TOILES
Toiles icmes, blanches, mi-blanches, teintes et imprimées.
Angleterre.
Belgique.
Association allemande.
kil.
kîl.
kit.
Autres pays.
Totaux.
kil.
kil.
^ous ne saurions terminer cet article sans (^Qsacrer quelques lignes à l'homme de S^ie auquel l'industrie doit tant , et auquel *>Pr}Dce, qui accepte sa gloire, devrait da- '»tage encore , s'il n'était pas écrit qu'en '^'tre beau pays le lot des inventeurs devait ^r^,géQéralement l'ingratitude et l'oubli. ^^'es{ à la plume amie de M. Emile Des- -tasops, que nous empruntons ce qui va
■Âumoisde novembre 18il^9, le jour de la ^(nbution des croix et médailles aux ex- P^nn» on voyait , dans un des encadre- Oieots qui décoraient la salle du Palais-de- 'Q^ce, le nom ae Philippe de Girard, avec ^^ ioscription . « 1810 , inveu tiou de la IJ'^TciBificAiifQUB DU UN, » Et M. Charles ^PJjif président du jury , rappelait , dans ^eioqaent discours au président de la
république, le million promis par l'Empereur Napoléon h l'inventeur d'une machine à filer le lin: l'admirable découverte de M. Philippe de Girard , dans les derniers temps de l'Empire; et sa mort survenue , en 18&.3 , plus ae trente ans après l'invention, mais avant qu'aucune récompense nationale lui eût été décernée I.... M. Philippe de Girard n'H laissé à sa famille d'autre héritage que son nom. — « C'est le vœu sacré du jury, ajouta M. Charles Dupin, que la patrie paye à cette famille sa dette d'honneur et de reconnaissance. » — Un vif mouvement d'approbation se manifesta dans l'auditoire; et l'orateur termina en constatant que la seule industrie des fils et tissus exportés compte, tous les ans, pour
1)lus de soixante millions de francs dans la )alance de notre commerce...
LIN
UN
«Une grande mémoire invoque donc la justice reconnaissante de la France; un grand acte de réparation , hélas I tardif , est demandé au gouvernement eiè l'Assemblée législative.
« Il est du devoir de la presse d'apostiller avec chaleur une réclamation qui intéresse à la fois , les droits du génie, les sentiments et Tavenir d*une famille respectable, et rhonneur du pays. Il n'y a point de faible Toix dans une cause si noble et si sainte ; c'est pourquoi je parle aujourd'hui :
« Ce fut, en 1810, comme on Ta vu, que l'Empereur décréta un prix d'un million de francs à Tinvenleur de la filature mécanique du lin. M. Philippe de Girard était alors à Lourmarin, sur les bords de la Duranco, au milieu de sa famille, qui depuis près d'un siècle était l'objet d'un culte de vénération dans tout le pays. Il se mit à rœuvrc; âgé de trente-cinq ans, il avait déjà doté l'industrie française de diverses découvertes et innovations importantes... Sa pensée conçut d'un trait la machine demandée par Napoléon , et regardée jusqu'alors comme introuvable ; puis , à force de tentatives laborieuses et dispendieuses, il parvint à l'exécuter... Elle était à peine debout que le trône impérial s'écroula. Le gouvernement de la Restauration, préoccupé, au début, d'autres pensées et d'autres embarras, ne pouvait guère songer aux dettes de r£mpire : l'invention et l'inventeur furent comme s'ils u'étaient pas , et M. Philippe de Girard , le f'^ur navré et sa fortune engloutie, alla s expatrier , au fond de l'Autriche , qui l'appeiait , sa découverte et sa science dédaignées. Quelque temps après , ses associés avaient', à son insu , porté ses inventions chez les Anglais, à qui l'honneur en fut bientôt attribué : sic vos non vobis. M. Philippe de Girard protesta pour la France et pour lui-même. La gloire de l'invention , comme la récompense , tout lui serait donc enlevé!... c'était trop : il revendiqua sa découverte ; et il eut pour témoins et pour cautions , alors et depuis , les plus beaux noms delà science conlempuraino,Mi\f .Cbaptal , Araso , Dumas , Pouillet , Charles Dupin, Michel Chevalier, elc. Plus tard, en 1826 , l'empereur de Russie appela M. Philippe de Girard à Varsovie comme ingénieur en «hef des mines do Pologne , et dans le serment qu'il reçut, il lui réserva honorablement sa qualité de Français, que jamais le patriotique exilé n'aurait sacrifiée. Là , autour d'une grande filature mécanique du lin, une petite ville se fonda , qui porte le nom de Girardow. Durant les dix-huit années qu'il eut à remplir ses lointaines fonctions , M. Philippe cfe Girard ne cessa d'inventer et de faire hommage à la France de toutes ses inventions aussi utiles que variées. (On peut en voir la liste , avec d'intéressants détails biographiques , dans un article excellent*— puisqu'il est de M. Ampère, — oue tes Débats ont publié le 15 octobre tUo, et auquel j'emprunte la nomenclature des prinrïpaux faits.)
c Cependant la vieillesse était arrivée, lin
Îpnd désir de sa patrie oublieuse et de sa àmille toujours si tendrement dévouée, saisit le cœur de M. Philippe de Girard. Une nièce et une petite -nièce entreprirent le voyage de Varsovie , et le ramenèrent eu
France dans le courant de l'année 18^^*
L'exposition des produits de l'industrie s'ouvrait... Les grandes salles ét/iient pleines des nombreuses inventions de Philippe de Girard... ses machines à filer le lin fonctionnaient dans toute la France... son nom et ses louanges circulaient dans toutes les bouches des savants et des industriels. Il adressa un Mémoire aux Chambres pour demander , non pas le million promis par l'Empereur, mais une récompense nationale qui réhabilitât oflTiciellement l'honneur de l'industrie française, et vînt noblement en aide h sa vieillesse et à sa famille. Il avait pour lui le concours des hommes d'élite et le vœu de la foule... D'inqualifiables résistances administratives firent tout échouer... et M. Philippe de Girard , dans sa 71* année, mourut au mois d'octobre 18tô , non seulement sans récompense nationale , mais sans la moindre indemnité, mais sans être d'aucune commission spéciale, que dis-je? sans même avoir la croix d'honneur qu'il avait beaucoup désirée... Il poussa la clémence de son agonie jusqu'à ne pas prononcer le nom de ses puissants détracteurs. — Imitons-le. —Ces déplorables op()ositions auraient fini sans doute par Ct'der è l'évidence et à l'opinion ; mais la mort n'attend pas , et , pour rendre justice comme pour par« donner , il n'y a jamais un moment à perdre...
« Eternel et redoutable hymen de la gloire et du malheur! — Il y a quelques siècles , c'était encore l'usage de proscrire , de persécuter les hommes de génie. L'histoire est pleine des prisons , des exils , des supplices qui récompensaient les grands inventeurs , poëtes ou savants. Auiourd'hui , grâce au progrès social, nous ne les tuons plus , nous les laissons seulement , de temps en temps, mourir de faim ou de chagrin ; nous ne les proscrivons plus, — ce serait nous occuper d'eux, — mais nous les dédaignons, nous les oublions complètement. Cela suiôt bien !
«AhIdumoins,siPliilippedeGirardn'areçu que i'inditférence et l'oubli de tous les pouvoirs qui avaient gouverné en France depuis trente ans. Dieu ne lui a pas ménagé les douces et glorieuses consolations : l'exil fut une vraie patrie pour son génie. Le gouvernement autrichien, et surtout l'empereur de Russie, lui donnèrent pendant près de trente ans, de continuels témoignages de haute estime -et de délicate générosité. — Puis il avait rencontré,, au bout de l'Europe, une partie de la famille de Napoléon, qui l'attira aussitôt dans son intimité; il y trouva celte affection improvisée, et qui sera durable, que les naufragés lient entre eux sur un rivage inconnu. Sa correspondance avec la reine Caroline et le roi Louis en offre de préoieux
UN
OSS INVENTIONS.
UN
SIS
léoioignageS; D*aQ autre cAté» tout ce qui
ati nous Vêtait pas ia France oflicielle
irait conserTé à Philippe de Girard la sym-
r^inie de l*ad(uiratioo. — J'ai nommé j)lus
tuai les illustres savants et publicistes doat
Ie;;éfléreiJirx>Dcours ne Tabandonna jamais.
~Eil8i2, ia Société d*enr.ouragement do
P«h5 lui décerna, à titre d'inventeur de la
f»iiure mécanique du lin, la grande médaille
r».-; et pareille médaille lui fut encore
li.croée par le jury d'exposition de 18^^.
-A celle époque, un grand nombre de dé-
:u?sde toutes nuances et toute Tindustrie
\i féuniriiot fiour faire une démarciie per-
»<o()(!lie auprès du ministre du commerce.
ï (iaizot, ministre des afTaires étrangères,
•.jt((rès*favordble. — Les grands esprits sont
'^rijours prévenus pour les grands talents..»
Ldu, quand tout cela eut abouti à rien, les
.u^jïlnels, de leur propre mouvement, yo-
u-reul à Philippe de Girard une dotation
stoueile de six mille francs, qui les honora
i^'M que lui. Voilà certes de belles com-
peubitioosl — Les habitants de son village
ctLourmarin, lorsqu'il revint en France,
«oifcol planté UA laurier dans son jardin.
l'Miceau désintéressé de M. Henri ScbelTer
maUlua nouveau chef-d'œuvre en re-
\fiȕmni ses traits. Tous les hommages
Ufcif^iiaDts l'environnaient de mille duu-
tivi,iA par dessus tout, les soins pieux et
'^liants de la faaiille qu'il avait retrouvée.
