‹ Dictionnaire d'ascétisme (volume 2)Chapitre 74 sur 216 · S III · texte numérisé non relu

S III

Processus de fossilisation,

La fossilisation^ ou pour mieux dire, le processus de la fossilisation est une sorte d(^ phénomène par lequel un corps organisé perd plus ou moins de sa jiature primitive et normale pour se convertir en une substance nouvelle qui, sous la forme du corps organisé lui-même, présente des carai*tères de romposition chimique ou de structure plus ou moins différente du corps origiuiire. On distingue plusieurs modes de fossilisation. On connaît plusieurs procédés de fossilisation.

Fossilisation par altération ou mieux pat ablation simple. Le corps organique perd une partie de ses éléments premiers, et en général, d'abord sa matière animale plus vite décomposable et volatile. C'est le cas de la plupart des fossiles récents des cavernes, des coquilles contemporaines, etc. Ce mode de fossilisation semble être le premier passage par lequel le corps organïsé, qui doit devenir plus complètement fossile, commence ses phases de transformation.

Fossilisation par incrustation^ à la surface. C'est une sorte de procédé mécanique dont reflfet est de recouvrir, d'envelopper» et même, jusqu'à un certain point, de pénétrer un corps par une substance nainerale, 3ui vient se montrer à sa surface, comme es cristaux d'un sel se groupant autour d'un fil qu'on suspend dans une dissolution saturée. Après cette incrustation, le v^rps intérieur [)eut avoir disparu par une cause quelconque, ou bien avoir échappé à la de^truction et subsister avec toutes ses formes et sa nature première. Le corps intérieur, totalement détruit, a laissé après lui un vide qui représente sa configuration extérieure ou intérieure et un nouveau mode de fosMlisation s'ajoute alors au premier, celui de la pénétration^ que nous aurons occasion d'expliquer tout à l'heure. Les substance* minérales inscrusiantes sont principalement le carbonate de chaux et la silice. On sait crue le carbonate de chaux est soluble dans 1 eau ordinaire, à la faveur d'un excès d'acide carbonique. Toutes les eaux contiennent de i acide carbonique ; il en est mèoie

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ET DE PALEONTOLOGIE.

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((ui en ooDliennent plusieurs fuis lecr vo* lame: mais, à l'air et à la tein|«érature ordinaire, Texcès cFacide, en vertu de sa force éiftstiqne, ne tarde pas à reprendre l'état de gaz, ce qui explique très4»ien comment les eaai acidulées on gazeuses forment des incrustations sur les corps qu'elles baignent. Telles sont, par exemple, les eaux de- Saint- Philippe en Toscane* de la fontaine de Saint- AlljTe« près de Clermont. Lorsque TincruslatTon est longtemps prolongée, elle ne tarde pas à se communiquer, de proche en proche, dans rintérieur de la masse du corps incrusté; et, alors, au premier phénomène Tient s*aiouter celui de la pénétration. Peu de fossiles sont simplement à l'état d'tncruMtaiion.

On a encore Quelques antres exemples de substances minérales incrustantes, comme les sulfures de fer ou de cuivre, la limonite, etc., mais ces cas sont beaucoup plus rares. On cite toutefois de fort beaux exemples de concrétions pyriteuses dans certains terrains (les argiles de Dires, Tar^le plastique tertiaire, etc.). Sans ce dernier étage, les corps organisés, enveloppés de la croûte py^riteuse, sont altérés^ mais non pas complètement remplacés. Cette croûte elle-même est essentiellement tuberculeuse, mamelonnée, ce qui ne permet aucun doute sur son mode de formation.

Fossiiisaiion par introduction mécanique grossière. Ce mode de fossilisation se rapfiorte principalement aux corps organiques dont 1 enveloppe, osseuse, cornée ou testarée, présente une cavité plus ou moins close, munie toutefois d'ouvertures qui permettent une entrée facile aux matières des sédiments environnants. On rencontre ce mode lie fossilisation dfos la plupart des mollusques fossiles dc.it le test circonscrivait une cavité intérieure fins ou moins complète où pouvait s'opérer très-l ibrement Fin troduction • méeaniqne des substances minérales environnantes. Le test, dans ces coros, est assez résistant; les substances minérales introduites pouvaient en prendre facilement la fonney en donnant dinsi naissance à ces sortes de novaux de remplissage que nous avons appelés des moules intérieurs. — Voy. Moule. — Le test ainsi enveloppé à l'extérieur, rempli à l'intérieur, perd msensiblement, sous riiiflaence de certaines circonstances environnantes, une partie de ses éléments constituants. Ces casse présentent fréquemment; mais en général le test a acquis de nouveaux I»rincipes empruntés à la couche elle-même qui Tenveloppe.

Fossilisation par pénétration moléculaire^ oo en quelque sorte par introduction plus intime de matières beaucoup plus ténues. \j3L pénétration est une sorte de (iltralion des matières solides au travers de la masse 'rganique. Elle accompagne souvent lesin- «.mstations chez lesquelles il est rare que \^ matière incrustante s'en tienne à la surface extérieure. Peu de fossiles ont échappé à son influence: car, dans tout liquide chargé «le sédiments , les parties sédimentaires

peuvent se trouver à un état d'extrême division , voisine , pour ainsi dire , de l'état de dissolution. Un sédiment très-Gn n'aura pas de peine à pénétrer des substances déjà altérées, et chez lesquelles le déplacement des premiers éléments qu'aura entraîné la décomposition, aura laissé, par là même, de nombreux vides îutermoléculaires. Toutefois, la matière animale peut être pénétrée de substances minérales sans rien perdre, pour ainsi dire, de sqs éléments organiques: ce qui distingue ce procédé d'un autre, celui de la substitution^ oit la perte des éléments est plus ou moins complète. Enfin, pour bien distinguer la pénétration de l'introduction, il nous suffira d^ajouter que celle-ci a lieu dans les cavités qui lui sont offertes, tandis une celle-là se fait au travers des parois elles-mêmes de ces cavités, ou encore au travers des corps pleins dans toute leur masse. Un seul exemple fera comprendre cette distinction. On rencontre souvent des ammonites dont la dernière loge, celle qui est immédiatement en rapport avec le milieu environnant, se trouve remplie par des cassures, de la pAte plus ou moins grossière qui forme la couche oii elles ont été déposées, tandis que les autres loges sont remplies d'une pAte fine ou même seulement tapissées de cristaux. La substance minérale qui remplit cette dernière loge est ici une substance introduite; celle qui remplit les loges subséquentes, et qui est souvent d'autant plus fine que les loges sont plus éloignées de la première, ainsi que les cristaux eux-mêmes, a pénétré, au contraire, à travers la coquille du cépbalopo<le. «

