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Art. 58. Tout acte de justice, procôs, jugement, mandat d^amener, est interdit le dimanche.
Aut. 59. Sont interdits à pareil jour la chasse, la pèche, les courses de cnevaux, toute espèce de «jeux (gaming et gambling et playing), les spectacles et toute espèce de Yovage, à moins que ce ne soit pour aller à régiise on en revenir.
Art. 60. Sont interdits à pareil jour le débit et la mise en vente de toutes espèces de marchandises et provisions, etc., à Texception du lait et avant neuf heures du malin, sous peine de saisie de la marchandise ex- [josée en vente.
Art. 61. Tout cabaret, taverne ou auberge devra être fermé le dimanche» sous peine damende.
Art. 62. Tout blasphème et jurement (profane stoearing) sera puni d'une amende.
R^mara uons en passant cet article du Code de New-York qui punit le blasphème d*une amende. Ce n*est pas le fer rouge de saint Louis; mais quand nos démocrates nous reprochent de revenir à la loi du sacrilège, il est bon de leur montrer qu'un pays répubii* caiu sait punir les profanateurs du saint nom de Dieu.
Nous recommandons, entre autres bons livres modernes qui traitent la question importante de la sanctiGcation du dimanche, le Traité de M. Tabbé Lecourtier et celui de M. Tabbé Gaume; ce dernier envisage la question sur toutes ses faces au point de vue social.
) 111. — Prières, Règlement et Indllgencbs de l*ass0ciat10n.
Prières.
1* Les Litanies du Saint Nom d«3 Jésus.
3* Sub iuum prœsidium.
3* Miierere.
4* Parce^ Domine (trois fois).
Et de plus les suivantes :
Prière devant la sainU Face.
Je vous adore, 6 Jésus, dans les humilialious de votre humanité sainte; j*adore et je bénis les Of)probres et les souifrances par lesquels votre amour pour nous vous a fait l»as»er aHn de racheter nos âmes. J'adore particulièrement votre face sacrée, déchirée dï*pines, trempée desang, souillée decrachats et méconnaissable par l'excès de la douleur.
Hélas 1 ces outrages abominables de Tingratitude humaine, se renouvellent encore tous les jours, car les insultes des soldats (Ju prétoire ne vous ont pas été plus sensibles, û mon Rédempteur, que ne vous le *ni)i aujourd'hui les injures, les blasjihè^ m"s, Viudiirérence et réloiguemont de ceux ^jue vous avez régénérés dans votre sang au ^<iinl Baptôu«e. Oh I c'est surtout la prévision de ces attentats nouveaux qui vous fit tomber en agonie au JnrJin des Olives : c'est Il certitude» q;ie vos mortelles angoisses seraient inutiles pour plusieurs, qui vous fit rejjousser d'une main, par répugnance, le cnîi'-'» ampr que vous receviez de l'autre par icM^n-itiou. Permettez donc , ô mon bo i
Maître , que j'unisse mes douleurs à vos douleurs, mes larmes à vos larmes, et, s'il le fallait, mon sang à votre sang, afin d'expier autant qu'il est en moi tous les crimes qui se commettent contre vous, surtout par les blasphèmes et la profanation des jours qui vous sont consacrés. Ainsi soil-il.
Prières à la très sainte Trinité, au saint Nom de JésxAs et aux Patrons de VArchiconfrérie,
O Dieu unique en trois personnes égales, ô Père, ô Fils, ô Saint-Esprit, être infiniment ^rand, infiniment saint, infiniment heureux, infiniment bon, seul créaleur et conservateur de tout, à vous la gloire et l'adoration, à vous la bénédiction et l'amour dans tous les siècles des siècles.
O Jésus, Fils unique du Père, Dieu fait homme pour notre salut éternel, nous vous adorons dans votre humanité, nous vous glorifions dans vos opprobres, nous vous demandons pour unique et suprême grâce de contempler dans la splendeur de sa gloire incomparable cette face divine qui a été ;souillee sur la terre par les outrages de la plus exécrable ingratitude.
S£|int Michel, céleste vainqueur des anges rebelles, vous qui sans cesse proclamez dans le ciel ces paroles glorieuses: « Qui est semblable à Dieu? » obtenez-nous la grâce de toujours fuir, déplorer et combattre tout ce qui offense le Nom trois fois saint du Seigneur, et de toujours aimer, rechercher et procurer ce qui le glorifie.
Saint MarliUy apôtre de la France, vous qui y avez. établi le culte du vrai Dieu sur les ruines des idoles abattues par vos tra« vaux apostoliques, aidez-nous à détruire les habitudes pernicieuses oui s'opposent encore à la perfection de son règne parmi nous.
Saint Louis, le plus saint de nos Rois, la gloire de l'Eglise et de la France, vous qui punissiez si sévèrement le crime des blasphémateurs, vous qui avez entrepris de si durs travaux pour la défense de l'Eglise, étendez votre protection sur notre chère patrie, afin que [)ar son obéissance à la loi de Dieu, elle mérite vraiment d'être appelée le royaume très-chrétien. Ainsi* soit-il.
ri. S. Père le Pape Pie IX accorde une Indulgence de 300 jours d ceux qui réciteront ^ avec tes dispositions requises, la prière suivante composée par Sa Sainteté:
Dieu très-clément, agenouillés humblement à vos pi'eds, nous vous offrons la douleur qui nous accable h la vue des péchés, ihs calamités et des désolations que produit la guerre. Dieu de paix, qui permettez la guerre dans le monde, afin que nous soupirions toujours davantage pour cette paix vé*ritable et éternelle qui se trouve seulement dans le Ciel, ah 1 portez un puissant secours à votre Vicaire sur la terre, de sorlequeles désirs pacifiques de son cœur paternel aient leur accomplissement ; donnez la paix à toute la terre, mais plus spécialement à l'Italie, inspirant à chacun des sentiments de douceur et de mansuétude, vous qui tenez dans vos mains les cœurs des princes et des peu«
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pies, et les dirigez comme il vous platt. Vous cfui ()résidezaux batailles et commandez à la victoire^ paciGez les flmes en mettant devant elles les intérôts de votre très-sainte Beliçion. Oh I qu*aux fureurs guerrières qui affligent et dévastent les Etats, succèdent le calme et le repos ; reconnaissant que vous seul donner des temps tranquilles, que les princes et les peuples tournés vers vous en aient le désir; reconnaissant que vous seul mettez fin aux discordes, qu'ils les aient en hor^ reur. Mais sur toutes choses, Seigneur toutpuissânt, faites régner la paix, ce précieux don céleste, au sein de votre Eglise $ que les péchés cessent, que les divisions de Thérésie et du schisme aient un terme ; que tous les ennemis de la vérité soient confondus, qu*ils rentrent tous et reposent en paix dans le sein de votre Eglise, notre tendre mère ; que Tunion la plus parfaite règne dans tous les cœurs, afin qu'après avoir glorifié d'une voix unanime votre saint nom sur la terre, nous allions tous ensemble, par les mérites de Jésus--Christ et par l'intercession de Marie très-sainte, chanter vos gloires pendant toute réternité dans le Ciel. Ainsi soit-il.
pieu tout-puissant et éternel, qui» en faisant professer la vraie foi à vos serviteurs » leur avez fait connaître la gloire de rélernelle Trinité, et adorer Tunité dans votre Majesté suprême : faites que, fortifiés par cette même loi , nous soyons à Tabri de tous maux : Par. . .
O Dieu , qui avez fait de votre Fils unique le Sauveur du genre humain , et l'avez fait appeler Jésus: faites, dans votre miséricorde» que celui dont nous vénérons le nom sur la terre, nous accorde le bonheur de le contempler dans le ciel : Lui qui vit . . .
0 Dieu I que le péché ofi'ense et que la pénitence fléchit > jetez un regard favorable sur votre peuple en prières, et détournez de dessus nous les châtiments que, pour nos
I^échéSf nous méritons de votre justice: *ar . * .
