PHARES ▲ RÉFLECTEURS PARABOLIQUES
MM. Charles, de Kosset et Arago ayant été chargés de faire un rapport sur un 'phare à réflecteurs oaraboliqucs de MM. Lenoir, il est résulté de leurs nombreuses observations : 1* qu'un seul réverbère, à la distance de sept lieues (28,000 mètres) est au moins aussi vif à l'œil nu qu'une étoile de première grandeur, lorsque l'observateur est situé sur le ))rolongement de son axe ; 2" qu'à trois deurés de cette direction, la lumière du réflecteur a déjà perdu tout son éclat et se voit h peine sans le secours d'une lunette; 3* qu au Heu d'augmenter le diamètre de la lumière locale, comme les artistes avaient la coutume de le faire proportionnellement aux dimensions du réverbère auquel elle devait être appliquée, il est convenable de la resserrer le plus possible, et autant que peut le permettre la libre circulation qu'il convient de conserver à l'air dans le canal intérieur de la mèche ; h* que, par là, en même temps qu'on diminue considérablement la dépense du combustible, on ajoute d'une manière sensible à l'intensité de la lumière que le réverbère réfléchit, soit dans la direction de Taxe, soit dans des directions obliques ; 5° enfin que, lorsqu'un phare est destiné à éclairer'un secteur d'une certaine étendue, il faut ou rendre les réverbères mobiles, afin qu'ils soient successivement dirigés vers différents points de l'horizon, ou les multiplier assez pour que leurs axes ne comprennent pas des angles plus grands que six pouces. Ces expériences , disent les rapporteurs , nous semblent propres à montrer ce qu'il est permis d'attendre d'un phare à réflecteurs paraboliques, et nous autoriserons à proposer à la classe d*accorder des éloges à MM. Lenoir qui, dans cette nouvelle branche d'industrie, se sont montrés très-dignes de la réputation qu'ils ont acquise depuis de longues années par une foule de travaux importants. {Annales de chimie, t. XCXVI, p. 5^.)
Phare u ARrriMS. — M. /. B. Bordier-Marcet^ de Paris. — Cet appareil consiste en un foyer de lumière établi d'abord pour essai,
dans la lanterne du jardin Beaujon, et qui a pour but de faire des expériences d'éclairage à l'usage des phares maritimes. Ce foyer est composé de neuf réflecteurs de 28 pouces, formant une superficie de ^9 pieds carrés de lumière vive et continue. On peat le faire mouvoir sur son axe ou le fixera volonté sur un ou sur plusieurs points de l'horizon. Sa lumière est assez intense pour qu'à 3,000 mètres de distance on puisse aisément lire des caractères de 6 à 8 lignes; mais n'ayant pas encore réussi à diriger ei à réunir tous les axes dans le même rayon de lumière, on doit, maintenant qu'on a obtenu ce perfectionnement, produire des effets encore plus avantageux. On a fait de-
Fuis d'autres expériences dans lesquelles appareil a été rendu mobile, et a successivement présenté par masses de six réflecteurs, l'aspect des feux blancs, des feui rouges et des feux verts. Ces ieux colorés ont été observés très-vifs à la distance de six lieues, les rouges à la vue simple A la suit^ de cette expérience on en a fait une autre, après avoir démasqué le grand fover des neuf réflecteurs, qui est un procédé au moyen duquel ce foyer a présenté une imitation parfaite des effets du lever et du cou* cher des lumières célestes. {Moniteur^ 1818, p. 9(ki et 959.)
