‹ Dictionnaire d'ascétisme (volume 5)Chapitre 267 sur 370 · RÉDITATION SUR LA MORT · texte numérisé non relu

RÉDITATION SUR LA MORT

Préparation comme dans la méditation précédente.

Vous vous occuperez ensuite de la mort par Tapplication des sens de la manière suivante:

Vue. — Jetez les yeux : 1. sur votre lit de mort ; 2. sur vous-même : vous y êtes couciié... mais en quoi état?.... 3. sur les personnes qui vous assistent.... qui pleurent ou qui sont insensibles... qui s'éloignent ou qie l'on arrache d'auprès de vous pour toujours... k. SUT le bon ange qui vous encourage. •• S. sur le prêtre qui vous administre les derniers sacrements... 6. sur le démon qui vous obsède, qui vous presse, etc.

Ouie, — Ecoutez vos soupirs, vos cris de douleur, le râle de la mort... les paroles que Ion fait enlendreautour de vous... le son des cloches qui annonce votre mort.... le bruit du fossoyeur qui creuse votre tombe... le Kequiemqiie l'on chante à vos funérailles.... les discours que l'on tient en vous voyant j»orter en terre, etc.

Goût, — Imagijiez-vous sentir l'amertume et la désolation que vous causera la séparalion de tout, de vos parents, amis, honneurs, ]K)ssessions, elc...* lesangoisses de la mort.... la tristesse, l'ennui, la crainte, etc.

i* POINT.

Odorat.-^ Respirez l'infection de ce corps sur le point de se dissoudre.... après la mort.... dans la fosse.... l'horrible puanteur de cet amas de pourriture, etc.

Toucher. -- Portez la main sur ce linceul...

CfRA

NCTIONNAIRE

OAA

déliTrer des flamines éternelles.... Il vous a conservé jusqu'à ce rooinenl, comblé chaque jour de nouvelles faveurs.. N*estHl pas juste ifiie TOUS lui oOï*iez tout ce que vous avez, tout ce que vous êtes, et que vous vous donmez k lui sans réserve et sans partage ?... Faftes-Ie donc de toute l'affection de votre comir. Paîer,

On répétera pluâteun fofs cctie méditaiicn tomme il e$i dii col. 109».

S&. «ÉAlTAtimi sua LR6 COailANDEIICftTS DE »ICO, LtS PÉCHÉS CAPITAUl, LÉS POISSAJICES DE L^AIE.

{Voy. les n<» 14-17.)

HÉOlTATIOd sua LA VIE ET LES MYSTÈRES DE NOTRE-

SElGXKCft.

Il est important de méditer les Mystères de Notre-Seigncur. Voici une méthoile com* roune à tous tes Mystères et qu'il sera facile de suivre.

(Liiez la Méthode d'Oraisonf n. 3-7.)

Préparation prochnino.

Les préludes seront suivant le mystère que Ton doit méditer.

Poiniê de la Méditation.

Sans tous les mystères on peut méditer trois points : Qui t Pourquoi? Comment 7 Par exemple, pour la naissance de Jésus; Qui est net le Sauveur. Pourquoi ? pour nous sauver. Comment? pauvrement, nu , froid, en une étable, petit enfant, etc. Pour la Résurrection : Qui ressucite? Notre-Seignour. Pour- 8uoi?pour sa gloire et pour notre bien, omment? glorieux, immortel, etc. — On (fera de même pour son Incarnation, sa Circoncision, sa Alite en Egypte, sa vie cachée è Nazareth, son baptême , sa tentation dans le désert, son discours sur la montagne, sa dernière cène, cha€[ue circonstance de sa passion, son ascension, etc.

Un livre intitulé Pieux Souvenir de$ âme$ du purgatoire^ contient également sur ce eujet d'excellentes réflexions qui compléteront ce que nous venons d'emprunter au Manuel de Lyon.

Beaucoup de personnes s'éloignent de la méditation et de Toraison, parce qu'elles n'ont pas une idée juste de ces saints exercices, et croient y apercevoir des difficultés S|ui n'y sont pas ou qu'on peut facilement aire disparaître. Il n'est pas rare, dans l'exercice du saint ministère, de trouver des âmes f>ieuses qui se plaignent de ne pas savoir aire l'oraison, et qui la font très-bien et avec fruit. On pourra en juger par les observations suivantes:

1. La méditation consiste k porter son at^ tontion sur une vérité dogmatique ou morale, sur les textes de l'Ecriture ou des saints Pères qui l'établissent, et surlesconséquences qu on peut en tirer. La méditation, suus ce ))0int de vue, est l'ouvrage de la mémoire, de l'esprit et du raisonnerueut ; elle est nécessaire pour connaître la religion, et même pour la pratiquer d'une manière forte, solide et raisonnée; elle demande une certaine capacité, et quelquefois des clTortç péuible5 ;

les ignorants, les esprits faibles, les pe^ sonnes qui sont légères, qui ont rimagiD»tion vive, sont peu capables de faire la mé* ditation proprement dited'une manièresuirie et d'elles-mêmes, il leur faut le secours d'an livre.

