II. — Applicalion de riodulgence plénière
Après l'absolution générale^ le prêtre direc" teur fait réciter au malade^ ou à quelqu'un des assistants j le Confitcor, etc. ; e/, après avoir dit le Misereatur, etc.j et Indulgentiam, t7 prononce la formule suivante d'application de Vindulgence plénière :
Dominus noster Jésus Christus, Dei Filius, qui omnia mirabilia tormenta pro peccatoribus subiit, ut eos ad vitam revocaret ; qui saivat omnes, et neminem vult perire ; nec mortem peccatorum, sed vitam semper inquirit : ipse nunc sua piissima misericordia te respiciat, averlal omnem iram et indignationero, atque per indulgentissima misericordiœ suœ viscera tibi remitiat universas iniquitates tuas, et quascunque pœnas ex rigore justitiœ suœ débitas.
Ego autem ipsius Domini nostri Jesu Christi indignus famulus et minister, ex auctoritate sanctorum Apostolorum Peiri et Pauli, ac sanctœ Romanœ Ecciesi^, et ex privilegiis per Summos Pontifices concessis Fratribus et Confratribus sanctissimœ Virginis Mariœ de Monte Carmelo, in quantum possum et debeo, declaro te consequi indul* gentiam plenariam et remissionem omnium peccatorum tuorum; si tameu bac vice e yita migraveris, aiias eamdem tibi reservo indulgentiam pro uliimo mortis tuœ articule : in nomine f Patris, et Filii, et Spiritus Sancti. ^. Amen.
Formule abrégée de Fabsolution générale et de l'application de Vindulgence plénière en fa^ veurdes confrères du Scapulaire , en cas de péril imminent de mort.
Concède tibi Plenariam indulgentiam peccatorum tuorum, facuitate mihi coucessa et commîssa, virtute BulJarum Ordinis Car* meli : quod si prœseiis mortis periculum (Deo favente ), evaseris, sit tibi induiçentia pro vero mortis articule reservata, m nomine Pa f tris, et Filii, et Spiritus sancti. 4. Amen. ( Manuel de Cambrai )
CONGREGATIONS DE MARIE (1). Voici ce que dit le B. Liguori : « Quelques pcT'sonnes désapprouvent les congrégations»
sous prétexte qu'elles sont souvent des sources de dissension, et que bien des gens y entrent par des vues humaines ; mais comme on ne condamne pas les églises et les sacrements, quoique bien des gens en abusent, de même on ne doit point condamner les con-
Î;régations. Les Souverains Pontifes, loin de es condamner, les ont hautement louées ei approuvées ; bien plus, ils y ont attaché des inaulgences. Saint Frangois de Sales, dans son Introduction (p. 2, c. 15), exhorte et presse les séculiers d*jr entrer. Que ne 6t pas saint Charles Borromée pour les établir
(1} Vay. art. Coiiraia» em générait à llotrodoctioo.
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et les multiplier? Dans ses synodes, il engage expressément les confesseurs è tâcher d'y faire entrer leurs pénitents : Le confes^ $eur s'efforcera de persuader à ses pénitents dCentrer dans quelque pieuse association (Act. Med. tom. I, c. 6, 58); et c'est avec raison, puisque les congrégations sont au* tant d'arches de Noé où les pauvres séculiers trouvent un asile contre le déluge des tentations et des péchés qui inondent le monde. Nous-mêmes nous avons bien reconnu dans les missions leur utilité. Généralement narlant, il se trouve f)lus de péchés dans un nomme qui n'est point de la congrég;ation que dans vingt de ceux qui lui appartiennent. On peut l'appeler la tour de David: Tour de David ^ a où pendent mille boucliers et toute Varmure des forts (Cant. IV, 4). Car l'on y trouve toutes sortes d'armes contre Tenter, avantage inappréciable pour ceux qui y sont attachés, et 1 on y pratique, pour se conserver dans la grâce, des moyens dont les séculiers usent diiucilement hors de la congrégation.
