dans l'intérieur du Brésil. On recherche, pour cela, ceux qui, à des facettes polies, réunissent une belle couleur et une forme gracieuse ; mais il y a loin de cet éclat naturel aux brillants fiûsceaux de lumière qui jaillissent de cette pierre convenablement taillée. Ce ne fut que vers le milieu du XV* siècle qu'un jeune homme de Bruges, Louis de Berquen, trouva le moyen de vaincre le diamant par le diamant lui-même, c'est-à-dire de le polir en le frottant avec sa propre poussière. C'est de cette époque que date réellement la splendeur de cette gemme. Plus tard, à Bruxelles et à Amsterdam, on imagina des appareils ingénieux pour abréger l'opération de la taille, et, sous une forme nouvelle qui focilitait son jeu de réfraction, le diamant décora les sceptres et les couronnes. Depuis ce temps, il n'a jamais cessé, malgré les caprices de la mode, de dominer en souverain sur toutes les autres pierres fines que l'artiste place quelquefois à côté du diamant, comme des ombres destinées à faire ressortir tout sou jet lumineux; car la lumière, en traversant le diamant, s'y réfracte, en ressort déeomposée par les facettes de la pierre, et, se répandant eu gerbes scintillantes,, inonde^ de ses feux diaprés la surftce des autres gemmes (6). »

Les pierres les plus redierchées après les diamants sont les diverses variétés de certn-. deu qui prend le nom de saphir^ quand il est bleu ; de rubis arimUUf quand il est rouge ; de topaze orimUtUe^ quand il est jaune ; d'améihyite orientale^ quand il est violet ; dkémtraud^ erûmolf, quand il est vert. Les coriindons viennent surtout de l'Asie méridionale.

Le êpifuUe est généralement rouge, tirant un peu sur le rose. S'il est d'un beau roage^u les lapidaires le nomment rubis spintlle^ei rubis balais s'il a des teintes lie de vin,,ete.

^ù) Ch. P*0iiBi09V. natvralîstt d Toyagcvr.

L*oj9afe décompose et refléchit les rayons lumiaeux, sous les couleurs de rarc-en*cieU d'une manière qui n'appartient qu'à elle, et de l'effet le plus agréable ; aussi cette charmante et magnifique pierre, dont le prix est souvent très-élevé, jouit-elle d'une grande faveur. On l'entoure presque toujours de diamants (Hongrie, Saie, Mexique).

Le zircon ou hyacinU employée quand elle est rouge, est de toutes les pierres précieuses celle qui présente la plus forte densité.

Les grenats sont de couleurs rougeâtres quelquefois très-belles,

La turquoise est une pierre bleue. On en distingue deux espèces : l'une dite orientale se trouve en Perse, sous forme de veines ou de petits rognons dans certains terrains ; l'autre dite occidentale est d'origine organique et provient de dents ou d'ossements de mammifères ensevelis dans le sein, de la terre.

Avant de terminer cet article, disons un mot des produits ai[;tiQciel3. qui imiter^t, ^vec plus ou moins de perfection, les pierres précieuses dont nous venons de parle^. Les rares qualités du diamant lui-même n'ont pu le mettre à l'abri de la contrefaçon. Il y a des diamants en strass qui sont très-étincelants aux lumières ; ou assure même qu'ils peuvent tromper l'oeil des personnes les plus expérimentées; mais cette assertion est évidemment exagérée. D'ailleurs, et tout en faisant la part du mérite de la composition de ce strass^ il est bien certain que les diamants artificiels n'ont qu'un brillant éphémère ; la moindre^ poussière les ternit et les raye, tandis que le yrai diamant, le diamant naturel, protégé par son extrême dureté, sauvegarde de son poli et de son éclat, passe s^tns vieillir à la postérité la plus reculée.

Mais, si l'on n'a pas encore pu produire artificiellement de véritables diamants, il en est autrement quanta la fabrication d'autres gemmes de prix; en effet, une découverte, qui pourrait avoir les plus grands résultats, a été récemment communiquée à l'Académie des sciences : il s'agit do l'exacte el complète reproduction de diverses pierres précieuses. Partant de ce principe que les substances minérales en dissolution dans l'eau cristallisent, le ^Ins souvent, par la lente évaporation de ce ce liquide, à l'aide du même principe et en se servant d'acides volatils à une très-haute température, M. Ehelmen a obtenu des combinaisons cristallines très-intéressantes. Cet habile chimiste a constaté qu'avec un dissolvant énergique, comme l'acide borique, l'acide phpsphorique, etc., élevé à une certaine température, on peut dissoudre les éléments minéralogiques qui entrent dans la composition de quelques gemmes, et qu'en exposant ensuite ce mélange liquide pendant deux ou trois jours à l'action d'une chaleur très-intense on obtient, par Tévaporalion lente du dissolvant, des combinaisons cristallines. M. Ebelmen a reproduit ainsi des cristaux de rubis spinelle^ de corindon ^idepéridot^ ayant tous les caractères physiques et Is^méme composition que l'analyse chimique trouve à ces substances naturelles. Les cristaux ainsi obtenus ne sont, à la vérité, que de la grosseur d'un grain de blé ; mais tout lait présumer qu'en opérant sur des masses, on en obtiendra de plus volumineux.

Qui sait si la reproduction des autres pierres précieuses résistera encore longtemps aux efforts de la fbimie» et si l'on ne parviendra pas, un jour, à les fabriquer de toute pièce à l'aide du même principe ? Quoi qu'il en soit, cette belle découverte restera dans les annales de la science, et désormais, quand les géologues disserteront sur l'origine et sur le mode de formation des espèces minérales les plus réfractaires à la chaleur, ils devront avoir présentes h l'esprit les remarquables expériences de M. Ebelmen, et tenir compte de l'intervention possible des dissolvants dont on avait jusqu'ici méconnu l'importance

Quant à ces imitations grossières, qui ne ressemblent que par le nom aux gemmes brillantes mystérieusement élaborées par la force de la nature, elles sont encore bien loin de leors modèles. On sait que tous ces produits artificiels ne sont que du verre coloré à l'aide de divers oxydes métalliques. Quelques-uns imitent assez bien la nuance et la transparence des pierres fines ; mais n'en ont ni le jeu, ni l'éclat. N'ayant d'ailleurs aucune dureté remarquable, ces cristaux se dépolissent promptement; et bientdt leur éclat blafard ne les

55 INTRODUCTIONS u

trahit pas moins que la large surface qn*on leur djonne, comme si le lapidaire craignait de commettre un faux, en les produisant sous la forme élégante et sous le volume limité des rubis, des émeraudes, des saphirs et des opales, pierres éclatontesi incomparables, que VoBi] charmé ne peut se lasser de contempler.

Des minerais.

Nous qa pQuvons nous étendre ici sur la théorie des gtles métallifères , sur les indices^ positifs et n^égatifs de ces gttes, sur les travaux de recherches, l'exploitation générale et la métallurgie des métaux usuels. Nous sommes obligé de laisser ce sujet intéressant aux ouvrages spéciaux.

Les métaux connus aujourd'hui sont nombreux : on en compte jusqu'à quarante et un ; plusieurs ne se trouvent à l'état métallique que dans les laboratoires, où l'on ne se les^ procure qu'avec beaucoup de peine et dans un intérêt purement scientifique. Nous ne . parlerons que de ceux qui sont généralement appliqués dans les arts ; et l'ordre dans lequel ces métaux vont être décrits sera celui de leur plus grande utilité, ainsi qu'on peut le voir dans le tableau suivant^ où nous mettons en regard leur poids spécifique et leur point de fusion.

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