'ir*œ à tant de dévouements et d'affections»
rri ne manquait entin au bien-être de Phi-
^î'^ de Girard C'est alors que la vie lui
1 Sa mort n'arrôta pas les dévouements et lei iiommages. Rien ne surpasse en tristesse ^! eo piélé les honneurs funèbres qui furent r^itdas à ses restes mortels lors de leur 'ranslation h Lourroarin dans la sépullure
atréditdire de la famille de Girard Le
torpsy arriva, le soir, à la lueur des torches ^ des illuminations; toutes les populalions dtt environs étaient là; trois jours et trois nuiU il resta exposé à leurs saintes lar-
^^ (1) La tombe h peine refermée,
'Jûç souscription s'ouvrit pour élever un moi^unienl à la mémoire de celui dont la vie ) Illustré son pays natal, et dont le nom earopéen ne mourra pas.
* Et I homme, — a dit M. Ampère, qu'il uoi copier textuellement, si Ton ne tient ^•s à beaucoup moins bien dire, — « et
< l'bofnme, tous ceux qui l'ont approché
* peaveot le certifier, était aussi distingué M'^rrâme que par l'intelligence; il avait
< '^simplicité des natures supérieures, ou-
* biianl toujours ses intérêts pour ses idées, *<juaod C6 n'était pas pour les intérêts ' aauirai; plein de sympathie et d'aban-
tl) U n'éuil pas seul sur le cataralque : sa bellef^^ nadame Frédéric de Girard, morlc après w.ttrugeait set honneurs suprêmes. El iiiadanie ^^onede de CornelUan avail puisé dans le seiiii- *^ f'digieui la force d'accompagner, depuis Pa- ^Inttsiei de sa mère et de son onde.
« don ; allant, sans regarder, où le pous « saient le mouvement de sa pensée et l'en « tratnement de son cœur; un peu distrait, « sincèrement modeste, imagination vive, « cœur tendre, d'une inratigable confiance « dans les hommes ot dans le sort, qui le <x trompèrent tant de fois. Ouvrier avec les « ouvriers, qu'il aimait, dans un salon il « redevenait homme du monde »
« Ailleurs, après avoir parlé de la vocation précoce de Philippe de (jirard pour la mécanique, M. Ampère ajoute :
« D'autres goûts encore, la botanique, la « sculpture, la fieinture et la poésie, se dis- « putaient cette intelligence qui se cherchait. « Haynal, ami de la famille, prédit que le Q jeûne Philippe serait un grand poêle. « Mieux encore que le don des vers, qui lui « est toujours resté, ses inventions uiéca- « niques ont réalisé la prophétie du philo- « sophe. Chez les Grecs, cr^a^etir, au moyen «r Age, trouveuVy était le nom du poêle. »
€ J'ai vu de M. Philippe de Girard des tableaux, des miniatur^^s, des bustes, des poésies, qui lui auraient fait trois renommées si les circonstances ne l'eussent porté vers une autre gloire. C'était une organisation multiple , une intelligence qui s'attachait , comme une flamme, à tout ce qu'on lui présentait. — Comment, avec tant d'aptitude, avec de si magnifiques travaux largement rétribués à Télranger, n'a-t-il rien capitalisé T ... Eh 1 mon Dieu 1 c'est quil n'élait quun homme de génie. Il l'a dit lui-môme avec une bonhomie inaénue. Le gain de ses inventions passait h d autres inventions ou h des spéculateurs qui savaient les exploiter.
«Nous venons de voir la mauvaise fortune et l'iniquité coudoyer pas h pas Philippe de Girard dans la carrière où il aurait dû triomplier solennellement; c'est la conduite assez habituelle des nations et du destin envers le génie inventif. Mais, nar bonheur, ils ont encore une autre habitude : c'est dlionorer mort ce qu'ils dédaignaient vivant. La terre des tombeaux est bonne pour la palme du génie comme pour ceTIo de la vertu. Les épreuves ordinaires n'ont pas fait défaut à la vie de Philippe de Girard; espérons que les réparations posthumes ne lui seront point épargnées. — Avec sa nièce et sa petite nièce, il a laissé sur la terre son frère atné« ancien député do Vaucluse. Son âme serait consolée en voyant descendre sur sa famille, si digne de lui* la récompense nationale qu'il avait si bien méritée.-.
« C'est M. Dumas , de tout temps si dévoué à la science, dont il est une def plus belles gloires, qui, en 1842, comme jirésident de la Société d'encouragement, transmit h M. Philippe de Girard la grande médaille d'or; et lui-même, comme yiceprésident du jijry de l'exposition de 1849, a connu et approuvé la nouvelle pétition qu'il reçut plus tard en qualité d(t ministre.
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« Par une autre coïncidence bien remar/iua* Die, au bout de tanl d*années et de révolutionSt la filature mécanique du lin, née d'une parole de l'Empereur, serait récompensée par son neveu, et après aue l'inventeur se fut attiré dans l'exil l'interôt et les sympathies de la famille de Napoléon. Ce sont des circonstances qui n'échapperont point à la pensée et au cn^ur du président de la républtoue, qui a voulu gue les services rendus sous I Emnire, et oubliés depuis, fussent rappelés h la lumière pour recevoir enfin aux yeux de tous leur jusfe part de gloire et de rémunération. »
Lin iHGOMBDSTiBLB. — Sa nature est trèscompacte et très-cotonneuse. Toutes ses parties sont disposées en fibres luisantes, et d'un cendré argentin, tpès-déliées, arrangées en lignes perpendiculaires, unies par une matière terreuse, capables d'en être séparées dans l'eau et de résister à l'action du feu.
Cette matière minérale est d'un genre fossile très-abondant. Du temps de Phne, on ne l'avaitencore découverte qu'en Egjpte, dans les déserts de' Judée, dans l'Ëubée près de la ville de Corinthe, et dans l'île de Candie, pays dont le lin portait les noms. Nos modernes en ont aujourd'hui trouvé dans toutes les lies de 1 Archipel, en divers endroits de l'Italie, surtout aux montagnes de Volterre; en Espagne, dans les Pyrénées, dans l'Etat de Gènes, dans l'Ile de Corse, en France dans le comté de Foix, à Namur dans les Pays-Bas, eYi Bavière, en AUj^leterre, en Irlande, en Ecosse, etc. Il faut avouer aussi que toutes ces nouvelles découvertes ne nous fournissent guère que des espèces d'amiante de rebut, dont on ne saurait tirer parti dans les arts.
La manière de filer cette matière minérale, est la seule chose qui touche la curiosité. Quoiqu'elle ait été pratiquée par les anciens orientaux, le secret n'en était pas connu des romains, puisque, au rapport de Pline, la valeur de l'asbeste filé égalait le prix des perles les plus chères ; et que, du temps de Néron, on regardait avec admiration, et comme un trésor, une -serviette de cette toile que cet empereur possédait.
Les Grecs n'ont pas été plus éclairés sur l'art de filer Tasbeste; car à l'exception de Strabon, qui n'en dit que deux mots, aucun de leurs auteurs ne 1 a .décrite. Cependant puisqne. Pline a vu de ses propres yeux des nappes de lin vif que l'on jetait au feu pour les nettoyer lorsqu'elles étaient sales, il en résulte qu'on avait quelque part le secret d*en faire des toiles, et les ouvrages tissus de ce fil, qui ont paru de siècle en siècle, prouvent que ce secret ne s*est pas perdu et qu'il se trouve du lin incombustible propre à cette manufacture
En effet, l'histoire moderne nous apprend
3ue Charles-Quint avait plusieurs serviettes e ce lin, avec lesquelles il donnait le divertissement aux princes de sa cour, lorsqu'il les régalait, d'engraisser et de salir ces sortes de serviettes, de les jeter au feu, et
de les en retirer nettes et entières. L'on 9 vu depuis à Rome, à Venise, à Londres et en d*autres villes, divers particuliers prendre ce plaisir à moins de frais que cet empereur. On a présenté à la société royale ua* mouchoir de lin vif, qui avait un demi** pied .de long sur un demi-pied de large ; mais on n'indique point l'art du procédé,, ni d'où l'on avait tiré le fossile.
Enfin Crampini Jean-Justin, né k Rome,* en 1633, et mort dans la même ville en 1696, a la gloire de nous avoir appris le premier^ en 1691, le secret de filer le lin incombustible, et d'en faire de la toile. Mais il faut ici transcrire la manière dont M. Hahudel l'a perfectionné :
Choisissez bien, dit ce savant {Mémoir.
linir.f tome VI, édit. in-12) l'espèce de lin incombustible, dont les fils soient longs et soyeux, fendez votre minéral délicatement en plusieurs morceaux, avec un marteau tranchant. Jetez ces morceaux dans de l'eau chaude. Amman veut qu'on les fasse infuser dans une lessive préi)arée avec des cendres de chêne pourri, et des cendres gravelées, et qu'on les laisse ensuite macérer environ un mois dans l'eau douce, M. Mahudel 1>rétend que l'eau chaude suffit en y laissant es morceaux d'asbeste pendant un tem|is proportionné à la durée de leurs jparties terreuses : remuez-les ensuite, dit-il, plusieurs fois dans l'eau et divisez-les avec les doigts, en plus de parcelles fibreuses que vous pourrez, en sorte qu'elles se trouvent insensiblement dépouillées de l'espèce de chaux qui les tenait unies : cette chaux se détrempant dans l'eau, blanchit l'amiante et l'épaissit. Changez l'eau cinq à six fois, et jusqu'à ce que vous connaissiez par sa clarté que les fils seront suffisamment rouis.
Après cette lotion, étendez-les sur une claie de ionc pour en faire égoutter l'eau : exposez-les au soleil, et lorsqu'ils seront bien secs, arrangez-les sur deux cardes à dents fort fines, semblables à celles des cardeurs de laine. Séparez-les tous en les cardant doucement et ramassez la filasse qui est ainsi préparée; alors ajoutez-la entre les deux cardes que vous coucherez sur une table où elles vous tiendront lieu de quenouille, parce que c'est des extrémités de ces cardes que vous tirerez les fils qui se
Erésenteront. Ayez sur cette table une boine pleine de lin ordinaire filé très-fin, dont vous tirerez un fil, en même temps que vous en tirez deux ou trois d'amiante; et avec un fuseau assujetti par un peson» vous unirez tous ces fils ensemble, en sorte que ce fil de lin commun soit couvert de ceux d'asbeste qui, par ce moyen, ne seront qu'un même corps.