Ovation,
Seigneur mon Dieu, Concède nos famu-
faites, nous vous en conjurons, que vos serviteurs jouissent tomours de la santé de l'âme et du corps, ofin que par U glorieuse intercession de la bienheureuse Vierge Marie, ils soient délivrés des chagrins de ce monde, et goûtent les joies éternelles : Par Jésus-Christ
fos luoif quœsumus^ Domine DeuSf perpetua mentis et corporis sanitale gaudcre ; et , gloriosa beatœ Mariœ temper virginis intercessione , a prœsenti liberari tristitia et aterna perfrui lœtilia. PerChristumDo^ minum nostrum.
^ Amen.
Notre Seigneur.
Ainsi soit-iL
Pour jouir des faveurs de rarchiconfrérie, deux choses sont nécessaires : 1' être inscrit sur les registres de Lanoue ou sur les registres d'une confrérie canoniqucmenl aOlliée ; ûr ftiirc les œuvres à la pratique desquelles ^ont alliirhécscos faveurs et r|ue Ton troijvi'
expliquées dans le Règlement approuvé par Mgr l'évèque de Langres, le 25 août 1847.
Pour qu'une confrérie particulière soit canoniquement affiliée ou agrégée à l'archiconfrérie, il est nécessaire, 1* qu'elle soit érigée par ^autorité de l'évèque du Heu sous le même titre et dans le même but; 2* qu'elle ait un diplôme d'agrégation délivré par le directeur de l'archiconfrérie.
Il V a un règlement général approuvé par Mgr l'évèque de Langres # le 25 août 1847 Chaque association peut avoir, en outre son règlement particulier. Ces conditions remplies, toute association jouit des mômes faveurs que l'archiconfrérie de Lanoue.
Chaaue confrérie particulière doit être éloignée de la confrérie la plus rapprochée au moins de trois milles romains, c'est-à-dire d'une grande lieue , à moins que le Souverain Pontife ne modifie cette clause, comme on l'a fait pour nlusieurs autres confréries.
Chaque confrère sera inscrit sur le registre de la confrérie particulière dont il fait partie, laquelle devra être affiliée à Tarchiconfrérie, pour que les membres aient droit aux indulgences ; ou bien il devra être inscrit sur le registre même de l'archiconfrérie.
Il y a donc deux moyens de devenir membre de l'archiconfrérie réparatrice et d'acquérir droit aux indulgences : l'inscription sur le registre central , ou l'entrée dans une as^ sociation narticulière canoniquement érigée, et affiliée a l'archiconfrérie.
Tout fidèle peut se faire inscrire sur le re-
f;istre de l'arcniconfrérie , en écrivant ou en àisant écrire, en franchise, au directeur, qui est M. le curé de Saint-Martin de Lanoue, h Saint-Dizier, diocèse de Langres.
Les confréries particulières no peuven* être canoniquement érigées dans une église ou chapelle que par Tévêque du diocèse. Lorsqu une confrérie est érigée, le directeur nommé par l'évoque envoie copie de r«rle d'érection au directeur de Tarchiconfrérie, obtient l'affiliation, et par là même le droil aux indulgences est acquis pour tous ceui qui sont ou seront à l'avenir membres de cette confrérie particulière.
D'après les principes généraux, reconnus par la bulle de Clément VIII, l'évèque forme et modifie, comme il Tentend, selon sa prudence, le règlement de ces pieuses associations , pourvu qu'il ne change ni le titre ai la nature de l'archiconfrérie.
RfeGtEHBNTS.
Le but de cette Association est de ré|idrcr les offenses que font à Dieu les blasiihémiiteurs et les profanateurs des saints jours du dimanche.
Elle est consacrée à la très-saintc Trinité. Les patrons de celte association sont : snirt Michel, saint Louis et saint Martin, lou.^ trois protecteurs de la France.
La fête principale de l'association est (née nu premier dimanche après la Pentecôte ; d la iote secondaire, au deusièmc dimaichc aprrs rKpiphanio.
BON
l>hS L>DtLGF.NC£S.
DON
4ue
Tous les fidèles, sans distinclion , peuvent faire partie de Tassociation.
Les associés prennent la résolution de ne jamais outrager la Majesté divine, soit par des blasphèmes, soit par des imprécations , de ne se livrer à aucun travail , ni le dimanche ni les jours de fête d'obligation.
Les maîtres , les chefs d'atelier, ceux qui ont quelque autorité sur les autres, empêcheront de tout leur pouvoir aue ceux qui leur sont soumis n'outragent le saint nom de Dieu, et ne profanent Tes saints jours du dimanche.
Lorsqu'il sera impossible aux associés d'empêcher les imprécations, ils diront : Que le saint nom de Dieu soit béni è jamais.
Les associés portent une croix qui leur rappelle leurs saintes résolutions.
Les associés disent tous les jours un Pater^ un Ave^ un Gloria Patrie et SU nomm Domini bentdicium^ en réparation des offenses que les blasphèmes fout à la Majesté
divine.
Indulgences.
1* IiMliiIgenre plénière le jour de l'entrée dans l'association.
S* Indulgence plénière à f article de la mort.
3* Indulgence plénière aux fêtes de la sainte Trinité, du saint Nom de Jésus, de saint Michel , de saint Louis , de saint Martin ou un des jours de l'octave.
Pour gagner ces indulgences, il faut rem-
lir les conditions ordinaires. A l'article de a mort, si Ton ne peut se confesser et communier, on gagnera l'indulgence, pourvu que, vraiment pénitent , on invoque avec piété, de bouche, s'il est possible, ou au moins de cœur, le saint Nom de Jésus. Le jour des fêtes indiquées y on ajoutera aux conditions ordinaires une visite à l'église de l'association.
h* Pour chaque œuvre pie de l'association, cent jours d'indulgences (1).
BONS LIVHES (Archiconfrérie de llmmaculée Conception |)0ur la Propagation dos).
§ I*'. — Excellence de l'oedvrb.
Nous citerons d'abord sur l'importance de cette oeuvre une partie du célèbre mandement de Mgr Tévêque de Rennes. Dès les premières lignes il prouve qu'il n'est point de danger plus çrand pour les chrétiens que celui des mauvaises lectures, dont le résultat presque nécessaire est de pervertir l'esprit et de gAter le cœur. Après avoir posé ce principe, le prélat parle sommairement des livres de philosophie et d'histoire, des romans et des pièces de théâtre, des journaux et feuilletons; et il dit :
« De tous temps, N. T. C. F., les romans présentèrent des dangers pour les mœurs. Saint Augustin nous raconte lui-même les ravages qu'avaient faits dans son Ame les ou* vrages les plus chastes d'ailleurs qu'avait produits en ce genre l'antiquité païenne. Housseau, l'auteur d'Héloïse, ne craignait pas de dire qu'une fille chaste ne pouvait
il) Voir Icï M;in<l(*niriil& et Brefs plus haut.
lire un roman sans cesser de l'être, et l'on sait qu'il inscrivit, peut-être comme un remords, en tête de son roman chéri : « Celle « qui, malgré ce titre, en osera lire une « seule page, est une fille perdue. » Aussi les moralistes comme les théologiens se sontils réunis pour reconnaître en cette matière une prohibition , non-seulement de droit ecctésiastique et divin, mais encore de droit naturel, contre le danger presque certain de séduction que présentent ces sortes d'ouvra^ ges. Et dans quel temps ce danger fut-il plus grand que d<ms le nôtre, où l'immoralité du roman semble toucher à son apogée, et où ce ne sont plus seulement àes récits tendres et licencieux que l'on offre à Timasination d'un imprudent lecteur, mais les fondements même des mœurs que l'on attaque, et la moralité de l'homme tout entier. Ahl que ceux qui ont goûté à ces sources empoisonnées viennent s'inscrire en faux contre ce témoignage et dire que nous exagérons. Et toutes ces infamies sont revêtues d'un style de feu auprès duquel sont froides même les pages d'Héloïse. Grand Dieu 1 quel ravage ne produisent pas dans les âmes des œuvres de cette nature ? Ah 1 taisons-les pour l'honneur de l'humanité ; mais aussi pour l'accomplissement de notre ministère, nommons l'adultère et le suicide.
