SI
PHD
PHO
binaison du phosphore avec Toxygène. L'a* cide au roiniinuin d'oxygène, aue l'auteur propose de nommer hypophospnoreux, est produit parla réaction de 1 eau surlesphosphures alcalins. Lorsque ceux-ci sont convenablement ppéparésy il résulte de la décomposition qu'ils font éprouver à Teau du gaz hydrogène phosphore, à proportions variables, les deux acides qui neutralisent exactement la base du phosphure. L'un de ces acides est Tacide phospnorique; l'autre est Tacide hypophosphoreux. En emplovant le phosphure de baryte, il est facile d'obtenir ce dernier acide à Tétat de pureté, car l'hypophosphile de barvte étant très-soiuble, on peut le séparer facilement du phosphite qui s'est formé en même temps; et, par le moyen de l'acide sulfurique, ajouté en quantité convenable, on en précipite entièrement la base* L'acide hypophosphoreux peut être concentré par l'évaporation ; il ne se déga^^e que de l'eau pure, et l'on obtient un liquide visqueux, fortement acide et in« cristallisable, qui se décompose par une chaleur plus élevée. Cet acide agit, en général, comme un désoxydant très-énergique. Les hypophosphites sont remarquables par leur extrême solubilité. Il n'y en a aucun d'insoluble; ceux de baryte et de strontiane ne cristallisent même que très -difficilement. Ceux de potasse, de soude, d'ammoniaque, sont solubles eu toute proportion dans l'alcool très-rectifié ; celui de potasse est beaucoup plus déliquescent que le muriate de chaux. Ils absorbent lentement l'oxygène de l'air, et deviennent acides. L'acide hypophosphoreux est composé de
Phosphore, Oxigèiie,
M. Dulong observe que ces résultats sont calculés dans l'hypothèse que l'acide hypophosphoreux est une combinaison binaire ; mais que l'on peut élever des doutes sur cette manière d envisager sa nature, et cj^u'il serait possible que ce Tût un composé triple d'oxygène, d'hydrogène et de pmosphore, formant une nouvelle espèce d'hydracide.
L'acide qui est immédiatement au-dessus de celui-ci résulte de la décomposition du chlorure de phosphore au minimum, par l'eau. C'est à M. Davy qu'on en doit la découverte. 11 paraît convenable de lui conserver le nom d'acide phosphoreux, qui a été donné jusqu'à présent au produit de la combustion lente au phosphore, dont la nature i^e comporte point une pareille dénomination. D après l'analyse de M. Dulong, qui diffère peu de celle de H. Davy, cet acide serait formé de
Phosphore, Oxigéue,
D*où il résulte que Toxigène de l'acide hy-
pophosphoreux est à celui de l'acide phos-
fthoreux : : 1 : S. L'auteur expose ensuite es propriétés générales des phosphiles, genrn de sel qui n'avait point encore élé écrit. II examine ensuite l'acide produit f\ar la combustion lente du phosphore dans 'air. 1^8 nouvelles propriétés de cet acide, qu'il fait connaître, te conduisent à unedisl cussion sur sa nature. Il conclut qu'on doit le considérer comme une combinaison d'»cide phosphoriaue et d'acide phosphoreux. C'est à cause de l'analosie qu'il présenrê avec les sels dans son mode de composition* qu'il propose de donner à cette substance le nom d'acide phosphatique. Il fait encore remarquer, à ce sujet, qu'il existe plusieurs autres composés, regardés çénéraiement comme des combinaisons primaires, qui doivent être eonsidérées, ainsi que l'eifiérience le prouve, comme formes de deux composés plus simples. Tel est, parexem-
{>le, Voxydede fer au médiam , qui est réelement une combinaison de deux mol^ules d'ox;rde rouge et d'une molécule d'oxydé au minimum.
