‹ Dictionnaire d'ascétisme (volume 4)Chapitre 5 sur 209 · REL · texte numérisé non relu

REL

nkHiveiiieotdes roues, ce qai parait éTidenimeot impraticable à bord d'un bâtiment de grande dimension.

Ce STStème est une copie exacte du système oe M. le marquis de Jouffroj (Achille), M. Hont ayant substitué une m aux palmes articulées de Tingénieur français.

rS^Miêwêe de Fife. — Le système de M. Fife se compose d'un lone segment pris sur le bord extérieur de Tnélice et formant un tour entier. Ce propulseur n*est autre que la fis de M. Delisle moins la solidité. Il exigerait une ouverture immense dans le massif arrière du bâtiment pour Ty installer, ce qui en affaiblirait considérablement la sutioilé.

3" Système du eapiiaine Carpentier. — Le f>ropalseur de M. le capitaine Carpenlier est composé de deux losanges à suitace plane formant arec Taxe des angles de 45 degrés et se coupant à angle droit. Il est érident que les différents points de ces losanges sont doués d'une vitesse d'autant plus grande, qu'ils sont plus éloignés de l'axe, imisqu'ils doivent tous accomplir une révolution entière dans le même temps; et, comme les lignes parallèles à l'axe, situées dans le plan des losanges et passant par c«*s points, (oruieut toutes avec l'axe le même angle, il s'ensuit que, tandis que les points exlfémes peorent acquérir une vitesse p\us gnode que celle du navire, ceux du milieu peorent aroir la même vitesse que lui et ceux de Taxe une vitesse moindre. Ces derniers deviennent donc dans ce cas nuisibles à la vitesse du navire. Mais, comme une partie de l'effort produit sur eux par l'eau tend à faire tourner le propulseur, la perte de force est moindre. Elle est cependant assez grande pour rendre ce système très-inférieur h celui de la vis.

Le capitaine Carpentier a en outre Tidée de rattacher l'arbre à la vis au moyen d'un joint universel, ce qui permettrait au besoin, en repoussant l'arbre eu dehors, de soustraire le système à l'action de la mer ; mais c'est toujours un grand inconvénient d'avoir un mécanisme quelconque au-dessous de l'eau, qu*on ne peut visiter à volonté. Ce système a été adopté par ordre de l'amirauté à la pinasse du bateau à vapeur de Sa Ibjesté le Geyser^ dont M. Carpentier est commandant.

hr Système du capitaine Smith. — Le système de M. le capitaine Smith est un propnlsenr qui ne diffère du précédent que'par la forme des surfaces planes, qui sont'trapézoidales; il renferme les mêmes inconvénients.

S* Système Bey$. — M. Beys, ingénieur prussien, a fait construire à Londres un bateau de M tonneaux en fer, muni d'une machine à k>asse pression, de la force de quarante chevaux, soit une tonne par cheval». avec lequel il se propose de faire !'essai d*on système de deux secteurs en tôle qu'il apfielle boites flottantes. Ces secteurs forment en effet deux boîtes à air, hermétiquement fermées. Leur effet est le même que

produisent les palettes. En outre, le système complètement imaginé présente a la marche du bâtiment la résistance de sa surface de section. M. Beys doit essayer en* core divers propulseurs construits d'après les principes du capitaine Carpentier, qui ne diffèrent de celui de ce dernier que par le nombre et la forme des surfaces ue propulsion.

6* Système Blaxhmd. — Le propulseur de M. Blaxland a été appliqué h un vapeur de rivière auparavant muni de roues à aubes, en conservant les mêmes machines. Ce bateau se nomme le Sirt/oure, jaugeant ihO tonneaux. Ces deux machines sont de WaStz et Bolion, dont la force totale est estimée à hO chevaux. Ce propulseur se compose d'un moyeu fiié sur l'arbre du propulseur, reposant sur un pallier dans le faux étanibot, qui est muni d'une boite à étoupes. Il y a dans le massif arrière une ouverture dans laquelle agit le propulseur ; du mojeu partent quatre bras, sur lesquels sont rivés ou vissés cinq segments; et c'est la manière de fixer ces segments suivant des angles particuliers, qui constitue les avantages spécifiés par M. Blaxland dans S3à patente.

