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tNTUODUCTlON.
Il V a aussi des archiconrréries « ainsi appelées h cause* des privilèges spiriluels plus élendfus dont elles jouissent* et de la faculté qu'elles ont de s'affilier d*autres confrérifs à qui elles communiquent leur titre , leurs grAces et leurs privilèges^ On les appelle aussi confréries mères.
Lorisque, dans les premiers siècles de TEglise, tous les chrétiens étaient frères, n'ayant qu'un cœur et qu'une âme, les confréries particulières eussent été, pour ainsi dire, sans objet; elles ne se sont établies que dans la suite des temps, lorsque la charité de plusieurs s'etant beaucoup refroidie, il a lallu chercher des moyens propres à la ranimer et k la foire revivre. {Manuel de Lyon.)
La première confrérie dont il est fait mention est celle du Confalon^ établie à Rome sous le pontiflcatde Clément IV, en 1267. Son but était de racheter les chrétiens faits captifs par les Sarrasins; elle portait un étendard appelé confalone^ gui lui a donné son nom. Sur cet étendard était l'image de la sainte Vierge, sous la protection de laquelle la confrérie s'était mise. Les confrères s'engageaient à se confesser et à communier au moins trois fois par an; Clément IV leur accorda cent jours d'indulgence à chaque fois qu'ils le feraient (1).
Mgr Tournefort, évoque de Limoges, dit dans l'Instruction pastorale placée en tôle de sod excellent Manuel des confréries : «Toutes les confréries tenclent directement ou indirectement à procurer la gloire de Dieu, de Jésus-Christ, de la sainte Vierge et des saints, le salut des hommes, et même le soulagement des âmes du purgatoire. Ecoutons sur ce point un de nos vénérables prédécesseurs :
« La Gn, dit-il, où doivent aboutir toutes les confréries, <ii le bien qui en doit résulter, « est, en premier lieu, l'honneur et la gloire de Dieu, le culte et la vénération des saints; « secondement, le salut et l'avancement spirituel des confrères; en troisième lieu, l'aide et « l'assistance mutuelle qu'ils se doivent rendre charitablement les uns aux autres, soit pour a le temporel ou pour le spirituel,soit en la vie ou en la mort, ou après qu'ils sont décé- « dés; quatrièmement, le bon exemple et Tédification du prochain, et euiin le secours et le « soulagement des pauvres et des personnes qui sont dans la misère (2). »
« Outre ces Uns générales, communes à toutes les confréries , les confréries de chaaue es|>èoo se proposent ordinairement une On particulière , également bonne et spirituelle,
Su'elles cherchent h atteindre par l'emploi de moyens convenables. Les unes ont été fonées pour faire honorer quelque attribut de Dieu, quelque mystère de Notre-Seigneur ou de la très-sainte Viei^e ; les autres pour faire exercer des œuvres de miséricorde spirituelle ou corporelle. On peut même en établir, comme cela a eu lieu, pour toutes sortes de bonnes œuvres.
« Dans les âges de foi, les hommes comprenaient Vulililé du principe d'associalion appliqué à Vordre spirituel^ et sentaient le besoin d'unir leurs efforts pour ofiéror les grandes choses qu'inspirait l'esprit religieux, et que les individus, abandonnés à leurs seules forces, n'eussent pas osé tenter : ils s'associaient donc pour les bonnes œuvres de tout genre,
Sour faire honorer Jésus»Christ (3|, satrès-sainte Mère (k) et ses saints ; pour faire cesser les lasphimes HS); pour s^ exciter à la perfection' chrétienne (6) et à la pratique des œuvres de piété et de charité (7h pour soulager les âmes du purgatoire (8); pour répandre Vinstruction religieuse dans les classes pauvres (9) ; pour racheter les captifs (10) ; pour secourir les pauvres (11) et les prisonniers (12) ; pour ensevelir les morts (13); pour facititer gratuitement aux
(1) Pleary (Itv. lxixih, à la fin) ^ le Dtciionnaire égTréeonx au mol Cottfa/on, une bulle de Sixte Y, du Si mars 1586, commençant par ces roots : Cum ^e- Milita mater ^ et plusieurs autres consiilutions qui se trouvent dans le Bullaire romain, parlent du Coiifa- Ion. Un concile de Nantes, dont on ignore Tcpoque, mais antérieur à 900, a un canon qui porte en titre : De quibusdam eonfratemitatibus , et dans lequel il est parlé d*associaUons,deconfrértf< {de con[rairii$)^ se proposant un objet religieux. Toutefois, il n'y est pas question d'indulgences , ni d'une organisation proprement diic, pareille à celle de nos confréries actuelles. Nous citons seulement ce nom comme reu* seignement liistorique iUiêt. EccL Turon» J. Maan, part. Il, pag. 50).