Pour faciliter la filure, on aura de l'huile d'olive dans un mouilloir, où l'on pyisse de temps en tem[)s tremper le doigt, auianc
Eour le' garantir de la corrosion de l'aseste que pour donner plus de souplesse à ces fils.
Dès qu'on est ainsi parvenu à la manière d'en allonger le contenu, il est aisé eu les
et
UQ
DES INVENTIONS
UT
Dultiplianl ou en les entrelaçant, d'en forcer les tissoa plus ou moins fins, dont on tirera, en les jetant au feu, l'huile et les fils de lui étrangers qui y sont entrés.
On fait actuellement aux Pyrénées des n)nJons. des jarretières et des ceintures ire** ce fil, qui sont les preuves de la possibilité de les mettre en œuvre. Il est certtloquafec un peu plus de soins que n*7 (iooQ<;Dt les habitants de ces montagnes, et liée de l'asbeste choisie il s*en ferait des (MTraps très-délicats.
Cependant, c[uand on pourrait en façonner <fe ces toiles si yantées par les anciens, de pus belles mêmes que les leurs et en plus i-raade quantité, il sera toujours Trai de •jireqnepar la friabilité du minéral dont diestirent leur origine, elles, ne pourront i(re de durée au service, et n'auront jamais qsQa usage de pure curiosité.
Les engraisser et les salir pour avoir le pliisir de les retirer du feu nettes et entims, c'est à quoi se rapporte presque tout fe qu'en ont vu les auteurs qui ont écrit iTiDi et après Pline.
losage des cheoiises, ou des sacs de toile
cttiante, employés au brûlement des
m^ pour séparer les cendres de celles
(isiDtres matières combustibles, serait un
I<0i9iplus intéressant pour l'histoire ro-
■ôe^s'il était bien prouvé. Mais Pline
'iiMm,chap. 1) dit que cette coutume fû-
ftfsire ne s'observait qu'à l'égard des rois.
Co autre usage au lin d'asbeste était d'en
ionnerdes mèches perpétuelles, qui avaient
Il propriété d'éclairer toujours sans aucune
dépiiiion de leurs substances et sans
qo il fût besoin de les moucher, quelque
{Tiode que pût être la quantité d'huile
i\;m Touàait qu^elles consumassent. On
seo servait dans les temples pour les lam-
pti consacrées aux dieux. Louis Vivez, £s-
Wol, qui vivait au commencement du
i^ siècle, dit avoir vu employer de ces
mèches à Paris. Il est singulier que cet
Qsage commode et fondé sur une expé-
n^i^ce certaine, ne subsiste plus.
Uahudei assure avoir observé que les fila-
nteoisdeiin incombustible, sans avoir été
iDème dépouillés par la lotion des parties
terreuses qui les unissent, étant mis dans
UQ vase plein de quelque huile ou eraisse
<iae Ton voudra, éclairent tant que dure la
Mbstaoce oléagineuse.
UQCIDES (Décoloration de divers ). — Oii«it.~i)^eottrer^e. — M. Figcibr, phar- «onenà Jlfon/pe//ter.— 1810.— Dans le comjuerce, on connaît deux espèces de vinaigre, ^« rouge et le blanc. On avait jusqu'ici emf'ojé divers procédés pour décolorer le vi- ^§re, mais aucun n'atteignait entièrement >e but, et des manipulations coûteuses et '^'Qguesnedonnaientquun vinaigre tin peu ^^^. Le nouveau procédé est d'une exé» ^«tioQljKâle et économique, il peut être pressé en petit comme en grand ; avec la mè- ^^ Ittiliié, on obtient le vinaigre aussi inc^ore qoe Teau la plus pure. Par suite de ^ ^^périenaest l^auteur avait reconnu que
le charbon animal jouissait de la propriété de décolorer plusieurs liqueurs végétales dans un plus grand degré que le charlion végétal. Pour le vinaigre, on prend un litre de net acide rouge, qu'on mêle avec quarante^cinq grammes de charbon d'os; ce mélange est opéré à froid dans un vase* de verre, et on a soin de l'agiter de temps en temps. Après vingt-quatre heures, on s'apergoit que le vinaigre commence à blanchir; en deux ou trois jours, la décoloration est entièrement opérée, on filtre h tra* vers le papier Joseph, le vinaigre passe parfaitement transparent et semblable à 1 eau par sa couleur; il n'a perdu ni de sa saveur, ni de son odeur, ni de son degré d'acidité. LorsGu'on veut opérer cette décoloration en grand, on jette le charbon animal dans un tonneau qui contient du vinaigre; on a soin de remuer le mélange, pour renouveler les points (Te C4)ntact; il n'est pas même nécessaire d'employer une si grande quantité de charbon que celle indiquée ci-dessus, on peut la réduire de moitié; la décoloration est moins instantanée, mais elle s'opère également. Le vinaigre ainsi décoloré est tresagréable k la vue ; on peut l'aromatiser en y faisant infuser des plantes avant d'opérer sa décoloration, ou en y mêlant, après ravoir opérée, une petite quantité d'alcool chargée du principe aromatique végétal qu'on veut lui communiquer; il est alors préférable à tous les vinaigres connus jusqu'à présent. Le vin rouge le plus chargé en couleur, traité de la même manière, devient également incolore et conserve son odeur et sa saveur, M. Figuier, à l'aide du charbon animal, est parvenu à purifier le résidu de Topération de l'éther sulfurique, contenant la plus grande partie de l'acide employé dans sa préparation, et il a obtenu cet acide aussi pur qu'il l'était avant d'avoir servi à Téthérificalion de l'alcool; et* pour cet effet, il a mêlé au résidu de l'éther une quantité d'eau égale à son propre poids, a filtré, et sur un litre a mêlé 50 grammes de noir d'os. Le noir d'ivoire, comme le noir d'os, jouit de la vertu de décolorer le vinaigre. (Dict. des découvertes ^ tom. X, p. 357.)
LITHOGRAPHIE — Ainsi que l'indique son nom, composé de deux mots grecs ().î9oc,
f)ierre, ypa^cîv, écrire), la lithographie est 'art de uessiner sur la pierre, à la plume ou au crayon, des représentations de toute nature, qui peuvent ensuite être reproduites sur le papier, les étoffes et même sur bois, par la voie de l'impression. Cette ingénieuse découverte est due à Aloys Senefelder, qv\ en a lui-même écrit l'histoire (1) ainsi que nous allons le rapporter.
Né à Prague, en 1771, d'un artiste drama-
(!) Votr VArt de ta Lithographie^ ou instruction pratique contenant In description claire et succincte des différents procédés à suivre pour dessiner, graver et imprimer sur pierre ; précédée d*une histoire do la liUiographie et de ses divers progrès ; par Alovs Senefelder, avec un portrait de rauteur et 20 pi., Paris, chez Treultel cl Wûru, 1819, in-i*.
LIT
LIT
tique qui le destinait au barreau, Senefelder eut le malheur de perdre Fauteur de ses jours lorsau'il achevait ses études. 11 songea d'aborcl à embrasser la carrière de son père; mais son début- au théâtre de Munich eut peu de succès, et on ne voulut rengager que comme comparse. Senefelder se mit alors à composer quelques ouvrages. « Une pièce que je faisais imprimer, dit-il lui-même, me fourniss.iit si souvent loccasion d'obsorver Je travail des ouvriers de Timprimerie, que je finis par acquérir une coimaissance parfaite de tous les procédés de cet art; ce qui me fit naître par la suite le désir de vouloir imprimer moi-même les ouvrages que je composais. » La modicité de sa i'ortune et la dilliculté d'obtenir Tautorisation nécessaire auraient dû Tarrèter dans un pareil projet; mais, doué d'un esprit inventif peu commun et persévérant par caractère, Senefelder s*y livra obstfnément. 11 conçut ridée de chercher une manière d'imprimer moins coûteuse ou de s'associer à un ami qui possédait une imprimerie en taille-douce, pour graver ses œuvres à l'eauforte sur le cuivre, et les imprimer de la manière ordinaire.
Un premier essai lui procura une sorte de stéréotypage sur la cire à cacheter et sur le bois; mais Teiécutionen grand exigeait des capitaux, Senefelder abandonna cette en*treprise. Il se mit donc à écrire à rebours sur une planche de cuivre polie, enduite du vernis ordinaire à Tusage des graveurs à Teau-forte. C'est pourtant ce projet extravagant de remplacer la typographie par la gravure & Teau-forte qui le mit sur la voie de son importante découverte I Lorsqu'il eut acauis assez d'habileté pour copier h la main la forme approchée des caractères d'imprimerie, il s'aperçut qu'il était bien diiScile d'écrire une page entière sans faire de fautes. Pour les corriger, avant de répandre le mordant, il imagina, à force d'essais, un vernis composé de cire et de savon mêlés avec du noir de fumée, et délayé dans de l'eau, dont il recouvrait les passages à corriger pour écrire de nouveau par-dessus. Il obtint enfin des épreuves qui lui donnèrent quelque espoir. Mais les planches de cuivre étaient trop chères pour les accumuler: Senefelder voulut se servir de la même pour un second essai. 11 eut beaucoup de peine pour' effacer les empreintes de l'eau-iorte, et encore plus à lui rendre le poli convenable : la pierre dont il se serrait étaittrop rude. En en cherchant une autre, il iomta sur une sorte de pierre calcaire. Quoiqu'elle ne pût servir à l'usage Ju'il en voulait faire, il résolut néanmoins 'en tirer parti.
