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DES LNVeMTIOfiS.
PHO
(oti n mensoDge quil entrera dans les Traies
cooditioos de Tart. J*ai enlenda raconter à ce
propos une petite histoire qui peat-être
(roufefa ici M place toute marquée. 11 s'agit
d'uoe cooifMgQie de touristes qui, pendant
une excursion dans les Alpes, se trouvent
Uiald*un coup en face d'un site naturel d'un
effet pittoresque. C'est une haute montagne,
sur le peacoant de laquelle un chAlet se
âéucbe eo silhouette déliée. La compagnie
ipjatire toot à son aise et se retire; un ar-
Lste, resté seul, prend à la hâte un croquis
ât II Tue. 11 présente ensuite son dessm à
ses amis. H n'j a qu'un cri pour trouver
HCUTre détestable, et la co|)ie bien diffé-
rrote de la réalité. La montagne était bien
T'os haute et le chalet bien plus petit.
Sùtre wumtaçne éiaii une banne et grosse
mnUagu dûtU le sommei semblaii atteindre
eu Mcr; notre ehâlet^ une étroite maisonr-
uUei peine visible aux limites de f horizon.
UnêÊtagne que vous nous faites n'est qu'une
f Witte ifllanquée^ et votre chalet est si or and
r'd loferait sans peine toutes les vaekes de testrée, Cepenoant Tartiste, sûr de son bit, tient bon et maintient l'exactitude de »D esquisse. On revient sur ses pas, on me- ^ve les hauteurs, et l'on reconnaît que la cvve est mathématiquement fidèle. L'artiste inidonc raison ? hon, l'artiste avait tort. Il iÇMcait comment devant tous les grands HMades naturels notre imagination altère ^ attire les sensations primitives. 11 r'Jt: étranger k une règle essentielle de son vt; sans cela il eût exagéré la hauteur de la e.oblagne et diminué relativement les di- CKfiSioas du chalet ; ainsi il aurait exacte- Beat traduit l'impression qu'avait laissée «sins rimagination des spectateurs le con- 'r4>te de ce petit cbâlet et de cette montagne •saieo$e(lj.
I' O o*est p«s sans sarprise et ce n*est pas Bfti ^isîr que noos avons trouvé ane confimiation ^ ce ^ précède dan» on écrit poremeol scientifi- ^.àias roMvrage irun géologue, que b nature de ^ êiades ei la direction «le son esprit onl dû tenir ^'^(«reoient éloigne de tout ce qui se rapporte aux ^^nes et â la pratique dei> arts. Dans se:» Leçons de 'f'^ fTÊtàqme (L I, p. 116), M. Ëlie de Beaumont f^U dins les icrmes suivants, un boinmage invo- ^tÀMît à la ▼érîté do principe i|iil non» occupe :
* ^ le géologue n>9i pa» sufluamment exercé au 'eiii. fl peat »îre exécuter le paysage par un des* A'tcM'. Mais il y a une grande différence entre un HAiaéMi les poiuls pniicipaux sont déterminés '■f^aresKoicnl, et un «kssîn fait simplement à vue. •< «icHio, exécuté sans le secours d*aucun insiru* ^<At, est ordinairement plus pittoresque que le des^ 'fl Icfé rigooreosement, mats beaucoup moins a* ^ ihnà ùM voit urne memtagne^ onula flgmrelom^ ^n piuê étewie qu'elle m eu :ûm en deswme «ne *^tàlu cmneature* Quand on a fait on croquis, pour ^M«er les — g;lei mesurés, on lui donne une forme 9meiriqmemenî anssî sembbble que possilile k -^ 4|ae fan ai devant les yeux ; mais on Tait invo- «tûfcaent la hauteur trop grande. Lorsqu'on ré- :t aloft lard ce dnsin, on est conduit II lui donner K forme beaocoop plus apbtîe. Ceb tient à une 'S^on iTopiique ou*on n*est pas maître d'éviter, et B Tait que lors«|u mm desûn est exéeuté tigoureuse- ^ emme U reconmaU presqme pas; U pnroU keatt'
DiCTion. DBS Ikvbxtiohs. Il-
Il est donc vrai que l'art n'imite pas, qu'il transforme ; que pour traduire la nature, il s'en écarte; que pour copier, il invente; que pour reproduire, il crée. L'identité n*est pas le problème de la peinture, sans cela le trompe-l'œil serait le née plus ultra de la peinture. Le beau visible n'est pas le beau de l'art. Ce qui ressemble dans un tableau n'est pas précisément ce qui est semblable au modèle > mais seulement ce qui rappelle è notre âme l'impression aue le modèle j a laissée. Si l'on m'offrait de me montrer sur l'heure la tète de Louis XIV vivant, l'offre me toucherait peu. J'ai mon Louis XIV sous la main, il vit dans les galeries du Louvre, il respire sous le pinceau de Hignard. le préfère contempler le ^nd roi à travers l'âme d'un peintre de génie, qu'à travers le miroir même d'une trop fidèle réalité. Votre Louis XIV pourrait avoir la colique , ou sa
Sande perruque être mal accommodée ; au M du vainqueur de la Hollande, je trouve^ rais peut-être l'esclave ridé de madame de Main tenon.
Ainsi, l'imitation n'est que le moyen des arts plastiques; leur but, c est de rappeler h notre âme les sentiments qu'éveille en nous la vue de la réalité. Dans un tableau, ce qui nous touche, ce qui nous émeut, ce n'est point la reproduction fidèle des objets qui nous entourent, mais bien cet ensemble de confuses pensées mystérieusement attachées à leur forme extérieure* et qui sortent du cœur h leur souvenir comme à la vue de leur image. Le (dus grand peintre est celui
3ui réalise le mieux cette harmonie secrète e nos sensations et de la forme visible. Avec les moyens les plus simples, un artiste habile émeut profondément nos cœurs ; avec un coin de prairie, une chaumière à demi cachée sous de grands arbres, quelques vaches aux alentours d'un ruisseau , Claude Lorrain et Roysdael ont le privilège d'agiter doucement, de remuer nos âmes, de nous plonger dans un monde de rêveries enchantées. L'impression provoquée iiar le pinceau du peintre ne résulle nas évioemment de la vérité avec laquelle les objets sont reproduits sur la toile ; elle naît seulement des ressou* venirs et des sentiments poétiques qu'éveille en nous l'heureuse et habile oisposition des divers éléments de la scène champêtre. Le toit fumant de la maisonnette nous rappelle les joies tranquilles de la famille et du foyer; le ruisseau qui murmure doucement sous les grands arores, nous apporte comme un ' écho affaibli et lointain des harmonies rurales; les fleurs à demi ensevelies sous l'herbe et sous la rosée de la prairie, nous rendent les parfums oubliés et les senteurs délicieuses de nos champs ; le troupeau qui à l'horizon gravit péniblement la colline, nous envoie le grave enseignement du labeur fécond et béni de Dieu; et tous les éléments de cette scène heureuse semblent
coap trop ploi, Lonqu*om weut fmre an desûn que Pom reeomnaisae ^en, U (oui doubier ou tripler les àmuteurê données par les nusures.
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56 réunir pour nous offrir comme une représentation animée et virante, où viennent se résumer toutes les harmonies, toutes les délices, toutes les félicités paisibles de la vie des champs.
Mais si, dans les arts, riraitation, au lieu d*6tre un but, est simplement un moyen; si les œuvres des grands maîtres vivent par la pensée qu'elles expriment et non par la vérité de la reproduction matérielle; si le secret de la peinture c'est de représenter non l'aspect réel des objets, mais l'impression poétique dont ces objets sont pour nous l'occasion, il faut reconnaître qu'au point de vue des beaux-arts la valeur des images daguerriennes est presque nulle, à proprement parler. Quand il reproduit les scènes changeantes du monde qui nous entoure, le daguerréotype nous donne des copies admirables, dont la perfection dépasse assurément tout ce que la main de l'homme exécutera jamais ; mais c'est là tout. Le seul sentiment que ces calques merveilleux puissent exciter en nous, est celui d'une curiosité stérile, sentiment qui renaît à chaque exhibition nouvelle, et gui, par conséguent, renaît affaibli. L'admiration qu'ils inspirent parle à nos sens et ne va pas au delà. Ils charment les yeux armés de la loupe, non l'esprit; l'œil est ravi, l'âme est muette. C'est dire assez que le daguerréotype a été , comme il devait l'être, une conquête presque inutile
Eour l'étude et le perfectionnement des eaux-arts. Tous les artistes qui ont essayé d'en tirer parti n'ont rien appris, rien utilisé de ses services, et l'on peut juger par là de l'injustice des reproches adresses a quelques peintres accusés de l'avoir copié. Il ne faut pas avoir beaucoup fréquenté les ateliers [)our savoir que H. Meissonnier, l'éminent artiste auquel nous devons ces pages spirituelles où respire toute la vie qui anime les tableaux de Terburg et de Metzu, a eu souvent à se défendre de semblables reproches, si tant est que l'on puisse qualifier ainsi des observations de ce genre.
