LUI
dighonnâiue
LIM
comme un chariot ; sur cette plaque^ les douze limes sont posées et maintenues par deux règles d*acier portant chacune douze entailles dans lesquelfes sont logés les bouts des limes ; 3* d*une vis de rappel qui fait aller et venir le chariot , lorsqu'on tourne, dans un sens ou dans 1 autre, une grande roue de tour, dont la corde embraSs^e une poulie de 85 centimètres de diamètre, fixée sur une ris sans fin qui fait tourner la vis de rappel ; k'* de douze bras en fer armés chacun d*un ciseau et articulés à une même traverse, soutenue vers ses extrémités par deux colonnes fixées sur le tas ; les ciseaux peuvent prendre les inclinaisons nécessaires pour le croisé des tailles ; 5"* de douze marteaux placés au-dessus des bras de ciseaux, et dont les manches sont fixés h une même traverse montée sur pivots entre deux poupées également assujetties sur le tas de lonte. Cette traverse est armée, vers le milieu de sa longueur, d'un fort bras ou levier de fer qui se prolonge du côté opposé aux manches des marteaux, jusqu*à une roue montée sur la vis de rappel et portant à sa circonférence des cames en forme de rouleaux qui abaissent par reprise l'extrémité du levier au moven a un pian incliné fixé à son extrémité ; de sorte qu'en même temps qu'on fait tourner la vis sans fin qui conduit le chariot de limes, on fait frapper les douze marteaux sur les ciseaux autant de coups par chaque tour de vis qu'on a mis de cames sur la roue ; et pour augmenter et diminuer la force des coups de marteau, suivant la profondeur des tailles qu'on veut obtenir, il suffit d'incliner plus ou moins le plan qui termine le levier que chaque came fait baisser en passant. Lorsaue la première taille est faite, on incline les ciseaux dans le sens opposé, ainsi que le plan qui termine le bras du levier des marteaux ; puis on fait tourner la vis de rappel en sens contraire, et la seconde taille s'opère à mesure que le chariot rétrogradejM. Petit-Pierre a composé sa machine pour tailler les limes depuis huit jusqu*à dix-neuf centimètres de longueur, et pour obtenir les variétés de tailles, demi-rude, demi-douce, fine et superfine, à volonté. Lorsque cette machine sera disposée pour travailler en manufacture, l'auteur présumequ'unbon ouvrier pourra tailler, par son moyen et à l'aide d'un moteur, cent a cent cinquante limes par jour. (Société d'encouragemeni^ t. XIII, p. 51 ; Annales des Arts et Manufactures^ 1. 1", p. 62. Deuxième collection fil.)
LIMES (Fabrication des). — Ces oulilj «ont de, forme, de dimension et de taille difi'érentes. On s'en sert pour dresser, ajuster et polir à froid la surface des métaux durs, tels que le fer, la fonte, l'acier et le cuivre. Les limes, jpour être bonnes, doivent être faites du meifleur acier possible, qu'on trempe à toute sa force, et qu'on ne fait point revenir. Les grosses se font avec de Tacier naturel ou de cémentation. Les petites sont
(t) Cet article est tiré du Dicliotmah^ des déçoit' nerles.
ordinairement d'acier fondu. Cbaaue lime a une queue en soie, proportionnée à la grandeur de l'outil destiné à recevoir un manche au moyen duquel l'ouvrier l'applique et la promène en l'appuyant sur le métal qu'il veut travailler. Il a soin, avant de l'emmancher, d'en faire recuire ou revenir la queue, afin de ne pas s'exposer à la voir se rompre. Ce recuit se donne au mojen d'une forte tenaille de forge, qu*on fait chauffer au rouge, avec laquelle on presse la queue de la lime
{'usqu'à ce qu'on voie paraître une teinte >leue. *
C'est par leurs formes qu'on désigne les diverses sortes de limes. On dit un carrelet, un tiers-point y une demi-ronde j une queue deratf une plqte â ntam, pointue ou farge, une feuille de sauge^ une lime en paille ou fagon d^Allemagne^ etc., pour dire qu'elles sont carrées, à trois angles, plates d'un côté et rondes à l'autre, rondes, mi-plates à côté, convergentes ou parallèles, à faces convexes, à section rectangulaire et grosse taille.
Les grosses limes sont moins variées de forme et de taille; on ne fait que des rectangulaires, des demi-rondes, des triangulaires, des queues de rat, façon diie anglaise^ avec forte, moyenne et fine taille, qu'on désigne ordinairement par bâtarde^ demi-bdtarde et douce taille, les limes façon d'Allemagne à grosse et movenne taille se vendent en paauets enveloppés de paille, ce qui leur a rait donner le nom de limes en pailles. Il y a des paquets d'une, de deux et de trois, actuellement 1 fr. 80 à âfr.
Le manque en France d'acier propre à la fabrication des unes et des autres de ces limes nous a rendus jusqu'à présent tributaires de l'industrie étrangère, surtout pour celles de première qualité de façon anglaise et môme d'Allemagne. Nous devons cependant en excepter les petites limes à usage des horlogers, que Raoul fabrique à Paris, et qui sont, au dire de tout le monde, supérieures à tout ce qui existe. Celles des premiers fabricants de Sheffield, Marshall et Hariott, blauchissent presque aussitôt sur des scies d'acier fondu, tandis que les limes de Raoul résistent très-bien et long-temps. Malheureusement il n'a point étendu sa fabrique comme on aurait pu le souhaiter.
On a vu, aux expositions de l'industrie nationale de 1819 et 1^3, et l'on vit encore à celle de 1827, de très-beaux échantillons de limes provenant de diverses fabriques anciennes et nouvelles qui se sont élevées h Paris, il Versailles, à Orléans, à Amboise, à Toulouse, à Pamiers, à Molsheim, etc. ; presque toutes sont d'une bonne forme et offrent une taille régulière, leur couleur annonce une trempe dure qui doit fournir et fournit en effet un bon travail. Il semblerait, d'après cela, que toute importation de ces outils indispensables devrait cesser; il n'en est rien. Le préjugé en faveur des limes étrangères n'est pas détruit, et ne le sera que quand on aura acquis la certitude que non-seulement les limes de fabriques françaises sont aussi bonnes que celles qui nous
LIM
DES INVENTIONS
LIM
f]mwii de l'étranger* mats encore que Ta- (ter (font elles sont faites est de la meilleure qualité : car, lorsqu'une Urne est usée , on ;»^ut encore, quoiqu'il y ait très-peu de proui. ia faire retailler une ou deux fois ; mais, es (léfioitiTe, il faut que, forgée comme ire i'acier, sa matière en tienne lieu , et ai5^ servir à faire des burins, des cro- .sets, des mèches, ou être employée h acé* Tr des marteaux, des outils tranchants. Il Murait trop de perte pour un atelier ou ;^ur QD ouvrier travaillant à ses pièces, tju «e fournit ordinairement de limes, et <fi\ 60 use à peu près deux par jour, une f«âseet une petite, si elles ne pouvaient <niraa*i limer et ensuite comme ferraille. Les difficultés de la fabrication paraissent fîTiDootées, et en cela nos fabricants ont tisLiantplus de droits à nos éloges qu'ils MQl pas eu à leur disposition des aciers luneqaalité aussi convenable et égale à nu qu*oQ fabrique depuis longtemps et lojt exprès à Shellield, centre de la labrifiiiOQ des limes en Angleterre. Là le vieux to]Dan,mort en 1809, et ensuite son fils, ^lui a succédé, ont naturalisé et fixé pour '^v»n la fabrication des meilleurs aciers q^iA (OQuaisse. Beaucoup d'autres fabri- (pe^itlfistar de celle de Bunlsman se sont éietteio même endroit. Nous y avons, «Mécompte trente-six grands fourneaux <>« fltaentalion, convertissant chacun par fltaîiô,ooo livres de fer de Suède en acier wfCD,dontla moitié environ sert à la faction des linnes de toutes sortes. Voilà J^flic 360,000 livres d*acier transformées en 'lûftt par mois, ou 12,000 livres par jour, ÎBi» à raison de 6 à la livre, donnent
j2,000 limes, qui sortent par jour de cette
lîbnquc.
Lcsiabriques de limes de Scheflîeld sont '*^^»^es fiar petits ateliers de quatre, cinq 1^511 OQTfiers, plus ou moins, occupés à * même division de travail. Ces ateliers »DicoDiigus les uns aux autres, mais sans '^fflmunication directe; ils se transmeuenl *^P Ouvrages en passant par la cour ou f^[ des corridors établis à cet effet.
