‹ Dictionnaire d'ascétisme (volume 4)Chapitre 11 sur 209 · BOR · texte numérisé non relu

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DES INVENTIONS

HOR

Ajei un bocal de Terre, ou seulemeni un rase cjliadrique de faïence» d'environ un pi^ (le hauteur sur quatre douchs de diaxéire; percez ce verre par le bas» et raastiqiez-y un petit tuyau de verre de 4 à 5 ligofs de diamètre, et dont le bout ait été d.minaé de grosseur à' la lampe d'un émaiU iMr.de manière qu*il ne laisse échapper leau contenue dans le vase que goutte à gpcUe etirès-ieDlement.

Ce nse ainsi préparé sera couvert d*un «de de bois» au centre duquel on menapn uoe ouverture circulaire de cinq à six hg» de diamètre.

hocorez-vous ensuite un tube de verre tf 11 pied de hauteur et de trois lignes de dinètre» ajant à une de ses extrémités un f^ globe de même matière» au-dessous dflqad roQS mettrez un petit poids qui le ÙOM en équilibre sur l'eau» ou bien insé* mj.pir Touvertnre supérieure du tube, ic pea de vif-ai^ent. On colle un papier le loigde ce tube afin de le graduer.

Cet appareil étant fait ,on remplit le vase (Teac^ony met le tube» et on y place le cmie de bois. L*eau doit s'écouler invisitowl du vase par le petit tuyau

dwu autre vase, aundessus duquel il est

ftïlienlnne montre bien réglée sur Theu- ^ii aidi: on marque un Irait sur le papfrda lobe h l'endroit où il touche le bord •apérieur du couvercle ; à chaque heure on bit une jmreille marque, jusqu'à ce qu'on lit indiqué sur ce papier douze ou vingtî^otne heures selon la grosseur qu'on aura ûonnée au vase, ou eu égard à la petitesse «roaîcrture par laquelle l'eau s'échappe ; ^ qai forme une horloge à eau assez <:ucte, et qui sera d'un usaffe continuel, en •J»(it soin tous les jours de la remplir d'eau l^^\ la hauteur nécessaire.

On De doit pas , ayant réglé la distance <iane heure sur le tube, se servir de cette 5'^ore pour tracer les autres , attendu que I^Qu De s'écoule pas en même quantité ^u le même intervalle de temps , et que ««neBfsie vase peut bien n'être pas parm^mi cylindrique; on peut seulement <n'tterdïaque heure en quatre parties égales, I^P[ en avoir les demies et les quarts, sans ÎBiisetrouve de différence fort sensible.

Ceue pièce peut aussi se construire en fer- ^; mais il faut que le tuyau par où l'eau '^bappe soit de verre, aQn que l'ouverture !'€ m pas sujette è s'agrandir. Mais, de Mae matière qu'elle soit construite, il jful avoir l'attention de n'employer que de '««abieQoetteetbien ûltrée, aQn qu'elle !^ ^pose pas de limon, gui, venant à em« ^^raaaer et obstruer le petit trou par où l'eau j^^ale^ la ferait airèter ou tout au moins J'»^»et irrégulièrement» et ferait descendre J conséquent le tube de verre gradué. , W'waimire de VindustrU.) i

'•^'•p«»poiklrîfr, aifipou/e</a,aab/ter,sont

^^des noms que l'on donne sur mer à

«leore

^P^U vaisseaux composés de deux espè-

ces de bouteilles de verre jointes ensemble, dont l'une est remplie de sable, on plutôt d'une poudre fort déliée, qui emploie une demi-heure à s'écouler ou passer d une bouteille dans l'autre. C'est de là que les matelots appellent une demi-heure» ou horloge, et divisent les vingt-quatre heures en quarante-huit horloges. Ainsi le quart, qui est la faction que chaque homme fait pour le service du vaisseau, est composé de six horloges qui valent trois heures. Il y a ce-

1>endant des vaisseaux où le quart est de huit lorloges ou quatre heures. La construction de cette petite machine est si simple et si connue» qu'elle ne mérite pas une description particulière.

