QUE VOTBE NOM SOIT SANCTIFIÉ
Des victimes, des sacrifices, des holocaustes, ne doivent pas être l'otfrande par laquelle je puis vous honorer, ô mou Dieu; depuis longtemps votre prophète m'a dit que vous n'avez aucun besoin des choses qui m'appartiennent. La pureté du cœur, le renoncement au monde, le détachement des choses do la terre, voilà les sacrifices digues
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MGTfONiNAlRE
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de vous, et c^est là, Seigneur» ce que je viens TOUS prier de me donner vous-inôme, afin que je puis:$e glorifier ici^bas voire nom auguste et trois K>is saint.
N*est-<3e pas à moi (}u*il appartient, en effet, d'assurer son triomphe et sa gloire? N'est-ce pas moi qui dois, plus que tout autre, inviter toutes lus créatures a le louer, à le bénir?
Oui, Seigneur, il me faut, à l'exemple des saints, propager en tous lieux la connais* aance de votre nom sacr<^, désirer par-dessus tout son triomphe, et préférer à tout sa sanctiUcation et son honneur.
Appelé par le banlâme au bonheur de le connaître, de le glorifier et de rinvo(]^uer dans mes peines, je dois entrer, pour amsi dire, en possession de ma dignité, et, à Texem* pie des grands de la terre, quon investit d*une chaire éminente, m*instruire de ce qu'il faut faire et de ce qu il faut éviter. Publier vos louanges au milieu de toutes les nationsi redire en tout temps et partout que vous avez fait pour moi de bien grandes cnoses, annoncer à tous Jésus, et Jésus crucifié, voilà, je crois, Seigneur, par où il faut que je commence.
Et certes, en agissant ainsi, îe travaillerai pour mon compte, puisque, selon le livre de la Saçeeee^ « la gloire du père étant aussi la « gloire du fils, » il est évident que plus je chercherai à établir votre empire, plus je gagnerai de prières et de suffrages pour mon lionheur.
— Sans doute, mon Dieu, vous n*avez ancun besoin des hommages de Thomme ; à son défaut, les êtres sans raison ne formentt-iis pas un assez beau concert de louanges pour honorer votre majesté souveraine? L'alouette aux champs, le rossignol sous la feuillée , le lion uans l'immensité des déserts, réléphant au fond des forêts, les énormes cétacés dans les gouffres de Tabime, toutes les créatures, en un mot, célèbrent » avec assez d'énergie, votre gloire et votre puissance.
Néanmoins 9 Seigneur, vous voulez que rhomme abaisse devant vous sa raison superbe, vous reconnaisse pour dominateur souverain, et s'échappe, pour vous adorer, à ces frêles liens que le monde, hélas 1 lui impose.
Volonté de mon Dieu, soyez accomplie, et que le nom du vrai Dieu, du Dieu vivant, du Dieu vengeur, du Dieu terrible, soit à jamais glorifié sur la terre I
Que voire nom $oil sanctifié I doit être on tout temps et partout le seul cri que je veuille faire entendre, le seul désir que je me plaise à exprimer.
QCE VOTRE RÈGRB IRRIVE.