PHOSPHORE. — (i4pparei7s poursafabricationA — Invention de M. Destowhes.-Aj»
méthodes employées jusqu'alors pour mouler le phosphore présentaient de graves inconvénients ; M. Destouches a fait construire un appareil propre à les éviter. Cet appareil, en cuivre jaune, de la forme d*un c6ne renversé, se trouve vissé par son sommet à ua robinet, terminé par un tube d'un calibre moindre que celui des tubes en« verre, destinés à recevoir le phosphore fondu à sa partie supérieure ; a un des côtés et un peu au-dessous du rebord, se trouve yissé un manche en bois pour soutenir Tin^trument et le promener au-dessus des tubes en verre. Sa forme conique est pour faciliter ia sortie du phosphore solide que l'on n'aurait
f>as voulu ou pu mouler. Pour se servir de 'instrument, on arrange un nombre de tubes proportionné à la quantité de phosphore 3ue l'on a intention de mouler, ou à celle es trous disposés sur une des pièces de l'appareil ; on bouche l'extrénoité inférieure de chaque tube avec un liège ou du lut gras, on les place verticalement en les faisant passer à travers les trous Gorres|)ondants des deux plateaux supérieurs, de manière qu'ils reposent si^r celui dont les bords sont relevés , puis on plonge le tout dans un vase contenant de l'eau chauffée à 30 ou Sk degrés. On a soin que chaque tube soit rempli d'eau jusqu*à son ori* fice, qui doit dépasser de 2 ou 3 millimètres la surface qui 1 environne. On met eusaiie liquéfier du phosphore dans le c6ne en le plongeant dans l'eau bouillante. Lorsqou est complètement liquide, on entre le uput du tube de métal dans l'ouTerture d'un tube de verre dans lequel on le laisse cuu-
rao
DES INVENTIONS
MO
1er, an mojen du robinet, jusqu'aux deux tiers et demi de sa hauteur» de manière qo'il reste de Teau à sa surface ; puis on ftss$ saccessivement à chacun des autres lobes. Cette opération terminée» on soulève If ml à Taide d*un manche en bois armé fua crochet, on pSonge dans un récipient dfesa froide, puis on fait sortir chaque cj- Kodre de phosphore par le moyen d'une Ifge en Terre ou en bois. MH. Derosne et Inadet, chargés de faire un rapport sur cet ^ipareil k la Société de pharmacie de Paris, m reconnu, par Texpérience, que cet ins- ^meot était d'un usage facile et de beaucoup sapérieur à ce qui a été employé jtsqul Dfésent, en facilitant les moyens de MQipttler, presaue sans danger, un produit Ks'iflDportant de Tart chimique et trèsfificiie à manier. (Annales de chimie^ tome UV, p. 93.)
Il est inutile, dit H. Barçet, de s'étendre Rrles moyens qui conduisent à Kextrac- Ira de Tacide phosphorique des 05^, de son (nporation, de son mélange arec le char* V», et de la dessiccation avec la matière. IiDalière préparée, M. Baget en emplit tft bonne cornue de grès futée avec un ite^e de terre jaune, de crottin de che- «ihisetde chaux éteinte à l'air. L'auteur |ltt la cornue dans un bon fourneau è Jt^bère, dont les supports de la cornue ^len briques ; il recouvre le dôme de son meaa en terre, lequel est surmonté de tre pieds de tuyaux de tôle; il garnît )e âge du col de la cornue avec de la terre e bien battue; il ajuste au col de la lue une allonge de cuivre qui passe à nrers un bouchon de liège avant (rentrer ■os un récipient en verre, qu'il place par
KcaatioD dans une cuvette de faïence ; il pte au liège qui bouche le récipient un ^beeo verre de sept lignes de diamètre et 'Uipiefjs et demi de haut, et un autre de ( pouces de haut, bouché en liège ; il ^ au niveau de l'orifice supérieur du ^odtube, une petite lampe à bec, laquelle 1 à reconnaître les gaz, et à brûler pen- M*opération ceux qui sont combustibles s le moment de leur dégagement ; sans ^>4» ils incommoderaient l'artiste. M. Baget »1 passer aussi à travers le liège un fort fil ».fer recourbé en T, de manière qu'il Nse entrer dans l'allonge de cuivre et y ^ la fonction d'un ringard, lorsque le posphore s'y durcit par son contact avec ^la froide; sans cela il obstruerait le col Jti allonge, et les gaz seraient forcés de re- JJJJ W8 Teodroit où elle est lutée, et y Nuiraient une dénerdition de phosphore jurait s'y ouvrir une issue, ou ferait wre la cornue par leur effort, si le lut *J?uu trop.
