‹ Dictionnaire d'ascétisme (volume 5)Chapitre 154 sur 370 · COURONNE DU SACRÉ COEUR DE JÉSUS · texte numérisé non relu

COURONNE DU SACRÉ COEUR DE JÉSUS

Yoy, CoBum de Jésus.

CROIX. •Foy. Chapelet BHiciTTàiN.

CROIX , COURONNES ET ROSAIRES tenant delaierre sainte. Innocent XI, disent les divers Manuels d'indulçences, accorda à perpétuité, par un bref du 28 janvier 1688, que confirma Innocent Xlll, en approuvant un décret de la congrégation des Indulgences, le 5 juin 1721, aux croix, couronnes et rosaires qui auraient louché les lieux saints ou les reliques de la terre sainte, toutes les indulgences mentionnées dans VElenckuM ou sommaire précité pour les mêmes objets bénits avec faculté obtenue du Souverain Poniife; c'est-à-dire» que leur attouchement aux saints lieux ou aux reliques de la terre sainte équivaut à la bénédiction et donne droit aux mêmes indulgences, mais pour les croix, les couronnes et les rosaires seulement, puisaue ces seuls objets sont nommément désignes (1).

On ne peut ni les vendre ni les prêter à l'effet de communiquer les indulgences (2). (Haccollaiiei9ki,p,ilA.)

Une courte notice sur ce théâtre des souffrances de Jésus -Christ nous semble ici

nécessaire.

« Les circonstances locales « et dont la nature même décide, dit d*Anville, dans son excellente dissertation sur Tancienne Jérusalem, ne prennent aucune part aux chan* gements que le temps et la fureur des hommes ont pu apporter à la ville de Jérusalem.

c Le théâtre de la passion, à retendre depuis la montagne des Oliviers jusqu'au Calvaire, n'occupe pas plus d*une lieue de terrain, et voyez combien de choses faciles ^ signaler dans ce petit espace. C*e$t d'abord une montagne, appelée la montagne des

(1) Concession perpétuelle dn véncnible Innocent XI, qui résulte de son bref Unigeniti Dei FUH, da 28 janvier 1688. Innocenl 1111 Ta conArmée par un décret de la sacrée congrégation des Indulgences, «lu 5 jirin i7il, qui défend oe vendre ces croix, rouircs et cbapelels, de les échanger avec d'antres ul'jets» de les prêter, etc. (yole du Kaccolta.)

^i) Yoff. art. CiiArEi.ET, Ei.e>xiius, de.

Oliviers, qui domine la viljp el le temple, à l'orient; celte montagne est Ih, et n'a p.'«s changé. CVst un torrent de Cédron, ot. co torrent est Ip seul qui passe à Jérusalem. C'est un lieu élevé à la porte de rancienne cité, où Ton mettait à mort les criminels; or ce lieu élevé est aisé à retrouver entre le mont Sion et la porte Judiciaire, dont il existe encore quelques vestiges. On ne peut méconnaître Sion, puisqu'elle est encore la plus haute colline de la ville; nous sommes assurés des limites de cette ville, dans la partie que Sion occupait. Le Golgolha était donc une pelite croupe de la montagne de Sion, à l'orient et au nord de cette montagne, et à l'occident de la porte de la ville; et cette éminence, qui porto maintenant l'église de la Résurrection, se distingue parfaitement encore. On sait que Jésus-Christ fut enseveli dans uu jardin, au bas du Calvaire; or ce jardin et la maison qui en dépendait ne pouvaient disparaître au pied duGolgotha, monticule dont la base n'est pas assez large pour qu'on y perde un monument (1).

a La mémoire de tous les événements de la Passion, au témoignage de Bochard, est aussi fratche que s'ils avaient eu lieu récemment; et les monuments élevés è Jérusalem pour les retracer sont si remarquables et si nombreux que le jour le plus long ne suffirait pas à les visiter tous... Pendant dix ans, dit-il, j'ai marché sur cette terre sacrée; je l'ai parcourue dans tous les sens, j'ai tout remarqué avec la plus scrupuleuse attention, el je n'ai rien écrit que je n'aie vi' de mes yeux. »