Senefelder avait entendu dire qu'on pouvait graver à l'eau-forte. sur Ces pierresaussi bien que sur le cuivre et le fer. Elles étaient plus faciles à polir, beaucoup moins coûteuses : il se décida donc à exécuter ses premiers estais sur une pierre qu'on nomme, k Munich, pierre de Solenbofen, et dont on se sert pQur carreler les appartements.
Sen€ffelder ne pensait poirtt alors qu'on pourrait jamais imprimer avec ces pierres : son seul but était d'exercer sa main. Cependant, s'étant aperçu qu'il était plus facile d'écrire sur la pierre que sur le cuivre, et qu'on y formait beaucoup mieux les caractères, il chercha s'il était possible d'en obtenir des empreintes. S'en étant procuré d'assez fortes pour n'avoir pas à craindre de les voir éclater, il ne lui restait plus qu'à trouver le moyen de leur donner un poli plus parfait, et de composer un noir qu'on pût enlever plus aisément que celui qu^on emploie pour la taille-douce. Tous ses essais de gravure en creux sur la pierre, à la manière de la taille-douce, ne donnaient pourtant que de faibles résultats; et Senefelder avoue qu'il serait revenu aux planches de cuivre dès que ses moyens le lui auraient permis, lorsque le hasard lui procura la plus étonnante découverte. Voici comment il la raconte :
a Je venais de dégrossir une planche de pierre pour y passer ensuite le mastic el continuer mes essais d'écriture à rebours; alors ma mère vint me dire de lui écrire le mémoire de linge qu'elle allait faire laver; la blanchisseuse attendait impatiemment, tandis que nous cherchions inutilement un morceau de papier blanc. Ma provision se trouvait épuisée par mes épreuves, et mon encre ordinaire desséchée... Je pris mon parti, et j'écrivis le mémoire sur la pierre que je venais de débrutir, en me servant à cet effet de mon encre, composée de cire, de savon et de noir de fumée, dans l'intention de le copier lorsqu'on m'aurait apporté du papier. Quand je voulus essuyer ce que je venais d'écrire, il me vint tout d'un coup l'idée de voir ce que deviendraient les lettres que j'avais tracées avec mon encre à la cire en enduisant la planche d'eau-forte, et aussi d'essayer si je ne pourrais pas les noircir comme on noircit les caractères de l'imprimerie ou de la taille de bois pour ensuite les imprimer. Les essais que j'avais déjà faits pour graver à l'eau-forte m'avaient fait connaître l'action de ce mordant relativement à la profondeur et à l'épaisseur des traits, ce qui me fit présumer que je ne pouvais pas donner beaucoup de relief à ces lettres. Cependant, comme j'avais écrit assez gros pour que l'eau-forte ne rongeât pas à l'instant les caractères, je me mis vite a l'essai. Je mêlai une partie d'eau-forte avec dix parties d'eau, et je versai ce mélange sur la planche écrite; il y resta cinq minutes à la hauteur de deux nonces. J'avais eu la précaution d'entourer la planche de cire, comme le font les graveurs en taille-douce, afin qu'il ne se répandit point. J'examiuai alors l'effet opéré par l'eau-forte, et je trouvai que les lettres avaient acquis un relief à peu près d'un quart de ligne, de manière qu'elles avaient l'épaisseur d'une carte, » etc.
Ainsi, la lithographie était inventée. Senefelder fit un tampon pour encrer sa planche, et s'aperçut qu'il fallait une force bien
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DES INVENTIONS
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uioiodre pour ioiprimer sur cette gravure en relief qae sur l'ancienne gravure en j'^ux. Peûsant que sa méthode pouvait serr.r ulilement à la reproduction de la musi- •p^ ii en lit voir quelques épreuves au mu* 5(iead« la cour, (jl«issner, avec lequel i) j;i:iiia la première lithographie, en 1796, (jjr rimpression musicale. Il inventa plu<- Mciirs sortes de presses, qui diffèrent peu de i<;ies dont 00 se sert actuellement. Vers le 'lAjie temps, un M. Schmit réclama la pro- .étédinrention, qu'il devait, dit-il è Texaicii d'une pierre tumulaire, sur laquelle les . iU'^i étaient gravées en relief. Mais ses h>âis consistaient plutôt en pierres forterat gravées à;* la pointe pour être impri- 'M à la façon des gravures sur bois. Les r:>jl:ât5 ea étaient si imparfaits, que Stei- :r,airecteur du dépôt des livres destinés ii^ écoles, ami intime de Scbmit, résolut tdide s adresser à Senefelder; et ce fut: .Sina ce protecteur que celui-ci put donner '^certaine exiension à sa découverte. L*in* l'iiiKi) dts crayons y mit le sceau, et un 1" iienir allait s*ouvrir devant cet art in-
1111799, le roi de Bavière accorda un pri-
^^^.lïIclusif pour 15 ans à Senefelder et
i^jàsiociéGleissner. André d'Otfenbach,
^^'Oïdiiteur de musique, ayant eu connais-
ir^.t :e celte impression, pria Senefelder
^f>} enseigner la lithographie dans toute
>wccii(lue, moyennant une somme propor-
•'<:<«^àson importance. L'artiste neseût
^-* iner. Une imprimerie lithographique
'i^i^'UTite en activité à OiTenbadK £n 1800,
>(iWdder se rendit à Londres, afin de de-
-atilt^rpour André un brevet d'invention.
I^l^ifUD fière d'André vint à Paris pour
'O^fue objet. Les deux brevets furent ob-
^^ui;mais les produits de ces deux établis-
"(lenli lie furent pas satisfaisants. Cependant
'l'priOieried'Oa'enbach prospérait, et devint
' '^wenommée. A Vienne, Senefelder reçut
«•uouveau brevet, qu'il céda en 1800 à
J^qiersoime avec laquelle il avait fait un
lUrai désavantageux. 11 revint avec son
«wGleissnerà Munich, oii, en société
•'^t; le baron d*Aretin, ils formèrent une
rude imprimerie lithographique, des pres-
^'ddaquelleon vit sortir des dessins de
'"•Vqui simblaient fraîchement produits
i'fi^ciayûn deTartisle. Avec l'autorisation
'*»nfeijleur, les imprimeries lilhographi-
^^ieDJuliipHèrent dans la capitale de la
*^"ère:le frofesseur Milterer enseignait
'tde dessiner au crayon sur la pierre ; le
orou d'Arelin et M. Manlich faisaient co- .
■" par d'habiles mains les principaux
Wi-d\ïjyvre des maîtres de peinture ; en
-^t^t' icujps l'invention nouvelle se répan-
^^ daus le reste de TAIlemagne. Bientôt
«i« lui connue du monde entier.
Uaiffiiede Lasleyrie fut le premier en
™ce qui comprit rimporlance d'une dé-
^'^^erte que des essais imparfaits avaient
^»Merupêché d'apprécierà sa valeur. Vers
^1^, il fit plusieurs voyages en Allemagne,
^ le bttt de recueillir les renseignements
nécessaires pourarriverà pouvoirnaturaliser l'invention de Senefelder. A la même époque, M. Manlicti Offrait à la classe des beaux^arts de rinslitut un choix d'estampes lithogranhiées d'après Albert Durer et Raphaël. En 1814, M. Thierscb faisait hommage au même corps d'une collection remarquable de portraits des plus célèbres artistes allemands» ce qui n'empêchait pas le ministre de refuser au même instant à M. Manlich l'auturisalion et les-encouragements nécessaires pour fonder un établissement lithographique è Paris. C'était pourtant dans le cours de celte même année que, grâce aux efforts persévérants de M.deLasteyrie,lalithographiedevait s'introduire en France, M. de Lasteyrie poussa le zèle jusqu'à s'astreindre aux travaux d*un simple ouvrier, et, après avoir sacritié des mois entiers et des sommes considérables à l'étude et au perfectionnement de Tari, il établit à Paris une imprimerie. Les taleni^ les plus distingués lui prêtèrent leur appuis et le- public uut h leurs travaux combiné» l'avantage de pouvoir obtenir à très-bas |)rix des dessins originaux des artistes en faveur. Une nouvelle application de l'art força entin l'autorité à lui accorder l'attention qu'il méritait. M. Lasteyrie mit en usage I atftographie. (Foy. ce mot.) Un recueil des lettres inédites et autographes de Henri iK, précédé d'un portrait de ce roi , dessiné sur pierre par Gérard , et dont le premier exemplaire fut présenté au ministre de rintéi'ieur, valut à M. de Lasteyrie deux brevets d'honneur et l'offre d'un privilège exclusif pour toute la France, pendant quinze ans. M. de Lasteyrie refusa noblement le privilège qui lui assurait d'immenses bénétîces.
Sur ces entrefaites, Engelmann, natif de Mulhouse, avait eu connaissance, en 1814, des procédés de Senefelder par quelques épreuves que M. £d. Kœchlin avait rapportées d'un voyage en Allemagne, et la même année il fonda un établissement lithographique dans sa ville natale. Le 20 octobre 1815^ il avait adressé à la Société d'encouragement un rapport sur cet art accompagné du produit de ses presses. En 1810, il transporta ses ateliers à Paris, et contribua puissamment aux progrès de la lithographie par la publication d'ouvrages nombreux et pleins de goût. Voulant entin joindre ses efforts à ceux des particuliers, le gouvernement donna à M. Marcel de Serres la mission de parcourir l'Allemagne f)Our s'y initier dans tous les secrets de la lithographie ; et les mémoires de ce savant, insérés dans les Annales^les Arts et des Manufactures répandirent dans tout le royaume Ja théorie et la pratique de l'art nouveau; les dessinateurs, écrivains et imprimeurs formés dans les établissements de M.deLasteyrieetd'£ngelmann(mortenl839), trouvèrent en province des élèves et des émules. A partir de 1818, l'autopité délivra beaucoup de brevets d'imprimeurs, dont le nombre limité jusqu'en 1830, s'est considérablement accru depuis celte époque, et il u'est pour ainsi dire pas une ville un pea
Sfâl
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importante en France qui u*aii aujourd*liui un établissement lithographique. Senefeider put (loue jouir de la gloire de sa découverte; qu'il vit apprécier à sa juste valeur. Depuis 1810, il était directeur d*un atelier lithographique fondé par le gouvernement bavarois. 11 mourut le 26 février 183^.