La manière de communiquer à l'arbre propulseur est un grand tambour fixé sur l'arore de la macliine. Ce tamt>our se compose d'un certain nombre de planches épaisses placées sur les cercles extérieurs des roues, parallèlement à l'axe, comme les donves d'une barrique. On a pratiqué une série de rainures sur la circonférence du^ tambour ainsi formé. Un autre tambour plus petit est fixé à l'arbre du propulseur, lequel a des rainures en même nombre et de même forme que celles du grand tamliour.. Le mouvement est communiqué de l'arbre de la machine à celui du propulseur aamoyen de cordes sans fin semblables entre elles» placées dans les rainures, et auxquelles on peut . donner la tension voulue au. moyen de i>oulies de serrage.

Ce système ne parait pas pouvoir être appliqué utilement a un navire de mer, dans, lequel on ue peut installer un mécanisme aussi compliqué. Dans une expérience faite entre le Swi[oute et le Novelty^ bâtiments, de ââO tonneaux* et propulsés au moyen de machines d'environ 80 cbevaux par une vis ordinaire, le Novelty gagna le Swifoure de près d'un mille par heure; or, comme on sait que le premier n'a jamais dépassé T milles en eau morte, on doit conclure que> te système Blaxland est inférieur au svstème appliqué au Novelty.

7* M. Smith a adopté de préférence le propulseur Sauvage^ sans rien y changer. Il est composé, comme nous l'avons dit plus, haut, de deux segments héliçoïdes, formant ensemble un tour entier dont Tangle milieu d'inclinaison est d'environ tô degrés. Ces hélices reposent suc l'arbre lui-même, et^ par conséquent, la vis est entièrement pleine. Ce système a été appliqué à un petit navire,. VArchimède, puis à bord de la Princesse^ Royale.

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8* Système David Napter. — le syslème de H. David Napier consiste en ce que son propulseur n'est qu'en partie immergé, ce qui permet de réduire la vitesse de son axe et d*%viter la perte angulaire produite par le mouvement rotatif des parties rapprochées du centre.

La disposition consistée placer à l'arrière, dans un encadrement , deux roues d'égal diamètre; l'une est un peu de l'avant de l'autre, de manière aue les extrémités des James viennent raser les axes respectifs. Un bateau à vapeur en fer, construit par M. Napier pour essaj^er ce système, a atteint une assez bonne vitesse; l'arrière se terminait presque carrément, de sorte que les propulseurs consomment une grande partie de leur force à agir dans une eau morte, conséquence de cette construction.

9* Système Mennie (Spirale Rennie). — La vis dite vis d'Archimède est simplement, comme il a été d'il, une hélice, c'est-à-dire qu'elle se compose d'un plan incliné enroulé autour d'une tige ou d'un cylindre.

M. Rennie propose, lui, de remplacer l'hélice par une vis spirale; alors sou propulseur sera engendré en enroulant un plan incliné autour d'un cône logarithmique ou spire. Son but est d'augmenter graduellement le pas du filet, de sorte que, lorsque Teau aura acquis toute la vitesse que la partie antérieure delà vis peut lui donner, elle continue à lui imprimer une nouvelle impulsion, et ainsi le filet peut être continué jusqu'à ce qu'il devienne presque droit.

Il y a dans cette modification ingénieuse quelque chose d'intéressant, la disposition remarquable de ce système étant fondée sur une étude attentive des formes données par la nature aux poissons qui nagent très-vite, tels que les saumons, les maquereaux et les harengs, qui sont propulsés par leur queue. Mais nous ferons observer que l'impulsion ne provient point d'un mouvement rotatii continu, mais bien de chocs successifs. Ici, comme ailfeurs, la question est loin d'être résolue.

M. Rennie doit, en vertu des ordres de J'amirauté, installer ce propulseursur un bâtiment dont l'eflicacitédéHnitive sera démontrée pratiquement : avant un essai bien conduit, il serait dif&cile de formuler sur ce système, comme sur tant d'autres, un jugement concluant.

lO' L'institution des ingénieurs civils de Londres a repris, dans la séance du 20 février 18U>, la discussion qui avait eu lieu à la séance précédente au sujet des propulseurs à hélice ; M. Grontham a expliqué la construction du propulseur placé à bord du Liverpool strtvb. Ce propulseur est formé de

2uatre bras avec de larçes extrémités on copes fixées à un angle de 45 degrés.

11* Tis à échelons, — Elle a été imaginée dsins le cas où on se trouverait obligé de diminuer le recul d'un bâtiment ayant un faible tirant d'eau et une seule vis. Cette modification consiste à allonger l'arbre de la vis de manière à placer les segments ou

échelon.^, en doublant la longueur de l'arbre d'une vis composée de quatre segments : ou peut ainsi augmenter sa surface d'un tiers, sans rien changer au diamètre ni à l'action des segments, en les dis))Osant de telle sorte qu'au lieu de se trouver à tù<\me hauteur comme auparavant, on les fasse avancer chacun d*un tiers de la longueur de l'arbre primitif.