Le jardin des Oliviers se trouve à^ia naissance de la montagne du môme nom, sur le bord de la vallée de Josa[>hat et du torrent de Cédron, et h trois cent trente pas de Geth-Semani, petit lieu dont le nom. Pressoir des olives ^ indique la production et l'industrie. Ce jardin de soixante pas en carré et dépourvu de clôture, appartient aux Pères de la terre sainte, qui l'ont acquis de leurs propres deniers. Les neuf oliviers d'une prodigieuse grosseur, qu'on y remarquait encore en 1652 et en 16^, sont mai itcnant réduits & huit, qui annoncent une extrême décrépitude; leurs troncs, chenus et bosses^ dit un vieil auteur, surpassent en grosseur tous les arbres de la Palestine; et ces huit arbres étant les seuls que les Turcs aient exemptés do la taxe imposée sur tous I<ks arbres plantés à Jérusalem, depuis qu'elle» est devenue la proie des infidèles, on en a conclu qu'ils existaient au temps de Jésus* Christ, et qu'ils avaient échappé h la destruction quavait ordonnée Titus do tous les arbres de ces contrées : choses qui n'est pas hors de probabilité, puisqu'on a des exemples de plusieurs oliviers qui ont vécu des milliers d'années. Les souverains pontifes ont défendu d'en arracher du hors vert. On recueille avec soin les brandies sèches dont on firbriq^ue des chapelets et autres objets de dévotion; l'huile cl les noyaux des

(1) De Cliatcnubrîand.

CRO

DICTIONNAIUK

CRO

olircs se distribuent aussi aux personnes de piété.

En face de la porte Dorée, sur nn rocher découvert un peu au-dessous du plus haut sommet de la montagno, et au milieu d*une belle plaine, sainte Hélène avait fait bâtir une magnifique église, dont il n'y a plus que des ruines.

Celte église, de forme circulaire, avait cent trente pas de circonférence. On y distinguait encore, il y a cent cinquante ans, les restes du maître^utel, quelques portions do colonnes et les murs de clôture. Le pavé, formé de très-belles pierres, laissait h découvert un assez large espace de roche nue, sur laquelle s'était conservée l'empreinte de deux pieds. On y montait par trois marches. La voûte était en dôme ; mais il y avait une ouverture perpendiculairement au-dessus de la double empreinte; ouverture qu'on n'avait jamais pu fermer, selon saint Jérôme, qui assure que Jésus-Christ, à ce lieu même, avait Pris sa route à travers les airs. Ce qu'il y a a e certain , c'est qu'au Tiii* siècle cette ouverture existait encore, au rapport des écrivains les plus di^es de foi, tels qu'Adamnam. On y voyait aussi alors, et môme très-longtemps après, l'empreinte des deux pieds; empreinte, qui, d'après le témoignage unanime (1) des anciens et des modernes, des Pères et des voyageurs, de toute la tradition enfin, y fut laissée parles pieds du Fils de Dieu; vestiges que les fidèles, dit saint Augustin, venaient en foule adorer de toutes les parties du monde, et qu'ils retrouvaient toujours, ajoute Sulpice-Sévère, malgré les pieux larcins des pèlerins, qui avaient tous la dévotion d'en rapporter un peu de terre, le sol n'en recevant jamais aucun dommage. En examinant cette empreinte avec attention, on en a conclu que Jésus-Christ, en montant au ciel, s'était tourné vers le nord.

Vers Tan 1650, l'émir Mahomet-Bey, pacha de Jérusalem, y fit bâtir par les chrétiens, et à leurs frais, une chapelle de marbre blanc. Elle était de forme octogone et avait vingt-auatre pas de circonférence. Le dôme, percé de huit fenêtres, était porté par huit arcades que soutenaient de belles colonnes d'ordre dorique ; et ces colonnes, très-curieusement sculptées, ainsi que leurs bases et leurs chapiteaux, étaient entièrement de marbre blanc. Celte chapelle avait été construite pour renfermer la roche de l'Ascension, qui se trouvait placée à nuit pieds en arrière de la porte, un peu vers le midi. La roche s'élevait à fleur de terre au milieu du pavé, et elle a deux pieds de longueur et un pied et demi de largeur.