Si le daguerréotype peut en quelque chose être utile aux beaux-arts, c'est seulement, à nos yeui, en ce Qu'il permet de mettre en parfaite évidence les simples vérités qui viennent d'être rappelées. Ces principes sont, en effet, ou contestés par beaucoup d'artistes, ou bien mis par eux en pratique d'une manière purement intuitive. La découverte du daguerréotype a terminé victorieusement ce débat. Si, en effet, un artiste, un philosophe, dans l'impuissance où il se trouvait de démontrer péremptoirement le principe de spiritualisme artistique qui nous occupe, se fut proposé d'imaginer quelque artifice propre a fournir de cette idée une jpreuve ou une représentation matérielle, il n*eût certes pas rencontré de moyen plus heureux ni plus décisif que l'instrument de Daguerre. Le problème en effet était celui-ci : Créer un instrument, une machine, un automate capable d'accomplir toutes les opérations manuelles de ta peinture, susceptible dVxécuter tout ce que comporte l'imitation
absolue de la réalité; puis, quand cette machine aurait accompli son œuvre, demander aux artistes si c'est à un tel i^Ssultal que s'employait leur génie ; demander à la fou^e si elle peut confondre ces produits mécani-
2ues avec les sublimes créations de l'art. et artifice, la science l'a trouvé : ledaguerréotipe a permis d'opérer, dans les œuTres de l'art plastique, une analyse qui jusque^k avait paru impossible. Ce qui était intimement uni dans un tableau de Raphaël, si bien que l'on ne pouvait dire où comnieoce la poésie, où finit le procédé, où commence la composition, où l'imitation s'arrête, \e voilà nettement séparé. Sur une plaque daguerrienne on trouve réalisés, avec une perfection sans égale, tous les tours de force du dessin, toutes les subtilités du clair-obscur, tout ce que peut, en un mot, Vhabiielé technique et le procédé manuel; mais la
Soésie, mais l'inspiration, mais ce divin reet de TAme humaine, gui prête seul aux créations de l'artiste la vie, le sentiment et la pensée, tout cela manque à ces tableaui. C'est le corps moins l'esprit, c'est l'enveloppi d'une &me absente. Dn simple regard jeli sur l'image photographiçiue suffit donc pour mettre hors de contestation le grand fait esthétique de la prééminence de la pensée sur l'imitation matérielle, de la poésie sur le procédé. Là aura donc été l'utilité artistique de la découverte de Daguerre; elle aura fourni une démonstration aussi complète qu'inattendue de l'un des principes les plus salutaires de la métaphysique des arts.
Des observations qui précèdent, ie crois pouvoir conclure gue la pholograpnie, qui marche au premier rang des inventions scientifiaues modernes, est au contraire d'une valeur à peu près nulle au point de vue du perfectionnement des beaux-arts; que ses produits sont loin de satisfaire aux exigences de la reproduction plastique, et
Su'elle ne saurait rendre de services aui essiuateurs et aux peintres que dans des cas très-limités, le lerai cependant, en terminant, une réserve en faveur des dessins photographiques obtenus sur papier, qui tne paraissent échapper, au moins pour la nature morte et pour l'architecture, aux principaux reproches que j'ai adressés aux épreuves sur plaques métalliques. Parmi les nombreu* ses épreuves de photographie sur papier, et surtout de photographie sur verre, que nous voyons se répandre dépuis un an, li en est auquel l'esprit le plus prévenu ne saurait refuser un témoignage d admiration sans réserve. Les vues des monuments antiques envoyées de Rome par M. Flacheron et par M. Eugène Constant, plusieurs sites copiés dans les environs de Paris par M. Marteos et par M. Cousin, ont évidemment toute la variété des tons, toute Tharmonie et pies* que la finesse des gravures. Malheureuse^ ment les procédés de la photographie sur papier ont encore trop peu de régularité et de précision ; ils sont (l'arrivée trop récente dans le domaine scientifique* pour que Ton puisse établir encore quelque chose de pré^
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DES INVENTIONS
es et de définitif à leur sujet, en ce qui conpse i^ srts.
FIQ) ARTIFICIEL. — Les infortunés auo b^uerre ou divers accîdeats ont privés d an h leurs membres, seraient, par cela même, Sftjamnés pour toute leur vie à l'inaction )B i l'iromobilité, si la substitution des IBDbres artificiels ne venait apporter quel-
Eiioaeissefflent à leur fâcheuse position. nmoios quel(iue parfaite que puisse être ^ min artificielle, jamais elle ne jouira Itdct, de la précieuse faculté de se mouair, de s'animer par Teffet de la volonté ; |fl oe pourra remplacer le pied humain , |p,par son admirable structure, s^adapte p inégalités du sol et maintient le corps k un équilibre parfait, bien que la base bostentation soit très-étroite ; qui, par la fjtôïim du grand nombre de petites pià- I solidement articulées qui le composent, tartil les chocs et prévient les funestes w des .contre-coups dans le saut, les ■tatetc.
jambe de bois ou le pilon, qui est gé* ^eut emplojré pour les invalides peu ioé$, est termine à son extrémité infépar une rondelle ou disque qui n*a ticentimètres de diamètre, ce qui rend de sustentation trop étroite et cornla stabilité du corps. Aussi les invasont-ils obligés, pendant un temps assez d'étudier les lois de Péquilibre. Quand lient faire des pas allongés, une en- ), le disque ne touche à la terre que lia point de sa circonférence, et sous un it irès-aigu^ d*où il résulte que le disque Imposé à glisser en avant, et l'invalide à •btr, c|uand le sol est uni et glissant. Ou- Inès inconvénients bien sérieux de la ■bede bois ordinaire, ce qui contrarie toeot et chagrine un grand nombre d*inhes, c*e$t, le croiraiKon ? de ne pas avoir
tliBoins Tapparence d'un pied.
de Beaufort a présenté un pied artidans lequel le disque du pilon est rem- "^^ par une pièce de bois qui a la forme soulier assez court, dont le dessus it anc courbe ayant pour point de cinl'erticulktion de la cuisse sur le tronc, avons vu marcher plusieurs inralides le pied de M. de Beaufort : ils en sont eitrftmement satisfaits; ils marchent K beaucoup de sûreté et d'aplomb ; ils
K> Dous ont-ils dit , presque aussi solides s Tétaient sur leurs pieds naturels, mais Kficoop plus qu'ils ne te sont avec le pilon jCtiaire. Les inconvénients de celui-ci sont n plus sensibles pour les invalides qui *IUt usage du pied de M. de Beaufort : ■chancellent alors sur le pilon , bien ce* Maot qu*ils en aient déjà fait usage pen- ^ dix ou vingt ans.
■* le miaislre de la guerre a ordonné l'esndu pied artificiel de M. de Beaufort, par P certain nombre d'invalides, pour des cas ^putation au-dessus et au-dessous du ^u, 61 même pour des amputés des deux ^^ ; ce sont précisément ces bommes^là Niiuus avons vus marcher » et qui nous
ont donné le témoignage rapporté plus haut.
Enfin, nous avons demandé à M. le doc« leur Hutin, chirurgien en chef des Invalides, chargé plus spécialement par le ministre de la guerre, de faire des essais avec le pied de M. de Beaufort, ce qu'il pensait de cet appareil ; voici sa réponse :
Depuis cinq mois environ f expérimente^ à VHôtel des Invalides ^ le pied de M. de BeaU' fort. Tout ce que j'ai vu est parfaitement en faveur de ce moyen de prothèse ; les invalides qui sont charges de Vessayer s'en trouvent irMtien^ et totU me fait croire que ce pied arti/kiel sera un progris d'autant meilleur
Îu'il est fune grande simplicité. — Voir le v 'Ulletins de ta Société d'encouragement ^îuïa
PIERRERIES ARTIFICIELLES. ^ L'art imite la nature dans la composition des pierreries, dit VEneyclopédie méthodique ; il sait donner aux pierres factices la nuance, l'éclat des pierres fines. Nous allons parcourir ces compositions de pierres précieuses artificielles.
On nomme doublets les fausses pierres ou pierres précieuses, imitées avec deux morceaux de cristal, entre lesquels on renferme ou une feuille de métal, ou des couleurs empâtées de mastic et de térébenthine. Voici la manière de faire les doublets; cette méthode nous est donnée sous la forme de simple recette par M. Kunckel.
