‹ Dictionnaire d'ascétisme (volume 5)Chapitre 117 sur 370 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

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Précis historique de Vorigineet du développe^ mmt de la dévotion au très- saint et tmiiMi-' culé Cœur de Marier

Comme Marie n'a cessé, depuis la fonda-' tion de TEglise, d*ètre l'objet de la vénération des fidèles, et « que Thonneur rendu directement et immédiatement à sa per-* sonne s'étend à toutes ses parties » (Muzzarelli, p. 85), on peut donc uire, « strictement parlant, que le culte du sacré Cœur de Marie n'est pas un culte nouveau, parce qu'on a toujours vénéré le corps glorieux de Marie* et en conséquence le cœur, qui en est une partie ; car en honorant le tout, on honore les parties qui le composent. » (Muzzarelli« p. 8.)

Le culte du Cœur de Marie n'est donc pas un culte nouveau, mais simplement un culte distinct, dit le Manuel de Limoges, dont nous analysons dans cet article les pages principa'< les. En effet, avant le xvii' siècle, le Cœur de Marie n'avait pas été l'objet d'un culte spécial et distinct. Ce fut vers le milieu de ce siècle (le xviii*) que la dévotion au sacré Cœur de Marie, qui fut le signe pré* curseur de celle du sacré Cœur de Jésusi commença à s'établir en France. Elle eut

«our principaux propagateurs Marie des allées, fille d'une éminente vertu^ et le P. Eudes, fondateur de la congrégation des Sudistes. Ce saint prôtre mit un çrand zèle à établir la fête du Sacré Cœur de Marie {Ami de /aJte/tyton, t.XXIl,p. 337), qui, dès Tannée 16fc8, avait déjà été approuvée par 56 archevêques ou évèaues de France« Le 2 juin 16w, le cardinal de Vendôme, légat a laitré du Saint-Siège , approuva la dévotion elle* même ; et le pape Clément X autorisa, en I67i, ce zélé missionnaire à établir, dans les chapelles de sa congrégation des confréries en l'honneur des sacrés Cœurs de Jésus et de Marie, et il lui accorda 6 bulles d'indulgences pour ces associations. Mais c*est principalement depuis l'établissement do la dévotion au sacré Cœur de Jésus que les progrès de la dévotion au Cœur de Marie ont été bien plus considérables; car elle s'est répandue avec celle du Cœur de Jésus, dans la plupart des . provinces du monde cbré-^ tien. (P. Galliffet. t. 1, p. 273.) Outre un nombre considérable de confrénes établies en l'honneur de ces deux Ccbuts ensemble, on trouve qu'en Tannée 1743, dans tout le monde catholique, 9k associations avaient été ériçées en rhonneur du très-saint Gcaur de Marie, et comblées d'indulgences par les souverains |M>ntifes : et ce que nous remarquons avec joie, c'est que, sur ce nombre, notre B;jlise de France, dans laquelle les dévotions aux sacrés Cceurs de Jésus et de Marie ont pris naissance , en possédait 53.

Kanud de Parchicanfrérit^ p. 171 et suiv.) funeste révolution de 1789, en détruisaol toutes ces confréries, porta un coup funeste à la dévotion elle-mteae, qui est restée long* temps sans reprendre, chez nous, soii aaeien éclai^ nonobstant Tapprobation doÉnée au

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culte du sacré Cœur de Mario, sur la demande de princes, cardinaux, érôques, etc., par le pape Pie VU, qui, par un décret de la con-

(;régation des Rites, du 31 août 1805, accorda a grAce de Textension de la fête du trèssaint Cœur de Marie, etc. (Muzzarefli, p. 12). Mais la Protidence diTiue, qui veille d*uDe manière spéciale sur la France, et qui, selon la pensée d*un grand pape , a toiyours un miracle en réserve pour elle dans les trésors de sa miséricorde, vient; sous nos yeux, de ressusciter celte dévotion, et de lui donner une extension qu^elle n*avait jamais eue ; en voici l'occasion :

La paroisse de Notre-Dame-des-Victoires, dite des Petitê-Pèreif située au centre de Paris, centre elle-même du commerce et des affaires, entourée de théâtres et de lieux de

plaisirs , avait vu s'éteindre dans son

sein presque tout sentiment de religion. Son église était déserte, même aux jours des plus grandes solennités; les sacrements, les bra« tiques religieuses, étaient abandonnés. Pour concevoir une faible idée de la grandeur du mal, il fautécouter le pieux pasteur lui--m6me,