Il y a des horloges ou sabliers d'une demiminute, (jui servent à estimer le chemin que fait le vaisseau. Il y en a aussi d'une heure pour l'usage commun.

On dit : «L'horloge dort» » lorsque le sable s'arrAte ; c'est à quoi le timonier doit prendre garde ; et : « L'horloge moud, » lorsque le sable coule bien.

H. de Lahire a imaginé de faire usage d'horloges de sable comme celles oui sont en usage ; mais à la place d'une des noies qui composent ces horloges, il conseille d'y appliquer un tuyau de verre de vingt pouces environ de longueur, et d'une ligne et demie à peu près d'ouverture. Ce tuyau sert de seconde fiole.

Par cet arrangement, lorsque'le sable descend de la fiole dans le tuyau » on le voit monter peu à peu, et si distinctement, que l'on peut observer à quelle hauteur ri se trouve au moins de cinc) en cinq secondes , et par conséquent les minutes sont très-sensibles.

Si cette horloge n'est que pour une demiheure, il faut, quand le sable est descendu dans le tuyau , retourner la machine ; et ce sable, en se vidant du tuyau dans la fiole, marque de même par sa descente dans le tuyau les hauteurs qui conviennent aux minutes et à leurs parties.

Pour se servir commodément de cette machine, il est nécessaire de l'appliquer sur un morceau de bois, en sorte que la moitié de la fiole et la moitié du tuyau soient enchâssés dans l'épaisseur du bois. On attache deux cordons aux deux extrémités du morceau de bois pour la pouvoir retourner aisément, étant toujours suspendue en l'air ou contre quelque chose. On marque les divisions des minutes d'un côté du tuyau pour la descente du sable lorsqu'il se remplit, et de même on en marque d'autres de l'autre côté pour la descente du sable lorsqu'il se vide.

La méthode pour faire ces divisions doit être l'expérience d'un pendule, de cette sorte :

On prendra un fil délié ; au bout on attachera une balle de plomb pour servir de pendule simple.

Si la longueur de ce pendule, depuis l'endroit où le fil est attaché jusqu'au centre de

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la balle, est de trois pieds huit lignes et douiie de la mesure de Paris « ce pendule marquera dans ses vibrations une seconde de temps; et, quand il aura fait soixante vibrations, on marquera une des divisions des minutes, et ainsi de suite.

Toute la division se doit faire avec le pendule , à mesure que le sable montera ou descendra dans le tuyau ; car les divisions ne sont pas toujours égales, à cause de Tiné- {^alilé du tuvau , qui , étant plus étroit en quelques endroits, force le sable è y monter plus vile qu'aux autres qui sont plus larges.

On remarquera que le sable se vidant du tuyau dans la fiole, parcourt d*abord des distances plus grandes que celles qui se font vers la Qn : ce qui est causé par la descente du sable par secousses , qui Je fait un peu lasser dans le commencement; mais cela ne conserve pas d*irrégularité , les divisions étant faites par Texpérience du pendule.

Au surplus, M. de Lahire conseillait que Ton eût plusieurs de ces horloges, afin

1u*elies se rectifiassent entre elles {Voy. 'ncyclopédie méthodiqut.) Horlogerie dite de fabrique. — La branche d'industrie qui est désignée sous le nom d'horlogerie de fabrique fournit des ébauches de mouvements pour montres et pendules , ou simplement des matériaux préparés pour le service des horloges, comme ressorts , fils d*acier pour piqûres. Elle produit aussi des ouvrages finis , mais dans le genre commun , et les verse dans le commerce par assortiments plus ou moins nombreux. Les fabriques d'horlogerie qui ont envoyé leurs produits aux expositions, sont situées dans les départements du Duubs, du Haut-Rhin et de la Seine-Inférieure. La plus étendue de touies est celle de MM. lappy, h Raucourt (Haut-Rhin). Elle fut fondée, il y a plus de quarante ans, par le père des propriétaires actuels. On y fabrique des ébauches de mouveoients de montre par machines, avec une telle économie de maind'œuvre, que les mouvements bruts, qui coût;«ient autrefois 6 à 7 francs pièce, sont livrés aujourd'hui au commerce à un prix