Fossilisation par substitution : un élément étranger pénètre dans la substance organique, pour y remplacer mécaniquement un ou plusieurs éléments, ou même pour y remplacer le corps total. Ce cas est assez rare, car, dans la plupart des corps organisés qui paraissent au premier aspect complètement remplacés, on rencontre encore des indices de matière animale; tels sonli par exemple, des lérébratuies etdes productus des roches siluriennes de Malvern, qui ont laissé pour résidu de légers flocons de ma* tière animale ressemblant à la membrane fraîche d'une coquille-

Onsaitaussiqucdans les boissilicifiés, qui qui offrent l'un des meilleurs exemples de minéralisation connus, la matière végétale existe encore, suivant les expériences de Parkinson.

Les coquilles remplacées par le fer oligiste de Semur fournissent peut-être le plus bel exemple de substitution totale.

Fossilisation par conversion chimique. Ici le procédé n'est plus mécanique, comme dans la plupart des cas précédents. Des lois secrètes, que nous ne connaissons encore que par leur effet, président à ce nouveau mode de fossilisation. Tantôt la conversion chimique s'exerce sur les éléments organiques eux-mêmes qui constituent le corp,< soumis à cette sorte de couyersion. Ca.

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DICTION^NÂUŒ DE COSMOGONIE

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éléments entrent alors dans de nouvelles combinaisons donnant lieu h des corps composés nouveaux qui ronservent toutefois leur forme première; telle serait, par exem-

file la conversion de certains animaux en ûtume. Parfois d'autres éléments extérieurs arrivent pour se combiner aux éléments existant déjà ; enfin, laniôt la conversion chimique est partielle, tantôt elle est complète.

Fossilisation par transformation de la structure intérieure. C\»st un simple accident de cristallisation par leqiïel les molécules ont pris un nouvel arrangement et se sont groupées entre elfes, suivant des faces ou dans des directions électives, propres à chaque espèce minérale; accident fréquent à réiat fossile. Le carbonate de chaux^ qui constitue en çranrie partie le test des coquilles, et qui présente généralement une structure compacte, rarement fibreuse, à l'état vivant, acquiert ainsi dans les fossiles, une structure lamellaire, souvent même .spathîquo, et quelquefois nettement fibreuse > chez certaines espèces. Souvent les substances organiques solides, en passant à l'état fossile, au lieu de perdre complètement leur structure organique première, changent seulement quelrrues-unes de leurs propriétés physiques. Tel corps, d'opaque

Su'il était (des astartés de 1 étage oxforiea) devient translucide ou même transparent; tel autre est plus cassant^ tel autre plus léjçer, et ainsi de suite.

Après avoir décrit les divers modes de fossilisation, il nous sera facile d'expliquer te processus lui-même de la fossilisation. Dans tous les cas précédemment supposés, la fossilisation n'a pu se faire que par Vun des trois procédés suivants, et quefquefois par deux ou les trois réunis : par voie mé^ canique, par voie galvaniquey par voie élec^ tro^himtqu^s.

Si, de nouveau, nous passons en revue ces divers modes de fossilisation qui varient pour chatjue fossile, suivant l'espèce, suivant le milieu environnant et suivant les substances minérales qui ont fourni à leur transformation ; si nous cherchons les causes qui ont amené leur changement, ce phénomène si simple en apparence nous apparaîtra plus complexe, car à ce phénomène se rattache, pour ainsi dire toute l'histoire de la formation et des transformations des cmiches solides.

Lorsque les corps organisés simplement livrés à eux-mêmes sont exposés à Faction des a;jçnts extérieurs et à Finfluence directe de Fàir atmosphérique après leur mort , la décomposition en est complète. La simple altération des corps fossiles est donc un phénomène naturel essentiellement lié aux lois de décompos tion cpii régissent l'ensemble du règne organique. Lorsqu'en effet les matières animales ou végétales humides sont abanionnéesàellos-mèmesà la température ambiante , bientôt l^urs principes se séparent. Les uns se combinent dans un autre ôrdi^, et donnent lieu à bcau?ou;> de pro-

its, parmi lesauels on compte l'eau, le c carbonique, I acide acétique, l'ammo»

duits gaz

niaquc , l'hydrogène carbonné, etc.; les autres, qui se dégagent, sont formés avec ccux-ri et emportent eux-mêmes une portion delà matière à demi décomposée. Quand la matière organique a le contact de Tair libre,. elle fmit par se dissiper ainsi tout entière ; mais, lorsqu'elle est enfouie dans la terre immergée, ou enveloppée dans les sédiments sous-marins, quelques-uns de ces éléments subsistent encore dans ces milieux après la décomposition, et c'est sans doute à la présence des substances animales, désagrégées et disséminées après leur décomposition, çu'il faut attribuer Fodeur féline , tantôt bitumeuse, tantôt alliacée, tantôt amoniacale , etc. , que répandent certaines roches , lorsqu'on les casse ou qu'on les frotte, les calcaires noirs, carbonifères, par exemple , et en général les roches composées d'une grande quantité de débris organiques.

