‹ Dictionnaire d'ascétisme (volume 3)Chapitre 134 sur 186 · AM · texte numérisé non relu

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ques, Teiejnple de son clergé, Tapôtre de soD diocèse, et les délices des gens de bien. n mourut, accablé' sous le poids des années et des infirmilés, à Tâge de 91 ans, le 10 juillet 1774.. On a de lui des Lettres spirilucKe5,in-12,1771, Paris. Touty respire la candeur, la droiture, le désir du bien ut la plus noble simplicité.

LANFRANC, fils d'un conseiller du sénat de Pavie, nassa en France, et se consacra à Dieu dJiris le monastère du Bec, en 10^1. Il se fit une réputation européenne par son zèle à combattre les erreurs de Bérenger, au concile de Rome, en 1059, et dans |3lusieurs autres conciles. 11 de vint abbé de Saint- Etienne de Caen, en 1063, et y ouvrit une école célèbre. Guillaume de Normandie, devenu roi d'Angleterre, lui donna l'archevêché de Cantorbéry en 1070. 11 y mourut en 1089. Ses ouvrages ont été recueillis par D. Luc d'Achery, 1648, in-fol. On y trouve, €nlre autres choses, des sentences^ oii il est parlé en détail des exercices de la vie monastique; et des Lettres spiritueltes.

LANGAGE DIVIN. — Nous parlons ici du tangage divin entant qu'il est une parole vocalegue Dieu fait entendre à un Chrétien, parole reçue par le sens de l'audition.

Or Dieu peUt, oup^rsa puissance directe, ou par le ministère des anges, parler vocalemont h certaines Ames. Si c'est par le ministère des anges, ceux-ci peuvent apparaître sous figure humaine et parler àlafagon humaine, et si c'est Dieu directement, il peut feindre une forme corporelle, ou seulement frapper l'air d'une certaine manière pou<r produire des sons articulés. On ne peut raisonnablement être arrêté par les difficultés physiques de ces opérations, puisque nous ne pouvons révoquer en doute que Dieu peut et a fait une infinité de choses plus difficiles.

Au surplus cette thèse se prouve par le fait. Dieu dans divers temps a daigné parler à diverses personnes, particulièrement aux personnes contem|()1atives. Ainsi, dans l'Ancien Testament, Dieu a plusieurs fois parlé aux patriarches et aux prophètes et à d'autres personnes , et on no peut disconvenir que le sens naturel de l'Ecriture sainte dans ces passages fait comprendre une parolo semblable à une parole ordinaire do 1 homme: soit queDieuaitparlélui-môme,soitqu'il ait envoyé ses anges, soit qu'il se soit caché dans une nuée, dans un buisson ardent, dans du feu, dans le propitiatoire, etc.

Ainsi il est dit d'Adam après son péché: Lorsqu'ils eurent entendu lavoix deDieu^ etc. et Adam dit aussi: Tai entendu ta voix.. . . Lorsqu'un ange vint suspendre le sacrifice d'Isaac, il est dit de lui : Voilà que Vange du Seigneur s'écria du ciel.. Samuel entendit trois fois la voix du Seigneur, quoiqu'il ne le Vît point. Dans ,q Nouveau Testament nous trouvons des événements semblables.

Au baptême de N. S., une voix se fit entendre du ciel oui dit: Voilà mon fils bien-aimé. Le jour de J annonciation de Marie un anse se préii^iitaet il lui parla. A la naissance de

Jésus-Christ, ses anges cban tèren t le Gloriain excelsis. Saint Paul, au moment de sa conversion, entendit ces paroles: SaulySaul^ pour* quoi me persécutes-tu! Au surplus, toutes les paroles queJésus-Christaprofëréespendantsa vie mortelle sont autant de naroles que Dieu a adressées aux hommes. Ou serait donc téméraire de vouloir révoquer en doute les paroles que Dieu a adressées à ses saints depuis, lorsque ces communications divines sont appuyées sur des actes authentiques et sur des actes de canonisation.