2ui exbale ainsi ses plaintes : « La paroisse tait tombée dans le plus affreux état d'inififférence irréligieuse et même d'irréligion formelle. Il serait au-dessus de nos forces de tracer cet effrayant tableau. Placé à la tête de cette paroisse en 1832, isolé au milieu d'elle, presque seul dans notre église, jprivé par les préjugés, suite des haines politiques et anti-religieuses, de toute relation avec nos paroissiens, nous conviendrons que nous ne

f)ouvions nous faire une juste idée de la probndeur du mal. Nous en voyions assez pour flétrir notre cœur de toutes les étreintes

du découragement et de la douleur Nous

dirons tout en révélant, que depuis le 1'' janvier jusqu'au 31 décembre 1835, et déjà on croyait remarquer quelque amélioration dans une paroisse dont on peut porter la population de 26,000 è 27,000 Ames , 720 flosties ont été consommées. »

Dans les premiers jours de décembre 1836, une pieuse pensée fut inspirée à ce pasteur désolé, mais plein de zèle et de eonûance, celle de consacrer sa paroisse au très-saint Cmur de Marier pour obtenir, par sa protection, la grâce de la conversion aes pécheurs..,. Les pieux exercices de l'association commencent le 11 décembre 1836 ; son registre est ouvert le 12 janvier 1837, et cette année 1837 ouvre une source de grAces, de conversions, qui ne s'interrompent point. Depuis cette époque, la paroisse à totalement changé de face. L*église est fréquentée, les saints offices sont suivis : les étrangers sont frappés du maintien religieux, de resprit de piété et de recueillement des assistants.

1 Les saerements sont fréquentés... Pendant rbeureuse année 1837, les communions ont consommé 9,5S0 hosties... Dans Tannée 183S le nombre des communionSf depuis le 1" janvier jusqu'au premier décembre , a dépassé le chiffre de 11,000. »

On voit aujourd'hui des familles entières, qui avaieot oublié, abandonné leurs devoirs,

oui depuisDombre d'années n'étaient entrées oans les temples du Seiçneur, oo les voit, père, mère et enfants, rivaliser entre eux dans Taccomplissement de tous ces devoirs, de tous les actes de la piété chrétienne. Cn grand nombre déjeunes gens brisent le joug des passions... Des sexagénaires, des septuagénaires, hommes, femmes ; d'autres de M, de 50, de 30 ans, qui n'ont reçu aucune instruction religieuse, ni praticpié aucun acte de religion, viennent, l'esprit fali^é

^r fous les systèmes, le cœur glacé... avec simplicité, la docilité des petits enfants, écouter les instructions chrétiennes...

« Dn caractère universel et qui ne manque à aucune de ces conversions, c'est une piété vive, tendre et éclairée envers Marie.

« Ce n'est pas seulement dans le ressort de la paroisse de Notre-Dame-des-Victoires queces grâces de conversion sont prodiguées; c est dans tout Paris , c^est dans toute te France , c'est dans plusieurs royaumes de l'Europe , c'est en Amérique (1).

« C'est surtout à l'exercice de prières offert, au nom de l'archiconfrérie, au saint Cœur de Marie, pour obtenir la conversion des pécheurs, qui a lieu tous les jours de dimanches et fêtes, è sept heures du soir, que se donnent les sisnos de piété les plus touchants... Pendant I instruction, plusieurs prêtres sont dans leurs confessionnaux, et il arrive presque tous les jours que des bommes

Î|ue la curiosité a fait entrer dans Vëglise, rappés du spectacle dont ils sont témoins, touchés de l'instruction, sont subitement inspirés de la grâce, et s'approchent du tribunal de la pénitence avant de sortir deTéglise, ou viennent se confesser dans la semaine. »

