‹ Dictionnaire d'ascétisme (volume 4)Chapitre 10 sur 209 · DOR · texte numérisé non relu

DOR

qui marque les parties du temps sur un cercle gradué.

Ces premiers eSèts bien conçus « on aura une idée générale de toutes les machines qui mesurent le temps, car quelle que soit Iftur eoDstrnction, elfesjse rapportent toutes aux mémee principes.

L'art parrenu jusque-là , ne procure encore qnnne pendule qui demande à être fMrfaitement fixe , et qui n'est point portatire. Que de difficultés n*a-t-on pas eu à surmonter pour panrenir à faire des montres? Pour eonstruire une horloge portative, ii a fallu substituer un autre moteur que le poids et un autre régulateur que le pendule. Four moteur on y a mis un ressort d'acier plié en spirale, et pour régulateur un balancier. Ce ressort spiral , qu'on a ajouté aux montres portatires , et qui assure la régulante du mouvement par des vibrations toujours égales, est de l'invention de l'ingénieux abbé dTHautefeuille, d'Orléans. Afin de se former une idée bien nette de ces ingénieuses machines, il n'y a qu'à supposer, ainsi que nous l'avons (ait pour les horloges à pendule» coQtinoe M. Bertboud , que I on n a jamais tu de montre , et qu'on cherche les moyens d'eu eonslmire une qui ne soit pas susceptible de dérangement par les agi rations qu'elle éprouve lorsqu'on la porte sur soi. A cet effet, if n'y a qu'à s'imaginer que , sur un axe termioé par deux pivots, est attaché un anneau drcuiaire, également pesant dans toutes les parties de sa circonférence; cet anneau,

nl'on nomme bcUaneier (supposé placé une caçe» dans les trous de laquelle roulent les pivots de son axe), a la propriété de continuer le mouvement qu'on lui a imr primé, sans que les cahots le troublent sentsîblement.Ce balancier devient lerégulateur qui sert à modérer la ritesse des roues de la machine |K)rtative; car, en attachant sur l'axe du iialancier deux bras qui communiquent à une #ooe entraînée par un agent qui a la propriété d^igir» quelle que soit la position de la machine (cet agent est le ressort plié CD spirale) ; ces bras de l'axe du balancier formeront avec cette roue un échappement

Si fera faire des vibrations au balancier. lie ruue marauera les parties du temps divisé par le iMiancier.

Il est à propos de &ire observer que , dans les horloges à poids , la force motrice De doit être qne suffisante pour restituer au pendule (d'abord mis en mouvement) celle que le frottement de l'air et la suspension lui font perdre; mais dans les montres, la force motrice doit être capable de donner le mouvement au régulateur, sans quoi la montre pourrait être arrêtée par certaines secousses. Tels sont les éléments de la mécanique des pendules à poids et de celles à

, parvenu à l'intelligence des machines, le jeune artiste aura des idées nettes de leurs principes; et, possédant l'exécution, il {lassera aisément à la pratique des montres , H d'autant mieux que le même esprit q\ii sert à composer et exécuter les pendules

est également appliquable aux montres, qui ne sont en petit que ce que les pendules sont en grand* Au reste , comme on ne parvient que par gradations à acquérir des lumières pour la théorie, de même la main ne se forme que pnr l'usage; mais cela se dit d'autant plus vite , que Ton a mieux dans la tête ce que l'on veut exécuter; c'est pour cette raison

3ue je conseille de commencer par l'étude e la science avant d'en venir à la maind*œuvre , ou tout au moins de les fiiire marcher de pair.

Il est essentiel d'étudier les principes de Tart et de s'accoutumer à exécuter avec pré* cision; mais cela ne suffit pas encore. On ne possède pas Thorlogerie pour en avoir les connaissances générales. Ces règles que l'on apprend sont appliquables dans une machine actuellement existante ou dans d'autres qui seraient pareilles; mais imaginer des moyens

3ui n'ont pas été mis en usage, et composer e nouvelles machines » c'est à quoi ne par* Tiendront jamais ceux qui ne possèdent que les règles, et qui ne sont pas doués de cet heureux génie que la nature seule donne; ce talent ne s'acquiert pas par l'étude , elle ne fait que le perfectionner et l'aider à se développer. Lorsqu'on joint ce don de la nature à celui des sciences , on ne peut com* poser que de très-bonnes choses.