Enfin, lorsque la matière animale» outre les parties charnues, vasculo-cellulaire, molle, etc. , contient des parties solides salines, à bases terreuses ou alcalines , celles-ci sont les dernières à subir une décomposition totale. Elles perdent d'abord leurs principes volatils ; tels que ceux que nous avons énumérés ci -dessus. Leurs autres principes plus fixes finiront bien à la longue par disparaître eux-mêmes, mais ils résistent longtemps. Lorsqu'après leur première altération par la perte de quelques-uns de leurs éléments» les os fossiles sont plus poreux, plus légers,

Elus cassants, et que les sédiments viennent les envelopper, ils offrent tous les élé^ ments nécessaires à une conservation complète. N'oublions pas qu'au nombre des principes constituants qui résistent le plus longtemps à la décomposition dans les animaux , il faut citer principalement les phosphates et carbonates de chaux, le phos* phate de magnésie, des traces d*alumine,de silice , d'oxyde de fer, etc., principes que nous avons rencontrés dans les os des vertébrés , et dans les enveloppes cornées ou tei- (acées des animaux appartenant aux autri$ grandes classes du règne animal.

L'introduction, comme la pénétration, sont des procédés de fossilisation faciles à comprendre. Nous ne nous y arrêterons pas plus longtemps. Nous ajouterons seulement ici que l'altération par décomposition putride ou par soustraction simple , prépare généralement les fossiles à la pénétration, et que celle-ci sera, dans tous les cas, d'autant plus prompte et plus facile que le corps luimême sera [>Ius poreux et conséquemment plus perméable, Il est même assez difficile de concevoir qu'un corps, une coquille de mollusque par exemple, puisse être pénétré de substances étrangères, s'il n*a pas préalablement perdu quelques-uns desprincij>es qu'il contenait à l'état vivant.

La substitution dans les fossiles n*a de mécanique que le transport des molécules substituées; mais les forces qui président à

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ce transport sont compliquées et difficiles à saisir. Nous croyons que rélcctrieité de contact et Pélectricité pnr inOuence jouent ici un grand rôle, pour déterminer le départ premier des molécules qui Tont s'u* nir à la substance organique » pour en déplacer des substances déjà existantes et y former quelquefois de nouTclles combinaisons. A ce moment commence l'affinité chi* miqne, et les deux forces réunies (peut-èlre n*est-ce qu'une seule et même force accusée

Car des résultats un peu differenls) contrit uent à former lentement les modifications qu*ici nous avons désignées sous le nom de substitutions. Le galvanisme etTélectro-cbimie ont été encore bien peu étudiés sous le rapport de leur influence dans les phénomènes naturels, mais les savantes expériences de M. Becquerel à ce sujet ont déjà fait faire un grand pas à la science , et nous voyons du moins clairement , dès aujourdliai y ce qui nous reste à faire pour compléter nos documents sur ce sujet. L'attrac* tif>n électriçiue jointe aux affinités chimiques nous fournit d'excellents moyens pour expliquer la substitution dans les fossiles , et ces forces cachées sont, sans doute, plus gêné* raJes qu*on ne Ta cru jusqu'à présent.

Dans les substitutions électro-chimiques, le corps organisé re|)résenle probablement , par rapport au milieu ambiant, Tun des pôles d une pile voltaïque dont le milieu Serait le pôle Apposé positif ou négatif; fait d^autant plus vrai qu un grand nombre de substances minéralesqui entrent dans la composition des fossiles pétrifiés sont insoluoles par les moyens connus ; que leur transport n'a pu, par conséquent, se faire parun mojen simplement mécanique ou chimique et que la substance elle-même du fossile est souTent totalement différente de celle des couches environnantes. On dit, dans ces e&^là, que le corps organisé a servi de point de départ à la matière minérale tenue en dissolution ou en suspension qui est Tenue se grouper autour d'un centre ou d'un axe, comme des cristaux d'alun, par exemple, on de sulfate ferrique autour des corps étrangers qu'on introduit quelque-fois dans leurs dissolutions, pour les faire cristalliser; or qu'est-ce que ce point de départ ou cette sorte d'attraction moléculaire, sinon une dépendance des effets électroK^himiqccs T

Sous rencontrons à chaque pasT dans les roaches fossilifères, des exemples remarquables de ces sortes de phénomènes, postérieurement à leur dépôt, ou même se continuant encore de nos jours. H n'y a rien en cela d^étonnant. La diversité i\es éléments dont se composent les roche?, la nature des fossiles à l'état vivant, qui diffère totalement de celle de ces roches elles-mêmes, le degré plus on moi us grand d'humidité qu'elles renferment, deviennent en certaines circonstances, les éléments d'autant de piles qui donnent lieu à des courants électriques puissants, quoique imperceptibles. Tiran»! nombre d*oolitbes ont été ainsi formi»s : les

sphérosidcrites, lea incrustations pyriteuses, les silex noduleux enveloppant des cpri^s organisés, etc., sont dans le même cas. On sait que la plupart des grains oolithiques contiennent à leur centre un^rain de sable, ou un petit corps organisé qui a servi probablement de centre d attraction à la matière oolithique. Autour de ce centre se sont groupées plusieurs couches concentriques successives de cette matière. Les oolilhes calcaires et les oolithes ferrugineux sont dans le même cas. Les rognons sphéroidaux plus ou moins réguliers de fer rarl)onaté litho'ide qu'on rencontre dans les terrains bouillers (ainsi nommés fer oolithique des houillères), ont une origine analogue. Ces sphéroïdes sont pleins et compactes, mais on remarque qu'ils se composent d'une croûte formée par la réunion de plusieurs couches enveloppantes qui se séparent on calottes creuses. Ordinairement riniérieur en est rempli de cristaux de quartz de chaux carlionatée ; plus souvent, il contient des corps organisés.

Nous avons {uirlé de l'origine des rognons de silex qu'on rencontre abondammentdans divers terrains, comme les silex pyromaques de la craie, etc. Ce sujet a fixé longtemps] attention desçéolo^es, et plusieurs opinions plus ou moins différentes ont été émises sur leur mode de formation. Nous ne voyons là qu'un phénomène purement électriaue dont les forces umllipHées ont agi, à i époque de la formation des couches e( postérieurement à leur dépôt.

