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doit toujours laisser celte Ame dans une sainte appréhension, tempérée par Tespérance, de peur qu'elle ne succombe à quelque faute de surprise, d^gnorance ou de malice, qui la fasse abandonner de Dieu.
Aspirons donc ardemment à supporter avec une sainte résignation Tabandon auquel Dieu nous soumet, et cela, non-seulement avec joie, dans Tespoir d'une consolation future, c'est-à-dire de la consolation qui doit suivre dans le temps ou dans Téternité, mais encore avec cette ioie dont l'esprit est capable au milieu do la tribulation. C'est ainsi que soufiirait Jésus-Christ, quand il s'écriait : Je dois être baptisé d'un baptême^ et eombien me sens-je pressé jusqu'à ce qu'il s'accomplisse î (Luc. \ii, 50.) C'est ainsi que les apôtres sortirent tout joyeux du conseil^ parce qu'ils avaient été juges aignes de souffrir l'ignominie pour le nom de Jésus -Christ {Àct. V, U). Saint Paul dit au^si : Je suis rempli de consolation , î> suis comblé de ioie parmi toutes mes souffrances (N Cor. vu, \). Écoutons Henri Suso nous transmettre les enseignements qu'il a reçus de la sagesse divine (pialog. sapient,^ c. 13) : « L'aiQiction est un don caché que rien ne peut compenser. On me demanderait une croix à genoux, pc'Klant cent ans, qu'dn ne parviendrait pas h la mériter par là L'affliction
est un breuvnge salutaire, une herbe précieuse entre (ouïes les herbes du paradis.... L'affliction entraîne et pousse l'homme vers Dieu, qu'il le veuille ou non... Quiconque demeure çai au milieu des adversités, sait tirer parti et ç/oQte du bonheur et de la misère, des amis et des ennemis.... J'aimerais mieui créer des afflictions de rien, que de
laisser mes amis sans croii à supporter
Kester patient dans le malheur vaut mieui
S lue de rappeler des morts à la vie et do aire d'autres miracles. » Kn eff'et, par l'affliction etl'abandon on arrive à la mortification et l'abnégation, au moyeu de laquelle on est en quelque sorte mort au monde. C'est là la mort mystique, par laquelle l'homme mort à lui-même ne vit plus que pour Dieu seul, de sorte que, selon saint Bernard (serm. 7 De Quadr^ : « 11 est également insensible au blAme et à la louange, car il est mort. Mort vraiment heureuse, par laquelle l'homme devieni et reste complètement étranger au monde. Non-seulement il est mort au monde, eontinue ce saint Père» il est aussi crucifié, ce qui est le genre de mort le plus ignominieuxl Puisque Jésus a été crucifié pour moi,
Ïourquoi ne le seraîs-je pas aussi pour lui? out ce que le monde aime est une croix pour moi, les plaisirs charnels, les honneurs, les richesses, les vaines louanges des hommes; tout ce que le monde regarde eomme une croix, je m'y attache tout entier, je l'embrasse avec amour. » C'est pour cela, comme nous l'avons dit, que Tliauler donnait le nom de martyrs spirituels aux Ames éprouvées par l'abandon.
Après avoir considéré la nature, les avan^la^s, la fin et les règles de l'état d'abandon uns 00 général > i) est important d en étu-
dier les difl'érenteses|>èces, telles que la purgation passive de la partie sensible et la pui* galion passive de la partie intellectuelle. Nout renvoyons à ces articles pour donner à celte question tout le développement dont elle est susceptible. {Voir Partie sensible, Partis