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Carpocrate se flt de nombreui partisans en Egypte el à Rome. Son tils Epipbane propagea surtout sa doctrine dans l'île de Céphalonie, enseignant, ainsi que Platon, la communauté des femmes et des biens, comme le vrai moyen d'honorer la Divinité.
La doctrine de Basilide consistait dans un dépouillement de tout ce qui est physique et corporel, afin q[uo Tûme pût s'élever, dans la contemplation immédiate, à l'évidence divine, et que la volonté libre et dégagée fil le bien sans contrainte de la loi extérieure. Mais on n'arrive, à cette pureté parfaite dans le loyaume de la lumière, que par une série de métempsvcoses. La morale des basilidiens fut d abord un ascétisme d'une sévérité extrême, qui se relâcha dans la suite. Il est question des basilidiens jusqu'au iv* siècle.
Marcion imposait aux croyants, qu'il n'admettait qu'après un long el sévère catéchuménat, une conduite morale très-sévère; l'abstinence du mariage, de tout plaisir, de toute joie, de tout aliment non indispensable, en se fondant sur un évangile altéré de saint Luc et sur de fausses lettres de l'apôtre saint Paul.
Ces idées de contemplation immédiate, celte continence affectée, ces austérités et ces abstinences du gnosticismese retrouvent plus ou moins mêlées aux erreurs de Manès et de Montan. {Voy. Manichéisme et Monta-
NISME.)
GOBINËT (Charles), principal du collège du PIcssis, docteur de Sorbonne, naquit à Saint-Quentin, et mourut à Paris, en 1690, à soixante-dix-sept ans. Il instruisit la jeunesse confiée à ses soins, par ses exemples et par ses ouvrages. Les principaux sont : V in$truclion de la jeimeàse^ in-12 ; —^Instruction $ur la pénitence et iur la sainte corn* munion, in-12.
G0NNEL1EU (Jérôme de), né à Soissons, en 16^0, Jésuite en 1657, mort à Paris, en 1715, nardoorut avec succès la carrière brillante de la chaire, et celle de la direction, moins éclatante, mais aussi difûcile. La pureté de sa vie répondait à ses enseignements. Ses ouvrages, fruits de sa piété et de son zèle, sont en grand nombre. Le plus connu est son Imitation de Jésus-Christy avec ré* flexions et prières^ in-12.
GOURDAN (Simon), né à Paris, en 1646, entra dans l'abbaye .do Saint-Victor en 1661, et y mena une vie édifiante. 11 y mourut en 1729, laissant plusieurs ouvrages de sa composition. On a de lui, entre autres, des ouvrages ascétiques remplis d'onction. Sa Vie a été publiée en 1756, à Paris, in-12.
GOU VERNEMEiNT RELIG1ËUX.--0Q pourrait d'abord nous demander pourquoi nous osons traiter cette matière. Essayer nonseulemrat de tracer la ligne de conduite aux supérieurs en religion, mais encore relever ies défauts de leur administration, n'estce pas embarrasser la marche dos supérieurs, scandaliser les inférieurs, leur fournir des ihèmes de critique et des motifs de s'affranchir âè la sainte obéissance. Voilà l'objection
que se propose Schram dans sa Théologie mystique^ el il répond par ces graves paroles : Le Sauveur du monde, en publiant dans V Apocalypse les fautes des sept prélats d'Asie, et en les faisant connattre à la face de l'univers, a cru que le spectacle de leurs qualités et de leurs vices serait un exemple utile h la catholicité.
Il est bon que les supérieurs répréhensibles voient leurs défauts dépeints au naturel, afin que, se connaissant bien eux-mêmes, ils reviennent aux règles tracées par les anciens; il est bon encore que les candidats indignes de la prélature, qui ne rougissent pas de regarder par la fenêtre de l'ambition pour pénétrer dans la cour de la religion, comprennent que leur conduite trouve des censeurs. Ensuite le même auteur, prenant Godinez pour principal guide, entre en matière, et nous reproduisons fidèlement son travail.
