ASPIRATIONS
Vive, vive Jésus, cette divine hosUe Qui pour nous répandit tout son sang sur la croix . C'est dans ce sang si pur que nous eûmes la vie ; Pour bénir sa bonté, réunissons nos voix : Que ce sang précieux soit loué d*àge en âge, Cest lut qui de ce inonde acquitta la rançon. C'est lui qui de notre âme est le divin breuvage,
' Le bain sacré, la guérison.
Oui le sang de Jésus comble notre espérance £t du Père étemel apaise le courroux.
Le sang du jeune Abel, au ciel, criait vengeance, Mais celui oc Jésus cria grâce pour nous.
Le ciel s'émeat Jojeax, reiifer vaincu rugiu Cbantoos donc, de concert du fond de notre cœur. Gloire soit à Jamais au sang du Rédempteur.
(Yoy. les articles : Pr^ieux sanq).
Le Manuel de Limoges va nous fournir en grande partie les pages de cet article. Avant de parler des fins et des avantages de la confréne, il examine ce qu'est la dévotion au sacré Cœur (3).
(i) Ces asdratkms en vers italiens ont été traduilas le pkis âdélemenl possible, afln de ne pas faire l^rdielesiiidolfences qui y sont attachées. miccoUa.
^ 0t) Pour acquérir dea noiiooa exactes snr la dév^ tum au sacré Cceur de Jéstts, on peut consulter, !• une
DE LA DÉVOTfO?! kV SACRÉ CiRUR DR J(.SIS.
' Quoique la dévotion au sacré Cœur soit distincte delà dévotion au saint sacrement (1), et de toutes les autres dévotions qui oui
Ïour ohiot direct et immédiat riiumanilé do ésus-Ciirist, elle a cependant des rapports intimes avec toutes ; elle en est pour aiusi dire le com()lémont ; et elle est très-propre à les perfectionner, en ce qu'elle nous découvre les dispositions intérieures du Sauveur dans toutes les circonstances de sa vie et Taccomplissement de ses divers mystères, et nous excite à travailler h les acquérir.
Pour apprécier rexcellence de cette diyotion, et des confréries établies pour la faire pratiquer, il est nécessaire de connaître son origine, son objet, s^ fins, ses pratiques et les motifs qui root fait établir.
1. Origine. — Le culte du CcBur de Jésus, considéré quant à s^ substance, n*est pas nouveau ; car, depuis Torigiiiedu christianisme, en honorant Thumaaité du Sauveur, on a toujours honoré implicitement toutes les parties dont elle se compose (3).
Dans tous les temps le Cœur du Sauveur a même été l'oliget dun culie spécial prM de la part des hommes les plus eminents eo sainteté et les plus éclairés dans les voies spirituelles: ils ont parlé admirablement de ce divin cœur, et ils ont vivement exhorté les fldèles à l'honorer (3).
Mais le ctUte distinct et public que TEglise rend actuellement au Cœur sacré de Jésus- Christ ne remonte pas au delà de la secoodc moitié du dix-septième siècle , et il a été établi dans le monde chrétien par Fimpulsion du Saint-Esprit^ avec ^approbation dn souverains pontife^ et des évéques, à l'occasion d'une révélation privée faite à unegrsMdt servante de Dieu {k).
Dissertation de Mgr Bouvier, Insérée dans le Couk complet de Théologie, t. Vill, p. 477 ; 2" une Di»e^ lation du P. Perronne, insérée au même endroit, p. iiSi; 5* un ouvrase'du P. Galliflet, jésoiie, iniilulé : De Cexcellence de la désoîion au Cœwadorsbli ù J^stis-6*Artil,9 vol. ïnAîi ; 4*OD0ovnigeqtti fait partie de la Bibtiolhique dt| i^mtitarfsie, publiée à Qermont, intitulé VEsprit ei la pratiaue de la déftêMS au sacré Cœur de Jéêus^ un vol. in-ii ; 9* «m DisiriMîion iur les règles qu'on doit oburver pour perUf d écrire avec exactitude tur la dévotion et le cuUiiu au sacré Cesur de Jétus-Christ^ par lluizareUi ; 6* ^ \ie de ta vénérable mère Marcuerite Marie, par Uff Languet, et le Recneii dtséerilsAe la véoéfslae mère Mareaeriie Marie, 2 vol. in-i2.
(1) P. Gali'dret, 1 1, p. ei.-^EsprU et Pr«iM«e,p.30.