, «^ diTîsiou du travail des limes est éla- ^'•^^e la manière suivante :
J[ 1^ ateliers des forges ;
*| L'émoulerie ;
*^ Lfts ateliers des tailleurs ; .* v" laboratoire pour la composition et ;wcation de Tenduit sur les limes avant '^'Jesireoiper;
f. {:*^«'ier des trem peurs ;
l^ Celui da nettoprage ;
*. W«m de rbuilage et de la mise en
^ ËDmagasinaçe.
J^os allons indiquer, le plus brièvement mUt, ia manière dont s'exécute chaque ^^ «ion de ce travail.
^ bateliers dM/brjM.— Chaque atelier ^!af^**® «spèce renferme ordinairement '^^^ petites forges isolées les unes des J'es.de manière à ne pas se gêner réci- •^ctneut. Les enclumes sont du poids
d'environ cent cinquante livres; leurs tables, de forme rectangulaire, portent un pied de long sur six pouces de large, les petits côtes arrondis. Ces enclumes sont incrustées et fixées sur de gros blocs de pierre» à la hauteur la plus convenable au travail de l'homme, et à une médiocre distance du foyer. Celui-ci est alimenté par la houille réduite en coke et en petits morceaux, et par un soufflet ordinaire qu'un des deux apprentis attachés au forgeron fait agir. Les marteaux à main et à frapper n'ont qu'une tête ronde. Les autres outils dont la forge est pourvue sont des tranches, des étampes demi-rondes, triangulaires, ovales , des tenailles, le poinçon ou la marque du fabricant. Le même forgeron ne fait que les % mêmes espèces de limes; on lui donne les aciers de qualités convenables, dont l'échantillon se rapproche le plus des limes qu'il forge. Les aciers naturels ou cémentés, corrovés au martinet, sont employés à faire les grosses limes à grosse taille. L'acier fondu sert à faire de petites limes dites de façon anglaise^ dont la taille doit être bâtarde^ demi-bâtarde et douce. On ne regarde pas l'acier fondu affiné au laminoir- for g eur comme avant les qualités requises pour fabriquer de bonnes limes.
Ciiaque lime, excepté les gros carreaux qu'on laçonne sous le gros marteau de raffinage, est faite en deux chaudes ; à la première, le forgeron, aidé de son frappeur de devant, étire d*abord la pointe et le corps de la lime qu'il bat ensuite seul tant qu'elle parait rouge, sans jamais mouiller. Cet ouvrier a tellement l'habitude de son travail et le roup d'œil si juste, que rarement il
f Présente sa lime au calibre placé auprès de 'enclume pour savoir si ia longueur, la largeur et 1 épaisseur s'y trouvent. La lime étant amenée à cet état, Touvrier forgeron la place sur un tranchet que porte le bord extérieur de l'enclume sur lequel , d'un coup de marteau, le frappeur la fait couper. 11 continue à donner ainsi la première chaude pendant la demi-journée, laissant au feu plusieurs barres toujours prêtes à être forcées ; de sorte que l'ouvrier ne cesse pas un instant de travailler.
À la deuiième chaude le forgeron fait la queue, applique le poinçon et dresse la lime. L'apprenti souffleur, comme pour la première chaude, a soin d'en avoir toujours plusieurs au feu qu'il saisit avec des tenailles à boucle; le forgeron les prend et donne de côté et d'autre deux petits coups de tranche qui déterminent les épaulements de la queue. Il étire celle-ci en se faisant aider par son frappeur,, quand ce sont de grosses limes; autrement il fait ce travail seul, il applique ensuite la marque et dresse. Le produit de la journée est mis dans un four à recuire avec un mélange de copeaux, de boisetdefraisil de coke, qu'on allume et qu'on laisse brûler et s'éteindre jusqu'au lendemain. Ce four n'est autre chose qu'une grande marmite de fonte, dont le fond est percé de beaucoup de trous, et dont le cou-
LIM
UM
Tercle porte è son milieu une cheminée en tôle qui ya aboutir sous le manteau de la forge. Un forgeron, avec ses deux apprentis, dont un frappe devant et l'autre tir» le soufflet, en fait 18, 20 et 25 douzaines par jour, suivant la forme et la dimension des limes.
2* Emoulerie ou blanchissage. — Ce travail se fait sur des meules mises en mouvement ar un moteur qui se trouve rarement dans a fabrique même. Les meules employées à cet objet ont 3 ou 4 pieds de diamètre sur 6 à 8 pouces d'épaisseur. Leurs surfaces sont parfaitement unies; elles tournent parfaitement rond, avec une vitesse d'environ cent tours par minute; leurs axes en fer, prolongés en dehors de la boite qui les couvre, portent des poulies de mouvement et de repos sur lesquelles passent de fortes courroies sans un que le moteur fait circuler à l'aide d*une roue correspondante.
Pour se préserver des accidents que les éclats des meules pourraient occasionner lorsque, par l'effet de la grande vitesse
J[u*on leur imprime ,! elles viennent à se endre, on les entoure d'une charpente solidement maintenue par des cordages, en ne laissant de visible qu'environ un pied à la
Partie supérieure où s*opère le travail de émoulage. Ces meules tournent dans l'eau; la lime leur est d'abord présentée en travers jusqu'à ce qu'elle soit blanche partout, et ensuite dans le sens de la longueur, jusqu'à ce que les premiers traits soient emportés. On les plonge dans de l'eau de chaux, aoù on les retire aussitôt couvertes d'une mince couche de blanc qui les préserve de la rouille. C'est dans cet état qu on les rapporte à la fabrique pour les tailler.
Nous croj^ons que les limes pourraient être blanchies plus promptement et plus économiquement au moyen d'une machine à raboter le fer, construite de manière à suivre et à rectifier même leurs contours. Nous émettons cette opinion d'après des données que nous avons sur le travail d'une semblable machine, employée dans divers ateliers de Paris à dresser toutes sortes de pièces de fer, de fonte, d'acier, de cuivne.
3" Taille des /tme«.— 11 existe cinq sortes de tailles bien distinctes : la très-forte, pour les carreaux et les limes dites d'Allemagne, d'une au paquet ; la bâtarde ^ la demibâ' tarde^ la demi-douce. Pour être bonne, chacune de ces tailles doit être extrêmement régulière, c'est-à-dire faite d'entailles parallèles et également espacées par rapport è la direction de la surlace sur laquelle elles sont faites.
La taille des limes, précisément à cause de la grande régularité avec laquelle elle doit être faite, avait paru et paraît même encore aux yeux de beaucoup de personnes susceptible d'être exécutée par machines mieux que par la main des ouvriers. On en cite plusieurs sur lesciuelles on a fait de beaux rapports, soit à TAcadémie des sciences, soit à d'autres sociétés savantes, qui, d'après ces rapports , taillaient 4 , 8 et
jusqu'à 12 limes à la fois On en troi rénumération dans un Mémoire de M.
Montigny, lu en 1778 au Comité du oc mercp, sur une machine de cette espèee ventée par un nommé Yaucher. La p roière machine à tailler les liiftes pa avoir été Inventée, en 1699, par un non Duverger; elle taillait à la fois quatre llr plates au mo^en d'une roue a eau, o\ porte-lime était tiré par une corde qui roulait autour d'un cylindre mené par crochet dont les dents étaient poussées s cessivement par les ailes d un mouli enarbré à roue hydraulique. Ce cyiim réglait par sa grosseur le mouvement pi gressif du porte-lime, qui glissait dans coulisses, et qui était retenu par un conl poids. On était obligé de changer les cyl ares pour faire des tailles différentes.
Le jeu des marteaux était successivemi produit par des cames dont l'arbre de roue hyaraulique était armé en pressa les queues des manches desdits marleai ce qui soulevait leurs têtes qui, en retoi banl de tout leur poids sur les ciseai formaient les tailles.
* Les ciseaux étaient tenus dans une roèi boite fixe , et étaient mobiles dans des co lisses d'où sortait un talon ou cheville fi au ciseau, lequel talon, à chaque coup marteau, venaits'appuyersur un ressurtqi en réagissant, le dégageait de la taille et ramenait à son point de départ.
J'ai cru devoir donner ici l'idée de ceti
Eremière machine, parce qu'elle a senui ase à toutes celles qui ont été invenléi depuis soit pour en corriger les défauts, se pour en étendre l'usage.