En comparant l'analyse de Tacide phosphoreux avec celle de 1 acide phosphorique, on voit que les quantités d'oxygène de ces deux acides sont dans le rapport de 3 : 5, au lieu de celui 1:2, que M. Dary SYail indiqué. M. Dulong s'est aussi occupé de Tanalyse des phosphates, pour parvenir aux lois de composition de ces sels, ainsi que des phosphites et des hypophosphites; la corn* paraison des proportions de ces différents sels devant être d un grand intérêt pour la théorie. Il a remarqué i* que les phosphiles neutres se changent en phosphates, sans cesser d'être neutres, comme M. Gay-Lussac l'avait déjà observé ; 2* que les hypophosphites neutres deviennent des phosphates acides; 3* que les phosphores métalliques correspondent aux protoxydes solubles aans les acides; et qu'en faisant passer le phosphore à l'état d'acide phosphorique, et le métal à l'état de protoxyde, il en résulte un
[ihosphate neutre, dans lequel l'oxygène de 'acide est à l'oxygène de la base :: 5 : 2; et que, par conséquent, si le métal passe à un degré supérieur d'oxydation, il se forme un sous-phosphate dans lequel le rapport des quantités d'oxygène devient celui de 6 : 3, ou de 5 : %; V que les phosphites et les phosphates ont avec les nitrites et les nitrates une très-grande analogie (^uaot aux proportions; que la même analogie se lait déjà remarquer dans les proportions des acides à base de phosphore et d'azole; 5* que les forces qui produisent les combinaisons paraissent dériver d'une autre source gue les causes qui déterminent leurs proportions; 6* enfin que, lorsqu'un même corps peut former plusieurs acides avec l'oxygène, la même base produit, avec ces acides, des sels d'autant plus solubles, qu'il y a moins d'oxygène dans Tacide. {Soiiéié pkUomathique, 1816, pag. 131. — Annules ^i chimie et de physiqu€f même année, tooi. llf pag. Ifcl.J
PIIO
I»ES INVENTIONS
PIIO
PHOTOGRAPHIE, — Découverte impor-
bnleau (loint de vue des sciences physiques eloalureiles et à celui des arts, par iaiiuelle VQ est parvenu à flxer les images formées aafovcrde la lentille de la chambre obsrureJFoy.ce mot), et à créer, par la seule puissance de la lumière^ sur une plaque de oétal ou de verre, ou sur du papier» le desjio exact des objets.
Nouj ne saurions mieux faire que d*empruoter à M. Figuier son beau travail sur la photographie» exposé critique et conscienaeui de cette découverte; ses progrès Déioeles plus récents, ses applications aux neuces et aux arts, voilà ce que nous trouverons dans le livre de M. Figuier, que nous Mourions trop recommandera Tattentiou teoos lenteurs.
La création de la photographie appartient Ideux hommes dont les travaux et le rôle Rspectifs, dans cette grande découverte»
ioot très-nettement établis. Joseph-NicépiMmNiepce a, le premier, trouvé le moven (filer, parTaction chimique de la lumière, roBi^ des objets extérieurs ; Louis-Mandé h^uerre a perfectionné les procédés pho- Iftphiques de Niepce, et imaginé dans nensemble la méthode générale actuelle- Mt en usage.
Joseph Niepce était un simple propriétaire èCliiloDS qui vivait retiré avec sa famille ■os une maison de campagne aux bords de I Saône. Aidé de Tun de ses frères, qui cédait des connaissances étendues dans earts mécaniques, il consacrait ses loisirs Ides recherches de science appliquée. Les ^es Niepce s'occupèrent ensemble en 1806 kla construction d*une machine motrice bos laquelle Tair, brusquement chauffé, de- |ait remplacer la vapeur ; cette machine atira Tattention de Carnot, qui en lit l'objet hn rapport à l'Institut. La culture du pasri, à laquelle ils se livraient, leur donna Dsaite roccasion de préparer avec cette itaote une matière colorante identique avec HKJigo des Indes, question d'une haute nportance à une époque où les guerres extrieure$ privaient le commerce français des roduits coloniaux. EnOn une invention des ilus précieuses pour les beaui-arts vint iuoger la direction des travaux de Niepce. 4 lithographie venait d'être importée en [rance, et cet art curieux fixait alors toute «tteotion des industriels et des artistes; Qrtout ou fouillait les carrières pour y cher- W du calcaire lithographique. Niepce lit ItTers essais de reproduction sur quelques lierres d*un grain délicat destinées à être )fo/ées sur la route de Lyon. Ces tentatives O'iat échoué, il imagina de substituer aux lierres uu métal poli. 11 essaya de tirer des ^preuTes sur une lame d'étain avec des ^joos lithographiques,^ et c'est dans le cours ie CCS recherches qu'il conçut l'idée d'obi^oir sur des plaques métalliques la représentation des objets extérieurs par la seule wtion des rayons lumineux.