Conclusion. — D'après ce court aperçu, à qui donnerons-nous )e titre glorieux d'inventeur de l'hélice ou vis d'Archimède, que tant d'ingénieurs et mécaniciens se disputent?

Américains, Anglais et Français, soyons de bonne foi : chacun de vous avez apporté à sa perfection votre part de génie, de talents et de veilles.

A chacun donc sa part dans notre admiration et notre reconnaissance, pour tant d'études, malgré si peu de succès. Dans votre amour de la science et de Thumanité, votre but était de rendre définitive l'appli* cation de ce propulseur transformé de tant de manières à la navigation par la vapeur, l'une des plus belles découvertes dont puisse s'honorer l'esprit humain.

HIÉROGLYPHES. — C'est le nom que les Grecs, et, par suite, les peuples modernes, ont donné aux figures inscrites sur les monuments religieux de l'Egypte, et dont l'assemblage formait un langage pour les yeux, une écriture symbolique par laquelle on sut, longtemps avant Cadmus, donner de la couleur et du corps aux pensées. Nous avons déjà parlé des hiéroglyphes à l'article Ecnt-* TifRB [voy, ce mot) : nous compléterons ce qui en a été dit par la notice suivante, publiée par M. Arago dans V Annuaire du 6urmu des longitudes (année 1835J.

« Histoire de la première tnterprétniion exacte qui ait été donnée des hiéroglyphes, — En corrigeant ces jours derniers, pour les Mémoi" res de V Académie des Sciences^ les épreuvea d'un éloge historique du docteur Thomas Touug, qui remonte déjà à trois années, il me vint a Tesprit que le chapitre dans lequel j'ai discuté les titres des deux célèbres prétendants à la première interprétation exacte 2u'on ait donnée des hiéroglyphes égyptiens, tait de nature à entrer dans l'Annuaire. Cette découverte, me disais-je, figurera certainement au premier rang parmi les plus belles de notre siècle. D'ailleurs, après les débats antmés qu'elle a fait naître, chacun doit désirer savoir si la France peut, cons^ ciencieusementf prétendre à ce nouveau titre de gloire. Ainsi, Timportance de la question et I amour-propre national bien entendu se sont réunis pour m'encourager à publier ici le résultat de l'examen minutieux Auquel jd m'étais livré. Puissé-je ne m'élre pas trop aveuglé sur le danger qu'il y a touiours a aborder des sujets difficiles, dans des matières dont on ne fait pas le sujet spécial de ses études.

« Les liommes ont imaginé deux systèmes d'écriture entièrement distincts. L'un est employé chez les Chinois : c'est le système

DES INVENTIONS

hîéioglTphiqae ; le second, en nsage actael* lemeiit chez tous les antres peuples , porte le nom de système alphabétique ou phonétique.

€ Les Chinois n*ont pas de lettres propreneot dites. Les earactères dont ils se serrent pour éerire sont de yéritables hiéroglyphes : ils représentent non des sons, non des articulations, mais des idées. Ainsi matsoa s'exprime è l'aide d'un caractère unique et spécial, qui ne changerait pas, quand même tons les Chinois anÎTeraient à dfésigner une maison, dans la langue parlée, par un mot lolaleaient différent de celui qu'ils pronouceot aujourd'hui. Ce résultatvous surprendil t Songez à DOS chiffres, qui sont aussi des biérogljphes. L'idée de l'unité ajoutée sept fois i elle-même, ou le nombre huit, s'exprime partout, en France, en Angleterre, en Espagne, etc., à l'aide de deux ronds superposés verticalement et se touchant par un seul ^ijtmi ; mais en Toyant ce signe idéographique Sf le Français prononce kuU^ l'Anglais eig&l, l'Espagnol oeho. Personne n'i-gnore qu'il ea est de même des nombres composés. Ainsi, pour le dire en passant, si les signes idéographiques chinois étaient géoératement adoptés, comme le sont les chiffres arabes, chacun lirait dans sa propre langne les ouvra^ qu'on lui pré-> senlerail, de même qu'il lit tous les nomhref. Sans aroir besoin de connaître un seulmol de li langue parlée par les auteurs qui les auraient écrits.

