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Pour qu'on soil sûr que la volonté do Dieu se manifeste dans une élection do supérieur, si elle se. fait à la pluralité des voix, il faut que toutes les règles légitimement établies pour la forme de l'élection soient strictement observées. Une do ces rèr gles, fondée sur l'autorité de TKglise, oblige, sous peine dp faute grave, et c'est la principale ; c'est que Ton est obligé de choisir le plus digne parmi les éligibfcs. Le concile de Trente Tu ainsi décidé dans sa xxiv' session (c. It De ref.)^ en disant : « Le saint concile exhorte tous ceux qui ont le droit de promouvoir à des charges, à quelque titre <jue ce soit qu'ils le possèdent ou gu*ils raient reçu du Saint-Siéçe, à ne rien innover dans les formes, et il les exhorte à se souvenir qu'ils ne peuvent rien faire do mieux, pour la gloire de Dieu et pour le salut des peuples, que de choisir de bons pasteurs, et capables de diiiger l'Eglise de Dieu ; et s'ils ne choisissent les plus digues et les'phis utiles è l'Eglise d'après leur conviction; s'ils se laisscnl influencer par les prières, les alTeclions humaines et les suggestions de l'ambition, alors ils nèchent mortellement en participant aux pécués des aut**es. »
Et ici, par le plus digne, c(n ne doit pas entendre quelqu'un en général c[ui n est pas indigne, mais réellement celui que l'on croit le plus digne par ses mérites réels : c'est ainsi que Ta déclaré Innocent XL
11 faut prendre le plus digne, dit saint Thomas, non dans la pensée de l'élu, mais dans celle do l'électeur; et il ajoute ces paroles bien, remarquables : « Lelui-Ià n est pas toujours le plus digne qui est le meilleur et le plus saint, mais le plus utile à l'Eglise. »
De Lugo en déduit ainsi les motifs : La charge des Ames est telle que l'on ne peut espérer pour ainsi dire de jamais trouver quelqu'un de digne eu tous points; c'est |K)urquoi celui-là est censé digne qui a le moins do défauts, et qui n'a pas de concurrent plus parfait connu; et si on découvrait ce plus digne, on ne pourrait sans un grave dommage de la communauté ne pas le préposer, puisqu'il est si difficile de, trouver le supérieur qui par sa prudence et son exemple contii^me les religieux dans la discipline de leur étaf, et qui ramène les relAchés à la rigueur de la règle, et qui les conduise tous à ia perfection.
Si les électeurs sont tenus d'élire le plus dignd à leur jugement, il ne s'ensuit pas que l'élu doive se croire pour cela le plus digne ; car, dit saint Thomas, ce serait être orgueilleu:^ et présomptueux ; mais il suffit gu il ne troMverion en lui qui lui rende illicite l'acceptation de sa dignité, c'est-à-dire une suspense, une irrégularité, une excommunication, etc. Le saint docteur appuyé ses raisons de l'exemple de saint Pierre, qui, étant interrogé s*il aimait le Seigneur plus que . les autres, répondit, non qu il l'aimait plus que lesautres, mais simplement qu'il l'aimaitt
L'élu ne doit pas résister obstinément à sa vocation, si Télertion a été faite légiti-
mement, selon les règles établies, par ceux par lesquels Dieu a coutume de manifester sa volonté; quoique l'élu soit porté à sa charga contre son inclination et ses goûlSf il fera mieux de se soumettre humblement è |>orter le fardeau que de résister atec obstination. On peut déduire ceci de la parabole des talents, où Ton voit que le ser? iteur qui cacha son talent fut sévèrement puni. ^ Saint Aliianase écrivant à Draconce, qui réfusait Tépiscopat parce quMI était moine, lui disait : « Ce que vous faites n'est pas exempt de faute, mon cher Draconce, car il n'est pas permis à celui qui a reçu cette grâce de la cacher, et il n'est pas prudent de fournir aux autres l'occasion de la fuir. Le Seigneur connaît mieux que nous-mêmes ce qui nous concerne, et u sait à qui il conQe ses Eglises. S'il arrive qu'il ne soit pas digne, qii'il fasse attention non à sa vie, mais à son ministère, de peur qu'en n'envisageant les choses qu'au point de vue du monde, il encoure des malédictions.» a 11 y en a quelques-uns, dit saint Grégoire, qui no refusent que |»ar humilité, de peur d'être préférés h Ciiux à qui ils se rroient inférieurs. Cette humilité est excellente si elle est entourée des autres vertus, elle plaît à Dieu , pourvu qu'il n'y entre point de ténacité. Car celuilà n'est pas véritablement humble qui résiste à la volonté de Dieu convenablement connue. «
On'peut encore observer, sur l'acceptation des honneurs et charges, les points suivants: i** Celui-ià pèche gravement en acceptant des prélalures, s'il se sent exposé au péril prochain de succombera la négligence de ses devoirs. 2° Si celui qui se sent exposé à un grand péril de succomber dans les devoirs de sa charge reçoit, malgré ses représentations, l'ordre de celui qui a droit de lui commander, il doit accepter, et mettre sa confiance en Dieu. 3" Si, malgré ses observations et le danger personnel qu'on court, des personnes recommandables vous font comprendre que le bien de la communauté demande votre acceptation, vous devez ne point refuser, k" Si on n'a aucun motif particulier et puissant de fuir la dignité, on peut humblement faire des etforts pour la refuser , mais on peut aussi humblement l'accepter. La maxime de saint François de Sales à ses religieuses était de ne rien rechercher et de ne rien refuser. Or, cette disposition, si elle est bien sincère, appelle nécessairement les grâces de Dieu pour nous aider à suffire à toutes les positions, ou bien alors Dieu permettra que les chagrins qui nous feraient succomber ne nous arrivevent pas.
ELOI (Saint) , évêque de Noyon sous le règne de Dagobert, l'an 639, offre ce trait remarquable dans sa vie, qu'il sut mener une vie contemplative au milieu de la cour. 11 a laissé quelques homélies qui contiennent des règles de la vie spirituelle.
ENFER. — Foy. Fins DERNIÈRES.
ENtiELC.UAVE (Henri), Jésuite, né à Anvers en 1610, entra dans la Compagnie à