Psr quelle série de transitions mystérieu- Kt Niepce fut-il conduit, en partant de siui-
Eles essais typographiques, à aborder le prolème le plus compliqué, le plus inaccessible peut-être de la physique de son temps 7 La Question serait bien difficile à éclaircir. Niepce était fort éloiené d'être ce que l'on nomme un savant. Il appartenait à cette classe d'infatigables chercheurs qui, sans trop de connaissances techniques, avec un bagage des plus minces, s'en vont loin des chemins courus, par monts et par vaux, cherchant l'impossible, appelant l'imprévu, invoquant tout bas le dieu Hasard ; Niepce, pour tout dire, était un demi-savant. La race des demi-savants est assez dédaignée, l'ignorance surtout aime à l'accablvr de sm mépris ; cependant il est peut-être bon de n'en pas trop médire : les demi-savants font peu de mal a la science, et, de loin en loin, ils ont des trouvailles inespérées. Précisément parce qu'ils sont malnabiles à apprécier d avance les éléments infinis d'un fait scientifique, ils se jettent du premier coup tout au travers des difficultés les plus ar^ dues, ils touchent intrépidement aux questions les plus élevées et les plus graves, comme un enfant insouciant et curieux touche, en se jouant, aux ressorts d'une machine immense, et parfois ils arrivent ainsi k des résultats si étranges, à de si prodi* gieuses inventions, que les véritables savants en restent eux-mêmes confondus d'admiration et de surprise. Ce n*est pas un savant qui a découvert la boussole, c est un bourgeois du royaume de Naples ; ce n'est pas un savant qui a découvert le télescope» ce sont deux enfants qui jouaient dans la boutique d'un lunetier de Middlebourg ; ce n'est i)às un savant qui a découvert les applications de la vapeur, c'est un ouvrier ; ce n'est pas un savant qui a trouvé la vaccine, ce sont des bergers du Languedoc ; ce n'es> pas un savant qui a imaginé la lithogra[)hie, c'est un chanteur du théfttre de Munich ; ce n'est pas un savant qui a découvert le galvanisme, c'est un médecin de fiobgne, qui, en traversant sa cuisine, s'arrêta devant sa ménagère, occupée à préparer un bouillon aux grenouilles. Il est donc prudent de ménager un peu cette race utile des demisavants. C'est peut-être parce que Niepce n'était qu'un demi-savant que la photographie existe. Assurément, si Niepce eût été un savant complet, il n'eût pas ignoré qu'en se proposant de créer des images par Tac* tion chimique de la lumière, il se posait eu face des plus graves difi[icultés de la science humaine ; il se tût rappelé qu'en Angleteri:<F l'illustre Uumphry Davy, le patient Wedge* wood, après mille essais infructueux, avaient déclaré le problème insoluble. Le jour où cette pensée audacieuse entra dans son esprit, il l'eût donc reléguée aussitôt à c6té des rêveries de Wilkins ou dé Cyrano de Bergerac; il eût tout au plus poussé un soupir de regret et passé outre. Heureusement pour la science et pour les arts, Niepce n'était savant qu'à moitié. Il ne s'effraya donc pas trop des difficultés qui l'attendaieat. Il ne pouvait guère prévoir que celte
PUO
PQO
question, en apparence si çimple, allait lui coûter vingt années de recherches, et que la mort le surprendrait avant qu'il eût reçu la récompense et la satisfaction fégitime de ses travaux.
Les essais photographiques de Niepce remontent è l'année 1813 ; c'est dans les premiers mois de 181i qu'il fit ses premières découvertes. 181b I cette date ne suffit-elle pas à elle seule pour montrer avec quelle passion ardente il a suivi la série de ses travaux. L'empire est ébranlé, le pays en feu, le sol en proie à Tinyasioa étrangère, toute l'Europe se réunit pour nous accauler; cependant il y a quelque part, derrière la Saône, un homme que le bruit de ces agi* talions immenses est impuissant à détourner de sa tAche. Que lui font à lui et les nations qui s'ébranlent et Tempire qui tombe; il a de bien autres sollicitudes : sur sa plaque il a aperçu aujourd'hui les premiers linéaments d'une image. Autour de lui tout s'agite, partout le trouble et l'anxiété, nul ne sait ce que la France sera demain. Le soteil de demain éclairera-t-il le triomphe ou r asservissement de la patrie ? Voilà ce que tous les cœurs se demandent avec mille angoisses. Lui, il se dit seulement : Le soleil de demain impressionnera-t-il la combinaison nouvelle que J ai trouvée hier? Dans la notice qu'il a publiée en 1841, M. Niepce fils a pris la peine de nous prouver que les recherches de son père remontent h l'année 1813. Gardez vos preuves, elles sont inutiles ; il fallait bien que ses travaux fussent antérieurs à 18ii, puisque même les événements de cette année néfaste ne suffirent point à suspendre sa marche.