L*arl de la lithograf)hie se compose, comme on le voit, de parties très-distinctes : le dessin et récriture confiés à l'artiste ; l'impression, qui regarde l'ouvrier. L'artiste exécute son travail sur une pierre yren/c, c'est-à-dire frottée contre une autre pierre semblable avec un sablon très-fin, jusqu à ce que sa surface soit bien unie. Â l'aide d'nine encre savonneuse ou de crayons gras spéciaux, préparés à cet effet, il dessine à rebours sur cette pierre comme il le ferait surdu.papier, en la préservant soigneusement de tout frottement et en évitant d'y laisser tomber aucune matière étrangère. Son œuvre achevée, il livre sa pierre à l'imprimeur. Celui-ci commence par fixer le dessin sur la pierre en l'arrosant d'un mélange d'eau et d acide nitrique qui, à dose convenable, décom-
Eose le corps savonneux et le rend insolnle à l'eau. On l'enduit ensuite d'une solution gommeuse ; et l'ouvrier peut alors en tirer des épreuves, en mouillant sa pierre è chacune d'elles ; l'eau humecte la pierre aux parties blanches et se relire des parties dessinées; le rouleau, par la raison inverse, profilant de l'affinité qui existe entre le crayon de la pierre et l'encre qui le couvre, en décharge sur le dessin, qu'il fait pour ainsi dire ressortir, tandis qu'éprouvant une sorte de répulsion pour l'eau qui humecte le reste de la pierre, il n'y reste aucune trace. Le papier pressé sur cette pierre ne peut donc prendre du noir que sur les parties dessinées qui seules 6ui retenu de l'encre. Telles sont les lois sur lesquelles se fondent les procédés d'impression lithographique.
Les pierres lithographiques viennent pour la plupart d'Allemagne : celles qui sont connues sous le nom de pierres de Munich^ passent pour les meilleures, quoiqu'on en ait trouve de bonnes en France, aux environs de ChAteauroux et dans d'autres endroits.
Nous avons vu qu'à ses débuts en France, la lithographie ne fut reçue qu'avec beaucoup de difilicultes. Le mystère aui entourait la nature de l'encre etducrayon,! ignorance du principe sur lequel reposait l'invention, l'inquiétude qu'inspirait aux artistes la disparition complète de leui;; œuvres sous une préparation chimique dont ils s'expliquaient mal les effets, la défectuosité des premiers résultats, les tâtonnements qui fatiguent, les accidents qui découragent, furent les causes de ces retards. Mais lorsque, répondant à la voix de M. de Lasteyrie, les Yernet, les Isabey, les Michalon, les Bonnington se furent aventurés dans la carrière, ce fut bientôt un engouement parmi les artistes et parmi les amateurs. Les premiers, ravis de pouvoir, comme par enchantement, multiplier leurs
compositions les plus fantasques sans U secours d'une main étrangère; les seconds, non moins enchantés de pouvoir acheter pour le prix d'une détestable gravure un ouvrage sorti de la main même d'un maître. Car la lithographie a cet avantage d'être le jet immédiat de l'artiste. La pensée que sa tète a conçue, sa main Ta exécutée et la f )resse l'a reproduite aussi fidèlement que le miroir iait d'une image. Que de noms justement célèbres n'auraient été connus que bien tardeti)ien Incomplètement sans la litbo^ graphie 1 Quel burin assez hardi, assez vif, assez spirituel, assez tendre, eût pu nous rendre ces admirables grognards, ces Jean- Jean si drôles, ces enfants si jolis de Charlet et de bellanger, ces femmes si gracieuses de Devéria, ces singes si gravement risibles dé Decamps, ces paysages, ces sujets si variés de Villeneuve, de Léopold Robert et de tant d'autres qu'on pourait citer 1 La lithographie à créé pour ainsi dire la caricature. Pour l'impression de la musique, elle a Tavantage de ne pas tacher les doigts loi-squ'on les passe dessus. Elle restera aussi comme modèle de dessins pour la figure, l'ornoment, le paysage; car l'élève y retrouve exactement le crayon du maître et n'a qu*à copier scrupuleusement ce qu'il voit, chose impossible sur un' modèle gravé. Mais il faut avouer que la lithographie manque de sévérité dans les grandes choses et de finesse dans les petites. Si par son apparence elle séduit le vulgaire, elle choque souvent le connaisseur; et c'est à tort, comme sans succès, qu'on a voulu lui faire remplacer la gravure d'encadrement et la vignette destinée à l'illustration des livres. Cependant de nombreux perfectionnements ont été tentés, et plusieurs ont réussi. Par l'application d'un fond légèrement teinté en bistre, on a imité à peu de frais le papier de Chine. Elle sert encore à imprimer des papiers de couleurs les plus variées avec les dessins les plusriches etIesplusdélicats.M. Girardet,en 1831,etplustard,M.Philippon, ont cherché le polytypage des lithographies, c'est-à-dire qu'ils ont voulumouler en plomb des emrprei rites prises sur le relief des pierres afin de les faire imprimer sur la presse tjrpographique. Les essais de ce dernier, qui avaient semblé satisfaisants, n'ont cependant pu réussir à l'épreuve du temps. M. Philipon a été plus heureux dans l'imitationdu crayon blanc avec toutes ses dégradations, procédé dans lequel il s'est montré supérieur aux Anglais. Enfin, un sieur Ulmaudel vient, à ce qu'on assure, d'inventer un procédé gui reproduirait un lavis original aussi facilement que la lithographie primitive reproduit le crajon.
Bien que l'engouement pourla lithographie soit un peu passé, on ne peut révoquer en doute 1 influence exercée sur le goût du dessin en France par les brillantes reproductions dues au talent souple et facile de MM. Grevedon, Aubry-Lecomte, Léon Noël»
Maurin^ etc., etc.
La lithographie fait une concurrence assez
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DES INVENTIONS
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ta»
KiîTe àJa typographie et h la taille-douce \mT Timpressioa des écritures. Quoique lias leDte et plus chère que la première» elle ui est cependant préférée pour les petits tira* c»« pour les têtes de registres, et notamment (vur)eslettresd*invitation,lesbilletsdefaire« [«ru les circulaires. Mais, pour les tirages ftofiibreui. pour les prospectus, et pour tijQi ce qui oemande netteté, célérité et zniid^i économie, la t^^pographie conserve la sivfriorilé. Dans les travaux communs, elle '•: {lus eipéditive 'et moins coûteuse que .j taille-douce , mais elle perd ces deux naotâges si elle veut lutter de beauté dans kVieoiilioD.
0>iflme le typographe et l'imprimeur en uilHloace, limpnmeur lithographe est •Hjfflis aux lois q[ui régissent la presse, et i^reJDt, depuis 1815, au dépôt préalable et i \ê demande d'autorisation des estampes cjll veut publier.
A Fèlranger, la lithographie est cultivée
)ît SDccès dans la capitale de l'Angleterre,
aBniielleset surtout à Berlin, qui possède,
ufoifltde ?ne de l'art, une incontestable
>«ptriûn(é. Munich est l'atelier central des
"<(itre{açons de tout ce qui se publie en
inc<eeten Angleterre. Le bon marché des
'^'àsions lithographiques a donné nais-
•*^ian grand nombre de journaux en-
* >f)tti leurs abonnés des dessins de toute
i>^j.xDes exportations considérables de
>''^phies eu noir ou coloriées ont lieu
'VJaBelgiane, la Hollande, la Russie et
•*jir les différents Etats des deux Améri-
!%.Uais ces envois étant confondus dans
'? tableaux de douanes avec ceux des gra-
'^fes,Dous regrettons de n'en pouvoir indi-
'.'"tf ici le chitTre (!}.
