‹ Dictionnaire d'ascétisme (volume 5)Chapitre 346 sur 370 · I" MÉDITATION · texte numérisé non relu

I" MÉDITATION

Première parole de Jésus en croix ; il prie

pour ses ennemis,

1. Pendant que vous consommez ce grand sacrifice, û Jésus! qui doit réconcilier le ciel avec la terre, je vois autour de cet autel nouveau les Juifs et les Gentils, qui, spectateurs sacrilèges, profèrent mille insultes, mille blasphèmes contre vousl Jot, qui dé^ truis le temple de Dieu^ crient ces furieux, et qui le rebâtis en trois iours^ que ne te sauvestu toi-même? Si tu es le Fils de Dieu^ descends de la croix. Il a sauvé les autres^ et il ne peut se sauver lui-même. S*il est le roi d'Israël^ qu'il descende de la croix^ et nous croirons en lui. Il met sa confiance en Dieu ; si donc Dieu faimcy qu'il le délivre^ car il a dit : Je suis le Fils de Dieu (Matth. xxvii, kO-kZ). Que d'impiétés ! que ao blasphèmes ! que d'outrages en ce peu de paroles! Vous les entendez, adorable Victime! et la tranquillité de votre âiue n'en est point altérée.

Le bruit tumultueux de ces profanes, qui assistent à votre sacritice , ne trouble point votre attention. Vous ne perdez point de vue la majesté souveraine de votre Père; vous ne cessez point de l'adorer. Vous êtes vraiment le Fils de Dieu ; c'est pour cela que vous ne descendez pas de la croix, parce

Que vous voulez achever le grand oorra:» (le la rédemption. Inspirez-moi la porséTérance dans tous les desseins de Dieu sar moi. Vous êtes le vrai Roi d'Israël, pui^jod vous sauvez votre peuple en expirant sur ii croix. Vous avez une parfaite confiaoce » voire Père, et il a pour vous un amour infini; mais ces aveugles ne voient pas qoe :« xroix en est la preuve la plus sensible, poisque par elle vous triomphez de tout. Qœ j entre, 6 Jésus ! dans les heureuses dispositions où était alors votre sainte âme.

2. Loin de concevoir des sentiments d'indignation contre ces impies blasphémaleors votre cœur s'attendrit sur leur misère. Vous adressez la parole à votre Père ; et que lui dites-vous? (Que lui auriez-vous dit, Tiodicatifs, vous qui conservez toujours le ressentiment des plus légères injures?) Lui dites-vous : Moti Père , faites tomber t)$ foudres et vos carreaux sur ces tètes criminelles, sur ces inhumains qui, pea coKenis de m'avoir attaché à cette croix , Yieooeot encore insulter à ma douleur et à ma ooofusion?

Non , ce ne sont point là les senlimeitU d'un Homme-Dieu. Mon Père, lui criez-Toos me voici près de rendre le dernier soupir; je n ai plus qu'une grâce à vous demander: Pardonnez-leur^ car ils ne savent et fuili font {Luc. XXXIII, 3k). Mon Père, pardoonex aux bourreaux, qui m'ont traité aveclantde cruauté et d'ignominie; pardonnez aux Juib, qui ont demandé ma mort avec tant d'acharnement; pardonnez aux Gentils, qui m'oat flagellé, qui m'ont insulté, qui m'eut cru<ifié; pardonnez aux pécheurs, qui sooth'> auteurs de tout ce que j'endure. VoilidniK la première parole que vous prononcez sur la croix, 6 Jésus ! parole qui coudamoe tuus les vindicatifs !

3. O charité de mon Dieu ! pourrais-ie conserver dans mon cœur quelques ressentiments contre mes ennemis, en vous toyaui donner votre vie pour ceux qui vous craO' tient? Non-seulement vous ne vous feo.'^i point , mais vous aimez sincèrement ceui qui vous haïssent; vous faites les |-lt<) grands biens h ceux qui vous font les |)lus grands maux ; vous priez pour ceux qui vous calomnient et qui vous persécuUui.

dans un temps où vous n'avez rieo à craindre ni à espérer d'eux. C'est là ce que ^'*^y m*ordonnez ; mais vous pratiouez ^oor même ce que vous commandez. Faiti^s 4'^ • marchant sur vos pas, je sois fidèle à g-^r^'^ ce commandement.