Quant aux principes de ses procédés photographiques, ils étaient d'une simplicité remarquable. Il savait ce que savent tous les peintres, qu'une certaine substance résineuse de couleur noire, le bitume de Judée, exposée à l'action de la lumière y blanchit assez promptement; il savait ce que savent tous les chimistes, que la plupart des composés d'argent, naturellement incolores, noircissent par l'action des ra;^ons lumineux. Voici comment il tira parti de cette propriété. Il s'occupa d'abord a*un objet assez insignifiant eu apparence, mais qui avait l'avantage de préparer et d'éprouver les procédés pour l'avenir : il s'appliqua à reproduire des gravures. Il vernissait une estampe sur le verso^ pour la rendre plus transparente, et l'apphquait ensuite sur une lame d'étain recouverte d'une couche de bitume de Judée. Les parties noires de la gravure arrêtaient les rayons lumineux; au contraire, les parties transparentes ou qui ne présentaient aucun trait de burin les laissaient passer librement. Les rayons lumineux, traversant les parties diaphanes du papier, allaient blanchir la couche de bitume de Judée appliquée sur la lame métallique, et l'on obtenait ainsi une reproduction fidèle du dessin, dans laqut^lle les clairs et les ombres conservaient leur situation naturelle, ëq plongeant ensuite la lame
métallique dans l'essence de lavande, les
f sortions du bitume non impressionnées par a lumière étaient dissoutes, et l'image se trouvait ainsi mise à l'abri de l'action ultérieure de la lumière.
Mais la copie photogénique des gravures n'était qu'une opération d'un intérêt secondaire, ce n'était qu'un prélude; il fallait reproduire les dessins de la chambre obscure. Tout le monde connaît la chambre obscure. C'est une sorte de boîte fermée de toutes parts, dans laquelle la lumière s'introduit par un petit orifice. Les rayons lomineux émanant des objets placés au dehors s'eutrecroiseut à l'entrée et produisent une représentation en raccourci de ces objets. Pour donner plus de champ à l'image, et pour ea augmenter la netteté, on place devant rorifice lumineux une lentille convergente. C'est donc là véritablement un œil artificiel dans lequel viennent se peindre toutes les vues extérieures. Ces images éphémères, il fallait les fixer ; la chambre obscure est uu miroir, de ce miroir il fallait faire un tableau.
Niepce résolut ce problème an 182^ et voici, d'une manière générale» comment il procédait : sur une lame de plaqué ou cuivre argenté , il appliquait une couche de bitume de Judée. La planche ainsi recouverte était placée dans la chambre noire et l'on faisait tomber è sa surface l'image transmise par la lentille de l'instrument. Au bout d'un temps assez long la lumière avait agi sur la surface sensible. En plongeant alors la plaque dans un mélange d'essences de lavande et de pétrole, les parties de l'enduit bitumineux que la lumière avait frappées restaient intactes; les autres se dissolvaient rapidement. On obtenait donc ainsi un dessin dans leauel les clairs correspondaient aux clairs, et tes ombres aux ombres; les clairs étaient formés par l'enduit blanchâtre de bitume, les ombres par les parties polies et dénudées du métal, les demi-teintes par les portions du vernis sur lesquelles le dis* solvant avait partiellement agi. Ces dessins métalliques n avaient qu'une médiocre vigueur; Niepce essaya de les renforcer en exposant la plaque à l'évaporation spontanée de l'iode ou aux vapeurs émanées du sulfure de potasse, dans la vue de produire un fond noir, sur lequel les traits se détacheraient avec plus de fermeté; mais H ne réussit qu'incomplètement. L'inconvénient capital de cette méthode photographique, c'était le temps considérable exigé pour I im* pression lumineuse. Le bitume de Judée est une substance qui ne s'impressionne qu'avec une lenteur excessive ; il ne feltait pas moins de dix heures d'exposition pour produire un dessin. Pendant cet intervalle, le soleil, qui n'attendait pas le bon plaisir de cette substance paresseuse, déplacaii les lumières et les ombres avant que nmage fût entièrement saisie. Ainsi le succès n'était jamais assuré d'avance. Ce procédé était donc fort imparfait; néanmoins, comme on
PIIO
DES INVENTIONS
pua
le Toit, le problème photographique était r^lu dans son principe.