On n'aperçoit plus qu'une seuie empreinte sur la roche sacrée; mais, quoique les pèlerins, en raclant ses bords par dévotion, aient arrondi ses contours, on peut y discerner le pied gauche d'un homme. On y distinguait, en 16iS6, les doigts du pied tour-

M) Cyril., Cat.; S. Paulin., Ep. 51. 4 ; Sulp., I. I ilisr., c. 48 ; Aiig., Tr, 47 in Jpan. n** 4.

nés vers le septentrion. Pour la mettre k l'abri d'autres dégradations, on l'a entourée d'une petite bordure bien cimentée et un peu relevée, laissant un petit espace libre qui donne aux pèlerins la faciKlé d'y appliquer dévotement leurs lèvres. On prétend Jue, vers le milieu du xvir siècle, les pachas e Jérusalem ont scié dans le roc l'empreinte du pied droit, et la conservent dans leur grande mosquée, avec beaucoup de vénération; quoi qu'il en soit, les Turcs ont défendu, sous peine de mort, d'enlever la

r>Ius légère parcelle du rocher oîi se conserve 'empreinte.

Malgré les profanations nombreuses dont ces infidèles ont souillé les lieux 5aints: malgré les ravages dont ils ont désolé cette terre sacrée; malgré les obstacles et les dégoûts qu'ils opposent à la piété des pèlerins; malgré les avanies dont ils y abreuvent les religieux des différentes communions, le chrétien qui médite ne peut donc s^mpécher d'admirer, en péroissant,- la s^esse profonde de la Providence : elle a encore placé ces lieux vénérables dans les mains des dépositaires les plus sûrs et les plus fidèles. En demeurerai t-il un seul vesiigo, s'ils fussent tombés en celles des sectaires, qui n'ont cessé et qui ne cessent de déchirer I Eglise, ou des philosophes qui ont juré de l'anéantir? Et ce témoignage unique de tant de communions différentes, réunies de temps immémorial aux pieds du même tombeau, pour attester la divinité de celui dont les uns méconnaissent les oracles et dont les autres outragent la mémoire, n*eût-i{ pas été brisé sans retour ?

Cependant quel phénomène digne de Tattention des sciences, que cette ville de quatre mille ans, riche de tant de monuments et de souvenirs ! Si Homère ou Virgile y eussent chanté les boutades ou les aggressions de quelque héros fabuleux, les dieux de la raison moderne en feraient l'objeC d'une admiration outrée; mais c'est Darid

Îui a chanté la gloire de Jérusalem; c*est érémie qui a pleuré les malheurs de Sion : c'est Jésus-Christ qui Ta remplie de ses mystères, qui Ta couverte de ses prodiges, qui l'a illustrée par le plus sublime et le

Elus fécond de tous les dévouements : et ces eureux génies, tout resplendissants des la* mières du siècle, n'ont pas assez de dédains pour la vouer au mépris. Un jour vîeot où ils diront : Ergo erravimus a tia ttritaiis, «tant aulem Domini ignoravimus! (Sap. v, 6, 7.) — Voy. CosMiN de la Cboix.

Nous terminons cet article par la re{>roduction d'une lettre récente qui contient de$ détails très-utiles.

« Il y a peu de jours un respectable Français , avec lequel je me suis souvent entretenu, depuis mon arrivée en France, de la mission confiée dans la terre sainte am Pères Franciscains, m'écrivait : c Mon irh- « révérend Père, quand vous me disiez qn^ « d'autres profitent du nom de terre mM « pour attirer des aumônes, vous ne t^os « trompiez pas Il serait donc de la p^

Page 1