Vous le savezy Seigneur, bien des maîtres se disputent la possession de mon &me ; elle est en proie à uien des tentations, à bien des dangers 1 La sagesse a beau parier par votre bouche, la voix de la nature se montre tougours la plus forte ; et comme, malheureu^emcnti elle s'accorde avec hi voix do
mon faible cœur, je crains de succomber, si vous n'étendez sur moi votre main protectrice. Ici, c'est le démon qui me sollicite, ou le monde qui déploie à mes jeux ses séductions et SQS pompes ; ïit c^est la volupté qui m'attire, ou l'orgueil qui m'appelle pour me soustraire à votre sainte loi 1
Levez-vous, mon Dieu, venez vite ï mon aide, ou je suis perdu ; dissipez au souffle de votre haleine cette myriaae de tjraos : qu'ils fuient loin de votre domaine ; que votre loi seule soit la règle de ma conduite; que votre parole me dirige, et que je oe trouve mon bonheur et ma gloire qu'à vous aimer sans partage, et k souffrir pour l'amour de vous I
Conduisez-moi, Seigneur, par votre providence, réglez-moi par votre justice, inspirez-moi par votre exemple, enrichissez-moi de vos bienfaits, et ne me ch&tiez que dans votre miséricorde. Emparez-vous tellement de mon cœur, de mon entendement et de ma volonté, que le démon, la chair et mon caprice ne puissent plus y trouver place. Trop longtemps, 6 mon Dieu I ces divinités étrangères ont exercé sur moi leur tjraonique empire; honteux de mon abaissement et de mon servage, je reviens à vous; je vou» appelle , grand Dieu l Que voire règne m'orrivel
Donnez-moi votre grAce, Seigneur, pour que désormais je ne pense qu'à lui et ne cherche que lui seul ; qu'il soit ma première pensée à mon réveil , et qu'au moment de me livrer au repos, ce soit la dernière idée que je caresse encore. Vous êtes, mon Dieu, la bonté par essence, l'amabilité par nature; à vous seul peut convenir le titre d'épooi de mon &me. Régnez donc seul sur elle, réglez seul ses sentiments et sa volonté ; que tout en elle vous appartienne 1
Que voire règne arrivel Maïs • Seigneur» c'est à cela seul que doivent raisounabiemeot se rapporter mes désirs ; c'est à consolider ce règne que doivent tendre mes efforts. 0 Jérusalem céleste, mère- patrie t quand me sera-t-il donné de vous voir reproduite sur la terre 1 Quand respirerai-je sous un ciel où ne se fiissent entendre ni les plaintes de la douleur, ni les cris de la discorde, ni les imprécations de la colère, ni les murmures des factions I Comme le ceri soupire après les sources d'eau vive pour étancher la soif qui le dévore, ainsi mon âme, 6 mon Dieu, soupire après l'établissement de votre règne.
Qu'il arrive, qu'il soit aimé; telle est mon ambition, telle est ma volonlé la plus forte; au prix do mon repos, au péril môme de ma vie, je voudrais apprendre à toutes les créa* tures à le connaître et à l'aimer I
Certes, il ne serait pas convenable, A mon Dieu, que différente fût ma pensée \ car, que n'avez-vous pas fait pour gagner, pour captiver mon Ame? — Ahl croyez-le bien, la dette de reconnaissance que vos bienfrits ont amassée dans mon cœur est immense comme votre niisériconle, immense comme votre bonté ; difficilement. Seigneur, votre
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DES Indulgences;
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clémence aurait pu s*eiercer en faveur d'un être qui en sentit mieux le prix et qui Tad* mirât darantage.
Que votre régne arrive^ 6 doux Jésus, voilà eequeje ne puis cesser de demander; main* tenant que je connais, par mon expérience, combien votre joug est léger et combien vous êtes riche en miséricordes et en grâces. — Poutre intenté^ feus longtempêj héiae! Vambiîieuse folie de demander à la lerre des titux sans nuages et des bonkeurs sans dé" plaisir, comme si la voix de tous les siècles ne m*avait pas af^ris qu*à vous seul est réser? ée la puissance de calmer les orages et d*apaiser les tempêtes !... Mais vous me re« tirâtes de mon égarement, mon Dieu ; la voix de vos serviteurs et celle de vos ministres vint me redire que vous êtes doux et humble de cœur; qu*en vous seul résident le contentement et la joie, et, en m'apprenant à étouffer, par la pénitence, les murmures d'une âme coupable,ils me dirent parauels moyens je pouvais ici-bas concourir à I*étab!issement de votre règne.
