‹ Dictionnaire d'ascétisme (volume 3)Chapitre 87 sur 186 · EUM · texte numérisé non relu

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dii-huil alis. ll.sul allier nvcc IVluJc (1rs belles»loUres, dans lesquelles il fit ilc grands firogrès, une autre étude plus nécessaire tmcore h un religieux» colle de rEcriluro sainte et des auteurs sacrés. On l'apjmUiil un magasin de science i offieina »cientiarum. Il mourut à Anvers le 8 mars 1C70. Qulre des Sermons en grand norpbre, cl des Cornmenlaires sur les évangiles du carême , il a laissé des JUédiicUions sur la Passion^ eu langue flamande, Anvers, 1670, in- 8".

ENGËLGRAYË (Jean-Baptiste), frère atnc du ftrécédent, Jésuite comme lui, naquit i) Anvers en 1601. 11 fit profession en 1619, devint recteur du collège de Bruges, et provincial de Flandre. C'était un religieux plein du pit^'lé et de zèle et d'un grand .«savoir. On .a de lui uMédilalions pour tous les dimanches et les fêtes de Vannée. \\ mourut le 3 mai 1658.

£PHRËM (Sainl), diacre d*Edesse, se livra dans'sh jeunesse à une vie déréglée; mais il reconnut ses égarements et se relira dans la solitude pour Tes pleurer. 11 alla ensuite Il Edesse où il fut ordonné diacre. Quoiqu'il eût négligé ses études, il prêcha avec faut de faciTîle et d'éloquence, que saint Grégoire de Nysse l'appelait le docteur de Vuniversy et Théodoret, la lyre du Saint-Esprit. 11 mourut vers Tan 379. On a de lui de nombreux ouvrages d'ascétisme et de controverse publiés à Rome en 6 vol. in-folio, 1746. Les ouvrages de piété ont été traduits en français par l'abbé Lemerrc, 2 vol. in-12, Paris, nVi.

EPUEUVE.—C'estcequel'Ecriturenomme tentation. 11 est dit dans plusieurs endroits qu9 Dieu met & l'épreuve la foi, la constance, l'obéissance des hommes; qu^il mit Abraham à l'épreuve, etc. Dieu n'a pas besoin de nous éprouver, il sait d'avance co que nous ferons dans toutes les circonstances où il lui plaira de nous placer; mais nous avons besoin d'ôlre éprouvés , pour savoir ce dont nous sommes capables avec la grâce, et combien nous sommes faibles par nous-mêmes. Si Dieu n'avait pas mi.< à de fortes épreuves Abraham , Joseph, Job, Tobie, le monde aurait été privé des grands exemples de vertu qu'ils ont donnés, et Ils n'auraient pas mérité la récompense qu'ils ont reçue. *Ce qui est à notre égard une épi euve, un moyen d acquérir de nouvelles connaissances expérimentales, n'en est pas un à l'égard de I)ieu; mais, en parlant do cette majesté souveraine, nous sommes forcés de nous servir des mômes expressions que quand nous parlons des hommes. (Fou. Tentation, Abandon.)

ERMITE, SoLiTAiBE. — Nous avons faif, au mot Anachorète, ra[)o)ogie de la vie solitaire ou érémitique, contre la folle censure des philosophes incrédules; nous avons fait voir que ce genre de vie n'est ni un eff^'t de misanthropie, ni une violation des devoirs de société et d'humanité, ni un exemple inutile au monde, et nous avons réfuté les traits de satire lancés par l'incré- .dulité contre les ermites. Aussi ,ces censeurs téméraires n'ont pu se satisfaire eux-mêmes,

en reçIuTchanl les causes qui ont donp^J naissance à la vie solitaire. Certains auteurs, af)rès avoir donné carrière à leurs cotijee* tîires sur ce poin4, ont imaginé que saint Paul,, premier ermite, put en puiser le goûl di^ns les priMoi[)CS de la théologie mystique, qui apprenait aux hommes' que, pour unir l'âme à Dieu, il faut l'éloigner de touttj idée des choses sensibles et corporelles. [Hist, Christ, sœc. m , p. 29.) Il nous ferait plus naturel de penser que ce saint solitaire avait contracté ce goût dans t'Evangile, dans l'exemple de Jésus Christ, qui se relirait dans des lieiix déserts, pour prier, qui y passait les nuits entières, et qui y demeura quarante jours avant de commencer à prêcher l'Evangile. Ce divin Sauveur a fait l'éloge de la vie solitaire et mortifiée de saint Jean-Baptiste, et saint Paul a loué celle des prophètes. En effet, nous voyons que Dieu retint pendant quarante jour»

Moïse sur le mont Sinaï, et qu'Élie passa une ^wtie de sa vie dans les déserts. Voilà donc un des principes die la théologie myslitjue consacré dans l'Ecriture sainte.