€ Et les drames ? Qui a lu et vu sans frissonner ces productions d'un talent en délire, présentant toute la fois à l'esprit et au cœur les scènes les plus abominables de sang et d'impudicité , mettant dans la bouche de leurs héros les tirades les plus impies comme les plus sauvages contre la société et ses institutions les plus sacrées, faisant faire aux populations un cours d'empoisonnement, de suicides et d'assassinats, et apprenant aux démagogues à poignarder les rois. Hélas! trop de faits pourraient être apportés par nous à l'appui de ce que nous avançons ici, et naguère la répétition, non plus au théAtre, mais en réahté, d'un des drames les plus affreux de cette école de démoralisation, appelait sur les bancs d'une cour d'assises une jeunesse infortunée. Conducteurs des peuples, que vous êtes à plaindre d'être réduits à la nécessité de tolérer de pareils scandales 1 Mais l'Eglise ne saurait se taire, et que sa voix soit ou non écoulée, au moins elle remplit le devoir rigoureux qui lui est imposé, d avertir même ses enfants rebelles, à temps, à contre-temps et en toute patience.
« Signalons encore à votre attention, chrétiens fidèles, un dernier danger, qui menace tout à la fois vos es[)rits et vos cœurs ; nous voulons parler de celui que vous présente la presse dite périodi(iue, les journaux, et ici nous nous expliquerons franchement, sans passion, mais sans crainte.
« Nous sommes loin , N. T. C. F. , de méconnaître les services immenses que rend de nos jours à la religion et à la patrie la presse périodique restée Adèle à sa noble mission. Pour un peuple qui vit pour ainsi dire de journaux, t'e^t un apostolat plus
BON
DON
utile peuMtrc que le nôtre mémey à part son caractère divin. Oui, grâces vous soient rendues devant Dieu et devant les hommes, chréliens courageux , Français vraiment dignes de ce nom, qui ne craignez pas, dans ces temps d*égoïsme, de sacrifier votre talent, votre repos, votre fortune peut-être, pour défendre des intérêts si chers. Vous vous êtes dit : Quand la guerre est sacrée, tous doivent être soldats ; et dans un siècle où la plume est l*instrument du combat, vous l'avez prise aussi, vous, cette arme redoutable pour défendre et votre Dieu et vos foyers. Honneur à vous, courage, persévérance, au nom de cette croyance impérissable qui vous soutient et ne saurait iamais faillir.
ff Mais , d'un autre côté , qui pourrait, N. T. C. F., raconter les maui incalculables que font à la religion et au pays tous ces journaux impies qui inondent la France? Il faudrait des discours entiers pour le dire. Que de calomnies répandues, que de haines excitées, que de mensonges propagés I Comme s'ils avaient reçu la mission ae tout détruire, ils propagent par toute la France le mépris de l'autorité, la déconsidération de ses dépositaires , la haine pour tout ce qui appartient à l'Eglise catholique, dont ils signalent les ministres au jour à venir de la fureur populaire. Naguère surtout, à l'occasion d'une questioa oil, dans l'intérêt seul des âmes, elle s'est crue obligée de faire entendre sa voix plaintive et de révéler les douleurs qui, depuis bien des années déjà, oppressaient son cœur de mère, qu'a fait une presse déloyale et haineuse? Bien loin de rendre justice à la pureté de ses intentions, h la modération dt^ sa requête, à la patience de sa conduite, elle a accumulé sur sa tête, avec une espèce de rage, les accusations les
f>lus injustes , les injures et les calomnies es plus grossières, et enfin, faute de meilleures raisons, essayé de déchaîner contre elle et ses enfants to*Jtes les mauvaises passions qui, dans des temps de douloureuse mémoire, firent fermer les temples et massacrer les prêtres. Et que d'&mes honnêtes, que de cœurs droits ont été séduits, que d'esprits faibles ont été entraînés , que d'hommes de bonne foi aveuglés, que de chrétiens même pervertis 1 tant est grande l'influence qu'un journal do chaque jour exerce sur son lecteur I tôt ou tard if en prend l'esprit et, pour ainsi dire, la forme ; c'est la goutte d'eau qui, retombant toujours, lii«it par creuser un ahlme.
« Mais oue dire du scandale infini que cause le leuilielon, le roman-feuilleton? Ahl nous avons nommé ici, N. T. C. F., une nouvelle invention de l'ennemi du salut des âmes, un instrument de mort inouï, inconnu jusqu'à nos jours. Poison doux autant qu actif, subtil autant que corrupteur, qui imprègne jusqu'à l'air qu'on respire, et
3ui sait s'insiuuer dans la demeure du père e famille honnête, jusqu'auprès de la mère chaste et chiéticnne, et dans le sanctuaire même de la jeune vierge, c Ahl du moins jusquici, dans noire
vieille Bretagne, dans notre pieux diocèse, nos mœurs pures et nos antiques usages avaient opposé aux immondes roiuans de l'école moderne une barrière inexpugnable. Quel père eût voulu voir Lélia dans les mains de sa femme, ou la Tour de Netk sous les yeux de sa fille?
« Mais le feuilleton a su renverser la barrière et pénétrer jusque dans le foyer de la famille chrétienne, hélas I et l'initier à ces aventures de scandale, à ces mystères d'iniquilé dont l'apôtre ne voulait pas qu'un cnrétien sût même le nom, et lui apprendre, avec le secret des tavernes , l'argot que Ton parle dans les bagnes. Littérature sans nom comme sans principes, destinée à porterie dernier coup et au bon goût et aux bonnes mœurs. Pères de famille qui nous lirez, souffrez que nous vous le demandions ici, n'avez-vous pas senti votre cœur se soulever de dégoût à la lecture déplus d'une orgie ignoble qui remplissait les feuilletons de vos journaux chéris ? En vérité, cette langue de la populace, toute souillée de blasphème, ces pages trempées de boue, ce spectacle do la crapule, dont nous détournons les regards quand nous la rencontrons sur notre passage, et qui vient s'étaler complaisammeot dans un journal destiné à pénétrer jusque sous les yeux de vos épouses et de vos enfants, est-ce là ce qui aoit désormais satisfaire aux goûts littéraires d'un peuple autrefois si renommé pour sa délicatesse, est-cv là surtout ce qui doit occuper des chrétiens, des disciples de Jésus crucifié? Non, le silence et le dédain ne seraient pas des chMi* ments suQisants pour de si tristes excès. Il faut que des voix indignées protestent au nom de la pudeur publique, comme nous le faisons nous-même aujourd'hui au nom de la religion outragée ; car si on laisse faire le roman-feuilleton, il perdra la France reii* gieuse, morale et littéraire, devant le monde entier, comme, hélas! il a déjà perdu tant d'Ames devant Dieu et devant ses anges. Disons donc, N. T. C. F., anathème aux romans-feuilletonsi anathème à ceux qui les composent. »
Quels remèdes apporter à de tels maui ? Une vigilance sévère et de continuelles prières de la part du pasteur et de son troupeau, répond l'éloquent prélat.
« Vous prierez les saints protecteurs de la France d intercéder pour elle auprès du Dieu des Charlemagne et des saint Louis; vous conjurerez surtout la très-sainte Viei^, à laquelle ce beau royaume fui toujours s[h^ cialement consacré, de ne pas permettre qu*il défaille jamais dans celte foi de ses pères qui le rendit autrefois si prospère, si glorieux même devant les autres peuples, et celte prière, espérons-le, sera exaucée; car Marie n'aima-t-elle pas toujours la Franco d'un amour de prédilection, la France, liile aînée de l'Eglise de son divin Fils ? »
Après ces paroles remarquables it convient de reproduire le Happori sur VOEutre des bons livres , par un directeur de biblio* Ihcque chrétienne.