Jl'ïulettr içamit la jointure du col de la ^oe, et de l'allonge, et le dessus du ré- "P'^nt avec du lut gras et des bandes de ^ enduites dei blanc d'cBuf et de chaux ^finte à Tair. Il laisse ensuite cet apparei^l r|\/<^Qr8 en repos. Il procède ensuite k la ^»^u)auon par degrés; il allume du char-
bon et il entretient un feu léger pendant d'eux heures, en laissant la porte du cendrier fermée. Au bout de deux heures la cornue s'est échauffée graduellement; il ouvre la porte du cendrier et augmente le feu jusqu'à la plus grande incandescence. Pendant les deux (iremières heures il y. a dégagement d'air atmosphérique, ensuite de gaz acide carbonique et de gaz hydrogène sulfuré ; c'est alors *que l'allonge commence à s'échauffer et l'eau du récipient à se colorer. Vers la septième heure de feu le gaz hydrogène phosphore se manifeste et dure jusque la fin de l'opération. Une heure après, à la faveur de la transparence du bocal de verre, on voit passer dans le récipient du phosphore mélangé de soufre qui nage en ^ros flocons à la surface de l'eau qu il contient ; il se volatilise plusieurs fois pendant l'opération le lonj; ou grand tube de verre» et s'y attache de manière à l'obstruer, si l'on B a pas l'attention d'y passer de temps à autre un fil de fer tourné en spirale par le bas. C'est à cette époque, après huit heures de féu, que l'eau du récipient, dans laquelle plonge légèrement le col de l'allonge, s'éclaircit, laisse déposer le charbon qu'elle tenait en suspension, et voir le phosphore distiller par grosses larmes qui s'attachent au bec de l'allonge. Ou a soin de le détacher alors avec le crochet do fer qui sy trouve introduit, sans quoi le phosphore, venant à obstruer totalement le bec de l'allonge, occasionnerait quelque accident. On est obligé de ie'détacher de cette manière, jusqu'à ce que Ja chaleur se soit assez communiquée à l'eau du récipient pour liquéfier le phosphore sulfuré et laisser distiller le phosphore sous forme d'huile. 11 continue à distiller de cette manière pendant douze à quinze heures. On reconnaît que l'opération est terminée lorsque l'on ne voit, plus de flamme à^ l'extrémité du grand tube ; c'est aussi à ce tube que l'on juge lorsque le feu se ralentit, car la flamme parait alors languissante. L'opération dure en totalité de dix-huit à vingtquatre heures. Pour mouler le phosphore, M. Baget se sert de quatre tubes de verre cylindriques, dont le calibre est bien en dépouille ; ils sont du diamètre de deux à trois lignes. Il ajuste avec du mastic, à chaque extrémité supérieure des tubes, laquelle a moins de diamètre que l'inférieure» une virole d'étain. Cette virole a son autre extrémité faite à vis. On adapte à volonté^ par le moyen, de la vis, un robinet garni . d'un cuir gras, terminé par un tube comme celui d'une pipe. C'est par ce tube que l'on aspire le phosphore, le robinet étant ouvert. Lorsque les tubes sont ainsi préparés, on met la terrine vernissée contenant le phosphore purifié, lequel est recouvert de quatre pouces d'eau, sur un fourneau, avec un feu susceptible de maintenir le phosphore et l'eau à 30 degrés de chaleur. On prend alors un de ces tubes sur lequel on visse un de ces robinets que l'on a eu la précaution d ouvrir ; on le plonge dans le phosphore-
PIK)
PIIO