Les saints Pères nous autorisent à cette croyance, saint Denis enseigne que Dieu se sert de ses ançes pour illuminer les dmes par des apparitions sensibles, saint Cyprien nous apprend que les esprits angéliques qui sont autour de Dieu, quoique dune nature invisible, se rendent sensinles à Touîe et à la vue. Saint Grégoire, saint Thomas, saint Bonaventure, St.-Bernard, Louis de Blois, enseignent la même doctrine.

La raison nous fait comprendre aussi que cette doctrine est fondée sur la très-bénigne volonté de Dieu, sur son parfait amour do ses créatures. Hais la raison conçoit en même temps que toute parole qui ne serait Ëas digne de la granae'ur et delà bonté de ieu ne peut venir de lui. Aussi dans les exemples autorisés tout est digne de la haute majesté de Dieu. Dans les longues conférences auxquelles Dieus'esl prêté avec sainteThérèse, toutes les paroles de la Divinité sqnt pleines de simplicité, mais en même temps de majesté et de grandeur.

Quoique les paroles divines soient comparables aux paroles des autres hommes, quoique ce ne soient point des imaginations et au'elles affectent des circonstances de temps, e lieu, de son, etc., cependant elle$ admettent-matériellement des différences. Elles ont des propriétés qui tiennent à leur origine. £n soi, philosophiguement parlant, cène sont ni des paroles divines, car Dieu ne parle pas matériellement, excepté en ce qui concerne Jésiis-Christ ; ni des paroles angéliques pour la môme raison, ni des paroles humaines, car ce n'est point l'homme qui parle. Toutefois nous appelons ces communications des paroles divines ou le langage ditm, parce que c'est Dieu qui produit le son de ces paroles avec l'intention de por« ter telle pensée et tel sentiment dans Tâme du fidèle. »

Comment peut-on connaître au'un ange parle au nom de Dieu?

Il faut pour cela faire attention à certaines circonstances; ainsi s'il dit : Voici ce que dit le Seigneur y ou d'autres paroles semblables, c'est un signe que c'est un ange qui parle comme messager. Si au contraire, U dit : ie suis le Seigneur y ou quelque chose de |>areil qui ne convienne ou à Dieu seul, né.doulci pas que ce ne soit Dieu lui-môqae qui parle.

Si, au contraire, il n'y a aucun sjgue certain qui désigne que c'est Dieu qui parle, ou la Très-sainteVierge, ou un ange, ou un saint en personne, alors il ne faut pas s'en inquiéter. Seulement il faut faire attex^iôi^ il les

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choses gui sont annoncées sont di.^nes de Dieu, si c'est une doctrine conforme à la doctrine de l'Eglise ou du moins qui ne la contredit pas, et alors peu importe que ce soit Dieu ou un ange ou un saint qui se fasse entendre; on reçoit les paroles avec respect, quand d'ailleurs les signes surnaturels sont bien constatés.

Nous disons pourvu que les signes surnaturels soient bien constatés, car nous avons déjà vu, à l'article Extase, que le démon peut faire, comme autrefois du temps de Moïse, des choses qui ont l'apparence de celles quo Dieu fait. Et Dieu le permet dans certaines circonstances pour de justes raisons, que nous comprenons quelquefois et que d'autres fois nous ne comprenons pas du tout. Des mystiques sérieux admettent donc que quelquefois Dieu permet que les démons profèrent des paroles articulées dans un but de séduire on pour endurcir des péclieurs (}ui méritent ce ch&timont, ou pour ensuite faire ressortir sa gloire par un prodige plus grand qu'il fait éclater.

Il y a en outre un autre langage divin que nous appellerons mental (tmogrtnarta) , parce qu'il u existe que dans l'imagination ue celui que Dieu veut instruire, soit dans la veille, soit dans le sommeil.

Comment cela arrive-t-il? Voici ce qu'en disent ceux qui se sont spécialement occu- ])és de cette matière.

Le langage divin mental ne consiste ni dans des paroles formelles, ni dans le son, mais il est renfermé dans un sens, une pensée qui est communiquée à l'&me immédiatement. Cependant ce langage interne ne s'effectue guère sans qu'il s^y mêle quelque chose du Tangage ordinaire. Tyrée observe très-bien ici que le langage qu'on appelle mental n'existe pas i)our cela exclusivement dans l'imagination; il existe aussi dans l'inlelligence. Seulement il prend son nom de mental ou imaginaire [imaginaria) du principal de SQS caractères.