« Il n'en est pas ainsi des écritures alpha- ' oes:

Célm 4r fii wom vfeni cet art iagéafen Ite juimlrfi ta pnole et dt pari«r ans jeas,

ajaot ùit ta remarque capitale, que tous les mots de la langue parlée la plus riche se composent d'un nombre très-borné de sons ou articulations élémentaires, inventa des signes ou lettres , au nombre de 2i ou 30, pour les représenter. A l'aide de ces signes, diversement combinés , il pouvait écrire toute parole qui venait fraf)per son oreille, même sans en connaître la signification.

c L*écriture chinoise ou hiéroglyphique semble Fenfance de l'art. Ce n'est pas, toutefois, ainsi qu'on le disait jadis, que, pour apprendre à la lire, il faille, enChinemême, la longue vie d'un mandarin studieux. Rémusat, dont je ne puis prononcer le nom sans rappeler l'une des pertes les plus cruelles que les lettres aient faites depuis long«temps, n*avait-il pas établi, soit par sa propre expérience, soit par les excellents élèves qu'il formait tous les ans dans ses cours, qu'on apprend le chinois comme toute autre langue t Ce n'est pas non plus, ainsi qu'on Tima^ne au premier abord, que les caractères hiéroglyphiques se prêtent seulement à Fexpression des idées communes : quelques pages du roman Fu-ttao-fi, ou les Dmx Ùotimes, suIBraient pour montrer que les abstractions les plus subtiles, les plus quinlessenciées n'échappent pas à récriture chinoise. Le principal déiant de cette écriture serait de ne donner aucun moyen d'exprimer des

noms nouveaux. Dn mandarin de Canton aurait pu mander par écrit à Pékin que, le ik juin 1800, la plus mémorable bataille sauva la France d un grand péril ; mais il n'aurait su, en caractères purement hiéroglyphiques, comment apprendre à son correspondant que la plaine où se passa ce glorieux événement était près du village de MarengOf et que le général victorieux s'appelait Bonaparte. Dn peuple chez lequel la communication de noms propres, de ville à ville, ne pourrait avoir lieu que par l'envoi je messagers, en serait, comme on voit, aux premiers rudiments delà civilisation ; aussi, tel n'est pas le cas du peuple chinois. Les caractères hiéroglyphiques constituent bien la masse de leur écriture; mais quelquefois, et surtout quand il faut écrire un nom propre, on les dépouille de leur signification idéographique, pour les réduire à n'exprimer que des sons et des articulations, pour en faire de véritables lettres.

« Ces prémisses ne sont pas un hnrs-d'œuvre. Les questions de priorité que les méthodes graphiques de l'Egynteontsoulevées vont être maintenant faciles a expliquer et à oom-

f^rendre. Nous allons, en effet, trouver dans es hiéroglyphes de l'antique peuple des Pharaons tous les artifices dont les Chinois font usage aujourd'hui.

« Plusieurs passages d'Hôrodoie, de Diodore de Sicile, de Clément d'Alexandrie, ont fait connaître que les Egyptiens se servaient de deux ou trois sortes d'écritures, et que dans l'une d'elles, au moins, les caractères symboliques ou représentatib d'idées jouaient un grand rôle. 'Horapollon nous a même conservé la signification d'un certain nombre de ces caractères; ainsi, l'on sait que Vépertier désignait Vdme: Vibis^ le ecsur; la colombe (ce qui pourra paraître assez étrançej, un homme violent; la flûte^ Vhomme aliéné; le nombre seûe, la volupté ; une grenouille^ Vhomme imprudent; la fourmi^ le savoir; un noeud coulant^ Vamourf etc., etc.

« Les signes ainsi conservés parlIora|x>]lon ne formaient qu'une très-petite partie des huit à neuf cents caractères qu'on avait remarqués dans les inscriptions monumentales. Les modernes, Kirclier entre autres, essayèrent d'en accroître le nombre. Leurs efforts ne donnèrent aucun résultat utile, si ce n*est de montrer à quels écarts s'ex* posent les hommes les plus instruits, lors*

3ue dans la recherche des faits ils s'aban-> onnent sans frein à leur imagination. Faute de données, l'interprétation des écritures égyptiennes paraissait depuis longtemps à tous les bons esprits un problème complètement insoluble, lorsqu'en 1799, M. Boussard, officier du génie, découvrit dans les fouilles qu'il faisait opérer près de Rosette une large pierre couverte de trois séries de caractères parfaitement distincts. Une de ces séries était du grec. Celle-là, mafgré' quelques mutilations, fit clairement connaître que les auteurs du monument avaient ordonné que la métne inscription s'y trouvAt tracée

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