Sui varie depuis 1 franc 40 cent, jusqu'à francs. C'est une réduction de plus de 71 p. 0/0 sur les prix qui résultaient des anciens procédés. Cette intéressante manufacture fut détruite de fond en comble le 1" décembre 1815 , par un incendie qu*y allumèrent les troupes étrangères ; mais elle a été relevée de ses ruines dans son état actuel, et emploie de 900 à 1,000 ouvriers qui fabriquent par mois 1,400 à 1,600 douzaines d*éb9uches de mouvements de montres. La. dixième partie de ces produits est employée en France ; le surplus est vendu à l'étranger. Le département du Doubs possède un autre établissement où l'on fabrique, par mécaniques, des ébauches de mouvements de montres ; il a été formé, à Séloncourt, près Montbéliard, par MM. Beurnier frères; il est moins étendu que celui de Raucourt. Il produit environ trois cent quarante douzaines par mois. Les prix varient depuis 19

francs 50 cent, la douzaine jusqu*à 20 francs 50 cent.; ou depuis 1 franc 63 cent, jusqu'à 1 franc 71 cent, la pièce. La vingtième partie de ces produits seulement est vendue en France. En 1793 , une colonie d'horlogers suisses, attirée par Jes encouragements du

?:ouvernement , s'établit à Besançon , et y onda une fabrique de montres, qui compte actuellement 800 ouvriers des deux sexes ; cette population industrielle subsistant encore après un laps de temps de 59 ans » prouve que cette labrication a pris racine et qu'elle est définitivement établie. Les horlogers n'y sont pas réunis en corps unique de fabrique; les ouvrières des divers genres travaillent dans leur habitation particulière, pour des établissements et pour des comptoirs qui reçoivent les produits et les versent dans le commerce. Les ébauches sont tirées de Raucourt ou de Séloncourt ; les montres sont finies à Besançon. On en fabrique annuellement environ 30,000 avec leur botte en or, en argent, en cuivre ou en similor ; le finissage est la partie du travail de l'horlogerie qui suppose l'industrie la plus distinguée et qui est la plus lucrative. On voit avec peine que les fabriques de finissage soient si peu étendues, qu'elles sont à peine suflisantes pour employer la dixième partie des mouvements bruts qui se fabriquent en France. Il est à désirer que nos horlogers n*abandonnent pas plus longtemps une aussi grande masse de travail aux étrangers. Nous avons aussi des fabriques pour ébauches de mouvements de pendules à la mécanique. MM. Jappy frères en ont établi une dans le département du Doubs, à Badevèle, près Montbéliard. On y fait annuellement 4,800 mouvements de pendules , dont les trois quarts sont vendus aux horlogers de Paris. Il y a environ un siècle qu'une fabrique de mouvements bruts de pendules fut fondée à Saint-Nicolas-d'AIiermont, dans le déparlement de la Seine-Inférieure; efle occupait à peu près 300 ouvriers; leur industrie n'avait point participé au progrès commun, elle était demeurée au même état où elle Se trouvait au moment de sa fondatiod. Les moyens de travail étaient si imparfaits et les résultats si peu estimés, qu'ils ne pouvaient soutenir la concurrence étrangère» et leur vente ne produisait plus aux ouvriers un salaire suffisant pour leur subsistance. La fabrique était, en 1807, au moment de s'éteindre, lorsqu'un administrateur éclairé, M. Savage de Rollin, appela et fixa à Saint- Nicolas-d'Aliermont M. Honoré Pons, habile horloger de Paris, qui avait mérité une médaille d'argent en 1806. M. Pon<$ a établi dans cette fabrique un autre système de travail. Des machines de son invention, au nombre de huit, sont employées pour les différentes opérations qui, avant lui, s'exécutaient péniblement à la main, avec des instruments imparfaits. La dextérité des ouvriers, aidée par ces nouveaux moyens, a donné des produits de meilleure qualité, et dans le plus grand nombre des ateliers ils ont été decu-> plés. Cette fabrique est aujourd'hui entière*

