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Zoophyiés.
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r«i.'ariiniféres.
Aworpbozoaires testacés.
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Amarphozoaires cornés.
Totaux. . . 324 1,129 130 1,337 384 1,096 452 1,022 730 719 22,937
GEOLOGIE (Histoire de la). — La géologie (de 7Â, terre, et Xôvoc, t^ilé on icience) est la science qui traite des changements successifs qui se sont opérés dans les règnes organiqiie et inorganique de la nature : elle rechercne les causes de ces changements et leur influence sur les modifications que la surface du globe et sa structure intérieure ont subies. A l'aide de nos investigations sur l*état de la terre et de ses habitants, en des temps reculés, nous acquérons une connaissance plus parfaite de sa constitution, et iious obtenons des notions plus étendues sur les lois qui, à Tépoque actuelle, gouvernent -ses productions animées et inanimées. Lorsque noud étudions Thistoire , la comparaison de rétat présent et de Tétat passé de là société donne à notre jugement sur la nature humaine, plus de rectitude et de profondeur. Nous découvrons la longue série d'événements qni, peu à peu, ont amené les choses •à leur état actuel. Si nous prenons soin d'enchaîner les effets à leurs canses nous arrivons sans peine h classer et h graver dans notre mémoire uiie multitude de rapports compliqués, tels que les diverses parlicularilés du caractère nationaî, les différents de-
grés de perfectionnement moral et intellectuel , et une infmité (fautres circonstances qui, sans Taide de THistuire, seraient oa mal comprises ou dénuées d'intérêt. De même que la condition présente des nations est le résultat d'un grand nombre de changements antérieurs» les uns d'une date extrêmement ancienne, les autres d*une origine récente, les uns graduels, les autres subits et violents; de même l'état du monde physique est le résultat d'une longue suite d'événements. Si donc nous voulons ajouter quelque chose à nos connaissances sur l'ordre actuel, il nous faudra rechercher les effets
aui, dans les temps anciens, ont été le prouit des diverses opérations de la nature. Quand nous jetons un coup d^œil en arrière sur les annales des nations, nous remarquons souvent avec surprise combien 1^ succès de telleou telle bataille, dès longtemps oubliée par la niasse des peuples, a eierr) d'influence sur le sort de plusieurs millions de nos contemporains. Nous trouvons qu'à cet événement éloigné se rattachent les bornes géographiques d'un grand Etat, le langage actuellement parlé (lar ses habitants, leurs mœurs caractéristiques, Uurs lois et
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ET DE PALEONTOLOGIE.
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lears opinions religieuses. Mais combien plos étonnants encore et plus inattendus sont les rapports qui viennent nous frapper, fMûod c'est ITiistoire de la nature que nous interrogeons I La forme d'une côte, la confi-
fDFation intérieure d*un pays, Texistence et étendue des lacs, des YaÛées et des montagnesy peuvent souvent, dans des régions depuis longtemps tranquilles, être attribuées à quelque action ancienne de tremblements de terre et de volcans. A ces convulsions éloignées peuvent aussi se rattacher, d'une manière distincte, la fertilité actuelle de certains pays, la stérilité de quelques autres, FéiévatioB du sol au-dessus du niveau de la mer, le climat et diverses autres particularités. D'un autre côté, on peut encore rai>porter un grand nombre de traits caractéristiques de la surface du globe, soit à Faction produite jadis par certaines casses lentes et tranquilles, telles que les dépôts sédimentaires qui se sont ibrmés dans les lacs ou dans rOcéan, soit à raccroissement des testâtes et des coraux.
