‹ Dictionnaire d'ascétisme (volume 5)Chapitre 37 sur 370 · MIDY · texte numérisé non relu

MIDY

Quant Tiendra à midy, tu pensseras comnieMt les fauli Juifz furent mou t joveui qaant ilz Teurent à leur voulenté. Et adonc* ques le priiidrent et le lièrent moult asprement et luy baillèrent la croix à porter. Hélas 1 il n*avoit pas besoing de tel fardel, car elle estoit grande et rude et moult pesant, et il estoit si tra?aillié et tormenté, que à grant peine se pouvoit il soutenir. O ma seur et amye» porte bien et considère bien en ton cuer ceste bonsteuse et piteuse procession. Regarde ton créateur, ton roy, ton douli espoulx» comment il ya mourir pour toy si honsteusementi et comme il porte sa croix. Regarde après, comme tout le monde va Après, et comme ilz se mocquent de luy ; Tung le frappoit, Tautre le boutoit, l'autre le liroit et les aultres luy gecloient la boe au visaige ; les aultres luy disoient de très grans villenies et injures. Et ainsy le tormentant, le menèrent jusques au mont de Calvaire. Regarde aussi sa doulente mère, qui vait après luy ouest portée desesamys, qui crie inuult baultemeut et piteusement, et se desrout et démène comme une personne moult désolée. Et aussy, ses amys, qui vont après plourans etgémissans si troubliez, que TuDg ne povoit conforter l'autre. Après, re« garde le doulx Jhesu, comme il retorne pi* leusemeoL devant eulx et les conforte en di« S3Dt: Mes amys, ne veuillez point plourer sur moy ne pour ma passion ; car c'est tout pour vostre grant utilité et pour vostre te^ ilcmption. Et adoncques luy dy : O bon Jhesu, je te prie que tu me bailles la croix, car elle te griefve trop. O vous 1 Juifz, je vous requier liumblement que vous ne estez celle cruix de dessus les espaules de mou Jhesu et la me baillez à porter pour luy ; car je le l'eray voulentiers. Ha ! madame Marie 1 que tu l'eusses voulentiers portée en lieu de ton cliier entrant I Après, considère quant ilz furent au mont de Calvaire, ils prindrent le doulx Jhesu, et le dévestirent tout nud deîaiit tout le monde. O ma seurl que grant douleur il souffrit au despoullier de sa dernière cocte;car tout sou corps estoit plain de j)laies, et celle cocte estoit prinse à sa cliair et à ses plaies : et quant ilz le dévestirtflt, iiz tirèrent si rudement, qu'ilz admelièrent la peau avec la cocte» et tant qu'il fui tout esGorchié, et que le sang lui saiiloit dt; toutes parts, et en iceluy estât le couchièreut sus la croix, et prindrent l'ung des doux, et iuj clouèrent l'une des mains dedans la croix. Après ils prindrent l'autre des mains et la Youldrent aussy clouer, mais elle no povoit advenir au pertuis qui estoit fait eu U croix pour la clouer; et qui tirent ils 7 Ils

E' [lurent une corde et luy altachièreul au s, €rt par la force de tirer, luy alongièretit le bras» et iireol venir la main jusques au pertuis. Laquelle douleur et angoisse tu