Nience put dès lors appliquer sa décourerteà lart de la gravure; car c'était là, il bui bien le remarquer, le but qu'il se profitait dans ses travaux. Il n'eut pas de f<ineày réussir; en attaquant ses plaques l»r UQ acide faible, il creusait le métal en respectant les traits abrités par l'enduit ré- Moeui;il formait donc des planches à l'u- Mge des graveurs. C'est ainsi qu'il put ré* KMidre le problème qu'il s'était posé vingt m auparavant, c'est-à-dire de créer une hranche nouvelle de typographie, supérieure ib lithographie et a la gravure, dans laipielle la lumière seule produirait directe- Bf^Qt, sur une plaque métallique, un dessin (oK suffirait ensuite d'attaquer, par un Kide, pour rendre la plaque immédiate- Dent propre au tirage typographique. Niepce teignait ce nouveau procédé (le gravure mk nom d' Héliographie (!)• M. Lemaitre,
ihsOTICE SUR L*HéLIOGRAPHlB, P4R J. NIEPCE.
U découverte que j^ai faite, et que je désigne m le noDi é^héliograp/ûe^ consiste à reproduire wmaémentf par raclion de la lumière avec les Ipyaiions de teintes du noir au blanc, les images ^asdans la chambre obscure.
khtre première* •— Préparûlion. — La lumière, htm état de composition et de décomposition, f (iimiqaement sur les corps. Elle est ahsorliée, v% combine avec eux, et leur communique de fVflies propriétés. Ainsi, elle augmente la-consis- ^naiurelie de quelques-uns de ces corps; elle tisAljthGe même, et les rend plus oo moins inso • ^, solvant la durée ou Tintensilé de son action. 1*1 »i, en peu de mots, le principe de la décou-
[hmij^ fondamental de cette découverte, — La l^ance ou matière première que j*emploie, celle ri m'a le mieux réussi, et qui concourt plus immébtf meol à la production de TefT t, est \ asphalte ou iimie Judée, préparé de la manière sui^'aute : ie remplis à moitié un verre de ce bitume pulvélè. Je verse de-sus, goutte à goutte, de l*huile Kdiielie de lavande jusqu'à ce que le bitume n*en iwrbe plus, et qull en soit seulement bien pénct J'ajoute ensuite assez de cette huile essentielle Ntf qu>Ue surnage de trois lignes environ au-desft dtt mélange, qu'il faut couvrir et abandonner à tedoucechaleur, jusqu'à ce que Tessence ajoutée M Mturée de la matière colorante du bitume. Si (*emis n'a pas le degré de consistance nécessaire, I le iaiue évaporer à l'air libre, dans une capsule, ib ganniissant de l'humidité qui l'altère et finit V le décomposer. Cet inconvénient est surtout à 'ÙRiire , dans cette saison froide et humide ,
^' les expériences faites dans la chambre
tnc petite quantité de ce vernis, appliquée à froid ^ UD tampon de peau très-douce, sur une planche *^i plaqué bien poli, lui donne une belle couor ^t \ermeil, et 8*y étend en couche mince et ^)le. On place ensuite la planche sur un fer "«<i, recouvert de ouelques doubl» s de papier dont ■ eoiéve ainsi, préalablement, toute l'humid té; I wrsque le vernis ne poisse plus , on retire la i^flche pour la laisser refroidir et flnir de sécher à '^leropéraiure douce, à l'abri du contact d'un air ■"ide. Je ne dois pas oublier de faire observer à ^^)^ ipie c'e>t principalement en appliquant le ^iki&qve cette prrk^aution est indispensable. Dins ^ ^n, un disque léger, au centre duquel est fixé*) ^courte lige, que l'uu ti^nt à la boudie, suflit
à qui Niepce avait confié le tirage de se^ planches, possède encore quelques gravures de ce genre; elles sont loin a*6tre imparfaites.