On voit, d'après ce tableau, que, pour posséder l'horlogerie , il faut avoir la théorie de cette science. Tari d'exécuter et le talent de composer : trois choses qui ne sont pas fa* ci les à réunir dans la même personne , et d'autant moins que jusqu'ici on a regardé l'exécution des jnèces aborlogerie comme la partie principale, taudis qu'elle n'est que la dernière. Cela est si vrai » que la montre ou la pendule la mieux exécutée fera de très-grands écarts si elle n'est pas construite sur de bons [irincipes, tandis qu'étant raé~ diocrement exécutée, elle ira fort bieu si les principes sont bons.

Je ne prétends pas qu'on doive négliger la main-d'œuvre : au contraire; mais, persuadé qu'elle ne doit être qu!en sous-ordre, et que l'homme oui exécute ne doit mar* cher qu'après 1 honune qui imagine, je souliaite qu'on apprécie le mérite de la main et celui du génie chacun à sa valeur, et je crois être d'autant plus en droit de le dire, que je ne crains pas que l'on me soupçonne do dépriser ce que je ne possède pas. J'ai fait mes preuves en montres et en pendules , et en des parties difficiles. En tout cas , je puis convaincre les plus incrédules par les faits.

Je crois devoir d'autant plus insister s'>' cela , que, la plupart des personnes qui se mêlent de rhorlogerie, sont fort éloii^uées do |)enser qu'il faille savoir autre chose que tourner et limer. Ce n'est pas de leur faute; leur préjugé naît uniquement de la ma-nière dont on forme les élèves. Ou place un enfant chez un horloger pour y demeurer huit ans et s'occuper à faire des commis* sions et à ébaucher quelques pièces d'horlogerie. S'il parvient au bout de ce temps à faire un mouvement, il est supposé fort ha..

HOR

noR

bile. Il ignore cependant forl souvent rou* Trage quil a fait; il se présente avec sqn savoir a la matlrise; il fait lui-même ou fait exécuter par un autre le chef-d'œuvre qui lui est prescrit, est regu maître, prend boutique* vend des montres et des pendules, et sedit horloger. On peut donc regarder comme un miracle si un homme ainsi conduit devient jamais habile.

On appelle communément horlogers ceux qui professent l'horlogerie. Mais il est à propos de distinguer l'horloger, comme on rentend ici, de Tartiste oui possède les principes de Part : ce sont Jeux personnes absolu* nient différentes.

Le premier pratique en général Thorlogerie sans en savoir les premières notions, et se dit horloger parce qu*il travaille une partie do cet art.

Le second embrasse au contraire cette science dans toute son étendue : on pourrait rappeler Tarchitecte mécanique; un tel artiste ne s'occupe pas d*une seule partie : il fait les plans des montres et des pendules ou autres machines quMl veut construire ; il détermine la position de chaque pièce, leurs directions, les forces qu'il faut employer, toutes les dimensions : en un mot, il construit l'édiGce ; et quant à Texécution , il fait choix des ouvriers qui sont capables d'en exécuter chaque partie.

L'horloçerie ne se borne pas uniquement aux machines qui mesurent le temps ; cet art étant la science du mouvement , on voit que tout ce qui concerne une machine quelconque peut être de son ressort. Afnsi , de }a perfection de cet art dépend celle des différentes machines et instruments, comme»

par exemple, les instruments propres à Tastronomie et h la navigation, les instruments de mathématiques , les machines propres à faire des expériences de physique , etc.