Le 11 décembre 1836, jour de l'établissement de cette confrérie, la sainte Vierge accorda un signe non équivoque de la protection qu'elle voulait accorder è celte œuvre. Pendant le salut, le pasteur, ^genoux devant le saint sacrement, sent son cœur tressaillir de joie aux cris de repentir et dV mour qu'il entend ; il lève ses jeux baignés de larmes vers l'image de Marie» et lui dit : « Oh 1 ma bonne Mère, vous les entendez, ces cris d'amour et de conflance ; vous le^ sauverez, ces pauvres pécheurs qui vous appellent leur refuçe. O Marie ! adoptez cette pieuse association, donnez-m'en pour signe la conversion de M... J'irai dewaia chez lui en votre nom. » C'était un vieillard, attachée la philosophie du dernier siècle, qui, depuis sa jeunesse, ne pratiquait au< cune religion, cnez lequel ce pasteur n avait

(1) Cesl dans le BUaoel de rafcbicoaTrérte Qu'û faut lire le récit des nombreuses ec adioiniiki conversious obtenues par les prières des associés. On verra que Marie a fait éclater sa poissaBce en faveur des pécheurs de tous les genres. Des vieillards aveuglés par la dâmuetie et riflipîeié;^ jeunes gens égarés par Torguetl ec leoffs passîoas; des hommes de loos les rangs : uvUitsires, a«ocaU, médecins; des femmesmàme endarcies diSslcsi'>U une actrice, etc., ont reaseaii les elleu «le sa bonu, noiis engageons à lire ces récits si touchanls (f . tt» p. «00, et Préface^ p. xu).

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DES INDULGENCES

pu encore aroir accès, quoiqu'il se fât pré* sente dii fois è sa porte. La visite du lendemain fut couronnée d un plein succès ; le vieillard commença ce jour-là même sa confession; et tous les jours qui s'écoulèrent, depuis ce moment, jusqu'au 10 avril, époque de sa mort, furent consacrés à la foi, à la confiance, au repentir, k l'amour et & la sou mission à la volonté de Dieu.

Lés desseins providentiels do Dieu, sur cette œuvre, qui ont été manifestés d'une manière non douteuse par l'extension

Î|u'elle a prise en si peu de temps, et par les ruits de salut qu'elle a produits, ont été confirmés par les concessions faites en sa laveur par le Vicaire de Jésus-Christ. « Divine miséricorde, protection toute*paissante de Marie, s^écrie à ce sujet le pieux pasteur, vous animiez le cœur, vous dirigiez la volontédu successeur de saint Pierre, quand... au lieu de se borner à accorder les indulgences qu'on lui demandait... en vertu du Pouvoir divin dont il a seul le dépôt et usage universel, il érigea proprio fnolu cetle Detile association en arcniconfrérie^ et concéda k ses directeurs le pouvoir de lui «gréger, par toute la terre, les associations qui se formeraient à son instar. » (Préface^ p. IV, et Manuel^ p. 180.)

Ce n'a pas été en vain que le chef de l'Eglise a touIu donner à cette œuvre un caractère d'universalité (1). Le succès a dépassé

(1) Bref du Souverain Pontife^ CUiMKÊ XVI, pope 9 pour en perpétuer le touvénir^

Placé sur la chaire Bubliine du Prince des Apôtres, sans aocon inérito de notre pari, mats par une vue lecréte de la divine Providence, et resseniant par celle raison une vive aoUicitude pour loul le troupeaiidn Seigneur, nous afonscouluroe d*accueitlir avec nue bienveillance toute spéciale les prières pieuses de ces bomnies dont les euorts lendent principaleioeot à ce que les fidèles de Jésus-Cbrist, foodi^ et aIRerinis de plus en |)Ius dans la fol, et entaminés de Tamour de la piété et de la réligi<in, Beuenl toute leur élude à marcher dans les voies éi Seiniear* et observer ses commandements avec uae religieuse exactitude.

Notre cœ«r paternel a ressenti la Joie la plus vive, bnque ttovs avons appris par notre cber fils Cbarle»- Eleoiiore Dufricbe-Iicsgencltes, prêtre, curé de régliM Notre Dame des-Victoires, vulgairement les Ptiits-Péres, à Paris, en France, que par rautorité de notre vénérable frère Tarchevéqne de Paris, on avait inatiliié dans cette même église paroissiale une Mgn^iion en rhonneor dn trâ-satnt et immaculé ijatut de Marie, pour la conversion des pécheurs, avec des sislols et des règles approuvés, comme ou r^iftom, par notre vénérable frère le même arche- ««qne, ei ^oe rinstiiution de celle congrégation avjit ptodMil avec abondance de |[rands biens pour le nlot spiriioel des fidèles de Jésus-Christ. C*est

Karquol noire cber fils, le même prêtre , Charles* éonore Dufriehe-Desgenettes, curé de Téglise mentimmëe, iio«a a instamment supplié de vouloir bien drcorrr eelie cofigrégatîon du titre et des droits d*aicbi€iNifférie, et de renricliir de qnielques iudul* fpacea, aia qne la jpiélë des fidèles de Jesus-Cbrist i'acci^ de joar en |our.