(2) Ordonnances synodales du diocèse de Limoges, édiu de 1703, inli, pag. 25. — Ce recueil, que nous citerons souvent , ne sera plus indiqué que par ces roots : Ord. sunod, de Umahes.
(5) Confréries du Très-Saint hacremoit.
(il Confréries du Scapulaire, du Rosaire, de Notre-Danie-Auiiliatrice, etc. — On peut voir aussi le Culte de la saime VkrgSf par Egroo, pag. 195 et Miiv.
(5) Actes de PEgllêe de VUan, p. 31.
(6) Tiers ordres de Saint-François et de Satnt- Dominique.
n\ Confrérie des Jardiniers.
(8) Plusieurs confréries, dont les membres portent le nom dMmîers, ont pour imt de twulager les àiues du nuraatoire.
^9) Confréries de la Doctrine Chrétienne.
(10) Deux ordres religieux, celui des TrimUnrtiH celui de Notre-Dame de Merci ^ furent fondés, i la fin du XII* siècle et au commencement dn xiii*, poar la rédemption des captifs. (Godescard, Vie de saiat Jean de Matha^ 8 février, et Vie de saint Pierre Nolasfiuef 31 janvier.) — Deux confréries furent insii* tuées dans le même but, sous les mémos dénoniinalions. (Inêtruetion sur les indula. et Conf., p. 356.)
(11) Beaucoup de villes possèdent desasaodaiions de charité, qui sVcupent de visiter les pauvres, de recueillir des aumônes, etc.
(12) Il eiiste également dans un grand nombre de viltes des associations fondées daus rintérét des prisonniers.
(13) Ce sont des confréries, connues sont le nom de Charitéê , nul , dantf le diocèse d*Evreux, sont ex clusivement cliargées de la sépulture dt& morts.
toyageurs le passage dm ritiêres (1); pour bâtir nos magnifiques ca(hédrales (2), cic*.
« Il soQiblerait, au premier nbord, qu*il suflUd'avnir indiqué la nature et la fln des confnTie."»; i)Our en faire comprendre Tulilité : ce()emlanl« comme les hérétiques et les philosophes» à force de déverser le ridicule sur ces pieuses associations* sont parvenus à les rendre un objet de mépris pour les sages du siècle» et & inspirer contre elles des préveutions à une foule de bons chrétiens , il est devenu en quelque sorte nécessaire d'en faire Tapoloj^ie.
« Pour avoir des idées saines sur une institution» ce n*est pas la chair et le sang qu'il faut consulter» ce Q*est pas le monde^ objet des anathèmes de Jésus-Christ^ qu'il faut interro* ger, mais l'Eglise catholique, Gdèle dépositaire et infaillible interprète de la doctrine du Sauveur » aux sentiments de laquelle tout chrétien véritable doit adhérer ; or, depuis l'établissement des confréries» l'Eglise n'a cessé de les favoriser. Presque tous les pontifes qui se sont succédé sur la chaire de Pierre les ont encouragées et leur ont accordé un grand nombre de grâces» indulgences et privilèges (3); plusieurs conciles en ont parlé comme de moyens propres à conserver et exciter l'amour de la piétés de la vie innocente et de la charité^ etc., et ont recommandé aux évèques d'en instituer dans toutes les paroisses» et de prendre un grand soin de celles qui seraient établies {k); les plus grands évoques se sont appliqués à les propager et à soigner celles qui existaient (5) ; les statuts de presque tous les diocèses s*en sont occupés (6) : on y lit quelles contribuent singulièrement au maintien de la foi et des bonnes maurs^ et qu'elles sont propres à ranimer la piété et à faire pratiquer les vertus chrétiennes^!), »
t 11 n'est pas même difficile d'entrevoir les raisons qui ont porté l'Eglise à accorder tant de faveurs aux confréries et à mettre tout en œuvre pour les propager. Quoi de plus utile» en eiïet» que ces pieyses associations destinées à suppléer la faiblesse individuelle, formées |K>ur étendre le règne de Dieu, faire honorer Jésus-Christ, sa Mère et ses saints ; pour porter les hommes qui les compo^e^t à mener une vie plus chrétieDne,à se livrer à la pratique des bonnes œuvres» et à leur faire trouver» dans de religieux exercices, dans l'exemple des confrères, dans d'utiles instructions» et dans les prescriptions de la règle» des préservatifs (Outre la légèreté de l'esprit» les inconstances du cœur et les scandales du monde» et des excitants continuels à la ferveur?