« On fera fondre ensemble, dans un vaisseau d'argent ou de cuivre jaune, du mastic en larme et de la térébenthine ; on prendra une matière colorante, comme du vert de gris, du sang de dragon, de la laque de Florence, suivant les pierres que 1 on voudra contrefaire ; on réduira ces couleurs en une poudre très-fine par la trituration, puis on ajoutera la «couleur qu'on veut employer au mélange fondu de mastic et de térébenthine. » Afin de mettre ces couleurs dans un état de division encore plus grand, Kunckeï conseille d'avoir une nolte de bois de tilleul qui soit de la forme d'un gland , et dont le fond soit si mince, qu'il soit presque transparent. On met dans cette boite le mélange de mastic et de térébenthine ; on couvre la botte de son couvercle, et on la suspepd au soleil en été, ou sur un feu de chart)on on hiver; ce qui fait suinter au travers de la botte la partie la plus déliée du mélange, qu'on détachera pour s'en servir. La couleur étant ainsi préparée, on aura deux morceaux de cristal bien polis et qui puissent se joindre exactement; on cnaunera le mélange indiqué ci -dessus, aussi bien que les cristaux, de sorte que le tout soitè un point de chaleur égale; on portera la couleur sur le côté poli de l'un des cristaux, avec un pinceau ; on appliquera promptement l'autre cristal sur le premier, on jes pressera pendant qu'ils sont échaufl'és ; on les laissera refroidir et on les montera de la manière qu'on voudra.
On rapporte qu'un joaillier de Milan vendit un doublet 90,000 livres; et que Ton fut
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longtemps à décourrir que ce fût une pierre fausse.
Mais pour n'ôtre pas trompé et recoonattre les aoublets, il suffit d'interposer un des angles de la pierre entre l'œil et le jour; si Ta pierre est blanche, c'est un doublet ; car une pierre naturelle est colorée partout.
Pierres précieuses factices. — On imite encore les pierres précieuses, en donnant à des cristaux factices, ou à des portions de cristal de roche taillées et préparées, différentes couleurs, par le procède indiqué par II. Dutens.
Si Ton fait rougir un cristal pur et transparent, et qu'on Téteigne plusieurs fois dans la teinture de cochenille, il devient rouge et c*est un faux rubis.
Dans la teinture de santal rouge, le cristal devient d'un rouge foncé ou noirâtre.
Dans la Peinture du safran, il devient jaune; c'est une fausse topaze.
Dans la teinture du tournesol, le cristal devient un faux saphir. On peut aussi tein* dre des cristaux en mettant de l'arsenic et de l'orpiment, mêlés ensemble dans un creuset, et, en plaçant le morceau de cristal dessus.
On teint même les cristaux à froid. Pour cet effet on prend de l'huile de térébenthine chargée de vert-de-gris ; ou l'on a de l'esprit de vin bien déplegmé, et chargé d'une substance résineuse quelconque, soit du saog de dragon, soit de la gomme-gutte ; ou verse de l'un ou de Tautre sur le morceau de cristal une quantité suffisante pour qu*ii baigne ; au bout d'un certain temps, il sera coloré.
Cristal factice, — Pour faire ou imiter le cristal, il faut choisir de beaux sables, ou des cailloux pulvérisés, cent cinquante livres ; de potasse très-puriflée, cent livres ; de craie, vingt livres ; de bonne manganèse, cinq onces ; ces matières bien mêlées et mises en fusion donnent un beau cristal.
Si le verre ou le cristal au sortir du fourneau paraît nébuleux, c'est la craie et la potasse qui n*étaient pas dans un assez grand degré de pureté, ou cela provient de la qualité du bois des cendres duquel la potasse a été tirée ; alors le remède à cet inconvénient est d'éteindre le cristal dans l'eau, et de le faire refondre jusqu'à ce qu'il soit tel qu'on le désire.
Pierres colorées, — On soupçonnait depuis longtemps que les pierres précieuses colorées no devaient leurs couîeurs qu'aux vapeurs minérales auxquelles elles avaient été exposées : un morceau de mine de cobalt qui tomba entre les mains de M. Hellot lui fournit la preuve la plus complète de cette opinion. Ce morceau de mine servait de matrice à un grand nombre de cristaux à facettes, tous sans couleurs et fort transparents. M. Hellot l'ayant fait chauffer sous une moufile jusqu'à rougir, il trouva en les retirant tous les cristaux colorés, et le morueau de la mine devint un assemblage de toutes les pierres précieuses colorées que nous connaissons. Les seules vapeurs
arsenicales et sulfureuses que la mine avait exhalées produisirent cet effet. Aiusi l'expé. rience confirma ce qui n'était qu'une probabilité.
Voici le moyen dont ou se sert ponr colorer les cristaux : Prenez, dit l'auteur, des morceaux de cristal de roche de différentes grandeurs, choisissez ceux qui sont Ûau purs et sans aucun défaut ; joignez-y d'ai)iimoine et d'orpiment bien pulvérisés, de chacun, deux onces, et de sel ammoniac, une once ; mettez toutes ces matières pulvérisées au fond d'un creuset et arrangez fmr dessus les morceaux de cristal, courrez e creuset d'un autre creuset renversé, de façon que l'ouverture de l'un soit appliquée à l'ouverture de l'autre. Il les faut nien luter, et quand le lut est séché, mettez \e tout au milieu des charbons, qu'on laisse allumer petit à petit d'eux-mêmes. Le creuset, en commençant à sentir l'action du feu, fumera considérablement ; il faut pour cette opération une cheminée large ; et lorsque la fumée se lève, le parti le plus sûr est de sortir du laboratoire, car cette vapeur 'est mortelle. Lorsqu'il ne vient plus de fumée, on laisse le feu s'éteindre de lui-même et le creuset se refroidit. On en ôte pour lors les morceaux de cristal. Ceux qui sont à la surface sont de couleur d'or, de rubis balais et marqués de différentes couleurs. Ceux qui sont au fond sont pour la plupart couleur de vipère. On pourra polir h la roue et brillanter ces cristaux. Les autres morceaux montés en or et garnis d'une feuille, seront fort beaux et feront un bel effet à la vue. Cette opération n'étant ni longue oi coûteuse, on peu en colorer une boone quantité. 11 s'en trouve alors, sur le grand nombre, d'une singulière beauté.
On parvient encore à donner au cristal de roche la couleur du rubis, de la topaze, de l'opale ;'on prend alors d'orpiment bien jaune et d'arsenic blanc, de chacun deux onces; d'antimoine cru et de sel ammoniac, de chacun une once; on pulvérise ces matières; on les mêle avec soin ; on les met dans un creuset assez grand ; on pose par dessus d'abord les morceaux de cristal les plus petits, ensuite de plus grands qui n'aieiA ni taches, ni défauts; on couvre ce creuset d'un autre creuset renversé, au fond duouel il doit y avoir une ouverture delà grandeor d'un pois, ce oui se pratic^ue afin que ia fumée qui s'élève des matières étant contrainte d'aller droit » colore les matières eo passant , mieux que si elle allÂt obliquement et sortait par les joints du creuset qu'on a eu soin de bien luter. Le lut étant séché, on met le creuset au milieu des cha^ bons, de manière que le creuset de dessous soit entièrement couvert par les charbons et celui de dessus à moitié. On laissera alors le feu s'allumer petit à petit et sans souffler. 11 faut que les charbons soient grands et de bois de chêne , et l'on procédera eomme il a été dit ci-dessus, en se garant de la famée. Il faut faire en sorte que les charbons une fois allumés se consument, el on laissera le
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DES INTENTIONa
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fea H là fomëe cesser d'eax-mdmes. Lorsque toat sera rerroidi, la plus grande partie du cristal sera peinte de couleur de topaze, de rabis, de cbrysolite , d*onale , et formera un très-beau coup d'œil. On choisira les morceaux qui sont les mieux colorés , on les poUra k la roue et ils prendront un éclat qoe n'ont peut-être pas les Traies pierres prédeoses. Bù montant ces cristaux en or et en mettant une feuille dessous ils feront QD (rès-t)el effet. On aura soin de choisir de rorpiment bien jaune , car c*est de là que dépend toute la beauté de l'opération.
J'ai éprouré, dit Kunckel les deux opérations que Ton rient de rapporter, et je contiens qu'elles donnent de belles couleurs; mais le cristal de roche y devient comme froissé , et il s*T fait de petites fentes , gui o&pèebeot que Ton Tienne à bout de le bien tailler; cela est d'autant plus Trai qu'il est difficUe qu'un morceau de cristal réunisse les deni qualités d'être bien coloré, et d'être asseï dur pour pouToir soutenir le poli. Il est néanmoins certain que si on pouTsit le eoosenrer en entier et en gros morceaux, ce procédé d'imitation serait le meilleur. Quant lœ que Fauteur dit en aToir taillé de belles pierres , je ne trouTe pas, ajoute Kunckel , ({Mb chose réussisse, de quelque façon qaoQ s'j prenne, comme cela m'est arriTé; si QQ Tenait à fendre ces cristaux, ou qu'on ra pattât la surface , le beau rubis disparat- ^îi, ce qui fait Toir que ce n'est (ju'un (ûard*adresse ; et il en est des autres pierres amme du rubis. Voilà ce que j'ai dû doToir ûire obserTer.
