‹ Dictionnaire d'ascétisme (volume 5)Chapitre 133 sur 370 · CONFRÉRIE DU RACHAT DES CAPTIFS · texte numérisé non relu

CONFRÉRIE DU RACHAT DES CAPTIFS

Le Manuel de Ljon dit : II est beaucoup de Confréries établies en différentes églises^que les Souverains Pontifes ont favorisées dd grandes indulçenccs. Il nous serait imposçibje de les faire connaître toutes; mais, là oi!i elles sont établies, il est facile d'apprendre ce qu'il est utile d'en savoir avant aîa sj faire inscrire. Nous nous contenterons d'eu indiquer quelques-unes.

« La première est la Confrérie delà Sainle- Trinilé, instituée par saint Félix de Valois dans le xiu* siècle, approuvée par plusieurs Papes, et notamment par Benoit XIV. Elle a pour but de contribuer à racheter les captifs. [Yoy. le petit livre imprimé à ce sujet) 11 y a encore une autre Confrérie instituée pour la même fin, appelée de Notre-Dame-de-Wlâerci : de Merceae captivorum, »

N'avant pu nous procurer ce livre, nous nous bornons h ce simple énoncé, en ajoutant toutefois qu'en ce moment mème pieuses associations s'établissent en ¥niK9 pour racheter spécialement les jeunes exlives néçresses. Voici ce que puLiliéni à ïm les feuilles religieuses au moment où mi écrivons.

OEUTRC DU RACHAT.

On sait qu\in prêtre géncûs, M. Olivieri, a consacré sa fortune et sa vie tout enlièrp au rachat de petites esclaves qu*il ftit éterer en Europe (1). La France, à qui aucune espèce de charité ne peut rester étrangère, n posséder aussi son Œuvre de rachat.

Les bazars des esclaves à Constantinoplef à Alexaudrie et au Caire sont pour le voyageur le spectacle le plus narrant. C^esi ^ surtout que se révèle Timmense intertalie qui existe entre la société cbrétienue et ^ société musulmane.

Ces femmes sent enfermées dans des loses en l>ois de sapin, avec des portes et des f^ Dêtres grillées; on les prendrait h queljjae distance pour des animaux dans une mèiAgerie.

Les acheteurs examinent la inorciUmiKit ei cherchent ses qualités. Us prennent)*^ mains des esclaves, mesurent leur taille, les font marcher, parler, quelquefois mêmec^iafv 1er et danser. Les pauvres femmes se pr^ tent plus ou moins cqm plaisamment ^ t^ investigations, selon que la physionomie «i" Tacheteur promet un maître plus ou tooios doux. Elles sont tarifées en proporlioa i^ leur jeunesse, de leur santé et de leurs agrt

(1) Le 28 avril on Usait dans les JaaniMB ^

tahe:

Rome. — i Deux jeunes négresses, radiclM K h P. Olivier!, de Gènes, ei iastrnîies dans la ■*>■*

par révoque, Mgr Ântome"Magrîni. -

stappelait Faima et était native dii Cordofan : <^. ' été nommée Marie-Anioîneue-Volunma-Xari:»^*^ LfOuîse. L'autre, MarisciUa, née tlans le P»tfmr > reçu les oonis de Marie-Fîn^JacioUiC'Apui»*^ Louisc-Liberala. La première avaii oue aïK»^^ irc luiii. La ccrcnionic a été on ne peai ftai ^ chaîne. 1

CON

DES ^DULGENCES.

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nents. Le prix varie de 24 fr. à 3 ou 300 fr. Le marchand est là tranquillement assis, fumant son chibouk et demandant & Allah de préserver son marché d*accidents et de maladies.

Autrefois il n*était plus permis aux chrétiens de visiter le bazar des esclaves. On n'accordait cette faveur qu'aux ambassadeurs rappelés par leurs cours. Depuis trente ou quarante ans on laisse les chrétiens parcourir librement ces marchés ; mais il leur est interdit d'acheter des esclaves. Cette défense n*a pas arrêté les élans de la charité et n*a pas découragé la pitié. Comme la surveillance est active dans les bazars des grandes villes, on se sert d'un musulman humanisé. U est d'autres moyens employés par la compassion ingénieuse, et la religion chrétienne abrite doucement plus d'une femme maure arrachée à la servitude. On rencontre de ces négresses devenues chrétiennes auprès dessœursdeSaint-Lazare, àConstantinople et à Smyrne. La maison du Bon-Pasteur> a Avignon, en a recueilli quelques-unes. Un (ligne prêtre a établi à Gènes une œuvre dont le but est de racheter de ces victimes de Tignorance et des passions cupides, pour les eiuenerà la hauteur morale de l'enseignewcni chrétien.