Pour mm»9 qui n*avoos rien de plus ii cœur que de poorvotr, autant qn*il est en nous, au salut élerod des IMèka de Jésm-Chrisi et k la propagation du

toutes les espérances, surtout depuis le jour où le zélé directeur de rarcliiconfrérie , pressé par de pieux confrères , se décida h laire imprimer un manuel à Tusage dos membres de cette œuvre, dans lequel il racontait les grâces et les faveurs dont Marie récompensait les vœux de ses enfants.

culie de la Vierge, Mère de Dicn, qui, en sa qualité de reine, debout à la droite de Dieu, revêtue d'or et parée de ses divers ornements, voit toujours exaucer ses prières, cl est là, la défense toujours assurée de TEglise catholique et notre plus ferme espérance, nous avons cru devoir accéder de tout notre cœur au désir qui nous était exprimé.

Cest pourquoi, afin d'honorer celle congrégation autant qu'il nous est possible dans le Seigneur, voulant donner à tons u*ux en faveur desquels nous délivrons les présentes,, un témoignage spécial de notre bienveillance, les absolvant à cet eflfel seulement, et les tenant pour absous de toute sentence quelconque d'excommunication et d'interdit, et de toutes autres censures ecclésiastiques, sentences et peinos portées de quelque manière et pour quelque cause que ce soit, et qu'ils auraient pu encourir, de notre autorité apostolique nous devrons à perpétuité, p:rr les présentes, du titre d'archiconfrérie, la congre-

Sation en 1 honneur du très saint et immaculé Cœur e la bienheureuse Vierge Marie, pour la conversion des pécheurs, déjà canoniqnement instituée dans réglise paroissiale de Notre Dame -des -Victoires, vulgaîrement les Petits -Pères, à Paris, en Frame, avec des statuts et des règlements approuvés, comme on l'assure, ou à approuver par noire vénérable frère l'archevêque de Paris. Nous lui accordons donc et lui octroyons tous et chacun des droits, privilèges, honneurs et induits, sous quelque nom qu'on les désigne, dont les autres archiconfréries usent et jouissent d'après la coutume, et dont elles peuvent ou pourront user et jouir.

En oulre, de notre même autorité apostolique, nous concédons et octroyons miséricordieosement dans le Seigneur, à chacun des confrères et coitsœors de ladite archiconfrcrie qui , étant vérilablement rontrits, se seront <*onfessés et auront reçu la sainte communion, le jour où ils seront admis dans ladite confiérie, l'indulgence plénière et la rémission de leurs péchés.

Nous leur accordons de même one indulgence plénière toutes les fuis qu'à l'article de la mort, étant vraiment contrits et s'ctant confessés, ils auront reçu la sainte communion, ou que, n'ayant pu le fniro, ils auront invoqué de bouche ou au moins de cœur le très-saint nom de Jésus.

Nous accordons encore une indulgence plénière aux mêmes confrères et consœurs qui, ayant reçu le sacrement de Pénitence, s'approcheront de la sainte taUe le dimanche de cbaoue année qui précède immédiatement celui de la Sepluagésime , ainsi qu'aux fêtes de la Circoncision de Noire-Seigneur et de la Purification, de l'Annonciation, de la Nativité, de l'Assompiion, de la Conception et ih: la Compassion de la bienheureuse Vierge Marie, de la Conversion de saint Paul, apélre, et de saûite Maric- Maadeleine.

Noos accordons de même une indulgence plénière à chacun des confrères et des consœurs de kidiie archiconfrérie qui auront pieasement récité Ioum les jours la SaluiaUon angélique pour la conversion des pécheurs. Ils pourront ^gner cette indulgence le jour anniversaire de leur baptême, pourvu qu*ils se soient approchés des sacrements de Pénitence et d'Eucharistie.