BON
DES INDULGENCES
BON
llomEiG!«cim,
fl Depuis qu'il a été donné h Thomme de communiquer sa pensée par récriture, lès livres ont toujours eu une grande importance : jamais ils ne furent étrangers aux destinées de la morale et de la religion. Soit qu'ils aient été composés au profit de la venté, soit que les écrivains n'aient pas tenu compte de ses intérêts sacrés, à aucune époque, leur présence parmi les hommes ne put être indifférente à cette auguste fille du ciel : car ils ont une influence incalculab'e sur Tesprit et sur le cœur humains. Un litre se présente à l'intelligence avec mille chances de succès : la réputation do l'auteur, les charmes d'une brillante imagination, les artiGces du style, tout jus(]^u'au luxe typographique concourt à son triomphe. Un lecteur n'est pas toujours un juge compétent de l'ouvrage qu'il met sous ses yeux, le plus souvent il est forcé de se constituer son disciple soumis, et lorsqu'il est capable de découvrir la fausseté des principes de l'auteur qu'il adopte , il ne prend pas toujours la peine de la discuter ; il ua pas toujours non plus le courage de faire liire les préventions du cœur, trop habile d'ordinaire è duper l'esprit.
• La puissance d'un livre peut être comparée à celle d'un avocat, dont la parole éloquente et continuellement entendue s'adresse à des juges amis et nourrisant des sympathies secrètes pour la cause qu'il défend ; ou bien encore à celie d'un missionnaire zélé, avide de nouvelles conquêtes, et qui parle à un auditoire moitié vaincu. Du moment où le volume parvient à attirer l'attention, il a déjà remporté la victoire. Que ne peut-il pas pour le bien ou pour le mal. Scion qu'un bon ou un mauvais génie l'a d icté ?
< Le zèle sacerdotal put autrefois, avec le spcours d*un livre, rappeler tout un peuple aux principes de la vraie religion, h m purc'tédes mœurs qu'un long esclavage lui avait fait perdre, et le ramener au renouvellement de sa glorieuse alliance avec Dieu ; le philosophisme du xviii' siècle sut, avec ses innombrables productions et sa propagande impie, détruire la foi catholique dans les classes élevées de la société 1... Esdras et Voltaire ont surabondamment prouvé aux u(^nérations futures la double puissance de la lecture sur l'esprit humain.
I A toutes les époques, les hommes char* l^és divinement de conserver et de répandre la vérité dans le monde ont porté leur attention sur un pareil moyeu d'instruction »*t d'opposition h I erreur, de prospérité ou de ruine morale. Leur sollicitude a cet égard se fait remarquer dans l'Ancien comme dans le Nouveau Testament. Sous la loi écrite, la doctrine, la morale, l'histoire religieuse du peuple de Dieu furent déposées dans des livres. Lus pages sacrées devaient se trouver constamment entre les mains : il fallait les méditer et le jour et !a nuit (1). Salutaire
(t) Non reccilct vohintcn le^is ab ore tuo, scd BioJiutMrris iu eo dicbus cl nocubus.
lecture I utile méditation, qui entretenait dans les esprits la connaissance de la vérité, et contribuait à nourrir dans les cœurs l'amour de la morale divine (1).
« Le christianisme ne s'empressa pas moins de recourir aux livres pour favoriser la diffusion et la conservation de la bonne nouvelle. Son divin fondateur avait à peine quitté la terre que les évangélistes transmettaient par écrit à ses disciples et sa vie et sa doctrine. Les premiers chrétiens, en^ étudiant les dépôts de la révélation du Christ, puisaient avec la foi un courage énergique, supérieur aux épreuves des persécutions. Peu après, les actes des martyrs, les apologies et l'exégèse chrétienne, rassemblés oans des livres avidement recherchés, édifiaient une foule de religieux lecteurs , éclairaient et consolidaient leur croyance. Plus tard les Pères exposèrent et défendirent la vérité catholique, attaquée par les hérétiques et les philosophes. Les monuments précieux de leur ^énie, après avoir instruit les hautes intelligences des époques auxquelles ils appartiennent, sont devenus une des principales sources des études religieuses.
a Dans 1.1 suite des tempç, l'Eglise, afin de satisfaire aux besoins d'instruction des
f)euples chrétiens, a beaucoup fait pour es livres et pour les bibliothèques.
a Dès les premiers siècles, on voit, près de chaque église épiscopale, une bibliothèque, des lecteurs qui en ont la garde, et qui se font tuer plutôt que d'en livrer les clefs aux persécuteurs. Aux temps barbares, les archives des basiliques sauvèrent le dépôt des lettres. Chaque monastère eut son atelier de copistes; aucun emploi ne fut plus honoré. C'était d'eux ({ue Cassiodore avait dit : « Heureuse applica- « tion I étude digne de louanges I prôcher « aux hommes par le travail des mains, « porter en silence la' parole éternelle à « toute la terre 1 Du lieu étroit où un co- « piste est assis, il visite de nombreuses a provinces ; les peuples Técoulenl et doa viennent meilleurs (2). »
« Telle est l'estime qu'avant la découverte de rimnrimerie lËglise faisait des bons livres : elle les réunissait, elle les multipliait. Non-seulement les supérieurs ecclésiastiques félicitaient et honoraient les copistes, mais encore les souverains pontifes encourageaient les auteurs. « On ne saurait « trop écrire, disait Innocent IIL pourvu que « I on conserve la pureté de la foi ; il est bon « que la vérité soit envisagée sous plusieurs a points de vue, afin de la mieux connai- « tre (3). »
« S'il fut un temps où l'Eglise dût se préoccuper des livres avec un soin plus particulier, plus soucieux,, c'est celui <4ui est marqué dans l'histoire par l'invention de l'im-
(t) Tune diriges vîam luam et inlelliges cani.
(i) Ozanam, Correspondani, l. I.
(3) Cité par Hurler, Tableau des insliUtlions du
mvijcu âge.
lit
BON
WCTlONiNArRE'
BON
primerie, et qui a vu Jeur nombre et leur pctioD s'augmenter presque à l*inGrii. Les nvantages gue la nouvelle et précieuse dé- 0 1 verte offrait à la communication de la iM'ité, comme aussi les ressources qu'elle a,)(''Ortaii à rintroduclioo du mensonge» ne pouvaient trouver TEglise indifférente sur , un objet qui, dans tes siècles antérieurs, avait éveillé sa sollicitude. Plus la religion devait, par les livres, recevoir de secours et redouter les développements de Terreur, plus l*£glise vigilante, *active, intelligente dans la poursuite des intérêts du ciel, dut mettre à profit le côté favorable de la presse, et s'efforcer de paralyser ses dangers. L*histoire et |P5 monuments bibliograpbiques attestent qu'elle n'a pas manqué à ce aevoirde sa haute mission.
« Dès le XV* siècle, et peu après l'invention de la typographie, un concile général de Latran attribuait à la faveur de la grftce divine la découverte de cet art admirable ; il lejugeaitheureusementinventé pour la gloire
de Dieu, l'accroissement de la loi, et le pro* grès des sciences utiles; très-propre, par le ' grand nombre des livres qu'il met à la disposition de tout le monde, à former des érud ts, surtout des érudits catholiques, dont il aimait è voir l'Ëglise romaine abonder, parce qu'ils sont capablesde convertir etd'instruire. Il exprimait le vœu que l'imprimerie se perfectionnât et prospérât avec un bonheur toujours croissant. Mais le saint concile, qui pressentait avec tant de justesse tout le prix de la presse typographique, les biens immenses qu'elle promettait à la foi, prévenait la dégradation de Tintelligence en ne permettant pas que l'ivraie crût avec le bon grain, que te poison vînt se môler au remède.
