‹ Dictionnaire d'ascétisme (volume 5)Chapitre 18 sur 370 · ARTICLE · texte numérisé non relu

ARTICLE

aiSPOSITlONà REQUISES DA9IS LA PERSONNE QUI VEUT G4GNER DES INDULGEItCCS.

. « Deux dispositions sont absolument nécessaires dans ceux qui veulent gagner les indulgences : Tétat de grAce et l'intention formelle.

{I. — De Vétat de grâce dans ceux qui veulent gagner Vindulgence,

• Nous avons dit ailleurs qu'il n'est pas toujours nécessaire d'être en état degrice pour appliquer l'indulgence aux morts : mais il en est autrement si on veut la gaj;ner pour soimême. Car, l'indulgence ne remettant jamais le reatum ou la coulpe du péché, ni mortel, ni véniel, mais seulement la peine temporelle, et cette peine ne pouvant être remise, tandis que le péché lui-même suosiste dans l'Ame, il s'ensuit qu'il faut être en état de gréca pour recevoir l'application d'une indulgence, soit plénière, soit partiefle, quelque petite qu'on la suppose.

« Les théologiens conviennent uuanimement qu*il n'est pas nécessaire de faire en état rie grAce tout ce qui est prescrit : mais il faut v être au moment oH Ton termine la dernière action; car c'est alors que l'elTet de l'indulgence est appliqué. Tar exemple, une indulgence est attachée à la visite de plusieurs éslises, il sufTira qu on se réconcilie avec Dieu avant de visiter la dernière. Tout ce qui précède pouvant être considéré comme une préparation k faire rentrer en grAce avec Dieu, lui sera par lA mémo agréable. Rien n'empècbe donc que ces premières actions ne puissent concourir à faire obtenir l'effet de rindulgeoce.

r*QuESTiOR. — Vaffection au picM véniel empéche-t^elle de gagner F indulgence?

« Elle n'empêche fias de gagner l'indulgence correspondante aux péchés mortels d^ji remis, ou même aux autres péchés véniels dont on a une véritable douleur ; il est certain, et tout le monde en convient, que l'affection à un ou à plusieurs péchés véniels n'empêclic f>a« que les autres, tant mortels que véniels, ne puissent être remis quant à la coulpe et quant è la peine : ainsi, point de diflicullé à cet égard. Mais alors l'indulgence ne sera pasplénière dans son application ; car les péchés véniels pour lesquels on conserve de l'afTecliofi ne sont point remis ; par conséquent, Tindulgence ne peut effacer la peine temporelle qui leur est due. (Collet, pag. 184. )

ir QuBSTio?!. — Celui 7»i, en accomplissant les œuvres prescrites pour l'indulgence^ a péché

véniellementf en perçoit-il néanmoins le fruit f

« Il faut examiner quelle est la nature de la faute dont il s'agit. Cette faute vénielle influe-t-elle sur l'action entière, de manière à en vicier ta substance? Dans ce cas elle empèdia Telfet de l'indulgence ; car une action substantiellement viciée est mauvaise, et ne peut répondre aux intentions qu'a eues le supérieur ecclésiastique en accordant l'indulgence. Ainsi, celui qui donnerait l'aumêne uniquement par vanité ne ferait pas un acte de charité; cependant c est un acte de charité que le Pape a prescrit, et non un acte de vanité. Collet (page 188 ) embrasse ce sentiment et le regarde avec raison comme le seul vrai.

< Si la faute vénielle n'infecte pas la substance de l'action, elle n'empêche point de çagner Tindulgence : tout le monde en convient. Par exemple, un homme, en jeûnant, en faisant l'aumône, en priant, se laisse aller à quelque mouvement de vanité ; if pèche sans doute, mais le mouvement vicieux de vanité auquel il s'est laissé aller n'est qu un accessoire de J acte principal, et n'en doit pas empêcher l'effet.

I II. — De l'intention nécessaire pour gagner l'indulgence.

