‹ Dictionnaire d'ascétisme (volume 5)Chapitre 337 sur 370 · PROTÉGEZ-NOUS · texte numérisé non relu

PROTÉGEZ-NOUS

« Il y a à peu près dix-huit mois, » dit encore la sœur N., « que, méditant pendant la sainte messe sur la passion de Notre-Seigneur Jésus-Christ, je crus le voir sur la croix; son visage était d'une pâleur qui Ut sur moi tant d'impression que je me trouvai *oiUe couverte d'une espèce de sueur froide (|<ii me glagait. La tète de Noire-Seigneur jetait baissée; je pensais que les longues épi* nés qui couvraient sou adorable front causaient cette posture gênante. Au même in-

sjarit que ne peut pas Jésus-Christ I....

Noire-Seigneur releva subitement sa tôle, ^^ les épines de sa couronne s'enfoncèrent avec force dans ses yeux^ dans ses tempes... Jamais je no pourrai oublier ce mouvement 1 C'était Quelque chose de terrible que la douleur qu il dut éprouver à ce choc violent de son sacré chef sur le bo's de la croix ! J'en [us toute bouleversée, toute tremblante... Kt il sainte Vierge était là I... 0 Jésus I ô Marie I HMIes souffrances!.... Depuis ce moment '^ ra^^ion de notre bien-aimc Sauveur est

toujours devant mes yeux : Cest loi, m>-t-il dit, qui dois me consoler dans les douleurs de ma passion, recevoir sur toi les lambeaux de ma chair déchirée dans lePrétoire^ tout mon sang versé sur le Calvaire.

« Toutes les paroles de Jésus-Christ me font autant de blessures... Il m'est presque irapossiblede n'y pas penser continuellement, et de ne pas rester sous l'impression de ce qu'elles ont de terrible et' de doux. Les souf^ irances de son humanité sainte me touchent plus que les splendeurs de sa gloire, et je désirerais moins ce trône que j'ai cru voir préparé pour moi dans le ciel, si je ne devais pas y voir les saintes plaies de Jésus-Christ qui réclairent comme des soleils. Ah 1 Notre^ Seigneur savait bien que si je pouvais résister à sa grandeur, il fallait que je me rendisse à ses souffrances I Je ne comprendrais pas comment la pensé<' des douleurs de Jésus-Christ peut faire éprouver k une Ame quelque chose de si ineffable, si luiïnème ne m'avait dit : Tu ne comprendrc$ mon amour que par mes souffrances, et la force de cet amour affaiblira le sentiment de la douleur^ jusqu'à ce (pi il se perde entièrement dans Vamour. Je nesais si je m'explique bien ; mais je comprends que mon cœur est si borné, si étroit, que quelquefois il ne sent plus, à force de sentir t.. .

« Comme Notre-Seigneur veut qu'on pense à %^s souffrances 1... comme sa sainte Mère le désire I... Un dimanche soir, je faisais le chemin de la croix ; à la treizième station, il me semblait que la sainte Vierge dépf sait dans mes bras le corps sacré de notre adorable Maître, et qu'elle me disait : Le monde se perd parce quil ne pense pas à la Passion de Je us-Christ ; fais tout pour qu'il y pense; fais tout pour quil se sauve I... Je ne sais comment cela sa fait; mais dans ces mo* ments où je crois voir Notre-Seigneur, ee q^ue je sens au-dedans de moi-même no peut s exprimer; c'est comme un oubli total de tout ce qui existe; c'est comme une solitude entière où je suis seule avec lui; je crois voir réellement l'objet qui m'occupe ; par exemple, dans cette circonstance, j'ai cru sentir le froid du corps de notre divin Sauveur; j'ai cru voir ses plaies tout ouvertes... Je sens aussi que c'est avec la passion do Jésus-Christ au'on convertit les pécheurs, qu'on ranime la foi des justes... Qui pourrait résister à un Dieu mort par amour pour les hommes?... P<iur moi, Notre-Seigneur m'a toujours inondée de ses plus douces faveurs dans les instants où il a mis dans mon cœur un souvenir plus vif de ses souffrances. On me croit malade ; je ne le suis pas; mais je souffre beaucoup, et je suis bien contente... Pourquoi avez-vous donc voulu, mon adorable Sauveur, que je pensasse sans cesse k votre sainte pas>ion?... pourquoi avez-vous voulu que je vous visse si souvent sur la croix ?... Ah I n'avez-vous pas dit que vous ne trouviez personne qui vous aidât à fouler le pressoir !... Oh 1 notre miséricordieux Sauveur aimerait qu'on portât le scapulaire qu*il ma montré et i|u'ou ^e rovèUt de lui