« C'est pourquoi il plaça la direction de l'imprimerie sous la surveillance desévèques, et frappa de sesanathèmes les abus que l'on pouvait en faire. Lorsque l'Eglise, cette fille de la lumière incréée, prit, dans Tinti^rôt de la grande famille chrétienne, des mesures de répression contre la licence de la presse, elle n'eut d'autres vues que de prévenir les excès qui déshonorent, qui corrompent et qui tuent : car jamais les sciences, les lettres, les arts n'ont eu d'amis plus vrais et plus constants que l'Eglise. C'est elle qui a fondé les nombreuses bibliothèques qui donnent aujourd'hui un aliment aux esprits en Europe. La plupart de ces fondations, que les productions de chaque é|)oque postérieure sont venues çrossir, doivent leur origine, ou à l'inspiration ou aux libéralités de quelqu'un de ses membres. Tantôt un souverain pontife, tantôt un évèque, tantôt un simple prêtre, quelquefois uième un pieux et riche laïque, ont réalisé sur le sol catholi({ue les vœux de l'Eglise. A mesure que ces livres étaient recueillis et réunis en bibliothèques, l'autorité ecclésiastique, gardienne vigilante et infaillible de la doctrine et des mœurs, indiquait aux tidèles , signalait au monde chréiien les volumes qui, dans toutes les parties de l'univers, avaient été enfantés par des plumes rebelles à ses recummnndatioiii^.
et étaient indignes de paraître dans les collections bibliographiques chrétiennes. Elle traçait aussi les règles sûres qu'il faut suivre pour l'impression, la retouche et la publication des livres. Le concile de Trente restera dans le monde comme un monument de la sollicitude éclairée de l'Eglise, touchant la direction de la presse.
« Tant de zèle pour la diffusion des véritables lumières, tant de précautions contre les dangers qui l'accompagnent, devaient menacer à l'Eglise, ce semble, la consolation de voir les grands dépôts de la science et de la littérature se conserver intacts, purs de tout . mélange corrupteur. Le fleuve de la seine doctrine ne pouvait-il pas, sous l'influerice qui le protégeait, 'couler dans les bibliothèques sans recevoir les ruisseaux immondes 3ui altèrent sa pureté ? N'était-il pas possible 'écarter de ces foyers de lumière et de chaleur les flammes factices et les émanations glaciales des esprits ennemis 7 Sans doute cet heureux résultat devait être espéré et il eût été atteint, si Tautorité qui préside à la direction du monde catholique avait toujours pu comme autrefois assurer l'exécution matérielle de ses prudents conseils; si la puissance temporelle, continuant d'être sensible à ses intérêts les plus chers, avait toujours secondé Ja sagesse ecclésiusliquc.
iMais tel a été l'empire des circonstances, la nécessité des temps, que les changemenis survenus dans la politique et dans la société ont paralysé l'Eglise et ont fait perdre à ses sages mesures une partie de leur efUcacité. La presse, aujourdhui devenue indépen^ dante de sa tutelle salutaire, a rempli les arsenaux scientifiques d'armes forgées par les ennemis de la religion. C'est à peine si quelques monuments du génie catholique, dont la fécondité sans cesse renaissante enrichit le monde de nouveaux trésors, parviennent à figurer dans les rayons des bibliothèques publiques. Le chrétien, bien que pressé par le besoin d'une instruction religieuse plus approfondie, ne peut poursuivre le cours de ses précieuses études, parce qu'il n'a pas à sa disposition les moyens matériels analogues à ses désirs. Forcé d'étouffer soi amour pour la science, ou de mettre en péril sa foi en puisant celte science è des sources dangereuses, il renonce tristement à ses proiets. Ce n'est pas seulement un n^alheur pour le catholique ainsi froissé dans sa noble et légitime ambition de savoir, bien souvent c'est une perte pour les lettres religieuses et pour la société.
« L'indépendance presque absolue de la
Fresse dans les productions de l'esprit, tt oubli systématique du contrôle doux el bienfaisant de l'Eglise, fruit des nouvelles coustitiitions, n'ont pas seulement luoditiê la composition des bibliothè(|u*es scientifiques, ils ont encore agi sur la littérature a{>- ))clée légère. Une lacune déplorable se fait sentir dans les cabinets de lecture : l'élément l'ht étien en est exclu. Dans ces ruches où l« public chrétien vient chercher des délio^ l'uur »5on esjirit et des Ic^'ons-iour 5ou<œur,
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une muUilude d'abeiiies ont «ppporté les sucs délétères de ileurs empoisonaées.
« Est-il un auteur hétérodoxe ou immoral qui De leur ait payé son tribut, et qui n*ait j^s sa case dans leurs rayons? Chaque faiseur de religion a voulu» sous la forme attrayante du roman» y déposer son système religieux et philanthropique; chaque prétendu moraliste s*est cru autorisé à venir y dicter des principes et des règles de mceurs. L'histoire D*y parait qu*avec des falsifications et des travestissements déplorables. Les passions humaines y présentent, dans des pages de luxe, leurs perfides amorces. Quel mélange funeste daos ces dépôts formés par la S{>éculation ? On les juge avec indulgence en disant d'eux» sous le rapport moral, ce qu*uu poëte de Tântiquité disait de tout ouvrage, au point de vue littéraire : Il y a du bon, du médiocre, et du mauvais bien plus : Sunê bonoj sunt medioeria, sunt malaplura. Or, tous ces travaux qu'une activité inépuisable entasse chaque année, et que souvent la beauté de la forme rend plus dangereux encore, sont le seul pain intellectuel offert à Tavidité famélique de la grande majorité des personuesaui lisent.
c L'est ici l'occasion et le lieu de constater un fait, qui donne au mal que j'ai signalé tout à Theure une extrême gravité. La lecture est un besoin de notre époque, besoin pressant, besoin universel. On lit sous Thumble toit de chaume comme dans les salons* Depuis le savant et le littérateur, obligés par état dt) compulser des livres, jusqu au simple manœuvre qui, à Theure de ses repas, dérobe quelques instants pour parcourir le tolome dont sa curiosité s'est pourvue, tous les degrés de la hiérarchie sociale cèdent à ce penchant; Thabitaut des campagnes luimême n'y est pas étranger. Soi! que les pnigrès de la civilisation l'aient fait naître, soit que rinstruction primaire, plus généralement répandue, ait favorisé ses développements, sou que toute autre cause moins légitime Tait produit et le nourrisse, il existe. 11 ne s agit pas de savoir si ce goût pour la lecture,
Î|ue Ion remarque de nos jours, «si un bienait ou une calamité ; c'est un fait accompli. Toute opinion qu'on pourrait adopter sur son caractère moral n'y saurait rien changer. En vain tenterait-on de la comprimer, il triompherait de tous les efforts, il faut qu'il soit satisfait (1).
« La suite des temps a donc amené une double situation : d'une part, mouvement ues esprits vers les éludes sérieuses, habitude universelle de lecture; de l'autre, altércition des sources du savoir, devenues étrangères ou hostiles è la foi catholique, corruption des dépôts liltéi aires. Cet état de choses n*é- Hiappe pas k l'Eglise. Promptement avertie des nécessités morales de ses enfants, elle ^<iit qu'il y a sous ce point de vue beaucoup i faire dans l'intérêt des Ames. Son passé nous autorise à présumer qu'elle fera tout ce qu'il faut pour satisfaire, sans dommage
(I) Uaiiilnticiil ilc Mfçr IVvêq»ic dr Nancy, 18* t.
pour les consciences, Tinvincible attrait qui domine les esprits. Si je ne me trompe pas sur ses desseins, si j'ai bien compris ses intentions, manifestées par quelques actes, elle mettra, entre les mains de ceux« qu'elle veut préserver et instruire, des ouvrages qui les intéresseront sans les corrompre, qui les éclaireront sans les éblouir et les tromper, et bientôt sa sollicitude croissant avec le succès, elle parviendra à placer partout, dans le» grands centres de population comme dans les plus petites paroisses, des bibliothèques remplies des monuments de la science cl de la littérature catholiques. Son application et ses efforts seront désormais d'autant plus soutenus sur cet objet, que la pensée des bibliothèques paroissiales découle plus naturellement des fonctions du sacerdoce, et qu'elle est plus féconde en résultats utiles. Ces deux dernières assertions ne sauraien être contestées.