Qu'il vienne, Seigneur, qu'il arrive I C'est là mon désir, c'est là le premier de mes vœux; le bonheur que j^avais laissé s*altérer loin de lui, je le retrouve, dans toute sa fratcheur, depuis que je suis revenu m'abriter à Tombre do vos ailes.
QUB TOTRB VOLONTÉ SOrT FAITE.
Vous avez fait tout ce que vous avez voulu, 6 mon Dieu« et cependant il est au inonde un être vicieux qu*une inclination perverse porte à lutter contre votre volonté suprême. — Cet être vicieux, c'est Thom* lue!...
Mal k propos, Seigneur, car votre loi n'a rien que de bien doux et de bien aimable : diiïéreote des institutions de la terre, elle n entntne ni le dégoût, ni lennui.
L'amour du prochain et la prière, l'hor^ reur du mal, l'enthousiasme du beau, voilà ce qu'elle prescrit, ce qu'elle ordonne ; puis elle adoucit la vie pour ceux qui savent 6tre GdèU*s.
Un do vos glorieux martyrs, 6 mon Dieu, traça jadis à I Eglise militante les règles qu'il f^ut suivre pour accomplir votre volonté, et, c'est en son nom que je vous demande cette humilité, cette retenue, r.ette miséricorde et cette pudeur qu'il recommandait avant tout.
Dans les choses qui se rapportent à ma croyance, ic vous prierai. Seigneur, de me donner la lermeté qui fait affroitter le péril, le courage qui fait combattre et la patience qui ravit la couronne.
--Ohl que votre volonté s'accomplisse en moi-même et par ma coopération; que tout ce que vous avez arrêté pour moi de toute éternité , soit pour le bonheur, soit |K>ur rinfortune, ait son exécution pleine et entière ; je m'efforcerai d'être malheureux avec résignation, et je saurai être heureux avec sagesse, alia de ne pas |)ordre, par ma <iéMibéi:»5ancc ou par ma vauilé, le Irésjr
de mérites que vous voudrez amasser sur ma têt^.
Ne permettez pas, mon Dieu, que ie cherche k découvrir ce qui peut m'être honorable ou ignominieux, inutile ou proGtable, avantageux ou incommode, afOi^eant ou gracieux, triste ou agréable; mais, faites qu'en tout temps et en toute occasion je cherche l'accompUssomeni de votre volonté sainte.
Oui, Seigneur, quand môme je serais livré aux plus cruels supplices , quand même je verrais mon corps réduit en esclavage et servant de jouet aux plus intraitables bourreaux, je devrais m estimer plus heureux que si j'étais inondé de délices, pourvu toutefois que de mes angoisses et de mes tortures il résultât un avantage pour votre gloire. Souffrir pour vous est une belle destinée, mon Dieu; et qu'ils me semblent heureux et sages, ceux qui, sachant que la véritable gloire de l'homme consiste à faire la volonté de Dieu, reçoivent de votre maii le calice d'amertume que vous préparez à vos élus! •
Ce ne sont pas mes ennemis qui m'ont ap-^ pauiTt, disait le prophète-roi, au milieu de ses tribulations et de ses douleurs, e^est Dieu qui m'a repris ce qu'il montait donné dans sa miséricorde ; que sa volonté s'accom" plisse !
Ce n'est pas Seméi qui me charge d'injures^ c'est Dieu qui veut exercer ma patience en éprouvant ma fidélité, disait encore David, tan jis qu*un impie insultait à ses malheurs. Et, à la vue d'un si bol exemple, mon Dieui je reste presque sans courage 1
Oui, sans courage, adorable maître, parce
3ue, pour arriver à ce point de perfection, 'oubli de moi-même, d*aboégalion, de renoncement parfait, je sens que mes forces sont insufifisantcs I
.... Augmentez-les, mon Dieu, je vous lo demande au nom de votre gloire; réchauffez, par votre assistance, ce co9ur qui demeura t>ï longtemps stérile et glacé, et que le dé6ir de faire votre volonté, d'accomplir votre loi sainte, soit toujours le premier sentiment qui y domine 1
DONNEZ- KOUS AUJOCRD'uL'I NOTRE filN DB CHAQUE JOtR.