Sirau ou fintx diamani. — On imite assez bitrn les diamants avec une composition qu'on appelle strass , du nom de son iuTent^ur; elle se fait aTec un Terre de plomb , qui, étant mêlé aTec une quantité suffisante 'Je cristal de roche, forme un diamant brili^nt et assez dur. Le strass eut une TOgue si prodigieuse, que les femmes élégantes de Paris , qui le trouTaient à bon marché , ne portaient plus que de ces pierres, mais €.>mme elles étaient si tendres qu'au bout |le quelques mois elles ne brillaient plus, l'^rsqu'eiles s'en plaignirent au lapidaire in* f enteur , il répondit : Je travaiÙe toui les jWi à leur dureté. En effet , il est panrenu a ne Tendre que du diamant fin.
Le ekeron , autre diamant factice de la composition de Cheron , se fait à peu près tomme le^ strass. Une liTre de cristal de roche, huit onces de nitre, quatre onces de ^ax f deux d'arsenic blanc, le tout mis en fasion à un feu fort Tif donne un cristal qui ^ de base non-seulement au diamant factice, mais aux autres pierres en y ajoutant la couleur.
RuUm faux. -^ Faites fondre à un feu trèsviolent six onces de cristal dont nous Tenons de donner la composition ; ajoutez->y 00 gros d'orpiment , une once de safran die Véons, deux grains d'or fulminant , auquel on a été sa vertu fulminante , et tous aurez lîn rubis.
^libie ivind (faux). — Le rubis spinel est.
comme on sait, une pierre d'un rouçe clair. Pbur le contrefaire , on prend un poids égal de fritte de cristal et de celle de roquette qu'on cnêle aTec soin. Sur deux cents liTres de ce mélange , on met une liTre de magnésie de Piémont et une once de safran préparé et bien uni aTec la magnésie. On mêle exactement cette poudre avec les frittes susdites , puis on jette le tout petit à petit dans les creusets , parce que la magnésie fait gonfler le Terre. Le safran bien mêlé à la magnésie lui donnera de l'éclat , et au bout de quatre jours, lorsque le Terre sera bien purifié et qu'il aura pris couleur, il faudra mettre la mahi h l'œuTre. C'est la juste dose de magnésie qu'il faut pour faire des Tases d'une grandeur médiocre, et pour que la couleur en soit assez forte. Les Tases de moindre grandeur en demandent daTantage; les plus grauds en exigent moins; alors la moitié de la dose de poudre qui a été prescrite suffit.
Saphir faux. — Le saphir, pierre d*un beau bleu, peut être contrefait de la manière sui- Tante :
Prenez de la fritte de roquette , et sur cent livres de cette fritte mettez une livre de safre; aTant de la mêler aTec la fritte, ajoutez une once de magnésie de Piémont
firéparée ; exposez le mélange au fourneau ; aissez-le entrer en fusion et se purifier ; TOUS aurez par ce moyen une couleur de saphir d'un neaù bleu ; c*est ce que lui procure la petite quantité de magnésie que Ton y mêle. La couleur sera encore plus belle si on se sert de la seule fritte de cristal. 11 faut aToir attention de ne point remuer la composition, car il s^j forme des bulles i^ar le mouTcment.
Topaze (auise. — La topaze , qui est une pierre précieuse de couleur jaune, se contrefait de la manière suiTante :
Le cristal dont nous sTOns parlé à l'article strass , joint stcc du safre , de l'esprit de nitre et l'écaillé du cuiTre, donne la topaze.
iiu^re eompoMîtion. — Prenez quinze liTfes de frittes de cristal et douze livres de chaux de plomb; mêlez ces matières, passez-les au tamis, exposezrles à un feu doux, et au bout de huit heures faites-en l'extinction dans Peau; réitérez la même chose une seconde fois et ayez soin d'dter le plomb qui sera réduit ; ajoutez ensuite moitié du Terre d'un jaune d'or coloré; mêlez bien le tout et tous aurez une matière bien ressemblante à la topaze orientale.
Nous stous dit plus haut que la topaze peut se transformer en rubis balais.
Emeraude fausse. — On imite l'émeraude, qui est d'une belle couleur Tcrte, par le procédé suiTant : quatre onces du cristal déià énoncé, deux onces de minium, un scrupule de safran de mars ou de chaux d'argent, et dix grains de Tcrt-de-gris font l'émeraude.
Amélhusie fausse. — Voici le procédé que donne Neri pour contrefaire l'améthyste, dont la couleur est d'un mélange très -agréable de rduge et de Tiolet. On prendra de la fritte de cristal faite avec le tartre ; mais STant qu'elle entre en fusion , on mettra sur cha^
PIE
DICTIONJNAIRE
PIE
que livre de celte fritte une once de la poudre que Ton rà indiquer ci-après : on les mêlera bien ensemble , et on les exposera petit à
Ketit au fourneau , car ce mélange s*enfle eaucoup.
Il faut commencer à travailler ce verre aussitât qu'il est purifié et qu*il a pris la couleur d*amétbyste. Pour sa composition il ne faut qu'une fritte de cristal ordinaire» et l'on peut en rendre la couleur claire ou foncée suivaut les ouvrages que l'on se propose de faire.
Pour donner la couleur, prenez de la magnésie de Piémont, une livre ; de safre, une once etdemie: mêlez avec soin ces deux matières réduites en poudre, joignez-les ensuite à la fritte de cristal et elles lui donneront une vraie couleur d*améthjste.
Aigue-marine fausse, — L'aigue-mnrine , comme nous l'avons dit, est une pierre précieuse d'une couleur verte. Cette pierre est plus facile à contrefaire avec le verre de plomb qu'avec du cristal ou du verre ordinaire; il ne s'agit que de prendre 16 livres de frittes de cristal, et dix livres de chaux de plomb. Après les avoir mêlées, tamisées, on met ce mélange dans un creuset un peu chaud ; au bout de douze heures la matière sera bien fondue, il faudra la jeter dans l'eau avec le creuset; l'on en séparera le plomb pour la remettre au fourneau pendant huit heures, ensuite on prendra quatre onces d'oripeau calciné , et le quart d'une once de saire; joignez-y ce nouveau mélange en quatre reprises ; au bout de deux heures, remuez bien le verre, faites-en l'é- )reuve, pour voir si la couleur est telle qu'on a désire. On la laissera au feu pendant dix leures, et l'on pourra la travailler.
La couleur d'aigue-marine est une des principales qui entrent dans la teinture du verre. Si l'on veutTavoird'unegrandebeauté, il faudra se servir du bollito ou cristal artificiel, car si l'on employait le verre commun, la couleur n'en serait point si belle. On peut faire usage du cristallin ou verre blanc. 11 faut observer de ne pas mettre de magnésie, lorsqu'on veut donner la couleur d'aiguepianne au verre ; quoique le feu consume cette pfiatière, elle ne laisse point de donner à cette couleur une nuance noirAtre. Au reste, il suiTirait d'employer un beau verre blanc,dans lequel il n'eptre point de magnésie. Prenez dope de la fritte de cristal, tel qu'on vient de l'indiquer, sans magnésie ; lorsque le verre sera bien cuit et purifié, enlevez soigneusement, avec la cuiller de fer des verriers, le sel qui surnagera au verre comme de l'huile ; sans cette précaution la couleur serait louche et le verre gras. Lorsque le verre sera bien puriQé, sur vingt livres de cristal , six onces d'oripeau préparé et une dose de safre aqi n'excède pas le quart, en observant de bien mêler ces deux poudres, et de ne les mettre dans le creuset que petit è petit et à trois reprises; car l'oripeau bien calciné enfle de manière h faire sortir tout le verre du creuset. H faudra y prendre garde et renouer continuellement le verre. Les petits yascf minces demandent une couleur plus
foncée et les grands une couleur plus àm. Le choix delà nuance dépend donc desoa. vrages qu'on veut faire; il est néaDinoins d'usage de foncer moins que plus la couleur; car il est toiyours facile de remédier au premier défaut lorsque le verre est bien pur.
Vingt-quatre heures, après avoir ajouté la couleur, on pourra travailler le verre, observant, avant d'y mettre la main, de bien remuer le mélange afin que la coulearsoit égale partout, car lorsque le verre repose, la couleur tombe au fond. On doit observer les mêmes règles pour les grands vases; il est bon de savoir qu'à Murano, près de Venise, on prend pour cet ouvrage égale quantité de iritte ae cristal et de celle de roquette; ce qui donne une couleur d'aiguemarine qui n'est guère moins belle.
Grenat faux. — Le grenat est d'une couleur rouge foncée; le verre de plomb est plus propre que tout autre à contrefaire cette pierre. Pour cet effet on prend vingt livres de fritte de cristal, seize livres ée chaux de plomb, on y joint trois onces de magnésie de Piémont et une demie-ouce d« safre ; on met tout ce mélange dans un creuset un peu chaud; au bout de douze heures, on place le creuset au fourneau et on Ty laisse pendant dix heures, pour qu'il achève de se purifier ; on remue ensuite et l'eu eu fait l'essai.