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MSS l?fVENTIONS.

raenl relevée; les mouTemenls qn^elie fait sont Tendus aux premiers horlogers de Paris pour èlre finis. L'boriogerte die fabrique est importante; elle entretient une grande masse de tniTsiU et particulièrement dans les eampagnes, oii ses ateliers sont presque toujours situés; une branche assez considérable de commerce lui doit son existence. Le jurj a décerné pour cette partie diYerses distinctions.

On ne comprend pas, sous la dénomination é^kwrlogerit asirattornùpie les machines par lesquelles on se propose de repré* seoter les mouvements des corps qui composent le système solaire. Des artistes ontsouTeot consumé leur temps à produire «les machines de ce genre qui supposaient noe force de tête rare^ un esprit técond eu ressources et une grande habileté de main. Uopioion la phis répandue est qu'on ne doit pas encourager ceux qui marchent dans cette route^Les plusparfaitesdeoesmachinestditle jurj dans son rapport, ne donnent qu'une Mt incomplète et souvent fausse de la marche des corps célestes; elles sont toujours plas compliquées que le grand mécanisme que Von prétend leur (aire représenter. Elles ne seul pas comprimes par ceux qui ignorent TastronoiDle, et n'attirent pas même les regards de ceux qui la savent. Enfin, il n'est poioC d'éfih^éndes qui ne contiennent des notjoos p/os précises et plus complètes sur k position des astres à un instant donné. Ite plus, ces machines ne sont pas l'objet d'on commerce suivi. Le véritable objet de l'horiogerie est de donner exactement la

mesure du temps par les moyens les phis simples, les plus solides et les moins sujets à réparation, et tels, que la marche de la machine ne soit pas troublée par la variation de température, par les changements de

Gsition et par le transiiort. M. Breguet et 1 M. Louis Berthoud présentèrent aux expositions de l'an X et en 1806 des horloges marines et des garde-temps d'une exactitude qui égalait celle des instruments les plus par&ils connus. Cet art important et difficile a fait des progrès depuis 1806, et ces progrès, constatés par le jury, placent M. Breguet en tète des artistes les plus distingués de TEurope en ce genre. M. Breguet père, membre de l'Académie des sciences, et M. Breguet fils, ont leurs ateliers à Paris. Le public, oui s'est toujours porté en foule auprès des nrillants produits de leurs fabriques, a pu juger par lui-même combien est méritée la haute réputation dont jouissent ces horlogers célèbres. Les personnes qui s'intéressent aux progrès de la naTîgation et de&arts, nous ajouterons même à la gloire de la France, liront avec satisfaction des détails qui prouvent que ces mêmes ateliers où se fabriquent les montres et les pendules de luxe destinées aux souverains, et celles que se disputent à l'envi les plus riches particuliers de l'Europe, fournissent aux marins et aux voyageurs instruits des chronomètres supérieurs en eiactitude à tout ce qui a été exécuté de plus parfait è l'étranger. (Annatei de chimie et de physique^ Ifi^, tome Xlll.) — Fotr le Dici. des décauvertee. — Yoy. MoirraB, Pendule.

IMPRESSION SDR ÉTOFFES. — Les étoffes slmiH-iment de plusieurs manières : à main d'homme, sur une table ; on emploie iotaot de planches qu'il y a de couleurs dans 1^ dessin* et l'application successive de ces diverses planches sur le même fond reproduit l'original par des machines à planches plates* au moyen de rouleaux de cuivre

Kvés; et enfin par la perroiine (du nom de Tot, son invjenteur) qui offre sur les moyens ordinaires des avantaçes analogues a ceux que les presses mécaniques à la vapeur offrent, dans la typographie, sur les presses k bras.

