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général toati^ les maladies les plus communes, et méïUû^ contre tes plus funestesindisposition3f j|utft l^bstinence et In tempérance la plus siric^ a^U la m^re de la satité et le plus sàr xa^oyen de prolonger ses jours^ c^estoe que démontre rexpérience de tous les Âges ttt de toutes les nations; expérience à laquelle ^ejoioX le témoignage et Topioion de tous les médecins. 11 faut ot>serverioute fois que le cîiangement dans la manière deviyre ne doit pas être subit» mais graduellement laéc^é. Ceux .qui ont vécu dans Tabon- .dance» et qui devenus sobres» sont exposés à .s*écarler quelquefois de leur régime» en vivant dans le monde^ agiront prudemment de se borner aux végétaux, ou de se prescrire une sorte de régime habituel. C'est lu remarque du docteur Arbuthnot contre les préceptes rigoureux du docteur Cheyne.
Condilionê qui doivent aecempagner le jeûne. — 1* L^aumAne. Le jeûne pour opérer toutsonfruit, ne doit jamais être seul^ nous devons .autant que possible» y joindre Tauroône, la prière, et autres bonnes œuvres don^ nous sommes capables. Rien n*a plus de v^tu pour toucher le cœur de Dieu et nous obtenir ses grAces en abondance, que d^ouvrir nos mains aux indigents, pour re« connaître, honorer et imiter sa bonté infinie, et de répandre dans leur sein une partie des biens temporels que nous avons regus de sa libéralité ; c*e$t là comme la clef de ses trésors. Vouioos^nous solliciter ses miséricordes, commençons par exercer la miséricorde envers nos frères, et montrons un tendre empressement à les soulager dans leurs besoins. Dieu veut bien régler sa propre conduite sur la nôtre, et il est généreux k notre égard è proportion de notre générosité eu vers le prochain; et en vérité^ noua conviendrait-il d*implorer la clémeace du l>i6U loul-|)uissant et tout b<Hi» si nous D*«?ions que de Tinseusibililé et de la dureté po«r les autres? L'ange qui ap^mrut è Coroeille, lorsqu'il jeûnait, lui annonça que Dieu avait vu SCS aumônes, et entendu ses prières avt*c com(>laisance. Ce fut à la faveur de icelles-ci et h la générosité de celles-lè, jointes au mérite de ses jeûnes, qu'il dût le miracle par où il fut conduite la connaissance de ilésusjCbrist et à la lumière de la foi; choisi de Dieu comme pour être les urémices do la
( {(Utilité incor(k>rée à son Eglise, et ouvrir es portée du salut è toutes les nations étrangères qui n'étaient pas de la race d'A.* i^raham. ToLie, dans )es instructions qu'ij laissai à son fils, .s'étend particulièrement sur la nécessité de faire l'eumône, et s^r les grands fruits qu'on en retire. L'ange qui conduisit le jeune Israélite dans le pa/s des Mèdes, lui recommanda, après son retour, de ne jiUAaii^ séparer faumône du jeûne et de la prière. .^ouf7«fie2-t?ou«, lui dit-il, que la prière ae^pmpa^e du jeûne et de l'aumône vaut mie¥0i qu^ tQUê le$ Uréson^ car V aumône délinre de 'a morl, ç'eet elle qui efface les péchés êi qui f^U trouver {a miiérieprde et la vie é^erntlU. C'est encorci la.seale espèce de jetev è laquelle Isaie promet le suffrage de
Dieu et ses récompenees ; aussi l'Eglise nous exhorte-t-elle à la pratiquer fidèlement, par les paroles de ce prophète : Rompez voire pain à ceux qui ontfaim^ ouvrez votre muison â ceux oui sont pauvres et ne savent où se re< .tirer; lorsque vous verrez un howmie nti, touvrez'fe^ et ne méprisez pas votre propre chair. Hermas, qui écrivait peu de temps après les a(^res, dit que : c Toul«^ qu'on épargne en jeûnant doit être la paît des pauvres. »II ajoute: « Si vous observez le jeéne comme je vous le prescris, voire sacrifice sera agréable au Seigneur, et votre jeûne sera écrit au livre de vie. » Cette maxime de donner aux pauvres ce qu'on retranche de sa nourriture, ou l'argent qu'on épargne aux