Si l'on veut lui donner une coulear foncée, on prend deux onces de cristal de roche, cinq onces et demie de miniumf quinze grains de magnésie, quatre grains de safre; on observe de laisser un peu plus de vide eu opérant , parce que la matière se gonfle davantage ; par ce procédé on a une couleur rouge foncée tirant sur le violet. Pour ob(^ nir encore une plus belle couleur, il foui prendre une once de cristal de roche, cioq onces de minium, quatre Rrains de masoésie, quatre grains de sajre, ayant soin, comme ci-dessus, de laisser un grand vide dans le creuset, parce que la matière enfle considérablement. Enfin, on continue le procédé de la manière accoutumée, et on obtient une couleur de grenat supérieure) toutes les autres.
Agaie fausse. -*- On a trouvé le moyen de contrefaire Tagate et même l'onyï poor faire des camées.
On prend à cet eiïeX des naorcraux de verre colorés dont on se seryait pour faire des vitres d'églises. On les rend opaques en les statifiant dans un creuset, avec de la chaux éteinte à l'air, du plAtre ou du blanc d'Espagne. En exposant ce creuset au feu, en augmentant par degrés pendant trois heures, et en finissant par un feu assez fort,ces verres deviennent opaques en conservant leur couleur, et ceux qui n*en avaient point deviennent d'un blanc de lait comme Témail ou la porcelaine.
Si le feu a été bien ménagé dans le commencement et qu'on ne l'ait point poussé trop fort sur la fin, ces verrez opaques s^ol encore susceptibles d'entrer en fonte & un plus grand feu. On peut donc souder les ui)>
PIE
DES INVENTIONSL
PIE
sur les autres ceux de différentes coaleurs, el par ce moyen imiter les lits de différentes ooaoees que l'on rencontre dans les aga* les 0071. Ofi tnoQTe même dans les Titrages peints (te anciennes ^ises des morceaoi de rerre dans lesquels la coalear n*a pénétré qae la moitié de lear épaisseur. Mais aTiiflt de se senrir de ces Terres qui ont des cbuches de différentes couleurs, il faut les ùire passer sur la roue du lapidaire, et user de la sarlaoe blanche qui est destinée à représeoter la sarface blanche du camée, jusqu*à ee on'elle soit réduite à l'épaisseur d ane feoille de papier. On pose ce Terre du eù(é de la surlace blanche que Ton a rendue si mioee, sur le modèle dans lequel est reiDpreiale de la graTure que l'on Teat imiter : les Terres que Ton a rendus opaques tù soîTant le procédé ci-dessus, étant susceptibles d'être traTaillés au touret, on t applique la pierre grarée, et aTec les mêmes oudls dont on se sert pour la graTure en pierres fines, on enlèTe aisément tout le LUoe du champ qui déborde le relief, et les fijares paraissent encore isolées surun champ d'une couleur différente, comme dans les camées.
A^aia eolorie$, — Les agates et les jaspea peuTent aussi facilement se fondre.
Sî Ion met sur un morceau d'agate blan-* ddire de la dissolution d'argent dans l'esprit deflitre et qu'on l'expose au soleil, on la tmTera teinte d'une couleur brune et tinol sur le rouge. Si l'on j met de nouTelles di^sohitions, on l'aura plus foncée et la coukor pénétrera presque entièrement. Si l'apte p'a qu'une ou deux lignes d'épaisseur e(qa*on mette de la dissolution des deux ^^, cette teinture n'agit pas uniformément. U j a dans Fagate et dans presque toutes les pierres dures des Teines imperceptibles qui en sont plus facilement pénétrées que le f^cste; en sorte qu'elles deTiennent plusfon- <te et forment des Tariétés agréables qu'on fle ro^t pas auparaTant.
Si Ion joint à la dissolution d'argent le qoart de son poids, ou eoTiron de suie et ûe tartre rouge mêlés ensemble, la couleur <M bnine tirant sur le gris.
La dissolution d'or ne donne à l'agate qn*une légère couleur brune qui pénètre If^èspeu ; celle du bismuth la teint d'une couleur qui parait blanchâtre et opaque lorsque la lumière frappe dessus, et brune qoand OQla regarde à traTors le jour. Pour réussir dans cette opération, il est nécessaire d'ex- PoserTagateausoleil. M. DufdT en a mis sons une mouffle, mais elles n ont pris que t^'^s-peu de couleur, et elle ne pénétrait pas si arant. Il a même remarqué plusieurs lois que celles qu'il STait exposées au soleil ont pris moins de couleur dans le cours de la première journée, qu'en une demi-heure da second jour, et même sans 7 remettre de U dissolution. Cela lui a lait supposer que P^Mtre l'humidité de l'air était très-pro-
E) à (aire pénétrer les parties métalliques, effet il a lait colorer des agates très-nromp- ^^inent en les portant dans un lieu numide
aussitôt que le soleil STait fait sécher la dissolution, et en les exposant derechef au soleil. Pour tracer sur l'agate blanche ou sur la calcédoine laiteuse des figures qui aient quelque régularité, la manière qui réussit le mieux est de prendre la dissolution d'argent aTec une plume, ou un petit bâton fendu, de suiTre les contours aTec une épingle; si l'agate est dépolie, le trait n'est jaDdais bien un ; mais si elle est bien chargée d'argent et qu'elle se puisse cristalliser promptement au soleil, elle ne court plus risque de s'épancher et les traits en seront assez délicats. Ils n'approcheront jamais du trait de la
Jdume et de ces petits arbres que l'on Toit ^brmés par les dentrites. Supposé qu'on puisse panrenir à les imiter, Toici deux moyens de reconnaître celles qui sont Traies d'aTec les fausses.
l*En échauffant Tagate colorée artificiellement, elle perd une grande partie de sa couleur et on ne peut la lui faire reprendre qu'en remettant dessus une nouTelie dissolution d'argent. 3* La seconde manière, qui est plus simple et plus ladle, est de mettre sur l'agate colorée un peu d'eau-forte ou d'esprit de nitre sans l'exposer au soleil ; il ne laut qu'une nuit pour la déteindre entièrement Lorsque l'épreuTe sera faite on lui restituera, si I on Tout, toute sa couleur en l'ex* posant au soleil plusieurs jours de suite. Cependant il ne faut pas trop compter sur cet expédient, comme on le Terra par la suite.
On sait que, par le moyen du feu, on peut changer la couleur de la plupart des pierres fines ; c'est ainsi qu'on fait des saphirs blancs, des améthystes blanches. On met ces pierres dans un creuset, et on les entoure de sable et de limaille de fer; elles perdent leur couleur à mesure qu'elles s'échauffent; on les retire quelquefois fort blanches. Si l'on chauffe de même la calcédoine ordinaire, elle dcTient d'un blanc opaque; et si l'on lait des taches stcc de la dissolution d'argent, ces taches seront d'un jaune-citron, auquel l'eau-forte n'apporte plus aucun changement. La dissolution d'argent mise sur la calcédoine ainsi blanchie, et exposée au soleil pendant plusieurs jours, y lait des taches brunes. La dissolution d'argent donne à l'agate orientale une couleur plus noire qu'à la calcédoine commune. Sur une agate parsemée de taches jaunes, elle a donné une couleur de poupre.
Nous STons dit que pour reconnaître l'agate teinte d'aTec I agate naturelle, il ne fallait pas trop compter sur l'eau-forte. En effet, M. de la Condamine aTant mis deux dentrites naturelles dans de l'eau-forte pendant trois ou quatre jours, elles ne changèrent point. Les dentrites mises en expériences ayant été oubliées sur une fenêtre, la pluie en tombant se mêla à l'eau-forte et la
Krtie des dentrites qui trempait dans l'eau rte se déteignit complètement.
MoAachile artificiMe. — La malachite est, comme nous Tavons dit, une pierre Terte, susceptible d'un beau poli. M. Sage, ayant eu occasion d'examiner cette matière, a re
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D1CTI0NNAII£
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connu que le cuivre contenu dans la malachite a été réduit h Tétat où il se trouve par la dissolution qu*il a éprouvée d'abord par l'action d'un alcali volatil, qui, s'étaut exhalé ensuite» Ta laissé imprégné d'une ma* tière grasse.
D'après ces connaissances, il a composé une espèce de malachite en faisant dissoudre du cuivre dans l'alcali volatil ou sel ammoniac dégagé par Talcali fixe. Il a obtenu par cette dissolution des cristaux d*un beauuleu, qui, ayant été exposés à Tair» ont pris la couleur verte propre à la malachite, Mais cette préparation a de Téclat et non de la dureté.
Turquoise artificiMt. — Pour imiter la turquoise, prenez du sel marin gris, metlezle (fans le iourneau à calciner pour en tirer toute rhuqaidité; broyez-le bien, et vous ^urez une poudre fort blanche qu'il faut conserver pour en faire usage dans la préparation du bleu turquoise. Ayez ensuite, dans un fourneau au creuset, de la fritte de cristal teinte en couleur d^aigue-marine verte, 0t préparée de l'une des matières rapportées il l'aigue-marine factice , d^autant que la qualité du bleu turquoise dépend de la beauté de l'aigue-marine. Mêlez petit à petit et en remuant bien, dans ce verre ainsi coloré, le sel marin préparé comme on vient de je dire, vous verrez alors la couleur d'aigue-marine devenir opaque et produire )ebleu turquoise.