En 1725, un sieur Fardonet présenta TAcadémie deux machines pour tailler 1 grosses et les petites limes, construites à p^
£rès sur les mêmes principes que celles \ uverger; seulement, il avait retnplacé cylindre et la corde qui donnaient le inouï ment progressif aux limes, par unecréma 1ère dont la denture recevait les ailes d| pignon enarbré avec une roue dentée, m née à son tour par un autre pi^noo Gxé une alidade mobile , autour d un plaie convenablement divisé. Un hotnme, av une de ses mains, faisait jouer iesmarteai en tournant une manivelle , et de Taufr? conduisait l'alidade de division en divisro autour de la plate-forme, pour faire avanc à chaque coup de marteau le porte-iinfl d'une quantité déterminée, et toujours même après chaque taille. La tête ^}^^^f^^ s'^ppuyant sur deux ressorts qui flçcflj saient au coup de marteau, se releva quand la taille était faite. Cette macM devait donner une taille plus régulière q| la précédente ; mais il n'y avait pas et i pouvait y avoir, entre les coups de ma leaux et le mouvement progressif du P^" limes, celte simultanéité de rocuvema que rien ne peut empêcher, et d'où resuj une régularité imperturbable dans lou l'étendue de la taille. ^ .^^„j
En 1756, cette machine fut perfecHonn*
DBS INVENTIONS.
un
par Brodiel et Gamain, qui rendirenl la birtle de ciseaux mobile, de manière à pouvoir llDclîoer à volouté, soit jiar rapport aoi oAles de la lime, pour lormer une taille plus ou moins oblique, soit pourlaire une taille plus ou moins penchée. Dans Tinté* rieur de eette boite, ils avaient mis un ressort qui obligeait les trandianls des ciseaux à s'appliquer exactement sur toute la largeur de la lime, au moment où ils reçoivent le coup de marteau, de sorte que les inégalités d'épaisseur que pouvait avoir la lime suivant la direction du tranchant des ciseaux ne causaient pas d*irréguiari(é dans la taiUe« Le porte-limes élait pris par une chaîne disposée de façon à ramener cette pièee en arrière, à reffet de pouvoir croiser les tailles en changeant seulement la position des ciseaux dans les boites. La chaîne était conduite par un rouet dont les dents étaient rencontrées successivement par deax chevilles diamétralement opposées, que portait une f»laque de fer fixée sair Taxe de la manivelle. Le marteau, dont le manche était un ressort d*acier, frapinit deax eoups à chaque révolution de la naiiivelle, et le tout était disposé de manière \ ménager au porte-limes les repos et le mouvement nécessaires. -
Taoche, profitant des combinaisons mécaniques de ses devanciers, composa la maduae sur laquella M. de Montigny fit en iTTS, k rapport dont nous avons parié ; elle f«i7liil deux limes à la fois dont une recevait U première taille et l'autre la deuxième, cest-i-dire la taille croisée. I^sdeux limes filées solidement sur on établi immobile, e*é(aicttt les ciseaux et les marteaux qui rbeflûnaient au moyen d'un chariot que faisait mouvoir une vis horizontale tournant sur elle-même. Cette vis . portait une roue dentée, qu'un pignon plus ou moins grand, pour varier les tailles, faisait tourner; sur l'axe da fugoon étaient deux cames gui fai- • saient battre les marteaux qui n'agissaient •|oe par leur poids, et deux pelis limaçons <}aî servaient à soulever des leviers dont I otyet élait de d^ger les ciseaux des tailles aussitôt qu'elles étaient fûtes. Les ciseaux étaient disposés comme dans la' madone de Brachet : le tout marchait au moyen d'une manivelle qu'un homme faisait tourner. Nous pourrions parler encore de beau- " coup d*autres machines qui ont été construites pour ce même objet : il en existe plusieurs dans la collection du Conservatoire . des arts et métiers; mais comme en définitive leur usage n'a pas prévalu sur la taille i la main, ce serait peine perdue que de MUS 7 arrêter dafantage. Nous avons voulu seulenaent laire connaître les essais bits h dillérentes épo<|ues, pour épargner aux rêveurs de machines, à ceux qui croient que tout peut se faire par leur mojen , la peine d'en composer de nouvelles, qui auraient probablement le sort des anciennes ; car en réfléchissant à combien de conditions est soumise une machine à tailler les limes, on devrait s'arrêter tout court devant des dilBcuUés in-
surmontables, du moins d une manière économique.
Il est lacile, sans doute, de produire les mouvements réguliers indispensables à cette façon des limes, de tenir les ciseaux dans une direction constiinte avec la surface de l'outil, de faire frapper des coups de marteaux proportionnés à l'espèce de taille qu'on veut obtenir, et proportionnés aussi aux largeurs variables de la lime. Pour que tout cela ait lieu simultanément et sans perturbation, la machine sera déjà fort compliquée et devra être exécutée avec une grande précision» Mais en suppésant que toutes ces conditions soient obtenues, quel moyen em-
I)loierait-on pour rendre la matière de la ime parâitem«%nt homogène partout? Comment en retirerait-on les pailles oui s'y trouvent fréquemment, et que la taille soulèfe? Aura-t-on fiicilement des ciseaux qui ne s'ébrèchenl point et qui puissent tailler un côté de la lime sans un nouvel affutageTEl ce nouvel affûtage ne déplacera-t-il pas le tranchant ? N'y aura-t-il pas ce qu'on appelle une reprise ? Je pourrais signaler d'autres difficultés: celles dont je viens de})arler suffisent bien, ce me semble, pour justifier l'abandon qu'on a fait, chez nous et en Angleterre, des machines à tailler les limes. Cependant les limes mises à l'exposition de 1S27 par M. Reinette de Paris sont taillées à la machine.
Ayant fait en 1819 un voyage à Sbeffield, je demandais à Marriott, un des premiers fabricants de limes de cet endroit , qui se montra extrêmement commuuicatif envers moi, qu'il me fit voir ses machines à tailler les limes; il me répondit : « Je le veux bien. Alors il m'introduisit dans ses ateliers , où je ne vis que des hommes, des enfants et quelques lemmes, assis defant des tas, sur lesquels ciiacun taillait des limes avec une vitesse incroyable que Thabitude seule
fieut donner, en tenant la lime sur le tas à 'aide d'une courroie et des pieds , le ciseau d'une main et le marteau de l'autre. Voila, me dit-il, mes machines à tailler, les seules en activité, à présent à Sheffield. J'ai voulu , il y a quelque temps, faire usage des machines matérielles ; mais elles sont à présent dans mon grenier, couvertes de poussière. Je vous les vendrai si vous voulez, p Je le remerciai et je restai convaincu qu'on ne taille point en Angleterre les limes autrement qu'à la main.
Les différentes sortes de taille se font dans autant d'ateliers particuliers , et les mêmes ouvriers ne font que la même. Les tas et les marteaux dont ils se servent sont plus ou moins pesants, suivant les tailles à faire.
Le blanc de chaux dont les limes sont couvertes quand on les rapporte de Témoulerie étant été, le tailleur y met un manche et sraisse avec du saindoux la face qu'il va tailler. Le tas est garni d'une plaque de métal mou (plomb et étain), sur laquelle il appuie la lime avec une courroie double et les pieds, afin de la faire porter exactement et toujours vis-à-vis l'endroit où il forme la taille, en commençant par le bout. U contî-
LIM
DtCTlONNATRE
LIM
ÎA^O
nué ainsi pour chaque face, et ensuite, it croise la taille.
! L'arête des limes triangulaires ou tierspoints est d'abord taillée légèrement, et en« suite on en taille les faces comme à Tordinaire. Les tiers-points destinés à affdter les scies ne sont pas croisés; on ne leur appli« que que la première tailFe.
La taille étant terminée, on plonge de nouveau les limes dans de ]*eau chargée de chaux, afin de les garantir de la rouille jusqu'au moment de la trempe.
^ C'est en faisant la première taille que l'ouvrier en détermine Ja direction par ra^v a Taxe de la lime. Le relief que le premier coup de ciseau forme sert de guide au suivant, ainsi de suite, en appuyant le tranchant du ciseau contre le relief au moment où Ton frappe le coup de marteau. Le croisement se laiî de la même manière.
4* Enduit mis sur les limes. — Immédiatement avant la trempe des limes, on les recouvre d*un enduit ayant la consistanced'une pflte, dont la composition est comme il suit : de la corne ou du cuir carbonisé, de la suie de feu de cuisine, une légère quantité de crottin de cheval , du sel marin, un peu de terre glaise, le tout bien pulvérisé et délayé dans de la lie de bière. On en applique une couche mince et égale sur toute la surface de la lime avec un pinceau, et puis on fait sécher lentement au feu de for^e. Cette couche a pour objet de garantir les dents des coups de feu, et de restituer à Tacier le carbone qu'il peut avoir perdu dans l'opération du forgeage.