(2) < La dévotion ou le culte da Sacré Gttar s'est as un culte nouveau, parce qu*M u toiqours véaeM scorps Klorieux deJésus^tien conaéqueoee UOsr*
qui en est une partie; car en honorant le loat,(ia honore les parties qui le composent. Ce D*est dois pas un culte nouveau, mais un culte distinct t^u on n'avait pas pratiqué par le passé d*uiie manière se» particulière qu'aujoiurdliui. t (Muswrelfi, Opoigi" aur les motifs de la dévotioiian saMsré Cmar de w; rie, p. 8. ^ L*£:sprîi et Pratique^ etc. p^ St el ^-^
ie,p. a. ^ iTËêpru et Fratwue^ etc. p^ as ai m^-i Ç) P. Galliffet, t. I, p. !, 219 el suiv., et t. 0,
u 217. — Esprit et Pratiqué^ etc., p. 59 et ssiv. (4) Les hisioriens qui ont écrit la vie de la btes-
heareuse Marguerite liarie, refigieuse dans le m*
GOEU
DES INDOLGGMCES.
COEU
Quoique TEglise D*8it pas encore porté un jQgemenk formel sur cetle réyélation, si Ton eiaioine sérieusemeDt toutes les circon»lances qui l*ODt précédée, accompagoée ou
n%aèfù et la tisltation de Paray le Moniat (diocèse d'Âutiin), rMûoteni qtt*elle fut hooorée par Notre-St^fiwor de diverses vîmoim, dans lesquelles 11 lui manifesta les inefnhlH HckeUêê de ton dwin CiBur^ qui wifemi dn trHan dé aràeeê Êufiêanieê pour lirer tou ie$ hommee de Pabtme de perdition; Vexeèt de iM mour, qui Ta porté peadani sa Tîe mortelle à souffrir et à mourir pour la rédemption du monde, et quï le porte actuellement à laisser déborder les flammes d'amour dont son cœur est rempli et quil ne peut ploa contenir; la coupable ingraiiiude des hoaimes, qui ne réM»ndeai à tant d^amour que par leur iadiflereiioe et leurs oitlra|;es; et le détir qu*i! a «le fake boaofer son c«ur, siirlont par on colle ée réparation, et d*éublir une fêle en rbooneor de ee (*ttar. etc. Il lui il aussi connaUre que ceUe dëvo* lioo était le dernier eibrt de son amour ei le moyen le plus propre pour toodier les c<Bors insensibles des hommes el les engager à rairocr, et qu^il répanàrth ses grâces sur ceux qui TembrasseraienU iMi" moire de la Hère Marie-Margoerite. — P. GatlilTei, t. U, p. 134, i37, 138, 473 ; t. 1, p. 9 et soir., et p. ÎSO.'^Etprii ei Pratique, p. 57. — Nouveeu Manuel à tuio^ iee confrériet du trèê-êaiui et immaculé Coiur de Marie, p. il 5. — Vie de la vénérable Mère Mar^ çuerite-Marie ^ |iaf Mgr J.-J. Laoguet, 1. fv d suiv.) Comme TEglise ne s est pas encore prononcée sor relie rérélaiîon, nous ne la citons que comme un fait hisieriqiie digne de créance.
Et Toîei comment cette pieuse serrante de Dieu, dooc Notre -Seignesr s*est servi poor établir cetle dévotion, raconte son origine :
I Une fois, éUnt devant le saint Sacrement... mon MHiveraîn Bfaltre me fit reposer longtemps snr sa divine poitrine, où il me découvrit les merveilles de son amour et les secrets inexplicables de son sacré Gttar, qo*ll ro*avalt tenus cachés jusau*alors. 11 m*oavrit, pour la première fois, ce divin Cœur d^une manière si réelle et si sensible, qu1l ne me laissa aoeon lieo de douter de la vérité de cette grâce, malgré la crainte que î*ai toujours de me tromper en Uxii oc ooe je dis sur ces matières. Voici comme il me semUe que la chose se passa; Jésus me dit : Non divin Cœur est si rempli d*amoar pour les bom* mes, et povr toi en particulier, que ne pouvant plus contenir en lui-même les flammes de son ardente cbariié, il ^ui qtril les répande par ton moyen, et qo*U le maniCesie à eux pour les enrichir des trésors
3B*U renieme. le te découvre le prix du ces trésors : s comiensenl les grâces de saoctiAcaUon et de nlot uéœssaires pour les tirer de Tablme do perdi« tioQ. Je Tni choisie, nonobstant ton indignité et ton ignorance, pour raccompllssement de ce |rand des* Win, slin qo*ll paraisse mieux que tout soit fait pour ■oi. » (P» GaififfiBt, 1. 11, p. !S4.) <