Le célèbre Graham, horloger de Londres, membre de la Société royale de cette ville, n*a pas peu contribué à la perfection des instruments d'astronomie , et les connais- " sances qu*il possédait dans les différents genres dont nous avons parlé prouvent bien que la science de Thorlogerie les exise toutes. Il est vrai qu'il faut pour cela des génies supérieurs; mais pour les faire naître, il ne faut qu'exciter l'émulation et mettre en honneur les artistes.

Nous distinguerons trois sortes de personnes qui travaillent et se mêlent de travailler à l'horlogerie : les premiers, dont le nombre est le plus considérable , sont ceux qui ont pris cet état sans goût, sans disposition ni talent, et oui le professent sans application et sans ctiercher à sortir de leur Ignorance; ils travaillent simplement pour gagner de l'argent , le hasard ayant décidé du choix de leur état. Les seconds sont ceux qui, par une envie de s'élever fort louable*, cherchent à acquérir quelques connaissances des principes de l'art, mais aux efforts desquels la nature ingrate se refuse. Enfin le petit nombre renferme ces artistes intelligents qui, nés avec des dispositions particu-

lières , ont l'amour du travail de l'art , et s'appliquent à découvrir de nouveaux principes et à approfondir ceux qui ont été déjà trouvés.

Pour être un artiste de ce genre, il ne suffit pas d'avoir un peu de théorie et quelques principes généraux des mécaniques, et d'y joindre l'habitude de travailler : il faut de plus une disposition particulière donnée par la nature. Cette disposition seule tient heu de tout. Lorsqu'on est né avec elle, on ne tarde pas à acquérir les autres parties : si l'on veut faire usnge de ce don précieux, on acquiert bientôt la pratique; et un tel artiste n'exécute rien dont il ne sente les effets ou qu'il ne cherche à anal,yser : enfin, rien n'échappe à ses observations. Et quel chemin ne fait-il pas dans son. art, s'il joint aux dispositions l'étude de ce que l'on a découvert Jusqu'à lui?

Il est sans doute r^ro de trouver des génies heureux qui réunissent toutes ces parties nécessaires; mais on eu trouve qui ont toutes les dispositions naturelles; il ne leur manque que d'en faire l'application, qu'ils feraient sans doute, s'ils avaient plus de mo^ tifs pour les porter à se livrer tout entiers à leur art. Il faudrait, pour rendre un service essentiel à l'horlogerie et à la société, que ceux qui sont horlogers évincent ceux qui ne sont que des ouvriers ou des charlatans. 11 faudrait enfin confier l'administrationducorfis de l'horlogerie aux plus intelligents, eu faciliter l'entrée à ceux oui ont du talent, et la fermer h ces misérables ouvriers uni ne peuvent que retarder les progrès de l'art qu'ils tendent même à détruire.

S'il est nécessaire de partir d'après des principes de mécanique pour composer des pièces d'horlogerie, il est à propos de les vérifier par des expériences; car, quoique ces principes soient fort invariables, comme ils sont compliqués et appliqués à do trèspetites machines, il en résulte des effets différents etassez difficiles à analyser. Nous ferons observer que» parrapport aux expériences, il y a deux manières de les faire. Les premières sont faites par des gens sans intelligence, qui ne font des essais que pour s'éviter la peine de rechercher par une étude» une analyse pénibles, que sou vent i Is ne soupçonnent pas, l'effet qui résultei^a d'un mécanisme composé sans règle, sans principes et sans vue; ce sont des aveugles qui se conduisent par le t&tonnemenl à l'aide d*un bâton.

La seconde classe dos personnes qui font des expériences est composée des artistes instruits des principes (las machines, des lois du mouvement, des diverses actions des corps les uns sur les autres, et qui , doués d'un génie qui sait décomposer les effets les plus délicats d'une machine, voient par Tesprit tout cequi doit résulter de telle ou telle combinaison, peuvent la calculer d'avance» la construire de la manière la plus avantageuse, en sorte que, s'ils fonl des expériences, c'est moins pour apprendre ce qui doit arriver, que pour confirmer les principes

noR

DES INVENTIONS

nOR

ifalls ont établis» et les effets qu'ils STaient ■oaljsés. J*aYoae qa'une telle manière de Toir*esi très-pénible, et qu'il faut être doué d'an génie particalier; aussi appartient-il k |iea de personnes de faire des expériences utiles et qui aient un but maroué.