Or Dieu peut produire celte sorte de langage en imprimant dans Tâme certaines représentations qui existent sans voix, sans sons de paroles, et qui produisent le mémo effet que si réellement il y avait parole matérielle.

Nous convenons que ce genre de langage ne peut être expliqué par les règles ordinaires de là psychologie. Mais on comprend quo notre t&che ne nous y oblige nullement et

3ue nous ne craignons pas le moins du monde e faire à Dieu la part trop grande dans ses communications avec les saintes âmes.

On ne peut révoquer en doute l'affirmation suivante : c^est que Dieu parle quelquefois, non avec des paroles extérieures, mais seulement intérieures et perceptibles par l*imagination, à certaines âmes contemplatives. On peut le conclure : 1* par le livre ùvsNombreê xii, où il est dit : S il est parmi vous un prophète du Seigneur, je lui (wparat irai en vision^ et je lui parlerai dans les songes; ce qui ne peut s entendre que des paroles mentales ou imaginatives. Nous de-

vons penser la môme chose ou songe que Dieu envoya à Adam (Gen. xxviii, 13)", ou il fat instruit des divins mystères de Dieu; du songe de Jacob, oui vit les anges descendre et monter sur l'échelle. Ainsi encore Dieu s'entretint pendant un songe avec le roi Salomon. Un ange est apparu trois fois à Joseph, pendant qu'il dormait, et lui intima les ordres du Seigneur. Saint Paul fut averti par un ange pendant le sommeil. Saint Pierre et saint Jean, étant en extase, ont aussi entendu des paroles célestes. Tyrée pense que la plupart des discours que Dieu a adressées aux saints se rapportent à eu genre de langage mental et a'imaginalion. Saint Cyprien avait cette pensée, lorsqu'il parlait de certaines paroles mystérieuses dont on ne peut douter qu'elles ne viennent de Dieu. Saint Augustin, saint Thomas reconnaissent très-distinctement ce genre de langaee divin. Saint Thomas surtout (2-2, q. 17$) la dépeint très-soigneusement.

Le langage divin mental se distinguo aisément du langage réel, lorsqu'il existe sans mélange de langage extérieur; miiis ce langage extérieur^ au contraire, ne peut avoir lieu sans qu'il soit accompagné de langage intérieur, par cette raison quo le langage extérieur ue peut réellement avoir lieu sans la coopération du sens intérieur; cependant on appelle ceci un langage isxtérieur, à cause do la principale impression, et on appelle langage intérieur et mental celui qui se rapporte davantage à ce sens intérieur, surtout lorsqu'il se fait sans aucun concours extérieur.

Les anges peuvent concourir à cette sorte de langage en parlant, soit en leur nom, soit au nom de Dieu, et toujours comme ses mi^ nistres; ils y concourent même d'une manière coelficiente, en appliquant, comme on disait autrefois, les actifs aux passifs naturellement. Les mystiques pensent cependant que ce ne sont pas les anges, mais Dieu, par sa puissance, qui rend la vue aux aveugles de naissance, qui donne la lumière prophétique. Saint Thomas doute s'ils peuvent par eux-mêmes produire des apparences phénoménales qui ne soient pas soutenues par la réalité.

Le langage divin mental peut arriver même aux personnes éveillées et occupées h la contemplation ; sainte Thérèse observe sur ces sortes de communications : V que les paroles mentales n'ont lieu ordinairement que pendant l'extase et le ravissement; S*" que rime est sujette h rillusiou, si ello n'est pas arrivée à une grande perfection, et qu elle n'ait pas déjà fait l'expérience de ces choses ; 3"* les faux langages intérieurs se discernent plus facilement, lorsqu'on en a expérimenté de véritablement divins, sur lesquels il n'y avait aucun doute possible au jugement des hommes d'expérience. Les fausses communications de ce genre sont confuses, incertaines, engendrent l'inquiétude ou iguelques pensées qui ne vont pas assez droit à Dieu et à la vertu.