Les dessins de la plu^rt des tissus, et surtout des calicots imprimés, ne sont autre tbcse que des copies otenues au mojren de cyliiidres de cuivre de quatre à cinq pouces de diamètre, sur lesquels les dessins sont gravés en creux. Une.portion du cylindre plonge dans la couleur, tandis qu'nne ««pèee de racloir élastique en cuir enlère la couleur superflue aux endroits non gravés dans une autre partie du cylindre, avant que celle-ei porte sur le tissu. Une pièce de calicot de 30 aunes de long est imprimée par ce moyen en quatre ou cinq minutes.

Pour l'impression des tissus avec des planches à jour, on teint le tissu en pièce, et d'une seule couleur. Supposons qu'il s'agisse de mouchoirs ou de cravates • la pièce est repliée sur elle-même autant de de fois qu'elle doit contenir de mouchoirs, et placée entre deux plaques de métal épais» percées toutes deux h jour des mêmes dessins, chaque ouverture d'une plaque corres- Condant parfaitement avec l'ouverture semlable de l'autre plaque. On place le tout dans une presse sous laquelle on peut faire le vide ou retirer l'air; un réservoir de chlore liquide est mis en communication avec les ouvertures de la plaque supérieure, et I» pression atmosphérique, agissant alors par-dessus, force lehquideè traverser la pile de. mouchoirs, qu'il décolore en passant, mais seulement dans les endroits correspondants aux ouvertures des deux plaques, qui, (iressant fortement les autres jportions du tissu, empêchent le liquide de s étendre horizontalement (1).

IMPRIMERIE. — L'imprimerie est l'art de

(fl) Eitniit de VEnqfdapédie de$ gen$ du aiajufc.

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multiplier récriture au moyen d'empreintes provenant de caractères assemblés. « Si Ton considère» dit un écrivain moderne, tout ce que Tart de l'imprimerie a déjà produit de révolutions sur le globe, les progrès qu'il a fait faire à l'humanité, et peut-être aussi les erreurs qu'il contribue à répandre, on ne peut s'empêcher de reconnaître qu*il est, sinon le premier, au moins le plus puissant des arts. » -- L'imprimerie doit être comme la lance d'Achille, elle doit guérir les blessures qu'elle fait.

L'imprimerie, a dit, il y a d^à longtemps, VEncyclopédie méthodique^ à laquelle nous empruntons une grande partie de ce que l'on va lire, est l'art moderne de tirer, sur papier ou sur vélin, l'empreinte des lettres, par le moyen d'une certaine encre épaisse et gluante, dont on touche des formes ou planches de caractères mobiles jetés en fonte.

On appelle autrement l'imprimerie, art typographique ou typographie.

Nous tracerons son histoire en ce qui oon* cerne son origine, ses tentatives, ses progrès, ses productions, avec la notice de la vie et des travaux de quelques-uns des premiers imprimeurs étrangers et français.

Nous développerons, d'après la doctrine et les instructions consignées dans les ouvrages les plus accrédités, la théorie, la pratique et les principes de cet art.

uistoire de V origine et des progris de l'im^ primerie, — On a voulu enlever aux modernes et AUX Européens la découverte de Timprimerie, de cet art conservateur des productions de l'esprit humain, des connaissances en tous genres, et des faits mémorables de l'histoire.

Des critiques, en quelque sorte envieux de notre gloire, ont cherche à établir que cette merveilleuse invention était connue des Chinois et des Japonais, [)lus de trois cents ans avant Jésus-Christ. Mais ce qu'ils citent de cette ancienne imprimerie tient aux procédés d'une gravure grossière faite sur des planches de bois ou de métal ; ce n'est nullement l'imprimerie, qui consiste dans l'emploi de caractères mobiles qu'on peut rassembler, combiner, séparer et remanier à volonté et à rinQni.