Jours de jeûne, es»t souvent inculquée dans es écrits des saints Pères et dans les actes des conciles, jusqu'au xu* siè<4e el plus loin, c'est*^è-dire jusqu'à ce que la délicatesse et la sensualité ayantfait de nos tables, autrefois dressées pour le besoin, des tables de luxe et de plaisir, ont converti des jours de frugalité et d'économie en des jours de prodigalité, tant on fait en s'abstenant de la chair, de folles dépensés pour se satisfaire encore plus, souvent, que si on ne faisait pas d'abstinence. Les Pères de l'Eglise vohl même jusqu'à dire que le jeûne nous est presque inutile sans l'aumône , dès que nous pouvons la faire. «Jeûnez-vous sans donner l'aumône, dit saint Chrysostome, dès lors ce n'est plus un jeûne. » — « Le jeûne sans Taumône, dit saint Césaire d'Arles, est un jeûne sans fruit et sans mérite, à moins que vous n'ayez rien à donner, car alors la bonne volonté suffit de* vant Dieu. » Le savant et pieux Théodul-
f)he, évêque d'Orléans, tient le niêmelangage, orsqu'il dit. « Quels avantages peut-on tirer du jeûne s'il n'est pas soutenu et comme porté au trône de Dieu par les ailes de la prière et de l'aumône? » Et dans uu autre ondroil, voici comme il décrit la manière d'observer le ieûne du carême. Après avoir dit que ce n est point remplir la loi du jeûne dç manger à l'heure de none, ou de prendre quelque nourriture avact le soir, il ajoute : « Que tous assistent le matin à la messe, et à vêpres au coucher du soleil , qu'ils fassent ensuite leur aumône, et qu'ils 'prennent leur réfection : quelqu'un ne peut-41 aller à vêpres, qu'il fasse la prière du soir, 9|l prenne son repas. Ceux» dit saint Léon .(m c'est la doctrine des autres Pères), ceux qui ne peuvent observer le jeûne dans toute son étendue, sont obligés de réparer ce défaut en doublant la mesure de leurs aumônes. »
2* La prière. La seconde vertu qui doit accompagner le jeûne, et la plus essentielle de toutes, c'est la prière, mais une prière humble et fervente ; c est, de toutes les armes d'un saint pénitent, la plus puissante et la plus efficace ; c'est-à-dire qu'on doit d'abord, s'il est possible, se rendre assidûment aux oflices publics de l'Eglise, qui sont propres à faire naître et à nourrir en nous les dispositions nécessaires pour sanctifier nosjeûnes;.
9SS Ktl D'A»
aua l'esprit dé componction dotl être l'âme e tous Aos exercices de piété; que nous devons employer plus de temps oui saintes leclurcs, h l'ciamen de noire conduite intérieure el extérieure, i la considération des devoirs de noire étal, h la méditation, surtout il celle des souffrances de Nolre-Seiçneup, donnent une ellenlîuo toute particulière à nos besoins spirituels les plus pressants, à notre passion dominante et a nos inclination* les plus dangereuses, enfin aux vertus que Dieu ou notre vocation eiigeut le plus de nous. Le jeûne et la prière se soutiennent et s'eotr'aidenl mutuellement; la prière entretient l'esprit de pénitence, et enc-ourage
h porter avecjoie lejoug du jeûne; c'est
spirituelle, qui donne de la n* gueur et de Ja force pour se priver de la
doit soupirer tout ChrétfO^^m let temps
de prière et de péiiHinne.Cet saints sOlitairta et ermites qui, séparés dM moBde, vivaient moins comirie des hommes (jue comme des flDÇes, (.'enfonçaient bien avant dans h re traite; iis s'onsevelissaienl pour sinii dire dans les irous des rochers ou dans les fo/'èls les plus épaisses, pour se rendre inaccessibles h. toutes sortes de visites et dedisiractions du dehors. Témoins saint Siméoo Stjriite, saint Euthjmius, saint Cuthberl et autres, doni le vénérable Bède nous dépeint la conduite; el combien d'exemples sen^ tilables, soit dans l'Orient, soit dans j'OccîdeiUT Témoins encore les réglée de tons Icï ordres religieux, quoique Iobs ne porlent pas l'esprit' de retraite au même degré de ' perfection, el ce qui se pmtiiiue eneore aujourd'hui dans les congrégations réformée» de Cluo;, du Mont-Cassin, de fininl-Vanaes, de Saint-Maure, etc.