Cependant, à Tépoque même où Niepce voyait ainsi réussir ses premières expériences photographiques, il y avait à Paris un homme que le genre tout spécial de ses connaissances et la nature de ses occupations habituelles avaient conduit à s'occuper de recherches analogues : c'était M. Daguerre. Peintre habile, il était depuis longtemps connu des artistes ; mais il ne s'était guère occupé que des décorations de théâtre Les toiles remarq^uables qu'il avait composées pour l'Ambigu et plus tard pour 10péra lui avaient fait en ce genre une sorte de célébrité. Il avait surtout fondé sa réputation par l'invention du Diorama. On connaît les effets remarquables qu'il avait réussi à produire en représentant sur une même toile deux scènes différentes, qui ap-
pour arrêter et condenser l'hum'dité de la respiratio.i. La pLinclie, ainsi préparée, ^eut être immédiatement soumise aux impressions du fluide lumineux ; mais, même aprè:» y avoir été exposée assez de temps pour que l'efftrt ait eu lieu, rien n'indique qu'il extsie réellement, car l'empreinte reste inaperçue. Il s'agit donc de la dégager, et l'on n'y parvient qu'à l'aille d'un dissolvant.
Dit dissolvant, — Manière de le préparet. — Gomme ce dissolvant doit èire approprié au résultai que l'an veut obtenir, il est difficile de fixer avec exactitude les proportions de sa composition; mais, toutes choses égales d'ailleurs, il vaut mieux qu'il soit trop faible que trop fort. Celui que j'emploie de préférence est composé d'une partie, non pas en poiils, mais en volume d'huile essentielle de lavande sur dix parties, même mesure, d'huile de pétrole blanche. Le mélange, qui devient d'abord laiteux, s'éclaircit parfaitement au bout de deux ou trois jours. Ce composé peut servir plusieurs fuis de suite. 11 ne perd sa propriété dissolvante que lorsqu'il approche du terme de saturation, ce qu'on reconnaît parce qu'il devient opa(|ue et d'une couleur très-foncée ; mais on peut le distiller et le rendre aussi bon ^u*auparavani.
La plaque ou planche vernie euint retirée de la chambre obscure , on verse dans un vase de ferblanc d'un pouce de profondeur , plus long et plus large que la plaque, une quantité de dissolvant assez considérable pour que la plaque en soit lotaleinent recouverte. Un la plonge dans le liquide, et en la regardant sous un certain angle, dans un faux jour, on voit l'empreinte apparaître et se découvrir peu à peu, quoique encore voilée par l'huile qui surnage plus ou moins saturée de vernis. On enlève alors la plaque, et on la pose veriicalement pour laisser bien égonuer le dissolvant. Quand 11 ne s'en échappe plus, on procède à la dernière oiiératidn , qui n est pas la moins importante.
Du lavage, — Manière d'y procéder, — Il suflit d'avoir pour cela un appareil fort simple, composé d'une planche de quatre pieds de Ipng, et plus largo
3ue la plaque. Cette planche est garnie sur champ, ans sa longueur, de deux linéaux bien joints, faisant une saillie de denx (jouces. Elle est fixée à un support par son extrémité supérieure , à l'aide de charnières qui permeiient de l'incliner à volonté pour dcmner à 1 eau que l'on verse le degré de vitesse nécessaire. L'extrémité inférieure de la planche aboutit dans un vase destiné à recevoir le liquide qui s'écoule. On place la plaijue sur cette planche inclinée ; on rcni|)èche de glisser en l'appuyant contre deux petits crampons qui ne doivent*
PIIO
pno
paraissaient successivement sous les yeux des spectateurs par de simples artitices d'éclairage. La Messe de minuit^ rEboulement de la vallée de Goldau^ la Basilique de Sainte^
pas dépasser Tépaisseur de la plaque. Il faut avoir soin, dans cette saisoii-ci, de se servir d*eaii tiède. On ne la verse pas sur la plaque, mais au-dessus , afin qu*en y arrivant elle fasse nappe et enlève les dernières portions d*buile adhérant au vernis. C^est alors que Teiupreinte se trouve compléieineut dé{;agée, et partout d*une grande netteté , si lopération a été bien faite , et surtout si Ton a pu disposer d*une chambre noire perfeclionnée.