« Quoi même de plus propre à concourir à la réforme et à l'amélioraCion des paroisses que ces congrégations dont tous les membres doivent éviter les vices scandaleux^ donner j exemple de toutes les vertus» fréauenter les sacrements» et attirer, par leurs bonnes œuvres et leurs prières» les bénédictions de Dieu sur la paroisse entière?
■ N est-ce [mis le moyen de faire former dans tous les lieux un noyau de personnes Traiment pieuses» qui» par leurs prières» leurs vertus et leurs exemples, détourneront les châtiments de la colère divine» exciteront les pécheurs à se convertir» les lièdes à devenir fervents» contrebalanceront les scandales du monde, protesteront contre l'impiélo ^t rindifféreoce du siècle» et deviendront réellement la lumiire du monde^ et le sel de la terre?
• Mais c'est en étudiant l'histoire des confréries et de leurs œuvres qu'on sera infailliblement conduit à admirer et à apprécier à leur juste valeur ces associations» de formes el (le noms si divers» fondées par un mouvement spécial de l'esprit de Dieu» nées de siècle en siècle et toi^jours en rapport avec les besoins de l'époque qui les vit naître» qui ont pro-
(i) EiCi religieux de Sainl-Jacgues du Haut-Pas^ oa Maupas^ par abrévialiou de mauvais pas, avaient )*n» naissance vers le milieu du xu« siècle : la prinopsU fut de leur institut était de fadliter gratuite^ UmiM aux vopigeurs le passage des rivières^ de les rtusoir dons leurs kosoices et de les y nourrir, (//tslotrf de Paris, par Félibien, loni. il, p. 1 114. — Vie et M. Olier, loni. 1, p. 519.)
(2) Au xn« siècle , des confréries , coniposces fbotttuies et de femmes, de riches et de pauvres, <k nobles el de vilains, se formaient pour concourir i b eonstniclion des maeninques basiliques élevées m rhooneur de Marie, voici ce qu*on lit dans une leitre écrile» en 1145» par le supérieur d'un monastcre de Normandie :
« Qui a jamais ouï » qui a jamais vu des princes^ ^ Meigneurs^ des puissants dans le siècle, des ^m- ^farmes el des femmes délicatei, plier leur cou sous ^ J<Nig auquel ils se laissent attacher comme des ^^ de somme, pour charrier de founh fardeaux? ^ les renconire par milliers, traînant parfois une *ttle nacbine, tehemeni elle est pesante, et transf^Ttant à de grandes distances du froment, du >i«, 4e f huile, de la chaux, des pierres 0t autres ^sUriaux pour les ouvriers! Rien ne les an*éie, ni "^^a^, ni vaui, ni même les rivières; ils les Ira ver- ^leomme le peuple de Dieu. Hais la merveille est
DlCTI0?l9l. DES IllDULGF.!«CES.
que ces troupes innombrables marchent sans désordre et sans bruit... Leurs voix ne se font entendra qu'au signal donné; alors ils chantent des cantiques ou implorent merci pour leurs péchés... Arrives à leur destination, les confrèret environnent réglîsc; ils se tiennent autour de leur char comme des soldats dans leur camp ; à la nuit tombante, on allume des cierges, on entonne la prière, on porte Toffrande sur les ruines sacrées, puis le prêtre, les clercs et le peuple fidèle s'en retournent avec grande édification, cbacun dans sou foyer, marchant avec ordre , en psalmodiant et en priant pour les malades aflligés. » (Egron, Le Culte de la tuinle Vierge, p. 201.)