liquéfié^ et Ton aspire pour faire monter le phosphore dans le tube è la hauteur dont on veut former les cylindres. On ferme ensuite le robinet, on porte le doigt à ]*extrémilé inférieure du tube pour le boucher, on en secoue le bout dans Teau pour détacher le phosphore qui pourrait s'y attacher, et l'on porte le tute, ainsi bouché avec le doigti dans un baquet plein d*eau froide, ayant soin de ne retirer le doigt de son extrémité inférieure que lorsque le phosphore est fi^é» ce que l'on reconnaît a une secousse qui se manifeste à Tinstant que cela arrive. Ou ouvre alors le robinet que Ton tenait fermé à Teitrémité supérieure, on secoue le tube obliquement pour faire tomber le phosphore dans l'eau, et, lorsque l'on a choisi des tubes bien calibrés en dépouille de haut en bas, il se détache è la première secousse. On recommence ainsi de suite avec le même tube, et l'on varie les grosseurs des cylindres et du phosphore à Tolonté. Suivant le diamètre des tubes, on en moule, par ce procédé. Quatre livres par heure. Les procédés de M. Baget présentent, entre autres avantages : 1** que la transparence du récipient, étant en ycrre, permet d'observer, dès le premier moment que Ton applique le feu à la cornue, tous les changements qui arrivent pendant l'opération ; 2"* que le bocal de verre laisse voir le bec de l'allenge plongée dans Teau et avertit du moment où le phosphore y est arrêté, et de l'instant oii Ion doit se servir du fil de fer recourbé en T, pour en arracher le pbos-
f)hore, lequel, par son adhérence, tend à ^obstruer en totalité, effet que l'on ne saurait prévoir dans les Récipients en cuivre, et qui, couséquemment, pourrait produire des accidents graves ; S* que les pnénomènes de l'obscurcissement de l'eau et de son éclaircissement, qui se répètent souvent, peuvent être aperçus et faire juger de l'état de l'opération dans tous ses moments; 4* qu'on peut connaître l'instant où le phosphore cesse de passer, et où le phosphore pur commence à couler ; 5° que, par le moyen du grand tube de verre, on a la facilité de reconnaître tous les gaz qui se dégagent successivement jusqu'à la fin de lopéralion; 6" que ce tube indique exactement si le feu languit, et avertit uu temps où on doit recharger le fourneau; 7*" que la lampe adap* tée à l'orifice de ce même tube donne lieu à la combustion continuelle du gaz qui sans cela se répandrait et incommoderait les personnes occupées dans le laboratoire ; 8* que la flamme entretenue au bout de ce tube avertit des accidents qui sont arrivés à la cornue; car, è l'instant où elle se trouve en éprouver un, la flamme dégénère et perd aussitôt de son élévation dans ses mouvements alternatifs, ascendants ou descendants; U" que le petit tube est placé pour pouvoir y introduire un siphon de verre atin de retirer de l'eau du récipient, lorsque le bec de l'allonge se trouve trop profondément plongé dans 1 eau par laugmentation du phosphore, lorsqu'on travaille en grand ; car le gaz ,
avant alors trop de résistance à vaincre pour s échapper de la cornue, pourrait la l'aire briser; 10** que ce procédé, employé \)hi M. Baget pour mouler le phospaore, est d'une exécution facile» sûre et prompte. {Annales de chimie^ tome LXXIil, page 215.) Ou désigne en général, par le nom de phosphores, dit M. Boudet, les corps qai ont la propriété de répandre une lumière visible dans les ténèbres. Tels sont ces êtres qui, pendant leur vie, brillent toujours, oa h certaines époques, '4'une lumière plus ou moins vive, comme les fulgores, les lampyres, quelques espèces de taupins, et un grand nombre d'autres insectes qui, quelquefois, par leur multitude, rendent la mer lumineuse. Telles sont ces matières animales, et surtout ces poissons qui, privés de la vie, et à une certaine époque de leur décomposition, répandent une lumière extrêmement douce. Telles sont les substances qui, après s*être allumées, pour ainsi, dire, à la clarté du jour, continuent à luire quelque temps dans Tobscurité ; tels sont les corps qui deviennent lumineux par le frottement, comme le poil des animaux, le sucre, la grammatite, la