Application des procédés héliographiques. — Le vernis employé pouvant s'appliquer iudiffcremeut sur pierre , sur métal et sur verre, sans rien changer a la manipulation , je ne m'arrêterai qu'au mode 3'applicaiion sur argent et sur verre , en faisant toutefois remarquer, quant à la gravure sur cuivre, que Ton peut sans incouvénient ajouler à la corn* position du vernis une petite quantité de cire dissoute dans Thuile essentielle de lavande.
Jusqu'ici l'argent plaqué me parait être ce qu^il y a de mieux pour la reproduction des images , à cause de sa blancheur et de son éclat. Une chose certi^ine , c'est qu'après le lavage, pourvu que i'eui* preinie soit bien sèche » le résultat obtenu est d^à satisfaisant. 11 serait pourtant à désirer que Ton
{»ût, en noircissant la planche, se procurer toutes es dégradations de teintes du noir au blanc. Je me suis donc occupé de ce projet en me servant d'abord du sulfure de potaste liquide, m.iis il attaque le vernis quand il est concentré, et si on rallonge d*e;«tt il ne fait que rougir le métal. Ce double inconvénient m*a forcé d*y renoncer. La substance q^ue j^eniploie maintenant, avecphis d*espoirde suct'^s, est liode^ qui a la propriété de se vaporiser à la température de l'air. Pour noircir la planche par ce procédé, il ne s'agit que de la dresser contre une des parois intérieures d'une botte ouverte dans le dessus , et de placer queltjues grains d'iode dans une petite rainure pratiquée le long du côté opposé, dans le fond de la boite. On la couvre ensuite d*un verre pour juger de l'effet oui s'opère moins vite * mais bien plus sûrement. Oa peut alors enlever le vernis avec l'alcool , et il ne reste plus aucune trace de Tempreinte primitive. Comme ce procédé est encore tout nouveau pour moi, je me bornerai h cette simple modiflcation, en attendant ^ue l'expérience m ait mis à la portée de recueillir Udessus des détails plus circonstanciés.
Deux essais de point de vue sur verre , pris dans la chambre obscure, ui^ont offert des résultats qui, bien que défectueux , me semblent devoir être r- p- |K)rtés, parce que ce genre d*applicatlon peut se perfectionner plus aisément et devenir par la suite o^m intérêt tout particulier. Dans Pun de ces essais, La lumière, ayant agi avec moins d'intensité, a découvert le vernis de manière k rendre les dégrailatiens de teintes beaucoup moins senties ; de »orte que Tenipreinte, vue par iransmission , reproduit jusqu'à un certain point les effets connus du Uio' rama» Dans l'autre essai, au contraire, où l'action du fluide lumineux a été plus intense , les parti* s les plus éclaiiées, n'ayant pas été attaquées par le dissolvant, sont restées transparentes, et la différence des teintes résulte uniquement de l'épaisseur relative des couches plus ou moins opaques du vernis. Si l'empreinte est vue par réfie^on^ d-'US un miroir, du côté verni et sous un angle déiermtjié , elle produit beaucoup «l'effet, taudis ^ue Vue par iransmission elle ne présene qu'une image confuse et incolore, et ce qu'il y a d'étonuant, c'est qu'elle parait affecter les couleurs locales de certaius objets. £n méditant sur cç fait remarquable, j'ai cru pouvoir eu tirer des inductions i|ui pei-
Marie^ et quelques autres toiles qui furent consumées dans l'incendie du Diorama,en 1839, ont laissé de précieux souvenirs dans la mémoire des artistes. Ces études si spé-
mettraient de le rattacher à la théorie de Newton sur le phénomène des anneaux colorés. Il suffirait, pour cela, de supposer que tel rayon prismatique, le rayon vert, par exemple , en agissant sur la substance du vernis et en se combinant avec elle, lai donne le degré de solubilité nécessaire pour que la couche qui en résulte après la double opéraiioa du dissolvant et du lavage réfléchisse la couleur verte. Au reste, c'est à l'observation seule à constater ce qu'il y a de vrai dans cette hypothèse, et la chose me semble assez intéressante par ellemême pour provo4|uer de nouvelles recherclies et donner lieu à un examen plus approfondi.