OsM one autre drconsunce, c Jésus-Christ son doux Malue se présenta à elle tout éclatant de gloire, avec sea ctn^ plaies hriUaiites comme cinq soleils : de cette bumaniié, dit-elle, soruient des flammes de toot#!s parts, mais surtout de son adorable poitrine qid resaeiiil>lait k one fournaise, laqueUe s*étant ouverte nae ééeouvrit soir tout aimable Cœur, qui était Is vive sooree de ces flammes, tl me flt connaître en même temps les merveilles inexplicables de son pur amour, ei Josqo*à quel excès il avait porté cet amour enTers les hommes. H se plaignit de leur ingratitude, ei dit que ee lut one peine de la Passion pins sensible que ses autres souffrances. S*ils usaient de rrlour à naon écard, tout ce quefai Mt pour eux :«ff»ltffuii pett de ehese k mon amour ; mais Ils n^ooi aaoi que de la froideur, et Ils ne répondent à emprusueneoia que par des rebuts. Toi, du
suivie, il est diflictfo do ne pas reconnaître
aa'elie est véritable (1), et qu'elle a été un es moyens dont Dieu s'est servi pour rétablissement de la dévotion da sacré Cœur de
moins, donne-moi celte consolation de suppléer à leur ingratitude autant que tu le pourras, i (P. Gailiffet, t. n, p. 1S7.)
Notre- Seigneur lai recommanda, entre autres choses, de le recevoir dans la communion tous les premiers vendredis de chaque mois; et toutes les nuits dn Jeudi an vendredi, entre onze heures et minuit, de faire une heure d'adoration pour partiel-
Sîr à la tristesse qu'il vouhH ressentir au jardin dû lives. (P. Galljflel, t. U, p. 13S.) Notre' Seigneur, après avoir préparé par degrés ceUe sainte GUe k raccomplisseraent de ses desseins loi manifesta enfin la résolution qu'il avait arrêtée d'établir la dévotion à son sacré Cœur, ainsi qu'elle le rapporte en ces termes : < Etant one fois devant le Saint-Sucrement, un Jonr de son octave, je reçus de mon Dteo des grâces excessives de son amour. Me sentant touchée du^ désir de quelque retour, et de hii rendre aindur pour amour, il me dit : To ne m*en |^ux rendre un plus grand, qu'en faisant ce que ]*ai déjà tant de fois demandé. Alors, me découvrant son divin cœur : Voîlà ce coeur qui a tant aimé les hommes, qu'il n'a rien épargné, jusqu'à s'épuiser et se consommer pour leur témoigner son amour ; et pour reconnaissance, je ne reçois, de la plupart, que des ingratitudes, par leurs irrévérences et leurs sacrilèges, et par les froideurs et les mépris qu'ils ont pour moi dans ce sacrement d'amour. Mais ce qui m*est encore plus sensible, c'est que ce sont des cœurs qui me sont consacrés qui en usent ainsi ; c'est pour cela que je te demande que le premier vendredi d'après l'octave du Sainl-Sacrement soit dédié h une fête particulière pour honorer mon Cœur, en communiant ce jour^là, et en lui fiîsant répara^' tion d'honneur jiar une amende honorable, poor réparer les indignités qu'il a reçues pendant le teinpi qu'il a été exposé sur les autels. Je te promets aussi
2ue mon Cœur se dilatera, pour répandre avec abonance les influences de son divin amoar sor ceux qui lui rendront cet honneur, et qui prouveront qn'ili lui sont rendus. •(iétd.,t II, p. 173.)
Une autre fois, Notre-Seigneur lut Ot ainsi connaître les motifs qui le portaient à vouloir manifester les richesses de son sacré Cœur, dont il avait réservé la dévotion à ces derniers temps, comme le seul moyen de ranimer la charité, si refroidie dans les cœurs do grand nombre : c Un jour de saint Jean rËvaBgéliste,dit^elle, après avoir reçu de mon divin Sauveur une grâoe à peu prés semblable à ceUe que reçut le soir de hi cène le disciple bien-aimé, ce divi.i Cœur me fut représenté comme dans un trdne tout de feu et de (brames, rayonnant de tous côtés, phis brillant que le soleil, et transparent comme un cristal. La plaie qu'il reçut sur la croix y paraissait visiblement. D y avait une couronne d*épines autour de ce sacré Cœur, et une crois au-dessus. Mon divin Sauveur me At connaître que ces Instruments de la passion signittaient que l'amour immense qu'il a eu pour les honmiea avait été lu source de toutes les sooinranoes et de toutes les humiliations, qu'il a voulu souffrir pour nous ; que dès le premier instant de son incarnation, tous ces tourments et ces m^ris hil avaient été présenu, et aue ce fut dés ce premier moment que la crois fut pour ainsi dire pbintée dans son sacré Cœur, que accepta dès lors, pour nous témoigner son amour, touios les humilîatiODS, la pauvieté, les douleurs que su sacrée humanité devait souffrir pendant le cours de sa vie mortelle, et les outrages auxquels l'amour devait l'exposer
m P. GaUiSfit, t I, p. M. — Etprio ei PrêHque, p. 55, et suiv.