Mais la vie érémitique n'a jamais produit des effets plus salutaires que dans le lemjKs d. s malheurs de l'Europe, et après les ravages faits par les barbares. Lorsque les habitants do celte partie du monde furent partagés en deux classes, l'une de militaiies oppresseurs et se faisant honneur du brigandage, l'autre de serfs opprimés et misérables, plusieurs des premiers , honteux et repentants de leurs crimes, convaincus qu'ils ne pourraient pas y renoncer tant qu'ils vivraient parmi leurs semblables, se retirèrent dans des lieux écartés poui* y faire pénitence, et s'éloigner de toute occasion de désordre. Leur courage inspira du resfiect; malgré la férocité des mœurs, on admira leurveilu. On aila chercher auprès d'eux des consolations dans les peines , leur demandorde sages conseils, implorer lesecours de leurs prières. Nos vieux historiens et même nos romanciers parlent des ermites avec vénération; on comi)renait que si leur piété n avait pas été sincère , ils n'auraient pas persévéré longtemps dansce genre de vie.

Quelques-uns peut-être l'ont choisi par amour pour l'indépendance, d'autres pour cacher leur libertinage sous le voile de la piétéjmais ces abus n'ont jamais été communs, et c'est à tort que les incrédules en accusent les solitaires on général. 11 n'a jamais été furt difficile de distinguer ceux dont la vertu n'était pas sincère, leur conduite ne s'est jamais soutenue longtemps; les yeux du peuple, toujours ouverts principalement sur ceux qu'il regarde comme des serviteurs de Dieu, ont bientôt découvert ce qu'il peut y avoir de répréhensiblo dans leurs mœurs.

On a encore dit que la plupart étaient des fairtéants qui affectaient un extérieur siagulierpour s'attirer des aumônes, parcequ'ils .«^avaient que le peuple imbécile ne manquerait /pas do leur en prodiguer. C'est iinn Muvetl^ injustice. Les vrais ermites ont été

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li>U)#ur8 laborieux» et comme leur vie'élaît ' très-frugale » leur troYail leur a toujours fourni» Don-seoleinent leursubsistance» mais oocore de quoi soulager lespaufres.— Les nrotestants oot eu beau déclamer contre le goût de la Tie monastique et érémitique,ils n*ont pu Tetouffer entièrement; il s*est formé itarmi eui des sociétés qui, h Feiception du célibat, ont beaucoup de ressemblance aTec la vie des anciens cénobites.

ESCHIUS (NicolasV, prêtre pieux et savant, né à Nordwik, prèsBois-le-DuCt en 1507, se fit remarquer par la régularité de sa conduite, et professa les belles-lettres à Cologne, où il eut i»our élèves le Jésuite Pierre Caniftius et leCbartreux Surius.ll devint ensuite archiprètre dé Diest et termina paisiblement, en 15V8, une carrière qu'il avait sanctifiée par la pénitence et les bNonnes oauvres. On a de lui : i* Exereicei de piété, en latin, Ânirers, 1563, in-8*; —2* isagoge ad viiam miro9er$am capescendam^ h la tète du Templum animm^ ouvrage anonyme; 3* une traduction de la Perle évangilique, 15M.

ESPERANCE. — VEsp&ance, prise en général, est un mouvement de la partie appétive vers un bien futur, difficile, mais possible h acquérir : vere iin'6ten, autrement ce serait de la crainte; fulur, car le mouvement vers un bien présent s'appelle joie ; difficile, car nous désirons simplement ce que nous pouvons obtenir de suite; nous ne 1 espérons pas; possible, autrement il y aurait désesl»Oir et non espérance. Ici nous entendons |iar espérance une vertu théologale divinement infuse, par laquelle nous attendons «vec une confiance certaine l'éternelle béatitude et les moyens d*y parvenir, par le secours de Dieu.

