‹ Dictionnaire d'ascétisme (volume 5)Chapitre 228 sur 370 · SECONDE MÉDITATION · texte numérisé non relu

SECONDE MÉDITATION

Je commence cette méditation en me de* mandant si je suis prêt à mourir; il faut, pour cela, avoir arrangé ses affaires temporelles , ifavoir lien sur la conscience qui puisse vous faire de la peine, avoir expié ses péchés par la pénitence.

Premier point.

Pour être prêta mourir, il faut avoir arrnnjié ses aCTaiies temporelles, avoir fait son C4>s(ameDt, avoir désigné le nombre de messes que Ton veut faire acquitter, les aumônes que Ton veut faire distribuer, avoir disposé librement et en pleine santé des liiens que la Providence avait mis en di^pôt dans nos mains , pour en fîiire un usage conforme à ses desseins. Beaucoup de personnes vertueuses n'attachent pas assez d'importance à cette obligation , et laissent leurs affaires embrouillées ou ne les arranpTit que dans un moment où l'on n'est plus que la moitié de soi-môme, où Ton n'a plus la ltt>erté de faire les bonnes œuvres que Ion avait projetées, les restitutions jugées iiécossaires, en un mot, dans un moment où l'on no sait plus ce que l'on fait. De là, résultent souvent, après la mort, des divisions, des firocès, des haines, des vols même qu'on aurajt pu éviter, ce qui donne occasion à dos j*'>:rèls dans Tautre vie, surtout si c*c$t par iMi'isse, ()or négligence, par attachement au

bien temporel, par la crainte de penser à la mort, qu on a négligé d'arranger ses affaires.

Ne permettez pas, A mon Dieu ! que je me fasse illusion sur un devoir aussi important; donnez-moi le courage et la fidélité dont j'ai besoin pour détacher mon cœur de toutes les créatures, puisqu'il est nécessaire que je m'en sépare un jour; aidez-moi à rompre les liens qui me captivent, et à faire d'avance toutes les bonnes œuvres qui doivent nous accompagner après la mort, et qui ne nous accompagnent pas toujours , quand nous n'avons pas pris la sage précaution de les faire précéder. Hélas 1 comment oserais-je compter sur le zèle et la délicatesse d'autrui, tandis que j'ai moi-même eu si peu de courage pour mon propre intérêt spirituel? n'ai-ie pas vu de mes propres yeux avec quelle facilité on oublie les morts, et combien on est économe de bonnes œuvres pour eux ? Cette économie ne va-t-elle pas souvent jusqu'à riqjustice et la mauvaise foi?

(Examinez-vous sur cela, remerciez Dieu si vous êtes en règle , demandez pardon si vous ne l'êtes pas, prenez la résolution de prévenir ces désordres et ces regrets. Mais souvenez-vous que si vous renvoyez à demain, vous renverrez encore au lendemain, en sorte que vous ne serez pas plus avancé dans un mois, dans un an, et au moment de la mort que vous l'êtes aujourd'hui. Recourez h Dieu, h votre ange gardien, k la sainte Viergf», à saint Joseph, pour obtenir le courage de prendre une résolution eflicace.)

Second point.

Pour être prêt à mourir, il faut n'avoir rien sur la conscience , il faut avoir déclaré en confession tout ce qui pourrait vous occasionner quelque trouble au moment de la mort, présenter quelque doute. Ce serait évidemment une très-grande imprudence uuede renvoyerà la mort des éclaircissements (le conscience qu'on ne pourra peut-être pas obtenir, soit parce qu on sera surpris par une mort subite, soit parce qu'on n'en aura pas la pensée, la force ou la liberté.

Portez aujourd'hui la lumière dans mon Ame, 6 mon Dieu! et no permettez pas que je me fasse illusion; donnez-moi le courage et la force dont j'ai besoin pour faire ma prochaine confession, comme si elle devait être la dernière de ma vie. Hélas! Seigneur, je lutte peut-être depuis longtemps contre^ ma conscience sur tel... ou tel... reproche qu'elle me fait... Tamour-propre me ferme la bouche : j'ai osé vous offenser et je n'emploie pas les remèdes que vous avez établis pour me guérir... mais je ne veux plus différer de me convertir, de faire l'aveu de toutes mes fautes.

(Examinez-vous sérieusement... demandez pardon à Dieu de vos négligences... remerciez-le de la gr&ce qu'il vous fait de recevoir cet avertissement... et prenez une bonne résolution.)

Troisième point.

Ce n'est pas assez d'avoir confessé tous

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