Voici, ô Jésus! mes résolutions; je t""-* les otfre, et je ne compte que sur lesecuur» de votre grâce pour les accomplir.

1. Pour obéir à votre loi, et ine cûnft>nDf' à votre exemple « je pardonnerai do \> « cœur à mes ennemis, je les aimerai )i<^ ferai du bien à ceux qui me ferout da mal.

2. Je serai plus sensible au mal qfo^U^ font à eux-mêmes qu'à celui que j'en rv<^ vrai; et, lorsque le souvenir de rotfeii^*^ présentera à mou esprit, je dirai : Hun Dit^^

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DES INDULGENCES

SEP

pardonnez h ceux qui me fonl tort comme je veux que vous me pardonniez.

II* Méditation.

Seconde parole de Jésus en croix; tl promet le paradis au bon larron,

1. 0 profondeur des jugements de Dieu ! de deux voleurs, compagnons de votre supplice, Tun est délivré par miséricorde, Tautre abandonné à sa malice par justice ; Tun prédestiné» l'autre réprouvé; i*un se convertit, fait pénitence, confesse hautement Jésus- Christ, pendant que tout le monde Taban- (luune (quel courage 1 effet merveilleux de h grflce, qui peut convertir les plus grands jécheursl]; i*autre s*endurcit de plus en plus, blasphème contre Jésus-Christ, et meurt dans son péché 6 côté de Jésus-Christ (quelle obstination 1 effet terrible du péché dans lequel on a vieilli I). La Gn heureuse de Tua nie fait voir (]ue je ne dois jamais désespérer de votre miséricorde; la mort funeste de 1 autre me doit faire tout craindre de votre jii<^lice. Faites, Seigneur, que je marche toujours entre l'espérance et la crainte.

2. Je vois ici, ô souverain juge des vivants et des morts, Timage du choix et du discernement que vous lerez au Jour terrible de vos vengeances , où vous placerez les bons ^ la droite et les méchants a la gauche, pour une éternité.

yy vois aussi le différent usage que font des afBictions les élus et les réprouvés. Tous les hommes ont été condamnés à souffrir en Adam, et cette sentence s'exécute tous les jours sur les justes et sur les pécheurs. Touà sout cruciGés avec vous ; mais les élus, comnae le bon larron, souffrent avec patience, avec soumission, avec humilité, avec joie, de ce que vous leur faites part de vos souffrances : les réprouvés souffrent à con- :re-cœur, avec murmure « en se plaignant, :*n se maudissant, en blasphémant. Les élus, jui expient leurs péchés par l'aflliction et ) y puriGent comme Tor aans la fournaise, »oQt comblés de consolations ; ils souffrent noîDS , et gagnent le ciel. Les réprouvés, ians raflliclion , accumulent leurs péchés, souffrent inCniment davantage, sans conso- •it OQ ni soulagement , et commencent leur ,'nfrr en ce monde. Faites-moi la grâce, t Jésus! de souffrir comme vous et comme >os éluy.

3. Un de vos saints (1) m'apprend, 6 Jésus ! |ue l'Ecriture ne rapporte que le seul exem- >ie du bon larron qui ait fait pénitence à la iiOrl« quoique vous puissiez faire à d'antres a même miséricorde. Comment oserais-je loue différer ma conversion de jour en jour ;t me flatter qu'il me sera plus facile de me onverlir dans un Age plus avancé ou même i la roort? N'est-ce pas m'exposer visiblerient à mourir comme le mauvais larron? ^uis-je espérer d'avoir h la mort un direcf;ur plus éclairé, plus charitable, plus zélé, »ius saint que ce larron? Ce malheureux

(t> Ssiint Bernard.