k' La eonfaiion H la comituiuM. Sous I» nom d'aumAnes sont comprises toutes le»
œuvres de miséricorde et toutes le» autres vert'js qui ont le prochain pour olgeti scton la doctrine universelle des saints Pères, comme sous le nom de prières, totu le» exercices de pi^ié et de religion, surtout la confession tt Ja communion fréquente», faites avec de saintes dispositions.
' Ditponliotu Mlérieure$ pour h jeHne. — Nos jeûnes sont saints et méritoires devant Dieu , h proportion des dis|io6ilioiu du cœur dans lesquelles nous les pratiquons. Car ils peuvent être (iei vices ou des vertus, selon ['inlculîrjii qui les accompagne ou le nioliri)ui les ins|)ire. Lttjeûne des religieux mahoniétJins est supt'i^tiiion ; celui des lirachm-nnes indiens est jdnlâtrie; celui d<-s pharisiens était vanité fl hytMcrisie; celui des avares, oui regretlcit le pain qu'ils mangent, est bassesse; celui du gourmand, qui, esclave de son corps, ne ]eâne que pour jouir plus am|ilenienl du plaisir de la lable dans un festin, est gloutonnerie dégradante. C'est en jeûnant par esprit d'obéissance, de religion el de pénitence, qa'oa ennoblit son jeûne, et qu'on s'enrichit des grands biens qu'apportent arec elles ces trois vertus. Nous devons en premier lieu,
i'eûner en esprit d'obéissance A Dieu et I son Eglise. En second lieu, pour former
,-„ . I ,. i" . „ j" iiij «i • nos (tmesà la prière et h la contemplation,
aurioul ledimanci.e, «ssez d., l»Wr POur fti^e de nos corps de pures victimes d'a- ?.."?i^.?5A':.^l"„^T7i;f^!P.''':^"l'l^^^?^ 'no«^ d'adoralion ^t Je louanges qui ne
nourriture corporelle. D'un autre cûté, le jeûne rend l'âme propre à la prière, en la dégsgcatil de toute attache aux choses de la terre, de toute complaisance pour les sens, el de la servitude au corps; il l'accoutume H prendre son essor vers le ciel ; donne à l'espril une activité et une liberté merveilleuses, à l'entendenienldes yeux clairvoyants et capables de pénétrer les vérités les plus imf>énétrabltis aux yeux charnels; lui so(imet enfin la chair, tout impérieuse qu'elle est, et la rend matlresse de toutes ses révoltes; car plus la chair est affaiblie, plus l'âme acquiert de force el de courage ; l'âme, «Dlin, se voit-elle alDigée par les ciifttiments dont la justice divine use souvent pour punir notre chair, elle se répand alors avec plus de ferveur en sentiments de regrets et de repentir, en humbles gémisseinenis, en prières enflammées par la charité la plus tendre ; c'est alors que, s'élançant vers Dieu, «Ile le conjure de jeter un regard favorable sur ses misères; elle le fait dans ce laogage héroïijue d'un cceur vraiment pénétré de l'esprit de sacriGce, el prêt à tout souflï-ir pour ta gloire.
