‹ Dictionnaire d'ascétisme (volume 3)Chapitre 182 sur 186 · KM · texte numérisé non relu

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D*ASCBTiaiiE. ORJ)^ ^306.

ton, FEru^lollre dans la forêt de Gironde; Oaisne à quelques lieues de Loudua; Luçon dans les bois du. même nom; la Lande dans tes laades de Gamache; la Madeleine sur la Loire; BourUon en Limousin» Cadouin en Périgord ; enfin Haut&-Bruyàre près de Paris,, furept autant de colonies de Fontevrault, et

Jtti, pour la plupart/ d'incultes qu*elle& taient» se changèrent en opulentea campagnes,

« Nous fatiguerions le lecleur». si nous entreprenions de nommor tous les sillons que la charrue des Bénédictins a tracés dans lea Gaules sauvages. Maurecourt, Longpré» Fon^ laine, le Charme» Colinajgae, Foicy.Bellonier». Cousanie, Sauvement, les Epines, Eube^ Vanassel, Pons, Charles, Vairville, et cent autres lieux dans la Bretagne, rAfyou, la Berry, l'Auvergne, la Gascosne, le Languedoc, la Guyenne, attestent leurs immenses travaux. Saint Colomban fit fleurir le désert de Vauge ; des filles bénédictines même, à rexerapTe des Pères de leur ordre, se consa-^ crèrenlà la culture; celles de Hontreuil-les- Dames «s'occupaient, ditHermann, à coudre,. « à filer et à défricher les épines de la forêt, à ff limitation de Léon et de tous les religieux « ae Clairvaux. »

a£n Espagne, les Bénédictins déployèrent la même activité. Ils achetèrent des terres^ en friche au bord du Tage, près de Tolède, et ils y fondèrent lo couvent de Venhalia,, après avoir planté en vignes et en orangers tout le pays d'alentour.

« Le mont Cassin, en Italie, n'était qu'une profonde solitude : lorsque saint Benoit s*7 relira, le pays changea de face en peu d» temps, et l'abbaye nouvelle devint si opulente par ses travaux, qu'elle fut en état de^ se défendre, en 1057, contre les Normands, qui lui firent la guerre.

« Saint Boniface, avec les religieux de son ordre, commença toutes les cultures dans les quatre évêchés de Bavière. Les Bénédictins de Fulde défrichèrent, entre la Uesse,. la Franconie et la Thuringe, un terrain du diamètre de huit mille pa& géométriques, ce qui donnait vingt-quatre mille pas, ou seize lieues de circonférence; ils comptèrent bientôt jusqu'à dix-huit mille métairies, tant en Bavière qu'en Souabe. Les moines de Saint-Benolt-Polironne, près de Mantoue, ein|)loyaient au labourage plus de trois mille paires de bœufs.

« Remarquons, en outre, que la règle presque générale qui interdisait l'usage de la viande aux ordres monastiques vint sans* doute, en second lieu, d'un principe d'économie rurale. Les sociétés religieuses étant alors fort multipliées, tant d'hommes quijio vivaient que de poissons, d'œufs, de lait el

vous des écrivains célèbres que leur corps a donnés à ta France, ou de ceux qui se sont formés dans leurs écoles; rappelez-vous les royaumes entiers qu'ils ont conquis à notre commerce par leur habileté, leurs sueuns dt leur sang } repassez dans votre mémoire les miracles de leurs missions au Canada, au Paraguay, è la Chine, et vous verrez que le peu de mal dont on les accuse ne balance pas un moment les services qu'ils ont rendus à la société.

« C'est au clergé séculier que nous devons encoi^e le renouvellement de l'agriculture en JÇuropie, comme nous lui devons la fondation des collèges et des hôpitaux. Défrichements des terres, ouvertures des chemins, agrandissements des hameaux et des villes, établissements des messageries et des auberges, arts el métiers, manufactures, commerce intérieur et extérieur, lois civiles cl politiques , tout enfin nous vient originairement de l'Eglise. Nos pères étaient des barbares à qui le christianisme était obligé d'enseigner jusqu'à l'art de se nourrir.

a La plupart des concessions faites aux monastères dans les premiers siècles de l'Eglise étaient des terres vagues, que les moines cultivaient de leurs propres mains. Pes forêts sauvages, des marais impraticables, de vastes landes, furent la source de ces richesses que nous avons tant reprochées au clergé.

« Tandis que les chanoines prémontrés labouraient les solitudes de la Pologne et une portion de la forêt de Coucy, en France, lus Bénédictins fertilisaient nos bruyères, l^lolême, Colan et Cîteaux, qui se couvrent aujourd'hui de vignes et de moissons , étaient de& lieux semés de ronces et d'épines, où les premiers religieux habitaient sous des huttes de feuillage, comme les Américains au milieu de leurs défriche- Mients.

« Saint Bernard et ses disciples fécondèrent les vallées stériles que leur abandonna Thibaut, comte de Champagne. Fontevrault fut une véritable colonie, établie par Bobert d'Arbrissel, dans un pays désert, sur tes confins de l'Anjou el de la Bretagne. Des familles entières cherchèrent un asile sous la direction do ces Bénédictins : il s'y forma des monastères de veuves, de filles, do laïques, d'infirmes et de vieux soldats. Tous devinrent cultivateurs, h l'exemple des Pères, qui abattaient eux-mêmes les arbres, guidaient la charrue, semaient les grains el couronnaient cette pariié de la France de ces belles moissons qu'elle n'avait point encore portées.

« La colonie^ fut bientôt obligée de verser au dehors une partie de ses habitants, el de

céder à d'autres solitudes le superflu de ses jde légum*es, durent favoriser singulière* mains laborieuses. Raoul de la Futaye, ment la propagation des races de bestiaux, compagnon de Robert, s'établit dans la forêt Ainsi nos campagnes, aujourd'hui si floris-

du Nid-du-Merle, etVituI, autre Bénédictin, dans, les bois de Savigny. La forêt de TOrges,dans le diocèse d'Angers ; Chaufournois, aujourd'hui Chantenois, en Touraine; Beli^S dans la mêiLe province;, la Puie en Poi-

santés, sont en partie redevables de leurs moissons et de leurs troupeaux au travail des moines et à leur frugalité.

a De plus, l'exemple qui est souvent peu de chose en morale, [)arce que Tes passions

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