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Le langage divin mental peut arriver pendant le sommeil» quoique le démon puisse aussiy comme nous l'avons vu, nous fôire croire faussement que Dieu nous fait entendre au fond de l'âme certaines paroles; cela n'empôche pas qu'on ne puisse découvrir Jbrsque c'est Dieu qui lui-même parle à notre Âme. Dieu sait bien le moyen de convaincre que c'est lui qui parle» de manière à ce que l'interlocuteur n'en puisse douter. Nous devons nous en rapporter à lui ; seulement le directeur ne doit l'admettre qu'avec une grande réserve, et ne s'en rapporter qu'à des marques incontestables.

Qu'est-ce que le langage intellectuel ?

Il est différent de celui que nous venons d'examiner, qui est mental ou plutôt dans Timagination ; mais celui-ci a lieu dans cette partie de l'flme que l'on appelle la pure intelligence ; mais cependant avec des paroles comprises par l'Ame, sans le secours des sons articulés et des sens extérieurs.

Outre le mode de percevoir les paroles articulées par l'organe de l'audition, il existe d^antres moyens de donner et de recevoir des paroles, et en général de saisir les sensibles et les insensibles. Et d'abord ceci peut commencer à se comprendre par des comparaisons : Ainsi dans les sens, il y a des modes bien différents de percevoir leur objet; l'œil ne s'en empare pas de la même manière que l'oreille,- et tous les sens ont des différences marquées et profondes dans leurs aperceptions. De même dans les sens internes, une vision peut apparaître comme si on l'entendait, une autre comme si on la voyait; et, dans son genre, ce mode peutêtre plus parfait que celui des sens externes, parce qu'il s'étend à plus de choses et même aux absentes. EnOn, parla seule force de l'imaçination et par un acte pur de notre intelligence, nous pouvons voir et entendre des choses que nous fournit la mémoire ou rimaçination et cela d'une manière trèsparfaile, en sorte que les choses actuellement insensibles, en soi pour nous deviennent sensibles par la puissance de nos facultés intellectuelles.

Il peut se faire môme que Dieu, par un privilège très-spécial, parle à l'âme, indépendamment des apparences des choses sensibles et acquises. Ce langage peut exister aux moyens de formes infuses, ce qui rappelle le mode de connaître dont l'âme jouira lorsqu'elle deviendra un pur esprit après la mort, jusqu'à la résurrection générale, ^t môme après la résurrection. Sainte Thérèse, dans plusieurs passages de sa Vie, écrite par elle-même, parle de cette sorte de langage qui lui fut tenu par le Seigneur apparaissant en personne : « Ce langage, dit-elle, est si céleste, que l'humanité ne s'en em-

i)are qu'avec une peine extrême, quelqu'efort qu'elle fasse, à moins que Dieu ne supplée à son inexpérience. Dieu verse ce

S[U il désire faire connaître à l'âme, jusqu'au ond de l'esprit, et là, il le grave sans image ni forme de paroles, mais comme une visien indéfinissable. Dieu, dans ces circonitancesit

me paraît vouloir donner à l'âme quelque connaissance de la communication des pensées dans le cieU Comme dans le ciel les pensées circulent d'âmes en âmes, sans le secours des paroles (ceci lui a été révélé dans une extase), ainsi dans le langage dont il est question. Dieu et l'âme parlent, la majesté de Dieu le voulant ainsi, sans Tartifice des paroles. Ainsi parmi les hommes, quand ueux personnes s'aiment beaucoup et qu'elles ont l'esprit délié, elles se comprennent déjà en beaucoup de choses sans paroles ; leurs pensées s'échangent d'une manière de plus en plus dégagée des signes extérieurs et rapides. » Ainsi ia Jan- (;age purement intellectuel se fait sans image, et le langage Imaginatif, que nous avons appelé mental, se fait au moyen d'images, mais sans paroles également.

Maintenant combien distingue-t-on de sortes de langages intellectuels?