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et de son amour pour les souffrances I... La sainte croix est si puissante pour convertir les infidèles, pour toucher les hérétiques!... Comme une indulgence tous les vendredis serait capable de réveiller dans tous les cœurs le souvenir de la passion de Notre-Seigneur Jésus-Christ I... Mon Dieu, quelles douleurs dans cette sanglante passion I... Regarde^ moi sur la croix^ m;; disait Notre-Seigneur, et vois s'il faut m'aimerl.,. Cet amour de Jésus-Christ m'absorbe entièrement; quelquefois il me semble ressentir la chaleur de ces rayons ardents qui sVehnppent de ses plaies sacrées. D'autres fois je suis comme enfermée dans le brasier d'/imour de son adorable cœur, et je ne puis pas trouver de termes pour exprimer ce que j^éprouve alors.

« Le dimanche de la Sainte-Trinité, notre divin Sauveur me fit voir pendant Toraison un beau fleuve d'une extrême limpidité.

Une foule de personnes étaient attirées sur ses bords, et toutes celles qui s*y plongeaient devenaient brillantes d'un éclat extraordinaire; de leurs mains semblaient s'échapper des gerbes de diamants et d'or; celles qui le fuyaient devenaient au contraire couvertes d'une vapeur noirâtre qui les rendait bien désagréables aux yeux. Je lui demande tout, è notre bien-aimé Sauveur; je lui demandai donc l'explication de cela. Il me dit, ce divin Maître des Ames qui veulent l'aimer, que ce beau fleuve représentait sa miséricorde, toujours prête h recevoir le repentir du pécheur, et h donner à ses^ œuvres la valeur qu'elle seule peut y attacher. 0 mon Jésus, qu'on la connaît peu, votre miséricorde I... au'on pense peu à vos souffrances qui nous Font acquise l... »

L'apparition de Notre-Seigneur, tenant h la main le Scapulaire de sa passion, se renouvela plusieurs fois; elle eut lieu le jour de l'Exaltation de la sainte Croix, 1846, avec cette «circonstance particulière que la sœur N... crut entendre Notre-Seigneur lui dire ces consolantes paroles : Tous ceux qui porteront ce Scapulaire recevront tous les vendredis une grande augmentation de foi^ d*espéranee et de charité. Sur l'observation qui lui fut faite de la difficulté qu'il y avait èfaireautoriser celte dévotion, elle répondit : n Notre divin Sauveur désire que Ton établisse le Scapulaire de sa sainte passion; je n'en puis douter au fond de mon cœur; il saura bien, dans un instant que lui seul cannait, aplanir toutes les difucultés qui s'élèvent ordinairement contre les dévotions nouvelles, el faire du précieux jour de sa mort un jour à part et enrichi des trésors de la sainte Eglise. Je suis heureuse de penser que ce sera comme une des richesses de la ^congrégation de la Mission. » — M. le supérieur n'ajouta pas d'abord grande importance à ces communications ; mais se trouvant à Home, au mois de juin 181^7, il crut devoir en exposer les diverses circonstances au Vicaire de Jésus-Christ. A son srand étonnement, aucune objection ne fut faite; le Souveraia Pontife Pie IX témoigna au con-

traire combien il était heureux de Toir employer ce nouveau^ moyen |X)ur travaillera la conversion des pécheurs, et sur le sii^e exposé qui lui fut fait, un rescrit du 25 jam 18«7 autorisa tous les prêtres de la eongrégation de la Mission, dite de Saint-Lazare (i , à bénir et h distribuer le scapulaire de U passion de Jésus-Christ. — Dans ce rnéin^ rescrit. Sa Sainteté y attacha :

!• Tous les vendredis : Une indolgenee de sept années et de sept quarantaines pour toutes les personnes qui, portant ce S^pulaire, feront la sainte communion et réciteront cin<] fois le Pater, Y Ave et le Gloria Patri fo l'honneur de la passion de Notre-Sei$^enr.