Ln vertu d'espérance nous est extrêmement nécessaire , non-seulement de nécessité de précepte, mais !cncore de nécessité de moyen : c*est ce que montre le concile de Tren ê : « Il faut proposer la vie éteroello il ceui qui espèrent en Dieu, et comme une

g rAce miséricordieusement promise par Jésushrisl aux enfants de Dieu, et comme une récompense que Dieu, selon sa promesse, accordera tidelement à leurs bonnes œuvres et h leurs mérites. » (Sess. vu , c. 16.) Nous devons tfspén*r Téternello béatitude et tous les moyens nécessaires pour Tobtenir, lels que la grAce de vivre et de mourir pieusement, de surmonter les tentations, de pratiquer la vertu el d'obtenir le pardon de nos péchés, et cette espérance doit être fondée sur ce motif, que Dieu, souverainement bon, souverainement puissant et souverainement fidèle, nous a promis de nous accorder ces biens, et que Jésus-Christ a souffert et est mort pour nous précisément dans cette intention. Toutefois, comme l'espérance n'exclut pas toute crainte, nous devons, tout en espérant, craindre et nous défier de nousmêmes.

Pour faire des progrès dans la perfection et avancer dans la vei tu de foi, faous devons nous exercer avec soin dofis respéranee.*Oa le prouve :

1* Par l*Ecriture sainte. Saint Paul exhortant les fidèles Hébreux à croître en jperfee^ tion, et leur rappelant ou'il espère d eux de

?;randes améliorations: Ifous avons une muileure opinion de vous et de voire salui , tnes bien-atmés [Hébr. vi, 9); c*est*è-dire une coopération fidèle vers toute perfection, les y excite en disant : Nous souhaitons que chacun de vous fasse paraître jusqu'à la fin le mime zèle, afin que votre espérance soit accom plie et que votu ne soyez pas lents et peures^ seux (tbid., 11, 12); il relève leur courage par l'espérance, et ajoute : Nous avons une puissante consolation-, nous qui avons mis notre refuge dans la recherche et Facquisition des biens qui nous sont proposés par Cespé^ ronce, laquelle sera pour notre âme comme une ancre ferme et assurée. {Ibid., 18, 19}.

3* Par les SS. Pères : « La foi commence la gloire, dit saint Jean Chrysostome, Tes-, pérance la consomme en la soutenant; l'une jette les fondements, l'autre édifie l'homme tout entier; la première donne le principe, la seconde conduit le Chrétien au but; la foi s'adresse aux commencements de la crédulité, l'espérance mène à la consommation de la vertu ; celle-là croit ce qui est pro* mis, cebe-ci voit déjà ce. qu'elle espère. Fer* sonne ne peut profiter de la foi, s il ne veut consommer la gloire de l'espérance; et de même aue l'espérance n'a aucune solidité sans la foi, de même sans l'espérance la foi ne peut être récompensée. » (Bom. de fiée, spe et charit.) Saint Bernard, décrivant comment celui qui espère se réfugie en Dieu, méprise ses ennemis, et reste sûr au milieu du danger, dit : « Sa libéralité pleine de dou* ceur ne fait pas défaut à ceux qui espèrent en lui : tout le mérite de Thomme consiste à mettre tout son espoir en celui qui sauve l'homme tout entier.... Il obtiendra tout ce qu'il pourra espérer, pourvu que son espérance soit fixée toute en Dieu, qu elle soit ferme et non chancelante. » (Serm. 15, in ps. xc, Qui habitat, etc.)

3* Rossignoli en donne la raison, en disant : c A mon avis, de même que la foi rend héroïques les actions par lesquelles l'homme, pour la gloire de Dieu , méprise avec courage et générosité et lui-même et toutes les choses du monde, de même Tespérance est d'un grand secours pour celui qui veut persévérer avec constance et jusqu'à la fin dans les résolutions qu*il a prises. » (L. m De Christ, mrf,, c. 5.) C'e.>t pourquoi l'Apôtre, dans fa dôtinilion ellemême de la foi, passe de suite à Tespérance et dit que la foi est la substance des choses que l'on espère, afin que le Chrétien sache qu'il ne doit pas porter sn pe;isée et ses espérances surleschosesde la terre, sur les biens présents et périssables, mais sur les biens célestes » futurs et éternels : ce doit être là l'objet de ses entretiens et de ses soupirs. D autant

{»Ius que chacun peut, par une espérance èrmement établie en Dieu, jointe avec*une sage défiance de soi-même, surmonter, avec le puissant secours de Dieu, tous les obsta-

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