(5) Pour se convaincre de cela, il suflit de consulter le Bu 11 .lire romain , on même simplement les ouvrages publiés sur les confréries, et indiuuant les indulgences qui leur ont été accordées par les papes.
(i) Actes de VEgliu de Milan, p. 15, n* < et suiv.; p. 31, w 9; p. 71, II* 5; p. 1% n' 25 ; p. 303» n« i ; p. 504, n«* t\ , 2i, 23.
(5) Saint Charles Borromcc, salut François de Sales.
(6) Actes de VEgliu de Milan, ut supra. — Const. Syuod. ée saint François de Sales. — Ord. synod,de Limoges, p. i2, 231. — Rituel de Bellev» tom. I, p. 141.
(7) Rituel de Belley, tom. I, p. 141.
duil lAfil de bien dans l'E^liso, et qui sont appelés à en produire encore beaucoup: ces eonfririti du Tris-Saint Sacrement et du Sacré-Cœur^ qui ont fait rendre de si grands honneurs à Jésus-Christ, et qui ont ranimé dans les cœurs Tamour envers c^ bon Sauveur et le désir d*iaiiler sa vie ; ces confréries du Rosaire^ qui donnèrent uti prodigieux accroisseineDl au culte de Marie» obtinrent par leurs prières de grands succès dans Tes guerres coiitre les Turcs, et opérèrent un merveilleux changement aans les mœurs ; ces tiers ordres de Saint'François et de Saint-Dominique^ qui ont répandu Tesprit de ces grands saints dans lo monde, où ils ont fait pratiquer les plus sublimes vertus religieuses; ces associations qui se formaient dans chaque profession, entre ceux qui Texerçaient, sous le patronage d*un saint, qui imprimaient un caractère religieux aux professions séculières, et substituaient Ja charité fraternelle aux rivalités et jalousies qui divisent ordinairement ceux qui suivent la même carrière ; ces confréries de noms divers^ qui instruisaient les ignorants, secouraient les pauvres, assistaient les prisonniers et soulageaient toutes les misères humaines; cette association de la Propagation de la foi^ qui appelle tous les chrétiens à participer au mérite de l*apostolat, qui alimente les missions dans tous les pays infidèles, et qui a pour buld*éleDdre le royaume do Jésus-Christ , et de répandre l(*s bienfaits de la rédemption sur Uni de peu|>les encore assis dans les ténèbres et à Tombre de la mort ; cette archieon" (rériê du tres-^aint et immaculé Cœur de Marie^ pour la conversion des pécheurs^ qui vient de réveiller la dévotion envers la Mère de Dieu et le zèle pour le salut des âmes, et qui a déjjkt été ^instrument de conversions si nombreuses et si inespérées; ces conférences de Saint'Vineent de PauU qui ont pour mission de conserver et d augmenter Tesprit chrétien dans la jeuuesse, et de ramener les hommes à Inobservation de la religion et a la pratique des œuvres de charité; ces sociétés de Saint-François-Xamer pour lamélioration nialérieile et flftoraledee ouvriers; celles de Sainte-Régis pour la légitimation des unions illicites. CorobieD de paroisses ont vu la foi renaître et la charité se ranimer dans leur sein par rétablis- •eoieola*ttne de ces associations? Le bien opéré de nos jours au milieu de Paris, dans la paroisse de Noire-Dame des Victoires^ par Varchiconfrérie du très-saint et immaculé Cœur de Morû, ne suflit-il pas pour nous donner une idée des fruiis ({u^elles ont dû produire dans les siècles passés, et de ceux, qu'elles peuvent produire encore dans le n6tre(!)?
« L état déplorable dans lequel sont tombées plusieurs anciennes confréries , qui ont perdu Teaprit qui les animait autrefois, n*autorise pas à contester Tutilité de ces associations et è déverser sur elles le sarcasme et le mépris. Les habitudes religieuses, qui se sont conservées dans les localités où elles existent, attestent, au contraire, TinOuence salutaire qu'elles ont exercée ; au lieu donc de se scandaliser d'un état de décadence qui tient à la eonditiondes choses humaines, on doit plutôt faire des vœux pour que ces corps malados puissent être guéris.