liTHOTRITlE, ou mieux lithotripsib ■«r ce mol se compose de \i9oç^ pierre, et de 'A [broyer], et non pas de tritus [tero troyer], — Opération par laquelle les calculs Jnoaires sont saisis et pulvérisés, dans la |cssie, au moyen d'instruments introduits itf les Toies naturelles, sans incision ni ef- '11^100 de sang comme dans la lithotomie ou' ^^*^^ et aussi sans aucune des chances de ^^ immédiate, presque inséparables de ^^le dernière opération. Dne sonde d'un H^en calibre est introduite dans la vessie; •^îla partie la plus douloureuse de Topéi'tûa;puis, par un mécanisme intérieur, '^^Ds que le malade en ail la conscience, ■^pierre est saisie et divisée. Hâtons-nous ^i^4ire cependant, la lilhotritie ne saurait ^'^ tous les ca5 remplacer la taille, bien ^ celle-ci dût devenir probablement do ;^^eD plus rare, si raiTection calcuieuse, j^Oûueàune époque voisinede son début ^Neslops attaquée par l'action combinée *'* ifaitement intérieur et du broiement, «û croire les détracteurs ou les plagiaires ' 7 '"^portante découverte, on aurait songé l^^i^plus haute antiquité, à détruire mé- "^^QemeDtleftcalculsvésicaux. Les Arabes
<,H^ article est tiré de YEneyelopidle des gem
auraient inventé et appliqué avec succès des appareils instrumentaux pour cet objet. Fabrice de Hildan, chirurgien du xii* siècle, aurait proposé une sonde s'ouvrant en trois branches pour aller saisir la pierre dans la cavité vésicale. Eh bienl l'examen des textes a démontré que cesinventions si lumineuses se ré^luisent a l'extraction des petites pierres engagées dans le canal de l'urètre. On rapporte encore quelques histoires incomplètes et obscures de malades qui auraient euxmômedétruit la pierre, dans leur propre vessie, au moyen de sondes terminées par une lime, par un ciseau tranchant; mais rien n'établit d'une manière satisfaisante qu'avant le premier quart de ce siècle on ait vu au-* cune tentative sérieuse pour arriver à un pareil résultat. En 1812, M. Gruithuisen, médecin bavarois, imagina un appareil destiné à perforer la pierre- en différents sens, afin de favoriser l'action de liquides dissolvants que l'on devait injecter dans la vessie. C'était une sonde droite, avec une anse de fil métallique, propre à embrasser et à fixer le calcul. Un foret qui faisait saillie à l'extrémité de la sonde avait pour objet de perforer la pierre, et devait être mu par un archet. On doit à M. Gruithuisen, et plus tard à M. Amussat, la démonstration de ce fait Qu'on peut introduire dans la vessie et y faire manœuvrer des instruments rectilignes. Mais l'appareil du savant allemand n était pas de nature à pouvoir être appliqué, et lui-même n'a pas donné suite à ses travaux. Quatreans plus tard, M. Elgerton, chirurgien écossais, publia un dessin représentant un instrument destiné à user fes calculs au moyen d'une râpe. En 1822, enfin, M. Leroy d'Etiolles présenta k l'Académiede médecine un appareil pour le broiement de la pierre, en même temps que M. Amussat faisait connaître à la môme compagnie son briêe-pierre à encliquetage. Alors M.Civiale, qui le premier, iJ est vrai, pratiqua le broiement delà pierre sur l'homme vivant, éleva des réclamations de priorité, que l'Académie des sciences a jugées définitivement en faveur de M. Leroy d'Etiolles en 1825. M. Heurteloup et plusieurs autres chirurgiens français, parmi lesquels il faut mentionner M. le docteur Ségalas, firent successivement des perfectionnements aux appareils et aux procédés de cette opération toute française, et l'inventeur lui-même a marché plus activement que personne dans cette voie d'amélioration.
Laissant aux traités spéciaux et aux rapports de l'Académie des sciences les descriptions minutieuses et l'histoire nolémiciue de cette belle découverte, nous allons l'exposer telle qu'elle est au moment ott nous écrivons, après que depuis plus de vingt ans elle a déjà rendu de grands services à l'hwmanité, et qu'elle a pénétré à peu près partout où il y a des chirurgiens.
li'abord, une pince à trois branches renfermée dans une sonde, s'ouvrait lorsqu'elle était introduite dans la vessie, saisissait le calcul et le fixait solidement : alors un trépan mu par une manivelle, puis par un ar
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DICIIOKNÂIRC
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cliet, le perçait d*oulre en outre. On Tabandounait ensuite pour le saisir et ]e perforer de nouveau, jusqu'à ce que, criblé en tous sens, il se rompit en frag(uf*nts, qu'on reprenait chacun à son tour, au point de les réduire en une poudre grossière, que les urines entraînaient avec elles Plus tard, après une première percée cylindrique, on ftisait agir des limes qui, usant le calcul de dedans en dehors, le convertissaient en une coaue facile à réduire en petit.^ fragments. C est ainsi (|ue furent pratiquées les premières opérations. Beaucoup d*appnreils accessoires forent inventés pour faciliter l'opération, tojs que des lits et des fauteuils pour placer et maintenir les malades, des étaux pour fixer rinstrumertt-iilhotrileur et prévenir les secousses et les ébranlements, etc. Des succès brillants furent obtenus, et les échecs ne purent guère être attribués qu*à ceux qui compromirent la litbotritiedans des cas aux-
auelselle ne convenait point. Dans beaucoup e circonstances, les résultats ont été véritablement merveilleux, et l'on a vu des malades débarrassés de leur calcul en une seule séance, lorsqu'ils croyaient n'avoir subi qu'une simple exploration; d'autres guéris par un petit nombre de tentatives qui ne les empêchaient pas de se rendre h pied chez l'opérateur et de se livrer à leurs occupations ordinaires. L'opération de la taille, dans les conditions les plus favorables, tient le malade alité au moins pendant quinze ou vingt jours.
Le but était atteint. On voulut obtenir toujours la même rapidité : alors on passa du principe du broiement et de l'usure à celui de l'écrasement, le seul qu'on emploie à présent. Il est curieux de suivre le travail de l'invention et de voir l'idée la plus simple ne se montrer, comme toujours, qu'après de longs tâtonnements. Dans celle seconde époque de la lilhotritie se présentent deux périodes distinctes : celle de l'écrasement opéré par deux pièces mobiles rapprochées l'une de l'autre par une vis de rappel, et celle de la percussion, dans laquelle la pierre, engagée entre les mors d'un Instrument qui la prend d'avant en arrière, se trouve brisée par des coups frappés sur la portion extérieure. On a môme construit des appareils qui réunissent les deux S3'Stèmes, et qui permettent de les employer suivant le degré île dureté du calcul sur lequel on est appelé à opérer.
La lilhotritie, si simple dans quelques circonstances, présente aussi sesdifliculiés : le volume et la dureté extrême de la pierre, l'état maladif de la vessie ou de la prostate, l'élroitesse du canal de l'urèlre, etc. Pendant l'opération elle-même, les instruments peuvent être gênés dans leur jeu par le délrit^us dû calcul ou par des fragments qui s'introduisent entre les pièces mobiles. Mais ces obstacles n'arrêtent pas une main bien exercée. Nous ajouterons que la lilhotritie peut être et a été utilement appliquée aux calculs engagés dans l'urètre, lesquels érigeaient autrefois Tincision de ce canal; et
3ue cette opération a pu être pratiquée sur es enfants extrêmement jeunes, qui ne sont pas, comme on le sait, exempts de l'alTection calculeuse.
Les précautions générales sont celles qu'on doit prendre avant, pendant et après toutes les opérations chirnrigicales.
Nous ne croyons pas mieux terminer ces notions, extraites de \ Histoire de la Utkotri^ tie par.M. le docteur Leroy d'Etiolles, ouvrage remarquable par la clarté et la bonne foi, qu'en donnant I appréciation judicieuse qu'il fait lui-même de cette opération, dont il précise les limites : « La lilhotritie, pour une pierre petite, dans une vessie saine, est, dit-il, une opération simple, facile, point dangereuse quand elle est bien faile, et en général peu douloureuse. Plus tard, la pie.Te étant' plus grosse, la douleur et le danger augmentent; plus tard encore, la vessie devenue malade rend le succès douteux, et oblige parfois de pratiquer la taille; enfin, lorsque le mal s'étend jusqu'aux rein:» , ia médecine est impuissante (1). »
LIVRE. — Ecrit composé par quelque por- .sonne intelligente, sur quelques{poinls de science, pour rinstruction et ramusemeni du hecteur.
Isidore met cette distinction entre liber et codeXj que le premier marque particulièrement un ouvrage séparé, faisant seul un toiit à part, et que le second signifie une collection de livres ou d'écrits. (Ism«, Orig.^ lib. VI, cap. 13.) M. Scipion MafTei prétend que codex signifie un livre de forme carrée, et liber un livre en forme de registre. iVoy. Maffei, Histoire diplom.f lib. ii. — Bihtioth. italiq.f ton^ H, p. 2«4. -— Saalbach, De bih vet,9 § 4>. — Rbium., Idea system. ant* Ut^ ter., p. 230.)
Selon les anciens, un livre différait d'une lettre, non-seulement par sa grosseur, mais encore parce que la lettre était pliée, et le livre seulement roulé. [Foy. PrriscH,!. ant,. tom. Il, p. 8kf voce Libri.) Il y a cependant divers livres anciens qui existent encore sous le nom de lettres : tel est [*Art poétique d'Horace.
On allriboe aux Allemands l'inTention des histoires littéraires, comme les joiirnaux, les catalogues, et autres ouvrages où l'on rend compte des livres nouveaux. Et un auteur de cette nation (Jean -Albert Fabricius) dit modestement que ses compatriotes sont en ce genre supérieurs à toutes les autres nations. Cet auteur a donné l'histoiro des Hvres grecs et latins ; Wolûus, celle des livres hébreux; Boëoler, celle des princi paux livres de chaque science; Struvius, celle des livres d'histoire, de lois et de philosophie; l'abbé Fabricius, celle des livres de sa propre bibliothèque; l^imbecins, celle des livres de la bibliothèque de Vienne; Lelong, celle des livres de l'Ecriture; Martène, celle des livres imprimés avant 1550. ÏYoy. Reivb, Bibl. acroat, in prœfàt.f | 1,
(I) Cei ariiclc, emprunté 2i M. F. Rauicr, evirail de VEneyiiopédie desgenê du mond4.
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DES INTENTIONS
UV
SI
P«iÇC 3.— Bo, Ad not. scripi. etcUt.^ cap. *, I 13, pag. I2i et seq.) Mais è cette foule d'autears, sans parler de la Croix da Maine, de Duvcrdîer, de Fanchet, de Colomiez et de nos anciens bibliothécaires, ne
KaTOOS-noos pas opposer MM. Bailiet, ipin, dom Cellier, les auteors du Journal des Mconii, les journalistes de Trévoux, Tabbé Hesfontaines et tant d'autres que nous pourrions re?endiqaer, comme Bajie, Ber* nard, Basoage? etc.