A ces divers exemples, j'aiouterai encore les couches de charbon que 1 on trouve dans certaines localités. Ces couches sont comi>o* sées de substances végétales, lesquelles ont été antrdbis entraînées dans des mers et des laes. Outre que, depuis la formation des depuis en question, ces mers et tes lacs ont été comblés, les terres mêmes sur lesquelles jadis s'élevaient les forêts qui alimentaient les couches de charbon ont oisparu ou changé de forme; les rivières et les courants qui servaient au transport des masses végétales Q*ont laissé aucune trace ; et les plantes, de même que les espèces auxquelles elles appartenaient, ont, depuis bien des siècles, disparu de la surface du globe. Cependant la prospérité commerciale et la force numérique d'une nation peuvent aujourd'hui dépendre, en très-grande partie, de la distribution locale du combustible déterminée, comme on le voit, par cet ancien étal de choses. La géologie est aussi intimement liée à la plupart des sciences physiques que l'Histoire Test h la morale. Un historien devrait, s*il était possible, être à la fois profondément versé dans la morale, la politique, la jurisprudence, lart militaire, fa théologie; UaDs toutes les sciences, en un mot, qui péarent le conduire à la connaissance la plus parfaite des affaires humaines, on de la nature morale et intellectuelle de Fhomme. De même, il serait à souhaiter aussi qu'un géologue pût avoir des notions élendues, tant sur la chimie et sur la physique que »ur la minéralogie, la zoologie, Fanatomie comparée, la botanique, et toutes les autres branches des sciences qui se rapportent à la nature organique et inorganique. A Taide de œs connaissances, Vhistorien et le géologue manqueraient rarement de tirer des conséquences exactes et philosophiques des 'livers monmaeiita qui rendent témoignage ries événements passés. Ils sauraient h quelle coBibinaboo de causes devaient se rapporter certains effets analogues à ceux qui se
passent sous leurs yeux ; ils pourraient souvent suppléer, par induction, à des renseienements positifs sur un grand nombre de rails non consignés dans les annales défec* tueuses de Tantiquité. Mais comme une si grande variété de connaissances ne peut ^lère se rencontrer dans un seul individu, il devient nécessaire, pour alleiiidre ce but, que ceux qui cultivent les sciences, dont nous venons de parler, réunissent leurs talents et leurs efforts. Ainsi Thisiorien s'aidera des lumières de Tantiquaire et de celles des hommes qui s'adonnent aux diverses branches de la morale et de la politique ; de son côté, le géologue aura recours à différents naturalistes; à ceux surtout qui se livrent à Télude particulière des débris fossiles que les espèces perdues d'animaux et de plantes ont laissés.
L'analogie des monuments consultés en géologie et en histoire ne s'étend, toutefois, qu'à une seule classe de monuments historiques, à ceux dont on peut dire que le ha- 9ard les a chargés de perpétuer la mémoire des événements passés. Les canots, par exemple, et les haches de pierre quon trouve dans les tourbières d'Angleterre, donnent aux nouveaux habitants de cette Ile une idée des arts grossiers et (\cs mœurs de leurs
t)rédécesseurs ; les pièces de monnaie que 'on rencontre parfois dans la terre indiquent la date du règne de tel ou tel empereur romain; lesancienscampementsfontconnaltréleslieux occupés autrefois par des armées envahissantes, et la manière dont étaient construites les défenses militaires ; les momies égyptiennes nous fournissent des données sur l'art d'embaumer, sur le mode de sépulture en usage dans l'ancienne ^ypte, sur la stature moyenne de l'espèce humaine dont les indivious peuplaient cette antique contrée. Or ce genre de monuments coromémoratifs, qui ne le cède à nul autre en authenticité, ne forme qu'une faible partie des ressources de l'historien, tandis qu'en géologie, il constitue la seule preuve qui soit à notre disposition. Nous ne pouvons donc espérer d'atteindre à la connaissance parfaite d'aucune série d'événements , m de parvenir à suivre leur enchaînement lorsque ces événements remontent, au delà des temps historiques. Quant au témoignage des monuments géologiques, s'il est souvent incomplet, il possède, en revanche, Tavantago d'èlre à l'abri de tout soupçon d'inexactitude. Nous pouvons, il est vrai, tout aussi bien nous tromper dans les conséquences que nous déduisons des faits soumis à nos observations, que nous sommes exposés à nous méprendre sur le genre et sur 1 importance des phénomènes qui s'opèrent dans le cours journalier delà nature; mais ici, du moins. Terreur ne peut aller au delà de Tinlerprétation, de sorte que si cette interprétation est exacte , nos connaissances deviennent certaines.