Un autre phénomène non moins général et non moins puissant que les forces eiectrochimiques, le galvanisme et réiectricité simple, a dû présider an remplissage des fossiles: c'est l'électro-magnétisme. Le phé^ nomène de la substitution, des incrustations et, en partie, de la conversion chimique, que nous avons vu emprunter à l'électro-» chimie des forces dont les résultats sont pour nous irrécusables, est aussi, dans quelques cas, étroitement lié arec Télectro* magnétisme ; mais, c'est surtout à cette der*-^ nière série d'agents souterrains qu'il faut rapporter la transformation cristalline et les accidents divers de cristallisation qu*on ren**^ contre si fréquemment dans les fossiles , et surtout dans les fossiles des anciens étages*. On sait combien sont décisivesles expérien-^ ces faites, depuis quelques années, en Angleterre, sur la puissance, la direction , la nature des courants magnétiques dans l'in* térieur des roches, et sur les effets produits par de tels courants. Ces courants ont une action directe sur la formation des minéraux et sur la transformation moléculaire des roches qu'iis traversent. PcutHêlre ces sortes d'effets s'expliquent-ils par la filtration au travers des masses minérales d'eau chargée principalement de dissolutions métalliques. Les minéraux se déposeraient, ainsi suivant leurs conditions électriques, et la direction des dépôts serait influencée par celle du œé* ridien magnétique. On sait aussi que cette direction a une tendant e générale de l'est à

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D1CT10NNAIUE DE COSHOGONIË

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Toaest, du nord-est aa sud-ouest. On connaît, du r'îst^, les travaux de M. Becquerel à ce sujet ; ils sont antérieurs à tous les autres dans le même (^cnre. Les forces électro-magnétiques paraissent agir avec plus d'intensité dans Jes terrains les plus anciens; leur action dans ces terrains asit sans doute encore de nos jours autant qu'elle a agi aux époques anciennes. Là , sont les plus nombreux filons , veines ou masses minérales et principalement métalliques.

Les roches sédimentaires ont rarement conservé, dans ces terrains, leur texture première, grossière, compacte, terreuse; elles V sont devenues plus ou moins cristallines, lamellaires; leur couleur a changé, et les fossiles qu'elles contiennent ont généralement [lassé à un état cristallin, qui contraste môme, dans nombre de cas, avec la texture moins cristalline des roches elles-mêmes qui les contiennent. Tels sont, par exemple, les marbres bélemni tifères de la Tarentaise, et les calcaires coralliens des environs de La Rochelle.

Les corps organisés qui se détachent ainsi nettement de Ta masse, étaient probablement déjà fossiles quand a commencé sur eux Taction électro-magnétique; elle n'a fait ainsi que transformer leur structure ittiéneure, sans ajouter de nouveaux éléments à la pétri lication. C'est aussi aux forces incessantes de l'électro-magnétisme souterrain, qu'il faut rapporter ces filons qu'on voit quelquefois sillonner, dans tous les sens, la plupart des fossiles de certaines localités. Nous possédons de nombreux échantillons ainsi traversés de i)etits filons, provenant des étages carboniférien, liasien, albien, etc., etc. Ce singulier phénomène s'observe surtout d'une manière remarcfuable à Mont-de-Lans (Isère), sur des échantillons de bélemnitcs. Tantôt le filon participe de la nature môme de la substance minérale qui remplit le fossile; tantôt ces liions sont de nature différente, le plus sou- T6nt quartzeux ou métalliques. Ces faits sont au plus haut point dignes de notre attention, et nous expliquent combien de forces 83crètes, que nous ne connaissons pas assez, parce que nous n'en faisons pas l'objet d'observations directes, agissent incessamment dans les couches souterraines et peuvent très bien nous expliquer la plupart des transformations qu ont subies les roches, et que nous avons trop de tendance à attribuer à des actions générales de métamorphisme direct par l'action immédiate de la chaleur de contact. Le métamorphisme à de grandes distances est certes inadmissible. Les forces électro-chimiques ou ma-çnéli(jues sont universellement rt'pnndues dans les masses, et donnent une meilleure idée des effets produits à de grandes distances, et sur de larges étendues.

Le mode de transport des molécules minérales dans les fossiles, ou le groupement de celles-ci, dans telles ou telles circonstances particulières, au moyen de courants élc;> tri<iucs souterrain-, olfre que'«iucfoi5 des

accidents dignes d'intérêt, et qui nous donnent une juste idée de la force de ces courants. Tantôt l'enveloppe testacée qu'on rencontre à l'état fossile, demeure avec la même composition et la même nature que les couches environnantes, Tintérieur ou la cavité se tapissant de cristaux à formes trèsnettes ; tantôt cette enveloppe testacée ellemême est de nature plus ou moins différente de celle de la couche environnante, tandis que sa cavité est remplie par la matière de la couche elle-même; tantôt la cristallisation a paru soumise à certaines lois symétriques, toujours les mêmes pour la même espèce (les échinodermes). Les fossiles présentent unecristall isationa'autantplus nette, aueleur cavité a été moins remplie par la substance minérale qui a pénétré dans leur intérieur. Lorsqu'il existe un vide dans la cavité du fossile, la filtration des substances minérales solubles au travers du test est plus facile, et la dissolution, une fois introduite, trouvant l'espace libre au groupement moléculaire des substances qu'elle dépose, donne lieu, sous l'influence cle l'électricité, à une multitude de petits cristaux qui tapissent l'intérieur de la cavité, en affectant les formes propres àchaque substance. Souvent la nature de ces cristaux est difTérentedecelIe de l'enveloppe testacée elle-même. Dansies ammonites deFoutenay (Vendée), par exemple, les loges sont souvent tapissées de cristaux de guartz, tandis que le test lui-même est palcaire, suivant la nature des couches où on les rencontre. Un spatan^e, qui existe dans la collection minéralogique du Muséum d'Histoire naturelle, présente le test à l'état calcaire et spathique, la croûte qui l'enveloppe en partie est crétacée; l'intérieur du spaiangue est revêtu d'une couche mince de silex, et sur cette dernière enveloppe intérieure on remarque de nombreux cristaux de baryte et de strontiane sulfatée. Les divers genres de la grande classe des échinodermes présentent fréquemment de ces accidents de cristallisation plus ou moins remarquables. Leur structure poreuse favorise, sans doute, plus spécialement chez eux, la transformation moléculaire au moyen des agents électriques; et la perte de la petite quantité de matières animales que ces corps contiennent permet plus promptement ces sortes de transformations.