Saint Jean de la Croix, dans sa Montée du Mont-Carmel, distingue trois sortes de langages purement intellectuels : l'' celle qui se fait par des paroles successives , aux-

Îuelles l'âme répond de la même manière ; * il y en a une seconde qui se fait par des paroles formelles que l'âme seule entend, saisit, et qui l'instruisent ; 3* enfin il y a un langage purement intellectuel où l'on entend des paroles substantielles, qui ne sont pas précisément instructives, mais opératives, qui font ce qu'elles disent, et celles-là ne sont pas facilement sujettes à rerreur. Il dit encore que le langage, intellectuel, clair, intelligible, peut être clair d'abord en soi, selon la mesure de la clarté de la chose

3ui est annoncée à l'âme, ou selon le degré e contemplation où l'on est arrivé; secon* dément, à raison de la matière que Pâme peut voir à sa manière; elle est sensible comme l'humanité de Jésus-Christ, ou spirituelle comme Dieu et ses anees.

Comment peut-on discerner le langage intellectuel? Quoiqu'il ait lieu indépendamment de toute participation des sens, cependant il n'exclut pas toute opération de ce genre, d'où il arrive que le discernement de celte espèce de langage n'est pas sans difficulté, n est prudent dès lors de ne s'en rapporter à soi-même qu'avec une extrême réserve.

Prouvons maintenant cette proposition:

Dieu parle quelquefois aux parfaits d'une manière purement intellectuelle. Sa certitude résulte de l'autorité de l'Ecriture sainte. David exposant le mode de sa prophétie dit (// Reg. xxni, 2 ) : L'Esprit du Seigneur a parlé par moi, ei(f. k): Aimi que brille la lumtêre de Vaurore, le soleil commençant à se lever, lorsque le ciel est sans nuages. Ce qui veut dire selon Lyron: Dieu m*a éclairé d'une lumière spirituelle, sans vision imaginaire. Nous avons aussi des exemples de langage divin dans Moïse et saint Paul, nous en avons parlé plus haut.

Saint Augustin ( liv. xv De Trin. ) parle du langage du cœur dans lequel l'âmo aidée de la grâce ne voit plus comme dans un mi-

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D'ASCETISME.

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roir, mais où Dieu parle de sa propre bour

'che à TAme fidèle. « Lorsque Dieu parle par

soi-noème, dit saint Grégoire, le cœur est

instruit sans syllabes et sans paroles. C'est

jun discours sans bruit, qui ouvre l'ouïe, qui

ipénètre silencieusement. Car l'esprit de

|Dieu, sans dire de paroles, sait intimer les

choses qu'il faut faire. »

Sainte Thérèse dans sa Vie^ c. 27, et saint Jean de la C'^oix {(Mont.Carm.^ 28), nous fournissent dés témoignages bien positifs de ceUe vérité. Nous pouvons aussi fe prouver par la raison indirectement. On conçoit que Dieu puisse élever l'âme ici-bas, jusqu'à la puissance de connaître surnaturelle, en vertu d'un privilège fondé sur la sainteté, ou sur nn autre motif : connaissance gui arrive par des formes surnaturellement infuses. La raison n'e.<t pas dès lors admise à faire des objections sur le fond de la chose.

Cependant saintThomas fait une difficulté : Il dit que l'illumination du rayon divin ne peut arriver à l'Ame dans cette vie sans le voile des objets imaginés ; car il est dans la nature de la vie présente de ne rien concevoir sans les images.

On répond que saint Thomas parle ici du mode ordinaire du langage, et non de cet état extraordinaire qui suppose un privilège divin. 11 n'applique point son observation aux visions de saint Paul ou de Moïse, ni d'autres cas de même nature.

Quels sont les signes pour distinguer le langage vraiment divin de ceux qui sont faux? Il faut, à ce propos, distinguer les cho* ses par rapport à la matière, et par rapport aux personnes, ou par rapport aux effets.

Quant à la matière, voyez l' si le langage ne contient rien qui soit indigne de Dieu, contre la foi, les mœurs, les traditions et les définitions de l'Eglise, contre le sentiment des saints Pères et des théologiens; 2' qu'il ne renferme rien d'impudique» car alors, dit sainte Thérèse, soyez sûr que. c'est le langage du démon.