5* Trempe.—- La forme et la taille des limes sont très-importantes; mais c'est la ouatité de Tacier et celle de la trempe qui lont la lime; la trempe a lieu dans les ateliers à part où il y a des feux de forge alimentés par du coke ou du charbon de bois, et par des soufflets ordinaires. Au-dessus du foyer et dans le mur qui forme le contre-feu, sont plantées horizontalement plusieurs broches en fer, sur lesquelles on pose d'abord les limes enduites pour en achever la dissication ; ensuite le trempeur soufflant lui-même d'une main, prend de l'autre, à l'aide d'une tenaille, les limes une à une, dans le même ordre qu'elles ont été mises sur le séchoir, et les plonge à plusieurs reprises alternativement dans le foyer, et dès qu'elles commencent à rougir, dans un tas de sel marin placé auprès, jusqu'à ce qu'elles soient suffisamment et également chaudes partout au degré convenable, suivant l'espèce d*acier; alors le trempeur la dresse au moyen de deux morceaux de plomb fîxés parallèlement entre eux, sur un étabti près de la boite è sel et d'un petit marteau de plomb. Il la remet encore dans le feu, l'en retire presque aussitôt, la dresse de nouveau, s'il voit que cela est nécessaii>e, et enfin il la plonge lentement dans une cuve d'eau dont la profondeur est de 3 à iih pieds. Quand, à force de tremper, cette eau devient trop chaude, on la renouvelle en la laissant couler par un robinet de lond , et en la rempla-
çant par ae Teau de ploie ienue dans un réservoir supérieur. L'eau de la cuve h tremper, indépendamment du degré de chaleur qu'elle acquiert se trouve aussi au bout d'un certain temps, chargée des sels que contient d'une part l'enduit, et de l'autre celui que chaque lime prend dans le tas, et qui ne se trouve pas vitrifié. Il parait que la présence de ce sel contribue à donner aux limes une trempe dure.
La manière d'immerger les limes n'est pas indifférente; le trempeur les tient veriicaiement, et les enfonce ; le premier tiers trèslentement, le milieu plus vite^ et le dernier tiers comme lo premier; il a soin de ne point tremper la queue. Quelques trempeurs, après cela, les abandonnent et les laissent couler dans le fond de la cuve; d'autres les retirent aussitôt et les jettent dans un baio d'eau acidulée, qui en favorise le nettoiement.
La lenteur avec laquelle le trempeur opère a pour objet de donner le temps à la cnaleur de se répandre également dans toutes les parties de la lime. Quelques personnes ont essayé de les chauffer dans uo bain de plomb chauffé au rouge. Ce procédé peut avoir du succès, mais il ne nous semble pas praticable en grand.
6"* Nettoyage des limes. Cette opération très-malpropre, s'exécute dans une pièce à part, par le moyen d'un tambour garni de cordes, tournant sur son axe dans une cure pleine d'eau, qu'on renouvelle fréquemment. La lime lui est présentée taotôt en travers et tantôt en long, jusqu'à ce qu'elle soit blanche partout. Après cela, on les met sur une large plaque de tôle sous laquelle on entretient du feu, afin de les séeher promptement. C'est là que le chef d'atelier vient les examiner définitivement.
7* Huilage. — Les limes, à leur sortie du séchoir et pendant qu'elles sont encore un peu chaudes, sont plongées dans un bain à'huile douce, d*où étant retirées aussitôt, on les fait égoutter sur un gril incliné placé au-dessus; elles sont mises immédiatement dans un papier gris, par paquets de six ou de douze suivant leur dimension, et puis enfin elles sont livrées au magasin.
On voit que ces divers procédés de fabrication n'ont rien de difficile, ni même de mystérieux. La qualité ^des limes dépend essentiellement de la qualité des aciers employés et de l'habitude que chaque ouvrier contracte dans l'exécution de la division qui lui est confiée, et dont il ne change jamais. C'est à cette réunion des moyens que la iabrique de Sheffietd doit ses immenses avantages, que nous ne pourrons égaler que quand nous aurons formé des étabUssements analogues. {Dictionnaire technologique, arl« Limes.)
M. Raoul, dit le IHctionnaire des décote vertes^ parait avoir vaincu tous les obstacles que présentait en France Jusqu'à lui la fabrication des limes. La fabrique qu'il a établie prospère, et les ouvrages qui en sortenC soutiennent très-avantageusement la nompa-
UM
iES INVENTIONS.
UN
SOtt
.jiM)oaTec toas les autres ouvrages de ce fenre; et, pour peu que sa fabrication s*éi?aJe, ii aura la gloire d*avoir rendu la fran;e indépendante, sous ce rapport, des û»Kns dont elle dépendait autrefois. Les \'T\\x^s et le bas intérêt se sont longtemps (fiisésau succès de M. Raout. Malgré plu- ^uiirsessais comparatifs, entre les limes de I* artiste et les meilleures du conraierce, •?*4!s qui ont toujours été h Taranlage des r^oières, la plupart des esprits étaient f-reous contre les limes françaises. Le
• éeijesarls pensa qu'un moyen assuré de r^rûDTatncre plus facilement, était de faire ]:<* c&m(i.iraîsoQ publique entre les limes V '.^AbC5 et les meilleures qu'on pourrait se
rxirer. Pour cet effet, il fit inviter tous les
«-"btes, les amateurs et les chefs des grands
t.-.çrsà ^e réunir pour cet objet, et à ap-
<r!>T les limes anglaises les plus parfaites
,jùs |H)urraieut posséder. Cette réunion
'jliieuà rOraloire, le quatrième jour com-
-r.tniairede Tan IX; elle fut présidée par
ï;. Pkhr)l, et M. Gillet Lhomond s'y trou-
•MeQ qualité de commissaire du gouverne-*
vùLLes expériences comparatives furent
!'.)dTec le plus grand scrupule; tous les
'^>i^»(urent en faveur de M. Raoul. Il fut
ûr^^ua procès-verbal détaillé de toutes
>3 r^ffiiTcs qui furent faites, lequel lut
si^f.^r loua les artistes présents; il pro-
Cvjir'.e la manière la plus évidente, non-
&tû(jieatque les limes de M. Raoul sont
'.->>! t>onoes que les limes anglaises, mais
'.aelleileur sont môme supérieures. Or, ce
f peuîèire que par préjugé, par jalousie,
"j|'âr mauvaise foi, si Ion préfère encore
^a ceseore les produits étrangers aux pro-
Juiîs nilionaui. {Société d'encouragement, an
M. Saint-Bris, directeur de la fabrique de •'ftes (J'Amboise, reçut de la société d'en- "'■JMgeraent une médaille d'or pourla bonté i'ï^es limes, fabriquées avec de Tacier de -'Qenlaiion qu'il préparait lui-même dans > fl e{ablissement.(i?u//e/tn de la société d'en- ''^mgtiMnt, 1818, page 90. j ,^ iloit à la manufacture d*Amboise Um créé, en France, l'industrie de la fa- ''•K'^dondeslimes, ily a environ soixante ^\?ii ans; les limes et les râpes envoyées "'«position de 1819, par M. Saint-Bris, i*wi(ie bonne qualité et lui ont valu une cj^iaille d or. Ces limes se distinguent sur- ^^oM>ar une belle taille. Cet élal)lissement iH<^nl806, fut jugé digne de la médaille '«r^enl, a, depuis celte époque, presque 'ittuplé ses produits annuels, circonstance ]Ji prouve que leurs qualités conviennent ^'^ IHus eu plus aux consommateurs. Par ^nnancc du 17 novembre 1819, S. M. a J[:'"'"'ft M, Saint-Bris, membre de la légion -'W'nueur, en récompense des services qu*ii
* f^n-Jos à l'industrie française. (Livred'hôn^ *^^i«tse381.)