« En effet, c'est le prêtre qui enseigne aux fidèles la saine doctrine et qui leur trace des règles de conduite ; c'est lui qui est chargé, en vertu de sa mission, de développer les divins enseignements, de les proléger contre les influences ennemies.
Mais la religion tient aux lettres par toutes ses racines. Il n'est pas une science qui n'ait des aflinités avec les doctrines catholiques et ne doive s'harmoniser avec elles. Les explications et les applications morales se rencontrent partout, et sous mille formes, dans les diverses branches de la littérature. Or, si les rapports entre la religion et les lettres sont incontestables, n'«st-il pas du devoir du pasteur qui, par état, travaille au triomphe de la foi dans les esprits et dans les cœurs, de fournir ou au moins d'indiquer l'aliment destiné à développer l'intelligence, sans préjudice pour les mœurs, et au profit de ses principes religieux ? N'est-il pas naturel que le uocteur religieux ouvre au chrétien les sources oii doit s'étancher sa soif du savoir? Un pareil soin entre évidemment dans les attributions du prêtre : il est une extension légitime de son zèle pour le salut des hommes, une conséquence non forcée du droit d'enseignement confié au sacerdoce par le Sauveur Jésus.
-« L'union qui se trouve entre la culture scientifique et littéraire de Tintelligence et le maintien de la doctrine religieuse, justifie donc pleinement l'intérêt que l'Eglise porte à l'institution précieuse des bibliothèques paroissiales. Ainsi, par les soins de cette excellente mère, que le souflle de l'Es-
f)rit-Saint ne cesse d'inspirer, sera ménagé e double avantage de l'instruction et de la conservation de la foi : son ingénieuse cha^ rite offrira aux lecteurs chrétiens un tniin intellectuel aussi délicat que substantiel, i sa prévoyance oflicieuse écartera le poisoi dont le mélange corromprait toute la mas^c et tarirait la vie de Tâme.
' tf La pensée des bibliothèques chrétiennes est féconde en résultats utiles : elle a une ()ortée immense dont il importe de se pénétrer, si l'on veut Tesliinor ^cUiu sa valeur.
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DICTiONNAlUC
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Elle teod directement h introduire, ou plutôt h rappeler le principe chrétien dans la littén ture, spécialement dans la litléra ture légère. Cdtle branche des lettres françaises, depuis longtemps, ne reçoit ses inspirations gue du génie anti-catholique. Hétérodoxe et immorale de nos jours, plus encore que dans le siècle passe, presque tous ses auteurs sacriûcnt dans leurs compositions à Tcsprit dominant des cabinets de lecture. Parmi ces auteurs combien de plumes vénales se mettent au service de Tirréligion, dans la seule espérance d'un gain promis à leur cupidité ou à leur détresse ! Combien d'écrivains reli(^ieux au fond, qui, sans blesser radicalement l'orthodoxie ou la morale, ne donnent pourtant pas è leurs travaux un caractère suftisauHuent chrétien, dans le seul but de placer leurs livres avec plus de facilité 1
« La création de nombreuses bibliothèques chrétiennes, organisées avec intelligence , sulpsamment dotées, soutenues avec persévérance, aura poureffet certain de multiplier le nombre des bons livres, de favoriser les lionnes lectures et de donnera la littérature le cachet catholique dont elle aurait toujours dû être empreinte. Qui ne voit pas que l'alimentation de ces nombreux dé])ûts doit nécessairement occasionner des modifications notables dans la presse? Pour les nourrir, la vénalité se mettra au service de la foi. Que des espérances de lucre lui soient offertes dans le camp chrétien, il ne lui en coûtera pas plus de s'inspirer aux sources abondantes de ridée religieuse catholique, que de s'étudier à complaire aux passions monfllaines, en développant les fausses théories du rationalisme moderne, et les principes anti-moraux qui s'y rattachent. L'aveui^lo imprudence, la ciiminelle faiblesse des auteurs, incomplètement ou faussement chrétiens, n'ayant pas les mômes excuses, ne tardera pas à cesser. Les hommes de talent qui iusque-là avaient fait violence à leurs nobles instincts, se consacrant sans réserve à la défense de la religion et des bonnes mœurs, heiiroux do pouvoir concilier leur intérêt légitime avec ûas convictions qu'ils ne violentaient qu'à regret, aideront a la transformation hltéraire catholique qui doit se faire. Ainsi les auteurs, soit que leur conscience les y convie, soit qu'une spéculation intéressée les y porte, travailleront dans le sens et dans rintérôt de nos bibliothèaues. Le temps viendra oii la littérature légère catholique, cultivée par un grand nombre d'esprits distingués, luttera contre la littérature profane, trionïphera môme de celleci par la supériorité de son élément constitutif. Heureux triomphe qui laissera sans excuse les lecteurs chrétiens, s'ils ne sont pas Qdèlesà leurs principes, attirera doucement les indifférents, et ramènera au sein de la vérité plus d'un esprit égaré. On ne saurait prévoir toutes les conséquences favorables d'uD tel changement. L'espérance des hommes de bien peut, sans tro[)de téiiiérilé, y voir un des leviers puissants du inouve- L»icnt religieux i\u\ s'npùro.
a Ce n*est pas que je prétende, en parlant des destinées de la littérature catholique, que ses auteurs doivent donnera la doctrine une forme légère et romanesque. La sévérité et l'exactitude du dogme se prêtent difficile* ment à de telles allures. Le roman n'admel qu'avec peine, dans sa composition libre el capricieuse, ou l'exposition de la doctrine , ou les fondements de la foi. Des talents de
fremier ordre, seuls, pourraient prétenân* cette alliance, et ils sont fort rares. Mais la morale peut aisément revêtir cette forme; que dis-je, elle emprunte même à la souplesse des fictions des ressources qui lui permettent de porter ses leçons théoriauos et pratiques dans toutes les situations de l.i vie. Sous ce point de vue, la morale catholique offre aux romanciers un champ immense qui n'a point encore été exploité; c'est à peine si cette matière si abondante a été entamée. Le génie pourra, dès qu'il le voudra, creuser cette mine féconde, et doter la France de nouveaux trésors littéraires (1).
« Les conséquences que je tire de la création des bibliothèques chrétiennes, et l'otlt'l que je leur attribue ne sont point une exagération de mon esprit trompé par mes désirs; je crois même, dans l'expression de nus espérances, m'être renfermé dans les sifwWs, limites du vrai : un calcul mathématique peut aisément prouver la justesse de u)cs prévisions.
« Je l'ai déjà fait observer, un grand nombre d'auteurs seront gagnés à la cause c^tholique, et leur zèle sera vivement stinuilé, dès 1 instant où on leur montrera des lecteurs disposés à les lire, avides de leurs œuvres. La voix de l'intérêt, ou l'amour di3 la gloire, ne peut manquer de les attirer Que faut-il, en effet, pour que les écrivains divers, qui, par conscience ou parun luotit moins louable, auront donné h leurs travaux une direction religieuse orthodoxe, ne soient pas trompés dans leur attente; c'est-à-diie pour que leurs livres soient assurés d'un placement certain? Deux cents bibliuthiaues, dans toute la France, sufQsent pour e()uiser l'édition tout entière d'un bon ouvrage. Chacune de ces bibliothèques, élaul destinée à pourvoir de livres plusieurs succursales qu'elle aura formées, devra nécessairement faire l'acquisition de dix exemplaires au moins, ce qui, d'un seul coup, en absorbe deux mille, chiffre élevé d'une édition ordinaire; et, comme ces bibliothèi^ues mèces, soutenues par le zèle et les sacriliccs i\{is catholiques, dotées des aumônes des lecteurs et du produit des quêtes, enrichies des ressources provenant des nombreux dépùb, auront toutes quinze cents francs de revenu annuel, il n'en sera pas une qui ne imisse, après avoir prélevé les dépenses d'administration, consacrer mille francs à l'achat des livres, et introduire, tous les ans, dans sts rayons, quarante ouvrages nouveaux, du prix moyen de 2 fr. 50 c. Je suppose qu'un conseil théologique, résidant à Paris, sera
(I) liib'ioginphu' vrjhvUtjue.