Les communautés sont souvent gouvernés selon les inclinations capricieuses de leurs supérieurs. Le prudent Godinez commence par faire Tobservation suivante : La plupart de ceux qui sont constitués en des fonctions éminentes se laissent aller au penchant naturel do leur condition ou de leur inclinatioa:. celui qui est cruel se livre à Ml petites vengeances ; le cupide amasse de l'or; le vain poursuit les louanges; celui qui est doux, par caractère, se montre toujours affable et facile; le sot fait des choses précipitées et inconsidérées; l'ignorant, s'il voit qu'on s'adonne aux études ecclésiastiques et religieuses, s'empresse de dire qu'il faut servir Dieu en esprit et en vérité, que la religion demande l'humilité et non des lettres qui enfient les hommes d'orgueil, comme si les religieux lettrés et humbles n'étaient pas les colonnes de la religion. Si un religieux savant. parvient à la direction, il méprise les simples, et dit qu'un esprit sans lettres est une épée imprudente qui frappe à tort et à travers sans discernement ; un supérieur austère et rigide croit que la communauté est perdue si on n'jy^ voit pas abonder les austérités et les pénitences; au contraire, un supérieur doux et bienveillant assure qu'on ne doit pas conduire les enfants de Dieu par la rigueur, comme si la rigueur n'était pas quelquefois de saison. 11 y a des supérieurs qui détournent le sens des constitutions et des règles, selon les goûts de leurs pencbantSf ils trouvent toujours quelque article qui justifie leur manière de voir. Silo supérieur'estjeune.ardent et bon religieux/H sera communément trop confiant dans son sentimentet sesforces ; s'il est» par nature. solitaire et mélancolique, il voudra'que tout le inonde aime la solitude et le silence absolu; s'il a un caractère porté h la critique, il se jouera avec les paroles mordantes et les calomnies: il croira facilement les fautes d'autrui et sera précipité dans leurs punitions ; il aimera mieux punir que de corriger, et ne se mettra pas en souci de la paix. Les supérieurs soupçonneux seront continuellement cruci* fiés de pensées noires : ils savent ptoi do
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DICTUMNAIRE
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loris qu'ils ne peuvent en corriger, et eela les accablé. Mais ceux qui ont la sagesse se plaisent à paraître ignorer ce qu'ils ne peuvent changer,, et ainsi ils demeurent eh paix ayec eux-niômes et avec les autres. Enfinj chaaue prélat gouverne ordinairement selon son numeur et son inclination, bonne,
ou mauvaise. » . •
- Maintenant parcourons les différentes espèces de défauts qui se glissent .dans le
gouvernement religieux. * •
,Le pr:emier, c'est la faiblesse d'intelligence et de jugement. Ceux-ci, quoiqu'ils aient conlinuelTement les yeux sur les règles d'un bon r6gime,à péioe-peuvenl-ils saisir quelque chose de bon; ce n'est que par hasard, que quelquefois ils comprennent le bien, 1 entreprennent et Texécutent naturellement et résolument. i.
Le second défaut est la politique humaine.
Les politiques gouvernent. en religion,* comme on gouverne les choses humaines dans. la région politique, par la finesse et les calculs delà. prudence. séculière ils s*éloigent ainsi de la sincérité" et de la vérité
Îuè reauiert le régime des enfants de Dieu. Meu alors a coutume de leur lâcher la main, car. ne demandant conseil que de leur proipre prudence et non de sonesprit saint,- ■ ils Vécartent du. chemin droit et deviennent
.1* risée des bons. ^ - . ♦
■'. Le troisième est le gouvernement purement spéculatif. C'est le gouvernement des habiles; des argutieux,' qui jdiscourent à perte de vue ; ils font de belles spéculations dans le gouvernement, et partent de là pour condamner la manière dé gouverner des autres, quoique dans la pratique ils soient très-ignorants et incapables; lorsqu'ils étaient sujets ils savaient bien critiquer les supérieurs et vanter leurs propres principes ; depuis qu'ils gouvernent, les choses vont encore plus mal. Critiquer c'est chose facile, • mais gouverner avec bon sens; raison et sagesse, c'est une chose trèsdifficile. •'' -^ . . . I », • „ ' Quatrième défaut : La gravilé affectée. Ceux qui ont ce penchant font de la politique avec gravité pour s'acquérir' une plus grande considération. Lorsqu'ils deviennent supérieurs, sous prétexte de dignité, ils ajoutent à leur personne une gravi té étudiée qui lés rend oclieux à leurs subordonnés ; ils sept prompts à exiger les égards dus à leuFfiersônne, lents à rendre aux autres les
λolite$ses qu'ils leur doivent : leur esprit et eui* jugement est étroit, et ils comptent peu (l*amis. '. .'^ . .