De plus, nous remettons auxdits confrères et consœurs, selon la forme usitée dans l'Eglise, et à tous les fidèles qui assisteront avec dévotioii aux meaaee

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En eiïèl, un exemplaire de ce livre pénétra bientôt dans les séminaires de Saint-Sulpice è Paris et b Issj. Et ces deux maisons deviennent comme deux foyers de zèle et d*amour où s'allume un feu qui bientôt embra* sera la France et se propagera jusqu'aux extrémités du monde. De tous les élèves de ces maisons dont elle connaît la tendre piélé pour elle, Marie iaii autant de missionnai-

qui se célèbrent tous les samedis en Thonneur du irès-sainl Cœur de la bienheureuse Vierge Marie, dans Toraloire ou dans Véglise de ladite arcbiconfrérie, ei qui y pricronl pour la conversion des pécheurs, nous leur remettons cinq cents jours des peines qui letfr sont iniposées, ou dont ils sont redevalilcs de quelque manière que ce soit.

Enfin, de notre même autorité, nous donnons à perpétuité, aux directeurs de ladite archiconfrérle, le pouvoir d*y recevoir ou agréger librement et licitement tiiutes les autres congrégations du même nom et érigées pour la même fin, quelque part que ce soit liors notre ville, eo conservant toutefois la forme prescrite par la constitution de Clément VIII, dlieureuse mémoire, notre prédécesseur, et de les faire entrer en communication de toutes les indulgences, rémissions de péché, relaxations de peines déjà mentionnées et de chacune d'elles en particulier.

Nous concédons et octroyons toutes ces grâces, en décrétant que les présentes lettres sont et demeureront toujoui*s valables, vaUdes et efficaces, qu*elles doivent obtenir leur plein et entier eflet, qu*elles doivent être en tout et partout complélemeut adoptées et soutenues, et qu'amsi, relativement à ce qui précède, tous les juges ordinaires, délégués ou auditeurs du palais apostolique, nonces du Sié|;e apostolique ou cardinaux de la sainte Eglise romaine, et mêmes légats a latere^ doivent juger et définir selon la teneur des présentes ; toute permission et tout pouvoir de juser et d*inierpréter autrement leur étant enlevé et a chacun d'eux en particulier, et déclarant cassé et de nulle valeur tout ce qui pourrait être attenté au contraire, sciemment ou par ignorance, par qui gue ce soit jouissant de quelque autorité que ce puisse être. Le tout, nonobstant fes constitiitionset les sanctions apostoliques, et toutes les fois qu'il en sera besoin, nonobstant les statuts et coutumes de la susdite congrégation, établis même par serment ou confirmation apostolique, ou par tout autre principe d'autorité, et enfin nonobstant tout ce qui pourrait être contraire aux pr^ntes.

Gk>nné à Home, à SaintrPierre, sous Panneau du pêcheur, le xxiv avril m. d. cccxxxvui, de notre pontificat l'an huitième. E. caed. de GREGORIO.

Place du êceau de r anneau du pêcheur.

Nous voulons qne ladite confrérie et ses membres puissent, suivant la susdite constitution du pape Clément VIII, d'heureuse mémoire, user, profiter et jouir de toutes ees indulgences et grâces spirituelles décrites plus baot en détaH, ordonnant que Pon ajoute à ces présentes la «lême foi que l'on ajouterait aux lettres originales elles-mêmes, si elles âaieui produites et montrées. C'est en foi el témoignage de toutes et chacune de ces choses, que neus avons ordonné que les présentes fussent rédigées, signées et expédiées par le sous- directeur de notre archicoufrérie, de laquelle nous y avons fait apposer le sceau.

Donné à nris, dans le lieu ordinaire de notre arcbicMifrérie, 4e 4 décembre 4839, neuviénie année du pontificat de Grégoire XVI.

DOFEIcnC-Dc&GBNtTTES,

Curé de Nolre-Dame-det^Vicioêret^ Directeur de PArcbloonfrérie.