Uborlogerie lÎTrée à elle-même, sans en* eooragemeni, sans distinction, sans récompense, s*est élevée, par sa propre force, au point où nous la Tojrons aujourd'hui. Cela ne peul être attribué qu'à l'heureuse disposition de quelques artistes qui, aimant assez leur art pour en rechercher la perfection, ont exdlé entre eux une émulation qui a produit des effets aussi profitables que si on les eût eocoufi^jés perdes récompenses.

. Le germe de cet esprit d'émulation est dû aox artistes anglais que l'on fit Tenir en France du temps de la Régence, enire autres, à SuUj, le plus habile de ceux qui s'établirent id, principalement connu par un excellent Trmii ^Horlogerie intitulé : La règle ariifeUUe dm temps.

Julien Leroy, élèfe de Le Bon, habile horioger, était fort lié avec Sully : il profita de ses lomières. Cela ioint à son mérite personnel, lui valut la réputation dont il a joui. CeluHi eut des émules, entre aufres Ender- Hn, qui élût doué d'un grand génie pour les mécÎDiqnes, ce que l'on |)eut voir par ce qui nous reste de lui dans le Traiié d*norlogerie de M. Thîout. On ne doit pas oublier feu ietfl-Baptiste Dutertre, fort habile horloeer, Gaodron, Pierre Leroy, Thiout l'aîné, dont le traité d'horlogerie lait l'éloge.

Nous ne devons pas oublier M. de RoiDiily; connu par des ouvrages du plus grand mérite , à oui l'on doit plusieurs bons artides du traite d'horlogerie dans YEncy^ elepMe; M. Ferdinand Berlhoud, savant et ingénieux horloger, dont les écrits et les inventions dans son art sont également recommandâmes, et qui a aussi fourni d'excellents articles dans cet ouvrage; M. le Fiut, dont on a un beau Traité d*Horloaerie et grand nombre de superbes et d'excellents ouvrages; M. Gasioucle, M. de l'Epine, et tant <f autres célèbres artistes qui font honneur à la France par leurs découvertes et par leors productions.

Hons devons à ces premiers artistes grand nombre de recherches, et surtout la perfeo tion de la main-d'œuvre; car, par rapport h la théorie et aux principes de l'art de la mesure du temp's, ils n'en ont aucunement traité. Il n'est fias étonnant que l'on ait encore écrit de nos jours beaucoup d'absurdités; le seul ouvrage où il y ait des principes est le mémoire de M. Rivaz, en réponse à un assez mauvais écrit anonvme eootre ses découvertes. Nous devons a ce mémoire et à ces disputes l'esprit d'émulation qui a animé nos artistes modernes. Il serait à souhaiter que M. Rivaz eût suivi lui^Dèoie rhorlogene. Ses connaissances en mécanique auraient beaucoup servi à perfectionner cet art.

Il laut contenir que ces artistes, qui ont eoriehi l'iKxrlogeriey méritent tous nos éloges.

pirisque leurs travaux pénibles n'ont eu pour objet que la perfection de l'art, pour laquelle ils ont sacrifié leur fortune ; car il est bon d'observer qu'il n'en est pas de l'horlogerie comme des autres arts, tels que la peinture. Dans ceux-ci, l'artiste qui excelle est non-seulement encouragé et récompensé; mais, comme beaucoup de personnes sont en état de juger de ses productions, la ré-

t>utalion et la fortune suivent ordinairement e mérite. Un excellent artiste horioger peut au contraire passer sa vie dans l'obscurité, tandis que des plagiaires, des charlatans et des marchands ouvriers, jouiront delà fortune et das encouragements dus au mérite : car le nom qu'on se fait dans le monde porte moins sur le mérite réé\ de l'ouvrage que sur la manière dont fl est annoncé.