Observations. — Quoiqu'il n'y ait sans doute rien de dinicile dans remploi des moyens d'exécution que je viens de rapporter , il pourrait se faire toutefois qu^on ne réussit pas complètement de prime al)ord. Je |»ense donc qu^il serait à pro|)OS d'opérer en petit, en copiant des gravures à la luiiïière diffuse, d'après la préparation fort simple que voici :
On vernit la gravure seulement du côté teno, de manière à la rendre bien transparente. Quanl elle est parfaitement sèche , on l'applique du côbi reciOf sur la planche vernie, à raide d'un verre dont ou dimijiue la pression en inclinant la planche sous un angle de 45 degrés. On peut de la sorte, avec deux gravures ainsi préparées et quatre ^ tites planches de doublé d'argent, faire pUisieon expériences dans la joumés , même par un temps sombre, pourvu que le local soit à l'abri do froii et surtout de rhuinidité , qui, je le répète, détériore le vernis à un tel point, qu'il se détache par «Miches de la planche , quand on le plonge dans le dissolvant. C'est ce qui m*empèche de me senir de la chambre noire durant la mauvaise saison. En multipliant les expériences dont je viens de
Iiarler , on sera bientôt parfaitement au fait de tous es procédés de la manipulation.
Relativement à la manière d'employer le vernis, je dois rappeler qu'il ne faut l'employer qu*eii consistance assez épaisse pour former une coucbe compacte et aussi mince ^ull est possible , parce qu'il résiste mieux à l'action du dissolvant , et «le vient d'autant plus sensible aux impressions de la lumière. A l'égard de l'iode, pour noircir leséprenves sur argent plaqué, comme à l'égard de 1 acide pour graver sur cuivre, il est essentiel que le venus. après le lavage, soit tel qu'il est désigné dans le deuxième essai sur verre, rapporté ci -dessus; car alors il est bien moins perméable ; soit à l'adde, w\ aux émanations de l'iode , principalement dans lei parties où il a conservé toute sa transparence: ce n'est qu'à cette condition aue Ton peut, même i l'aide du meilleur appareil d'optique, se flatter de parvenir à une com).lète réussite.
Additions, — Quand on ôte la planche vernis pour la faire sécher, il ne faut pas seolemeai II gaianiir de l'humidilé , mais avoir soin de la mettre à l'abri du contact de la lumière.
En parlant des expériences faites à la loaiière diffuse , |e n'ai rien dit de ce genre d'expérience sur verre. Je vais y suppléer, pour ne pas omettre une amélioration qui lui est particulière. Elle mosiste simplement à placer sous la plaque du verre un papier noir, et à interposer un cadre de carton entre bi plaque, du côté verni , et la gravure qui doit avoir été préalablement collée au cadre de manière à être bien tendue. 11 l'ésulte de cette disposiiiou que l'image parait beaucoup plus vive qM sur un fond blanc, ce qui ne peut que contribuer à la promptitude de l'effet, et eu second lieu quelr
PflO
DES mfEElTIONS.
PUO
dates du ^ et des e^mbinaisons de la lanière aTaient amené M ^ Dagaerre k entreprâDdre de fixer les images de la chambre ûbseore. Toutefois, malgré des recherches persérérantes , it est certain qu'il n'arait eoeore rîeo trouvé, iorsqu*il apprit par hasard qae dans un coin ignoré de la proTince ua homme avait résolu ce difficile problème.
Laissons H. Niepee fils raconter comment s*é(ablireol les premiers rapports entre les dfui infenteurs de la photographie :
Bau iet premiers jours de janvier 1826 ,
n ife lias parents , If. le colonel Niepee , ap-
ptH au commandement de nie de Se ^ fut
Migé, pour affaires relatives à son service^
detereidreà Paris. A son dépari pour la
npitalef it se forgea d^ acheter pour mon
pen wm prisme ménisque de tinvention de
MM. Vincent et Charles Chevalier ^ opticiens.,
ùpriswte fut promis sous peu de jours. Dans
la (onrersation qui s'établit entre M. le eolo^
td Sxtpce et M. Chevalier , quelques mois fu-
Tfit prononcés sur la découverte de mon père.
Grmidi fut la surprise de M. Chevalier , nu-
fid U colonel fut contraint d^ assurer que la
àme existait réellement , et qu'il en était
imtant plus certain qu*U avait lui-même vu
éa épreuves. Le lendenuûn de cette commu^
•ietfiMi, Jf. Daguerre se présenta chez