SECOND JOUR
Méditation sur Vhorreur que saint Sianitlss
eut pour le péché.
L'horreur du jeune Stanislas pour le péché tenait du prodige. On raconte de lui que, lorsqu'il était encore enfant , si qaelqu ua en sa présence proférait des paroles pea mesurées et propres à blesser la pureté, soa visage s'enflammait ; qu'il levait affectueu$^ ment les yeux vers le ciel, et les tepaii cosuite modestement baissés vers la lems que si le discours continuait, l'horreur qu il en concevait était si grande qu'il eo peniait insensiblement les forces , et serait tomtHi tout à fait, si quelqu'un ne l'eût souteou.
Puisse cet exemple faire une vive iaJp^Jsion sur ces jeunes gens inconsidérés, <]'h prêtent trop facilement l'oreille i touiw sortes de mauvais discours ! S'ils n'y p^i* nent garde , bientôt ils perdront leur inii^p cence par le peu de soin qu'ils ont At la conserver. 11 feur semble, sans doute, ^^^ ce n'est point assez pour eux de porter i^ précieux trésor dans des vases fragiles :" faut «lu'ik l'exposent témérairemenlauipi^*
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DES INDULGENCES
grands périls. Les chutes, quoique épouTan-, tnbles, de tant d'autres, ne suffisent pas pour jos instruire de leur faiblesse ; ils veulent en faire eux-mêmes une triste expérience.
Réflexion. Que cette horreur de Stanislas pour ^es paroles mauvaises serve au moins (le frein à la licence de ces hommes pervers qui, non contents d'avoir un cœur corrompu, se font une gloire de découvrir leur honte, et de montrer au grand jour la corruption de leur cœur. Leurs paroles, pour me servir de l'expression d'un apôtre, sont comme cette écume impure que la mer rejette continuellement de son sein : Despumantes confusion nem suam. Mais , malheureusement pour eux, comme l'écume, cette vile production de leur cœur ne se résout pas aussitôt qu't lie est formée, les effets en sont souvent bien funestes ; c'est un mal contagieux qui se répand avec vitesse, et qui porte*au loin l'infection : Sermo earum tanquam can-' eer serpiê. Chaque jour, combien de jeunes gens en sont la victime I Ces hommes pervers s*en applaudissent, ils triomphent lorsque quelque âme innocente est tombée dans le piège qu'ils lui tendaient ; mais que leur triomphe sera court ! qu'il sera suivi de lamentables regrets, lorsque l'flme de leur frère qu'ils auront perdu leur sera redemandée ! Qu'ils écoutent l'anathème que lo Sauveur du monde a lancé contre ceux qui scandalisent les Ames faibles qui croient en lui. Ce serait un moindre mal pour eux d*étre précipités tout à coup dans l'abtme,
3ue d'avoir remporté cette fatale victoire ont ils se gloriOent : Qui scandalizaverUf etc.
Pratique. Si nou; sommes exempts nou&mèmes de ces fautes , si nous sommes tou* chés de l'état malheureux de ceux qui s'en rendent coupables, recommandons ces deux sortes de pécheurs aux prières d'un saint, dont rinlerccssion doit être bien puissante ))our obtenir aux uns et aux autres des grâces de conversion : aux premiers, celle de fermer l'oreille à tout discours dangereux et séduisant; aux seconds, celle de mettre un frein h leur langue pour n'en jamais prononcer. Demandons aussi pour nous-mêmes une telle horreur du péché, que, selon l'avis du sage, sa vue seule fasse sur nous la même impression que celle d'un animal venimeux : Quasi a facie co/ii6rt , fuge ptc^ eatum.
PRtfcRE.
Dès l'Age le plus tendre, vous étiez, grand saint, si occupé de Dieu, que tout ce qui l'outrageait vous était en horreur. Ah ! obtenez-moi le même éloignementde tout ce oui d/'platt à Dieul que jamais ne soit souillée d'aucune parole peu décente la langue sur laquelle un Dieu repose si souvent! que mes oreilles se ferment à tous discours scandaleux et profanes! que ma bouche eniin ne s'ouvre oue pour chanter vos louanges et ceiU;s du Seigneur, qui vit et règne dans les sicclos des siècles ! Ainsi soit-il.
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TROISIÈMB JOUm
Méditation sur Vamour de smnt Stanislas
pour roraison.
L'amour et la pratique de Toraison entretenaient dans l'Ame du jeui>e Stanislas cet amour fervent qu'il avait pour son Dieu , et cette vive horreur dont il était pénétré pour les moindres fautes, 11 n'avait encore qu« six ans, qu'il était déjà singulièrement adonné à ce saint exercice. Dans un Age si tendre , souvent retiré dans un coin de la maison paternelle, il y passait, k genoux» cinq à six heures entières, les bras en croix» les yeux baignés de larmes, l'esprit et le cœur absorbes dans une douce contemplation, jusqu'à ce que, cédant à la grande délicatesse du corps, il tombât en défaillance.
Quel spectacle ravissant pour les anges 1 mais aussi quel sujet d'instruclion et de confusioQ pour la plupart des hommes qui négligent l'oraison, comme si ce n'était pas le canal ordinaire par où le Seigneur fail couler sur eux ses grAces les plus abondantes.
Réflexion. Un enfant d'une complexion faible persévère plusieurs heures dans l'exercice de l'oraison, et souvent il ne faut qu'un auart d'heure iiournousy faire éprouver du égoût et de l'ennui! Cependant ne nous flattons point de pouvoir nous soutenir longtemps dans les ^ntieos épineux de la vertu, hors des atteintes mortelles du péehé, si nous ne nous rendons pas familier ce saint exercice; c'est un alimenl céleste qui nous est donné pour nous fortifier dans le chemin du ciel, comme ce pain cuit sous la cendre nue l'ange donna au prophète accablé de latigues, lorsqu'il se dérobait par la fuite aux fureurs de l'impie J.ézabei qui le cherchait pour le faire mourir. Combien d'Ames ne pourraient pas dire , avec trop de vérité, qu'elles sont comme l'herbe des champs, que le tranchant de la faux a coupée ; et qu'il ne leur reste plus de vigueur, parce qu'elles ont oublié d'avoir recours à cette divine nourriture : Ptrcussus sum ut fenum^ et aruit cor meum, quia oblituê «tiifi comedere panem meum.
Pratique. Demeurez aujourd'hui le plus longtemps qu'il vous sera possible en oraison, soit à l'église, soit au logis, étant intimement persuadé que les plus grands avantages, et poui* l'Ame et pour le corps, découlent de ce saint exercice oomme de leur source ; de sorte qjj.'on peut appliquer à l'oraison ce que l'auteur sacré a dit de la sagesse, qu'il suffit do la posséder, pour entrer en même temps, en possession de tous les autres biens : VenfrunS mihii omnia bona pariter cum illa»
C'est à votre intercession que j'ai recoora, aimable saint : pénétrez vous-même mou cœur du plus vif sentiment de l'amour de la prière. Que votre exemple m'apprenne l'estiine que je dois faire de la grâce» et me rende plus attentif à conserver ce précieux
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trésor» au milieu de tant dViinemis qui font tous leurs efforts pour me Tenlever. Le Seigneur m*a créé fpur lui; aidé de vos prières, ô grand saint 1 je ne veux plus vivre que pour lui. Dieu seul sera désormais la fin de toutes mes pensées, de toutes mes affections, de toutes mes œuvres, aGa qu'après vous avoir imité pendant l)a vie je puisse, à la mort, entrer en participation de votre béatitude, et béttir avec vous le Seigneur pendant tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.