avois, doulx Jhesu I Après, ils prindrent ses deux piez ; mais pour ce qu'ilz avoient tiré ses bras, son corps estoit naulcié , et ne povoient advenir au pertuis ; adoiicques, ils prindrent cordes, et le lièrent aux piez, et tirèrent si fort, que le corps se rabbaissa arrière si, que les piez vindrent jusqu'au per* tuis, et prindrent ung clou et lui percièrent les piez l'ung sur l'autre et afdcbièrent à la croix. Et cei tes il fut tiré si fort et esteudu que, ainsy comme avoit dit le prophète, on luy povoit compter tous ses os, ses joinctures et ses nerfs, car iiz tandoient tous. O ma seurl regarde en quelle peine est ton Créateur, ainsy eslandu et de trois doux percié I certes on ne le pourroit expliquer. Et pour ce, penssez y par le mieulx que vous pourrez» et en ayez grant compassion. Après, considère comment et en quelle afilintion ostoit sa benoiste mère quant elle veoit son chier Glz ainsy tormenté, certes si grant» qu'elle estoit à terre comme morte et toute pasmée, et ne povoit dire mot. Toutes voies quant elle vit son filz ainsy tout nud, elle print son queuvre chief et lemist devantiuy. Adoncques les faulx Juifz prindrent la croix, et en cestuy estât le levèrent en hault et fut cruellement cruciffié. O quelle doleur l quel torment eust-ii adoncques, qui est celuy qui le peust pensser ; car il convint que ces trois gros doux quarrez le soustenissent du tout et luy desrompirent du tout les piez et les mains , et luy rompirent les uerfs et les voynes, et tant que le sang en saiiloit de son corps en si grant habondance, qu'il descendoit jusques à terre à grant ruisseaulx. Après, considère en quel torment estoit sa mère, car quant elle vit son filz en la croix, elle se leva et vint à la croix et hiy cuida touchier, mais pour ce qu'il estoit trop hault, elle n'y

f)Ovoit advenir. Adonc elle print à embracier a croix, et la baisier en tant que sou visaige estoit tout plain de sang; et puis se gectoii contre terre et se tournolt au sang ue son entrant, en tant qu'elle estoit toute ensan* gonnée. O quelle pitié 1 quelle doleur de veoir en tel estât le tilz et la mère en la tristesse où ils estoient et tous ses autres amys : certes» se tu y pensses biez, tu en auras grant compassion. Et cecy suffist pour l'heure de midy.

Nonne.

A heurede nonne, ma seur, tu te esleveras en contemplacioQ et regarderas des yeulx de contemplacion ton doulx espoulx tout nud en hault eslevé en la croix au froit et à la bise, car il estoit en vver. Et en pleurant considéreras en quelle douleur, en quelle affliction est celuy doulx aignel en la croix tichié ; et se tu considères bien, tu ne trou* veras sur luy membre qui ne soit tormenté : car son chièf est coronné d'espines qui l'ont percié jusques au cervel ; ses yeulx sont tous troublez; sa face est toute descoulou^ rée et plaine de sang de cervelle et de crachats ; sa bouche est |)alie et toute retracte ; ses f)iez et ses mains tous perciez de gros clous; son corps est estandu* en la cit)ix et