Nous joindrons à cet article quelques
f procédés plus nouveaux employés dans la àbrication des pierreries artificielles; nous emprunterons cette revue au Dictionnaire îfes découcertes^ dont l'auteur a lui-même puisé ses renseignements aux sources scienjifiques les plus authentiques.
Stiiass. {Sa fabrication et celle ie$ pierret colorées artificielles,) — Perfectionnement de pouault Wieland. — Quoique les chimistes français, qui se sont occupes delà manière de traiter les matières vitrifiables, connaissent parfaitement la composition du fluit-glass, du strass et des verres colorés, il ne s'est élevé t^n France encore aucune fabrique en état de rivaliser avantageusement avec l'Aliemagne pour la composition des pierres précieuses artificielles. La Société d'encoih» ragement^ en proposant pour sujet de prix la fabrication et le perfectionnement du strass, a sans doute jugé que le travail publié sur petle matière par M. Fontanieu était inexact pt insufiisant. £n effet, ce n'est que par hasard que l'on réussit à faire du bon strass, en suivant les formules indiquées par cet académicien, parce eue Ton trouve rarement fians le commerce des substances pures et qu'il n'indique pas les moyens de les purifier; d'ailleurs en n'opérant qu'avec des matières ^ien choisies, on est obligé de changer les proportions indiquées par M. de Fontanieu. M, Douaujt Wiéland, ayant senti la nécessité de reprendre ce travail dans son entier, pt de n'employer que des substances de la
())tts grande pureté, s'est adjoint, pour le diigcr ijans ses efforts, MM. Darcet, Rouard et
Cadet de Gassicourt. C'est h la bienveiUauce de ces trois savants que l'auteur avoue devoir l'avantage de présenter l'histoire théorique et pratique d'un art que l'on peut regarder aujourd'hui comme complet, M, Douault Wiéland, ayant réuni toutes les conditions exigées par le programme, a reça, à titre d^encouragement, le pnx de 1,300 fr. et une médaille d'argent pour son mémoire qae nous allons reproduire textuellement ici. - La base de toutes les pierres artificielles est le strass, que l'auteur appelle fondant lorsqu'il l'unit aux oxydes métalliques pour former les pierres colorées. Travaillé seul, il sert à imiter les brillants et les roses. Le strass se compose avec la silice, la potasse, le boni, l'oxyde de plomb, et quelquefois l'areenic. Examinons chacune de ces substances. La silice peut se prendre, 1' dans le cristal de roche; 2* dans I e sable; 3* dans 1 e sy lex pyroma* que. Le cristal de roche donne un verre plas blanc ; le silex contient toujours un peu de fer qui colore le verre en jaune; le sable que l'on choisit le plus pur et le plus translucide a besoin d'être lavé avec de l'acide cfalorique (muriatique) et ensuite avec de l'eau avant d'être employé. Pour pulvériser
fit tamiser le cristal de roche ainsi que le siex, il faut d'abord faire rougir les fragroeoU 9u feu, les plonger dans l'eau froide pour les fendiller, puis les mettre en poudre et les tamiser. La potasse ne doit pas être mélangée (iv«c d'autres sels; il faut choisir la pins |)elle perlasse ou la potasse caustique puriGée par l'alcool, Le borax de commerce» celui de Hollande, par exemple, produirait un verre tirun. 11 faut préparer l'acide borique cristallisé, extrait du borax do Toscane ; il est blanc, pailleté, très-fuMble, et H. Douault le regarde comme le meilleur fondant. L'oxyde de plomb doit être d'une pureté |)arfaite ; s'il contient un atome d'étain, le verre devient louche et laiteux. Le minium est préférable à la plus belle litharge et môme à lacérase de Clichy, qui donne un beau verre, mais non exempt de bulles. 11 faut analyser le minium avant de l'employer, pour être certain 2u'il ne contient aucun acida. L'arsenic doit tre également très-pur. Le choix des creusets est très-important. Ceux de Hesse sont meilleurs que ceux de porcelaine. Les creusets colorent quelquefois la matière en jaune ou en brun, quand leur surface interne laisse échapper quelques particules de fer. On na pas cet inconvénient à craindre avec des creusets de porcelaine dure, mais ils se cassent ou se percent souvent, et ils sont trop perméables. On se sert pour fondre la matière d'un four à potier ou d'un four à porcelaine, et les creusets restent vingt-quatre heures environ au feu. Plus la fusion est tranquille et prolongée, plus le strass acquiert de dureté et de beauté. Si Ton avait d'excellents creusets, on pourrait se servir du fourneau à porcelaine ; mais comme on y fait trop de pertes, il faut se contenter du four à potier. Le mieux est cependant d'avoir un four construit exprès pour fondre le stjrass. Ce four cylindrique se termius
M» INYENTIOKS.
en (IAiDa;0 a la fbrmo d*une raebe oa d uoe boroe baate de sept pieds et ayant
Îoaire pieds de diamètre. On le chauffe avec •ibobseefeodueo petites bûches. M. Donault Wiélao<i a réussi à faire de très-beau strass» en eoploTaot plusieurs proportions. Les quatre mélanges suif anU ont produit de ioos résallats.
Cmul de locbe.
ViiiiuL
P»use pue.
Boni.
incaic
9 gros.
7 ifi 5 1/2 3 1/3
Sigrahis.
S2 onces. 3 1/2 gras.
hUe.
Un.
Anttie.
6 onces. S gros.
» grains.
r/KUldereebe.
Mft.i.iu
iottic.
iO onces. 7 gros.
6 onces. « gros. 9 2 3 3 > 3
6 grains»
f graioa.
Onrtal de roehe.
Ofite de Giichj.
Italie.
Awax.
19 onces. » ' gros. 6 grains.
6 onces. 2 gras, t grains.
Il 51/2 18
onces. 6 gros. 18 grains.
Le strass que l'on obtient a? ec le cristal de roche est en général plus dur que celui quûD fiit avec le sable ou le silex ; mais il ^t quelquefois trop blauo» ce qui n*est pas avantageux pour les petites et mojrennes pierres» parce auVlles ont moins d'orient et Hteot moins ae feu que celles dont la ma* tière est légèrement colorée en jaune. Cette leiote disparait dans la taille des pierres. La matière qui nous Tient d'Allemagne est trinjours colorée et souvent trop colorée. La composition de la lopaze est sujette à vantr dans la fonte. On [¥)urrail rappeler le caméléon yitré, tant elle change facilement <!e couleur, suifantle degré de température qu'elle éprouve, ou la durée du feu. Elle l^ssedu blanc de strass au jaune soufre, an violet et au rouge pourpre suivant des cireonslaiices que M. Douaait Wiéland n'a l'as pQ encore parfaitement déterminer. On f«eat comparer cette matière au rubii^glass des Allemands et des Italiens. Il faut qu'on éprouve de grandes difficultés dans la fabrieation de cette pierre* car la matière est rare tlans le .commerce. Un joaillier en ayant eu )<csoin poi|r compléter une commission de
parure de sa fabrique, il lui a été impossible de s'en procurer une once à Paris ; il en a lait venir de Genève, qu'il a payée vinst» quatre francs la livre; encore n'était-elle
Kis belle. Elle devenait presque toujours ancbe au fea. Void comme il l'a préparée :
Fondant (strass
irès-bbnc). 1 once. 6 gros.
Terre d^antlmoine. » » Ifz
Pearpre de Cassios. § •
» grains.
I once. 6 1/2 gras. 8 grains.
Il fSiut choisir le Terre d'antimoine le plus transparent et d'un jaune ciair. Les changements que cette composition éprouve au feu, suivant les différents degrés de température, sont dignes de l'attention des chimistes. La matière passe du jaune au rouge,, du rouge au blanc; elle repasse dn blanc au rouge et au jaune suivant que l'on opère avec ou sans le contact de l'air. La théorie de ces phénomènes est une chose curieuse à déterminer, on ne la connaît point encore. On peut avec le fer seul obtenir une topaze assez belle ; pour cet eiSTet on prépare le méknge suivant :
Fondant. 6 onces.
Oxyde de fer dit safran de mars. >
» gros. » grauis»
6 onces. 1/2 gros. » grains.