^fabrication des limes n'est pas ancienne <5 Fraucc, il y a soixante-dix ans elle y ^^^ « |»eine connue, et nos produits dans ^ë^ore étaieiil très-imparfaits. Des teiîta-
I^ICTHINKAIRK DES l!«VIiNn0?O. II.
tives furent d*abord faites pour en établir des fabriques à Amboise (Indre-et-Loire), et à Soupes, près Nemours; mais ces entreprises n'eurent que des succès incertains. Les limes Qu'elles produisirent ne furent pas très-recnerchées. M. Raoul est le premier qui ait établi en France une fabrication suivie de limes dont les produits aient joui d'une véritable estime. Il en présenta à l'exposition de l'an VI qui furent trouvées d'une excellente qualité; il exposa en l'an JX et en l'an X des produits d'une perfection toujours croissante. A l'exposition de 1806, des fîmes furent envoyées par les départements d'Indre-et-Loire, du Calvados, de la Meurthe, et par Técole des arts et métiers, alors établie à Compiégne; elles étaient bien taillées et de bonne qualité. Cependant le jury se borna à les distinguer par une médaille d'argent et par trois mentions honorables. En agissant avec celte réserve, il indiquait assez qu il attendait de nouveaux progrès. Son attente n'a point été trompée; l'exposition de 1819 a prouvé que ceite fabrication a pris de grands accroissements, et qu'elle s'est perfectionnée. La qualité des limes s'est améliorée en proportion des progrès que Ton a faits dans l'art de préparer l'acier, et la taille est devenue plus correcte. Les limes et les râpes présentées à l'exposition de 1819 ont été envoyées par les déparlements de l'Isère, de la Haute-Saône, de l'Aube, du Loiret, do l'Arriége, de la Haute-Garonne, de la Côted'Or, d'Indre-et-Loire, de la Loire, de la Marne et de la Seine. Le jury a fait soumettre ces limes h des épreuves multipliées, et s'est assuré qu'il n'y en avait aucune qui nç fût de très-bonne qualité. {Annales de chimie et de physique, 1820, tome Xlll, page 137.) Nous avons exposé au commencement de cet article, les immenses progrès accomplis depuis, et Tétat actuel de cette industrie tant en France qu'en Angleterre.
LIN. — L'usage du lin remonte à la plus haute antiquité. Nous voyons que chei les Egyptiens on enveloppait les momies de bandelettes de lin; qu'on ouvre les livres livres saints, l'on verra que les habits du grand prêtre étaient faits d'un tissu de lin. Dans des temps moins reculés, Pline nous apprend que sous le règne des premiers empereurs romains, le lin servait déjà è des emplois très-variés; l'on en lissait des toiles pour les voiles des vaisseaux et d'autres plus fines pour le linge de tables et de corps, comme nous ie faisons maintenant. Le même auteur avait observé que la culture du lin appauvrit la terre où il croit. Laissons-le parler lui-même; il est curieux de voir comment Pline s'exprimait sur l'usage du lin il j^ a bientôt deux mille ans.
« Il est merveilleux, dit-il, que le lin dont la graine est si menue, la tige si basse et si mince, soit l'instrument qui rapproche les différentes parties de l'univers et qui les mette en communication; encore ne l'ean ploie-t-on que lorsque le travail préparatoire lui a fait perdre une partie de sa force; car on i'affaibln en le battant, eu la brisant,
LIN
BICTIOiNNAIRE
LIN
en en séparant par le peigne toutes les fibres les unes des autres et eu le rendant aussi doux que la laine. C'est après avoir dëlé- /ioré ainsi cette plante que Thomme ose encore se confier à elle pour d'audacieuses entreprises sur le gouffre des mers.
« Rien» dit-il encore, ne i^rott pins aisément que le lin ; mais aussi il n'est aucune plante qui brûle et amaigrit le sol comme celle-là. Il semblerait que c'est contre Tintention de la nature que les hommes la cultivent.»
Dans les passages que nous venons de citer, Pline ne considérait le lin que comme la matière première des voiles de vaisseaux; il déplorait la navigation, parce que par elle on portait au loin aes armées et la guerre. Mais qu*eût dit Thistorieu romain s*il eût été témoin de la navigation actuelle par la vapeur 1
Pline attribue à Pamphile de Céas, fille de Latoiis, l'art de filer le lin et d'en faire des toiles légères qui servent à la confection des vêtements. Ce serait une injustice, dit-il, de passer sous silence le nom de Tinventrice d'un si bel art.
Le lin est une des plantes dont la culture doit être comptée parmi les plus grandes richesses d'un pays.
Sa eraine donne une huile employée aujourd'hui à un grand nombre d'usages : les tourteaux, résidus de l'extraction de cette huile, sont em{)loyés avec grand avantage pour la nourriture des bestiaux, ou font un excellent engrais.
Les tiges donnent de lon^s fils forts et résistants, avec lesquels se tissent les plus belles toiles.
Jusqu'à présent, cependant, cette culture était peu profitable, car ses produits étaient mal employés : ceux qui exploitaient les graines perdaient les tiçeç, et ceux qui exploitaient les ti^es perdaient les graines. De plus, elle avait de terribles inconvénients pour la salubrité publique, grâce au désastreux procédé de rouissage employé encore aujourd'hui.
Des travaux récents d'une puissante compagnie anglaise, secourue par un gouvernement intelligent, qui sait, lorsqu'il le faut, prodiguer les millions, viennent de réaliser presaue complètement l'exploitation salubre, économique et rationnelle du lin. — En yoU'i l'expose succinct.
Récolte du lin. — Pour arracher les tiges on attend Je moment où les deux tiers inférieurs sont jaunis, le tiers supérieur étant encore verdâtre : on fait cette opération en deux fois, afin d'égaliser les produits, et Ton néglige les tiges trop courtes, qui déprécieraient la valeur des autres.
On place ces tiges debout, en ligne, sur deux rangées incRnées, appuyées l'une sur l'autre, en forme de toit aigu. En quelques jours, elles se dessèchent, et, pendant ce temps, les sucs de la partie verte montent dans les s;raines et les mûrissent ; on lie ensuite eu bottelettes et on laisse sécher.
On les porte alors à l'usine de rouissage,
située au centre des fermes où l'on aculti\é le lin.
Egrenagettrognage. — Là on l'égrène au moyen de deux rouleaux cannelés, tournant en sens inverse, et on coupe les racines avec un coupe-racines ordinaire.
Rouissage. — Tout le monde connaît cette opération, qui consiste à faire macérer les tiges dans les eaux le plus souvent stagnantes, afin de déterminer par la fermentation, la dissolution d'une espèce de germe qui unit entre elles les fibres textiles. Sans compter les fièvres et les exhalaisons putrides que répandent dans Joule la contrée ces cloaques appelés routoirs , on n'ignore
{)as que cette manière d'opérer cause souvent a perte d'une partie de la récolte par l'inégalité de la fermentation, qui va souvent jusqu'à la putréfaction complète des tiges, surtout lorsqu'un orage est venu l'accélérer.
Depuis longtemps on cherchait à remplacer ce système par la macération des tiges dans des liquides acides ou alcalins, mais cela avait aussi de grands inconvénients ; yoici ce que font les.Anglais :
Ils ont de grandes cuves do h pieds de haut sur 1&- de long et 10 de larçe ;iisentassent le lin dans ces cuves qu'ils remplissent d'eau, puis, au moyen d'un tuyau qui amène de la vapeur, ils maintiennent cette eau à 32 degré pendant soixante heures, et le rouissage est terminé d'une façon parfaitemen| uniforme, sans odeur et sans miasmes pestilentiels.
Rrayageet teillage, — Au lieu de l'incommode et fatigante machine à teiller dont on se sert dans nos campagnes, et qui donne, avec beaucoup de fatigue, de très-petites
a nantîtes d'un lin inégalement cassé, on a isposé cinq cylindres à cannelures, de plus en plus serrées, qui brisent bien égalenaent les chènevottes : puis on fait battre les touffes de filasse par des tringles en fer ; et Ton peut ainsi, sans autre travail qu'un peu de surveillance teiller 3,000 kil. de lin, qui donneur 500 kil. de filasse, propre, égale et parfaitement conservée.
Avantages de cenouveau procédé. — Ainsi, au lieu :
D'un rouissage long, inégal et souvent ruineux ;
De liquides infects et pestilentiels ;
D'un teillage fatigant qui altérait la solidité des fibres ;
On a:
1* Un rouissage rapide, éga4 et sûr;
2" Des eaux bienfaisantes, que l'on répand sur les terres au moyen de rigoles, et qui forment un puissant engrais ;
3* Un teillage économique conservant toute la souplesse et la résistance des fibres.
De plus : 1* avec les graines on fait d'abord dé l'huile, pois des tourteaux; avec les tourteaux cuits et de la paille hachée, etc., on fait des soupes chaudes qui engraia* sent les porcs et autres animaux ;
2* Ces animaux fournissent du fumier qu'on rejette sur les terres ;
rî
LIN
DES INVENTIONS
LIN
3* Afec Ie5 chènevottes» on chauffe les e:m où se Ail le rouissage ;
î* On prend les cendres de ces chène^ot- Iseion les rejette aussi sur la terre qui a ip-'initle iin.
Ripo n*est donc perdu , et la terre, au lieu è>Vpaiser, s'améliore.
I)fl5i,au lieu d*une culture qui fournissiiuneTiiaihe tilasset qui infectait le pajs rie remplissait de fièvres, qui rapportait pia et épuisait la terre, on a une production
SniduMoetiiasse parfaite, huile, bestiaux, mier, et il n y k pas jusqu'à cette i?au, ai'e autrefois de tant di» maux, qui ne ies]tnne une source de richesse*.