3" Le recueilltnunl tt la tolilude. Notrft* Seigneur s'est ca'ché lui-même dans le désert, pour nous montrer quelle doit être la vie de i:eui qui veulent se rangeravec ses disciples, .c'est-à-dire pour leur apprendre à s'éloigner du monde et à se cacher, en quelque sorte, dans la solitude, pour y vaquer à la pénitence et & la prière. Il n'est personne qui ne puisse se ménager de temps "'
Ih cours (uèoie de poa travail, prendrv^uelques moments ^e silence' et de repos, ne serait-ce que pour élever son cœur à Dieu et former quelques saintes aspirations: la solitude est l'asile de l'innocence; c'est h |00 ombre queJa vertu a cherché, dans tous les temjts, à se mettre â couvert de la contagion du siècle; c'est là où ou recouvre la grâce, si on a eu le malheur de la perdre, cl où elle prend tous les jours de nouvelles forces; c'est le paradis lerrestre où l'âme converse Jihrameot avec Dieu et respire l'air pur du ciel ; c'est le s^our après lequel
vivent plus que pour sa gloire. Nous devons jeûner enûn pour soumettre la chair k l'esprit, la réduire en servitude, et punir dans la chair les péchés que nous avons commis par la chair. C'est surtout l'esprit de pénitence qui doit caractériser nos jeûnes; c'est de là gue dépend tout le prix de nos confessions, de nos prières, de nos ssôifices, de nos eumûues, de nos privations, en un mot, ds toutes nos œuvres.
Premier degré d* pénitence : rcwDOBr m péefaâ. — La.jvwnier degré de g«1 a^^
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de (lénilencef. 0I 11 première condition oécessaire pourMQCtiller nos jeûnes, c'est da renoncer entjj^qient au péciié, et de faire
niourjr l'acnS^'aéréglé de nous-mêmes, source empoisbtitiée de tcules nos passions el de ious les désordres de noire esprit. Les ptiariïiens jeùnaienl, el ifs jeOnait-nt trëssévèremcDt; ma jsteursjeânes étaient infectés du vice de l'hypocrisie; et l'orgueil et la corruj)tion du cœur qui les accompagnaient en faisaient moins des œurres de salut, que des œuvres de réprobation et d^ mort, comme on le voit (lar les menaces, terribles qne leur adressa Jésus~Glirist. Des Juifs avaient jeûné el aUligé leurs corps dans les teiufis de calamité ; lorsqu'ils se plaignaient
rieur, ea éditant non-seulement le pécbé, mais toute occasion de péché. Il s'agit de contenir cette Toine curiosité qui nous ex>pose sans cesse à tomber dans les pièges que le démon nous tend de toutes parts, en la renfermant dans les objets qui font partie de nos devoirs, ou qui sont de nature k nous perfectionner dans la connaissaoctiet l'amour de Dieu, ou du moins eu ne s'appliquHnl qu'à des choses sérieuseSi ulilei et capables de nous conduire i Iui> Il s'agit (Mï tenir noire ima^inalion el nos pensées dim' une salutaire indépendance de la raisotl^ d'en arrêter I'inlem[)érance jiar un recuwjT temenl et une sobriété habilunlte de l'^' prit, sans jamais la laisser courir et s'énin
que Dieu rejetait leurs prières ,- la réponse , Itî sur les objets qui flattent la vanité, Pam- "' ' "' " '"- -' ■'-','^'^'''*"'» '3 cupidité ouïes autres passions,
Dt sur ceus qui enlretienncnt l'indolencei la paresse et la dissipation, Il s'agit surtout de courber et de réduire la volonté sous le joug de l'obéissance, pour détruire et crûcilier celle attacbe à nos propres inclinations, qui est le principe de notre orgueil, et comme la racine empoisonnée de tous nos vices.