Le rubis est la plus chère de toutes les pierres artificielles. M. Douault Wiéland a cherché sa composition en suivant les don* oées de M. Fontanieu; mais la grande
!|uantité de substances qu'il emploie rend e succès toujours douteux, et la fabrieatioi^ du rubis très-difficile. Ses essais sur l^ topaze lui ont fourni un excellent moyen d'obtenir constamment et à volonté de très-, beaux rubis. Très-souvent le mélange ou'il faisait pour obtenir des topazes ne lui oon-i nait qu une masse opaque, translucide sur ses bords, et offrant dans ses lames minces une couleur rouge quand on les oppose entre les yeux et la lumière. M. Duuault ayant pensé que Topacilé de celte matière résultait de ce que les oxydes n'étaient pas bien combinés avec le fondant, et qu'on obtiem drait de la transparence par une seconde fusion, endiminuant les nroportionsd'oiyde^ ou, ce qui est la même chose, en augmentant celle dn fondant, entreprit l'expérience suir vante qui lui a |)arfaitement réussi. Il pri| une partie de matière topaze opaque, qu'il mélangea avec huit parties de fondant ; l'ayant fait fondre dans un creuset de Hesse, qui est resté trente heures au feu d'un four à potier, il eut pour résultat un beau cristal jaunâtre semblable au strass. L'auteur a refendu cette matière au chalumeau pour l'essayer, et elle a produit le plus beau rubis d'Orient. Il a répété cet essai plus de vingt fois, et l'effet a toujours été le même.^ On peut &ire un rubis moins beau et d*un9
PIE
DlCTIONiNAlRE
ne
teiDtedîfférente en employant les proportions
suivantes :
Fondant. 5 onces. > gros, i grains.
Oayde de manganèse. I I >
5 onces. 1 gros. > grains.
L'émeraude est très-facile à fabriquer.
D'après les formules de M. FoDtanieu, celle
3ui réussit le mieux est le simple mélange e J'oxyde rert de cuivre avec le fondant. Quant à celle où il fait entrer de Toxyde de cobalt, elle donne un vert dont le fond est celui de Témeraude, mais qui a des reflets bleus. La composition qui imite le mieux Témeraude naturelle est la suivante :
Fondant. 8 onces. > gros. » grains. Oxyde vert de cuivre
pur. > > i/i 6
Oxyde de chrome. > i 2
onces. i;2gros. 8 grains.
On peut, en augmentant la proportion de chrome ou d'oxyde de cuivre et en j mélangeant de l'oxyde de fer, faire varier la nuance verte et imiter le péridot ou l'émeraude foncée. Pour donner une couleur d'un beau bleu oriental imitant le saphir, il faut employer du strass très-blanc et de l'oxvdè de cobalt très-pur. Cette composition doit être mise dans un creuset de Hesse soigneusement luté et rester trente heures au feu. Si la fonte a été bien conduite, on obtient un verre très-dur et sans bulles. Il prend facilement le poli. Voici les proportions :
Fondant. 8 onces, t gros.' » grains.
Oxyde de cobalt. t > i;2 32 >
8 onces. 1/2 gros. 52 gr.
L'améthyste est une pierre estimée quand sa couleur est belle et veloutée. M. de Fontanieu fait entrer dans sa composition trop d'oxyde de manganèse, et beaucoup trop de pourpre de Cassius. Cela nuit à la transparence et donne une couleur vineuse qui n'est point naturelle. On réussit en adoptant la formule suivante :
8 onces. > gros. > grains.
Fondant.
Oxyde de manganèse. > Oxyde de cobalt. > Pourpre de Cassius. »
ii;2
8 onces. 1/2 gros. 25 grains.
L'aigue-marine est une pierre peu recherchée, même quand elle est naturelle. C'est nue émeraude pâle tirant sur le bleu plutôt
3ue sur le vert, et imitant assez la couleur e l'eau de mer. On l'obtient en mêlant :
Fondant.
Verre d'antimoine.
Oxyde de cobalt.
6 onces.
gros.
> grains.
Le grenat syrien, que les anciens appelaient escarboucle, a une couleur vive qui plaît beaucoup dans le commerce. H est surtout employé pour les petits bijoux. Oa lui en a souvent clemandé pour les colonies espagnoles. Le Krenat artiuciel est une espèce de rubis ioncé que l'on fabrique d'^ près la formule suivante :
Fondant. » onces. 7 jms. Sgrsins.
Verre d*anltmotne. i S Ipi 4 Pourpre de Cassius. > > 2 Oxyde de manganèse > I 2
6 onces, i gros. 251/2 gr.
0 once. 101/2gros.16gn)n8.
Dans la fabrication des pierres artificielles, il est beaucoup de précautions à prendre, de soins à observer, que l'habitude delà manipulation peut seule faire connaître. Eq général les matières doivent être pulvérisées et même phosphorisées avec attentioo. Les mélanges ne se font bien que pour une tamisation répétée. M. Douault Wiéland recommande de ne point se servir du même t^mis pour passer différentes compositions, quelques soins que l'on prenne de le nettoyer après l'opération. Enfin, pour obtenir des masses bien fondues , bien homogènes, sans stries , sans bulles , il faut n'employer que des substances d'une grande pureté, mélangées dans un état de ténuité extrême; choisir les meilleurs creusets ; fondre à un feu gradué et bien égal dans son maximum de température , laisser la matière au feu
i)endant vingt-quatre à trente heures, et ne iaire refroidir les creusets que très-lentement. {Société éC encouragement, 1819, page 311.) Observations nouvelles. — Jlf. Cadet at Gassicourt.— Quoique M. Douault Wiéland, dit l'auteur, ait trouvé une composition de strass supérieure à celle des Allemands, et qu'il imite parfaitement les pierres colorées naturelles , il ne faut pas croire que l'art de colorer les verres par les oxydes métaliiqaes soit arrivé à sa perfection. 11 est à désirer
Su'un chimiste exercé s'occupe de la théorie e cette coloration. Depuis que les terres vitritiables et les alcalis sont reconnus pour des oxvdes métalliques, depuis qu'on a trouvé le potassium, le sodium, lesiliciumi le calcium, etc., les verres doivent être con* sidérés comme des alliages. 11 serait donc utile de les combiner dans leur état de pureté avec les autres oxydes c^ue l'on soumettrait à la vitriQcation. D'ailleurs il est encore beaucoup d'autres substances qui pourraient être essayées dans la verrerie; tels sont le bismuth , le nickel^ le tungsttnif le tellure f le molybdène, le platine, Turaiu, le titane f le coiombium. Te palladium, le rhodium, V iridium, le cérium, le bariumei le strontium: plusieurs sels, comme les fluates, les phosphates solubles et le terre phosphorique. On a déjà employé avec succès le tungstate de chaux pour imiter ropaJei et le chromate de potasse pour la cbrysoprase artificielle. On peut donc espérer que cet art agréable fera encore des pro^^* {Société di" encouragement^ 1819, page 315,*
PDL
DES INTEmiONH.
riL
flW
ec iffidef de chimie et de phy$ique , 1890 9 (. UU , page 57.)
ferfeetiemiemeni. — M, Lamçim. — Ce joaillier a coDcoani poor le prix proposé par la SeâiU teMeamragememi à celui qui présenlenit le meilleur mémoire sur le strass fonçais, el lui ferait coiuiattre ses procédés. Quoique le prix ait été adjugé à M. Douault Wiéiaody elle n'a oas moins cru devoir iceorder une médaille d'or h M. Lançon , à tiife d'encour^ement. Ce fabricant, pour obteoir de beau strass, ne se sert point d*ar* mie; il prétend même que lorsqu'il en cQplojait dans ses compositions, il était toujours malade en traTaiilant les masses et en polissant les pierres qui en provenaienL M. Lançon obtient d'assez beau strass avec n.c*iDsdeprécautions que n'en met M. Douault W:éiand. 11 emploie les proportions sui- Yiules:
lanre bUiic ou potaaae^
lOOBms.
Son procédé pour obtenir Témeraude cjiîi^e à mettre par livre fondant un gros û balaie de cuivre el quinze grains de sa- Iran de mars (trituxjde de fer). M. Cadet v: Gassicourif qui a suivi le travail de V. Dooault , prétend que , pour imiter l'at^ibyste, ce joaillier emploie trop de mang'oese, ce qui rend la pierre artificielle 0 iO fiolet foncé. 11 cite k ce sujet les pro- Ivriiotts de M. Lançon comme lui paraissaot meilleures. Ce dernier prend :
F«idttL I livre.
UiTde lie maasanèse. 5 k 24 gnios.
i^jét de eolnlu i gnin.
'Société d^ encouragement^ 1819, page 311 , A%naU$ de chimie et de physique ^ 1820, tXlil^page 57.) Médaille de bronze à l'expo- 5ii:oo , pour avoir présenté des parures el d*rs Lijoux de toutes espèces en pierres i/iancbes et de couleur qui ne le cèdent point {•oar l'éclat aux plus belles pierres précieuses ulurettes. (Livre iTAonneiir, page 152.)
PILES VÛLTAIQDES. — Nous avons déjà eu foccasion, à l'article Galvahisms, de dire quelques mots sur cette découverte sublime a« la pHe qui semble appelée à faire une réToIuiion dans les arts chimiques et dans iiodostrie, à nous donner en un mot, si la cbose était possible, le secret du Créateur, li n'est pas hors de propos, croyons-nous, (l'exposer ici en son entier la théorie de Tap- H^il de Volta. C'est à un des maîtres de la science, à M. Biot, que nous remprunterons; nf.Hi5 ne saurions trouver un guide plus éciairéy ainsi qu'une démonstration plus(K>siiire et plus simple de cette admirable inteotion.