L'établissement des cuves et cylindres Mpa5d*an prix tellement élevé que les .•kmIps propriétés linières n'y trouvent un 'notage marqué.
ijuiDtaui petits fermiers, ils font bien .w'j<}re leur grain au moulin, pourquoi ne 'rnitoHlspas rouir leur lin a une usine ^miequ*ils établiraient à Irais communs, A^Quoe industrie particulière élèverait?
Noos espérons voir encourager et répanrr ft sYstècne fécond, auquel la mal heu- ^'ifflriaode doit déjà des ressources ines-
t*:oÂ,soQ salut maintenant, sa richesse
Cttii Philippe de Girard qu'est due la \mm idée de l'application de l'eau ^'isétpouT pouvoir arriver au tilage en 3cLe$ causes qui ont motivé l'emploi de <9D chaude se trouvent clairement indi« dedans la description du brevet d'inveni(n pris par de Girard le 28 juillet 1810. ^Qs oe saurions mieux faire que de laisser l'srier Tinventeur lui-même, en donnant
élirait suivant de la description de son
».revef:
« Les brins de lin ne sont qu'un assem- ;;>i^ de petites fibres collées l'une contre i^lre, se recouvrant mutuellement, et dont ^ plus lonçues n'ont guère que 9 à 10 cen- ^^QiHres de longueur, et la plupart beaucoup jw. La substance qui unit ces fibres peut "^pi Êiciiefflent enlevée par divers agents. Lt'au pure la ramollit et la dissout avec le jt^oips, surtout si l'air se joint à son action. ^ lessives alcalines chaudes l'enlèvent if^ne constamment, il suifit même de '^'Qo'^r on brin de lin dans une parcelle *)*^iye pour le rendre divisible presque 'iiflÛQi. Si après cette opération on le tire .^^ses deux extrémités, on le sépare sans ''i"n sensible en deux parties qui glissent «w sur l'autre avant de se séparer, et qui ^.t^rmioent en pointes très-eflilées. £n ^«'ssanirextrémité d'une de ces pointes, et «ûteDanlle reste du brin à 0-10 ou 0-12 ^«(iisunce, on relire une fibre extréme- "'^Qi Hue, qui quelquefois peut se diviser ^^^ de la même manière gue le brin ''"Qiitif. Eq continuant ces divisions, on '•^^ûl enfin des fils presc|ue impercepti- ^'^ qo'oo ne peut plus diviser qu'en les ^^-^letqui opposent une résistance beau- ^^vp plus grande qu'on ne l'avait attendu °^ l^ur lénuiié. On s'aperçoit alors qu'on
est arrivé aux fibres que l'on pourrait appeler élémentaires , et qui n'ont que 0^ à 0-06 de longueur
K La facilité avec laquelle les parties d'un même brin glissent les unes sur les autres avant de se séparer, leur ténuité extrême, et par conséquent leur multiplicité, offrent le moyen d'étirer, d'allonger presque indé* finiment un brin sans le casser, et à plus forte raison un assemblage de brins. La forme des fibres élémentaires parait faciii* ter le succès de cette opération. Leurs ex«> trémilés effilées sont propres à rendre leur jonction convenable, et à être retenues dans le fil tant par l'effet de l'entrelassemeut que par celui de la torsion.
« Si l'on prend un fil quelconque, pourvu qu'il ait été lessivé, qu'on en détourne un boutdeO-10 à 0-12, qu'onessayede lecasser, il n'oppose qu*une très-petite résistance ; si on le mouille, en répétant l'expérience , la résistance devient absolument nullei ce qui prouve que celle qu'on éprouvait d'abord n'était qu'un frottement des fibres entrelacées et tortillées : l'humidité, en les rassemblant, les redresse, et fait cesser cette résistance.
Telle est la base sur laquelle repose le procédé dans lequel une seule machine et une seule opération sufilsent pour transformer du lin peigné en fil d'une finesse quelconque.
Préparation du lin que Von veut convertir en fil. — Op peut arrivera ce résultat par divers moyens. Le plus simple consiste à diviser les paquets de iin, tels qu'on les trouve dans le commerce, en portions à peu près uniformes de six à sept millimètres d'épaisseur, plus ou moins, selon la qualité des fils que l'on veut obtenir; une jauge peut servir aux personnes chargées de cette division, pour établir l'uniformité de ces petits faisceaux de lin : on peut employer des enfants à cette préparation.
Les faisceaux ainsi formés par un enfant sont livrés à un second enfant qui les trempe dans l'eau, et qui a soin de ies lisser avec ses doigts mouillés; un troisième enfant plonge ces faisceaux dans la lessive chaude où ils restent quelques minutes; après ce temps un quatrième enfant les retire de la lessive, les met égoutter et les livre à un cinquième et dernier enfant qui les lave à l'eau claire.
Les faisceaux de lin ainsi préparés sont prêts à être filés; leur forme se trouve naturellement telle que si Ton en place deux Uput à bout et un troisième au milieu et ainsi de suite, il en résulte un cordon uniforme, il est tout à fait inutile de chercher à entrelacer les brins, la seule position des faisceaux suffit pourles réunir et pour qu'ils se confondent dans l'étirage.
Etirage et filage du lin. — Sur un métier ordinaire à filer, on place isolément les Âis- 'ceaux de lin préparés comme on vient de le dire : à mesure qu'un faispeau est employé à moitié, on en met un autre, en appliquant la pointe sur le milieu du premiert et ainsi
LIN
LIN
de suite. Un enfant peut aisément alimenter de cette manière un métier de dix broches. On peut aussi filer en gros, le passer ensuite dans la lessive et l'étirer, mais cette opération exige qu'il soit très-peu tordu.
L'étirage et la torsion se font comme dans les métiers ordinaires à filer le coton. Les cylindres doivent être d'une matière peu susceptible de s'altérer par l'humidilé, tel que l'étain durci par le zinc. On fait le noyau du cylindre en fer pour lui donner plus de solidité, les coussinets sont en cuir préparé avec de l'huile cuite ou avec lever" nis élastique dont on couvre les taffetas.
Perfectionnement. — Deuxième manière (Té" tirer le lin après quil a subi la préparation chimique. — Au lieu de joindre l'un à l'autre, comme on l'a dit précédemment, plusieurs paquets de lin pour les étirer en un seul ruban, il est préférable de les traiter séparément. Dans ce cas, le ruban est plus ésal et plus uni; mais comme les paquets de Tin peigné sont beaucoup plus gros au milieu qu'à leurs extrémités, il faut que l'étirage soit plus considérable dans cette partie, c'està-dire que la vitesse des cylindres de devant restant la même pendant toute l'opération, celle des cylindres de derrière doit diminuer graduellement jusqu'à son milieu, après quoi , elle augmente de nouveau graduellement jusqu'à la fin.
Troisième manière de travailler le lin. — On commence, comme dans les filatures ordinaires, par étendre à la main le plus également possible^ le lin dans une longue caisse pour en former un gros boudin, ou bien on réduit le lin en nappes au moyen d'un hérisson ou peigne circulaire dans le genre d'une carde à coton ou à laine : le lin lourni par deux cylindres de pression, se roule peu -à peu sous le hérisson, d'où on l'enlève facilement en nappe lorsque le h^:risson est suffisamment chargé.
Quatrième méthode de travailler le lin, — Après avoir fabriqué le boudin comme on vient de le dire, on continue à opérer comme dans les filatures ordinaires; on élire le boudin plusieurs fois à sec en le doublant et même en le triplant à chaque fois; et entin on le réduit, par des moyens connus, en fit de dix à quarante mille mètres au kilogramme. Ce fil est ensuite lessivé et tiré par la machine qui le convertit en fil fin.
Cette méthode peut aussi s'appliquer à du fil filé au rouet.
Pour que le fil puisse s'étirer après lalixiviation, il faut qu'il ne soit point tordu; il faut donc que la machine qui le forme le fournisse sans torsion, ou qu'on le détorde dans une opération subséquente.
Lin. — Filage en gros y procédé mécanique. -—Perfeetionnement.—Ce procédé a pour objet de détruire les étoupes et les nœuds pro« dtiits par les méthodes ordinairement en usage. U consiste à exécuter entre les peignes, toutes les opérations que l'on a pratiquées jusqu'à présent entre les cjrlindres de pression intermédiaire et à la main.
des opérations &OQt : l'étirage, qui se fait
ordinairement à la main, deux étirages ou boudinages, et lafilaturedite eu fin, qui sei*t ici de filature en gros.