5fo

DIClIONfiAlUE

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ioutplain de plaies et escorchié.Etadoucques eu gémissant tu diras avec saint Bernard : O pitié» ô charité, 6 merveilleuse grAce et misération du Filz de Dieu qui pour nous souffrit telle mort et passion. O mon très douix Dieu, quelles louenges ne quelle retribucion te puis je faire de si grans bénéfices? Certes se toute la science et puissance des anges estoient en moy, et se tous mes membres estoient tomez en langues, je ne pourrois suffire à tojr rendre grAces et mercis. Après tu considéreras comme luy estant en cestuy torment il se piaignoitet disoit : ô vous tous qui passez icy regardez et considérez se vous veistes oncques telle douleur comme la mienne. O créature humaine» regardes les peines et les douleurs que j*ay et comme je meurs en grief torment pour tov. Mais je veoy bien aue tu n*y pensses guères et qui ne t*en chaut ; car je regarde que tu es coronnée de flours et de pierres précieulsesy et moy qui suis ton Dieu et ton créateur suis coronné d^espines. Tu as les jolis gans es mains et je les ay perciées de Çros doux ; tu as les précieulx vestemens et je suis tout nud en la croix au vent; tu dances avec les piez et je les ay de doux en la croix afiichioz ; tu en dansant as les bras estandus en signe de joie et je les ay estandus en la croix d'opprobre et de vitupéracion ; tu as le cousté fandu en signe de vanité et je Tay percié d*uue lance pour la grant utilité. Mais quoy, retorne toy è moi et je te recevray ; car je suis [dain aamour et de charité. Après, ma seur et amye, (u considéreras comment il n*y a homme qui le conforte ; mais tous se mocc|uont de luy : Tung lui disoit : Va qui cuidois destruire le temple de Dieu et au tiers jour le réediffier ; l'autre luy disoit : Regarde, il sauve les aultrès, et toutes voies il ne se peult sauver luy mesme; Taulre disoit : qu'est cecy ? tu as plusieurs fois dit que tu estois tilz de Dieu, s*il est doncques ainsy que tu soies fitz de Dieu, dy luy qu'il te délivre delà mort et desceus de la croix, et moult d'auitres reproches qu'ils luy disoient; mais le doulx Jbesu ne disoit mot. Après regarde comment les chevaliers déportent ses sains vestemens et le jouent aux dez et en faisoient leurs desrisions. Quand le douli Jhesu vit sa On approcher il fist son testameni; premièrement il commanda à Dieu le Père son esprit ; à saint Jehan sa mère ; il laissa h ses disciples persécution ; AU larron paradis; son corps aux Juifs, k tous chrostiens la croix. Après, ma seur, retorne les yeulx et regarde de cousté la croix et illec trouveras une très belle dame , très liénigne vierge et très sainte. C e^t assez la douice vierge Marie mère du crucidié toute doloureuse plourant et gémissant et moult piteuse se complaignant ; certes se tu y pcnssez bien, tu en auras pris d^aussy grant pitié et compassion comme de son filz. Quantes doleurs, quantes larmes, quantz soupirs, quelle peine elle souffroit ne quelle passion, quant elle veoit son doulx euffjnt ainsi crucil'né devant tous "*Ure les larrons et à mort livré. Certes on

ne ie pourroit exprimer, dire ne penssar. Et pour ce, dit saint Bernard, qui est cellay qui peult penss^r ne ymaginer la grant douleur que la mère de Dieu a voit quant elle penssoil de son Hlz, comme elle Tavoit conceu sans peschié ; comme moult doulceroent elle l'avoit alaicté ; comme moult déligemmeot elle l'avoit nourry et gardé et comme c'estoit toute sa joye, sa douleur et conso]acîon, son reffuge, son confort et son aide. Et loutn voies elle le veoit si cruellement luorir. 0 quelle douleur, car quant elle le veoit elle s escrioit et disoit : O pouvre misérable mère, que feras tu, que deviendras tu et où iras tu, avec qui ; 6 mon très doulx enffant, ne me vueilles point laissier apr^s toy, mais bj que je meure avec toy, car tu meurs roauvaisoment tout seul, et pour ce fay que ta très douice mère te tiengne compaignie, et puis disoit :0 mort misérable, ne me vueiltes point pardonner, mais vien et prcns la mène et la tue avec son filz. Et tu, mon doulx enffant, ma singulière joye, la vie de mou âme et mon soûlas, fay que je meure avec toy puisque je te engendray pour morir; et vous meschans Juifz et desloyaulx, puisaue ainsv est que vous avez mon Hlz cruciflié, vueillez aussy cruciffier la mère ou lafaicies morir de quelque autre mort affin qu elle meure avec son enffant. Hélas 1 moi doleu* te, pourquoi vivray je après mon filz; prenez moy et me cruciifiez tantost avec lui ; car c*est plus douice chose à moi de njorir que de vivre en telle douleur et misère. Hélas I mon enffant, tu m'estois père et espouii et tout mon bien : or suis-je orpheline de

