‹ Dictionnaire d'ascétisme (volume 3)Chapitre 150 sur 186 · MOT · texte numérisé non relu

MOT

lOIttr

« Travaillez et veillez, Pacôme, afin, coque Dieu ne veuille , que le tentateur des liorames ne vous délournc point de votre entreprise, et ne rende pas ainsi tout voire Jravail inutile.» Pacôme recevait ces instructions avec une si grande sounaission et les pratiquait avec tant de soin, que s'avançaiit de jour en jour en cette sainte manière de vivre, il donnait tant de joie à ce vénérable vieillard, qu'il en rendailh Jésus-Christ de continuelles actions de grâces (260).

Quand Tesprit de Dieu eût remjili samt Pacôme de la grâce du ciel, il lui révéla les destinées auxquelles il était réservé. Uu

tour qu'il priait au milieu du désert de ïa- »enne, un ange lui apparut, dit un historien, et lui ordonna de bâtir un monastère au sein de cette solitude do sauvage; et dans une autre révélation le messager céleste lui enseigna la règle à imposer à ses moines (261). Des auteurs d'une grande autorité ont écrit que, lorsque l'ange apparut à saint Pacôme pourlui ordonnerdebâtir un monastère à Tabenne, il lui donna en même temps une table d'airain, sur laquelle était écrite la règle qu'il devait faire pratiquer à ses religieux (262j.

« Quoi qu'il en soit, dit Tillemont, cotte règle était digne de venirdu ciel, étant toute fondée sur l'esprit des écritures. » — Chaque monastère avait son supérieur pour le gouverner^*n l*absence de saint Pacôme (263), on donnait à ce supérieur le nom de père ou de chef (princeps), ou plus souvent celui d'économe ; il avait sous ses ordres un vicaire (Acia sanctorum^ H Mai). Les monastères formaient plusieurs maisons ou familles, et trois familles composaient une tribu (26^j. Chaque famille avait son chef

(260) Dex\5le Petit, Viede snhu Pacôme, eh. 3.-— Nous ferons remarquer que dansla iradticlion Arnaudd'Anililly , que nous ciions, les chapitres ne sont pas divisés comme dans le lexlc de Denys. — 11 faui lire tout le chapitre 5, que nous regrettons de ne pouvoir citer, ei qui raconte avec une si noble simplicité les rapides progrès de Pacôme dans les venus evangéli«|uos.

(26!) Denys le Petit, Vie de gnint Pacôme , eh. 6. — Pallade, IJi$l. lausiaquCy ch. 58

(262) Denys le Petit, ibid. — SuRits, 14 Mai. — RoswEiDB, Viiœ Patrum, cli. 12. — Pai.lade, liisl, tausiaque , ch. 38. — Guenade, Dex écrivaim eclés,, ch. 7. — Sozomène, //i«/. ecclét,y liv. m, ch. li. — Il y a cependant des doutes fondés sur cette révélation de la règle. Kn effet le texte grec du plus ancien historien desaint Pacôme n'en parle point, et le silence de saint OrsiseesiunediflQculie très-grave. Le successeur de saint Pacôme dit seulement : iSi mandata Dei sunl qu% per pairein naslrum iradidit nobis, i etc. — El plus loin : — « Non relinquamus legein Dei

?iiampaler noster ab co accîpiens nobis tradidil. i Cf. Holstenius^ Codex regularum^ S, Orsiem ab^ balis Tabinn» Doclrina de institulhne monachorum, §§. 28 et 46, pag. 78 et 83, de la r« pari, de HoisleoMis.)