En appliquant artificiellement les divers moyens que la nature a employés pour faire des fossiles, on est parvenu, par des expé* riences modernes, à des résultats Irès-rapprochés. On connaît les belles expériences de M. Gœppert, entreprises ilans le but do changer des substances vé^jétaleset aniraal<*s en substances terreuses et métalliques, sans altérer leur tissu ni leur structure. Il obtient ces changements au moyen db dissolutions assez concentrées, dans lesquellts on laisse tremper ces substances jusqu'à ce

3 ne les solutions aient entièrement pénétré ans rintérieur des corps organiques. En exposant ceux-ci à un feu assez vif,' il détruit le tissu organique et obtient la subs-

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;jnc6 des caratières que peut fournir leur cciinposition chimique comparée pour la distinction des classes auxquelles ils appartiennent. Nous dirons seulement que chacun d'eux n'est qu'une simple dépendance du fissu cuticulaire, et comme tel se compose presque exclusivement de matière animale semblable au mucus. On y rencontre, de plus, un peu de phosphate de chaux, du carbonate de la même hase, de Toxyde do manganèse, du fer oxydé, du fer sut furé^ une quantité notable de silice et une quantité plus notable encore de soufre. Celte dernière circonstance mérite de fixer un instant notre attention. On attribue à la décomposition de substances animales la grande quan* tité de soufre, généralement à Tétat de sulfure» qu'on rencontre dans certaines couches d'origine sédimentaire où abondent effectivement certains débris organiques.

L*explication nous parait peu probable, ou du moins insuflisante.

LesplumtSj chez les oiseaux, dépendent, comme les organes précédents, du système cuticulaire; elles se composent également, en grande partie, de mucus animai.

Que conclure de tous ces faits? Qu'on es-

Férerait en vain trouver avec abondance, à état fossile, la plupart des organes que nous venons de citer : d'abord leur solitlité et leur résistance aux agents mécaniques extérieurs n'est pas très-grande, et puis ils se composent d'éléments, tout à fait instables, dont Ja putréfaction s'empare i>romptement. Car la plus grande j>artie de ces éléments sont soiubles. Aussi les ras de crins, j.oiU, ongles, etc., fossiles, cités jusqu'à ce jour sont-ils extrêmement rares et, en quelque 5orte, exceptionnels.

Deê iégumenls et autres pièces cornées des animaux annelés. — Dans l'embranchement des annelés , la classe qui compte le plus grand nombre de représentants à l'état fossile est, sans contredit, celle des crustacés. La classe des annéiides, moins toutefois les tubicoies , et celle des arachnides n*ont laissé, au sein des couches, que quelques vestiges de leur existence. Apres les crustacés, viennent, par ordre d'abondance, les insectes, puis les cirrhipèdes. Ceux-ci, par la g.ande analogie de leur enveloppe testacée avec celle des mollusques, se rencontrent a!>ondamment dans quelques terrains.Voyons jusqu*àquel point les conditions chimiques #ïe ces différpnls corps pourront expliquer l<Mjr abondance relative dans les couches .«•rrestres.

l/cnveloppe solide des crustacés est formée d'une grande quantité de carbonate de r;]iaux, d^une moindre quantité de matière animale et d'une quantité toujours décroissante de phosphate calcaire. Toutefois la proportion de ces éléments varie avec ranimai de tel ou tel ordre, ou même quelquesuns d'entre eux peuvent disparaître complètement suivant le genre. On voit, en effet, tel crustacé présenter une enveloppe extérieure à peine cornée, tandis que tel autre [présentera cette même enveloppe en-

croûtée de matière calcaire et constituant u.i test d une solidité remarquable, comparable même, dans certains cas, à celle des os des animaux supérieurs. Ix^rsquc le squelette tégumentaire du crustacé est de nature seulement demi-cornée, elle se compose presque en entier d'albumine et d'une substance particulière nommée chitine^ substance qu'on retrouve écçalement dans les téguments des insectes. Lorsqu'au contraire la carapace du crustacé est osseuse, on y rencontre, outre l'albumine, les éléments que nous avons cités ci-dessus ; mais dans l'un et l'autre cas, la substance qui en constitue la base et qui donne leur forme aux téguments est la chitine, principe organique, découvert d'abord qar M. Odier, retrouvé, [)lus tard, par d'autres chimistes et étudié tout spécialemeiit par M. Milne Edwards. Ce savant zoo* logiste a reconnu, dans la carapace du corcin menade, environ 100 pour 100 de chitine, 18 d'eau, 63 de sels mêlés à un pou de matière animale soluble à froid dans une petite quantité d'acide "hydrochlorique faible et environ 8 d'albumine. Dans les segments dorsaux des anneaux abdominaux du même animal, il a trouvé 20 |X)ur 100 de chitine et 54 de matières salines.

Cette observation prouve que certains crustacés oifrent les conditions les plus favorables à la fossilisation : composition rhi' mique et solidité se réunissent pour les préserver de la désorganisation putride et de la destruction mécanique. Aussi les crustacés présentent-ils, en général, un degré die con* servation remarquable À l'état fossile, quel que soit, du reste, leur âge géologique ; tels sont, par exemple, les fameux trilobites de Dudley, les crustacés déca^KHles de bien d'autres localités ; et si nous ne trouvons pas un très-grand nombre de ces animaux a l'état fossile, dans toute la série des autres éUges, c*est qu'apparemment la classe en était moins nombreuse en individus que dans la nature actuelle. N'oublions pas, du reste, que leur composition chimique varie beaucoup dans chacune des familles, dans cliacun des genres, ou même dans chacune des es|>èces.

Le tégument externe dans les insectes est souvent aussi, comme dans les crustacés, de consistance rigide et cornée; il se compose, ainsi que lesailes, chez ces mêmes animaux : 1* d'une manière animale particulière qu'on a nommée entomoUine^ la même que nous avons déjà nommée chitine dans les crustacés ; 2* d'un autre matière animale propre, qui a reçu le nom de coccine: 3- d'huile colorée diversement suivant les espèces, A ces trois sortes de principes organiques, il faut ajouter de \Ki\ics quantités d'aiumino, do sous-carbonalc de potasse, de phosphate de chaux, etc. On voit , par cette composition, que les téguments des insectes ont la plus grande analogie avec la corne des animaux vertébrés. Ce que nous avons dit des conditions de fossilisation de ces derniers organes s'applique donc é^j^alemont aux organes de composition analogue qu'on retrouve chez les insectes. Les insocte^ n'ont lai v^é à l'é^M

DîCTIO^:^, DE COSWOCOME ET DE PALÉONTOLOGIE.