L'avantage inappréciable de notre imprimerie est de pouvoir multiplier les bons écrits, en tirer, en renouveler sans cesse le nombre d'exemplaires qu'on désire, sans que les copies le cèdent en valeur aux originaux.

Que ne payerait-on pas un Virgile, un Horace^ un Homère, un Cicéron, un Platon, un Aristote, un Pline, si leurs ouvrages étaient continés dans un seul lieu, ou entre les mains d'une personne, comme peut l'être une statue, un édifice, un tableau?

C'est donc à la faveur du bel art de l'imprimerie que les hommes expriment leurs pensées dans des ouvrages, qui peuvent durer autant que le soleil, et ne se perdre que dans le bouleversement de la nature. Alors seulement, les œuvres inimitables de Vir-

gile et d'Homère périront, avec tous ces mondes oui roulent sur nos têtes.

Puisauil est vrai que les livres passent d'un siècle à l'autre, quel soin ne doivent pas avoir les auteurs d employer leurs talents à des ouvrages qui tendent k perfectionner la nature humaine I Si « par notre condition de particuliers, nous ne pouvons pas faire des choses dignes d'être écrites, disait Pline le Jeune, tâcnons du moins d'en écrire qui soient dignes d'être lues.

Quelque utile et quelque récente que soit cette invention, on ne convient guère mieux de son orieine que de celle des arts les plus anciens et les moins nécessaires.

Cependant après une lecture attentive et réfléchie des principaux auteurs gui ont traité de cette découverte, et particulièrement d'après ce que l'on lit dans ta Chronique anonyme de Cologne, dans Jean Arnaud de Bergelles, dans Junius, dans Salmuith, dans Naudé; d'après ce que disent Mallinkrot, Boahorn, Mentel, Chevillier, Slruve, Oudin, Maittaire; d'après tous ceux

3ui ont examiné cette question avec plus e soin et qui l'ont traitée avec plus de lumières, voici ce qu'on trouve de plus vraisemblable et de plus authentique à cet égard, suivant l'opinion de Prosper Marchand, et d'après le sentiment du savant bibliothécaire de Sainte-Geneviève, Barthélémy Mercier, abbé de Saint-Léger:

Vers l'an lUO, Jean Guttemberg ou Jean Gensfleisch, surnommé Guttemberg ou Jeao- Zumjungen de Guttemberg, natif de Strasbourg et bourgeois' de Mayence selon les uns, ou natif de Mayence^ et bourgeois de Strasbourg, selon les autres ; simple domestique, selon quelques-uns seulement; orfèvre, selon quelques autres, gentilhomme selon plusieurs, et véritablement de l'ancienne famille de Zumjungen, qui avait un hôtel de ce nom dans Mayence, qui est une espèce de palais nommé Guttemberg, dans le voisinage de cette ville : cet homme entin, très -industrieux, imagina l'imprimerie à Strasbourg, et la perfectionna, dit-on, à Mayence.

La première idée de Guttemberg fut d'abord un essai très-imparfait, qui consistait uniquement en certaines planches de bois, sur lesquelles il se proposait de graver à rebours et en relief les lettres, les mots et les périodes d'un discours suivi.

Après beaucoup de tentatives inutiles, ayant déjà dépensé presque tout son bien sans avoir pu réduire cette théorie en pratique, désespérant enfin de pouvoir y réussir, Guttemberg découvrit son secret ou plutôt son projeta quelques riches bourgeois de Mayence, qui l'aidèrent et s'associèrent avec lui. Les seuls qu'on connaisse sont Jeau Medenbach, ou Meydenbach, dont on n'a conservé que le nom, et Jean Fust, homme de très-bonne famille de celle ville, originaire d'AscbatTenbourg, et orfèvre de profeii»* sion, qui contribua beaucoup à ravancemeiit de cette entreprise. Un de ses domestiques, nommé Pierre Schœffer, natif de Gern-

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DBS INVENTIONS

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th*:\ttï^ dans Télectorat de Majence, ayant pWirê qaelqae chose de leor seeret, y fut »iaiis et s*appliqua aassi arec eux à le perfectionner.