A r^rd de la matière des liTres, on croit que d*abord on grava les caractères sur de U pierre : témoin les tables de la loi, données à If Oise, qu*on regarde comme le plus aocieo lÎTre dont il soit fait mention; ensuite on les traça sur des feuilles de palmier, sur récorce intérieure du tilleul, sur celle de la plante d*Egypte nommée papyrus. Ou se serrait encore de tablettes minces enduites de cire, sur lesquelles on traçait les eanMTtères avec un stylet ou poinçon ; ou de pesai, surtout de celles des boucs et des uMMiUms, dont on Gt ensuite le parchemin. Le plomb, la toile, la soie, la corne, et enfin \t pasner, furent successivement les matières sur lesquelles on écrivit. {Yoy. Calxet, Diu.isur la Gen.; Comment.^ tom. I; 'Dietwm. ii la Bible, tom. I, pag. 310.— Dcpiif, Il 6. dû. ir, pag. 70. Hist. de fAcad. des ijum>.; Biblîoth. ecclés., tom. XIX, p. M^BàKmoiM, De legend.9 tom. 111, pag. 103. —ScMWAMTZ^ Deomam.lib.f diss. 1. — Ueimm, IdmtysL muif Jt//er.,pag. 235, 286 et suiv. -MosTFALcoXt Paléogr., liv. u, chap. 8, pjg. 180et suiv. — GciLANDyPapjfr.memo.,3.) Les parties des végétaux furent longtemps b maaère dont on faisait les livres, et c'est méoie de ces végétaux que sont pris la plu- {'art des noms et des termes qui concernent les livres 9 comme le nom çrec pi€Uç ; les ijoms latins folium, tabula^ Uber^ d'où nous i^oQs tiré feuillet, tablettes, livre, et le mot eQgiais book. On peut ajouter que cette coutome est encore suivie par quelques peuples du Xord, tels que les Tartares kalmouks, cbez I^uels les Russes trouvèrent, en 1721, noe bibliothèque dont les livres étaient d*uoe forme extraordinaire. Ils étaient extitmement longs, et n'avaient presque point de lai^ur; les feuillets étaient fort épais, eompcâs d'une espèce de coton ou d'écorces d'arbres» enduits d un double vernis, et dont récriture était blanche sur un fond noir. [Mém. de CAcad. des belles-lettres ^ tom. V, («£. S et 6.)
ves premiers livres étaient en forme de Uocs et de tables, dont il est fait mention uaos rbistoire sous le nom de sepher, qni a é\é traduit par les Sentantes àl^viç, tables imries. Il semble que le livre de V Alliance, ceîoi de \a Loi, le livre des Malédictions, et celoi du Divorce, aient eu c^tte forme. [Voy. les Commentaires de Calmbt sur la Bibk.)
Quand les anciens avaient des matières un peu longues à traiter, ils se servaient plus (vfomnnément de feuilles ou de peaux cous !!« les unes au bout des autres, qu'on nomcaient rouleaux, appelés pour cela par les
DlCTlQ?l5AUŒ DES iNVESmOTIS. U.
Latins volumina, et par les Grecs x«vMrx«* coutume que les anciens Juift, les Grecs, les Romains, les Perses, et même les Indiens» ont suivie, et qui a continué quelques siècles après la naissance de Jésus-Chnst.
La lorme des livres est présentement carrée, composée de feuillets séparés. Les anciens faisaient peu usage de cette former ils ne l'ignoraient pourtant pas. Elle avait été inventée par Attale, roi de Pergame, à qui l'on attribue aussi Tinvention du parchemin. Les plus anciens manuscrits que nous connaissons sont tous de cette forme carrée, et le P. Montfiiucon assure que de tous les manuscrits grecs qu'il a vus, il n'en a trouvé que deux qui fussent en forme de rouleau. {Palœograp. grœc, lib. i, cap. 4, p. 26. — Keimm, Idea System, antiq. litîer.^ p. 227; Item, p. 2%2. — ScvwAmTZ, De omam. lib., dissert. 2.)
Ces rouleaux ou volumes étaient composés de plusieurs feuilles attachées les unes aux autres, et roulées autour d'un bâton
3u'on nommait umbilicus, qui servait comme e centre à la colonne ou cylindre que formait le rouleau. Le côté extérieur des feuilles s'appelait frons; les extrémités du bâton se nommaient comua, et étaient ordinairement décorées de petits morceaux d'argent, d'ivoire, même d'or et de pierres précieuses, le mot ZvlUCoc était écnt sur le côté exté- * rieur. Quand le volume était déployé, il pouvait avoir une verge et demie de large, sur quatre ou cinq de long. {Voy. Salsmotb, AdPancirolj parlai, tit.xui, p. l«3et suiv. <-• Walb, Parerg. acad., p. 72; — PrnscH, I. i, Ant., tom. II, p. hS. — Babth., i4<lr«rs., tom. XXII, c. 28 et suiv.; Idem, p. 2$i.) Auxquels on peut ajouter |dusieurs autres auteurs qui ont écrit sur la forme et les ornements des anciens livres, rapportés dans Fabricins. (Bibl. antiq. f cbap. 19» | 7» pag. 607.)
A la forme des livres appartient aussi l'arrangement de leur partie intérieure, ou Tordre et la disposition des points ou matières, et des lettres en lignes et en pages, avec des marges et d'autres dépendances. Cet ordre a varié ; d'abord les lettres étaient seulement séparées en lignes; elles le furen t ensuite en mots séparés, qni furent distribués par points et alinéas, en périodes, sections, paragraphes, chapitres et autres divi* sions. En quelques pajs, ecmme parmi les Orientaux, ces lignes vont de droite à gaocbe ; parmi les peuples de l'Oocident et du Nord, elles vont de gauche à droite. D'autres, comme les Grecs, du moins en certaines occasions , écrivaient la première ligne de gauche à droite^ la seconde de droite à gan* che, et ainsi alternativement. Dans d'autres
Kjs les lignes sont couchées de haut en s è côté les unes des antres, comme chez les Chinois. Dans certains livres les pages sont entières et uniformes, dans d'autres elles sont divisées par colonnes, dans quelques-unes elles sont divisées en texte et en notes, soit marginales, soit rejetées au bas de la page, ordinairement elles oortent au bas quelques
ncTioNv\mE
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lellres alphabétiques qui serFenI à marquer le nombre des feuilles, pour connaître si le lif re est entier. On charge quelquefois les pages de sommaires ou de notes, on j ajoute aussi des ornements, des lettres initiales, rouges, dorées ou figurées; des frontispices, des Tignettcs, des cartes, des estampes, etc. A la fin de chaque lifre, on met fin ou /Inîf ; anciennement on y mettait un V appelé coronû, et toutes les feuilles du livre étaient lavées d'huile de cèdre, ou parfumées d'écorce de citron, pour préserver les livres de la corruption. On trouve aussi certaines formules au commencement ou è la fin des livres, comme parmi les Juifs t$io fortii^ que Ton trouve à la fin de V Exode du LivUique^ desNombres^ d'£z/rhielf par lesquels on exhorte le lecteur (disent quelques-uns) à lire les livres suivants. Quelquefois on trouvait à la fin des malédictions contre ceux qui falsifieraient le contenu du livre, et celle de ÏApoctdypte en fournit uu exemple. Les mabomélans placent le nom de Dieu au commencement de tous leurs livres, afin d'attirer sur eux la protection de TÉtre suprême, dont ils croient qu'il suffit d'écrire ou prononcer le nom pour s'attirer du succès dans ses entreprises. Par la même raison, plusieurs Jivres des anciens empereurs commençaient par celteformule: /nnomifuDei. ( Vby. Baeth, Libro legend., dissert. 5, page 106 et sùi v. — MoTiTFÀUGON, Patéogr.^ lib. i, c. 21 . — Rjumm , JdJta syâUm. aniiq. lilUr.^ p. 227, 251. — ScHWARTS, De Ornât, libr.t diss. 2. — Fabbicius, Bibl. grœc.^ lib. x, c. 5, p. 74. — Hkbv^l, c. 22, Alkoran^ sect. ui, p. 59. — Bartbque, lib. citt p. 117.)
A la lin de chaque livre, les Juifs ajoutaient le nombre des versets qui y étaient contenus, et à la fin du Pentaieuque le nombre des sections, afin qu il pût être transmis dans sou entier à la postérité. Les massorètes et les mahomélans ont encore fait plus. Les premiers ont marqué le nombre des mots, des lettres, des versets et des chapitres de TAncien Testament, et les autres en ont usé de même à l'égard du Coran.
Les dénominations des livres sont différentes, selon leur usage et leur autorité. On peut les distinguer en livres humainst c*est-è-dire qui son t composés par des. homlues, et livres divins^ qui ont été dictés par la Divinité même. On appelle aussi celte dernière sorte de livres, livres sacrés ou inspirés.
Les mahométans comptent cent quatre livres divins, dictés ou donnés par Dieu luimême à ses prophètes : savoir, dix à Adam, cinquante h Seth, trente à J£noch, dix à Abraham, un à Moïse : savoir, le Penuieuque tel qu'il était avant que les Juifs et ïeê Chrétiens ne l'eussent corrompu : un à Jésus-Christ, et c'est VEvangiU, à David un, qui comprend les Psaumes ; et un à Mabo* met: savoir, le Coran. Quiconque parmi eux rejette ces livres, soit en tout, soit eu partie, même un -verset ou un mot. est re-
i;ardé comme infidèle. Ils comptent pour marque de la divinité d*un livre, quand Dieu parle lui-même, et non quand d'autres parlent de Dieu à la troisième personne, comme cela se rencontre dans nos livres de Tancieu et nouveau Testament, qu'ils reiettent comme des compositions purement humaines, ou du moins fort altérées. (J'ay. Keland, De relig. Mahomet^ 1. iv, p. 21 et s.;l. XI, p. 26 et 231.)
Litres sibyllins; c'étaient des livres composés par les prétendues prophétesses du paganisme , appelées sibylles , lesquels étaient déposés à Rome, dans le Capitole, sous la garde des duumvirs. (Koy. Lomeieb, De bibl., chap. 13, p. 377.)
Litres canoniques; ce sont ceux qui sont reçus par l'Eglise, comme faisant partie do l'Ecriture sainte. Tels sont les livres de l'Ancien et du Nouveau Testament.
Litres apocryphes ; ce sont ceux qui sont exclus du rang des canoniques, ou faussement attribués à certains auteurs.