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nue tout entière de cette formation ; mais ces espèces ne reproduisent qu'un p'îtil nombre des formes que l'on rencontre maintenautdansTensemble des fougères vivantes, et elles appartiennent en presque totalité à la tribu des polypodiacées , qui renferme encore maintenant le plus grand nombre d'espèces arborescentes (360). Bans cette même formation se rencontrent des frag* ments de tiges de fougères arborescentes, M. Brongniart voit dans cet ensemble de circonstances les indices d'une végétation analosrue à celles des lies des régions équinoxiaus du globe, et il en conclut que les mémois conditions de chaleur et d'humidité qui favorisent la végétation actuelle de ces

GANOIDIENS. Voy. Poissons.

GASTÉROPODES (7«(rTfl/), ventre, woûç, tro- 3of, pied). —Cette classe de mollusques, à laquelle appartient le limaçon, a été ainsi nommée par Cuvier, parce que les animaux qu'elle renferme rampent sur une partie charnue, très-variable dans sa forme, placée sous le ventre et à laquelle, par analogie, on a donné le npm de pied. La partie supérieure se recouvre d'un manteau charnu, entier ou non, recouvert ou renfermant une coquille. En avant est la tète, plus ou moins distincte, pourvue ou non de tentacules qui remplissent les fonctions d'organe du tact, ou sur lesquels ou près desquels sont placés les yeux, lorsqu'ils existent. Au-dessous des tentacules est ToriGce buccal, muni ou non de lèvres et de mâchoires armées de dents. Les gastéropodes, suivant qu'ils vivent sur la terre ou dans les eaux, respirent l'air en nature par un réseau vasculaire, ou

tardes branchies dans l'élément aqueux, es sexes sont séparés sur des individus ou réunis sur le môme.

Les gastéropodes manquent quelquefois de coquille, alors ils ne laissent pas de trace de leur existence dans les couches terrestres; mais le pi us sou vent ils ont une coquille, rarement interne, .{)resque toujours externe. Les coquilles externes existent dans le plus grand nombre des genres. Elles sont rare-

(360) Les foujîèrcs arborescentes qui ornent nos contrées tropicales modernes allcigneiil une taille de quarante à cnupianlc (licds.

On voit dans IVscaJicr dû Muséum britannique une fougère arborescente haute de miaraute pieds ahophila brunonlana provenant de Silhot, dans le ïîengale. Les liges de ces fougères se distinguent de celles de tous les nKmocolylédoncs arborescents par la forme spéciale et la disposition des cicatrices que laissent les pétioles après que les feuilles sont tombées. Dans les palmiers et dans K's autres arbres monocotylcdones, h s feuilles ou leurs pétioles embrassent la tige et laissent des cicatrices transversales, allongées en forme d'anneaux, et ayant leur Îdus grand diamètre (!ans le sens horizontat. Dans es fougères, à la seule excoplion près des an^iopter s, les cicatrices sont ellipliques ou rlsombotJalos, et leur diamètre veflical est le plus gi and.

M. kù. Broiignluit (llisl »in' des vcuctaux fussiUSf

lies doivent avoir exercé une plus grande influence encore sur la végétation du globe pendant la formation des couches carbonifères de la série de transition.

Dans les couches de la série secondaire, les fougères ont beaucoup perdu de leur importance numérique, soit absolue, soit relative. Elles forment un tiers à peu près de la flore connue de ces périodes intermédiaires de la géologie.

Dans les couches tiTtiaires, leur nroportion aux autres végétaux est à peu près celle où nous les voyons dans les régions tempe* rées actuelles de notre globe.

FRACASTORO Voy. Géologie.

FUSCHSHËL. — Voy, Géologib.

ment symétriques ou formées de parties paires; d'ordinaire elles sont spirales, et alors enroulées obliquement, montrant, d'un côté la saillie formée par la spire, de Tautre \i bouche ou Youverlure par où sort Tanimal, et au centre. Taxe sur lequel les tours viennent s'appliquer, qu'on nomme columeiU.

Lorsque celle-ci est creuse , on rappelle ombilic. Le côté de la bouche qui touche la columelle, nous l'appelons bordcolumellaire: et le côté extérieur, labre. Ces coquilles varient exlraordinairement de forme, depuis la spirale incomplète, la spirale formée d'un

Eetit nombre de tours ou d'un çrand nomre ; ceux-ci formant une saillie conimie, une spire surbaissée, ou fortement prolongée, et alors turriculée.

La bouche de la coquille est également très-variable de forme : elle est entière lorsqu'elle n'a pas de sinus ; à bords unis, lorsque les bords fpnt toute la circonférence, ou & bords désunis^ lorsque les bords sont Interrompus par la columelle. La j)Ouche est échancrée, sinueuse, lorsqu'elle offre, près du bord columellaire, un sinus par où sort le tube respiratoire de l'animal. Elle est canaliculée lorsque cette échancrure se prolonge en un tube plus ou moins fermé.

L'ouverture est souvent protégée par une pièce cornée ou testacée qu'on appelle opercule, dont les fonctions sont de protéger

. 261. Lxxix ctLXxx) a décrit et figuré la tige et a feuille d*une fougère arborescente {Anomopiem Monqeolii), du grès bigarré de llcilegenberg daos les Vosges. On rencontre, dans la formation dtt nouveau grès rouge de ce même district, de belles feuilles de cette espèce ayant encore leurs capsules de fructification adhérentes aux folioles..

Bf . Col ta a public un ouvrage intéressant sur les débris fossiK s de fougères arborescentes aue Ton rencontre en abondance dans le nouveau grès rouge de Saxe, près de Chemnitz. (Dendroltthen Dresde et Leipsick, 1832). Les débris consistent surtout dans des fragments de tronc de plusieurs espèces perdues, que leur structure rapproclie assez des fougères arborescentes actuelles, pour que Ton paisse les rapporter presque sans hésitation aux espèces arborescentes de celle famille, qui était répandue sur la surface de l'Europe à celte époque ocs formatiOM secondaires.