blende ; ou par collisioa, comme le quartz, etc. Telles sont enfin ees matières qui deviennent lumineuses par la chaleur, la calcination ou d'autres préparations chimiques » comme plusieurs variétés du phosphate et de fluate de chaux, de sulfate de baryte. La découverte du phosphun^ date de 1677; elle est due à un alchimiste de Hambourg, nommé Brandt, qui en lit un secret qu'il vendit à Kraft. En 17à7, un particulier vendit au gouvernement français un procédé pour préparer le phosphore ; mais ce ne fut qu en lllk que Gahn et Scheele reconnurent que la base des os était du phosphate de chaux, et donnèrent alors uo procédé pour en retirer le phosphore. Ce procédé fut perfectionné par Lepelletier. Le phosphore ne se rencontre pas à Tétat de
Fmrelé dans la nature; il y est toujours à 'état d'acide uni aux bases. Cependant, MM. Fourcroy et Vauqueiin, en examinant la laite de quelques poissons, et la substance cérébrale de l'homme, ont trouvé le phosphore non brûlé, mais dans un état particulier d'union avec le carbone, Thydrogène, l'azote et la petite quantité d^oxi^ène qui constitue la matière animale. Le pnospbore a été placé dans la classe des substances combustibles non métalliques ; son afiiuilé pour Toxii^ène lui assigne le troisième rang parmi les substances dont cette classe est formée. Le procédé que l'on suit pour obtenir le phot:phore est connu , mais il e>t bon d observer que M. Boudet donne la préférence aux os de mouton, et en général aux os des animaux adultes, parce que ceso» fournissent, proportion gardée» une plu^ grande quantité de phosphore. Le phosphoreobtenu parla distillation du phosphate acide de chaux, avec le charbon, a besom d'être purifié; il contient de Foxide de ca^ bone, de l'oxide de phosphore» et même de l'acide phosphorique. Le ]»hosphorc peut
rao
MS INVENTIONS
PHO
aoM ooDténir un pea de soufre» si on a employé nn excès d*acide sulfurique pour décomposer les os» et si les matières n'ont pas été fortement chauffées arant d'être in* inxioites dans les cornues. Il y a pinsieurs moyens de purifier le phosphore, soit en le distillant de nourean dans une cornue de Terre, soit en le traitant par l'acide murialique oxygéné, au moyen duquel on par- Tient à Je décolorer» puis ensuite» le faisant passer à trarers une peau de chamois neuve et bien soigneusement larée. A cet effet» on place le phosphore dans un morceau de peau de chamois» dont on forme un nouet solidement attaché avec une ficelle; on plonge le Qoaet dans une terrine remplie d eau presque bouillante» et aussitôt que le phosphore est defenu fluide » on l'exprime fortement arec la main ; mais cette opération est pénible, surtout lorsqu'on agit sur une grande quantité. L'auteur a employé de préférence on anneau fixé au bout d un mancb'e de buis; il enj^age le haut du nouet dans l'anneau et peot» sans plonger la main» terminer l'opération. Pour rendre l'usage du phosphore plos commode, on a l'habitude de le mettre eoejliodres plus ou moins longs et commu- Bément de la* grosseur d'une plume. Celte
etion s'appelle le moulage du phos- . Elle consiste à introduire le phosfve fluide dans des tubes de rerre» où on maintient jusqu'à ce qu'il soit refroidi; ^on le fait sortir de ces tubes au moyen d*ttoe tige de yerre. Le phosphore pur est ifl corps solide» delà consistance de la cire» transparent et incolore au moment 01^ il est en fusion » demi-transparent ou noir» suivant que son refroidissement s'est opéré (Tone manière plus ou moins prompte. Ces différences peuvent être attribuées à ce que les molécules du phosphore s'arrangent dans k premier cas autrement que dans le second; il agit alors d'une autre manière sur les rayons lumineux.