Considéronsd'abord, dit M. Biot, une seule [ièce formée d'une plaque de zinc soudée arec une plaque de cuivre de dimensions «?ô^es, et mettons la face de cuivre eu cficmunication avec le sol. Celte face sera Sjors dans Tétat naturel; mais la face de zinc se couvrira d'une couche d'électricité vitrée iiiire, dont je représenterai par + 1 la quan-
tité totale. La valeur de cette unité dépendra de l'étendue des deux plaques, et sera proportionnelle à leur sunace. La lace du cuivre communiquant toujours au sol, on pose sur la face de zinc une rondelle de drap imbibée d'eau salée, ou de tout autre liquide conducteur, dont l'action électro-matrice est insensible. Alors l'électricité libre de la lace zincse répandra surla surface du conducteur; mais comme il faut toujours que le zinc possède l'excès d'électricité vitrée que son contact avec le cuivre exige, il le reprendra au cuivre, et celui-ci au sol.
Les choses restant dans cet état, on prend une nouvelle pièce de cuivre et zinc pareille à la première; et, après avoir touché sa face de cuivre, on l'isole ; puis on pose celte l'ace sur la rondelle humide, comme si, de ces éléineoti successifs, on voulait former une colonne, c'est-à-dire qu'on les superpose en pt7e. Alors, selon Voila, il s'opère deux actions : 1* la face zinc de cette seconde pièce conserve rex(>^ d'électricité vitrée + 1 qu'elle tient de son contact avec le cuivre; 2* le sjTstème entier de la pièce partage l'électricité libre de la rondelle, comme ferait tout autre corps conducteur. La rondelle reprend cette électricité au zinc inférieur, celui-ci au cuivre, et le cuivre au sol ; de sorte qu'après un temps qui doit être infiniment petit, si sa conductibilité est parfaite, il s'établit un état électrique stable dans leauel les quantités d'électricité libre sont telles que le représente le tableau suivant :
liice zinc Z. soudée àC,. +4
faeecoîTre C, eommaniqaant à b tw^ délie hamide. -f- 1
face zioc Z. aoodée avecCf -f- 1
lace coivre €« con- BiuniqiiaDl aa soL 0
Sur ce système, poser une seconde rondelle, puis une troisième pièce de cuivre et zinc de la même manière. La face zinc de cette pièce conservera l'excès d'électricité vitrée -t- 1 qu'elle tient de son contact avec le cuivre ; mais en outre elle partagera, comme corps conducteur, l'électricité libre des pièces inférieures qui se réparera aux dépens du sol, et l'état électrique sera devenu stable, on aura ;
lace linc Z, aoadée à C.. -i- 3
lace cnîTre Cg conmonîqaant ai la rondelle numide R,. -4- 2
face zinc Z, soudée
face enivre €« eomniunîoa2iDl à la rondelle Domide Rf -I- t
laee linc Z. soodéa à C,. 4- i
face enivre C^ comuiuniquaul au 60L -4* 0
Pièce sopérieure.
Pièce Inférienre.
Pièce 3.
PIL
PIL
En continuant toujours la superposition des couples de la môme manière, les quantités d'électricité vitrée libre croîîront do bas en haut, suivant une progression arithmétique.
Cette théorie suppose que ta transmission de rélectricité s*opere à travers les rondelles humides sans aucun affaiblissement. C'est le cas d'une conductibilité parfaite. On y admet en outre que les liquides interposés entre les éléments métalliques n'exercent sur eux qu'une action électro-motrice nulle, ou assez petite pour pouvoir être négligée. Enfin, pour passer d*un élément à un autre, on introduit une troisième donnée; c'est que Texcès d*électricité -f- 1 que le zinc prend au cuivre est constant pour ces deux métaux, soit qu'ils se trouvent dans l'état naturel ou non. Cette dernière supposition est la plus simple que l'on puisse faire; mais toutefois ce n'est qu'une supposition dont les expériences fondamentales ne fournissent aucune preuve. Coulomb, qui a vérifié cette loi, la trouve exacte. Il est clair qu'on ne peut l'établir avec exactitude qu'à raide delà balance électrique, en mesurant les quantités d'électricité libre aux diverses nauteurs de la pile; mais celte observation est influencée par la conductibilité toujours imparfaite des conducteurs humides, et par plusieurs autres causes encore. Quoi qu'il ensuit, admettons d'abord l'équi-différencedontil s'agit, comme la plus simple des lois imaginables, et cherchons à en développer les conséquences par le calcul.
D'abord, si l'on touche d'une main la base de la pile , et que l'on pofte l'autre main à son sommet, tous les excès d'électricité
-H 1 , -H 2 , 4- S, des différentes pièces
se déchargeront à travers les organes dans le réservoir commun. En supposant la transmission de l'électricité dans l'intérieur de la pile parfaitement libre, ou seulement trèsrapide comparativement à sa transmission par les organes , cette décharge devra produire une commotion comme celle de la bouteille de Leyde , maiâ avec celte différence remarquable que la sensation en paraîtra continue. Car la pile se rec^rgeant aux dépens du sol beaiicoup plus vite que les organes ne peuvent la décnarger, la pièce supérieure se retrouvera toujours presque fijxssi chargée qu'avant le contact. L'on peut /lussi reproduire de la môme manière, mais ^vec une intensité infiniment plus considéj*able, tous les phénomènes de saveur et de lumière qu'un seul couple de pièces peut présenter^ {Voy. Galvanisme.) Si l'on Teut ^connaître, dans ce cas, la quantité d'électri- /cité qui forme la décharge a chaque contact,
}\ n'y a qu'à faire la somme des quantités
d'électricité qui , d'après les déterminations
i précédentes, existent à l'état de liberté dans es diverses parties de l'appareil. Mais pour aimplifier cette évaluation, on peut supposer les rondelles humides infiniment minces et pégUger la quantité d'électricité qui se porte à leur contour extérieur; alors les quantités précédentes répandues sur les sur-
faces du cuivre et du zinc seront les seules qu'il s'agira de sommer. On trouve alors que cette somme est proportionnelle au carré du nombre des couples. On verra plus loia
?ue ce résultat p^i extrêmement affaibli par imperfectioii des conducteurs humides.
Nous avoq3 supposé la pile montée de cette manière ; cuivre , zinc humide , cuivre , etc., le premier cuivre communiquant au sol; mais on pourrait aussi la monter en sens contraire, zinc, cuivre humide, zinc, etc., en établissant la communication du sol avec le premier zinc. Dans ce cas, la théorie sérail absolument la même , avec cette seule différence que notre unité -f- 1 deviendrait négative, c'est-à-dire que les quantités d'électricité libre seraient de nature résineuse. * Au lieu de poser les plaques métalliques les unes sur les autres en colonne verticale, on peut les placer de champ, et parallèlemeDt les unes aux autres , sur des supports isolants, par exemple, sur des tiges de rerre vernies. Alors , au lieu dUnterposer entre elles des rondelles de drap qui se tiennent diOicilement verticales , on établit de TuDe à l'autre des espèces de petites auges doot elles font les parois extrêmes , et Ton verse dans ces auges les liquides qui doivent servir de conducteurs; c'est ce que l'on oomme Yappareil à attges. On peut aussi souder ensemble, et bout à bout, des lames de cuine et de zinc que l'on recourbe à leur point de soudure, de manière que chaque métal puisse plonger dans un vase de verre ou de porcelame, rempli en partie d'un liquide conducteur. Une suite de vases semblables forment une chaîne électro-nootrice dont les extrémités peuvent être ramenées circulairement Tune auprès de l'autre pour la commodité des expériences; c'est ce que Volta nomme Yappareil det tasses à couronne.
Nous examinerons plus loin les diverses piles en usage , en faisant connaître leurs diverses propriétés. Contentons-nous de dire ici que, de quelque manière que soient disposes ces appareils, leur mode d'action est exactement le même, et que la théorie oue nous venons d'exposer leur convient également sans aucune restriction.
Appliquons maintenant , dit M. Biot , ï h partie supérieure de la pile, ou en générale la dernière plaque de l'appareil, un condensateur dont le plateau inférieur communique avec le sol. Avant le contact , cette plaque^ que je suppose toujours zinc , avait ^éle^ Iricité vitrée libre , qui convenait à son m( dans la |)ile. Le condensateur lui en enièfe une partie qu'elle reprend aussitôt à la pièce inférieure, celle-ci à la suivante, et ainsi de suite jusqu'à la dernière , çiui reprend toot au soi. Ce mouvement doit donc se continuer jusqu'à ce que la pièce supérieure ail repris la même quantité d'électricité libre qu'elle possédait d'abord, et qui convient à sa position. Ainsi le condensateur se chargera jusqu'à ce gue son plateau collecleor ait la même tension que la plaque.
Si la pile était montée en sens contrairet le zinc communiquant au sol , rélectricili