Cinquième défaut : Une vigilance indiscrèté.\Certains supérieurs mal disposés en- Yors leurs inférieurs, minutieux, s'enquérant dé tout, voulant tout savoir, même les plus petits défauts de leurs subordonnés, ne savent pas ignorer bien des choses auxiquelles ils ne peuvent porter remède. Ils soit à charge à eux-mAmes et aux autres, leur habileté à découvrir les petits défauts les rendent tristes et afQigés : mais les supérieurs bons, qui ùQ ciaignent pas d'ignorer
certaines choses sont pacifigues et indulgents ; ils produisent plus de iruits.
Le sixième défaut est un esprit de réforme
{)rématurée. C'est une espèce d'hommes rébrmateurs de la petite espèce, Zélés h contre-temps, qui pour enlever un petit abus ne comptent pour rien de troubler toute une communauté. Ils sont aussi impudents que chagrins ; ils abandonnent facilement les affaires qu'ils ont embrouillées, et c'est en cela que consiste toutes leurs réformes.
Septième défaut : L'avarice, ce sont des hommes misérablement tenaces qui, en mesurant mesq'uinementlesvivres, remplissent la communauté de murmures ; personne né peut vivre avec eux, pour leurs mœurs abjectes .et sordides. . -
' Le huitième défaut est la prodigalité; coux là sont immodérément magniûques et prodigues. S'ils font construire, ils ont en vue des m.onuments plus lirillants qu'utiles et néces* saires, ris songent à se bien placer dans l'opinion de la postérité. II faut se garder de conûer aux hommes de ce caractère, ou les finances, ou le gouvernement, car ils perdront l'or, et ruineront le gouvernement.
Le neuvième défaut est la superbe et l'ambition. Les supérieurs qui penchent do ce côté sont pleins d'imnétuosité et de colère, ils: aiment à satisfaire leur vanité et leur ambition, au prix de l'obéissance et même'del'bumiHation.d'autrui : ils se plaisent dans les disputes et les litiges; ol^ets, tour à tour de crainte et de haine, ils nnissent quelquefois d'une manière tragique. •
Dixième défaut : La colère. Ceux qui ont ce penchant sont impériéuxdans le commandement, irascibles dans la réprimande, faisant toujours triompher leur, propre manière de voir. Ils ont plus d'aptitude à gouverner une province qu'une communauté d'enfants de Dieu.
. Le oiizième défaut est le manque de zèle. Hommes bons , si vous voulez , humains, simples, sous l'autorité desquels les consciences vivent tranquilles, ils n'ont ni la force ni là conception de faire faire des progrès dans le bien, et de réprimer le mai, et entin ils perdent tout. . - • Le douzième défaut est la pusillanimité. Certains supérieurs sont faibles de cœur, et la moindre difficulté les trouble : ils sen'ant vivement les défauts de leurs subordonnés, sans avoir le courage de les combattre. Ils peuvent avoir un assez bon gouvernement, s'ils sont aidés par des hommes plus capables.
Treizième défaut : l'obstination. Il y a certaines personnes tellement amies do leur
Î propre sentiment, qu'elles ne peuvent soufrir qu'on en émette un op()Osé devant elles; et comme elles sont trop impérieuses, elles rencontrent peu de monde qui leur obéisse promptement : elles sont réservées à éprouver bien des échecs et à avoir bien des ennemis.