C'est à l'esprit d'émulation dont nous venons de parler que la Société des arts, formée sous la protection de M. le comte de Clermont, dut son origine. On ne peut que regretter qu'un établissement qui aurait pu être fort utile au public ait été de si courte durée ; on a cependant vu sortir de cette société de très-oons sujets qui bnt illustré l'Académie des sciences, et différents mémoires sur l'horlogerie. De concert avec plusieurs habiles horlogers, nous avions formé le projet de cette espèce d'académie et rayions proposé à feu M. Julien Leroy, Thiout. Romiliy et quelques autres horlogers célèbres. Tons auraient fort désiré qu il réusfAi; mais un ^d'eux me dit formellemeo^t

Îu'if ne voulait pas en être si un tel en tait. Cette petitesse me fit concevoir la cause de la chute de la Société des art3» et désespérer de la rétablir, à moins que le ministère ne favorisât cet établissement par des récompenses qui serviraient à dissiper ces basses jalousies.

On me permettra de parler ici deauelques-uns des avantages d'une société ou académie d*horlogerie.

Quoique l'horlogerie soit maintenant portée à un très-grand point de perfection, sa position est cependant critique; car, si d'un côté elle est parvenue à un degré de perfection fort au-dessus de l'horlogerie anglaise, {>ar le seul amour de quelques artistes, de 'autre, elle est près de retomber dans l'oubli.

Le peu d'ordre que l'on peut observer pour ceux que l'on reçoit; et, plus que tout cela, le commerce qu'en font des marchands,, des ouvriers sans droits ni talents, des domestiques et autres gens intrigants qui tromf»ent le public par de faux noms, ce qui aviit cet art : toutes ces choses 6tent sensiblement la confiance que l'on avait aux artistes célèbres, lesquels, enfin, découragés et entraînés par le torrent, seront obligée, de faire comme les autres : cesser d'être artistes pour devenir marchands.

L'horlogerie, dans son origine en France,

{paraissait un objet trop faible pour mériter 'attention du gouvernement; on ne pré' voyait pas encore que cela pût former dans

jaoR

UCTIONNAmC

HOR

la suite une branche de coaimerce aussi considérable qifelle Test devenue de uos jours; de sorte qu'il n'est pas étonnant qu'elle ait été abandonnée a elle-même : mais aujourd'hui elle est absolument différente; elle a acquis un très-grand degré de perfection; nous possédons au plus haut degré .'art d'orner avec goût nos boites de pendules et de montres, dont la décoration est fort au-dessus de celle des étrangers qui veulent nous imiter : il ne faut donc plus envisager l'horlogerie comme un art seulement utile pour nous-mêmes; il faut de ))lus le considérer relativement au commerce qu'on en peut faire avec l'étranger.

Nous joindrons ici la description d'un des instruments les plus anciennement employés pour mesurer le temps : la clepsydre.

La clepsydre est une espèce d'horloge d'eau, ou vase de verre qui sert à mesurer le temps par la chute d'une certaine quantité d'eau.

Il y a aussi des clepsydres de mercure.

Les Egyptiens se servaient des clepsydres pour mesurer le cours du soleil.

Ticho-Brahé en a fait usage de nos jours pour mesurer le mouvement des étoiles, et Dudhley dans les observations qu'il a faites à la mer.

Les clepsydres ont été, dit-on, inventées en Egypte sous le règne des Ptolémées; elles étaient fort utiles en hiver, les cadrans solaires étant plus d*usage en été.

Ces machines ont ueux grands défauts :

l'un, que Teau coule avec plus ou moins da facilite, selon que l'air est [ilus ou moins dense; l'autre, que Teau s'écoule plus «iromptement au commencement qu'à la Gn.

Bf. Ameutons a proposé une clepsydre qui n'est sujette, selon lui, à aucun de ces deux inconvénients, et qui a l'avantage de servir d'horloge comme les clepsydres ordinaires , de servir en mer à la découverte des longitudes, et de mesurer le mouvement des astres; mais cette clepsydre n'a point été adoptée.