Tant que dura l'enfance de la civilisation, les limites de l'histoire, de la poésie et de la mvthologie rosîèrcnt indéterminées; il en
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D1CT!0NNÂ1U£ DE COSMOGOMG
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lut de môme de la géologie : ta nature distincte et' son but positif n'ayant été reconnus que très-tard, elle demeura longtemps confondue avec plusieurs autres sciences. Au temps de Werner même, c'est-à-dire, à la fin du xvin* siècle, elle n'était considérée que coiniiic une branche secondaire de la minéralogie; il fallait, suivant De^marest, la ranger dr.ns le domaine de la géo;^raphie j)hysique, La cause la plus probable et la ]»lus p:énérale de celte confusion tenait à ce que 1 ou voulait imposer «^ la géologie de découvrir le mode d'ori;4;ine de la terre, ©u, comme riraa^inaicnt quelques-uns, d'étudier *es effels des forces cosmogoniques mises en usage par fauteur de la nature pour tirer cette planète du cbaos, et pour l'amener au point d'hùbUabilité et de perfection où elle est aujourd'hui. Hutton fut le firemier qui tenta de tracer une ligne de démarcation fortement prononcée entre sa science favorite et la cosmogonie ; il déclara que la géologie était entièrement étrangère « aux questions relatives à l'origine des choses. »
Les doctrines les plus anciennes des philosophes de l'Inde et de l'Egypte s'accordent toutes h attribuer la création première du inonde à un être infini et tout puissant. Toutes aussi soutiennent d'un commun acconi que cet être, existant de toute éternité, a détruit et réformé plusieurs fois le monde et ses habitants. « Les Institutes ou Lois de Manou, » le livre sacré des Indous, auquel, dans sa forme actuelle , sir William Jones attribue, pour le moins, une ancienneté de huit cent Quatre-vingts ans avant Jésus- Christ, renierme, en vers remarquables , l'exposé suivant du système de destruction et de reproduction alternatives du monde :
L'Etre dont la puissance est incompréhen- Êtblcy nCayant rréé^ moi (Manou) et cet univers^ s'absorbera de nouveau dans tintelligenve suprême^ abandonnant ainsi le temps de Nner» giepour le temps du repos.
Quand cette puissance s'éveille^ le monde reçoit son entière expansion ; mais dés miun sommeil tranquille vient à s'emparer (telle^ tout le système s'anéantit.,. Car^ tandis quen quelque sorte elle repose^ les âmes revêtues d'un corps et douées du pouvoir d'agir ces* sent de se livrer à leurs diverses actions^ et l esfrit lui-même devient inerte.
' Mançu décrit ensuite l'absorption de tous les èlrcs dans la sunrème essence , et Tâme do Dieu assoupie elle-même, et demeurant pendant un certain temps plongée dans la première idéc^ ou dans tes ténèbres. Puis il ajoute (vers. 57) : Ainsi ^ par une succession alternative et constante dneures de veille et d heures de repos^ cette immuable puissance revivifie et détruit, dans un ordre éternel, cet immense assemblage de créatures douées ou non de mouvement.
Il déclare ensuite qu'il y a eu une longue succession de manwantaras, ou périodes, dont la durée a été, pour chacune, de plu-
("62) Institutes de ta toi hindoue, ou Code de Maffov/traduit du sanskrit par iirWiLLUsi Jones; 1790.
sieujs milliers de siècles, et continue ainsi : Il y a aussi des créations et des destructions de mondes innombrables: mais Vitre ejalié au suprême degré semble se jouer de tout cela, tant il l'accomplit avec facilité; de plus, il recommence sans cesse pour h seul plaisir de donner du bonheur aux êtres quil crée (362).
