‹ Dictionnaire d'ascétisme (volume 5)Chapitre 54 sur 370 · DE L ASSOCIA · texte numérisé non relu

DE L ASSOCIA

Inslructîon de Mgr Vévéque de Langres eur Fadoration due à Dieu , à roccasion de V Archiconfrérie répea'Qirice des blasphèmes el de la violation du dimanche, « Lors(]ue vous serez h Babjlone, disait aux Juifs le prophète Jérémie, vous verrez des dieux d*or, d'argent, de pierre ou de bois, que Von porte sur les épauhis el qui lont peur aux gentils; gardez-vous bien de partager ce culte abominable ou celle [>eur insensée. M^is quand vous verrez tout autour de vous la foule prosternée devant ces idoles, ditos du fond de vos cœurs : C*est vous seul. Seigneur, qu*il faut adorer (1). » Hélas I nos très-chers frères, celte sainte recommandation n*était pas i>tus nécessaire an peuple juif, ca|»tif à Babylone, quelle ne Test aujourd'hui aux enfants de Dieu, disfrersés parmi les enfants des hommes, et trop souvent soumis à leur dar>gereuse servitude.

Car, selon Tinterprétation de tous lesdoc- Ceiii*S9 Babyloue, c'^t la société des mé-

(t) Ingiessi iiaqiie in Bab^lonem..... videbitis deos aureos. et ai'geuteoSi, et fapideos, et lignées în luimeris porlari, esteutantes metuni geuiibus. Yidete ergo ne et mccus vos capiat in ipsis. Visa itaque turba de rciro et ab anie, adorantes, didte rn conlibes ^'e- •tris : Te eporlet adorari, Démine. {Bamek vt, f, i et tcq.)

chants qui dominent sur la terre (1); fiabylone, c*est Tempire du démon établi sur la confusion et le désordre (2) ; enGn, Babylooe, G*est le monde avec toutes ses erreurs et tous ses vices (3).

L'Eglise de Jésus-^lirist, ]a nouvelle l\-' rusalem, est mêlée à celle Btib^lone dcuvelle, dont les enfants ne sont pas moins idolâtres que ceux de la première. L*or, 1 a^ gent, la pierre, le bois, c'est-à-dire la matière, sous quoique forme qu'elle se présente, sont l'objet continuel de leur culte et de leur préférence sacrilège. Acciuérir des biens matériels, c'est Tunique objet de leats vœux; les perdre, c'est Tunique crainte qui les préocupe. C'est à ce culte de la matière, c'est au service exclusif de cette vaine idole, que tout est sacrifié, le repos et la santé, la nature et la grâce, la coascience el le salut, le temps et TéU^nité.

Vous êtes témoins de ces immenses scandales, N. T.-€. F.; ils vous environnent, et quelqut'fois ils vous assié^^ent ; leur contagion est d'autaut plus sédaisanle, que dune part ils trouvent plus facilement des sjrmpaihiesdans lesconcupisceneesdimtest re(U|)lie notre nature déchue, et que «le Tautre ils se présentent à nous sous les attraits doublement flatteors du blen-èlre pour cbiuuin, eL de la civilisation pour tous.

Mais, comme tous les biens de ee monde, en supposant» ce qui n'est vrai sous aucun rapport, que Toubh de*Dieu fût nécessaire pour se les procurer, ne peuvent jamais nous autoriser à délaisser les biens éternels; connue toujours U^ premier et le nias grand des crimes , c'est la uréférence uonru^e à la créature sur Tunique Créateur; plus les scandales abondent, p\ut nous devons protester contre eux, plus nous devons élever la voix et crier à ces innombrables mullituJes prosternées devant la matière: No'i, ce ne sont pas là des dieux, non c« n'est pas Ih qu'il faut fixer nos cœurs; ccsl vous. Dieu du ciel, c'est vous seul» Seigneur, qu'il £aut adorer. Te oportei adorari, Domine.

Tellessont bien vos co!\viclions»N.T.-C.F.« et nous savons môme que ces [)rolestalioui de notre zèle ne sufllrareni pas à votre foi, et nous ne faisons que seconder vos désirs, que nous prêter à vos instances, en venant vous proposer de nous réunir tous, pour,offrir à notre Dieu, à celui qui est tout i^h fois notre premier principe et notre fin dernière, le tribut commun d^une ré|Mrnitioa continueUe, pour les outrages et les délaissements par lesquels les booimes offensent aujourd'hui sa majesté iocomparabie et son infinie bonté.

(I) Et qu.'edam civiias qtt.ie B;iliylonîa dicitor : Civius ista onmiam perdooram ab Oriente us.}» a«l Ûccideutem; ipsa babel regouin lerreuunu ^AaainDs, XXVI, enarr. ii, fS.)

h) Ejus (Jérusalem) ndmica est civKas dialioli BaDjIoD, mix eonfusio interpretatur. (Id., tfeCtv. M« lib. xTii, 16.)