Un grand moyen de salut, c'est de penser aux vérités éternelles^ Souviens-toi de tes fins dernières^ et tu ne pécheras jamais {Eccli. vil, 40). Que d'âmes se perdent faute d'y penser 1 La terre est lamentablement dé^ solée^ parce que nul ne médite au fond de rdme [Jer. xii, llj. Les lectures, les sermons, les méditations qui se fout dans la congrégation, les rappellent sans cesse aux associés : Mes brebis entendent ma voix (Joan. X, 27). En second lieu, pour se sauver, il faut implorer le secours de Dieu. Demandez et vous recevrez f Joan. xvi, 24 ). Dans la congrégation, les frères le font continuellement, et sont plus tôt exaucés; car Dieu lui-même a dit que la prière faite en commun obtenait tout de son Père: Si deux d'entre vous sont unis sur la terre^ ils obtiendront de mon Pire tout ce qu^ils deman» derant (Maith, xviii, 19). Saint Ambroise dit là-dessus : Plusieurs, isolés, sont faibles, niais réunis et se concertant, ils grandissent. Impossible que les prières d'un grand nombre ne soient point exaucées. Troisièmement, l'on a plus de fricilité à fréquenter les sacrements dans la congrégation, tant à cause des règles que de l'exemple des frères, et, par conséquent, h se maintenir dans la grâce; le saint concile de Trente ayant déclaré gue la sainte communion est comme un antidote par lequel nous sommes délivrés des fautes quotidiennes , et préservés des péchés mortels (Sess. xiii, c. 2.) Quatrièmement, outre la fréquentation des sacrements, il se fait dans la congrégation beaucoup d'exercices de piété, de morliQcatiotts, d'humilité, de charité envers les frères malades et les pauvres. Il serait bon d'introduire dans toutes les congrégations le saint usage d'assister les pauvres inflruies du pays.
Il serait aussi très-avantageux d'y introduire en l'honneur de la sainte Vierge la congrégation secrète des frères les plus fervents. Je vais rapporter ici en peu de mots
les exercices qu'on a coutumed'y pratiquer: 1** l'on fait une demi-heure ae lecture; 2r l'on dit les vêpres et compiles du Saioi- Esprit ; 3' les litanies de la sainte Vierge; et alors les frères qui y sont destinés' font quelque mortilication , comme tenir k croix sur les épaules, ou autres choses semblables; 4* un quart d'heure de médita* tion sur la passion du S<iuveur; 5* chacun s'accuse des fautes commises contre les règles, et en reçoit la pénitence du père spirituel ; 6* le frère, indiqué pour cela, lit les petites fleurs de mortiQcalions faites pendant la semaine qui vient de s'écouler, puis Ton annonce les neuvaines qui se présentent ; 7* enfin, l'on prendra la aisciplioe pendant un Miserere et un Salve^ Regina, et chacun baisera les pieds du crucifix placé an pied de l'autel. Les autres règles sont que chaque frère fasse tous les jours : l' roraison mentale; 2* la visite au Saint Sacrement et à la sainte Vierge; â* le soir, l'examen de conscience; 4^ lalecture spirituelle; 5'^ ter les jeux et les conversations du roon&t; 6* faire souvent la communion et quelqui» mortifications de petites chaînes, disoplh nés, etc.; 7* recommander à Dieu cliaqoe jour les flmes du purgatoire cl les pécheurs; 8* lorsqu'un des rrères est malade, tous les autres sont tenus à le visiter. Mais revenoos à notre point.