Ne crojons pas que tout cela suffise encore pour remplir notre devoir dans tout» son étendue; car, outre les facultés de notre Ame, nous avons encore nos sens k régler et à maintenir dans l'ordre; nos' yeui, en ne leur permettant pas de s'égarer luconsidérémenl çà et Ib, ni de jeter des re^^ards indiscruts et dangereux, mais en les gouvernant de telle sorte qu'ils demeurent toujours sous l'emnire de la volonté, dirigée elle-même par la raison; le sens du toucher, en nous gardant bien de tout ce qui ressent la molfesse et la volupté. Il en doit être de même des autres. Si nous les accoutumonsè porter le joug d'une subordination juste et raisonnable, nous parviendrons h nous en rendre les maîtres, et peu 6 peu nous acquerrons sur nos passions un empire qui ne fera que croître ii mesure que nous avancerons vei'S le terme de notre carrière. C'est particulièrement sur notre passion dominante que ' noire vie doit se porter, cl sur colles de nos inclinations qui nous ont fait tomber le plus souvent dans le précipice; soit, par eiemple, que ce soit la colère, la vamté, l'indolence, l'intempérance, ou quelqu'autre vice anssi funeste. C'est une maxime que les Pèr<4de l'Ej^lise ne se lassent pas de répéter dans leséf instructions. ■ Jeûner, dit saint Jértmei c'est principalement s'abstenir du péché, car tidle est la Qn de l'institution du jeûne, et tel doit être le fruit de toutes les moriilîcations corporelles. Nous retranchons sur le boire et sur le manger, pour comprimer la concupiscence de la chair, et rendre.' le cHieval plus soumis à son cavalier. Qo» celui qui jeûne apprenne donc, avant toutes choses, à modérer sa colère, à ôlre doux el affable, b briser son cœur de douleur et de regret de ses péchés, â repousser tout désir dériiglé, à se montrer charit«ble à ses frères el à les édifier par de bons exemples; qu'il sôil. humble, soumis, pleia de mépris pour
que Dieu leur lit était uu reproche sévère, mais juste, i Je ne vous ai pas exaucés, leur dit-il dans Isaïe, parce que voire propre volonté se trouve aux jours do vos jeûnesi comme en tout autre temps. Vous jeûne2, et aveuglés par l'orgueil et poussés par votre avarice, vous violez la charité en Kiisuitarrt contre vos frères des procès pleins rl'injustice. Au lieu de les traiter avec bonté, vous les frappei: avec une violence impitoyable; vous opprimi'z ceux que vous devriez soulager; vous formez I s soupçons les plus téméraires; vous calomiiiez, vous déchirez en secret les innocents; vous nourrissez en vous-mêmes la haine, la colère, l'esprit de vengeance; vous vous laissez aller h toute l'impétuosité de vos désirs corrompus; esclaves de l'intempérance, de l'impureté, de l'animosité, de l'ambition, vous êtes dominés par Ions les vices, list-ce là le jeûne que je demande? • — v Vous jeûnez, dit saint Jt-ràme, quel peut donc être le mérite de volro jeûne? C'est plutôt, dit-il ailleurs, un nmrlyre de vnnité qu'une œuvre de pénitcno: que les philos0]>hc$ insensés du paganisme se glorilient d'un tel martyre. Dieu l'a dit : Mon esprit ne relise que sur celui qui est doux et humble de cœur. » — « Eh! que sert à l'Ame, s'écrie saint Léon, de guuvemur )e corps, de ré-
Sner sur les sens, tant qu'elle est esclave ans le cœurT Tandis qu'elle retranche la nourriture au corps, ne faut-il pas qu'elle retranche les vices qui l'entraînent, qu'elle méprise ses mouvements déréglés, qu'elle modère ses Directions, qu'elle règne sur elle-même. ■ C'est 15, dans le langage des Pères, le Jeûne spirituel, le premier jeûne, le jeûne essentiel, le jeûne perpétuel et indispensable de toute la vie, de tous les temps et de tous les âges; jeûne qui exige de nous un redoublement d'application et de vigilance sur nous-mêmes dans les jours de péniieiic3. ■ Et en vain, dit Sainl'Auguslin, i:hercheriuns-ilous 6 alléguer ici des escusei en notre faveur, puisqu'il ne s'ngil, pour satisfaire à celte obligation, que de le vouloir. ■ C'est donc à dire que tous nos membres, nos yeux, iios pieds, nos mains, que tous nos sens, toutes nos facultés, tout ée qui fait partie de nous-mêmes, doit prendre part i c« jeûné spiriluel et inté-