Ces dîTers associés, à force de travailler, rendirent à ia fin Tari de rimprimerie praticable, en imaginant, vers 1(^, des planches de bois où les caractères et les mots étaient disposés de droite à gauche, comme ceux des langues orientales , et taillés en relief comme sor la monnaie et les médailles, et coh>rés d'une encre épaisse et gluante. Ils imposèrent dessus ces planches des feuilles o« papier on de parchemin trempées pour ea recevoir l'empreinte, qu'ils glissèrent ensuite sous une presse. Cest ainsi qu'ils par- ^iureot à faire l'impression , non- seulement j<r Quelques simples livrets tels qu'un Alpkaia poor les petites écoles, et un Donat , es(ièce de grammaire latine à l'usage des basses classes, mais même qu'ils imprimèrent an ouvrage assez considérable qui était une coiD|âlation de grammaire, de rhétorique et de poétique, suivi d'un ample dictioDBaire, et intitulé Caiholicon Johanniê Joaimuis.

C'est encore de cette sorte d'imprimerie l^rosÂèfe de caractères taillés en relief, que suni sortis te Danatut^ le Confeêiionaliaj livres iii4* \ Vusage des confesseurs et des pénitents; le Bréviaire^ le PsauHer^ le Ma^ tniet ou È0r9Ufium beaiœ Virginis Mariœ^ de ia grand fflère de Joseph Scaliger; VArs mem&nmâi noiûbilis per figuras EvangelisiafiMB, im autre livre latin de la figure de la Bible, Je CatUicum ou VHisioria beatœ Mari^ Yirfms m figuris, conservé à Harlem ; VBîUma 5. Johmnis Évangtiislœ in fiouris^ VAn wimmdi^ et le fameux Speadum humauœ iÊhUiâf et le Spiegel MenscUicher Behot^ demste, conservé de même à Harlem ; enfin les livres allemands avec figures, cités par ^siobert, et quelques autres ouvrages dont les lenpsjes lieux et les fabricateurs sont dou- (eaïf et au'on ne saurait attribuer à une natioo plutôt qa*à une autre. 1 1 faut en excepter YAipkabtl et le Donai dont nous venons de parler, et surtout le Caiholicon JohamUê JmmauiSf que Trithème assure très-positivement avoir été imprimé à Ifayence , par Gfjttemberg » Fust et Schœffer , pea avant

Cependant ces premières tentatives ne cuvent être rerautlées que comme très-imi'iriaiies. Eo «et, ces livres n'étant fabriqués qu'à l'aide de planches de l>ois telles •{u'oo vient de les décrire, étaient bien luoîns de véritables impressions que de simples gravures assez semblables aux images taillées en bois. Aussi étaient-elles suivîtes à de grands inconvénients ; car ces ^iaoehes ne pouvant servir qu'à une nou- « eiJe im|>ressioa du même livre, et remplisuu inutilement des magasins entiers, devenaienl bientôt à charge par leur grand i^osilire. Elles ne s'imprimaient que d'un tôié du papier, dont on était obligé de : c iier les deux faces blanches l'une contre i autre, afin de cacher ce défaut. Elles eau- -

saient nécessairemeni double peine et double dépense, pour ne produire après tout qu'un ouvrage grossier.

Dégoûtés de ces impressions , nos trois associés portèrent plus loin leurs recherches. A force de réfléchir sur leur nouvelln invention , ils s'avisèrent de séparer les unes des autres les lettres de leurs tables ou planches, et d'en façonner séparément de semblables, en lK>is, en plomb, en étaiu, en cuivre. Uais elles demandaient trop do temps, de soins et de travail, et ne pouvaient que très-difficilement se former de propor* tion égale et convenable. Aussi n'eu fit-on que très-peu d'usage.