Quant à la personne, il faut voir l"" si la personne est dévote et catholique; 2"* si elle n'est point pécheresse , tiède, ou éloignée des faveurs divines; 3* si elle est humble; 4° si elle demande ou désire ces communications; 5*" si elle est possédée du démon; G** si elle est mélancolique ou maladive; 7° si elle a fait des progrès dans les voies de l'esprit; S** si elle n'est point pauvre, ou très-riche, ou bien jeune, ou vieille; 9** si c'est une femme légère ou crédule.

Quant aux effets , voyez V si le langage,

au'on dit être divin, excite à quelque chose 'impur; 2'' s'il engendre l'orgueil; 3' si on soumet ce langage à son directeur; W*si on le rend publie; S* s'il provoque la mortification ae là chair; 6** si d'abord il terrifie, et qu'ensuite il calme.

Sainte Thérèse ajoute qu'un siene manifeste de la présence de Dieu parlant, c'est lorsque ses paroles s'accomplissent sur-lechamp. Comme lorsqu'il dit à ses Apôtres : Cest moi, ne craignez pa$' et ils se calmèrent.

Ecoutons donc les choses que*Ie SBigneur nous dit : {Ps. lxxxiv). Et quoique nous ne devions pas désirer les langages divins dont nous venons de parler, ce qui serait téméraire , cependant , nous ne devons pas y avoir de répugnance ni y porter de l'opposition , par un esprit dissipé, une imagina* tion sans frein, par un esprit qui s'obsède et s'accable d'inutilités, par le mouvement libre et incessant des passions peu contenues, par la loquacité et la feinte du silence ; mais nous devons pratiquer la mortification, fuir les inutilités, la curiosité, le bruit; marcher en la présence de Dieu, surtout dans l'oraison, et, s'il lui plaît, nous entendrons sa parole. Surtout, nous accepterons avec empressement les inspirations ae Dieu ordinaires; « Car, dit saint Bernard, nous serions téméraires et insensés, si Dieu nous parlant, nous détournions les oreilles. Et, ne nous contentons pas d'écouter, mais mettons en exécution. » Exercez-vous avec persévérance à suivre ces inspirations jusqu'à ce que l'esprit vous dise de vous reposer de vos travaux. A cette parole, vous vous reposerez doucement jusqu'à.[ce que vienne 1 heure où ceux, qui sont dans les tombeaux enlendront la voix de Dieu, les uns pour le jugement, les [autres pour la vie éternelle.

LANGUET (Jean-Joseph)^ né à Dijon, du procureur général au parlement de cette ville, entra, à la sollicitation de Bossuet, son compatriote et son ami, dans la maison de Navarre, dont il devint supérieur, et fut nommé évéque de Soissons, en 1715. Il passa, en 1731, de cetévèché à l'archevêché de Sens, et mourut en 1753, à l'âge de soixante-seize ans, regardé comme un prélat pieux et charitable. Il s'était distingué par son zèle contre les jansénistes. Outre ses ouvrages polémiques, on a de lui:.

1° une Traduction des psaumes , in-12 ; — 2'' De V esprit de VEglise dans ses cérémonies : — 3* Des livres de piété pleins d'onction, et entre autres, le Traité de la confiance en la miséricorde de Dieu, bien propre à la faire naître dans le cœur des fidèles; — k"* des Remarques sur le Trat7e du jésuite Pichon, touchant la fréquente communion; — 5° La vie de Marie Alacoquej 1729, in-4*.

LAUDENOT (Louise), tille d'un médecin du roi, fit profession chez les Bénédictines de l'abbave de Montmartre, ets*y distingua , par sa régularité et ses vertus. Elle avait reçu une éducation soignée, avait du talent et écrivait avec facilité. Elle fit tourner à la gloire de Dieu ces heureuses dispositions, en composant divers ouvrages de spiritualité propres h l'édification du prochain. Elle mourut saintement «dans son couvent, le 27 mai 1636. On a d'elle : 1" C(Uéchisme des vices et des vertus; — 2"" Médita^ tions sur les vies des saints, etc. ; — 3* Sxer^ cice pour la sainte communion et pour la messe,

LAURENT JUSTINIEN (Saintj, né à Venise en 1381, premier général des chanoines de Saint-Georges in Alga, donna è cetto

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