DES
MCnONNAIRE
par de terribles menaces^ par de notables «lommages dans la fortune ou les honneurs, par de cruelles tariurei dans le corps ou «lans l'âme» afin de les détourner du chemin de la perfection et de les jeter dans le désespoir. Nous ayons déjà cité Texemple de Jd) : ajoutons ici celui de saint Antoine, raconte par saint Atbanase IVita S. Anianiif c. 9) : c Je Tis un jour le aémon, avec uû corps d'une taille merTcilleuse; il prétendait être la force et la proridence de Dieu, et il osa me dire : que veux-tu que je te donne, Antoine? Je lui crachai plusieurs fois au visage, je me jetai sur lui, armé du nom de Jésus-Chrisl, et aussitôt cette gigantesque
apparition s'évanouit entre mes mains
J avoue avoir été souvent frappé par les démons. Je m'écriais alors : personne ne me séparera de Tamour de Jésus-Christ. A ces mots, ils se jetaient avec fureur les uns sur les autres, et prenaient la fuite, non è mon ordre, mais à celui du Seigneur, qui a dit : J'ai vu Satan tomber du ciel comme un éclair. » Saint Jérôme, dans la Vie de saini ifi/oHon, après avoir rapporté les tentations par lesquelles le démon le tourmentait dans sa jeunesse, ajoute: «Une nuit, il entendit tout h coup des va^ssements d'enfants, des bélbments de brebis, des mugissements de bœufs, des gémissements de femmes, des rugisseméhts délions, lemurmured'unearm(^e, en un mot toutes sortes de cris si effrayants, qu'il en fut terrifié avant de rien apercevoir. Il comprit gue c'était un piège au démon, et s*étant jeté aux genoui du Christ, il se signa le front; puis armé de ce casque, enlëuré de la cuirasse do la foi, il combattait courageusement, prosterné contre terre, désirant apercevoir ce qui causait cet effroyable tumulte, et .jetant çè et là des regards attentifs. Tout è coup, la lune venant à parattre, il vit un char emporté par d'ardents coursiers, se précipiter sur lui; mais, au nom de Jésus qu'il prononça, tout ce pompeui appareil s*engloutit dans le sein de la terre... .« Que de fois, pendant qu'il était eoucM, des femmes toutes nues lui apparurent! auede fois, pendant qu'il mangeait, apercut-il tout à couo les mets les plus exquis f Parfois, lorsqu«il était en prière, c'était un loup ou un renard qui passait en hur- Unt ; lorsqu'il chantait des psaumes, c'était le spectacle d'un combat de gladiateurs ; Mlui qui semblait tué par son adversaire venait tomber à ses pieos et lui demander la sépulture, a Nous voyons dani la bulfe de canonisation de saifite Catherine de Sienne, qu* ff elle avait très-souvent à lutter contre les démons, et était vivement tourmentée de leurs importanités. » Celle de saint Philippe 4ie Néri rapporte que, bien que le vieil ennemi du genre humain s'efforçAt souvent de J'épouvanter, en lui apparaissant sous des formes effirayantes» il resta toiqours invincible, et triomphant glorieusement de ses attaques, il conserva la paix et la tranquillité Véritable dont il jouissait intérieurement. » De pareils faits sont consignés dans les piè • ces de canonisation de saint François-Xa-
vier, de sainte Mario-Madeleine de Pazzi et de sainte Françoise de Rome, c Si Jésus- Christ, dit Benott XIV (Deserv. Dei bemi.^ I. III, c. 30, n* 13), a été conduit par le Saint-Esprit dans le désert, s'il s*est volootairement soumis è la tentation, non pour y consentir, mais pour lutter contre elle et pour la vaincre ; s'il s'est laissé transporter par le démon sur le pinacle du temple ou au sommet d'une montante {Maiih. iv) ; s'il s'est en un mot assujetti a toutes ces épreuves, c'est pour nous apprendre que personne, quel que soit le degré de sainteté où il soit parvenu* ne doit se croire h l'abri des tentations ; c'est aussi pour nous montrer eomment nous pouvons triompher des tentations. Personne ne devra donc s'étonner de lire dans la Vie et les Actes des saints, qu*iis aient souvent été éprouvés par les tentations et les apparitions du démon. »
Il est certain que le démon pent toanneoter le corps de l'homme par diverses maladies et lui apparaître sous une forme visible. Cependant, d'après le P. Reynera (ttax.
iheoL mvf/., 1. 1, p. 7M), Dieu se sert aussi quelquefois, dans ces épreuves qu'il envoie aux imes saintes pour les puriner, du ministère des bons aoçes. Seulement, d'après les lois ordinaires, il est plus probable que les mauvais an^es sont seuls chargés des vengeances divmes, dont ils sont les exécuteurs. C'est Topinion de Suarez, de saint Jean Clirysostome et de saint Augustin.
II. Outre la violence et la terreur dont le démon se sert pour perdre les Ames saintes, il leur offre quelquefois happai des plaiiirs et de la volupté^ en présentant souvent à leur regard, en réalité ou en apparence, des objets qui les provoquent vivement à la gourmandise, h la luxure, è Tavarice, etc., ou en excitant intérieurement en eux des passions
3ui les poussent h se procurer la possession e ces objets. Ainsi, c'est par 1 attrait du plaisir que le serpent a séduit Eve ; en lui vantant la beauté et la douceur du fruit défendu, il a excité en elle le désir d'en manger. Ainsi, il faisait apparaître à saint Hilarion des femmes toutes nues et des mets succulents, c Notre ennemi , dit saint Augustin, tantôt nous déchire cfuellement comme un lion, tantôt se cache pour nous
surprendre comme un dragon > Lion on
dragon, jamais il ne cesse de persécuter ra- C^ise i il est môme plus redoutable, quand il a recours à la ruse, que quand il ag^t au- Tertement avec violence.