3. L*oraison est une élévation de notre âme vers Dieu, qui s'opère principilenent pair de ft*équents examens de conscience, par des actes de foi, d'espérance, de charité, de contrition, de reconnaissance, de résolution. de demande, d'humilité, etc. L'oraison est 1 ouvrage du cœur; elle est k la portée des Ames les plus simples; parce que toutes ont la faculté d'examiner leur conscience, de demander pardon ' de leurs péch^, etc.

3. Quand on est instruit des wétiib fondamentales de la religion, et qu^on a leboth heur de les croire avec foi et simplicité, IV raison est plus utile que la méditation, pime

Jue c'est du cœur que le péché vient, dit ésus-Christ ; c'est donc aussi dans le oonr qu'il faut porter le remède, en donnant à 99 affections une bonne direction, en le d^ chant sans cesse des créatures, pour le don* ner à Dieu tout entier, afin de pouvoir dire sans mentir : Mon Dieu, je vous aime de tout mon cœur et par-dessus toute chose.

4. La réforme du cœur est la fin que Ion doit se proposer toute la vie ; la méditation est un moyen efficace pour l'opérer, parce gu'en nous rappelant les vérités les plus importantes de la religion et les grands mystères de la foi, elle nous porte à la reconnaissance, à la contrition, à tous les actes de vertu. Mais la méditation étant plus ditficile à faire que l'oraison, si vous pouvez nourrir votre cœur de sentiments de foi, d'espérance, d'amour, etc. sans la méditation vous ferei bien, dit saint François de Sales, parce que la fin est préférable au moyen.

5. Les bons directeurs conseillent d*unir la méditation avec l'oraison. Pour le foire avec facilité, il faut d'al)ord lire quelaïus lignes d'un livre de méditations, ou u un autre livre de piété, et tout de suite après faire des actes analognes à tout ce qu'on a lu. On veut, par exemple, méditer sur )<) bonheur des saints: après s'être rappelé qu'ils sont délivrés de toutes les misères de cette vie, qu'ils sont unis k Dieu, source de tout bien, il faut aussitôt faire des actes de foi sur cette vérité, remercier Dieu de nous destiner h le posséder, lui demander pardon des obstacles qu'on a mis à cette glorieuse destinée, demander les grAces dont on a besoin pour y arriver ; féliciter les saints de leur bonheur, les invoquer, etc. U ne M pas se contenter de faire ces actes une fois» il faut les répéter plusieurs fois, ne point s'occuper de l'arrangement des roots, ne suivre aucune formule d'acte, mais lesoom*

EDSer soi-même fort courts, analogues k ses esoins et à sa position, parler à Dieu comme & un père, è Jésus-Cnrist cooime à notre frère, à notre sauveur, à notre nséde- (in; parlera Marie comme un enbot parle k sa mère ; s'adresser aux anges, et surtout aux anges gardiens comme présents; ei)'0-

I>ES INDULGENCES

ORA

ser aux saiiils nos niUùiej, avuc la persuasion intime qu'ils les ont éprouvées, qu'ils sont disposés h nous secourir. Plus on mettra de simplicité, d'abandon et de confiance itans cet exercice, et mieux on le fera. Il faut lire peuy parce que la lecture occupe les yeux, la mémoire, la raison, la curiosité, vi alors le cœur reste froid ; c'est pourquoi il Kiiit le faire agir par des actes. Il n'est pas nécessaire que ces actes soient faits de bouche, il suffit de les faire intérieurement. Cependant nous croyons utile qu'on les fasse de temps en temps de bouche pour Gier l'imagination qui 9 sans cela , s'empare de l^âme, et l'éloigné de son objet.

6. Si Ton rencontre dans son livre ou dans sa mémoire un passa$;e de l'Ecriture sainte analogue au sujet sur lequel on fait oraison, il faut faire un acte de foi sur la vérité de ro uassage ; le considérer comme venant du ciel ; adorer, selon les circonstances, Dieu ie Père, ou Jésns-Christ ou le Saint-Esprit

3ui iont révélé; remercier les personnes ivines de nous l'avoir fait connattre; demander la grâce de le comprendre et de le mt'tlre en pratique , demander pardon dea fautes qu'on aurait faites en opposition avec cette vérité ; prendre des résolutions, prévoir les occasions.

