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« exactions et les violences auxquelles ils « sont encope exposés. »
« Ce passage est formel, et d'autant plus décisif, qu'avant d'en venir à cette conclusion, le ministre protestaut fournit les preuves qui ont déterminé son opinion. 11 cite les plaidoyers des Dominicains pour les Caraïbes, car ce n^était pas Las-Casas seul qui prenait leur défense; c'était son ordre entier et le reste des ecciésiastioues espagnols. L^e docteur anglais joint à cela les bulles des papes, les ordonnances des rois accordées, à la sollicitation du clergé, pour adoucir le sort des Américains et mettre uu (rein è la cruauté des colons.
ff Au reste, le silence que la philosophie a gardé sur ce passage de Uobertson es't bien remarquable. On cite tout de cet autour, hors le fait qui présente sous un nouveau jour la conquête de l'Amérique, et que détruit une des plus atroces calomnies dont l'histoire se soit rendue coupable. Les sophistes ont voulu rejeter sur la religion un crime que non-seulement la religion n'a pas commis, mais dont elle a eu horreur ; c'est ainsi que les tyrans ont souvent accusé leur victime.
« Nous venons à ce monument oii la religion a voulu, comme d'un seul coup, et sous un seul point- de vue, montrer qu'il n*y a point de souffrances humaines qu elle n'ose envisager, ni de misère au-dessus de $on amour.
« La fondation de l'HôteUDieu remonte à saint Landry, huitième évoque de Paris. Les bâtiments en furent successivement augmentés par le chapitre de Notre-Dame, propriétaire de l'hôpital, par saint Louis, par Je chancelier Duprat et par Henri iV; en sorte qu'on peut dir^ que cette retraite de tous les maux s'élargissait à mesure que tes maux se multipliaient et que la charité croissait à l'égal des douleurs.
« L'hôpital était desservi dand le principe par des religieux et des religieuses, sous la règle de saint Augustin ; mais depuis longtemps les religieuses seules y sont restées.
« Le cardinal de Vitry, » ditHély ot, « avoulu « sans doute parler des religieuses de l'Hô- « tel-Dieu, lorsqu'il dit qu'il y en avait qui, « se faisant violence, souffraient avec joie et « sans répugnance l'aspect hideux de toutes a les misères humaines', et qu'il lui semblait « qu'aucun genre de pénitence ne pouvait <K être comparé à cette espèce de martyre.
« Il n'y a personne^» continue l'auteur « que « nous citons, qui, en voyant les religieuses « de l'Hôtei-Dieu non-seulement panser , « nettoyer les malades, faire leur lit, mais « encore au plus fort de, l'hiver casser la « glace de la rivière qui passe au milieu de « cet bôpital, et y entrer jusqu'à la moitié « du corps, pour laver leurs linges pleins « d'ordures et de vilenies, ne les regarde « comme autant de saintes victimes qui, par « un excès d'amour et de charité pour so^ a courir leur prochain, courent vofontiers (î à la mort qu'elles affrontent, pour ainsi « dire, au milieu de tant de puanteur et
a d'infection causées par le grand nombre « des malades. »
« Nous ne doutons point des vertus qu'inspire la philosophie, mais elles seront encore bien plus irappantes pour le vulgaire, ces vertus, quand la philo50))hie nous aura montré de pareils dévnûments. Et cependant la naïveté de la peinture d'Hélyot est loin de donner une idée complète des sacrifices de ces femmes chrétiennes : cet historien ne parle ni de l'abandon des plaisirs de la vie, ni de la perte de la jeunesse et de la beauté, ni du renoncement & une famille, à un époux, à l'espoir d'une postérité ; il ne parle point de tous les sacrifices du cœur, des plus doux sentiments de l'&me étouffés, hors la pitié qui, au milieu de tant de douleurs, devient un tourment de plus.
« Eh bien I nous avons vu les malades, les mourants près de passer, se soulever sur leurs couches, et, faisant un dernier effort, accabler d'injures les femmes angéliques qui les servaient. Et pourquoi ? parce qu'elles étaient chrétiennes. D'autres filles semblables h celles-ci, et qui méritaient des autels, ont été publiquement fouettées^ nous ne déguisons point le mot. Après un pareil retour pour tant de bienfaits, qui eût voulu encore retourner auprès des misérables?
qiii ? Ei!es I ces femmes I elles-mêmes I Elles ont voté au premier signal, ou plutôt elles n'tml jamais quitté leur poste. Voyez ici réunies la nature humaine religieuse et la nature humaine impie, et jugez-les.
« La sœur grise ne renfermait pas foujours ses vertus, ainsi que les filles de THÔ*tel-Dieu, dans l'intérieur d'un lieu pestiféré , elle les répandait au dehors, comme un parfum dans les campagnes; elle allait voir, le cultivateur infirme dans sa chaumière. Qu'il était touchant de voir une femme jeune, belle et compatissante, exercer au nora de Dieu, près de l'homme rustique, la profession au médecin I On no'lis montrait dernièrement près d'un moulin, sous des saules, dans une prairie, une petite maison qu'avaient occupée trois sœurs grises. C'était de cet asile champêtre qu'el-^ les partaient à toutes les heures de la nuit et du jour, pour secourir les laboureurs. On remarquait en elles, comme dans toutes leurs sœurs, cet air de propreté et de contentement qui annonce que le corps et l'âme sont également exempts de souillures; elles étaient pleines de douceur, mais toutefois sans manquer de fermeté pour soutenir la vue des maux et pour se faire obéir des malades. Elles excellaient à rétablir les membres brisés par des chutes ou par ces accidents si communs chez les paysans.
Mais ce qui était d'un prix inestimable, c'est que la sœur grise ne manquait pas de dire un mot de Dieu à Tpreille du nourricier de la patrie, et que jamais la morale ne trouva de formes plus divines pour se glisser dans le cœur humain.
« Tandis que ces Filles hospitalières étonnaient par leur charité ceux mêmes qui étaient accoutumés à ces actes sublimeSi il