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.-a gloire do ce siècle. Le jeûne, dit-il en- sarenl porter la sonde Jnsqn'an fono de rcre, remet l'Ame dans lo catmo, en bannis leurs plaisirs I D'où il arnre qu'an lieu d'; iprit toute inquiétude sur la apporter les vrais remèdes, ils se contentent
sfint de
nournture du corps, source de mille soins l't de mille pensées tumultueuses. Quelle tranquillité dans cette grande ville depuis
Îue tous ses mourements eu sont bannis I D compare le calme et le silence qui 7 règne à celui des tombeaux, et je la compare ellemâme kooemôre de famille chaste et sobre, qui voit tons ses enfants aussi cliastes et aussi sobres qu'elle. Quand je considère, en JQlsnt çà et 1& mes regards, combien tous aujourd'hui sont différents de ce qu'ils étaient hier, j'admire la force et la verta surnalurelia un jeûne. Celle loi sainte, en se rendant maîtresse de nos Ames, a purifié les cœurs et transformé les esprits et les pensées des magistrats et des citoyens, du riche et du pauvre^ du grec et du barbare. Il n'y a pas jusfju'ii celui qui porte le diadème, qui ne baisse la iQtc comme tous les autres sousiejougde l'obéissance; et aujourd'hui, plus de différence entre la table tfu riche et c'jIIo du pauvre. C'est la plus grande frugalité dans les repas, et le luie cl le faste sont bunnisde partout. On vient avec plus de plaisir s'asseoir aune table servie avec simplicité, qu'on ne faisait hier à une table garnie des mets les plus délicats et des vins les plus recherchés. »
Second degré de pénitence : L'examea et la rOforœe de son intérieur. — Le second degré de l'esprit de pénitence, et ta seconde condition qui doit sanctifier nos jeûnes, eut l'élude et la considération de notre intérieur, qui comprend deux choses: la revue de notre conscience, là recherche de nos devoirs. La revue de notre conscience est un ciamen sérieux et approfondi, dans lequel nous nous rendons compte & nous-mêmes de toutes nos actions et de toutes nos inclinations déréglées, pour découvrir en nous jusqu'aux péchés les plus cachés. Jamais on ne doit le commencer sans avoir imploré les lumières de la grflce, el formé un désir urdeutde découvrir, sans nousricu dissimuler à nous-mêmes, toutes les plaies que le péché nous afaîteSf a&a que, parla sincérité de notre renentir, nous puissions trouver grâce auprès au Père des miséricordes. Nous devons examiner quelles ont été les occjisions nrincipales qui nous ont fait échouer, pour lus évjler à I avenir, remonter à la source de. nos passions doiuioantcs; car c'est k elles qu'il faut imputer tous nos désordres. Sans cette précaution, nous courons le plus grand risque de laisser nos cœurs esclaves de plusieurs vices cachés, et de n'avoir qu'un rfipatitir fort équivoq^ue de nos égaremenis. N(]|n,be> saurions croire combien la plupart des hommes s'aveuglent à l'égard de leurs p^s^vs favorites, et jusqu'où ils se Toal iliÛsig^' fut l'état de luur âme. Souvent Taïuour propre les joue et les séduit jusqu'ii diéroliat: entièrement à leurs regards leurs eHBçmia les plus dangereux; de Ifi, une indiijggnce. mortelle où il faudrait user de la ^ius grande rigueur. Combien peu au moins pICTIUHH. d'Asc^isue. 1.
de les couvrir d'un palliatif qui les tranquillise, et que ce sont toujours les mêmes inclinations, toi^ours les mêmes vices, même colère, même jalousie, môme vanité, mémo orgueil, même facilité à médire, etc. Vices qui, loin de s'affaiblir, ne font que croître tous les jours, et qui ne meurent qu'avec celui qui les a contractés. Saint Bernard avait nien raison de faire celte plainte : « Sous les dehors de la pénitence, on est souvent esclave de l'amour-propre, el par l'empire qu'on laisseprendre dans son cœurau désir des Mens ou des honneurs du monde, en devient idolâtre , soit de la cupidité, sott de l'ambition et de la vaine gloire. Voulonsnous échapper à un si grand danger, portons la cognée a la racine de l'orbre, et ne nous bornons pas h en couper les branches.»