f»ère et vefve d'espoulx et désolée de ma ignée, et par ainsy je pers tout. O mon chier enffant, que feray.je, oi^ irayje, qui me donnera aido, confort et secours 1 Au moins laisse moy aucun reffuge puisque tu ne veulx pas que je meure avec toy. Adoncques le doulx Jhesu ouvrit les yeulx et la regarda en pitié, luy dist de saint Jehan évangéliste : Femme, veez cy ton fils I e( h Jehan veez cy ta mère ! et non obstant que ce feust petite change toute voies lui fut ii aucun confort et certes vrayment fut il petit change ; car en lieu de Dieu elle eut homme, en lieu du maistre du ciel et de la terre, elle eut ung filz d'un pouvre pescheur ; en lieu du maistre elle eut le serviteur. Et certes cette douice mère fut tellement torraentée qu'elle fut martire et plus que martire, ne oncques martir ne souffrit tant de martire comme elle ; car elle fut tormentée d esprit et les aultres en corps. Ayes doncques, ma seur, compassion de' cette dolente mère, ploure et gémis avec elle pour la doleur ne son enfïunt ; après considère la miséricorde et U grant libéralité de ton créateur ; car h ung des larrons qui estoit crucifié avec lui ; voire que Tung avoit de grands injures et villenies, il ne luy donna [ms seulement ses peschiez, mes luy promist qu'il serait celluy jour mesme avec luy en paradis. Retome icy de dévot cuer à ton créateur et lay dy : O doulx Jhesu, je suis une mauvaise larron* nercsse, car j*ai emble le temps que tu m*«is

AGO

D£S LNDULG£NC£S.

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donné et ne Tay pas emploie à faire bonnes (eurres comme je deusses ; et je suis murtrière voire de mon âme, par peschié d'aultraj ot par mauvais exemple et désordonnée contenance. Mais te prie dévotement que tu me pardonnes mes peschiez, et fav que quant mon ftmc partira du corps tu fuy vueilles donner paradis comme tu fais à celluy du larron. Après escoute de ton oreille de pitié comme le doulx Jhesu se complaint piteusement à Dieu son Père en disant h haulto Toii : Ha mon Dieu I mon Dieu mon Père, ponrquoy me laisses tualnsy sans secours et sans aide et ne fais nul semblant ne conte moy f Hélas ! ne suis je pas ton seul enffant voir par durablement ; pourquoy me seuffres tu araire tellesobprobres et afflictions : hélas I tuessi misericors aux aultres et à moy si cruel et sans compassion. Que ne seuffres tu que les anges ne viennent maintenant pour moy délivrer de cestuy torment. Adoncques, ma seur, tu luy respondras moult doulcement en esprit. Certes, mon seigneur et amy, ce n*est pas pour vous ne pour vostre fait ; mais est pour moy, pour mes peschiez et pour nostre rédemption ; car si vous estiés maintenant délivré, le salut de TUmaing lignaigne ne serait pas accomply ; mais je vous prie que le me vueillez pardonner et me donnez grAce de la recongnoistre et de vous en rendre grâces et mercis et de vous auicT de cuer entier et de brave dilection. A[>rès considère le doulx et bénigne Jhesu gui (jemandoit à boire et dit qu'il a soif. Adoncques luy tendirent à boire. Dieu 1 <)uel breuvage ! certes ce ne fut pas eaue claire ne y|H)cras. Mais, ma chiere seur et amye, retome toy du tout et te dispose en çraut pitié et compassion, en larmes et en pU'urs de regarder et considérer comme ton doulx espoulx est près de la mort et veult morir, et veoy comment il encline sa texte, car il ne la peult plus soustenir. Il f'rme et clos ses doulx yeulx, toute sa face 'ui palist, la bouche luy retraict, et ne luy «iemeure seulement que la langue de la- 'lueile il prie pour ceulx qui Tont cruciflié H fiour ses ennemis et dit à Dieu le Père : il' te prie, dit il, que tu leur vueilles par- >>nner les maulx qu'ils m'ont faits, et ma tiujri et passion ; car en vérité ils ne savent M* qu*iiz font. Et icy, ma seur, te dois dispo- *• r à Teiemple de ton Dieu et prandre tout •n gré ce que on te fait et que on te dit, et «/a\oir parfaite padence, et d'aymer ceulx «{ui mal te font et de prier pour eulx. Après le doulx Jbesu s'escria: Mon Dieu, mon l'ère, en tes mains je recommande mon esprit. Et adoncques il enclina son chicf et ^:ndtt son esprit. Et ici te dois prompter le ''''tsk terre en disant dévotement : Ha ! «-01I très doulx Dieu, je vous prie en l'honî.eur de vostre mort et passion que vous ^ vueillez donner mémoire de douleur et compassion de voire mort et passion ; et "^^i vueillez donner force et puissance que ^^ puisse tellement servir et faire les eu* *œs que quant mon âme partira du corps *wi5 la vueillez recepvoîr et racctre en cette