CCEU
Jéius, On ne doit cependant pas la regarder comme la base de cette déTOtioD, qui est appuyée sur l'autorité de l'Eglise, et qui n a d'autre fondement que la doctrine catboli* que sur l'humanité du Sauveur et le culte qui lui est dû.
Cette dévotion, établie d'abord dans plu* sieurs communautés religieuses , et adoptée par quelques évéques , se répandit assez prom{>tement dans diverses contrées (1). La cessation de la pesle de Marseille, qui lui fut avec raison attnbuée (3), contribua puissamment à accélérer sa propagation (3|. Alors elle fut embrassée par la plupart des évoques de France, et de là elle passa dans les contrées les plus éloignées avec un succès et une rapidité qui ne peuvent être que l'effet de l'action divine {h).
L'assemblée générale du clergé de France lui donna, dans sa séance du 17 juillet 1765, une éclatante approbation en arrêtant, sur la demande de la vertueuse reine Marie Lecksinska, que cette dévotion serait établie dans tous les diocèses dont les évoques étaient présents, et que les autres évéques du royaume seraient nriés d'en faire autant (5).
Ce fut dans le cours de la môme année 1765, que le Saint-Siège qui procède toujours avec une sage lenteur, et qui ne se prononce qu'après de longues informations et un sérieux examen^ accorda enfin k cette dévotion une approbation qui avait été plusieurs fois inutuemeni sollicitée par des évoques et des
Jusqu'à la fln des siècles sar nos aatels, dans le irès^^uii ei irès-augaste Sacrement. U me fit connaître, ensuite, que le grand désir qu'il avait d'être parfaiiemeut ainié des hommes, lui avait fait former le dessein de leur manifester son cœur, leur accordant tous les trésors d'amour, de miséricorde, de grâce, de sanctiûcaiion et de salut (|u'il contient, afin que tous ceux qui voudraient lui rendre et lui procurer tout l'amour et tout l'honneur qu'il leur serait possible, fussent enrichis avec profusion de ces divins trésors , dont ce sacré Cœur est la source, m'assurant qu'il prenait nu plaisir singulier d'être honoré sous la ligure de ce cœur de chair, dont il voulait que l'image fût exposée en public, afin aîoutal-il, de toucher, par cet objet, le cœur insensible des hommes, me promettant qu'il répandrait avec abondance dans le cœur de tous ceux qui l'honoreraient, les dons dont il est plein, et que partout où cette Image serait eiposée, pour y être singulièrement honorée, il y attirerait toutes sortes de bénédictions; qu'au resie cette dévotion élait comme un dernier effort de son amour, qui voulait favoriser les chrétiens en ces derniers siècles, leur proposant un objet et un moyen en même temps si propres, pour les engager amoureusement à l'aimer et à l'aimer solidement. > (i6td., 1. 1, p. 230.)
(1) P. GaUiffet, 1. 1, p. 13, 17 et suiv., p. itô; — t. IL p. 212 et suiv.
(2) P. GaUiffet, 1. 1, p. 22, et t. Il, p. 217. — Etffril et Pratique, p. 76. — Catéchisme de penioé' ranee^ U Vlli, p. 306 et suiv.
(3) P. GaUiffet, 1 1, p. 22, et t. II, p. 235 et suiv. — Etprit et Pratique^ p. 79.
J4) P. GaUiffet, L I, p. 20 et suiv. ; t. II, p. 287 et Vm et surtout p. 334.— E«|mi et Pratiqué, p. 74 et suiv.