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DES INDULGENCES
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chargé d'approuver les ouvr/iges irréprochtv blés, et que toutes les bibliothèques s'empresseront d'acheter les ouvrages revêtus de cette approbation (1).
c Par le seuliailde l'œuvre des bons livres, en dehors des autres influences s'exerçtint dans le même but, la littérature s'enrichirait donc en peu d'années d'un nombre considérable de livres composés dans un esprit chrétien. Dès lors serait accomplie la transformation dont j'ai parlé tout à Theure, dès lors seraient réalisées les espérances conçues. « Que serait-ce, et quel surcroît de moyens puissants pour la cause catholique, si la pensée venait à nosseigneurs les évéques de créer, aux frais du clergé , une imprimerie h laquelle serait attaché le conseil théologique littéraire, déjà jugé indispensable pour le contrôle des ouvrages ? 11 y a cinq ou six ans, les évoques du I" concile provincial de Baltimore, c'est-à-dire les évoques de toutes les parties des Etats-Unis, prirent la résolution de fonder une irapririe, soutenue à frais communs, pour la propagation des livres religieux. Quelques mois après, rimprio^erie métropolitaine était en activité à Baltimore, et, aopuis lors, elle a rapidement étendu la sphère de son influence el l'utilité de ses travaux. Toute œuvre catliolique reconnue orthodoxe et édifiante fiar une commission théologique est aussitôt livrée à l'iniprimerie, et répandue dans chaque diocèse. Aucun bénéfice n'est atatièndu de la presse de Baltimore : le prix de revient sert de prix de vente, et établit un régulateur pour l'industrie particulière. I^s évéaues sont ainsi certains que les peuples catholiques auront à bon compte des livres catholiques, et qu'ils ne seront pas forcés d'aller chercher l'instruction ou les délassements de l'esprit dans les œuvres de rimpiété et de l'hérésie. Puisse l'exemple donné au monde catholique par Tépiscopat américain être un jour généralement suivi par les évéques de la chrétienté (2) ! ^ « Ce que )*ai dit jusqu'ici prouve que l'Eglise, en aucun temps, na cessé de porter une attention spéciale et soutenue «ur les livres. Elle a toujours pensé que leur influence est assez grande pour ruiner la foi et les mœurs, ou pour raviver les saines doctrines et faire refleurir la véritable morale. Sortant de la sphère des idées pour entrer dans celle des faits, elle a, autant qu'il a été en elle, mis la main à l'œuvre, et traduit ses principes en action. « Voità pourquoi, dans ces derniers temps, ei présence des ravages causés par l'impiété, TE^Iise de France a tenté quelques essais de Mbiiothèques catholiques publiques : plus de quarante diocèses, en ce moment, ont re* cours à ce moyen de régénération sociale. Plusieurs de ces nombreuses fondations diocésaines, qui s'augmentent tous les jours,
(I) La Bibliographie catholique ^ dont les jugements >i Mkrs inspirent toute confiniice au clergé , iroffrc- ('«"Ile pa» un moyen d^exécution.
{i) Vmvtn.
sont encore naissantes, et les autres sont loin d'avoir atteint le développement dont elles sont susceptibles; et cependant, bien qu'elles ne soient encore qu'à l'état d'essai, elles ont produit un bien considérable. L'œu« vre des bons livres en France constate chaque année, dans les rapports de ses directeurs, les faits les plus consolants pour la religion et pour la société, attribués à la lecture chrétienne. Sous ce point de vue, les avantages obtenus par elle échappent, pour la plupart, à l'œil de l'homme, Dieu seul pouvant les apprécier dans toute leur étendue. Il en est d'une autre sorte, et dont tout le monde peut être témoin : il suflit pour cela d'ouvrir les yeux. Qu'est-ce qui a donné à la presse religieuse le mouvement ascendant qu'on lui reconnaît de nos jours? A qui sont adressées les publications périodiques qui ont récemment enrichi les lettres chrétiennes? Où vont ces ouvrages apologétiques de la religion , et restaurateurs de la vérité historique religieuse, systématiquement calomniée et travestie? Quel est le motif déterminant qui porte un grand nombre d'auteurs à chercher, dans une approbation épiscopale, le passeport sans lequel leurs livres ne s*écouleraiout pas? Quelques mots répondent à toutes ces questions, et ces mots, on les devine facilement, sont ceux-ci : Bibliothèques catholiques^ lecteurs catholiques. Si les fruits heureux de l'institution encore naissante de l'œuvre des bons livres sont manifestes, ils peuvent être garants de reffet qu'elle produirait dans certaines conditions données. Qu'elle devienne un objet plus particulier du zèle des hommes de bien, qu'elle soit disposée sur une plus grande échelle, qu'elle atteigne son développement naturel et complet, alors on verra, sans aucun doute, les merveilles qu'elle est susceptible de produire. Toutes les intelligences chrétiennes viendront lui demander un abri contre le déluge des «mauvaises doctrines et de Timmoralité, et l'apostolat ecclésiastique trouvera dans cette œuvre, appelée par Gn^goire XVI la reine des œuvres, un des instruments les plus précieux qu'il puisse placer dans ses mains. »
Enfin, après avoir dit que la propagation des bons livres a été l'objet de l'attention spéciale de tous nos évoques, dans les conciles provinciaux qui viennent d'avoir lieu; que partout cette œuvre a été fondée ou considérablement développée, nous dirons un mot de l'Association en elle-même, de son origine et des indulgences qui y sont attachées.
§ II. — Fin de l'Association.
: La fin de l'Association des bons livres est: 1* de combattre, sous la puissante protection de Marie, l'irréligion et les fausses doctrines, en opposant aux productions impies ou hétérodoxes des livres d'une doctrine saine, et propres à instruire des vérités de la foi chrétienne et catholique; ^ de conserver les mœurs, en remplaçant des écrits obscènes et corrupteurs par des livres qui ne respirent
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que la morale la plus pure ; 3* de répandre 1 instruction, en ménageant aux familles et aux individus le moyen de faire, sans aucun frais, des lectures utiles et en môme temps variées et aijTéables ; k* de prévenir la distribution des mauvais livres, en établissant dnns les villes et dans les campaj;nes,des bibliothèques ou des dépôts de bons ouvrages, auxquels chacun puisse avoir recours gra* tuitenient; 5* d'arrêter le scandale des estampes, gravures et tableaux licencieux, en répandant des images pieuses et divers si* gnes religieux propres à ranimer la foi et la piété ; en un mot, d'être utile aux diverses classes de la société, en prenant tous les moyens qui peuvent contribuer au bien de la religion et des mœurs (1).
§ m. — Membres db l* Association.
Seront membres de l'Association, tous ceux qui seront admis par M. le directeur et portés au registre matricule de TAssocia^ tion, notamment les fondateurs et administrateurs de bibliothèques ou dépôts établis dans le but de TOEuvre, et dont les statuts auront reçu Tapprobation de l'évêque.
Seront regariles comme afliliés a TAssociation, tous ceux qui, sans être portés sur les listes, concourront au bien de TOËnvro, par leurs souscriptions, travaux, conseils, ou de toute autre manière analogue k son objet.