La compilation du Code de Manou ne fut ni l'œuvre d'un seul auteur, ni celle d'une même époque; aussi, est-ce à cela, sans doute, qu'il faut attribuer la plupart des inégalités qu'on y remarque, soit dans le style, soit dans la matière. Toutefois plusieurs passages relatifs aux attributs et aux actes de n l'Etre infini et incompréhensible» y sont rendus d'une manière vraiment sublime, et traités avec une grandeur de coih ception remarauable ; tels sont» entre autres, quoique passanlement mystérieux, les fragments cil s plus haut. Cette cosmogonie renferme tout à la fois tant d'imaginations puériles et tant d'absurdités monstrueuses, qu'on est souvent tenté d'imputer au hasard les faibles lueurs de vérité, ou la coïncidence apparente qu'on retrouve entre les dogmes orientaux et les faits observés. Cette prétendue révélation n'est ^s» cependanl^iiii pur effet de l'imagination ; il est aisé d'apercevoir les rapports qu'on y a ménagés avec les opinions et les observations des naturalistes. On y remarque certaines théories astronomiques évidemment déduites du raisonnement et de l'observation. Ainsi, par exemple, il y est énoncé au'au pôle nord l'année était partagée en un lon^ jour et une longue nuit; que le longjour était marqué par la présence du soleil vers le nord, et la longue nuit par son séjour dans la partie sud. Qnàni aux habitants de la lune, il est dit que leurs jours sont égaux aux mois des mortels (363). Si de telles propositions ne p'^uvent être considérées comme de simples conjectures, nous n'avons, [lar la même raison, aucun droit d'attribuer au hasard Topinion si fort accréditée que la terre et ses habitants ont jadis subi une suite de révolutions et de catastrophes interrompues par de longs intervalles de tranquillité. Or, cette théorie peut avoir eu deux origrines différentes : 1" les traces évidentes et palpables des révolutions anciennes qui ont eu lieu sur tous les points de la surface de notre planète, et 2" les débris d'animaux marins renfermés dans les couches solides du globe, lesuuels sont si nombreux qu'on peut s'attendre à les voir devenir un sujet d'observation pour tous les peuples un peu avancés en civilisation, pour ceux surtout chez qui une certaine classe d'hommes s'adonne tout particulièrement à la méditation et ft Tétude* Ces circonstances une fois établies^ il semble naturel d'en tirer des conséquences, non-seulement en faveur des changements énormes qui ont dû s'accomplir Sans les siècles passés , mais en faveur aussi des oé-
(3G3) Maxou, /îi$/.,c. 1, ce ei 67^
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riodes de calme cl de désordre qui se sont suef édé alleraativement ; — de c&lme, alors que les animaux fossiles vivaient, croissaient et se multipliaient; — de désordre, alors que les coucnes, dans lesquelles furent enfouis ces mêmes animaux, se trouvèrent Iransportées de la mer au sein des conti- Dents, et soulevées au point de faire partie de hautes chaînes de montagnes. Quelque portés que soient certains auteurs modernes a rabaisser Pavancement intellectuel et 1 antique civilisation des peuples de TOrient, ils peuvent, néanmoins, sans craindre de se livrer à des idées exagérées sur les progrès de la science parmi ces peuples, accorder aux théories curieuses, soumises k notre examen, quelque fondement basé sur des faits observés. Quant aux catastrophes universelles et aux destructions d'êtres organisés telles qu'elles sont interprétées par les brahmes, ce sont des théories vraiment insoutenables.
Les prêtres égyptiens n'ignoraient pas que les couches inférieures des plaines du Nil renfermaient des coquilles marines ; ils savaient fort bien aussi que les collines environnant la grande vallée en contenaient égaleneot (364), d'ailleurs, les excavations conftidérables que nécessitaient la multitude de travaux nationaux exécutés anciennement par les monarques d'Orient, font re^^arder comme une chose impossible, que les philosophes de ces contrées n'aient pas eu connaissance des fossiles nombreux cpe renfermaieiit certaines couches de terrains alors en exploitation. Beaucoup de ces travaux consistaient en citernes et en canaux imloenses ; or, nous savons qu'en des temps plus récents (au xiv* siècle de notre ère}, le déplacement de terre auquel des entreprises semblables donnèrent lieu, mit au jour des phénomènes géologiques qui attirèrent l'attention d'un peuple moins civilisé que ne Tétaient jadis un grand nombre de nations orientales (%3).
Mais, quoique les braliraes aient pu, aussi bien que les prêtres de TE^ypte, avoir «onnai£a»aoce des fossiles existant dans certains terrains, il est possible que ces preuves niaient senri qu'à corroborer la doctrine des destructions et des reformations successives du monde; et uuo cette doctrine, de même que les traditions religieuses de la plupart des natims, ait eu pour cri^ne première le peu d avancement de l'état social. D'un autre côté il se pourrait également qu'elle eût pris naissance dans Tes récits exagérés des catastrophes
<3Si> Békoootc, Euterpe, 12.