(5) P. GaUiffet, t. H, p. 271 et suiv. L'étabUsiement de cette dévotion el dp la fête, dans beaucoup de diocèses, est antérieur à cette déclaration.
souverains (1). Le 26 janvier 1765, la con-
Srégation des Rites , « sachant que le culle u Cœur de Jésus est réoandu dans presque toutes les parties de 1 univers catnoliqoe avec Tapprobation des évoques, et qu*il a été favorisé d*un très - grand nombre de Brefs d'indulgences accordés par le Saint-Siégc apostolique à une multitude presqu*ioDombrable de confréries érigées canoniquemeot sous le titre de Cœur de Jésue^ dans le but de contribuer à l'accroissement de cette dévotion, crut devoir déférer à la demande faite par la plupart des évoques de Pologne, et par l'archiconfrérie de Rome , d'un office et d'une messe propres pour la fSte de ce divin Cœur. » Cette décision reçut l'approbation du souverain pontife Clément Xlil, le 6 février suivant (2).
Le même Pape, après avoir permis, paron induit du 2^ mai de la même année, au clergé séculier de la ville de Rome de réciter TofTice et la messe du sacré Cœur de Jésus le vendredi après l'octave du saint sacrement, ordonna, le 6 août suivant, que cet office avec la messe seraient récités de prmcepto^ dans toute la ville de Rome, par le clergé sécolier et régulier (3).
11 ne faut pas croire cependant que le culte du sacré Cœur de Jésus se soit établi saas contradiction : dès le commencemeut, il sus* cita une opposition violente (&}, et il eut pour principaux adversaires les jansénistes, qoi mirent tout en œuvre pour le faire rejeter, et qui parvinrent à faire consigner leurs erreurs sur ce point, comme sur beaucoup d'autres, dans les actesdu trop fameux synode de Pistoie. Mais la sagesse divine sut di^jouer leurs efforts et les faire servir à raccoiuplissèment de ses desseins. Pie VI, dans sabolle Auctorem fidei^ du 28 août 17M, condamoi la doctrine du svnode de Pistoie < en Unt
Îu'elle rejette la dévotion au $acré Cœur dt ésus (telle qu'elle est approuvée parle Saint- Siège), entre les dévolions qu'elle qualifie de nouvelles, d'erronées, ou au moins de dangereuses, comme fausse^ téméraire fpemicitiuff offensive des oretUes pieuses^ et injurieute as siège apostolique ; et en tant qu'elle impote aux adorateurs du Cœur de Jésus de ae pas faire attention que la chair sacrée de Jésus- Christ, ou une partie quelconque de cette chair, ou l'humanité tout entière, considérée comme sé()arée de la divinité (cum sepanUiou autprœcisione a diviniiate)^ ne peut être lobjet du culte de latrie, comme captieuse et ia* jurieuse aux fidèles adorateurs du euUe os Cœur de Jésus (5). »
(!) Benoit XIY , de CaMnis.^ l. iv, part, u, €. $1. n« 19. — P. GaUiffet, t. D, p. 264 ei saiv.
(2) P. GaUiffet, t 0, p. 269.
(3) P. GaUiffet, t. U, p. 273 et 274.
(4) Ou peut voir le Mémoire de U bieobeift«e Margueriie-Marie, et sa Via par Mgr Langoec ei k* autres ouTrages indiqués.
(5) Tolci le passage de la buUa Àactmm féa : c Lxji. Docirina aiua devotiODeni erga sacrjU^iw*" Cor Jesu rejedt mter deToUones qiias impui vd«t novas, erroneas aut saltem perîciuosas; iaicll^^ de bac devotiime, qualis est ab aposiotica se4r p'^
GGEI)
DES INDULGENCES
CGEU
Comme celte bulle a été reçue dans toute rEfflise, H D*est plus permis de douter de la iégilimilé de cette dévotion» et encore moins de la combattre.
Depuis Tapprobation qu'ils ont donnée à la dévotion ou cœur de Jésus» les pontifes romains n*ont cessé de la favoriser et de tra* vailler è son accroissement. Ils n'ont pas encore , è la vérité « élevé la fête du Sacré Cœur au rang de celles qui sont obligatoires dans TEglise universelle; mais ils ont permis de la célébrer dans tous les lieui qui en ont fait la demande ; ils ont même voulu qu'elle pût être célébrée au jour fixé par YOrdinaîre de chaque lieu (1); et ils ont accordé de nombreuses indulgences en faveur des confréries érigées en Thonneur du Sacré Cœur, et même en faveur des fidèles gui, sans eo faire partie, se livreraient à certaines pratiques en son honneur.
il. Objets— Selon Tusage universel qui a été suivi par tes écrivains sacrés, le mot cœur a une double signification : dans son sens naturel, il signifie la partie du corps appelée cœur: dans le sens figuré ou métaphorique» il signifie la volonié avec toutes ses affections» et spécialement Vamour^ qui en est la principale (2). D'après cela on peut dire».
bau ; falsa, temeraria, perniciosa, lùanim aurium offeosîva, in aposloUcam sedem injuriosa.