CAS

ET me: PALEO}(TOLOGiE.

CAS

ranimai lorsqu'il se retire dans sa coquîHe. êù rencontre fréquemment de ces opercules fossiles.

On dlrise les gastéropodes en 7 ordres ; l*ies pulmonibranrhesj ^ lespertinibranches, 3* les 9cutihranche$ ^ h* les teciibranches ^ 5* les nudibranches^ 6* les nurUobranches^ et 7* les piéropodes. De ces divisions, les nudibranches seuls n*ont pas de représentants fossiles.

Depuis la première animalisation jusqu*à nos jours, les gastéropodes se sont montrés assez nombreux dès le commencement du monde animé, et ils ont touiours été en progression eroissanle jusqu*à I époque actuelle ; car les formes qui restent en arrière, dans cette marche croissante, sont loin d*étre aussi nombreuses que celles qui persistent.

Les peciinioranches , qui renferment le buecm, ont déjà juiru en nombre arec Tétage silurien, le premier du monde animé, et ils se sont auementés d'une manière progressive jusqu à répoque actuelle. Ils montrent en effet 19 genres dans les terrains paléozoï- •ues, 17 dans les terrains triasiques, 31 ëans les terrains jurassiques , 52 dans les terrains crétacés, et 80 dans les terrains tertiaires, tandis que le chiffre est encore bien plus élevé dans répoque actuelle. Ainsi cette série animale aurait toujours été et est encore en voie croissante de multiplication de ibrmes, par suite de créations successives à tous les Âges du monde.

Les smtibranches^ qui renferment la pa^ itile^ n'offrent pas tout à fait la même mar* che. On compte 3 genres avec Tétage silurien, le premier du monde animé, $epi dans les terrains paléozoîques ; 3 dans les terrains triasiques ; k dans les terrains jurassiques: « dans les terrains crétacés, et dans les terrains tertiaires. Mais il est à remarquer que ces genres se renouvellent bien plus chez les pectinibranches, puisque la moitié reste en arrière et que le nombre des genres encore vivants est seulement un peu plus élevé qne celui des terrains paléozoîques. On pourrait dire que cet ordre est^ en quelque sorte, dans un état stationnaire de dév^lon- Iiement, mais non dans une voie réelle d'augmentation.

Les piérapodesj qui renferment Vkyale^ toujours en petit nombre, ont deux genres dans les terrains paléozoîques, qui commencent avec rétame silurien, et trois dans les terrains tertiaires. Comme on connaît un assez çrand nombre de genres vivants, on |.eut dire qu'ils sont aujourd'hui en voie croissante cie développement générique.

les teetibranehes qui renferment la bulle eommencent par 1 genre dans les terrains jurassiques , 1 dans les terrains crétacé, 4 dans les terrains tertiaires. Comparé aux genres vivants^ ce nombre montre eooore les tectibranchesdans une voie croissante de développement de formes.

Les piilBiofit6mncAef , qui contiennent le l'maçonj manquent complètement dans les lerrains paléozoîques , triasiques , jurassi- Ques et crétacés ; ils commencent donc seu-

lement dans les terrains tertiaires et vont croissant en nombre jusqu'à l'époque vtuelle où ils sont à leur maximum; ainsi ils seraient en pleine voie croissante.

Pour les nucUobranchfêy comme on n'en connaît qu'un çenre fossile des derniers étages tertiaires, ils sont dans le même cas que les pulmonibrancbes.

La comparaison de ces différentes séries animales, par rapport à leur progression de formes, les montrerait toutes à l'exception des scutibranches (presque stationnaires), dans une voie croissante de progression générique. Considérées suivant leur époque d'apparition comparée à leur rang de perfection, les gastéropodes nous montrent trois séries: les pectinibranches, les scutibranches et les stéropodes, au premier étag^de l'animalisation , bien que la première série soit infiniment plus panaite que la dernière dans ses organes et dans son genre de vie. D'un autre cdté, moins parfaits que les pectinibranches, les tedibranches paraissent onze étages plus tard, et les nuciéobranches, vingt-cinq étages après. On aurait par ces faits, une preuve que les gastéropodes n'ont pas suivi, pour ces séries, une progression régulière de perfectionnement ; re- Ï rendant, quand nous voyons les pulmonés , es seuls animaux terrestres de cette classe , se montrer les derniers, c'est-à-dire vingtquatre étages plus tard que les animaux marins, on serait tenté d*en conclure, mal* gré les exceptions , que la loi du perfectionnement successif, suivant l'époque chronologique d'apparition des gastéropodes , ueut ètreappuyée encore par lesfaitsqui précèdent.

Déductions zoologiques générales. — Maintenant, si nous prenons l'ensemble des genres , sans avoir égard à Tordre auquel ils appartiennent, nous trouverons une marche croissante très- régulière. Nous voyons, en effet, avec la première animalisation dn globe, 12 genres dans l'état silurien, et 29 avec les terrains paléozoîques ; là dans les terrains triasiques, 38 dans les terrains jurassiques, 57 dans les terrains crétacés, 103 dans les terrains tertiaires. L*? chiffre étant encore bien plus élevé dans Féfjoque actuelle, où les genres sont au maximum de leur développement, on doit en conclure que, pris dans .leur ensemble, les gastéropodes ont toujours multiplié progressivement leurs ibrmes, de|.uis le premier â^eda monde animé jusqu'à nos jours.

Déductions physiologiques. — Parmi les genres que nous trouvons à l'état f ssilc,* nous en voyons quatre : les turbo , les stomAtia^ parmi les pectinibranches, les hélcion, parmi les scutibranches, et le raginella parm*! les ptéropodes, c'est-à-dire trois types d'organisation différente qui ont traversa tous les âges du monde géologique , depuis la première animalisation jusqu'à l'époque actuelle. Ce fait, que nous n'avons pas eu à signaler dans les autres séries animales, est d'une grande importance. Lorsqu*en effets nous étudions comparativement ces genre»

fossiles avec leurs analogues vivants, nou#

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DICTIONNAIRE DE COSMOGONIE

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ne trouvons aucune différence appréciable ; on doit donc croire que leur organisation interne était la même. S*il en est ainsi, comme tout porte à le penser, il faut en conclure que les conditions d'existence n'ont pas changé depuis les époques géologiques les plus anciennes jusqu*o nos jours, au moins pour les animaux marins, qui respirent dansTeau salée, au moven de branchies.