;365) Il est fait meiiitou de cette circonstiince dans «B aMBiiscrit persan de rhistorieii Ferisbia, rdatif à réfaLUssanent et av progrès de Fempire mahométan éaas llade. Ce maaoscrît, qui aHjoonTbui fait partie de la bililjotliégiie de la Compagnie des Indes Orieatales, appartenait orif inaîremeot à la bibliolbèém soltan Tîpoo, d'oo il fut rapporléen 1799 le colood Briggs. l*a même circonsiance a rcit éréille FatleiitioB dà docteur Bockland, qui é â ee sojct dans d^assez longs déuiils (GéoL Trmmê.^ n* série, toI. U, part, ni, p. 589). — L'iii»-
partieUes, mais sourent eifroyables, auxquelles donnent lieu, parfois, certaines com^ binaisons de causes naturelles. Les déluges et les éruptions Yolcaniaues, ces deux puissants résultats de Faction oe Teau et du feu, sont, à la surface du globe, les principaux instruments de destruction. Plus loin, nous signalerons l'étendue d'un grand nombre de phénomènes terribles qui, dans le cours actuel de la nature, se reproduisent de temps à autre ; nous nous bornerons, quant k présent, à observer aue, d'une part, ces é?énenements sont tellement propres è inspirer une grande terreur, et que, de l'autre, ils entraînent des suites si souTcnt funestes à des multitudes de peuples, au'il n'est, pour ainsi dire, pas besoin, ni ae Tamour du menreilleux qui caractérise les nations ignorantes et à demi cirilisées, ni moins encore de l'imagination exaltée des écrivains orientaux, pour qu'on soit disposé à les transformer en conflagrations et eu cataclysmes généraux.
Le grand déluge des Chinois, que leurs traditions font remonter au temps de Yaou , c'est-k-dire à un peu plus de deux mille ans avant l'ère chrétienne , a été confondu , par quelques auteurs, avec le déluge universel de l'Ancien Testament. Mais M. Davis, qui a accompagné en Chine deux ambassadenrs anglais, et qui a étudié avec le plus grand soin les traaitions écrites des Chinois, rapporte qu'il y est fait mention de leur déluge, plutôt comme ayant interrompu les travaux de l'agriculture, que comme ayant entraîné la destruction générale de l'espèce humaine. 11 ajoute gu'après l'inondation, des actions de grâces furent rendues au grand Yu pour avoir « ouvert neuf canaux, à l'effet de retirer les eaux qui courraient les collines peu élevées, ei baignaient le pied des plus hautes montagnes. » H.Davis donne à entendre qu'un çrand débordement des eaux de la rivière Jaune, Tune des plusconsidérables delà terre, pourrait, même à ré|)oque actuelle, occasionner un nouveau déluge semblable à celui de Yaou, et ensevelir sous ses eaux les plaines les plus fertiles et les plus peuplées de la Chine. La rupture des aiguës d'un canal artificiel, dans lequel une partie des eaux de la rivière Jaune ont été détournées, a, plusieurs fois, dans les temps modernes, donné lieu aux plus terribles accidents ; la possibilité qu un j^areil malheur se renouveîle est, pour le gouvernement, une source d'inquiétudes continuelles. Or, n'est-il pas aisé ci in:aginer romliien cette inondation peut avoir été plus considérable encore, si ja-
lorien Feristha rapporte qu'en l&i (on 1360 de notre èrr), le roi, dans la rue d*opérer la jonction des rivières Séilma et Sui]efte,eBiploYa 50,000 hommes à coQper un monticule, et que dans ce monticule oii trouva des ossements d*bommes et d]élcphanls, dont quelques-uns étaient pétrifiés , tandis que d'antre:» avaient conservé leur apparence osseuse. Les proportions giganiesques observées dans ceux de ces ossements qu*on croyait être des ossements humains, prouvent qu^ls ont apparteiîu à quelqoes-Qns des plus grands pacbydermes.
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DICTIONNAIRE DE COSMOCONIE
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tnats quelque tremt>Ienient de terra violenl ébranla la vallée eu question (366).