I Lsin. Iteaa in ea quod cuiiores Cordis Jesu hoc eiiain Domine arg|iii»quod non adverlani sanclissinam eamem Chrisii, aul ejua parlem aliqiiam, aut etiam bomaoilalem toiam, cuiu scparaiione aut pne* ciskme a difiuilaie, adorari non posse cultu lairiae ; quasi fiddes cor Jean adorareni euro separatione, vd pneciaioM a divînilale, duin iUud adorant, ut est Cor Jean, Cor nempe personae Verbi, cui inseparabi- Hier unitnro est, ad euin modiim, qiio exsangue cor- |His Chriati, in triduo inorlis, sine separatione aut pia^risione a diviniiaie, adorabile fuit in sepuiebro, cApUoaa, io fidèles Cordis Christi cuiiores iiyurîosa.»
(i) On peut voir cî-après la déclaration de la congrégation des Indulgences du «^ juin 1840. — Bouvier, M êmtra, p. 4481 et 1482; et Traité des Indulgences, article de la Confrérie du Sacré Cœur, n» 4, p. 351.
(2) < Le root cœur a deux principales et diffëren- (es ftiimificaiions ; car on s'en sert pour exprimer noa-ieulement le cœur matériel de riiomme, roais aussi b voiomiét Vai^pélU utmiif de l'âme hummne^ Inn êfeaiomê^ ei $pécialemeni ramoicr... U 8*emploie dans un aeos propre pour signifier le cœur de dmr ei matériel ^ et, oana un aens symbolique et aielaphorioiie, pour exprimer la volonté et romoar. > (Mouarelli, Oomcule sur les motifs de la dévotion an Conir de Marie, p. 16.)
« Le Cetur de JéêUê-Christ se prend dans le sens pfopre et naUirel, et alors il signifie $on cœur de cknr^ eepeodant toojoors considéré comme uni à MM hamanilé et à la personne du Verbe. Le coaar de JéMs-Clirist se prend aussi dans un sens symbolique et néiaphonque, et alors il signifie m volonié et M» amour. > (/6id., Dévotion due au Sacré Cœur de Jésus, p. 14, et p. U et soiv.)
< Quaml on propcMe pour objet de dévotion le lacfé Cœur^ oo n'entend pas seulement par le mot cœur le eemr matériel et sffm6o/tj^0, mais aussi le tamr e^ritmal tf mMtJ^, c'est-à-dire la volonté^ Va» rtour et lee auiree eaiaiee affeetiom. Ainsi tout cet emeinble de cœur roaiériel, de volonté et d^aflTection <^ n^fermé sous la dénomination du eacré Cœur, > CM., Dévotion au Cœur de Marie, p. 87.)
d*une manière générale, que la dévotion au sacré Cœur de Jésue embrasse tout ce qui est exprimé par Te mot cœur employé dans sa double acception. Mais,, pour parfer d*une manière plus précise, on doit dire, avec les auteurs les phis exacts * que la dévotion au sacré Cœur de Jésus a un double objet, I un nuUériel et sensible, et l'autre spirituel (1). L'objet matériel et sensible c*est le cœur ae chair de Jésus-Christ (2), du Verbe fait chair^
du Fils de Dieu fait homme^ considéré comme vivant, immortel, et dés lors comme insépara-blemerU uni à Vhumanité entière et à la divinité du Sauveur (3). L'objet spirituel, c'est l'amour de Jésus-Christ envers Dieu et les hommes, rcprésenté et rendu sensible par le symbole du cœur (fc).
(1) f Dans toutes les dévotions ou fêtes qui reprdent rbumiinîlé sainte de Jlésus-Christ, iF y v toiJK jours un double objet : Fnn sensil)le et corporel, Taulre invisible et spirituel, qui sont nnis ensemble, et qu*on bonore indivisibleiiicnt , Tubjet spirituel communiquant sa dignité à Tobjpt corporel.. Biais Tobjet corporel et sensible a cela de propre qu*it donne son nom à la dévotion et à la fête... La dévotion au sacré Cœur de Jésus, comme koiiles les autres> a deux objets unis ensemble qu'on honore indivisibleroent : Ton sensible et corporel ; l'autre invisible et spirilnel. Vobjel sensible, c^est ion divin CiBur.,,; Tobjet spirituel et principal, c'est Vanlour immense dont ce Sacré Cœur ett embroêé,.,, et les autres mystères que renferme et que représente ce cœur adorable. • (P. Galliflet, t. L p. 44 et 48.)