Quel homme, pour peu qu'il ait entendu votre voix et qu il connaisse votre langage, ne comprendra i)as vite, d mon Dieu, que, seul, vous avez pu dicter cette touchante prière : Notre Père 1 Sans parler de sou admirable simplicité et de son universalité f>révovante, il suffit d'examiner l'ordre dans equel sont exposées les demandes qu'elle renferme, pour ne pas hésiter un moment à vous en proclamer l'auteur.
Quel est, en effet. Seigneur, le plus pressant désir d'un enfant bien né 7 N est-ce pas de voir honorer le nom de Têtre aimé qui lui donna la vie ? — Ce désir est clairement exprimé par ces mots : Que votre nom soit sanctifié 1¥à puis, comme la passion dominante d'un tils aimant et soumis est de voir,
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eo tout ot partout, respecter la volonté de son père, vous ajoutez : Que votre règne qT" rive^ fue votre volonté soit faite !
Enhn, mon Dieu, comme il est d*usage qu'un enfant ne demande gu'à son père le pain qui soutient son existence; comme»
difficilement, il trouverait une autre main
3ui le lui donn&t avec autant d'abondance et e régularité, vous mettez dans sa bouche une prière que sa simplicité même rend belle : Donnez-nous aujourd'hui notre pain de chaque jour !
Ouï, de chaque jour ^ car, que deviendrait notre âme, à vous refusiez cette nourriture saluiaire? à quelle extrémité ne nous trouverions-nous pas réduits? — 11 est en nous, vous le savez, Seigneur, deux organisations distinctes, l'une corporelle et terrestre, Tautre spirituelle et divine. A Tune le pain matériel, les aliments grossiers et les appétits de la terre; mais à l'autre, mon Dieu, donnez et donnez sans mesure celle manne dont vous rassasiez vos élus, ce vin dont vous enivrez les vierges 1 C'est pour avoir négligé de vous le demander tous les jours, que mon Ame est -tombée en défaillance; cest pour avoir été indifférent, oue je me vois si languissant et si malade. Pain des an^es» forlifiez-moi 1 C'est vous seul que je désire ; vous seul pouvez ranimer ma vigueur. Pain des angles, ne me quittez pas, amour des chérubins, sagesse éternelle, lumière du monde, miséricorde infinie l
Adieu sans regrets comme sans retour»
aliments perfides et empoisonnés de la terre, voluptés qui , trop longtemps, avez enivré mon cœur ! Le roi du ciel m'a introduit dans ses celliers, le véritable Melchisédech m'a présenté le pain et le vin qui font les délices des rois ; désormais, ce sera ma nourriture, ce seront là mes plus chères délices.
Faites, mon Dieu, qu'en le savourant, ce pain céleste, je m'abime tout en vous et me transforme si bien, qu'il ne reste pas en moi la plus petite étincelle d'un feu qui vous soit étranger. Faites que, soutenu par vous, et éclairé par votre lumière, je m'entoure ici-bas d'intelligences sublimes pour m'en* trelenir avec elles de votre amour infini et de vos ineffables miséricordes. — Car, telle est la puissance de votre religion. Seigneur, que, pour l'imagination, elle est comme un sens déplus qui donne de Tespace à l'existence et la rend plus heureuse et plus noble. Dans la fleur qui se courbe, se flétrit et renaît tous les ans, elle nous montre l'image de TAme humaine qui se renouvelle aussi, quand elle le veut fermement, et pourvu qu'elle ne soit pas épanouie aux plaisirs du monde jusqu'à se laisser dessécher, ou jusqu'à se bnser et se rompre. Dans le vent qui murmure, elle nous montre comme une voix du temps qui nous rappelle que l'éternité s'approche ; enfin , mon Dieu , elle se mélo à tous les défaits de la vie et toujours accompagnée de grAce. d'amour, d'es))érance et de joie.