Ignace Haltcr, Prêtre et $ou$'directeur.

res, autant d*apAtres de la dévotion à son très-saint et très-immaculé Cœur, et k lacoiK version des pécheurs, lis propaseot le manuel dans presque tous les diocèses de la France, dans la catholique Irlande, au Canada, dans les Etats-Unis. Ils raccompagnent de lettres brûlantes de zèle et d'amour pour Marie, dans lesquelles ils le commentent et Texpliquent. Leurs sages directeurs virent avec une sainte joie ces essais du zèle de leurs fervents élèves ; bientôt leur voix puissante et vénérée vient lui donner sa sanction. A partir de cet instant, la France commence à se dévouer au très-saint et immaculé Cœur de Marie ; Tarchiconfrérie marche à pas de géant à la glorieuse deslioée que le Vicaire de Jésus-Christ lui a faitp. Le succès va toujours croissant. Non-seulement l'association compte des milliers de membres unis de cœur, de vœux et de prières dans toutes les parties du monde, mais elle voit tous les jours s*élever, pour les marnes fins, sur divers points du globe , diverses congrégations semblables, qui s'unissenii elle , et auxquelles elle commuoiaue te grâces et privilèges qu'elle tient de la iilKralité du Père commun des tidèles.

La confrérie qui vient d*ètre établie dans l'église cathédrale de Limoges, par onlonnance épiscopale du 29 novembre 1839,

Kant sollicité cette faveur, a obleDU.tie . le directeur de Tarchiconfrérie, un diplôme d'agrégation, par suite duquel elle se trouve unie de prières avec cette copfrérie-mère, et est rendue participante de toutes les grâces, indulgences accordées par le Bref de N. S. P. le pape Gr^oire XYle» date du 24 avril 1838, et nous avons eu li consolation d'apprendre que le jour même où on procédait a Tinstallation de cette confrérie, 15 confréries semblables s'élevaient sur d'autres points de l'Eglise. Au mois de janvier 1840, on en comptait déjà cent quatre-vingt-sept, et de nouvelles allaient encore se former. {Manuel de Limoges.)

CBIPITRB II.

Etat actuel de Varchiconfrérie du Saint Cffitr de Marie pour la conversion de» picheuft.

Trop de bien se fait et est attendu de cpi'e pieuse archiconfrérle pour que nous ne disions pas où elle eu est au moment actuel- Nous puisons ces renseignements dans on pieux journal de février 1852. On a, dii*ii« souvent signalé les heureux symptômes qui semblent promettre une ère nouvelle de triomphe el de çloire h la reliçion; naais » parfois un zèle, louable au fond, l'a fait atec quelque exagération, d'un autre côté, peu^ être, on ne remarque pas assez, on n'appf^ cie pas toute la portée de certains faits qui méritent pourtant la plus sérieuse attention. Nous vouions parler surtout de la tendance

3ui se manifeste depuis plusieurs «nom ans l'univers chrétien, et en France sortoo|i à environner de plus d'honneur et d'éclat it culte de la Hère de Dieu et de tous les ui't> qui attestent comme un r^^veil subit et universel de la dévotion envers la sainte Vier^^e.

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La4lévotion envers Marie a quelque chose do si affectueux et de si simple» ae si profoodéffleot catholique, il y a dans cet empressement k se venir prosterner devant Tautel d*iine pauvre fille a*Adam, dont la vie est pleine de mystères et tire tout son éclat des plus humbles vertus, de la foi, de la pauvreté, de la chasteté, de Tobéissance, de la vie cachée, des douleurs intimes et maternelles, da sacrifice incessant de l'esprit et du oœur ; il y a là, disons-nous, une telle réaction contre Torgueil prodigieui de no- Ire siècle, contre les prétentions de là science et de la philosophie contemporaines auxquelles échappent à peine les esprits les plus chrétiens et les plus purs, contre les idées, les directions de l'état général de la société, que nous ne saurions y voir un résultat humain.

Puis, rhistoire atteste que le culte et la dévotion de la sainte Vierge ont toujours été récompensés par des bienfaits d'un ordre spécial. Pour développer cette idée comme il convient, il faudrait énumérer toutes les victoires gagnées par les nations chrétiennes sur les ennemis de la foi, tous les grands triomphes de TEglise sur les schismes el les hérésies ; les fléaux , les pestes, toutes les calamités dont les peuples ont attribué la délivrance à celle qu'ils se sont accordés à invoquer sous le nom de Reine du ciel el de la terre; il faudrait compter toutes les tiasiliques élevées en son honneur, les consécrations des villes et des royaumes» les pèlerioaçes, les chapelles cachées au fond des solitudes, et jusau'aux €x voie qui couvrent les murs de tant a humbles oratoires, sublimes trophées, dignes du peuple qui les offre et de la souveraine qui les reçoit. 11 faudrait demander son témoignage à chaque pa^^e de l'histoire et à chacun de ces saints personnages dont Je génie a honoré l'Eglise autant que leurs vertus, quelques-uns de ces élans de vénération et d'amour par lesauels ils ne cessent d'exalter la puissance, la grandeur, la bonté, la clémence de la Mère duSauveur des hommes. A ne considérer les choses que sous un |)Oint de rue général, il ne serait pas difficile de montrer que les grands mouvements progressifs de l'esprit religieux ont coïncidé presque toujours avec quelque nouvelle manifestation de la piété envers Marie.