Déductions climatologiques comparées. — Il est peu de séries animales qui oilrent plus de faits que celle-ci, pour prouver que la température , môme des deux derniws étages géologiques qui nous ont j)récédés sur la terre, était, en Europe, identique à la température des régions tropicales. Il nous suflira, pour le prouver, tfe citer les genres : onisciay dolium^columbellay turbinelhyharpa^ oUta^ ancyllaria^ etc., etc., qu'on trouve vn Allemagne, en Angleterre, en France, en Italie, tandis qu'ils sont exclusivement des régions les plus chaudes des mers actuelles. Les déductions géographiques sont encore ici les mêmes que pour les mammifères.

{Voy. ce mot).

Déductions géologiques titées des genres. — Les caractères stratigraphiques négatifs sont très -marqués, puisque sur les 138 genres fossiles dépendant des gastéropodes, i34 n'occupent pas tous les étages, et qu'ils sont au contraire limités dans leurs étages, do manière à donner des caractères négatifs pour tous ceux où ils ne se trouvent pas.

Les caractères stratigraphiques positifs sont aussi très-saillants. Les idk senres limités dans les étapes, sont, en eflet, autant de caractères positifs propres à les faire connaître sous toutes les formes minéralogi- Ques, Ces caractères sont d'autant plus certains, que, sur ce nombre, 32 genres sont perdus pour l'époque actuelle. La [>ersislan- (îe des caractères positifs est encore plus tranchée pour les gastéropodes que pour lesautres séries, comme le prouvent jesgenrespleurotomaria, natica, trochus^ cerithium^ fusuSf turritella^ mitra, triton^ etc., etc.

Les déductions géologiques tirées des espèces, nous prouvent, a très-peu d'expressions près, que les jG,2]3 es{:èces de gastéropodes que M. d'Orbigny a discut^^os dans son Prodrome de paléontologie^ sont caractéristiques. Chacune, en particulier, n'occupe, en ctlet, qu'un seul étage qu elle peut parfaitement caractériser.

tfAULï. Voy. Alb:en.

GELÉES, leur action désorganisatrice — Voy. Couches sédimentaires, art. IL

GENERËLLL Voy. Géologie.

GENESE, interprétations diverses du i" fibapitre. — Voy. Jehan (de Saint-Clavien ) , liucKLAND, Marcel de Serres, Godbfeoy»

Dbbretne, Pachon, Maupied, Chaubard, tilalre, jours-périooes, cosmooonie gu xvi ei X.V1I* siècle etc

GENESE MATERIALISTE.— Avant d'apprécier les efforts de la scierce orthodoxe, pour concilier les découvertes modernes avec la révélation mosaïque, il convient <]> voir raison d'une hypolnèse cosmogoiiiquc

qui n'est que le panthéisme, c'est-à-dire, en di^finitive, le matérialisme; car, en science, une doctrine panthéistique est toujours réductible à unedoctriue purement matérialiste.

Dans les sciences qui ont p)our objet la recherche des causes ou des origines, il est un critérium qui donne tout de suite la mesure de la puissance coordinalrice et de la valeur d'une doctrine : c'est le résultat final, la conclusion rigoureuse qui ressort de l'ensemble de ses raisonnements et de ses principes.

Or, quel est le point de départ, le principe fondamental de la Genèse matérialiste? Sa formule est nécessairement celle-ci :i{exû(€ de toute éternité dans l'espace infini une somme finie de matière; cette matière^ douée de pra» priétés ou de forces essentielleSy a produit et produit encore tout ce vaste ensemble^ toute cette succession de phénomènes qui constituent notre monde.

Cette formule est l'essence même de la conception matérialiste , et l'on n en pourrait retrancher un seul terme sans que le matérialisme ne cessât d'être à l'instant

En effet, si la matière n'est pas éternelle, elle a été créée : donc il existe en dehors de la matière une puissance qui lui a donné Têtre. De plus, on ne peut admettre qu'une somme finie de matière, autrement le mouvement serait impossible ; car une matière intinie dans res])ace infini, ce serait le pleîR absolu; or, le mouvement ne peut être conçu

3ue dans le vide, l'impénétrabilité étant une es propriétés essentielles de la matière.

Nous avons ajouté que la matière possédait des propriétés ou des forces essentielles; ces lorces sent nécessairement fmies comme la matière, finies aussi comme nembre, car il serait anti-logique, absurde, de reconnaître des propriétés iaiinies dans un être fini. Puisque ces forces sont essentielles à la matière, elles sont éternelles comme la matière. Autrement la matière les aurait reçues, ce qui impliquerait encore une création que le matérialisme rejette. Enfin, puis- Î|u'elles sont éternelles et essentielles, ces orces ne sont susceptibles ni d'accroissementf ni de diminution.

I^ conclusion dernière d'une pareille doctrine, c'est donc le fatalisme, plus la violation la plus flagrante des lois qui sont la base de la raison humaine. Car qu*est-ce qu'une matière éternelle, incréée, existant par ellemême, et qui pourtant est tinîe, limitée, bornée dans son essence comme dans ses propriétés?...

Mais si cette matière éternelle, incréée, n'est pas seulement de la matière purement et simplement, c'est de la matière disposée, façonnée, arrangée, agglomérée en globes, en mondes, organisée en corps de la native la plus diverse. Et cette organisation de la matière n'est pas éternelle : elle a commencé; le matérialisme le proclame. Se fondant sur les découvertes de la chimie moderne et sur celles, aujourd'hui fort ébranlées, qui ont été faites dans l'astronomie stellaire, principalement par les deux Herschell, lescosroogonistc panthéistes ont eu recours à une

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ET DE PALEONTOLOG».

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