Que pour celle religion admirable je sois au moitia toujours prOl à tout souffrir et à
tout faire. Seigneur I Où pourrais*je trouver comme là des sujets de consolation et de tendresse ?
U fallait qu*elle fût bien grande, 0
mon Dieu ! celle que vous éprouviez pour l'homme , que vous lui ayiez fait un commandement exprès de vous demander cbague jour sa nourriture, sans lui permellre d'attendre au lendemain. — Quoi! pas ao moment de délai, pas le moindre ioterTalle dans ses sollicitations, dans ses prières l — Cette espèce d'impatience, jalouse d'èlre invoquée par lui, s'explique, Seigneur, pur tout ce que son salut vous a coûté de travaux et ae peines. Exigez, exigez encore, et ne nous abandonnez jamais; donnez-nous la plénitude de vos grAces.
— Et moi, en retour de cet immense bienfait , je chercherai à remplir mon cœur dV mour pour vous et de haine pour moimôme. Hélas 1 quand viendra l'heureux joar oîïf dégagée des éléments cantraires qui combattent ses destinées élues , mon Ame s'élèvera vers vous, foyer de grandeur, centre de lumière et d'éternelle bonté?
ET PARDONNBZ-NOUS NOS OFFSffSES.
Malgré l'invitation pressante gue vous me faites de m'asseoir a votre taole, 6 moa Dieu ! malgré le désir gue j'éprouve de me rassasier du pain quotidien que vous teoex à ma disposition, je crains de me montrer en votre" sainte présence !... Le souvenir de l'impie Aman vient arrêter mes pas; je sais
Si'il trouva la mort dans la fête même qu'Esc er avait préparée pour lui. Votre dessein, j'en ai la certitude, n'est pas de me faire pé> rir; mais la connaissance de mes fautes et mes remords élèvent dans mon cœur une voix trop puissante : il ftiut que je m'arrête... J ai beau me dire que votre grâce, toujours prête à seconder la volonté de rhomme et à prévenir les besoins de toutes les créatures , ne me fera pas défaut, si je l'appelle avec ardeur : ta mémoire de vos
S races méprisées, la conscience de mon in* ignité, et peut-être un reste d'attachement pour le monde, que je ne puis guère définir, tout me jette dans le découragement. — Je serais presque tenté de m'écrier : Bioifnex^ voue de mot, mon Dieu f parce que je suis un grand coupable!
Que mes anxiétés sont grandes, et que ma
volonté est faible! Toujours cherchant,
choisissant, prenant, rejetant et choisissant encore, je me démène, je me fatigue ; mes incertitudes et ma volonté même , tout me tourmente, tout me lasse.
Venez à mon aide. Seigneur! mon coeur contrit et brisé vous invoque; il sent btea que, pour apaiser son trouble, il lui faut le ciel et l'éternité.
Venez , mon Dieu ! donnez-moi la remis* sion de mes fautes; pardonnez-moi mes offenses, comme ie pardonne aux autres hommes le mal qu ils peuvent m'avoir fait. Le pardon des injures , je le sais, vous a pat u tellement nécessaire , que vous n'avez pa^ balancé ù en faire U!i comma*idcmcul , d
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DES INDULGENCES
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r*est peut-être parce auo ce oommandeaient est un des plus pénibles à notre nature que '*ose me faire » k vos yeui » uo mérite de 'accomplir.