Quant à la recherche et à la considération de nos devoirs respectif^, el de la manière qu'il nous les faut remplir, la meilleure métoode pour nous v appliquer plus facilement et avec plus de iruit, c'est de réduire tous nos devoirs à certains chefs, comme : !• la prière publique et lus saints olEccs de l'Eglise ; 3* lu prière particulière, soit de chaq^uo semaine, soit de chaque jour, et k la maoïèro dont on la fait; 3* la méditation ou Icclure spirituelle, le sermon, le catéchisme, ta sanclilication des dimanches et f%tes; 4* l'examen du soir, général et particulier, le sacrement de pénitence el le jeûne; 5" la messe et la sainte communion; 6* l'es* prit dans lequel nous faisons nos actions ordinuires^ le lever, les repas, la conversation, les visites, ta conduite dons les affaires que nous avons à traiter dans les maladies, dans le travail, etc.; 7* les devoirs propres de notre vocalion et de notre état, surtout dans les principaux points qu'il faut examiner en détail et successivement; 8° les obli- ^fitioiis à l'égard de no(re i'amille, des père et mère, de* en&nts, de l'i^pouse, des domestiques st des maîtres , des compagnons, etc.; nos devoirs généraux de justice , de charité, de bienséance, de gratitude, d'assistance, soitcorporelle,8oitspiritneIle ;ii l'égard du prochain, les personnes que nous devons fréquenter ou éviter, le soin avec lequel nous devons cependant rendre à chacun le iribut d'honneur que nous impose la religion, enfin tout ce que nous avons à remplir, et comment nous devons le remplir. Voilà la matière de l'examen dont nous parlons; cX le moyen d'en retirer du fruit, c'est de former de telles résolutioos et de mettre dans le corps de nos actions un tel ordre, que toute notre vie soit l'Evangile ea pratique el une image de la perfectioachrélieune dont Jésus-Christ nous a laissé Je modèle dans sa personne et dans sa doctrine. Cet ordre pris une fois e^ ces résolutions bien élabliea dans notre volonté, il faut teiminer cet exercice pur les recom* mander à Dieu, et lui duuander humble^ meut, mais avec confiance el perse véronce.
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la grâce de les mettre fidèlement en prati*'
aue. Enfin» il manquerait quelque chose 'essentiel k cet exercice, si de temps en temps nous ne le renouvelions nour nous entretenir dans les dispositions ou il nous a mis, examinant, par exemple, une fois par semaine, si notre conduite répond au plan que nous avons formé, ou si nous ne nous relâchons point de notre première ferveur. Troisième degré de pénitence : 1 esprit de componction. — Une autre partie de la pénitence, ou plutôt l'âme de la vraie pénitence, c'est la componction du cœur, et la douleur d'avoir offensé Dieu, avec la ferme résolution de ne pliis l'offenser à Tavenir. Sans cette disposition, toutes les œuvres que nous faisons sont un corps sans âme, une orobre^ un fantôme, une pure illusion. Les Juifs et les païens ont toujours pratiqué le jeûne en signe de douleur et de tristesse, soit dans les calamités temporelles, soit dans les peines spirituelles, comme lorsque David s'affligea pour la maladie de son enfant. Il faut en dire autant des autres marques d'affliction qui étaient ordinaires parmi eux, comme déchirer ses vêtements, tomber en terre, se couvrir la tête de cendre. Les Grecs et les Romains témoignaient leur douleur de la môme manière, soit lorsqu'ils avaient perdu un ami, par exemple; soit lorsqu'il leur était survenu quelque grand malheur ; mais les Chrétiens, comme l'observe M. Fleury, n'usaient de ces signes que dans les choses spirituelles , comme pour manifester au dehors cette tristesse qui opère le salut, c'est-à-dire la douleur qu'ils ressentaient pour leurs péchés. Lejeûne^ parmi les Juifs, était tellement le langage de la dovieur et de l'affliction^ que ces termes étaient comme syuonvmes, et s'employaient indifféremment pour faire entendre la même chose. De là le i;rand jeûne de l'expiation est appelé dans l'Ecriture \q jour où toui affligent leurs âmes. De là, dans l'Ancien comme dans le Nouveau Testament, le