Litres authentiques: on appelle ainsi ceux qui sont véritablement des auteurs auxquels on les attribue, ou qui sont décisifs et d'autorité, tels sont parmi les livres de droit, le Code, le Digeste. {Voy. Bacor, De Aug. sctenr., lib. vui, chap. 3. — Works, tome 1, page 257.)
Litres auxiliaires; ce sont ce:ix qoi,quoiquo moins essentiels en eux-mêmes, servent à en composer ou k en expliquer d'autres, comme dans l'étude «des lois, les livres des Institutes, les formules, les maximes, etc.
Litres élémentaires ; on appelle ainsi ceux qui contiennent les premiers et les plus simples principes des sciences, tels sont les rudiments, les méthodes, les grammaires, etc., par od on les distingue des livres d'un ordre supérieur, qui tendent à aider ou à éclairer ceux qui ont des sciences une teinture plus forte. ( Voyez les Mémoires de Trétoux^ année 1734, p. 804.)
Livres de bibliothèque ; on nomme ainsi des livres qu'on ne ht point de suite, mais qu'on consulte au besoin, comme les dictionnaires, les commentaires, etc.
Litres exotériaues ; nom que les savants donnent à quelques ouvrages destinés à l'usAgedes lecteurs ordinaires ou du peuple.
Litres aeroatiques ; ce sont ceux oui traitent de matières sublimes ou cachées, qui sont seulement à la portée des savants, ou de ceux qui veulent approfondir les sciences (Voyez Reimv, Jdea system.ant.litter.f («âge 136.)
Litres défendus; on appelle ainsi ceux qui sont prohibés et condamnés par les évoques, comme contenant des hérésies ou des maximes contraires aux bonnes mœurs {Voyez BiMGHAM, Orig. ecctes.^ lib. xvi, chap. 11, part.iii. — Paas, De tar. mod. mor. tn^a.f c. 3, page 250 et 298. —Diction, uniters. deTrév.^ tom. 111, p. 1509. — Pfaf, Instit. histor. théolog., tome II, page 05 — Herman, Fia ad hist. lut., chap. i, § 63, p. 163.)
Litres publics, libripublici; ce sont les actes des temps passés et des transactioas
DES INVENTIONS
ifdées par antori té publique [Voyez le/Kc- -m. ii Trév., t. I, p. 1509.) Litres Ségliêt; ce sont ceux dont on se ert dans les offices publics de la religion, wine sont le pontificaU Tantiphonier» le radoel, le lectionnaire » le psautier, le iTredéTaDjcile» le missel, Tordinal, le rituel, eproceisioaDal, le cérémonial, le bré?iaire ; >t ^uns l'église grecque, le ménologe, Teu- JN)ioge, le iropriologue, etc. Il y a aussi ifi lirre de paix qu'on porte è baiser au !ifr:é pendant la messe ; c est ordinairement dnredes évangiles.
lirrei deplain-chant ; ce sont ceux qui con- Kooent les psaumes, les antiennes, les i«{ioQs, e! autres prières que Ton chante HijQi sont notées.
UtTti de liturgie : ce sont ceux qui con-
livnnenl,non toutes les liturgies de Téglise
r^^e, mais seulement les quatre qui
"«ni présentement en usage, savoir les litur-
oit^ de salut Basile, de saint Chrysostome,
ttJès des Présanctifiés, et celle de saint Jac-
(4^ qoi n'a lieu que dans TEglisede Jéru-
m, et seulement une fois Vannée (Voyez
ha.lmit. hist. theolog,^ lib. i, y, § 8,
^Jt lii, page 287. — Dictionn, univers, de
^ww,tome III, page 1507.)
leslnres d*égiise en Angleterre, qui
étiffiiea usage dès le milieu du x* siècle,
^«t, selon qu'ils sont nommés dans les
'^fis d'EIric, la Bible, le psautier, les
'."^ TEyangile, le livre de messe, le
'^rtdeplain-cnaut, autrement antiphonier,
teiunuel, le calendrier, le martyrologe, le
I^BiieQtiel, et le livre des leçons. (Voyez
J9ns,Loii eeclie.^ ann. 957, g 21 J
Les livres d*éxlise chez les juifs, sont le
^*?edelaLoi, THagiographe, les prophètes,
''"'- Le premier de ces livres s'appelle aussi
' ^xxi de Ifoiae, parce que ce législateur l'a
"aposé, et le livre de l Alliance^ parce qu*il
catiem Talliance de Dieu avec les Juifs ;
«>os un sens plus absolu, le livre de la loi
s^ifie Toriginal où Tautographe qui fut
iiOQfé dans le trésor du temple sous le règne
kJosias. ^
J^ pent distinguer les livres selon leur v^^moù le sujet qu'ils traitent, eu histori- ;^t qoi racontent les faits ou de la nature i^ <ie rhumanité, et en dogmatiques^ qui ^?^i\\ une doctrine où des vérités généin^. D'autres sont mêlés de dogmes et de *^' on ()eat les nommer histortco^dogma^ •çj'i. b*autres recherchent simplement des *^i^ ou tout au plus indiquent les raisons Jjnev^elles ces vérités peuvent être prou- Jl^^ODime la géométrie deMallet. On peut r^^oger sous la même classe, mais on ^^xi le titre de scientifico-dogmatiques , ymmgesqui non-seulement enseignent * * ^^'^oce, mais encore qui la démontrent ï^f^^ les éléments d'Euclide. ( Voyez Volf, ^7«-Pro(.,sect. 3, chap. 1, J7.)
^«mpon/i/icattar, Hbri pontificales: c'é- Zui ^^^^ *®* Komains les livres de Numa W I Î^S^rdés par le grand prêtre, et dans i^m étaient décrites les cérémonies des *^' ««» sacriftces» ies prières, et tout ce
qui avait rapport à la religion. On les appelait aussi xndigitamenia^ parce qu'ils ser* valent, ponr ainsi dire, à désigner les dieux dont ils contenaient les noms, aussi bien que les formules et les invocations usitées en diverses occasions {Voyez Lomeier, De bibl.f chap. 5, paee 107. — Pitisch, Ant.f t. Il, p. 85, voce Ltori.)
On peut encore donner une division des livres a après la matière dont ils sont composés, et les distinguer en :
Livres en papier qui sont écrits sur du papjer fait de toile ou de ci)ton, ou sur le papyrus des Egyptiens; raaisilen reste peu d'écrits de cette dernière manière. (Voyez MoMTFAUCON, Paléographie greeq.t lib. i, cb. 2, page 14.)
Livres en parchemin, libri in membrana^ ou membranœ^ qui sont écrits sur des peaux d'animaux, et principalement de moutons.
Livres en toile, libri lintei^ qui chez les Romains étaient écrits sur des blocs ou des tables couvertes d'une toile. Tels étaient les livres des sibylles et plusieurs lois, les lettres des princes, les traités, les annales. (Voyez Plih», Histor. nat.^ lib. xiii, c. 12. -« DBiiPSTBE,|ad Aom., lib. ui, c. 24. — LoiiBin» De bibl. c. 6, p. 166.)
Livres en cuir, libri in coriOf dont fait mention Ulpien. (Lit. 52, ff. De leg. 3.) Gui* îandus prétend que ce sont les mêmes que ceux qui étaient écrits sur l'écorce différente de celle dont on se servait ordinairement, et qui était de tilleul. Scaliger pense plus pi'obablement que ces livres étaient composés de feuilles faites d'une certaine peau, ou de certaines parties de peaux de tiêtes, différentes de celles dont on se servait or* dinairement, et qui étaient les peaux ou les parties de la peau du dos des moutons. (Gni- LAND, Papyr. membr. i\\ n. S. — Salmoth, ad Pancirot^ part, ii, tit. 13, p. 252. — Sgaugbii, adGuilanu^ p. 17. — Pitisch, Lib. atU., 1. 11» page 84, voce Libri.)
Livres en bois, tablettes, libri in sehedis : ces livres étaient écrits sur des planches de bois ou des tablettes polies avec le rabot, et ils étaient en usage chez les Romain. (Voyez PrriscH, loco eitato.)
Livres en cire, libri in ceris^ dont parle Pline : les auteurs ne sont pas d'accord sur la matière dont étaient faits ces livres. Hermol Barbare, croit que ces mots in ceris^ sont corrompus, et qu'il faut lire in sehedis^ et il se fonde sur l'autorité d'un ancien manuscrit. D'autres rejettent cette correction, et se fondent sur ce qu'on sait que les Romains couvraient quelquefois leurs planches ou schedœ d'une légère couche de cire, afin de faire plus aisément des ratures ou des corrections, avantage que n'avaient point les livres m sehedis^ et conséquemment ceux-ci étaient moins propres aux ouvrages qui demandaient de Véléganee et du soin, que les livres en cire, qui sont aussi appelés libri cerœ ou cerei, (Voye:^ Pitisch, ubi supra,)
Livres en ivoire, libri elephantini: ce* livres, selon Turnèbe, étaient écrits sur
bandes ou des feuilles d'ivoire. {Voy. Sal- BiDTH, ad Pancirolf part, ii, tit. 13, p. 255. — GciLANDy Papyr.membr.f ii, n. 48. J Selon Scaliger [ad Guilandf p. 16), ces livrer étaient faits d'intestins d'éléphants. Selon d'autres, c'étaient les livres dans lesquels étaient inscrits les actes du sénat, que les empereurs faisaient conserver. Selon d'au^ très, c'étaient certaines collections volumineuses en trente-cinq volumes qui contenaient les noms de tous les citoyens des trente-cinq tribus romaines. (Fabaicius, Descript. urh.^ c. 6. — Donat, De tirfr. roi»., lib. II, chap. 23. — Pitisch, Ant.)
Outre les livres innombrables qui composent les bibliothèques de Paris et du département de la Seine, et dont la statistique est connue de tout le monde, voici le tableau des bibliothèques publiques des départements, d'après des documents officiels recueillis en 1853 et 1854:
NOMS des
NOMS des