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qu'elle ne peut exécuter. C^est pourquoi la môme sainte ajoute : « Il ne manque pAs d*autfes œuvres extérieures de charité, de lecture spirituelle, etc., pour s^occuper. Et si rame venait à ne se trouver capable d'aucune de ces œuvres, qu'elle s'occupe alors du wrps pour l'amour de Dieu, aGn d'obtenir la grâce de s'occuper plus souvent d'ellemême ; qa'elle se soulage par quelque sainte récréation, comme une pieuse conversation, une promenade dans un jardin ou dans la campagne, d'après le conseil du confesseur. »
VIII. L'Ame affligée doit concevoir l'espérance d'une future consolation» sans toutefois calculer en elle-même le temps que doit ^urer l'abandon, et sans déterminer à Tavanco le moment de la consolation. Qu'elle Boit toujours animée du généreux sentiment de se conformer toujours au bon plaisir de Dieu, dût -elle rester toute sa vie dans l'abandon. C'est ce que nous enseigne VEccUsiaS" tique ( XI, 27 et 2d) : JYe perdez pa$ le souvenir du mal au jour heureux^ ni le souvenir du bien au jour malheureux. Car il est aisé à Dieu de rendre à chacun^ au jour de la morlf ^don ses voies. Il faut donc pen s'inquiéter de la consolation qui doit suivre l'abandon en cette vie, mais s'inquiéter plutôt de la consolation aprôs la mort, goand même la vie tout entière serait en proie à la désolation. Jésus-Christ lui-même, après avoir déclaré
fue son abandon durerait îusqu'è sa mort Maih. XXVII, k6 ), dit bientôt qu'il ne cherche de consolation que dans cette mort:
Mon Père^ je remets mon esprit entre vos mains {Lue^ xxni, h%).
t. Thauler(in Serm. de SS. Mart.) appelle martyrs spirituels ces âmes qui parfois sont éprouvées ;par l'abandon, après s'être élevées à la penection, par la voie moins ordinaire et moins ferme des consolalions. Le plus souvent les consolations h*Arrivent que quand les épreuves ont fait faire des progrès solides dans la perfeclioD. Alors ces Ames doivent éviter, dans leur affliction, d^offenser Dieu par leurs
iriaintes, et de perdre par leur abattement es progrès qu elles ont déjà faits, en ne «moolrant aucune résignation, et en trouvant trop pénible de supporter ces adversités jusqu à la mort. Leur peu de courage ne fera que prolonger et aggraver ces souffrances, que la bonne volonté et l'amour leur auraient fait trouver légères. Plus leur rési^atioD serait sincère, plus elles en recueilleraient de firuit et de gloire. Après cette nuit obscure de l'Abandon, éclate la brillante clarté de la lumière parfaite, qui fera luire l'éternelle vérité sur Thommc, dont la conduite aura toujours élé droite et sans reproche.
IX. Quoique le confesseur, d'après des signes sagement remarqués, puisse espérer qu'une telle Ame sera consolée par l'élévation à la contemniation et les faveurs qui en découlent, il nest toutefois utile qu'à lui seul de constater tacitement ces effets, et de se conformer, selon cette observation, aux desseins de Dieu ; il n'y a donc ni avantage^
ni nécessité d'en prévenir cette Ame à l'a^ vance, ni même de l'encourager par l'espoir certain d'arriver à la contemplation. Car autrement, cette Ame serait exposée au péril do désirer avec excès cette faveur et de servir Dieu dans cette seule intention ; il pourrait même arriver qu'après avoir vaillamment supporté toutes ces épreuves, Dieu refu-^ sAt, dans la profondeur de ses dcssoins, de lui accorder la grAce de la contomplalioB^ En effet, comme le remarque justement Louis de Blois {De cons.pusili.9 c. 28) : « Le Seigneur Jésus, Roi desroi3,'n'a pas permis à tous les hommes de venir, pendant la du*^ rée d^ leur exil, s'asseoir avec lui à sa table, c'est-à-dire jouir pleinement des délices et de la quiétude de la sainte contemplation* H en a choisi plusieurs pour se tenir.devant sa table, comme ses serviteurs, et le servir. Il ne veut pas, dans son vaste palais, dans son Eglise, n'avoir que des jeunes filles délicates et parées, mais il établit des princes» des chefs, des soldats et des serviteurs t chacun a son rôle à remplir, et se tient tou-« jours prêt à s'en acquitter. Dieu n'aime pas uniquement les délices intérieures de la haute contemplation; il^ voit aussi avec plaisir les exercices extérieurs des occupations utiles, qui soni exdusivement pratiqués pour sa gloire et son amour. Au reste, après cet exil, tous ceux qui sont à Jésus-Christ viendront s'asseoir à sa table éternelle et bienheureuse. Qu'ils ne perdent donc pas courage, ceux qui, tout en pratiquant avec soin la mortification, Tabnégation et la rési-
f;nation, n'obtiennent pas toutefois ici-bas a çrAce de la parfaite contemplation; mais qu'ils persévèrent fidèlement oans le service du Seigneur, et qu'ils aiment cette grAce dans les autres, à qui Dieu a daigné l'accorder en cette vie, par une bonté toute gratuite. » Saint Jean de la Croix indique trois mar» ques pour reconnaître si l'abandon doit être suivi de la contemplation. 1** Quand la partie sensitive ne prend aucun goût pour les chosesdivincs ou humaines; ^ quand l'Ame, au milieu de l'aridité, et avec une Tivt crainte do rien faire qui déplaise à Dieu, conserve toujours la résolution bien ferme de lui plaire; 3*" quand, malgré ses efforts, elle ne peut méditer comme auparavant.
Mais ces marques ne sont toujours que des conjectures; car, ainsi que l'observe ea concluant le même saint ascète (L i Noct. é6<c.. Ci 9) : « Tous ce^^ qui s'exercent avec soin dans la voie déTèiprit, ne sont pas tous élevés de Dieu & la contemplation
farfaite. » Pourquoi?Dieu seul le soit. Quant cette opinion ae certains auteurs qni croient que l'abandon est une disposition prélimi^ naire à la contemplation, quand TAme affligée n'a la conscience d'aucune faute délibérée, même légère, c*est un moyen qui • habilement employé, peut consoler cette Ame, afin de prévenir de cruelles anxiétés, en lui insinuant que Dieu ne punit en elle que des fautes purement présentées par son imagination obscurcie par les épaisses ténèbres qui i'environnent. Au reste, le directeur
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