M. de Uumboldt rapporte, qu*en 1766, après le tremblement de terre qui engloutit une grande partie des habitants de Cumana, il y eut, à la suite des grandes pluies dont furent accompagnées les convulsions souterraines, une saison d*une fertilité extraordinaire. Suivant les idées d'une antique superstition, les Indiens^ dit-il , céle^braient par d€S fêtes et des danses la destruction du monde et Vépoque prochaine de sa régénération (367).
Ueiistence de tels rites, parmi les nations grossières do rAmérique du sud est des plus importantes, en ce qu'elle montre Teffet que peuvent produire, sur Tesprit d'un peuple ignorant et barbare, les retours plus ou moins éloignés de ces grandes catastro-
{ihes. Les superstitions d'une tribu non civiisée se propagent successivement parmi les divers étapes de la société, jusqu'à ce que, frappant 1 esprit du philosophe , elles en viennent à exercer sur lui une influence puissante. Les traces des révolutions anciennes de la surface du globe lui révèlent alors loriginc évidente des traditions qui ont été transmises, de génération en génération, sur la foi du chasseur sauvage, dont l'imagination efl'rayée traça une image infidèle de ces manifestations terribles de déluges et de tremblements de terre, à l'aide desquels toute la partie de la terre a lui connue fut simultanément ravagée.
Quant è ce qui regarde la cosmogonie des prêtres égyptiens, on en retrouve beaucoup de traces dans les auteurs appartenant aux sectes grecques , qui empruntèrent de l'Egypte la plupart dfe leurs traditions, celle, entre autres, des anciennes destructions et réformations successives du monde (368).
Plutarque nous apprend que cette doctrine, rapportée des bords du Nil par Orphée, ce
1>oëte si célèbre dans les temps fabuleux de a Grèce, fut le sujet d'un de ses hymnes ; dans les vers d'Orpnée; la durée de chaque monde successif se retrouve exprimée, comme dans les systèmes indiens (369). Les retours de ces grandes catastrophes étaient déterminés par la période de Vannus magnus^ ou grande année, — cycle qui se composait des révolutions du soleil, de la lune et des planètes, et dont l'accomplissement était marqué par le retour simultané de tous ces astres au si)^ne d'où l'on supposait
3u'è une époque très-éloignée ils avaient û partir. La durée de ce grand cycle était diversement évaluée. Suivant Orphée, elle était de 120,000 ans ; d'autres la crovaient de 300,000; et selon Cassandre, enfin, elle dépassait de 60,000 an« ce dernier nombre (370). Platon, dans son Timée, dit, d'une manière expresse que les Egyptiens croyaient
(S66) Voyez FarUcle ât Davis sur c les Chinois,»
}>*imié |)ar la société pour la propagation des conuais-
sanccs utiles, vol. I", p. 137, 147.
(367) HuMBOLDT et BoNPLAMD. (V. Mai. hhl., vol. 1, n. 30.
(5l)8j MytholJgypt dePRicHAR», cap. 177.
que de temps à autre ie monde était sujet h des déluges et k des conflagrations, que c'étaient là les moyens dont les dieui su servaient pour mettre un terme à la malice humaine, et pour purger la terre des crimes qui sy commettaient ; qu'après chaque régénération , le genre humain se retrouvait dans un état parfait d'innocence et de bonheur : mais qu'ensuite il recommençait in sensiblement à dégénérer, et retombait dans le vice et l'immoralité. C'est celte doctrine égyptienne qui a donné lieu à la fable de lage d'or et de l'âge de fer. Les stoïciens adoptèrent, sans aucune réserve, le système de catastrophes destinées à opérer, k de cer* tains intervalles, la destruction du monde. Ils admettaient deux sortes de ces catastrophes : ie c^tacl^rsme ou déluge, genre de destruction qui anéantissait l'espèce humaine entière, ainsi que toutes les productions animales et végétales de la nature; et Tecpyrosis ou conflagration, autre mode de destruction qui occasionnait la dissolution du globe lui-même. C'est aussi des Egyptiens qu'a été empruntée l'idée de la cor^ ruption progressive de l'horame. Suivant cette croyance, vers la fin de chaque époque de repos, les dieux , poussés à bout par la méchanceté des hommes, leur envoyaient un déluge pour Ics exterminer; après quoi, Astk*ée redescendait des cieux et rendait à la terre un nouvel âge d'or (371).