jeûne est toqiours accompagné des marques de la douleur, c'est-àdire de soupirs , de gémissements et de larmes. Le jeûne, sans un cœur contrit et humilié, est donc une hypocrisie, et celui qui rappelle à sa mémoire les péchés qu'il a commis, sans être touché intérieurement de repentir et de regret, n'a ni le sentiment de ses plaies, ni aucune disposition réelle à la pénitence. Comme le péché est la plus grande des calamités auxquelles Tbomme se trouve ei^sé sur la terre , celui qui s'en est rendu cou{)able doit en concevoir le regret le plus cuisant, et ne peut l'exprimer autrement que par les signes de douleur les plus sensibles. Une vile créature qui a^bien osé se révolter contre Dieu , peut-elle lever les yeux vers lui sans les baigner de ses larmes? et peut-elle demeurer en sa présence, sans y prendre la posture la plus humble, sans reconnaître, la face couverte de confusion, qu'elle mérite d'être précipitée dans les abtmes éternels, où ce n'est que pleurs etgrincements de dents? Voilà ce que piçu lui-même demande^ par la bouche du
prophète Joël, des pécheurs qui veulent entrer en grâce avec lui. Convertissez-^^ous à moi de tout votre cœur, dans les jeûnes, dans les larmes et dans les gémissements. C'est le même langage dans la' bouche de l'apôtre saint Jacques: Affligez-vous vous-mêmes jfor une véritable pénitence; soyez dans le deuilH dans les larmes; que vos ris se changent en pleurs, et votre joie en tristesse; humiliezvous en la présence du Seigneur^ et il vous élèvera. Mais ce que Dieu regarde surtout dans le pécheur pénitent, c'est lechançement du cœur et la sincérité de son repentir, bien plus que ses protestations et ses signes extérieurs, quoiqu'ils en soient une suite naturelle et qu'ils contribuent à perfectionner les dispositions du dedans. C'est pourquoi Dieu nous dit encore par Joël : Déchirez vos cœurs et non vos vêtements, et convertissez-vous au Seigneur votreDieu. Et par Ezéchiel : Faites-vous un cœur nouveau et un esprit nouveau. C'est à cette sincère conversion du cœur que Dieu invite les pécheurs en tout temps. L'Eglise, dans les gémissements qu'elle forme pour eux, leur adresse, tout à la fois, en son nom, ses tendres invitations, ses magnifiques promesses et ses menaces les plus terribles. Chaque jour elle élève la voix de plus en plus pour les réveiller de leur léthargie. Dans un même esprit et un même cœur, tous ces pieux enfants réunissent tous leurs jeûnes, toutes leurs bonnes œuvres , toutes leurs prières, toutes leurs larmes, les offrant à Dieu pour toucher les entrailles de sa miséricorde, et aux pécheurs mêmes pour émouvoir leurs cœurs endurcis, et les excitera pleurera prier, à jeûner eux-mêmes, de peur qu'ils ne forcent enfin le Père des miséricoraes à leur fermer son sein. De toutes parts, le son de la trompette mystérieuse se lait entendre ^ans Sion, pour leur annoncer leur grflceet leur salut. Le tonnerre des vengeances divines gronde sur leurs têtes coupables, tout prêt, s'ils persistent dans leur rébellion contre Dieu, à éclater sur. eux et à les réduire en cendres. Les voiîà sur les bords de l'éternité, et la mort , avec toute la terreur des tourments de l'enfer , est à leur porte. C'est peut-être pour la dernière fois que Diev leur parle. « Encore quarante jours, et M nive sera détruite. )» Cette menace , sortie de iajK)uche d'un prophète, convertit ton* à iâm|,une grande vule enfilée de sa puis sàûcO]^ Ab sa force et de ses richesses, se roolaot dans la boue des plus sales voluptés et delà licence la plus effrénée. Nous nous flattons d'avoir fait pénitence; mais cette pénitence a-t-elle produit des fruits dignes d'être offerts à Dieu? Sont-ils de nature k nous faire espérer avec fondement qu'ils nous feront trouver grâce auprès du trôoa de sa miséricorde? S il nous semble avoir rompu depuis longtemps les liens qui nous retenaient dans lepécné, avons -nous M fidèles à remplir les conditions' d'une vraie pénitence? Notre ferveur eût*elle ^alécalla de David ou de Madeleine, et eussions-nous reçu les mêmes assurances de QOtre MF^M^
JUS