Dans le nouveau procédé, on supprime Tétalage que l'on remplace par le hérisson. On se sert, en outre, de ce hérisson pour.diviser le lin en même temps qu'on le distribue avec égalité sur la circonférence du tambour. A cet effet, on fait les dents du hérisson très-aiguës et très-serrées, et on lui donne un mouvement de rotation très-rapide relativement à la vitesse des cylindres de derrière.
On conçoit alors que les brins du lin étant, pendant un temps assez long exposés à Tao tion des pointes du hérisson, avant d'ôtre lâchés par les cylindres de derrière sont j)ar cela même extrêmement divisés. Cette division est plus ou moins parfaite, selon que les dents sont plus ou moins aigiies, pins ou moins multipliées, et le mouvement du tambour plus rapide. On peut, quand on a enlevé la nappe de dessus le hérisson, la repasser ui>e seconde et une troisième fois, si Ton veut porter la division plus loin.
La nappe une fois formée, il s'agit de rétirer pour en composer un ruban ou un boudin; pour cela on la soumet à un premier étirage qui, comme on l'a dit, s'opère dans des peignes qui reçoivent la nappe de deux cylindres fournisseurs, et qui se meuvent avec la même vitesse que la nappe qu'ils portent, par conséquent, togjours tendue jusqu'au cylindre preneur ou étireur, ceux-ci se saisissent des brins à mesure qu'ils ne peuvent les tirer qu'en ligne droite, et qu'ils ne peuvent de cette manière se former aucune boucle ni aucun nœud. ( Recueil des brevets expirés^ tome XJi, p. 114.)
Rouissage du lin et du chanvre, — Inven* tion de M. d'Hondt d'Arcy, de Louvain^ — L'auteur ayant acheté une partie de lin sur pied, qui avait été semé un mois avant la saison, et qui, par conséquent, était plus précoce que tout autre du même pays, mais d'une qualité médiocre, le tit cueillir en juin , exposer et étendre au soleil uendant deux jours, et, après en avoir fait deux parts égales (qu'il nomme roui), il les plaça : "une pour .être rouie d'après l'ancienne méthode, comme le font les cultivateurs, l'autre, d'après son procédé. Le premier rendit les eaux putrides dès le troisième jour, l'autre n'a donné aucune odeur désagréable. L'opération s'exécute de la manière suivante : le routoir doit être établi près d'une chute d'eau de la hauteur d'environ un mètre et demi à deux mètres. Le fond du routoir est composé d'une grille en bois, maintenue au-dessus des basses eaux, de manière que celles qui sont dau:» le routoir peuvent s'écouler. Quand toute Ja masse du lin ou du chanvre est placée sur la grille, en bottes, légèrement liées et disposées par couches de l'épaisseur environ de trois décimètres, ou plus, selon la capacité de la chute, des perches transversales sont placées horizontaUment à un pied au*
LIN
DES INVENTIONS
UN
tlO
ca5usde la masse, et sont attachées à celles
ijfti se troQfent plantées debout entre les
r.iiféreDts lots de chaque cultivateur. Ces
;<^tes transfersales servent à maintenir le
7131 aa milieu des eaux entre les deux gril-
'*:?s, sans()u'il soit nécessaire de le charger
îijcun poids. Par ces procédés différents,
. icteur est parvenu à rouir le lin et le chanvre
Un également et au degré convenable, en
Kit fooservant leur force, leur blancheur
et i^ur souplesse naturelles. Le grillage du
laJ procure la facilité de laisser écouler de
çjite toutes les eaux colorées, par le moyen
JjQe vanne de décharge, placée dans la di-
,-jï au niveau du fond du routoir. Tout
•jQt ainsi disposé, et la vanne de décharge
krjiée, on introduit, par la vanne supé»
&^m, des eaux nouvelles jusqu'à trois
Aimèlres au-dessus des perches transver-
^'.n. La prise d'eau, ainsi que son écoule-
i^^Qt, doivent se faire avec précaution, parce
<|i^ des eaui fort agitées enlèveraient la
v^«(ie la plante. Ces deux opérations se
Tt't^tQtàpea près de vinet-quatre heures
'-nflgt-quatre-heures, c^st-à-dire au fur
*\ \ mesure que les eaux se colorent, ce
-jjQ «ave pendant les trois ou quatre. pre-
uetsjottfs. Les perches transversales qui
iit4(2bi le lin dans les eaux sans aucun
(«his, (jonaent le moyen de rouir égale-
u^eflt purce que, du moment oil la sève et
l^/iinies colorantes sont suffisamment ex-
(rsiies ou dissoutes, toute la masse se pose
uiamiement au milieu des eaux sur la
rrilledufoDd. Il est nécessaire que le lin
i'2 Hé séché d'avance au point d*ôtre dé-
;ouii)éiletootes ses feuilles, sans quoi il
s^inugerait trop longtemps. La force de la
v/ie se trouve déjà attaquée lorsqu'il des-
-qJ au fond des eaux, ©ailleurs le procédé
«Jêtherlaséve dans le lin nourrit la force
tfatiliiele rouissage. Le renouvellement
i'^k de toutes les eaux rend la couleur
9^e» distribue et conserve dans toute la
^bs€ do roui le môme degré de chaleur,
<"! f«r conséquent fait rouir avec égalité, en
'('{^servant à la plante toutes ses bonnes
^Mte. il est bon que le roui soit à l'abri
*^ soleil. M. d'Hondt d'Arcy est porté à
î^ire qne le lin et le chanvre avec les pré-
f^^lions indiquées ci-dessus, donneront une
^■^ plus souple et plus soyeuse que si on
"^eùi rouis suivant les. pratiques généra-
^«ûetusitées, et qu'au heu de trois à qua-
'f* semaines, dix à douze jours d'exposi-
'•<'Q sur le pré au sortir du rouloir, sulÔront
Nr les aérer et les blanchir. L'herbe n'aura
f<»l«lempsde s'élever au point de lescou-
'1!^''*' entretenir assez d'humidité pour
"^rla force d'une partie de la filasse et
^^pour la tacher. Par ce moyen toute
"«wnèresoveuse sera conservée ; on pourra
^^ptrer facilement de la chènevotte, la
^^ et la blanchir. Dans un rapport
»« Ma société d'encouragement, M. Molard,
wteur, s'exprime ainsi, relativement au
'"^fWé de M. d'Hondt : « Ce procédé de
^'«««e parait réunir, à l'avantage très-
>'^^)iiu de garantir tes habitants aes cam-
pagnes des effets funestes des o^iasmes putrides que dégagent les eaux stagnaBte.s, celui d'une plus grande promptitude et de l'économie dans l'opération en conservant au lin sa beauté et sa souplesse. 11 remplit toutes les conditions désirables, et on no
F eut qu'engager les cultivateurs à l'adopter. I est vrai qu on ne trouve pas dans toutes les localités des chutes d'eau de un mètre et demi de hauteur; maison peut y suppléer par des chutes artificielles, j» (Soct'À^ .d^ encouragement f 1812, tome I, page 45.)
Préparation du lin sans rouissage. — /mportation de M. Molard. — On sait que pour obtenir le lin et le chanvre, on est assez généralement dans l'usage de tremper les plantes dans l'eau jusqu'à ce qu'elles commencent à passer à l'état de putréfaction ; elles sont ensuite exposées pendant quelques jours sur le pré à l'action du soleil, après quoi on les porte au moulin pour en réparer la partie ligneuse, qui sien détache alors facilement. Cette opération non-seulement affaiblit les fibres de la plante et en détruit une grande partie, ce qui occasionne beaucoup de déchet, mais elle leur communique encore une couleur verdâlre qu'on ne peut enlever que par des blanchissages répétés. M. James Lee, manufacturier à Old- Bow, près de Londres, ne fait ni tremper ni rouir le chaûvre ou le lin. Lorsque la plante a atteint le degré de maturité convenable, on Tarrache à la manière ordinaire, ensuite on la bat en la plaçant eutre deux mâchoires où fléaux de bois garnis de fer, dont l'un est fixe et l'autre mobile; ces fléaux sont cannelés et s'emboîtent l'un dans l'autre. Par un moyen mécanique très-simple, la partie ligneuse de la plante est détachée, et laisse les fibres à nu. En passant le lin à travers des peignes, dont la finesse varie progressivement, il se trouve promplement préparé, et propre à l'usage auquel on le destine. Les avantages de ce procède sont évidents; on évite l'opération du rouissage, le lin ou le chanvre est de meilleure qualité, et susceptible de se diviser en brins assez déliés pour pouvoir servir à la fabrication des dentelles; il sufllt de le laver à l'eau pure pour qu'il devienne parfaitement blanc, la matière colorante n'étant pas assez adhérente à la fibre pour ne pas être enlevée sur-le-champ. Or, n'obtiendrait-onque ce dernier avantage, il est assez important pour qu'il soit facile de reconnaître la bonté de la méthode importée par M. Molard.