Enfin cette entreprise de délivrance reKgieuse ne s'exprime plus seulement sous la iorme de tentatives individuelles et d'efforts ; elle vient de se produire avec un certain éclat et dans des proportions sérieuses, sous la protection d'un gouvernement étranger qui met de la gloire à défendre les intérêts catholiques. Récemment M. Kooblecher, pro* vicaire apostolique dans la Haute-Egypte, muni d*un firman du Grand Seigneur et des rccomnoandations du pacha d'£gypte luiiiiéme, s'ost mis à la tête d^une vénérable i^ipédition ; il était monté sur un navire en

* fer acheté au prix de 6,000 florins, bénit solennel leaient au Caire, et portant la bannière d'Autriche et le drapeau de la mission. Chartuui est un grand marché de ûlles noires; le pro-vicaire apostolique avait des ordres pour

»' Je pacha de Cbartum, où depuis peu est étar

' bli un consulat autrichien.

M. Kooblecher^ à son passage à Rome, trouva les dames du Sacré-Cœur vivement

. disposées à se charger de l'éducation des Iiaurres filles qui seraient rachetées : il fallait

,> |>our cela l'autorisation de la supérieure générale oui réside à Paris ; à son arrivée au

• Caire, M^ Knoblecher apprit que le consen- . tement avait été donné avec joie, que le cou*

vent de U. Trinité-du-Hont , k Rome » était Si : désigné pour cette œuvre, et que des sœurs ^de ce couvent ne craindront pas de se rendre c^ '\ Ch4rtuoi Tété prochain.

r - Ces reJîgiea3es» qui partageront l'honneur i' d'un tel voyage avec des filles de l'Autriche, '^emporteront les aumônes recueillies dans les ^^ . divers diocèses de Tempire. Ces aumônes j'. /sont déjà abondantes. C'est une ardente ému- , . ilation de zèle pour une entreprise de civili* '^^^ Mtioo cbrélienoe que les pouvoirs mêmes de .(l 'Monstanlioople et d*£gyplc ne refusent pas

de favoriser. L'islamisme se fait Fauxiliaire du rachat. Cette croisade de charité ne rencontre pas d'ennemis.

La France , où naqpiit l'ordre de la Rédemption, le pays, le missionnaire de toute idée généreuse, l'ancien libérateur du Saint- Tombeau et le destructeur de l'esclavage algérien, no prendra-t-il pas une grande part à ce mouvement, dont le caractère est si ré-

I)arateur? Un prêtre parmi nous s'est ému à a pensée de ces malheureuses créatures que la servitude et leur couleur condamnent aux derniers abîmes de la dégradation ; il a médité sur les moyens de leur faire une vie meilleure, de leur restituer cet honneur moral que le christianisme peut seul donner dans sa plénitude, pour les replacer ensuite dans ces mêmes contrées d'où la charité les aura d'abord tirées et où ces femmes, transformées sous le souftle de notre foi, accom- E liront par leur parole et leu^s exemples un len très-profond et très-étendu.

Déjà ce pieux dessein a rencontré de nobles Ames pour en aider l'exécution; il en rencontrera d'autres qui tiendront à honneur de s'associer à une pensée aussi généreuse et aussi haute. GrAce à des libéralités qui ne s'épuiseront pas aisément, une maison est prête pour l'iJBuvre du rachat dans un des beaux pajrs des Pj^rénées, la vallée d'Aure. Celtu maison , qui depuis- quelques années recueille l'enfance sous les ailes de la religion « recevra les aOranchies. Les sœurs de la congrégation de Notre-Dame leur ouvriront leur bras avec empressement , et, par une intelligente et douce culture^ élèveront jusqu'à Dieu ces Ames longtemps délaissées. L'œuvre aura son missionnaire, qui s'en ira bientôt chercher aux bords du NiL ou de la Propontide de pauvres filles dont il payera la liberté.

Ainsi va se fonder on France l'Œuvre du rachat, œuvre qui s'impose d'elle-même nu respect et à l'admiration. C'est un instrument de civilisation dont la portée ne saurait échapper aux imaginations les moins pénétrantes. Nous y trouvons à la fois une guerre légitime et sans bruit à l'esclavage, et un merveilleux travail do progris moral, de réparation sociale.

CONFRÉRIE DU SACRÉ COEUR DE JÉ- SUS. Yoy. SAcaé Cobur de Jésus.

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