« Il n'existe aucune loi qui oblige les fidèles à se faire recevoir dans les confréries : néanmoins, à raison des avantages qu'elles procurent à ceux qui en font partie, les personnes zélées pour leur salut ont toujours mis beaucoup d'empressement à en devenir membres» et l'Eglise n'a cessé, par la voix de ses plus saints pontifes, d'inviter ses enfants i y entrer.
« Saint Charles, dans les Actes de VEglise de Milan ^ recommande aux pasteurs d'exciter, par de fréquentes exhortations, les tidèles à entrer dans les confréries et à en remplir les Jevoirs (2).
« Voici les conseils donnés par saint François de Sales aux personnes destinées à vivre dans le monde : « Entrez volontiers dans les confréries du lieu où vous ôtes, surtout dans « celles où vous pourrez trouver plus d'édification. Vous ferez en cela une chose fort « agréable à Dieu ; car^ bien que l Eglise ne commande pas les confréries , elle tes recom- « mande néanmoins ^ et, pour témoigner quel désir elle a qu*on sy enrOle, elle accorde « des indulgences et autres privilèges aux confréries (3). »
Ecoutons encore uji grand pontife du dernier siècle. Saint Lignori, qni joignait aux lumières communiquées par le Saint*Esprit les connaissances acquises par un long exercice du saint ministère, dit que « la pratique des missions lui a positivement démontré l'utilité des congrégations, et que, régulièrement parlant, il y a plus de péché dans un homme qui ne va point à la congrégation, que dans vingt qui la fi-éq.uentent (i). »
« On comprendra facilement les raisons qui ont po^'^é ces saints évèques à parler ainsi , si Ton considère que l'anSliation à une confrérie tious place ordinairement d'une manière spéciale sous la protection de Notre-Si^igneur, ou de la très^^inte Vierge, ou de quelque saint; nous fournit de nouvelles occasions d'entendre la parole de Dieu, qui éclaire Us yeuXf convertit les àmes^ réjouit les cœurs^ corrige les défauts, etc. ; nous met ea rapport avec les Ames les plus saintes, dont les exemples sont propres è nous édifier et à nous exciter à mieux faire; établit, entre nous et beaucoup d'Âmes riches devant Dieu» uae union do prièi*es et de bonnes œuvres, qui couvre notre oulUté^ i^^ute aa mérite de nos actes et rend nos prières plus puissantes ; nous fait trouver dans le règlement un secours contre la légèreté de notre esprit et les inconstances de notre ccdur, et un stimulant qui noue porte k
(I) Foy. ces divers articles. (5) IntroducL à la vie détoU^ "' P^*» ^4« ^^-
(i) Acies de PEffOu de MUan, p. 7i, n* 95. (4) Ctoires de Marier lom. H, p. m.
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des actions dont, sans cela, nous n'eussions peut-être jamais conçu I*i(lée; notrs facilite la fréquentation des sacrements , et nous donne droit à un grand nombre d*indulgences que Ton peut gagner à des conditions faciles.