On peut consulter aussi Mgr Bouvier, tt6f iupra, p. 1478. — Muziarelli, ubi supra, — On peut voir aussi dans le t. U du P. Galliffet, p. 278, un passage remarquable d'un ouvrage de Mgr de Furnel, cvéque de Lo'Jéve.
(2) Il est incontestable, d'après la bulle Auctorem /fdet cr-desstts citée, d'après les diverses liturgies a|>proovées par l'Eglise, et d'après le sentiment des théologiens, que le cube rendu au sacré Cœur de Jésus n'est pas seulement relatif au Cceur spirituel, mais qu'il embrasse aussi le Cceur matériel^ le Ceeur de chair de Jésus-Christ. (Mgr Bouvier, ubi supra^
Î. 1478 et 1482. — P. Perrone, ubi supra, p. 1486. 490 et 1491. — P. Galliflet, ubi supra, et p. 64 et suiv. — Muzzan!elli, Dévotion au sacré Cœur de Jésus. p. 21, 35, et les passages cités à ki note 1 delà
ne 96. — Mandeme::t de l'afcbevéque de Lyon du scembre 1718. — P. GalliOet, t. II, p. 244.)
(3) La bulle Auctorem fidsi condamne la doctrine qui impute auK fidèles d'adorer le Cœur de Jésus,. considéré comme séparé de la diviniié, cum séparatione aut prœdsione a divinitate, et elle déclare que les fidèles adorent le Cœur de Jésus comme Cœur de la personne du Verbe, ut est Cor Jesu, Cor nempe personœ Verbi, elc. (Voy. col. sulv.)
Tous les tbéol^iens s'expriment dans le même sens : le P. Galliflet dit expressément que c le sacré Cœur de Jésus-Christ ne doit pas èire regardé, dans cette dévotion, séparément oies choses spiri* tuelles et divines, à quoi il est indissolublement lié. On doit,, au contraire, le considérer uni intimement à Pâme et à la personne de Jésus-Christ, plein de vie, de sentiment et de reconnaissance, i (T. I, p, SU» Muzzarelli, ubi supra, p. 14, 21 et 22;' et Motifs de dévotion au Cceur de Marie, p. 8 et 89. — Mgr Bou- | vier, p. 1478. — P. Perrone, p. 149.)
(4^ La dévotion au sacré Cœur de Jésus ne s'ar- ' réte pas au cœur de ckair; elle ne s'adresse même au cceur de chair qu'afin de nous élever au cœur spi* rituel, La congrégation des Rites, dans sa déclaration du 26 janvier 17C5, dit que, < par îa concession
CCEU
MGTIONNÂIRE
casu
On ne peut douter que Tintenlion de 1^ glise o'ail été d'unir el de proposer a la vénération des fidèles te charité deJetus- Christ et son cœur de chair qui en est le symbole, puisque les offices approuvés par TEglise romaine indiquent ce double otn jet (1) : il paraît néanmoins que la charité de Jésus-Christ est le principal -objet de ce culte, et que l'Eglise a surtout en vue, au ïnoyen du symbole du cœur, de porter les pdeles à penser avec dtfvotion et ferveur à Immense charité du Sauveur, en un mot, de faire honorer cette charité sous le symbole du cœur (2).
Tout en confessant que la dévotion au sacréCœurde Jésus a plus spécialement pour objet le cour de chair et te charité du Sauveur, il ne faut pas oublier néanmoins que, d'après l'observation ci-dessus faite, elle embrasse encore la volonté de rUomme-Dieu, ses saintes affections, ses dispositions intérieures, ses vertus, les grâces dont il a été rempli, en un mot, tout ce qui est exprimé par le mot cœurprisdans son double sens (3).
d« cet office et de colle messe, on ne fait autre chose que Goniribuer à raecroissemeni d*uiie dévotion déjà établie, et rappeler êymboliquewuiU aux fidèles le souvenir de est amour divin par lequel le Fils unique de Dieu s*esl revêtu de la nature buniaine, et s'est foit obéissant jusqu'à la mort, pour^ apprendre aux hommes, par son exemple, à être doux et humble de cœur. I (P. Gailiflét, t. Il, p. 269.)