Quatorzième défaut : La commodité de la chair. C'est le défaut de quelques. hommes ardents, enflés, superbes, qui usent du com-
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maDdemenl, comme de la verge de leur puissance; ils flattent leurs affections, recherchent les délices, les amitiés, les agréments de la vie et Tambition ; ils donnent à leurs amis des marques publiaues de leurs affections, et obséquiosités, ils veulent en être environnés : ceux-ci sont liés par des vices ostensibles et par beaucoup dépêchés secrets. • :
Le quinzième défaut, c'est d'être accusateur. C'est le travers de certains supérieurs qui exagèrent les .défauts des autres, qui ajoutent. foi troplégèrement aux propos accusateurs ; et pour qu'un remède leur plaise, il faut qu'il ressemble à un supplice : ces hommesrlàsont^.cruels,' vindicatifs, à l'intention sinistre; ils n'ont ni jugement, ni entrailles. •, '■ ' .....
Seizième défaut : L'importunité. Avec ce défaut on a des hommes & paradoxes, qui gouvernent selon le.^caprice de Thumeur oui prévient bien ou mal. S'il leur vient à 1 esprit de faire quelque chose à leur ma- 'nière, ils ne consulteront ni lés goûts de leurs amis, ni les inconvénients qui vont surgir, pourvu que leur volonté se fasse.
Dix-septième défaut : L'ignorance. Certains spirituels ne tiennent aucun compte de |1a science, et ils sont ignorants jusqu'à la stupidité lorsqu'ils ne pensent au'à être purement spirituels. Ces hommes-là sont propres à devenir saints, mais non propres au gouvernemeltit : il ne suffit piois d'être un bon religieux, pour devenir un bon prélat.
Dernier défaut : La propre complaisance.' C'est celui de certains hommes, présomptueux, pleins d'eux-mêmes, qui se complaisent dans, leur jugement, leur esprit et leurs talents.ll5vont.au but quand la route est facile et sans obstacle;,, mais les affaires difficiles leur sont des occasions de, chûtes : du |reste, ils sont ignorants, à petites idées et diflicùltueux ; et, avec leur tête étroite, ils se croient capables. do gQuVerher.lemptodè^'
Venons maintenant aux qualités dii I^fr gouvernement 2 ... , . ■ ,, ,, , ,.
•■ Bien gouverner est un don pratique que nous apportons en naissant, et dont le corn-
[)lément et.la perfection s'acquièrent par une ongue expérience des affaires et de !a connaissance des hômmes.Le fondement de ce talent est une nature tranquille et douce, une bonne intelligence, plus vraie que poin- ^tilleuse ; enfin il faut un jugement qui ait de la maturité. - . *
' Voici la série des qualités qui conviennent aux supérieurs. -
La première est la prudence. Il n'est pas toujours nécessaire d'avoir des qualités brillantes et un grand génie pour gouverner.; souvent la prudence supplée, les antres qualités, si on a un jugement posé et bon. Alprs, en agissant lentement, en'usant de conseils à propos, on finit par bien gouverner.
La seconde qualité est l'humilité. Le supérieur humble se défie beaucoup de luimême et se confie beaucoup en Dieu, prenant conseild'autrui dans les choses douteuses et difficiles; il préfère le conseil des
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autres au sien. Ces hommes, ayant Dieu en aide, expédient facilement les choses.