Conslruciion d'une clepsydre. — Il faut diviser un vaisseau cylindriaue en parties qui puissent se vider dans les divisions de temps hiarquées ; les temps dans lesquels le vaiss« au total et chaque partie doivent se vider étant donnés.

Supposons, par exemple, un vaisseau cylinilrique tel , que toute l'eau qu'il contient «loive se vider en douze heures, et qu'il lailte diviser en parties dont chacune mette une heure à se vider.

1* Dites : comme la partie du temps 1 est au temps 12, ainsi le même 12 est à une V proportion 144.

2* Divisiez la hauteur du vaisseau en 144

Earties égales, et la partie supérieure tomera dans la dernière heure, les trois sui* vantes dans l'avant-dernière, les cinq voisines dans la dixième, etc.; enûn les vingt* trois d'en bas dans la première heure. Car, puisque les temps croissent suivant la série des nombres naturels 1, 2, 3, 4, S, etc.. et que les hauteurs sun( en raison des carrés

des nombres impairs 1, 3, 5, 7 9, etc., pris dans un ordre rétrograde depuis la douzième heure, les hauteurs comptées depuis la douzième seront comme les carrés des temps 1, 4, 9, 16, 25, etc. : d'où il suit que le carré 144 du nombre de divisions du temps doit être é^al au nombre de parties de la hauteur du vaisseau qui doit se vider. Or la liqueur descend d'un mouvement retardé, et l'expé* rience prouve qu'un fluide qui s'échappe d'un vase cylindrique a une vitesse qui est h peu près comme la racine carrée de la hauteur au fluide; de sorte que les espaces qu'il parcourt en temps égaux décroissent comme les nombres impairs.

M. Varignon a généralisé ce problème suivant sa coutume, et a donné la méthode do diviser ou graduer une clepsydre de figure quelconque, en sorte que les parties du fluide contenu entre les divisions s'écoulent dans des temps donnés.

L'Académie des sciences de Paris proposa les lois du mouvement des clepsydres pour le sujet de l'année 1725. Le prix fut remporté par M.Daniel Bemouilli, et sa pièce est imprimée dans le Recueil des prix de l'Académie. Quoiqu'elle soit fort ingénieuse, l'Académie avertit, dans une espèce de programme c|ul est è la tète, qu'il lui a paru que la question proposée n'avait pas encore été suflisamment approfondie.

Une des grandes diflicultés qu'on rencon^ tre dans la théorie des clepsydres, c'est de déterminer avec exactitude la vitesse du fluide qui sort par le trou de la clepsydre.

Lorsque le fluide est en .mouvement et qu'il est encore à une certaine hauteur, cette vitesse est à peu près éçale è celle que ce même fluide aurait acquise eu tombant, par sa pesanteur, d'une hauteur égale h celle du fluide. Mais, lorsque le fluide commence à se mouvoir, ou lorsqu'il est fort peu élevé au-dessus du trou, cette loi n'a pas lieu, et devient extrêmement fautive.

D'ailleurs, il ne suQit pas, comme on le pourrait penser d'abord, de connaître à chaque instant la vitesse du fluide, et le frottement contre les parois du verre ; les parti-* cules du fluide ne sortent point du vase sui* vant des directions parallèles.

Newton a observé que ces particules ont des directions convergentes, et que la veioe du fluide qui sort va en diminuant de eros* seur jusqu'à une certaine distance de l'ouverture, distance qui est d'autant plus grande que la vitesse ellenociême l'est davantage.

De la il suit que* pour trouver la quantité de fluide qui sort à chaque instant, il ne faut pas prendre le produit de la grandeur de l'ouverture par la vitesse du fluide, mais le produit de la vitesse du fluice dans l'endroit où sa veine est le plus contractée par la largeur de la veine en cet endroit.

Voici la description d'une petite clepsydre assz simple et qu'il est très-aisé de se nrocurer;

Page 1