C'est ainsi que 1 expansion du christianisme qui eut lieu au v' siècle, son introduction dans les lois et les formes sociales, le renouvellement des sociétés, la prépantion d*un monde nouveau, au mojren de Tapipel merveilleux des Barbares, suivirent de près le concile œcuménique d*Ephèse» où l'Eglise assemblée offrit à Marie r hommage le plus solennel qu'elle eût encore reçu, en lui confirmant tout d*une voix le titre de Mère de Dieu, aux transports ananimes du monde chrétien, dont la joie et les Iraosports des Ephésiens ne furent que l'organe fidèle et la plus touchante mat)}fe«tatton.

Plus tard, au moyen â^^e, quand la société

chrétienne se développe sur les plus vastes proportions qu'elle ait encore revêtues, nonj trouvons un accord s{)ontané et universel, un entraînement irrésistible, et comme un redoublement d'amour pour la Vierge Marie. La terre s'étonne des temples qu'on élève en son honneur, les drapeaux des rois portent son image, elle brille au fond des palais comme au toit des chaumières, les arts la prennent pour type du beau, des ordres religieux se vouent & son service , il se forme comme une armée innombrable de volontaires de tout âge et de tout sexe, (jui s'engagent spécialement au culte de Marie ; le Rosaire (i)^ le Seapulaire^ deviennent les armes et l'habit de cette nouvelle milice ; et, afin d'ouvrir une voie plus large à ce prodigieux élan , la France voit s'établir dans son sein le culte de Marie conçue sam péchij que l'Eglise consacre et que la chrétienté reçoit avec enthousiasme. Ne semble-t-il pas qu'il ne peut y avoir do triomphe complet pour le Christ si sa Mère ne le partage avec lui? ou bien encore que les triomphes de la Mère sont le gage assuré que le règne de son Fils bien-aimé est proche ?

Or, voilà ce qui fait aujourd'hui notre joie et notre espérance. 11 est impossible, en effet, de ne pas s'apercevoir que la dévotion à la Hère de Dieu s'est tout à coup réchauffée aux cœurs des chrétiens fidèles , d'où elle a nris un essor qui s'étend avec une rapidité toujours croissante. Nous ne pouvons dire tout ce qui s*est fait à cet égard, mais notre assertion n'en est pas moins incontestable, et chacun peut la vérifier de ses yeux. Remarquons en outre que les principales manifestations de ces pieux sentiments ont pris un caractère éminemment populaire, et que toujours (signe certain des œuvres divines) l'étendue des résultats a été eu raison inverse de la faiblesse des moyens.

Ainsi» pour ne rappeler que deux faits bien connus, il a sum qu'une faible femme conçût la pensée d'une association de prières courtes et d'un usage commun pour qu*au bout de peu d'années on vtt s'élever de tous les points de la terre où le christianisme a pénétré, un concert immense de prières, et comme une multitude de couronnes vivantes formées de vœui , de supplications , d'hommages unis et entrelacés, qui montent à chaque heure sans interruption vers le trône de la Mère de Dieu.

Ailleurs, une pauvre religieuse obéit à rinspiration de faire représenter une image

Ju'elle a vue plutôt des yeux de Tâme que e ceux du corps, et bientôt on ne peut satisfaire à l'empressement de tous ceux qui demandent la Médaille miraculeuse. Elle est portée jusqu'aux extrémités du monde ha-

(I) Le Rosaire fui la plus redoutable des arme^ que Dieu remit entre les mains de saint Dominique, pour vaincre la terrible conjuration de toutes les sectes qui, sous le nom de manickéens, taudoiê, altigeoiSf cathares^ patarins, roNliVri, toiiereaux^ etc*, 8'ctjicnt ligues contre TEglise et la société.

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