Les Associés, sachant que les bons exemples sont le grand moyea de soutenir la foi et de conserver les bonnes mœurs, mettent leur premier soin à se conserver dans la fidélité aux lois de Dieu et de TËglise.
Ils s'honorent de fréquenter les sacrements, d'observer et de faire observer dans leurs familles les abstinences et les jeûnes de précepte.
ils n'y souffrent aucun livre contre la foi, ni contre les mœurs; et pour se conformer aux intentions de notre Saint-Père le Pape, ils s^empressent de faire porter, soit & l'évêque, soit aux ecclésiastiques désignés par lui, tous les ouvrages de ce genre qui seraient mis à leur disposition.
Ils éloignent sévèrement de leurs maisons tout tableau, toute image, toute statue, qui blesserait les regards de la pudeur et de la modestie.
lis contribuent de tous leurs moyens è la [Tospérité de TOEuvre , en détruisant les préventions que l'erreur ou la mauvaise foi chercheraient à élever contre elle; en faisant connaître les avantages qu'elle procure ; en partageant les travaux qu'elle nécessite, pour avoir part également aux mérites qu'on peut y acquérir.
Persuadés que l'aumône spirituelle n'est pas moins agréable à Dieu que l'aumône temporelle, ils tâchent d'établir dans hs familles la pieuse pratique de la prière on
(t) n parait à Avignon une Rêvue deg Bib!iotbèque$ paroiêiiates ; nous engageons le lecteur à consuller ces numéros, où la question des bons et des mauvais iivrcs est envisagée sons tous les points de vue.
commun, des lectures religieuses, et surtout d'y faire revivre l'ancien usa^^e de faire ou faire faire le catéchisme aux enfants ei aux autres personnes de la maison. 11$ acliètent des bons livres à cet effet, chacun sdoa ses moyens.
I IV. — Origine, etc., iNDOLSEifCBS.
En 1820, une QEuvre de bons livres s'établit à Bordeaux, ayant pour objet la propagation des bons livres et la fondation de bibliothèques qui pussent offrir aux fidèles de5 lectures sûres et intéressantes, Mgr d Aviau, de vénérable mémoire, archevêque de celle ville, appréciant le bien immense qui pou* vait ressortir de cette excellente institutioo, et qu'elle produit en effet tous les jours, organisa l'Œuvre en pieuse Association en 1825. Grégoire XVI lui donna le titre d'arcbiconfrérie le 16 septembre 1831 , et lui permit de s'affilier des associations du même genre partout où elles existeraient, et de leur communiquer les faveurs spirituell^^s dont elle jouissait. Marie conçue sans péché est la patronne de l'Œuvre.
Les SS. PP. Léon XII et Pie VIII, par rescrits du 22 mai 182^, et des 24 septembre et 16 novembre 1830, ont accordé aux associés de cette OËuvre les indulgences sui* vantes :
Indulgence plénière : 1* le iour oi^ Ton entre dans l'Association; 2" a rarticle de la mort; 3* tous les seconds vendredis du mois, si Ton communie; et sept ans et sent quarantaines, si l'on assiste seulemouiàU messe.
Janvier. — Indulgence plénière le 27, saint Jean Cbrysostome, docteur; indulgence de sept ans et sept quarantaines, le U, s&iui Hilaire, docteur.
Février. — Indulgence plénière le 24, saint Mathias.
Mars. — Indulgence plénière le 25f An-
NOIICIATION DB LA Tais*SAlNTB VlER€B, fél6
patronale de l'Œuvre; sept ans et sept quarantaines le 7, saint Thomas d'Aquio, et le 12, saint Grégoire, pape et docteur.
Avril. — Indulgence de sept ans et sept quarantaines le 4, saint Isidore; le 11, saint Léon y et le 21, saint Anselme, docteurs.
Mai. — . Indulgence plénière le V% saint Philippe et saint Jacques, et le 2, saint Athanase, docteur; sept ans et sept quarantaines le 9» saint Grégoire de Naziauze, docteur.
Juin. — Indulgence plénière le 29, saint Pierre et saint Paul; sept ans et sept qua« rantaines le U, saint Basile, docteur; U 18,isaint Amand de Bordeaux; le 22, saïui Paulin.
Juillet. — Indulgence plénière le 25, saini Jacques; sept ans et sept quarantaines le U. saint Bonaventure, docteur.
Août, — Indulgence plénière le 24, sairl Barlhélemi,et le 28, saint Augustin, docteur; sept ans et sept quarantaines le 20, saïut Bernard, docteur.
Septembre, — Indulgence plAiière lo •21.
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saint Malthieu ; sept aDS et sept quarantaines le âO, saint Jérôme, docteur.
Octobre, — Indulgence plénière le 28 , saiot Simon et saint Jude; sept années et sept quarantaines 9 le 21 saint Seurin de Bordeaux.
Novembre. — Indulgence plénière le 30, saint André. ^
Décembre. Indulgence plénière le 7, saint Ambroise, docteur; le 21, saint Thomas ; le 27, saiot Jean Tévangéliste ; sept ans et sept quarantaines le 4, saint Pierre Chrydogue, docteur, et le 30, saint Delphin de Bordeaux.
Outre ces indulgences, le Saint-Père en a accordé de soixante jours, pour tous les actes de pi^téet de charité, tels que: récon* :iiier les ennemis, convertir les pécheurs, instruire les ignorants, accompagner les moris à la sépulture, prier pour les confrères défunts, etc.
Excepté celles qui sont fixées aux féies des 55. docteurs, toutes ces indulgences peuvent s'appliquer^ par voie de suffrage^ aux âmes du purgatoire. Pour gagner ces indulaences^ i/ faut être inscrit sur le registre de TAsso" rm/ion, se confesser^ communier et visiter Te- (jlise et Faut et où elle est établie^ y priant pour l'union des princes chrétiens, l extirpation des héréêies et V exaltation de notre mire k sainte Eglise.
DÉCilET DB SA SAIHTETé GRteOIRB XYI, DU 2 MARS 1836, EN FAVEUR DE CETTE OEUVRE.
D'après le vœu de S. E. le cardinal de Ch;;verus archevêque de Bordeaux > et sur
la prière des directeurs de TOBuvre des bons livres, N. S. P. Grégoire XVI, en conûrmanl les indulgences ci-dessus, a daigné :
1"* Dispenser de visiter Téglise où Tassociation est établie ceux des associés qui en seraient empêchés par quelque cause légitime, permettant de remplir dans toute église ou oratoire public les conditions prescrites pour gagner les indulgences.
2^ Permettre , en faveur des infirmes , que cette visite puisse être remplacée par toute œuvre pic, a la discrétion de leurs confesseurs.
3' Accorder trois cents jours d'indulgences à ceux qui favoriseront les progrès de TŒuvre ; et une indulgence de quarante jours, à ceux qui déféreraient à l'ordinaire les mauvais livres.
De plus, Sa Sainteté a accordé aux prêtres directeurs de TOËuvre lin autel privilégié , quatre fois la semaine , en faveur des associés défunts (1). (Manuel de Cambrai.)
Toutes ces gr&ces.sont accordées à perpétuité. Le Baint*Père s*exprime dans son rescrit, en termes les plus ilatleurs pour VŒuvre des bons livres , à laquelle ii. porte , dit-il, UN INTÉRÊT TOUT PARTICULIER. Co témoignage duguste et les nouvelles faveurs qui raccompagnent ne manqueront pas dVxciter le zèle de ceux qui coopèrent à cette précieuse institution (2),
Le même Pape accorda trois cents jours d*indulgence à ceux qui favoriseraient rœuvre de la propagation des bons livres, et quarante jours à ceux qui dénonceraient un mauvais livre à Tordinaire.
CALENDRIER PERPÉTUEL des indul-
r.e:^CES, indiquant celles que Ton peut gagner chaque semaine, chaque mois, chaque année, et dans les principales solennités (1). — Nous suirous le Raccolta^ édition de 183$.