Le rappon qui existe entre la doctrine des révolutions successives du globe, et les énoques marquées par la perversité de Vespece humaine , est bien plus naturel et bien plus intime qu'on n'est porté à le croire d'abord. Les peuples non civilisés sont toujours prêts à considérer les grandes calamités comme des châtiments infligés par Dieu à la malice humaine. Lo récit lait è Solon, par les prêtres égyptiens, de la disparition de l'Atlantide sous les eaux de TOcéan • représente de même cet événement, qu'avaient précédé plusieurs secousses de tremblement de terre, comme une marque de la colère de Jupiter envers les habitants de cette lie, dont la dépravation était parvenue à son comble (372). Lorsque , par suite des causes qui viennent d'être exposées, ou de toute autre considération , l'opinion que la terre avait subi plusienrs destructions eut une fois prévalu, il devint naturel d'en conclure que l'espèce humaine avait été détruite et recréée autant de fois qu'il y avait eu de catastrophes ; et comme ces exterminations successives étaient attribuées à la vengeance céleste, il fallait en même temps, pour rendre hommage à la justice divine, supposer qu'à chaque régénération, l'homme renaissait dans son premier état d'innocence et de pureté.
Une très-grande partie de l'Asie, habitue par les plus anciens peuples dont les tradi-
' (560) Plut., De defectuoracHlorum^p. 12: CehsoRiKirs, De die natali. V. aussi la Mglhol. égfjpt. de
pRICBABDfP. 482.
(370) MythoL é^ypt, do Prichard, p. 182.
(371) MythoL égypt. de Paichabd, p. 195.
(372) rfm.fedePLAJON.
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ET DE PALEONTOLOGIE.
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lions soient parvenues jusqu'à nous , a toujours été sujette à d'effroyables tremblements de terre. Plus tard nous aurons à décrire les effets et les bornes géographiques de ces terribles convulsions souterraines. Quant h TEgypte, qui presque en tout temps a été exempte d'un tel fléau, il eist à croire que c'est de l'Orient que lui est venue la tradition de ces sortes de catastrophes.
La mythologie égyptienne faisait intervenir dans ses fictions un principe à la fois mâle et femelle^ auquel elle attribuait le développement de l'embryon du monde, conformément, à très-peu près , au mode d'incubation. Lorsque , d'après cette doctrine, la première masse chaotique eut été produite , sous la forme d'un œuf, par un être indépendant et éternel, il laliut le concours mystérieux du principe à la fois tiMê et femelle uour transformer les éléments composant la matière, en êtres organisés.
Cette conception bizarre, dont on peut à peine se retracer le souvenir sans rire, ne semble pourtant pas différer essentiellement, en principe , de certaines idées cosmologiques émises dans l'Europe moderne par des hommes d'un talent remarquable et d'un génie supérieur. Les philosophes éevptiens sedonnèrent la tâche périlleused'étabhr quelques rapports entre le mode de reproduction tel qu'il existe dans le monde , c'est-àdire, celui qui par la génération détermine la naissance d'individus nouveaux, et le mode d'opération à l'aide duquel l'auteur de la nature créa les premiers êtres organisés. Il n'était ni absurde , ni contraire à rien de cequi nous est connu dans l'économie de l'uoiTers, de supposer que certaines lois générales avaient pu présider à l'oridne première des êtres créés, ou à la première apparition d'espèces nouvelles dans notre système. Hais l'hypothèse par laquelle on ^dmettait qu'il y avait quelque analogie entre ces lois et celles qui régissent la reproduction continuelle des espèces, était une hypothèse entièrement gratuite. D'un autre cdté, il ne serait ni déraisonnable, ni offensant pour la puissance suprême, d'imaginer que des lois générales puissent présider à la création de mondes nouveaux; et s*il était donné à l'homme d'être témoin de la naissance de ces mondes, il pourrait, par induction, raisonner sur l'origine du sien propre. Mais de pareilles données n'étant pas à sa portée, if a tenté d'y suppléer en cherchant à découvrir quelque analogie entre les agents présentement employés à détruire, k reproduire, et à changer perpétuellement la surface du globe, et ceux à l'aide desquels la première masse confuse de la terre fut tirée du chaos, et amenée, sans doute, jiar suite d'une énergie toujours croissante, de l'état d'embryon à l'état d'habitabilité.