La troisième qualité est une vieillesse expérimentée. Les anciens, qui ont beaucoup vu, quiont assez de jugement pour comparer les choses entre elles, trouvent dans les choses passées une trxpérience qui leur fait presse~^ntir, et même connaître avec une espèce dé science conjecturale les ehoses* à venir. Us parlent peu, agissent beaucoup, corrigent les choses présentés,' se préservent des accidents à yenir ; ce sont oe bons' et grands admiiistrateufsV * ' ^
La quàtrlèime qualité est l'éminence de la doctrine. Certiiios supérieurs sont en même' temps doctes et spirituels, d'un esprit étendu,' aux talents distinjsuésV et pour enseigner es pour gouverner: ils sont aptes à conduire de grandes affaires ; mais ils courent un danger, celui de l'absolutisme et de la ténacité : quand on a ces qualités, il est rare qu'on ne s'attribue ce qui ne nous' est point dû. ■ ; ^ •
La cinquième qualité est la sainteté. Il y à des hommes d'une sainteté non médiocre et amis de Dieu': s'ils'sont doiiés de talents assez ordinaires, la grâce les fortifie et les' rend capables; mais si ces personnes sont d'un esprit faible, d'un petit jugement^' ils seront saïnts'dans' l'ordre surnaturel; mais en tant que manquant de viie et de jugémenti ils restent dans l'ordre naturel, incapables de gouvernement. , ,; .;
La sixième qualité est le zèle. S'il se trouve des supérieurs qui soient en même temns et prudents et enflammés du désir du bien .commun; Dieu allume dabs leur cœur.le zèle pour le progrès de la religion; en sorte qu'il surmonte courageusement les difficultés pour arriver à un si noble but. Cependant il, n'est,pas rare que les supérieurs qui ont ces qualités aient quelques tachés d'imprudence. . . . , -
La septième qualité est l'expérience. On trouve quelques Hommes, atteignant à peine l'âge de trente ans, ayant un jugement caîme et bonV songeant à laisser d'eux-mêmes un bon souvenir; mais ils agissent, tantôt avec prudence, tantôt avec imprudence; ilsse*ftK tiguent la tête aussi. bien pour les petites choses que pour les grandes': on peut 'les employer utilementpourconduire les petites communautés, et s ils profilent de l'exp^ rience des autres, ils deviennent capables de conduire les grandes communautés.
. La huitième est le bon exemple. Avec cette qualité, de donner le bon exemple, on fait beaucoup pour, l'avancement spirituel des âmes que l'on a à couduirel p'oui'vu qu'on ne soit pas d'ailleurs dépoutyiî des autres qualités. Car la pratiqué des vertus, l'assiduité à bien faire toutes choses dans les exercices de religion, soutient le courage des inférieurs, et de tels hommes font oublier bien des petits défauts qu'on pourrait du reste leur reprocher. .
La neuvième qualité. est la charité et l'affabilité. C'est la qualité qui accompagne or-? dinairement. certaines personne dç condi*
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tion noble, aux paroles agréables et faciles, nux manières gracieuses et bienveillantes, ce qui les rend .agréables à tout le monde. Les personnes parvenues au pouvoir, s*élant une fois acquis raffeclion de leurs subordonnés, obtiennent ce qu'ils veulent, par amour plutôt^que par crainte ; ce qui arrive sans dévier de la maxime qui dit que par la crainte on gouverne bien une communauté, et par l'amour les individus.
La dixième est la patience. 11 faut qu*à la patience on réunisse rintelligence, deux choses qui se rassemblent assoz rarement : ceux gui ont celle vertu eihortent, dans leurs discours publics, a?od chaleur, aune grande; obéissance, à une parCaite mortification, à Toraison affective; mais, dans la pratique, ils savent se contenter d'une verlu médiocre. Ils savent que dans une communauté la perfection ordinaire est que Ton obtienne prompte obéissance dans les divers ofûces de la maison : c'est la perfection de la communauté; mais la perfection personnelle se trouve peut-être dans deux ou trois religieux sur cent, encore faut-il tenir compte des misères qui ne quittent jamais Thumanité.
La dernière est d'inspirer la crainte et Tamour. C'est une qualité essentielle et un don de Dieu, d'inspirer de la crainte aux mauvais et de Tamour aux bons ; de la crainte à la communauté qui ne peut marcher sans une certaine coaction de ia part des supérieurs, de l'amour aux individus. Un bon supérieur doit être regardé de loin avec respect et crainte, de près avec bienveillance et amour; il doit être fort et constant dans le commandement, l'ami des bons, le public appréciateur de la verlu, et en même temps condescendre aux légères imperfections des faibles, et tolérer les maux qui sont sans remèdes.
Aphorisme pour le aouvernement religieux, — 1. Imiter Jésus-Cnrist en toutes choses, c'est se disposer à bien gouverner.
2. Celui-là ne gouverne pas comme un père qui n'a pas les entrailles d'une mère.
U. Le tyran châlie pour faire souffrir, le père pour corriger.