Cinquièmement, nous avons dit combien il est utile au salut d'être serviteur de Marie; et les frères font-ils autre chose dans la congrégation que de la servir? Que de louanges, que de prières ne lui offrent-ils pas ? En y entrant, ils se consacrent à son service, s'inscrivent au nombre desesenfants, et la choisissent d'une manière syéciale; elle les protégera è la vie et à la mort comme des serviteurs dévoués etenfants chéris ; tellement qu'un frère de la congrégatioi de Marie peut dire qu'avec son admissiouil a reçu tous les biens possibles : Avec tlU me sont venus tous les biens {Sap, vu, il]*
Le congréganiste doit donc se proposer deux fins principales, en entrant dans la congrégation : l** le service de Dieu et de si sainte Mère, et le salut de son âme; i* ne pas manquer d'y aller au jour indiqué, sous prétexte d'alfaires temporelles, puisqu'il ^7 traite de l'atlaire la nlus importante i*our iuu de son salut éternel. Il doit aussi tacher d'« en faire entrer tant qu'il pourra, et d'y rauienci les frères qui Tout quittée. Qu'ils sont itrnblés les châtiments dont Dieu a puni ccui qui ont abandonné la congrégation I A Na* pie, un frère la quitta; exhorté à v rentrer u répondit : « /y reviendrai quanaf aurai h jambes cassées et la tête coupée : » il prophétisa : peu de temps après, ses ennemis ttii coupèrent la tête. (Âp. Sarn. d. cofiyr.*!). 1m Tandis qu'au contraire Marie comble ^< biens spirituels et temporels les frères qui persévèrent; Tous ceux de sa maison iv*^ enrichis dédoubles grâces (Pro«, xxxi, il • L'on voit, dans le P. Auriemma (lom.u* c. 4), les grâces infinies que Marie a aca»* dées aux congrégauistes pendant la ^i^**
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DES INDULGENCES
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mais surtout à leur morL Le P. Grasset raconte (tom II, pr. 5 ) que« Tan 1586» un jeuoe homme à I arliele de la mort» s*étant érei/ïé, dit à soo confesseur : « Ah ! mon père, j*ai été en grand péril, j'ai été sur le /K)int d'être damné; ma bonne Mère m*a dtlivré. Les démons ont présenté mes péchés au tribunal de Dieu ; ils se disposaient à m'entralner dans Tenferi mais la sainte Vierge est venuey et leur a dit : Où conduisez-vous ce jeune homme ? que voulez-vous à un serviteur qui m'a servie si longtem[)s dans ma congrégation? Les démons ont l»ris la fuite» et j'ai été sauvé de leurs mains. » Ce même auteur rapporte encore qu*iin autre congréganiste, sur le point de mourir, eut un grand combat avec renfer, et qu'ayant vaincu, il s'écria plein de joie : • On! quel bonheur d'avoir servi la sainte Vierge dans sa congrégation !» Et il mourut comblé de consolations. Le P. Grasset dit aussi que te duc de Popoii dit à son tils, en mourant : « Sachez, 6 mon fils ! que le peu de bien que j'ai fait pendant ma vie, je ie dois à la congrégation, et que je n'ai pas de plus çrand bien à vous laisser que la congréKation de Marie; je suis [)lus heureui d'avoir été congréganisle que duc do Popoii. »
Le Manuel de Lyon dit : L'institution des congrégations n'est point d'origine nouvelle : elle remonte jusqu'au milieu du xvi* siècle. Ce fut en 15(^3 que la première congrégation fut établie à Rome ; le Pape Grégoire XIII l'approuva en 1583. Plusieurs de ses illustres successeurs, tels que Sixte V, Clément Vlll, Benoit XIV, l'ont confirmée. Le Fape Léon Xil, nar des lettres du 19 mai i9Sh et du 7 mars 1825, lui a renouvelé tous les privilèges que ses prédécesseurs lui avaient accordés.
Le but des congrégations n'est point de ftire des religieux ni des hommes singuliers; e'est d'ap|)rendre, au contraire, à remplir avant tout les devoirs de son étal, et à ne songer aux œuvres de surérogation que iorsau'elles peuvent s'allier aux fonctions que la Providence nous a destinées ; c'est d*appreadr6 aux chrétiens à ne faire qu'un cœur et qu*une âme, à s'encourager dans la vertu, & se soutenir dans les dangers, à s'aider dans les chagrins et Tes fatigues de la vie; c*esl de répandre le bien sur tous ceux qui nous environnent, de consoler les infortunés el soulager l'indigence ; c'est, enfin, de conYaincre ceux mêmes qui ont le mal* hear de ne pas croire qu'en détestant leurs doctrines nous les aimons encore, et que nous n'attendons qu'une occasion favorable |)Our lenr montrer notre amour.