« Pour gagner l'indulgence il faut un acte humain, et non un acte purement matériel, fût-il même pieux. Il est donc nécessaire d'avoir au moins l'intention qui constitue an acte misonoable et imputable à celui qui le fait ; il faut, de plus, selon le sentiment commun des auteurs, une intention réelle de gagner l'indulgence, [tarce que Tœuvre prescrite doit être dirigée vers la On que s'est proposée celui qui a concédé 1 indulgence. Mais il n'esl t)as nécessaire que cette intention soit actuelle : une intention virtuelle, c'e.<^t-&-dire une in- Ir.ition qui a été actuelle et qui persévère virtuellement dans une suite non interrompue <f actes provenant de celle fircmière intention, suffit. Ainsi, une personne forme le dc.«>ciM il»» gagner rind»»li;eîu:u plénière allacliéc h telle fêle; elle se confesse et prie d ms celle Hi*

il\ Itéêlr. Pral, iiir k$ Indtt'tj., p. ^yô, cl ttoUcaiL bTt5Tio.%.

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LNTRODLCTIOS.

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tention ; puis, quand îc moment de la communion esl venu, elle va à la sainte tabte, sans se sourenir de ce qu^elle s'était proposé en commençant ; elle gagne néanmoins Tin* dulgence.

« II j a bien encore une autre sorte d'intention, qu'on appelle habituelle ou interprétative; c'est celle qu'aurait un homme de gagner telle indulgence, s'il la connaissait et s il y pensait. Cette intention suffirait-elle pour l'indulgence? Beaucoup de théologieas disent que non, parce qu'elle n'influe point sur l'action ; d'autres soutiennent qu'elle serait suflBsantA. On peut voir ce que dit h ce sujet saint Liguori, liv. vi, n. 53%, ik. « ^L'effet de Tindulgence n lieu, dit ce savant et saint théologien, 1" quoiqu'on omette quelque chose dans l'œuvre reqaisev telle qu^une cérémonie dans un saint eiercicc ; si on mange un peu dans un jeûne, rœuTre est moralement entière; 2^ si vous faites exécuter Tœuvre par un autre, ainsi l'aniiiAoe ; 9* si vous ne donnez qu'une très-légère aumône, à moins que la bulle ne dise trèsfxpressément : proportionnée aux facultés de chacun ; 4" si l'on ne peut entrer dans l'église , dans le cimetière, à cause de la foule, et qu'on prie à la porte ; 5* si vous avez eu une m- TETiTioif nTBRPRÉTATivE, malgré l'opinion contraire de Suarez et de quelques autres ; 6* (quoique les œuvres soient eitigées d'ailleurs ainsi d'après un précepte de l'Eglise. »

loutefois, plusieurs sont d'un avis contraire. «Donc, comme dit Mgr Bouvier, il faut tâcher d'avoir au moins Tintcntion virtuelle. Celte intention pouvant, selon l'opinion commune, durer un jour entier sans être renouvelée, pourvu qu'elfe n'ait point éié révoquée par quelque acte opposé, c'est une pratique salutaire de former tous les matins la résoTution de gagner les indulgences qui seront attachées aux œuvres que l'on fera pendant la journée, et de les appliqiier à telle ou telle fin, à soi ou à un défunt. Par .cette détermination ou se conforme sufiisamment aux intentions ordinaires du supérieur ecclésiastique (1).

« Si cependant ce supérieur avait voulu qu'on se proposât une fin particulière ^ par exemple, qu'en priant, on demandât telle chose déterminée, l'intentiou générale de faire une oeuvre de piété ue suffirait pas : mais si l'on se proposait ce qu'il a eu en vue, sans savoir explicitement ce que c'est, il n'en faudrait pas davantage. Dieu le sait, et la volonté serait assez déterminée par là. De même, il n'est pas nécessaire de connaître positivemerH quelle est l'indulgence accordée pour telle pratique, ni même de savoir s'il y en a une; il suffit d*avoir l'iulentiqu de gagner cette indulgence, si elle a éié accordée, et telle qu'elle a été accordée. »

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