Heureusement, Schœffer, homme adroit et inventif, imagina de tailler des poinçons, de frapper des matrices , de fabriquer et de jtistifier des moules, enfin de fondre des lettres mobiles séparées, dont il put à son gré composer des mots, des lignes, et des liages entières : en un mot, de dresser tout l'attirail nécessaire pour former des caractères . tels que ceux qui ont été imités ou perfectionnés depuis, li se rendit ainsi le véritable inventeur et le père de l'imprimerie. ^ Schœffer découvrir à ses maîtres et associés sa nouvelle et ingénieuse manière de tailler, frapper, fondre, arranger, et imprimer des caractères ; Fust surtout, enchanté et reconnaissant d'un alphabet de celte sorte que Schœffer lui présenta, résolut dès lors de s'attacher plus intimement cet homme de génie en lui donnant sa fille en mariage; ce qui eut lieu pour l'honneur du maître et du serviteur, vers 146S à 1465.

On veut que ce soit encore Schœffer qui ait donné la composition de l'encre d'im-

Srimerie, que d'autres attribuent aussi à 'ust ; mais il est bien plus naturel de l'accorder à Gutlemberg, qui a dû nécessairement en faire usage dans ses premiers essais, parce que l'invention des lettres, sans celle d'une liqueur convenable pour les imprimer, ne servait absolument de rien.

Quoi qu'il en. soit, après l'invention des caractères de fonte, les trois associés firent des paquets de leurs premiers instruments de bois, qu'ils ne gardèrent que par curiosité, et que l'on conserve encore, dit-on, à ilayence.

Le premier livre imprimé à l'aide de cette dernière et merveilleuse invention, qu'on peut regarder comme le premier fruit de la véritable imprimerie est, selon l'auteur de la Chronique anonyme de Cologne, une Bible latine qui coûta des sommes immenses.

Cette première de toutes les éditions était en gros caractères, tels que ceux dont s'impriment ordinairement les missels, et fut commencée peu de temps après 1450.

Après cette édition vint une autre édition en caractères mobiles et sans date, du Caiholicon Johanniê Januemis.

Ce sont là les deux premières de toutes les impressions du monde.

On ne voit, dans ces deux ouvrages, ni le nom de la ville où ils out élé imprimés, ni le nom des imprimeurs, ni aucune autre

JNCTIOMMAIHK

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marque qui puisse désigner leur demeure» qui était vraisemblablement la maison ou 1 hôtel de Zumjungen, appartenant à Guttemberg, qui fut appelée depuis y Imprimerie.

On voit, diaprés la fliiation bien constatée de ces faits, que quelaues auteurs ont prétendu à tort attribuer rinrention deJlmpri^ raerie, en 1&40, h Jean Mentel, gentilhomme allemand, de Strasbourg. Ils disent qu'il fit des lettres de buis ou de poirier, puis d*é« tain fondu, et ensuite d*une matière compo* sée de plomb, d*étain, de cuivre et d'anti« moine mêlés ensemble, lis ajoutent que Mentel employa Gultemberg pour faire des matrices et des moules, et qu'ensuite Guttemberg se rendit h Mayence, où il s'associa Fust. Mais, outre que tous ces faits ne sont point appuyés de preuves, on ne produisit aucun livre imprimé dans les premiers temps à Strasbourg. Enfin, il est certain qiie Guttemberg et ses associés ont passé, pendant 50 ans, pour les inventeurs de Timprimerie, et s'en sont glorifiés hautement, sans que personne se soit alors avisé de les démenti^ ni de leur opposer Hentel.

C'est avec aussi peu de fondement que les habitants de Harlem avancent que Laurent Coster, leur compatriote, inventa l'imprime* rie en ikM. Ils prétendent qu'avant môme cette année cet artiste forma les premiers caractères de bois de hêtre, qu'ensuite il en fit d'autres de plomb et d'étain, et qu'enfin il trouva l'encre dont l'imprimerie se sert encore. En conséquence de cette opinion, on grava sur la porte de la maison de cet homme ingénieux l'inscription suivante :

MEBIORIf SACRUU,

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