• Comme tous les corps combustibles» le phosphore réfracte la lumière plus qu'en raison de sa densité; il est lumineux dans l'obscurité avec le contact de l'air ; sa saveur est un peu Acre ; son odeur» sui generitf est trës-reconnaissable ; on la compare à celle de l'ail : sa pesanteur spécifique est de ItTTO. Sans parler du parti que la chimie a tiré du phosphore pour opérer diverses anal/ses et étudier la nature de plusieurs substances sur lesquelles il agit d'une manière particulière, on peut citer l'usage qu'on en uit dans les arts pour la fabrication des mèches et des briquets phosphoriques. Considéré médicalement, le phosphore employé à très-petites doses agit comme aphrodisiaque puissant et un excitant général ; mais son emploi est dangereux, car ce corps est 00 des poisons les plus actifs. Le phosphore est solide et cassant, lorsque la température àlaqaelle il est exposé est au-dessous de zéro ; de zéro h hS degrés il est encore solide , mais il devient ductile et de plus en plus mou. A 43 degrés centigrades il entre en fusion; enfin il se volatilise à 95 degrés.
lorsqu'il est chauffé sous l'eau ; mais , sans eau, il lui faut pour le volatiliser, une chaleur beaucoup plus forte; car lorsqu'on le distille seul dans une cornue, il n'entre en ébullition qu'environ à 900* sur zéro. Le phosphore londu ne se reprend en masse solide que lorsane la température est revenue à ^ sur zéro. Au moment de la solidification du phosphore» le mercure d'un thermomètre gui y est plongé» monte de six degrés, ce qui est conforme à la théorie générale» que les fluides passant à l'état solide dégagent du calorique. On pourrait peutêtre se servir de ce moyen pour connaître la iionté du phosphore, puisque le degré du thermomètre varie au moment de sa solidification» suivant qu'il contient plus ou moins de soufre, depuis 2k degrés jusqu'à % et 31. Le dégagement du calorique peut varier de 6 è 9, a raison de la masse sur laquelle on 0|)ère. L'auteur traite ensuite des phénomènes que produit le phosphore avec la lumière, l'air almosphériuue, l'oxigène, les tx>mbustibles, le soufre, l'iode, les métaux , \e sucre, les huiles, l'éther, l'acide acétique et la graisse. Il résulte des faits contenus dans cette dissertation : 1* que tout ce qu'on a pris jusqu'à présent pour du phosphore de carbone n'est peutrètre autre chose qu'un oxyde rouge de phosphore; que néanmoins l'union de ces deux corps combustibles ne parait pas impossible ; 2* que l'acide acéti- ^ue bouillant dissout une assez grande quantité de phosphore, et qu'il en retient après son refi^oidisseilient; que l'acide acétique qu'où distille sur ce corps entraine avec lui une quantité de phosphore qu'il conserve aussi après son abaissement de température ; 3* (]ue la graisse et les huiles fixes ont la propriété non-seulement de dissoudre àchaud une portion du phosphore soumis à leur action, mais encore de la diviser, propriété qu'on peut appliquer à la pulvérisation du phosphore, en s'emparantdu corps gras par Talcool ou l'éther; k" que l'acide phosphorique est susceptible de se combiner au mercure oxidé et à Tammoniaque, et de former alors un sel à double base, que Ion pourrait nommepphosphateammoniaco-mercuriel;5*qu*il peut exister un phosphite de soude phosphuré bien différent du phosphite de soude; 6* que l'acide phosphorique l>ouillant attaque le verre en s'eroparant de son alcali , et mettant à nu la silice. Ce même acide» chauffé fortement dans un creuset de platine recouvert d'un disque de verre, en attavjue la surface et la dépolit. Ce dernier fait ne serait -il pas propre à rendre douteuse l'existence de l'acide fiuorique dans les os des animaux» puisqu'il présente les mêmes phénomènes que quelques chimistes ont attribués à cet oxyde, dans la calcination du phosphate de chaux arrosée d'acide sulphorique, et opérée également dans un creuset recouvert d'une lame de verre. [Journal de pharmacie^ 1815, tom. I» p. 155.)
Un mémoire de M. Dulong a pour objet principal de prouver qu'il existe au moins quatre acides distincts, formés par la com-