belle gloire de paradis. Après considère quel torment eut sa mère et tous ses amys quant ilz Tentendirent ainsy crier et si cruollt^ment morir et trespasser. El certes ils estoient en tel effet que Turig ne povoil conforter Taultre. Après considère la manière des faulx Juifz. Car il ne leur suiQsoit pas de ravoir si vill.iinement fait morir; mais après ce qu'il fut mort, ilz luy firent fendre el pereier le cousté d une lance jnsqucs au cuer. Et adoncques a grant abondance yssit de son corps sang et eau et aloit jusques à terre. Or, regarde maintenant, ma seur. Ion Dieu est en la croix mort pour toy. Et considère qu'il a encline son cbief pour toy baisier; les bras estandus pour toy embracier : les piez attachiez pour toy actendre ; le cousté fendu pour toy ouvrir et lesprières exaulcier; son corps aftichié pour le toy donner, el de toutes ses choses» tu luy rendras grâces et luy prieras de toy donner, Î^râce de les avoir tousjours en mémoire et e desservir de tout tou cuer et honnourer. Et icy finiras Nonne.

Vespres.

A heure de Yesnres tu considéreras comme Pylate te donna le corps de Jhesu à Joseph Abarimathia, comme on vient è la croix pour le desclouer et ester. Et icy considère comme sa dolente mère le receut piteusement, et

auant elle le veoit ainsy ordonné toutes ses ouleurs luy renouvelloient; car de l'abondance de ses larmes elle luy lavoit son visage, et tant plus le veoit tant plus se rcsconfortoit et moult piteusement disoit : O mon enffant 1 qu'est devenu la beauté de ton visaige, et sa grant clarté, et de ses yeulx et de sa bouche, tout est perdu; car tu es maintenant le plus deftiguré que oncques homme fut. Après, comme on prent son tilz pour l'ensevelir et comme les Maries portent la douice mère après; car elle estoit sy tormentée qu'elle ne povoit aller ne soy soustenir. Mais tousjours plouroit et gémissoit et crioit si piteusement. Car non pas seulement ses amys mais les Juifz mesmes et tous ceulx qui la regardoient en avoient

Î;rant pitié et compassion. Et quant ilz furent à où estoit le tombel pour le mettre, ilz l'oignirent de précieulx oignemens et le vouloient mettre uedans, mais sa douice mère ne le vouloit souffrir; ains se gectoit dessus luy et l'embraçoit et baisoit et crioit piteusement et leur disoit ainsy : Au moins nuis que ainsy est gueje ne puis avoir mon cnier enffant vif laissiez le moy avoir mort; car ce me sera aucun réconfort et consolacion. Toutes voies ilz luy osièrent et le mislrent au tombel. Mais, ma seur, pensse quelle douleur elle eust quant il fut mis au tombeau, et qu'elle l'eut de tout perdu. Certes je ne le pourroys exprimer et pensserque tu luy eusses voulentiers aidié et conforté se tu y eusses esté. Et icy finiront Vespres; et pBv conséquant toutes les heures de quoy je t'avois promis au commencement pour contempler du doulx Jhesu la mort et passion. Touteffois se tu ne puis a une fois ou en ui>S