7. Si on rencontre un passage de saint Augustin, de saint Bernard ou de quelque autre saint, il faut de même remercier Dieu de leur avoir inspiré cette bi Ile pensée, de nous avoir fourni l'occasion de la connaître, (l'y avoir fixé notre attention ; demander la grâce d'en profiter ; priez le saint qui a dit CCS paroles d'intercéder pour vous , afin que V. us en profitiez ; demandez à Dieu de le récompenser des peines qu'il a prises pour les écrire ; vous agirez do la même manière si cette parole qui vous touche est de l'Imitation, de Rodnguez, du Père Grenade, de Rerthier, de Nepveu, etc. Une seule pensée |)eut suflSre quelquefois pour occuper longtemps de la manière que nous indiquons.

8. Quand il se présente à vous des distractions, tAchez de les éloigner. Si vous ne le r»ouvezpas, hêtez-TOusde les faire servira votre oraison. Vous vous souvenez , par exemple, d'un mot piquant qu'on vous a dit, votre cœur en est offensé, eh bien I remerciez Dieu de la petite humiliation qu'il vous a envoyée; demandez-lui pardon de votre sensibilité ; priez pour la personne qui vous aotTeosé; prenez la résolution de ne lui faire aucun reproche, de la prévenir même si Toccasion s'en présente ; mais comme ces sentiments ne sont pas dans la nature, il faut les suraaturaliser par la grAce, penser à Jésus-Christ sur la croix, aui saints martyrs et demander le secours du ciel.

' 9. La distraction fût-elle bonne, il faut légalement essayer de l'éloigner. Ce n'est pas le moment de penser aux bonnes œuvres qu'on veut faire, à un conseil qu'on veut donner, ou è loute autre chose, parce que l'imagination, la mémoire et i'espr t empérhiMti le cceur de s'occuper de l'ubiet sur lc<L*Jel on médite ; mqis si l.i bonne distrac-

tion subsiste malgré vos efforts, «i l'idée île faire une bonne œuvre se présente toujours è vous, tirez-en profit et pour cela occupezvous-en directement en remerciant Dieu dn la bonne pensée qu'il vous donne, en le priant de vous donner la force de l'exécuter, de purifier vos intentions, et do vouh faire surntonter les obstacles, de bien disposer h s

[personnes auxquelles vous aurez à pariT, etc., etc. De celle manière toutes les distractions deviennent utiles, parce que le cœur y trouve un aliment spirituel*

10. Fixez, do concert avec votre directeur, le temps que vous devez rester en oraison chaque jour, et gardez-vous de l'allonger quand vous la faites avec facilité, et de I abréger quand vous n'êtes pas le maître do vous, quand les distractions vous assiégeni, et que vous avez peur d'y otTenscr Dieu. Cette peur ne vient pas de Dieu, mais du démon qui voudrait vous détacher de ce saint exercice ; elle vient de votre paresse qui ne veut pas se contraindre, de votre sensualité spirituelle qui vous fait rechercher les consolations et non la pénitence. Quelquefois Dieu permet les dégoûts et les peines qu'on ressent dans l'oraison pour éprouver notre fidélité, pour augmenter notre mérite, pour nous faire part du calice do Jésus-Christ qui éprouva lui-même tant de dégoûts, tant de tristesse et d'ennui au jardin des Olives malgré sa résignation.

Permettez que je le dise, 6 mon Sauveur 1 TOUS avez éprouvé de la tristesse et de l'ennui dans votre prière au jardin des Olives, par condescendance pour nous , et afin do soutenir et de consoler notre faiblesse; vous quittâtes un instant la prière pour chercher les consolations auprès de vos apôtres, n^ais ils étaient endormis; vous leur donnâtes quelques conseils , et revîntes è la prière , pendant laquelle un ange descendit du ciel pour secourir votre humanité, et l'empêclier de succomber sous le poids des souffrances. Grande leçon pour les personnes qui ne voudraient trouver que des consolations dans l'oraison, et qui cherchent trop avidement un appui dans les créatures. Dieu permet que leurs directeurs ne puissent pas les consoler et les tranquilliser, afin qu'elles reviennent auprès de lui, source de toute consolation.

11. Que faut-il penser des diverses méthodes d'oraison , qui sont conseillées dans les livres de piété? Nous répondons qu'elles sont toutes nonnes, toutes utiles aux personnes qui les pratiquent avec foi, et cherchent à avancer dans la vertu, si elles ont soin de s'y conformer d'après l'avis d'un sage directeur. Cependant il nous semble que celle que nous venons d'indiquer est plus facile è mettre en pratique, et pourrait être très-utile aux personnes qui commencent h s'adonner à la pratique de l'oraison. On peut l'employer en voyage, pendant le travail, en faisant une lecture pieuse, en lisant mêma un livre d'histoire profane; la foi nous fait trouver Dieu partout. Voici donc en p<*u du molSi le résumé de cette méthode

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