Les congrégations ont un directeur spiriiaelp un préfet, un secrétaire, des assistants et autres dignitaires. La sagesse de leurs règlements est démontrée par l'expérience de près de trois siècles. Nous ne les rapporterons pas ici; on les trouve à la tôto de IOU3 les livres imprimés à l'usage des coneré^anistes.
j I^es Souverains Pontifes ont enrichi les
DlCT*0.>?l. DES I?(DULGK!ICES.
congrégations de nombreuses indulgences.
Indulgence plénière : 1' le jour de la réception ; 2* le jour de l'assemblée de la congrégation ; 3* le jour de la principale et de la seconde fête de la congrégation ; 4* le jour de la communion après une confession générale ou annuelle ; 5* à l'article de la mort ; 6* les fôtes de Noël, de l'Ascension, de l'Annonciation, de l'Assomption, de la Nativité de la sainte Vierge.
Indulgence de sept ans pour : 1* accompa-
§ner un défunt à la sépulture; 2* réciter es actes de foi, d'espérance et de charité; 3* prier pour un agonisant ou pour un défunt dont on sonne le trépas; 4* assister à une réunion de piété, aux saints offices, à un sermon; 5** assister à la sainte messe les iours ouvriers; 6"* examiner sa conscience le soir avant de se coucher ; 7" visiter lui» malades, ou les prisonniers, etc.
Indulgence des stations de Borne (Foy. ces mots), en visitant une église, ou, si on ue le peut, en récitant sept fois le Pater et VAve.
Toutes ces indulgences sont applicables aux morts. L'autel de la congrégation est privilégié pour tout prôtre qui y célèbre pour un congréganiste défunt ; tout autel est
{)rivilégié pour un prôtre congréganisle, orsqu'Jl ci^'lèbre pour un congréganisle défunt. Voyez Heures des congrégations.
Hçr 1 évoque du Mans, considérant plus spécialement les congrégations a& sein des maisons d'éducation, dit : Ces congrégations, maintenant très-répandues, doivent leur ori< Çine au P. Jean-Léon Flammingue, pieux jésuite , régent de basse classe au Collège romain. Ce religieux commença, en 1563, à réunir ses élèves, certains jours , après la classe, pour leur lire des livres de piété et faire fau*e quelques prières. D'autres écoliers, grands et petits, se rendirent h ces réunions. Il se mit à faire ces exercices tous les dimanches el les jours de fêles , donna des règles iixes à sa congrégation , qui s accrut el devint une association permanente, sous le titre de l'Annonciation de Mario.
Cette pieuse institution produisit de si admirables effets que le P. Aquaviva, général de la société, crut devoir solliciter une approbation générale du Saint-^iége, et demander des indulgences qui contribuassent à en augmenter les progrès.
Grégoire XUI, satisfait du rapport qq'on lui en lit, donna, le 5 décombru 158V, une longue bulle commeoçani par ces mots, Omnipo^cfilîsDet, dans laquelle il loue beaucoup la société , ses travaux , ses vertus et sas succès dans l'art difficile d'élever la jeunes.<e ; ensuite il approuve la congrégation des écoliers, sous l'invocation du mystère do l'Annonciation, l'enrichit d'un grand nombre d'indulgences, en confie le gouvernement au
Pénéral des Jésuites, et, entre sa mort et (Section de son successeur, au vicaire général de la société. Il lui permit d'éri^ei, sous lé même litre, d'autres congrégations semblables dans les autres collèges de >a dépendance, de les associer à la congréga-