AGO

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)our cecy pensser ei imaginer ; si le fay seon le temps et espace que tu auras et t*y disposez à Taide de Dieu. Le mieuli que tu pourras et quant tu seras en brave contemplacion et dévote oraison» souviengnetoy de inoy pouvre pécheur ea priant Dieu dévotement que je puisse soit plaisir et ma salvacion faire. Et que je puisse acquérir de paradis la parfaite ioie et sure habitacion : laquelle nous vucille donner et octroyer et h tous nos bons amis, ie doulx Jhesus pour le (mérite de sa mort et passion, qui cum Pâtre et Spiritu Sancio vivit et régnât per omnia sœcula sœculorum. Amcn.

AGONIE DE NOTRE -SEIGNEUR (Trois heures d' |. — Un pieux jésuite du Pérou, nommé Alphonse Messia, mort à Lima le k janvier 1732, pénétré des plus vifs sentiments d'amour et de tendresse envers Jésus- Christ, institua, pour sa propre dévotion» une pratique de prières et de méditations pendant les trois heures que cet adorable Sauveur fut dans les angoisses de la mort sur la croix. 11 la suivit presque seul la première année dans la ville do Lima; mais cette dévotion parut si naturelle, si bien ap-

|)rupriée au sujet, si conforme à la foi, que )ientôt elle devint publique. Elle fut adoptée dans toutes les églises de cette capitale, passa de là au Chili, à Quito, au Mexique, en Europe , et est maintenant en usage, pour les âmes ferventes, dans beaucoup d*églises, notamment à Rome, dans Téglise des Jésuites.

Indulgences accordées à perpétuité h tous les fidèles qui pratiquent la dévotion des trois heures d agonie de Notre- Seigneur Jésus-Christ, le vendredi saint et le dernier vendredi de chaque mois.

1' Indulgence plénière à tous les fidèles qtii, étant vraiment contrits, se seront cour tessés et auront communié le jeudi saint, ou qui seront dnns la ferme résolution d'ap^ ))rocbrr des sacrements pendant la semaine de Pâques, pourvu que, le jour de leur communion, ils prient selon les intentions de l*Eglise, et que, le vendredi saint, ils prati-

auent la dévotion des trois heures d^agonie. etto dévotion consiste h consacrer trois heures de suite de ( midi à trois heures ) i la méditation, selon sa propre capacité, sur les souffrances de Notre • Seigneur pendant les trois heures d'agonie sur la croix, ou sur les sept paroles qu'il dit pendant ce temps, ou la récitation de psaumes, hymnes et autres prières. Cet exercice peut se faire soit en public, soit en particulier; soit sous la direction d'un prêtre, soit avec lo secours d*un livre approuvé qui traite de ce sujet.

i^ Indulgence de deux cents jours, pour tous les autres vendredis do Tannée, pour tous les fidèles qui, ces jours-là, feront, pendant un certain espace de temps, des méditations ou des prières en l'honneur do Tagonie de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

3* Indulgence plénière, le dernier vendredi de chaque mois, pour tous les fidèles qui, ayant médité et prié, connue il a été dit ci* Ucssus, les vendredis pivcétlcnls du niômc

mois, feront, ce jour-là, la dévotion des im% heures d'agonie de Notre - Seigneur Jésos- Christ, de la manière indiquée |X)ur le vendredi saint , pourvu qu'ils se soient confessés et aient communié le même jour, ou qu'ils le fassent dans le courant de là semaine suivante : dans les deux cas, ils doivent prier, le jour de leur communion, selon les intentious de l'Eglise (1).

N. B. Les indulgences plénières ci-dessus sont applicables aux âmes du purgatoire. Voy. aussi article Association de l'oevre

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