2" Une indulgence de trois ans H de trois quarantaines pour quelque jour que ce s<»it de l'année où, du moins contrites, elles méditeront une demi-heure sur la même passion.

3* Enfin, une indulgence de deujc cents jours à tous les fidèles qui, baisaot avec componction ce même scapulaire* réciteront ce verset : Te ergo quœsumus tuis famuiis s^veni quos pretioso sanguine redemisti.,. Noos vous supplions de sauver vos serviteurs <\a^ vous avez rachetés par votre précieux sang!

Un nouveau rescrit, du 21 mars IKS, accorde de plus :

Une indulgence plénière tous les vendredis h tous les fidèles qui, vraiment péoilents, s'étant confessés et ayant communié, mM\tf^ront dévotement pendant quelque teoi'ts sur la passion de Notre-Seigneur, et prîerout

{)Our la concorde entre les Etats chrétien5. 'extirpation des hérésies et l'exaltation do notae sainte mère l'Eglise.

En o.utre, H. le supérieur rient de recevoir du Souverain Pontife le pouvoir de déléguer à tel prêtre, soit régulier, soit séculier, qui le désirerait, la faculté de bénir el de distribuer aux fidèles le susdit scapulain\

Le pieux empressement avec lequel a é:é accueilli ce nouveau gage de la miséncor* dieuse bonté du Seigneur, la multitude des personnes qui sollicitent la faveur dV:n» revêtues de ce signe prolecteur, la quantiiprodigieuse de scapulaires déjà distrilnns dans Paris et dans les provinces, les demandes adressées de toutes parts pour en obtenir, nous semblent autant de pri^nv s bien sensibles de Thonneur et de la gloir.»

Îue cette dévotion rend à Notre-Sei^n««ir ésus-Christ. Nous ne saurions douter d^ > bénédictions abondantes que son amourcu^^r. libéralité se plaira à répandre sans racsor«r sur ceux et celles qui porteront avec une f*»^ vive et une tendre piété ce nouveau sc^pu* laire. Le souvenir habituel de la passiou dr notre adorable Maître, souvenir accompasri de douleur, de reconnaissance, de fidélité <c d'amour; une générosité plus parfaite à $4>n service, l'union pratique à ses souffk^nrT5 sur le modèle de l'Immaculée Hari(*^ n»rr« de douleur et d'amour, doivent être les fruiif

(f ) La maison Mère de h oongrégatiim est à Pim»

rue de Scvresi 95.

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DES INDUIXENCES.

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prliculiors de ce précieux moycD de snnclinr.nlion. C'est ce que nous indiquent d*une iiinnière bien frappante la couleur et les deux jïrrtviires du scapulnire. — Il est en étoire de laine roug^, pour nous i appeler à la fois le snng divin versé pour laver nos crimes» r( rninour immot^se qui Ta fait répan ire» afin d'apaiser In divine justice. Sur Tun des côtés du Scapulaire, Timage de Jésus en croix, entouré de tous les instruments de sa passion, nous dit mie c'est par la vertu de SGS souffrances et ae sa mort que ce divin Sauveur nous a rendu la vie» et que c'est en se laissant attacher sur la croix que ses mains puissnnles oTit brisé nos chaînes, fermé les portes de l'enfer et ouvert celles de la céleste patrie. Sur l'autre, son cœur hrûJant d'amour nous manifeste les secrets de sa divine charité : c'est parce qu'il nous a aimés ififiniinent quil s'est livré pour nous.,.

Il se montre à nous sur la croix, aOn d*éniduvoir nos cœurs insensibles, et de les contraindre è lui rendre enGn amour pour amour Il désire de plus que nous portions sur nous ce souvenir de sa tcndnsse, afin que cette sainte image, placée sur. notre L'(eur, soit comme un pressoir mystérieux qui excite notre ferveur toujours languis- Mnte, et qui lui fasse produire toutes sortes de bonnes œuvres... Il expose à nos regards les divers instruments de son supplice, pour nous apprendre k méditer ses diverses douleurs. C'est dans ce souvenir journalier de sa sainte passion qu'il se réserve de nous Taire goûter son admirable doctrine, de nous apprendre (|ue le disciple^ ne doit pas être nieux traité que le maUre^ et que si nous rouions Jouir un jour des délices de Jésus jiorifié^ il faut partager d'abord les amerumes de Jésus kiunilié et souffrant.