DlCTlU^IN. Ur.S lNDl'i.«EN(:ES.

meurt obstiné et impénitent, è edté de Jésus- Christ, et comme entre ses mains, tout couvert et arrosé de son sang, lorsque ce saii)^' était encore tout fumant. Que ne dois-je pas craindre, si je diffère ma conversion!

Voici, 6 Jésus! mes résolutions : je vous les présente, aQn que vous les rendiez efficaces.

i. J'espérerai toujours en votre miséricorde; mais je craindrai aussi vôtre justice , et dès à présent je veux tnc convertir, quitter mes péchés et les occasions du péché.

2. J'accepterai , en pénitence de mes péchés , toutes les disgrâces qui m'arriveront

UI' MÊDITATIOlt.

Troisième parole de Jésus en croix; il recommande sa sainte Mère à saint Jean,

1. Pendant que les Juifs et les Gentils blasphèment contre vous, 6 Jésus! votre sainte Mère, et saint Jean, votre disciple bien-aimé, compagnons inséparables de vos souffrances, sont auprès de la croix, oh ils souffrent dans leur cœur tout ce que vous souffrez dans votre corps. Vierge sainte, vous êtes ici la procuratrice de l'Eglise, pour offrir Jésus crucifié et pour vous offrir avec lui. Je vois dans votre personne la fidélité de l'Eglise, la constance des martyrs, la fermeté du sexe le plus faible, que la mort ne pourra séparer de la charité de Jésus-Christ. Faites, Vierge sainte, par vos puissantes in«* tercessions, que je ne rougisse jamais de Jésus-Christ ni de ses humiliations.

Quelle force, 6 Jésus, ne reçoit-on pas au

(ûed de la croix, quand on s'y tient avec une 6i vive, dans la sérieuse méditation de vos souffrances I Pierre vient de vous renoncer, intimidé à la voix d'une servante; Pilate vous a condamné par la vaine crainte d*une disgrâce : mais votre sainte Hère, mais les saintes femmes qui l'accompagnent, et votre disciple chéri, s élèvent généreusement audessus de la timidité du sexe, de Tborreur d'un tel spectacle, de la tendresse Naturelle, du sentiment de l'ignominie d'un fils et d*un maître crucifié entre deux voleurs, et du péril où les expose la brutalité d'un peuple furieux. Ce sont là des effets de la grâce de la croix. Que cette grâce, 6 Jésus, me soutienne dans tous les événements do la vie, et qu'elle me fasse triompher de toutes les tentations, et surtout du respect bumain.

2. Apercevant votre sainte Mère près do la croix : Femme^ voilà votre fils, lui ditesvous en montrant saint Jean; et pais vous dites au disciple : Voilà votre mèreiJoon. xix, 26, 37). Vous apprenez ici h tous les enfants le soin qu* ils doivent prendre de leur père et de leur mère dans leurs affiictions, à quelquo extrémité qu'ils soient eux-mêmes réduits. Quoique vous aimiez votre Mère d'un amour plein de tendresse, cependant vous ne le faites point paraître, puisque vous ne vous servez pas du tondre nom de mère : Femmef voilà votre fils, pour nous apprec^

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SEP

Jre que nous devons aimer nos parents, Aion (] ua amour humain et charnel, mais d'un j&niour saint, chrétien , surnaturel et divin.

J'apprends la même leçon de votre sainte Hère. Jamais mère n*aima plus tendrement : elle éprouvait dans son cœur tout le contrecoup de vos soulTrances et de vos ignominies. Elle eut alors le cœur percé du glaive de douleur que le saint vieillard lui avait moiUré ( Luc. xi, 35 }, lorsqu'elle vois présenta dans le temple; et si vous êtes appelé far le prophète un homme de douleurs Isa. LUI, 3 ), nous pouvons dire qu'elle tut une mère de douleurs. Cependant elle nefait aucune démarche pour vous empêcher de mourir. Elle ne parle point aux magistrats ni au gouverneur, pour justifier votre inno- 'xxviij'lô,) Vous ne l'appelez plus votre Père,

IV' M^:ditatio!I.

Qmtrièine parole de Jésus en crowr; a ti plaint à son Pire d'en être abandonné

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