Ainsi, par le procédé de M. Lee, ont peut obtenir la matière en plus grande quantité, de meilleure qualité, et plus fine que par les moyens usités, en même temps qu'on évite l'opération du blanchissage. M. Molard a communiqué ce procédé au maire de Ménil- Saint-Denis, qui l'a répété, et lui a présenté des échantillons d'une filasse extrêmement forte et qui a donné peu de déchet; elle était en écru. M. Mo'lard l'a lavée k l'eau tiède sans savon, et elle est devenue parfaitement blanche. Cette opération doit se faire aussi t&t que le peiguage;
111 UN ACTIONNAIRE LIN Sli
il faut arracher les plantes avant qn^elles la poulie placée sur l'aie de la manivelle
aient atteint leur maturité complète. Le fil fait mouvoir une poulie ajustée sur Taxe
et la toile provenant des matières ainsi du cylindre, sur lequel passent les cordes,
1>réparées, non-seulement sont d*une qualité qui mettent en mouvement les ailettes lien supérieure, mais sont beaucoup plus niées aux tuyaux qui portent les petites faciles à blanchir. En effet, après le procédé poulies ; ce qui donne le tors convenable du rouissage, les fibres delà plante sont im- au fil préparé pour la filature. Une plancue prégnées d'une matière colorante dont on rmonte et descend le long de la broche, pour les dégage difficilement, et les préparations faciliter le renvidage égal du fil sur la bochimiques, employées le plus commune- bine. Cette préparation se fait sans l'emploi ment pour opérer ce dégagement, ôtent aux d'aucune chose qui puisse altérer les matièfilaments une partie de leur force, tandis res filamenteuses. Cette inaéhine peut prenne par la nouvelle méthode, il suffit de parer trente à quarante livres de lin dans l'es- 1 eau pure pour obtenir le même résultaL paee de douze heures. Le métier à filer se com- Les cultivateurs trouveront encore, dans pose d'une manivelle, portée par un arbre, cette méthode, un bénéfice qui ne doit pas qui sert d'axe à des cylindres en fer c^nneêtre négligé, c'est celui de ménager à leurs lés de deux pouces et demi de diamètre, bestiaux de nouveaux moyens de nourri- Un second arbre porte, près de la maniture. Il parait prouvé par l'expérience que velle, une grande roue en forme de poulie, le résidu des plantes ainsi traitées, peut; et à l'autre extrémité un pignon, jL|ui au élre employé avec succès à nourrir des che- moyen de la manivelle, donne le mouvevaux et d'autres animaux, l'enveloppe exté- ment à une roue dentée qui la transmet à rieure du lin contenant, dans la proportion un autre pignon, lequel le communique à d'un sixième, le même gluten que ren- une seconde roue, qui à son tour met eu ferme l'avoine. (Bulletin de la société denr- mouvement une troisième roue. L'axe du couragementy septembre 1815 et août 1816.) pignon, celui de cette dernière roue et celui Machines à préparer et filer le lin et le de la manivelle portant chacun dans leur chanvre. — Invention de MM. Munier et longueur, un nombre de cylindres en fer JohnMadden de Versailles. — Les auteurs cannelés, égal au nombre des broches ; les ont obtenu un brevet de cinq ans, pour des premiers sont donc de deux pouces et demi, machines dont la première, qu'ils appellent 6t les autres de quinze lignes seulement de préparatoire, consiste en un bflti, en un cy- diamètre. Des rouleaux de pression placés lindre en fer cannelé, de deux pouces de 2»ur les cylindres cannelés forment lamidiamètre portant d'un bout une manivelle noirs. Des leviers au moyen de crochets et et une poulie, et de l'autre un pignon qui de poids, pressent ces rouleaux sur les cycommunique le mouvement à une roue lindres cannelés. Des bobines portent le fil d*engrenage; en six cylindres en fer canne- préparé sur la machine précédente. Des enlés, dont le plus près du premier cylindre, tonnoirs en fer-blanc conduisent le fil de est de dix-huit lignes de diamètre, et les lin ou de chanvre dans les deux premières cinq autres chacun de quinze; en une toile rangées de laminoirs. D'autres entonnoirs sans fin sur laquelle on étale le lin ou le pareils aux précédents conduisent le fil aux chanvre, qui est conduit dans des enton- aerniers laminoirs, d'où il est conduit par noirs de fer-blanc d'où ils passent entre les des queues de cochon dans les branches de cylindres cannelés et des rouleaux de près- Tailette, qui le renvident sur une bobine sion placés sur les cylindres. Au sortir de fixée à une broche immobile. L*ailette , f*es laminoirs, la matière filamenteuse est fixée è sa partie inférieure à un tuyau de introduite dans les entonnoirs de devant cuivre qui est mobile sur la broche, est pour passer entre deux rouleaux de bois, mise en mouvement par la poulie fixée sur où elle subit un dernier laminage, après le même tuyau. Une autre partie est mise quoi elle est revidée sur des bobines desti- en mouvement par une corde qui embrasse nées à passer à la filature ; des leviers, au un cylindre qui obtient son mouvement de moyen de crochets et de poids, pressent les la grande roue, au moyen de la corde et de rouleaux sur les cylindres cannelés. On y la poulie fixée sur l'axe du tambour, (/^revoit aussi des supports, des cylindres can- vetspubliésy tome IV, pageltô, planche 14.) nelés et des rouleaux de pression. Des Statistique des filatures de lin en France — tquerres à coulisses servent de supports D'après un travail de M. Charles Schlumaux roues d*engrenage. Le mouvement est berger, publié dans le rapport du jury sur donné à cette machine par une manivelle la dernière exposition, le nombre des bro- (|ui entraîne avec elle le pignon placé sur ches mécaniques en France a plus que douunaxe; celui-ci donne le mouvement à blé depuis 1839; on en compte aujourd'hui une roue qui le rend à un autre pignon qui 120,000, réparties ainsi qu'il suit : le communique à une seconde roue, et ainsi
de suite ; de sorte que plusieurs roues et ** filatures dans les départements
pignons reçoivent leur mouvement de la , ^" **^^ *'5"'"^?*"'-^^ ' * ' ' ^'^^ *^"*^
manivelle, et le communiquent en dernier ^ Jf "^f.« ^*'" *^* dépariements ^,
lieu a la toile sans fin, au moyen d'un pi- 3 f^^^^^,^; ^ans les dépirUmenu ' ^noii. La poulie placée a lextrémité de du midi. ........ 1,000 —
1 axe du cyfinâre cannelé donne, au mojen 5 filatures* dans les déparicmenii ' —
d*une corde, le mouvement aux rouleaux -, de Touest d.^-^o
{IS LIN DES INVENTIONS
Sfblirts diBS les dôpartemenks éittntn 5,600 broch.
Les statistiques indiquent d*un autre côté çne DûQS cultivons annuellecnent :
i^^ hecures ensemencés en
(unnt, qui donnent. . . . 65,515,060 kîL syoo bcctares ensemencés en
iiB, qui doDoent 54,820,000 —
t- ^^^^ • I ebanf re. 8,600,000 —
te iTons importe { li^ . , 5,840,000 —
57,260^000 kil.
DotiH Tant dédoire pour exporliikA 1,000,000 —
Reste. . . . 11,U0,000 — Ensemble. . . 111,575,000 —
Û9 idoet que la marine , la navtçnm ialérieure et différents iBtrts Dstf es emploient à peu ' f«s. . . . V . . r . 40,000,000 —
EôSeàneUre en oeuvre . . . 71,575,000 — iM OB pest déduire environ 2
LIN 2t*
p. •;© pour déchet de peignage et autres..
Resterait dune à transformer en Ûl de long brin et d*étoupe. .
Nos filatures mécaniques, avec leurs 120,000 broches, produisent au minimum, en chanvre, lin etétoupe, environ. ...
Le surplus doit être filé à la main; 51 ,260,000 -
Et nous importions en 1843 :
En fils Entoile
5 divers. . . 7,629,900 V -a «qk qaa
île .... 2,766,000 / *^»^^^>^w
Consommation. . . 67,655,900
Ainsi nos filatures mécaniques ne produisent encore que la onzième partie de nçtre consommation. Voici comment ont varié les importations des fils et toiles depuis 181^.0, et quelles son4 les sources de leur provenance :