La croix est le chemin du ciel, la lumière |ui en éclaire la route, la clef qui en ouvre a porte, et le sceau sacré qui distingue les ilus. Mais nous ne nous attacherons à cet irbre de vie, et nous ne recueillerons ses ruits de salut qu'autant que la divine chaité qui embrasa le cœur denotre divin Maître iendra aussi embraser notre cœur. Nous ne aurons jamais souffrir, si nous ne savons

amais aimer — En nous donnant cette

ublime leçon, Jésus nous offre en même emps le modèle de ce généreux amour dans B cœur transpercé de sa divine Mère que lous voyons à côté du sien, et dans l'image e la petite croix placée entre ces deux cœurs omme appartenant è l'un et à l'autre. Une [)éme charité les unit, un même sacrifice ?s immole, voilii ce qui les rend insépara-» les... Marie a plus aimé Jésus elle seule ue toutes les créatures ensemble; voilà ourquoi elle a p<»rté plus amèrement aussi ! f)oids de sa passion et les douleurs de sa lort... Mais c'est en partageant les supplices e Jésus-Christ qu'elle a coopéré avec lui u salut du çeire humain; et c'est au pied e la croix du Sauveur qu'elle est devenue ; Canal de la divine mièéricorde^ la Mire des

chrétiens^ le Refuge des pécheurs^ ta Médiatrice universelle de tous les hommes.

Si nous voulons donc aimer véritablement notre divin Sauveur, allons chercher l'amour dans le cœur brûlant de son auguste Mère, et si nous voulons souffrir avec JesusClirist, allons puiser la force dans la générosité de Marie aebout au pied de la croix...

En recevant ces livrées de h jMssion et de l'amour do Notre-Seigneur, faisons surtout en sorte de nous revôlir intérieurement de coDieu cruciflé ; c'est-à-dire, appiiquons-nou» à conserver dans notre mémoire le souvenir salutaire de ses ignominies. Je ses douleurs et de sa mort ; excitons notre volonté rebelle à le suivre dans la route qu'il nous a tracée par son san^; renonçons pour son amour aux inclinations mauvaises de la nature: AHons et mourons avec lui ! lit pour assurer notre fidélité, unissons-nous à Marie, mire des douleurs^reine des martyrs ; accompagnons avec elle Jésus au Calvaire, entrons dans les sentiments de son cœur... Que son exemple nous attire, que sa générosité nous anime, que son amour nous enflamme, et que sa puissante protection, après nous avoir dirigés et soutenus dans le chemin de la croix, nous fasse arriver heureusement au {>ort de la gloire ! Ainsi soit-il

8AI5ITB MftBB, IMPRIMEZ PROFONDÉMENT DANS NOS COEURS LES PLAIES IlE JÉSUS CRUCI-

vi£!... {trois cents jours d'tndulg.)

O Marie conçue sans péchés priez pour noui gui avons recours à vous.

SCAPULAIRE DBS sacrés Coeurs de Jésus ET DE Marie. Voy. Tarticle précédent.

SEIGNEUR, DU FOND, etc. Voy. Respicb.

SEMAINE CONSACRÉE A MARIE, ou Prirres à la sainte Vierge pour tous les jours de la semaine^ composées par saint Liguori.

Les trois Ave^ Maria sont un hommage do réparation au saint cœur de Marie, pour tous les outrages que lui ont faits et que lui fout encore par leurs blasphèmes l'impiété, l'hérésie et le libertinai^e.

Le S. P. Pic VII, de sainte et glorieuse mémoire, a accordé, par son rescrit du 21 juin 1808, qui est à Rome dans les archives de la basiiiçiue de Sainte-Marie in eosmedint trois cents jours d'indulgences, une fois ftar jour, è chaque fidèle qui les récitera dévotement, et une indulgence plénière une fois par mois, le jour, à leur choix, où ils se confesseront, communieront et prieront aux intentions de l'Eglise. Ces indulgences applicables aux &mes du purgatoire.

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