YoicI ceqtron Ht dans la ti« leçon de Toffice romain approuvé par Clément XIII : c Afin que, sous le symbole du Très-Saint-Cœur de Jésus, les fidèles sê rappellent avec plus de dévotion el de ferveur la charité de Jésus-Christ souffrant et mourant pour la rétlemptîon du genre humain, instituant en mémoire de sa mort le sacrement de son corps et de son sang, et pour qu'ils en recueillent les fruits avec plus d'abondance... à la demande de quelques églises, Clément XJil a permis de célébrer la fête de ce même Trés-Sainl^ur. » (Brev. Roman., et P. Gailiffet t. Il, p. «74. — Brev. Lemovie., lect. n, Off. SS. Cordis Jésus.)
Vold aussi im passage remarquable de la lettre de Pie VI à Ricci , évéque de Pisloie : Sancta seâes modum jam turtis el quiestiombus imposuit, satisque deelaravU quo substanlia illius devotionis ab omni ceru superslitiosa malerialUale immunis rêvera spectetf ut tu s}fmboliea eordis imagine, immensam charilalemeffusumqueamoremdivimRedemptoris nosiri meditemur atque vtneremur. ( Cité par Mgr Bouvier, ubi supra, p. 1479.)
Les théologiens s'expriment dans le même sens. (Mgr Bouvier, iiW supra, p. 1479. — Muzzarelli, Dévotion au Cœur de Jésus, p. i4, f9 et suiv., et p. 34 et suiv. — P. Galliffet, 1. 1, p. 48 et suiv., p. ii et suiv., p. 88 et suiv.)
(i) Ou peut consulter les autorites indiquées dans la noie 2 de la col. .^7, et Muzzarelli , Dévotion au sacré Cceur de Jésus, p. 54 et suiv.
(2) On peut voir les autorités citées à la uote i do la col. 587 , et le passage du P. Galliffet cité plu$ haut :
S. sedes salis deelaraml quo substanlia illius devotionis, ab omnt cerie su^rstitiosa materialitate immunis , rêvera sptctet , ul m symboliea cordis imagine immensam charitatem effusumque amorem divint Bedempioris nosiri, meditemur atque veneremur. (Ex. epist. rii VI ad Riccium.^
(5) Ecoutons encore le P. Galliffet : i H faut d'abord considérer ce coeur comme uni intimement et
Quoique, dans Feiercico de cette dévolioQ, nous adressions nos hommages et nos prières au Cœur de Jésus-Christ (1), et que notre attention se porte principalement et presque uniquement sur cedirinCœur(2], ioiDd*eidure par Ih de notre culte la divinité et U reste de rhumanité du Sauveur, nous n'adorons, au contraire, le cœur qu'à raison de son union avec la personne du Verbe, et nous entendons honorer en même temps sa divinité et son hutnanité, en un mot, Jésus-Christ tout entier (3), mais Jésus-Christ, considéré comme
Indissolublement à Tàme et à la personne de JéM»- Ghrist, élevé par cette union à un étal tout divio, plein de vie, de sentiment el d'intelligence.
c On doit le considérer, en second lieu, comine le plus noble et le principal organe des affeeiioos sensibles de Jésus-Christ, de son amour, de son iè!e, de son obéissance, de ses désirs, de ses douleurs, de ses joies, de ses tristesses.
c On doit le considérer» en troisième lien, comme le centre de toutes les souffrances intérieures qie notre salut lui a coûtées, et de plus comme bleûé cruellemedt par le coup de lance quUl reçut sor h croix.
c Enfin on doit le considérer comme sanctifié par les dons les plus précieux du Sainte-Esprit, cl par rinfusion de tous fes trésors de grftce dont il est capable.
c Tout cela appariient réelleiiient à oe €<B»r divin... Tout cela entre dans la dévotion au Cosiir de Jésus. G*est ce Cœur ainsi disposé, ainsi embrasé, ainsi affligé, ainsi blessé, ({ui est le vrai objet de hi dévotion que nous exprimons. Qiron envisage donc ce composé admirable qui résulte du Gceurde Jésus, de Tàme et de h divinité qui lui sont unies, des dons et des grâces qu*il renferme, des vertus et des ainy tions dont il est le principe et le siéce, des douleurs intérieures dont il est le centre, de la plaie qu*il reçut sur la croix : voilà V objet complet qn*on prt>pose à radoratioji et à Pamour des fidèles. > ( tom. I, poff. 6a.)
(i) c On peut adresser à ce Coeur divin des pnèrei, des actes, des affections, des louanges, en wi mot, tout ce qu*on peut adresser à ki personne même; pui8qu*en 6ffet la personne unie à ce Coenr les reçoit
trés-réellement. i (P. Galljflfet, 1. 1, p. 5f. -^Muizarelli, Dév^ 48 et suiv.)
zarelli. Dévotion au sacré Cœur