c Si on réfléchit sérieusement sur tous ces avantages, on ne pourra manquer d'astre de ravis de saint François de Sales. Il conseillait aai personnes qui \e consultaient « d'entrer « dans toutes les confréries des lieux où elles se trouveraient, aBn de participer à toutes
f les bonnes œuvres qui s'y font Il disait encore qu^i/ y ataU tout à gagner et rien à
• perdre à y entrer^ et s'étonnait que si peu de personnes s y engageassent (1). »
« Joignant notre faible voix h celle des saints pontifes dont nous venons d'invoquer le témoignage, nous conjurons nos bien-aimés diocésains de ne pas négliger ce moyen de salut, et nous osons espérer qu'ils ne seront empêchés d'entrer dans Tes confréries ni par la chair et le sang^ qui ne peuvent posséder le royaume de Dieu ; ni par ces préjugés^ qui sont le produit de l'impiété et de i'inditTérence; ni par ce lâche respect humain qui , dans les temps qui viennent de s'écouler, a asservi tant d'âmes, mais dont les esprits élevés et les cœurs généreux commencent à s*affranchir; ni par la fausse crainte de s'imposer des obli^tioDs qu'un ne pourrait remplir, « car les statuts des confréries n'obligent pas sous « peine de péché mortel , ni véniel ; les pratiques y sont plutôt recommandées que corn- « mandées , et ce que l'on recommande aux confrénes n'est que de conseil et non de pré- ■ eepte (2). »
« 11 ne faut pas cependant induire de nos paroles qu'on doive inconsidérément se faire recevoir dans toutes les confréries : la prudence doit présider à cette démarche comme à tous les actes de la vie ; et il vaut mieux n'appartenir qu'à peu de confréries et en remplir tons les devoirs, que de faire partie de toutes en restant étranger à leur esprit et à leurs pratiques. Au lieu donc de se laisser aller à l'entraînement de la mode ou de l'habitude, CD doit, avant d'entrer dans une confrérie, prendre connaissance du règlement, examiner devant Dieu si Ton peut remplir au moins les dispositions essentielles, et prendre conseil d'un directeur sage et éclaipë
« Quoique les règlements des confréries n'imposent pas une obligation de conscience, il ne faut néanmoins aspirer h en faire partie qu'autant qu'on est résolu à les observer fidèlement (3) ; et, lorsqu'une fois on en est membre, il est bon de renouveler de temps en temps cette résolution : en agissant autrement, on se priverait de beaucoup de grâces et CD travaillerait à empêcher le succès d'une œuvre qui ne peut vivre et se développer que par le zèle et la régularité de ses membres, et par la fidèle observation des statuts.
< Comme les confréries ont spécialement pour fin de former dans le monde des chrétiens parfaits f qui puissent servir d'exemple au reste des fidèles fh), ceux qui les composent doivent, ainsi que le règlement le recommande (5), s'appliquer a mener une vie régulière^ édifiante et vraiment chrétienne^ et s'exciter chaque jour à tendre à la perfection et à faire des progrès dans la pratique des vertus (6).
• Ainsi, c'est pour former des chrétiens vraiment parfaits dans le sein des confréries, et pour exciter les personnes du monde à les imiter, que nous recommandons si vivement ces utiles sociétés. Nous espérons que notre voix paternelle sera entendue par nos bienèimé$ frères et enfants, et que nous aurons bientôt la consolation de voir, dans toutes les Mroisses de notre diocèse, des confréries dont les membres, animés du même esprit que les premiers chrétiens, n^auroni qu*un cmur et une d/ne, fréquenteront les sacrements, orneronl la doctrine de Jésus-Christ, et contribueront par leurs paroles, leurs exemples , leurs bonnes œuvres et leurs prières, à réveiller la foi, à remettre la piété en honneur, à rétablir l'usage fréquent des sacrements , à ranimer la charité pour le prochain et le zèle du salut des âmes , et à répandre la connaissance et Tamour de la vie parfaite selon les maximes de Jésus-Christ. »
Le Manuel de Lyon pose quatre questions sur les matières que Monseigneur de Limoges vient de traiter. Nous les citons, parce qu'elles résument tout.
r* Question. — Quel avantage retire-t-on des confréries?
Réponse. Les confréries précieux , tant par rapport
l'expérience nous le démontre chaque jour, ceux qui ^
tout se passe bien, sont en général plus exacts à remplir les devoirs du christianisme.
(I) Esprit de saint François de Sales, pari, xi» dùf. 8, lom. IV, p. 301.
(1) Esprit de satnt François de Sales, part, xi, diap. 6. toin. XY. — Rituel de Beliey, lom. 1» p. tu. If 357.
^3) L'ancien Wglement des confréries du Très- Samt-Sacreinent prescrit de n'admettre que ceux ^i, après msoirpris connaissance det règlements^ aU" font témoigné la volonté qu'ils ont de tes garder i^rt. 4).
(4) Le règlement de Mgr de la Martbonic inilique.
ao nombre des fins des confréries, le salut et ratant* cernent spirituel des confrères, et il dit gne les eon'^ frênes doivent avoir bonne renommée, afin de servir d^exempie au reite du peuple (art. i et 6).
[5) Article 25.