(263) Les deux telles citées par Holslenius le prouvent : Codex regularum , Episl. S. Pachomii, p. 61 , 62,

(264) Sahitiiérôme, parlant des moinesdeTabenne, dit : < Qui habcnl per singida monaslcria paires, et dbpca:>utores el h'.bdomarlos ao^ mini^tros, et siii

ou prévôt (praposltus), avec un second pour Taider (Cf. Acla sanctorumj l&Mai). Ils gardaient les habits et les livres de leur famitlev. fK)ur les distribuer aux frères qu'ils ins-^ truisaient avec le plus grand zèle. Chaque famille avait sa maison el son logement à part. On réunissait dans la même famil'e tous ceux qui pouvaient exercer le m^^mn métier (265). Les familles se succédaient les unes aux autres, par semaine, pour remplir les services communs.

La première famille était composée de ceux qui avaient soin de la table et de la cuisine; la seconde des inûrmiers; la troisième des portiers: on mettait dans cett& famille des hommes graves, d*une charité éprouvée, d*un zèle que rien ne rebutait,

fiarce qu'ils avaient la charge de recevoir es étrangers, et de les traiter avec la \Aus grande cordialité {Acla sanctorum^ Ik Mai). D'autres familles faisaient des nattes, des corbeilles, labouraient la terre, cultivaient les jardins, exerçaient le métier de serrtirier, de charpentier, de tisserand, de tanneur» de cordonnier, etc. (266). Quelques-uns»

commedans les monastèresdes Bénédictins», étaient occupés à écrire (Cassien, /n«n7u^. monasi.f liv. iv, ch. 12). Chacune de ces^ familles avait son heure réglée pour les repas (Pallade, Hist. lausiaque^ en. 39). Chaque cellule était occupée parlrois religieux (Palladb, Hist. lausiaque, ch. 38). Mais ils mangeaient ordinairement dans le môme réfectoire (267). Ils suivaient en tout le rau^ de leur profession religieuse (268).

TeMe étfiit Tadmirable organisation de ces laborieux ouvriers de la Providence, qu'ont représentés sous de si sombres couleurs, tant d'écrivains passionnés ou plutôt igno-

giifarum domorum pncposilos, ita nt una domus 40 plus minusverralres liabeat, qui ol:cdiant prsejiosilo« sintque pro numéro fratriiDi trigintii vel quadra* ginla domus in uno nionaslerk), et lerna) vel quaternnR domus in unumlribum sedercnlur, nivela 1 opéra simul vadant, vel in hebdomadariim minisierio sibi snccedaiil per ordinem. \ {UoLSjEyins, Codex regu' Inium^ incipii proefaiio S. Hieroiiymi in regiilam S. P.ichomii, § 2.)

(265) « Fraires ejiiëdem arlis in unam domiini suit niio prxpObilo congiegaiiliir : Verbi grali.i, ni qui lexuiil !ina sinl pariier; qui malUis, in un^ini r<*pnie:iiiir f.imiliam; sarcinalores, carpeiiiarii, fuik)iies, galiicarii» seorsum a suis pru'poHiis gubern;iniiir;ac per singuias hebdomadas raiiocinia oporriiin suoriim ad Pairem monaslerii référant. • (Mol-. STEMUS, Codex ngularum.Pràiï'àiio S. liieronynii iu . regiilani S. Pachomii, § 0.)

(266) Ces curieux et importants détails sont tiret de Pal|:ide {Hisoire lausiaque, ch. ?9) el de Holslenius. (Codex regularum f Pnefalio S. Hier, in regiH la m S. Pachomii, § 6.)

' (267) HoLSTKNius jCodex regÈUnrum, Prrcf. S. Hier... în regiil. S. Pachomii, S 5.) — Dents le Petit, Vi€ de tainl Pacôme, clu 22 (10« de la iraduc. Arn&ttJ d'Andilly.§3.)

(268) iioLSTENius, ibid» c Quicunque aulem mo^ naslerium primus ingrediiur, prinius sedei, priinu& ambulal, primiispsalmum dicit, primus in ineu&ft inanum exlendil, prior in ecdesia communical«,. me xias iutcr eos i[uxritur, sed prorcssiu. i.

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