PardonnezHDoi, Seigneur, pardonnez-nioi ; contre le ciel et contre vous j*ai multiplié mes offenses* j'ai abusé de vos dons, de vos bienfaits et de vos er&ces : je ne mérite plus le titre d*enfant de Dieu. Cette patience, cette longanimité dont vous avez fait pour moi un usage si ^atuit et si long; ces avertissements salutaires que j*ai reçus par vos inspirations saintes ou par Tor^ane de vos serviteurs; j^ai tout méprisé, j*ai négligé de tout comprendre. Ces épreuves salutaires auiquelles vous me soumettiez pour me cornger, pour me confirmer dans le bien, je n'ai point voulu me les expliquer; et, au lieu de chercher le calme et le repos h Tomfare de vos tabernacles , j*ai été comme Toiseau des tempêtes , qui ne peut vivre sans les flots agités et les oroges !...
Vous le savez. Seigneur, fai été sur la terre sans songer aux générations nombreuses dont je foulais la cendre, et sans penser à celles qui doivent vivre encore après moi. «Venez, couronnons-nous de roses avant qu^elles se fanent, » disais-je à tout venant, en cherchant à Tentratner; et, comme les filles de Sion , dont votre prophète observa jadis les égarements impurs, quand ses yeux , ravis en extase , parcouraient les noires prévarications de TidolAtre luda, je m'entourais de luxe, de parfums et (fenivrantes mélodies , sans songrr que la tombe était là béante pour me recevoir!... Oui, mon Dieu , je me retournais dans tous les sens pour t&cher d*unir ensemble le crime et le re|>os ; et lorsque je trouvais que mon propre jugement se révoltait contre cette impossibilité , je soulevais mes passions contre ma raison, espérant, mais en vain, d'imposer silence à ma conscience accusait icc. Par tous les moyens possibles, je cherchais à me rendre lavorable le jugement qu'elle portait contre moi , toutes les illusions , tous les stratagèmes que je jugeais propres à me séduire moi-même, je les emjiloyais avec persévérance ; je ne voulais ni m'assujettir aux règles du devoir, ni subir Tamertume des remords!...
A combien d*écueils ne me suis-je pas brisé, Seigneur! et quelle aurait été ma nn, je le demande, si votre main protectrice b*était venue pour me relever? Je courais avec tant de passion , avec tant d'imprévoyance et de délire; je vous fuyais, mon Dieu , je vous fuyais ; et, quoique je me rap* pelasse vos invitations touchantes, quoique voire voix enivrante et douce vibrât sans cesse à mon oreille, je m*éloignais toujours pourtant 1
— Pardonnez-moi, Seigneur, panionnezipoi, je vous le demande à deux genoux. Celte prière que vous avez enseignée vousmême au pécheur qui se repent et qui pleure, voyez , je la répète avec transports : Notre Pire^ qui éies aux cieux^ pardonntz^moi mes
... Clémence admirable de mon Dieu! nous vous offensons, nous blasphémons votre nom adorable , et vous dîtps : Yenejt à moi. Vous nous offrez la réconciliation et la paix, lorsque c*est nous qui avons déclaré la guerre 1 — Ah I ce n*est pas ainsi que vous avez traité ces millions d'esprits célestes, qu'une seule faute a privés uu ciel, et que leur révolte a chassés pour toujours des splendeurs immortelles. Tout le temps que vous serez Dieu, ils subiront leur peme, et cependant ils n'ont failli qu'une fois!
Mais aussi, quel médiateur n'avons-nous pas eu près de vous!, ..C'est lui qui, pendant trente-trois ans d'une viedesacritices, amassa sur nos têtes ces trésors de miséricorde et de grâce qui ont assuré notre salut; à nous, mon Dieu , ses mérites infinis, sa satisfaction, son immolation et sa gloire! à vous et k lui reconnaissance et honneur dans l'éternité I
Des aspirations tendres, et cependant mêlées de tristesse , vers les biens infinis que vous nous réservez et gue la possession n'épuise pas, — voilà , Seigneur, quelles seront désormais mes occupations et mes jouissances... Que votre miséricorde me soutienne, que votre bonté me protège, afin que désormais rien ne me fasse perdre, je vous prie, Tétat de paix et de bonheur où je suis, par Tespérance d'avoir eu toutes mes offenses pardonnéesl