Je ne m'occup3rai pas de la diversité de nuances qui peuvent exister entre les divers systèmes si péniblement établis sur ces itàses, et les mystères de « l'œuf du monde »
(iê^) AjusToiB 2iE9fLts oiscaus, 694.
de la fable égyptienne. C'est une question qu'il serait peut-être dangereux de soule:*'er; car plusieurs de nos contemporains pourraient fort bien ne pas avoir autant de f>atience qu'en montrèrent les Athéniens, orsque la fiction de l'œuf du chaos, introduite par Orphée dans leur mythologie, fut tournée en dérision par Aristophanes,
ui, dans un hymne solennel, fit intervenir
es oiseaux chantant : Comment la nuii au noir plumage conçut dans le vaste sein de l'Erèbe^ et déposa un amf^ d'ot), par la suite des temps , naquit VAmour^ tout resplendissant de l'éclat de ses ailes dorées; puis^ comment l Amour féconda le Chaos aux ailes rembrunies^ et donna naissance à la ràc,e des oiseaux (373).
Après avoir séjourné plus de vingt aiis en Ejgypte, et, suivant Cicéron, après avoir visité l'Orient et fréquenté les poilosophes persans, Pythagore, de retour dans son pays» y introduisit la doctrine de la déchéance progressive de l'espèce humaine par rapport a son premier état d'innocence et de bonheur. Quant à la théorie de Pyttiagore , touchant la destruction et la réformation de la terre, on ne peut réellement, d'après Tesquisse qu'Ovioe nous en a laissée, se dispenser de convenir qu'elle est incomparablement plus philosophique qu'aucune autre version connue des cosmogonies enfantées par les sectes orientales ou égyptiennes.
Bien qu'Ovide ait représente Pythagore comme professant sa doctrine en ).)ersonne , il n'en est pas moins vrai que certains éclaircissements relatifs à cette doctrine résultèrent d'événements naturels qui n'eurent lieu qu'après la mort du philosophe. Toutefois, malgré ces anachronismes, le récit du poète doit être regardé comme la peinture fidèle des dogmes de l'école pythagoricienne
Eendant le siècle d'Auguste; car, bien que I doctrine puisse y être en partie modifiée » toujours est-il que la substance du dogme primitif doit au moins s'y trouver reproduite. Ainsi considéré, ce récit est aussi instructif que curieux, en ce qu'il renferme un sommaire habilement trace de la pluoart des grandes causes de changement actuellement en action sur le globe, — causes qui viennent à l'appui du principe de révolution progressive et constante, iidiérent à la nature de notre système terrestre. Ces doctrines, il est vrai, ne sont pas directement appliquées à l'explication des faits géologiques ; en d'autres termes, on n'y retrouve aucune donnée sur les changements accomplis dans les siècles passés, ni sur ceux que réservent aux âges a venir ces fluctuations incessantes. Si de telles idées sur les changements géologiques eussent été mentionnées, on n'aurait pu, en vérité, trop admirer une anticipation aussi extraordinaire, et notre surprise eût dû égaler celle des astronomes, au sujet de la ^route que suivit le philosophe de Samos pour atteindre à la connaissance du système de Copernic.
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DICTIONNAIRE DE COSMOGONIE
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Eiamlnous maintenant les passages les
Îilus frappants de \a relation d^Ovi/le 374) : Rien ne meurt dans ce monde ; les choses ne font que rarier et changer de forme. Naître , signifie simplement qu'une chose commence à être différente de ce qu'elle fut auparavant: mourir, veut dire qu'elle cesse d'être la même chose. Cependant, quoique rien individuellement ne conserve longtemps la même forme, le tout reste constant dans son ensemble. Ces propositions générales sont ainsi appuyées par de nombreux exemples, tous tires de phénomènes naturels, à l'exception du premier qui a rapport au remplacement de rftge d'or par l'âge de fer. Ces •xemples sont cités dans l'ordre suitant :