(3) Babviani» est mundus îsic. Babjrkm mim mM" pretatoff ènptsk. ^inpsk CIIV9 2L)

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DES ïNDUt-GENCES.

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I^ premier commîmdement par lequel Dieu nous cirdonn^ de Tadorcr, et de n'adorer que lui, est suivi de deux autres, qui n'en sont que Fe développement sulisiiintiel et pratique : Pun nous fait eonnnitre ce que l'adoration réprouve : cVst sm-loul le blasphème contre le nom du Seigneur (1][; laulre nous indique ce que Tadoration exige <i|)érialement, par ordre exprès de Dieu : f'fSl la sanctification d'un jour sur sepf, par la cessation des travaux matériels et par la pratique des œuvres de religion.

Eh bien, N. T.-C. F., ces deux comman- «loments dont inobservance attaque, dans sa substance même, Tadoration due à Dieu, ne sont-ils p^is hardiment, ouvertement, continuellement méconnus ou violés?

Rien est-il plus commun aigourd'hut, dans les discours et dans les écrits d'un grand nombre, que des paroles contre les ceuvres ou contre les perfections de Dieu, contre son Evangi'e et son Egfise, contre son culte et ses ministres, contre sa providence et sa vérité, contre s^s menaces et ses promesses éternelles, c'est-à-dire toujours, directement ou indirectement, contre son nom trois fois saint?

Et rien est-il plus rare, au contraire, surtout dans certaines contrées, que la vraie sanctification du dimanche? Au lieu d*un repos silencieux et saint, tel que le veut le jour du Seigneur, ne sont-ee pas trop souveut des travaux publics et bruyants, inutiles et profAni^s» scandaleux et continuels I Au lieu di^ Tassistance aux divins offices, et de la participation aux chants sacrés, n'estce pas trop souvent la désolation de la solitude dans le lieu saint, et les joies insensées de la foule dans tes lieux de débauche 1

Est-il possible aux Ames qui ont reçu le don inestimable de la foi d'être sans cesse témoins de ce double scandale, sans éprouver au moins quelque chose de ce zèle douloureux qui, selon la propre expression du Roi-Prophète, le faisait sécher à la vue des prévarications contre la loi du Seigneur» et des résistances à sa parole (3) ? Et peut-on ressentir les émotions de ce zèl ^ sacré sans désirer, avec une ardeur impatiente, et la diminution et la réparation de ces lamentables désordres 7

Iin*est pas un de vous, N. T.-C. F., qui ne puisse les diminuer, au moins pour certains cas particuliers, par son influence, et surtout il n'est pas un oe vous qui ne puisse

(1) Ce second précepte du Décalociie défend même tout osate itlidle de ce nom adorable : Mon assumei momiu Dei tui in vanum (Exod. xx, 7). Dans les litres sacrés destinés & rinterprétallon de ta loi, te Iriasphénie est forroeUemenl déclaré digne de mort : 0>t bltuphematêrit nomen Domini, morte moriatur : lajfitfih» opprimet gum omms muliitudo^ iive UU mit, $m peregrinui fuerit» Qui blasphernaverit no* nun flofiiîw, morte moriatur {Levit. xxiv, 16).

(S) Tat)escere me fecil zelus meus, quia obliti «mit verba tua hiimici toi. Yldi prxvaricantes et uba^ceban, aura eloqnia toa non custodierunt (P», cim, 135, 158).

les réparer, au moins devant Dieu , par ses prières.

Mais, pour que cette influence rf'édiflcation soit plus puissante sur la société chrétienne, il faut que Faction en soit unanime et simultanée ; pour que ces prières de ré-

Karation soient plus emcaces sur le cœur de ieu, il faut qu eUes soient réunies dans un môme concert, sous l'autorité de TEglise, épouse mystique de celui que le Père exauce touiours (i).

Viiilà donc le motif de T Association r/paratrice des blasphèmes et de la viotation du dimanche, que nous avons établie, que le Sainl-Siége a daigné doter des plus insignes faveurs par un Bref du 27 juillet dernier, et qu'enun il a bien voulu clécorer du tilro et des privilèges d^ABCHicoNFRéniE, par un second Bref du 30 du môme mois. Ce pou dîo mots suffirait, à la rigueur, pour vous en faire comprendre le but et sentir l'importance.

Mais votre piété attend do nous que nous vous exposions , au moins sommairement, ce qu'il j a de criminel dans les deux désordres nue nous désirons tous réprimer et réparer d un commun accord, cbacim selon les efforts de notre zèle, la nature de notre position et la portée de nos moyens.

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