[ej Actes de fk^lie de Milan, p. 303.
règlement de 1807 dit que les memlires d*ono confrérie sont obligés de remplir avec pluê d* exactitude tes devoirs de la religion, et de mener une vie plus idi" fiante que le commun des chréJens (art. 2).
Les pnocipaux avantages des confréries se trouvent : 1. Dans la protection spé^le que Ifotre-seigneur et la sainte Vierge accordent à ceux qui se dévouent à leur service , dau5 une confrérie érigée à leur honneur ;
2. Dans le zèle d*un pasteur attentif, qui veille spécialement sur ceux qui en sont membres, et tâche de les détourner du péché et de les porter à la pratique de la vertu;
3. Dans les bons exemples dont on y est témoin. Peut-on voir des confrères mener une vie édifiante et sans reproche, fouler aux pieds tout respect humain» fréquenter les sacrements, sans se dire à soi-même : Pourquoi ne ferais-je pas ce que je rois faire à Umt d'autres?
k. Dans les prières en commun, qui ont une force tonte particulière auprès de Dieu : Jésus-Christ ayant promis de se trouver au milieu de deux ou trois personnes assemblées en son nom ;
5. Dans le mérite des bonnes œuvres de tous les associés : tous ayant part à touU'S les actions de piété, de religion et de pénitence de tous leurs confrères ;
6. Dans les nombreuses indulgences que Ton peut gagner, soit pendant la vie, soit i l'heure de la mort ;
7« Dans les devoirs qui y sont imposés; car ils tendent tous à notre sanctification.
11' Question. — Quelles doivent être les dispositions des fidèles à V égard des confréries ?
Réponse. Tout fidèle, qui est animé du véritable esprit du christianisme, a qd profocd respect pour toutes les associations et confréries approuvées par le Saiut-Siége ; il examine devant Dieu quelles sont celles qui pourraient lui être utiles pour le salut de sou âme ; il consulte pour cela son confesseur, et, après avoir reçu son avis , il prend le parti qu'il juge Je ftius convenable. S*il entre dans la confrérie , ce doit être avec le déâr d*en remplir tous les devoirs ; s*il n*y entre point , il ne peut pas pour cela blâmer ceux qui s*y engagent ; il doit prendre garde qu'il n en soit empêché lui-même par le respect humain, rinsouciaoce et le défaut de foi et de piété ; ce qui est très-commun et très-déplorable.
Ur Question.— Qufl/M sont les obligations que Fon contracte en entrant dans une canfrérief
Réponse. Les obligations générales sont : 1. D*en observer les règles et les statuts ; d'où il suit qu'on ne doit se faire inscrire dans aucune confrérie qu'autant qu'on en connaît les «règlements et qu'on est disposé à les pratiquer ;
2. De montrer partout du zèle et de Taifection pour la confrérie dont on est membre, Tienne scandalisant autant et n'étant aussi préjudiciable que Tindifférence des associes
pour leur confrérie ;
3. Le s*ap|)rochcr souvent des sacrements et de mener une vie régulière et édifiante ;
4. De se secourir mutuellement par des services spirituels et temporels, surtout dans le temps de maindie ou de quelque autre néccessité ;
5. De se trouver, autant que l'on peut, aux réunions qui sont prescrites, aux procèssions, aux exercices communs, aux oflices que l'on fait pour les confrères décédés, etc.
Mais on ne saunait trop recommander aux membres des différentes confréries d'apporter, dans leurs exercices communs, l'esprit de piété et de religion. Beaucoup de choses sy font malheureusement par routine : combien qui assistent aux processions, saluent le saint sacrement, baisent la croix machinalement et sans penser à rien, pendant qu'ils devraient s'occuper, dans ces différentes actions et semblables, de témoigner à Jésus- Christ leurs sentiments d'admiration, d'amour et de reconnaissance! C'est â un pasteur vigilant à remédier, autant qu'il peut, aux abus qui peuvent s'introduire dans les meilleures institutions.
IV* Question.— le« obligations des confréries sont-elles contractées sous peine de péché f
Réponse. Non : celui qui est entré dans une confrérie, et qui n'en remplit point les obligations, n'offense pas Dieu pr cela même; mais eu ne les observant pas : 1. Il se pri^e des grâces et privilèges attacnés à sa confrérie;